Politique provinciale


Bédard démissionne de son poste de député et touchera son indemnité de 151 000 $
PQ: Stéphane Bédard démissionne et garde sa prime

Le député Stéphane Bédard quitte la vie politique

Stéphane Bédard quitte la vie politique pour retrouver sa famille

Stéphane Bédard démissionne

Démission de Stéphane Bédard: une décision prévisible

Stéphane Bédard quitte pour des raisons familiales et une fatigue politique

Stéphane Bédard quitte le Parti québécois


Avril 2014
Le retour à l'équilibre budgétaire sera plus difficile que prévu
Carlos Leitao, ministre des Finances: le «meilleur» aux commandes


François Legault veut fédérer le vote nationaliste


La mort du PQ ? Pas si vite…

Qu'est-ce qui a donc bien pu causer la cuisante défaite du PQ ?
La guerre des clans

L'effet PKP profite aux libéraux de Couillard

Analyse locale : l’effet Péladeau

La candidature de Pierre-Karl Péladeau et son effet sur la campagne électorale

Par bonheur, Harper ne lit pas…

Le flou référendaire a plombé la campagne du PQ


Résultat des élections
Marois to step down after Liberals crush Parti Québécois

Philippe Couillard l'emporte, Pauline Marois s'en va

Smashing Pumpkins Frontman Billy Corgan Dishes on Alice in Chains, Nirvana + Eddie Vedder

Read More: Smashing Pumpkins Frontman Billy Corgan Dishes on Alice in Chains, Nirvana + Eddie Vedder | http://loudwire.com/smashing-pumpkins-frontman-billy-corgan-dishes-on-alice-in-chains-nirvana-eddie-vedder/?trackback=tsmclip
COMPOSITION DE L'ASSEMBLÉE
Péladeau «favori» pour diriger le PQ, selon Landry

Élections: les sondages disaient juste


Philippe Couillard met le PQ K.-O.

Gaétan Barrette élu haut la main


Liberals paint Montreal red

Mild-mannered surgeon Philippe Couillard takes helm


Philippe Couillard: un trudeauiste à Québec


Déclenchement d'élections pour le 7 avril 2014
Des élections générales au Québec le 7 avril prochain
Le bluff de Pauline Marois

Pauline Marois déclenche les élections générales provinciales

Marois regrette ses scénarios d'un Québec souverain

Québec: déclenchement des élections la semaine prochaine?

Pauline Marois déclenche des élections anticipées

Marois se défend d'avoir évité les médias lors du déclenchement des élections

Pauline Marois et PKP plongés dans « l’horreur médiatique »


Charte des valeurs québécoises
Le long fleuve tranquille des libéraux
Charte des valeurs


Mars 2014
Un bulldozer nommé PKP
Quebecor: une menace pour la démocratie
quebecor world
PKP Has Cost Quebecers Billions
La carrière de Pierre Karl Péladeau en neuf temps
PKP et le bonhomme sept heures
Pierre-Karl Péladeau: mieux connaître le phénoménal phénomène!
L’arrivée du dauphin
Quand le Québec frise l’hystérie
Lettre à Pierre-Karl Péladeau
LA MORT DE QUEBECOR WORLD 

Le fait que PKP, avant même d'avoir accédé au pouvoir, paraît traiter avec autant de légèreté la notion de conflit d'intérêt ne rend pas sa nomination comme candidat aussi déplacée, dans le contexte actuel de lutte à la correption, que suspecte ?... À moins qu'on ne considère une telle attitude comme étant tout simplement conséquente avec l'attitude qu'il aura pu adopter de par le passé, notamment en ce qui a trait à tout ce qui peut lui "être dû" par l'État Québécois...
PKP : une étrange notion du conflit d’intérêts
Élections 2014 - PKP: La FPJQ est inquiète et veut des garanties d'indépendance de Québecor
Un candidat milliardaire au PQ

Le contrôle de l'information et des médias n'est-il pas déjà assez suspect en soi, lorsque pratiqué par une entreprise privé, pour que l'on s'en aille ensuite asseoir une telle pratique à la tête de l'État ?
Le leader du Bloc québécois favorable à Péladeau... avec des réserves
PKP au PQ : le Berlusconi du Québec ?
Controversies surrounding Silvio Berlusconi


Devrait-on avant tout parler de la politique du "bébé gâté", en vertu de laquelle celui qui a beaucoup reçu de l'État devrait toujours en recevoir davantage, fut-il déjà milliardaire ?
Québécor et l’ABC du capitalisme de connivence.


Jusqu'à quel point la méthode forte, pour une entreprise, peut-elle être garante de la qualité du produit, surtout si l'on parle de journalisme ?
Les contradictions de Pierre Karl Péladeau


PKP serait-il donc incapable de supporté que le travail de ses journalistes soit évalué de quelque façon que ce soit, aussi peu conséquents les blâmes du Conseil de Presse puissent-ils pourtant s'avérer ?
Pierre Karl Péladeau le tout-puissant
Québecor Media doit réintégrer le … - Conseil de presse du Québec
Québecor Media et le Conseil de presse

En jetant sur les épaules de Péladeau la gestion de Vidétron, la Caisse de Dépôt aurait-elle pratiquement créé de toutes pièces un magnat qui ne le méritait pas, compromettant ainsi tout autant la sécurité du portefeuille des Québécois que l'indépendance des médias ?
Pierre Karl Péladeau le tout-puissant
Vidéotron: les débuts houleux d'un nouveau géant

Le fait que les ténors souverainistes paraissent appuyer aussi aveuglément un homme aussi controversé ne se trouverait-il pas à surtout suggérer que ces derniers tendraient à se voir fondamentalement guidés par le "principe" voulant que la fin justifie les moyens ?
Landry, Parizeau et Duceppe applaudissent l'arrivée de PKP au PQ








Voir aussi : politique locale
et bien sûr... souveraineté, tout comme fédéralisme, d'ailleurs...


Articles et commentaires quelque peu plus anciens...

Jean Charest ne peut-il donc écouter sa population que lorsqu'on le force à le faire ?...

Une vraie commission
Le gouvernement Charest plie

Commission Charbonneau - Long détour
Charest cède sur toute la ligne

AUTRE RECUL POUR CHAREST
Jean Charest complète sa volte face
Vers une vraie enquête publique
Salto arrière

Volte-face de Charest concernant la commission sur la construction: une décision de dernière minute
Le Barreau a mis son poids dans la balance
Justice Minister Jean-Marc Fournier denies construction inquiry flip-flop

Commission sur la construction - Charest plie sous la pression
Charest s’apprête à déclencher une commission d’enquête

Du temps jusqu’aux élections


Par ici la sortie!


Jean Charest irait-il donc jusqu'à se moquer de l'intelligence même des Québécois ?
Lettres - Facile à comprendre

Le gouvernement Charest irait-il donc jusqu'à garder certaines information secrètes aux dépens de la sécurité même de la population ?
Inspection reports: the stonewalling must stop

Le gouvernement Charest serait-il donc virtuellement incapable de faire preuve de leadership, même lorsque la nécessité d'en démontrer ne pourrait sans doute être plus flagrante ?
Pour un péage régional


Le gouvernement Charest refuserait-il donc d'assumer quelque responsabilité que ce soit ?...
Le bouc émissaire

Une question pour Sam Hamad
Effondrement sur l'autoroute Ville-Marie - Marois fustige le gouvernement Charest
J'ai mal à ma ville - Lise Payette
Où est SNC- Lavalin?
Effondrement sur l'A720: «on nous a traînés dans la boue»

Irresponsable!

La responsabilité ministérielle s’effrite
Sam Hamad n’est responsable de rien

Le gouvernement Charest se moquerait-il donc de la sécurité même des Québécois ?...
Problèmes similaires, solutions différentes

Insécurité sécuritaire en Absurdistan
Un trou encore béant
DOUZE STRUCTURES DANS UN ÉTAT CRITIQUE
La solidité des assises n’avait pas été évaluée
Lettres - Armement incomplet
Infrastructures - Les routes... et le reste
Une demande d'enquête est déposée contre Sam Hamad, l'ingénieur
Où est SNC- Lavalin?
LE MTQ AVAIT NÉGLIGÉ DE SOLIDIFIER LES POUTRES
Attend- on un autre drame?
Your Views: Fed up with Transport Quebec

Infrastructures - La route du diamant
La bullshit de Sam Hamad
Effondrement au tunnel Ville-Marie - La cassure
Quebecers are tired of Transport's no-fault attitude
LE MTQ SAVAIT DEPUIS 2008
Plan Nord - Une aventure qui présente un risque pour les finances publiques
Et maintenant, le tunnel

Des effondrements écrits dans le ciel


Charest balaie les critiques du Plan Nord
Pas intéressant pour les petits producteurs

Le Plan Nord loin de l'eldorado
« FAIRE LE NORD »

Perspectives - Plein nord
Terres rares cherchent preneurs
Le pari nordique
Plan Nord: loin du pactole?
Plan Nord - Demeurer vigilant
Faciliter le boom minier
Le compromis du Nord


Le futur gouvernement provincial serait-il donc formé de "caquistes" ?...
Après la fusion, la domination
Sondage Le Devoir-The Gazette-Léger Marketing - Legault et Marois profitent de feue l'ADQ

Les aléas d'une fusion...
François Legault et Gérard Deltell: les drôles de compagnons

Au fond, se pourrait-il que l'ultime espoir du Québec ne puisse résider après tout que dans la création d'un nouveau parti ?...
Un adversaire incontournable

Legault is right to be playing by his own rules
François Legault - Entrer dans l'arène
Legault ne ferme plus la porte à un 2e mandat à la tête d’un gouvernement
Une lutte Legault- Charest?
En attendant Legault
A time for new ideas in Quebec politics
AVANTAGE LEGAULT
Un ouragan de changement

Legault's apparent stumble could be a strategic ploy
Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Les Québécois veulent Legault
Legault à la tête d’un gouvernement minoritaire ?
Cette « autre chose » que cherchent les Québécois
How a new centre-right party would reshape Quebec
Le projet de Legault reçoit un fort appui
Quebecers thirst for an alternative
De la place pour un nouveau parti?
Une nouvelle troisième voie


À moins que ce ne soit peut-être pas aussi simple que cela ?
Le vent est au changement
La CAQ… dégriffée
L’ADQ met Legault sur la glace
Libre opinion - Le flirt entre l'ADQ et la CAQ
Lettres - Deltell, un transfuge...
Legault défini

La droite québécoise se serait-elle donc enfin trouvé une voix ?...
La coalition « niniste »

La troisième voie

Un test de leadership

La dot
Fusion ADQ-CAQ - Une cohabitation incertaine
Legault embrasse l'autonomie adéquiste
Des adéquistes veulent empêcher le mariage
L’ADQ DIT oui à Legault
La fusion est chose faite
Caucus de l'ADQ - Deltell se reconnaît des affinités avec Legault

Mais pour cela, ne faudrait-il surtout savoir d'abord dans quelle voie celle-ci compte nous conduire, au juste ? Car après tout, la CAQ de Legault peut-elle vraiment se qualifier comme un parti de "droite" digne de ce nom ?
Legault et le vote péquiste

« Comme si le parti leur appartenait »

L'ADN de l'ADQ
Charest tire à boulets rouges sur la CAQ

Une fusion avec la Caq divise L’ADQ
François Legault veut construire un parti neuf, sans bases adéquistes
Deltell pas assez nationaliste, selon François Legault
The Gazette's View: Legault’s plan for change: more details, please

Legault’s Coalition is right on federalism but needs to mature - Globe Editorial

Le bon vieux changement

ATTACHEZ VOS CEINTURES

Au- delà des slogans

Simplicité volontaire

Coalition Avenir Québec - On verra...
La peur du changement
Le surfeur

PERPLEXITÉ ET TIÉDEUR
Legault posera des «gestes brutaux et radicaux», prévient Jean Charest

« Comme si le parti leur appartenait »

Libre opinion - Honte à vous !

Serions-nous en train d'assister enfin à l'apparition d'un nouveau
parti ?...
En attendant Legault

Ex-PQ minister new champion of a third way for Quebec
Fusion avec la coalition de Legault? - Deltell à la merci de sa dette
Legault se prépare à créer son propre parti
Le trousseau
Politique québécoise - L'ADQ en montée
L’ADQ se rapproche du centre
L’alignement des astres

L'éléphant Legault chez des adéquistes ouverts à la discussion
L’ADQ et le clan Legault préparent une coalition
Legault : un homme et sa mission
UN PARCOURS SINUEUX
Changer

Des « rénovations majeures » d’abord
Du pain sur la planche

La CAQ pourrait plonger dans l'arène politique
Une coalition pour rétablir la confiance
Jusqu’où ira François Legault?
Financer l’éducation en haussant les tarifs d’Hydro-Québec
François Legault prépare une tournée
Un brillant calcul ?
Sondage Léger marketing-QMI - Le projet de parti de François Legault fait chuter la cote du PQ
Nouveau parti de centre droit - Le Québec se cherche
François Legault travaille à une coalition
On est loin de la photo sur le poteau

Un véritable parti national
Une nouvelle troisième voie


Des anciens élus de l’ADQ espèrent l’appel de Legault
Éric Caire cherche à fonder un nouveau parti
Un immense vide - André Pratte
Combler le vide - Vincent Marissal
L'ADQ risque d'être supplantée par un autre parti de droite, selon Picard
Pas de coalition Legault-Caire

... à moins qu'un tel jugement s'avère encore pour le moins prématuré ?...
Seul le PLQ peut unir les Québécois
« Il faudrait que l’adqs’avale tout rond »
Legault cafouille sur la souveraineté
Les revendications du Québec aux oubliettes pour dix ans
Legault a perdu son élan
Un non fatidique
Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Le Québec tient à la question nationale

L’approche comptable

Landry veut faire obstacle à Legault




La droite québécoise se serait-elle enfin trouvée une voix ?...
Réseau Liberté-Québec: pour en finir avec le modèle québécois

Réseau Liberté-Québec: la droite québécoise ferme et assumée

Ce gouvernement démontrerait-il donc un certain manque de vision ou de créativité, pour le moins qu'on puisse dire ?...
Budget 2011-2012 - L'effort des autres
Les vertus de la cohérence


Jusqu'à quel point Jean Charest pense-t-il vraiment pouvoir manipuler les Québécois ?...

Un grand leader incompris

Se pourrait-il donc que le prochain fléau qui guette le Québec se trouve à être ni plus ni moins que la paralysie ?...

Le défi de Jean Charest


Se pourrait-il donc que la bonne vieille stratégie de Jean Charest, consistant tout simplement à laisser passer le temps afin de laisser la grogne s'estomper d'elle-même, ne puisse plus servir désormais qu'à alimenter cette grogne, et donc contribuer à rendre celle-ci toujours plus forte ?...

Gouvernement Charest - Une «annus horribilis» - Bernard Descôteaux 
If you love your country, quit
Charest peut- il renverser la vapeur ?
Charest, le moins aimé des premiers ministres
Le message de Kamouraska
Kamouraska-Témiscouata - Le désaveu
Charest gagne du temps
Marois gagne son pari
Aveux du candidat David Grégoire - Plusieurs libéraux sont embarrassés
Charest dans les câbles

Et par ailleurs, se pourrait-il donc qu'il se trouve, au sein même du parti Libéral en son ensemble, une culture du silence qui ne peut que tendre à cautionner les pires abus ?...

Recherche mouton noir désespérément...
Le silence libéral

Ce gouvernement aurait-il donc vendu son âme à l'Industrie sous toute ses formes ?...

Un lobbyiste anti- consigne au cabinet du ministre


Les libéraux en seraient-ils venus à proférer des menaces, en plus de baser celles-ci sur la perspective d'une campagne de salissage, quitte à devoir pour cela se baser sur des accusations dépourvues de tout fondement, histoire d'ajouter encore à la gratuité de la chose ?...
« Amir, on va fouiller ton passé »


La perte de crébilité émanant de l'impopularité de ce gouvernement aura-t-elle donc pour effet de miner toute chance de gouverner, ou du moins ce qui pouvait en rester ?...
Session d'automne de l'Assemblée nationale - Un gouvernement sous pression

En la Commission Bastarache, Jean Charest aurait-il donc rencontré son Waterloo, du moins en ce qui peut concerner l'opinion publique ?...
Commission Bastarache - Ni normal, ni acceptable
«C'est comme ça que ça marche», aurait dit Charest à Bellemare
Bellemare et la famiglia
Commission Bastarache - Le jeu de la vérité et du mensonge
La mort lente de Jean Charest
PLQ: la «marque de commerce» mise à mal
Charest ordered silence about influence peddling: Bellemare

Le même vieux système

Bellemare parle, Charest pédale

Marc Bellemare dit avoir obéi à Charest
Bellemare parle, Charest pédale

Politique fiction?

Charest mis sur la défensive


Pot-pourri

Le Parlement provincial serait-il donc devenu pratiquement non fonctionnel ?...

Charest saura-t-il un jour échapper au feu nourri des allégations de corruption lancées envers son gouvernement ?...
La commission Bastarache perd son joueur de centre

Le PQ compare le gouvernement Charest à celui de Taschereau
L'affaire BCIA
Larguer son «rainmaker»
L'odeur des dons - André Pratte
Financement du PLQ: le DGE ouvre une autre enquête
Une rencontre intrigante - Patrick Lagacé
La version de Dupuis contredite

Et si l'on remettait pourtant les choses en perspective ?...
De Taschereau à Charest... en passant par Duplessis - André Pratte


Voir aussi Les Québécois auraient-ils complètement décroché de leur politique ?...

Charest n'a-t-il pas finalement su démontrer assez de courage pour éviter le pire aux Québécois, tout au moins ?...
Conseil général du Parti libéral: Charest défend le budget
La vérité fait mal - Yvan Loubier
Des gestes bien accueillis
Le pari de la maturité - L. Jacques Ménard
It's inevitable: Ontario will have to follow Quebec's lead - Jeffrey Simpson
Lettres - Des solutions pour l'avenir
Si c'est pas ça, c'est quoi? - André Pratte

Le pari du courage - Alain Dubuc
Un budget historique - André Pratte

Fini l’ère de « l’acquis » - LOUIS J. GOUIN

Budget 2010-20111: un régime minceur
Lendemain de veille - Sophie Cousineau

Charest soutient qu'il a enrichi les Québécois


Et pourtant, peut-on seulement dire que le budget se trouve à faire autre chose en ce sens que le strict minimum  ?...
Quebec will find it hard to maintain services

Quebec maintains its unsustainable ways
On le croira quand on le verra - Claude Picher

Et par ailleurs, cela veut-il dire pour autant que certaines choses ne gagneraient pas à être faites autrement ?...
Adam Smith contre le budget Bachand

Franchise en santé: Bolduc garde le cap
La franchise santé sera «nuancée», promet le ministre Bolduc
En Bref - Québec ne reculera pas sur la contribution santé de 200 $, dit Bachand
La contribution santé est inéquitable, reconnaît Charest
Et le gain en capital?
Budget 2010-2011 - Les mauvaises cibles
Lendemain de veille - Sophie Cousineau
Bachand: pas question de moduler la contribution santé selon le revenu

Des ajustements nécessaires - André Pratte
Lettres - Dans la mauvaise direction
Lettres - Premier ministre à temps partiel

L'opposition au budget ne se trouve-t-elle pas surtout à friser une certaine irresponsabilité ?...
Budget: les gens d'affaires gardent leur appui secret, déplore Bachand
It’s little wonder protests follow difficult decisions in Quebec - Jeffrey Simpson
Charest n'est pas Bourassa
Budget: des retraités écrivent aux ministres Bolduc et Blais
Les privilégiés
La recherche éperdue de l'autre - Alain Dubuc

And another thing ...
Raymond Bachand: l'angoisse du chorégraphe
Le syndrome «pas dans mes poches» - Vincent Marissal

Le hold-up de Raymond Bachand - Michèle Ouimet

Budget: aujourd'hui des vagues, demain la tempête?

La contestation prend son envol
Budget du Québec - À quoi bon ?


Mais celle-ci semble-t-elle pour autant pouvoir se calmer prochainement ?...
50 000 manifestants dénoncent de nouveau le budget Bachand

En fait, se pourrait-il donc que ce budget ait surtout dilapidé le peu de confiance que la population pouvait encore avoir en ce gouvernement ?...
Charest's going to need his new fighting mood
Un «contrat» pour regagner la confiance des Québécois

Citez-moi un seul cas
Les libéraux en chute libre
Un virage trop tardif - Lysiane Gagnon
Retour à la case départ - Alain Dubuc


Jean Charest, et le Parti Libéral en tant que tel pourront-ils jamais regagner la confiance du public ?...

Le lauréat
Jean Charest needs to inquire fully into Quebec construction - Globe Editorial
Commission Charbonneau - Rarement a-t-on vu pareil cynisme d'un chef politique
Ils nous trompent par omission
Les chefs de police embarrassés

COUP D’ÉPÉE DANS L’EAU

Lettres - La grande peur de Jean Charest
Lettres - Charest, le patenteux !
Perte de confiance
Lettres - Un premier ministre coincé
Jean Charest ne l’a pas lu
Une lecture obligatoire

Le va-tout de Jean Charest
Direction du Parti libéral - Y a-t-il une relève ?
Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Le PQ maintient son avance
Charest ébranlé, Marois en observation
Recess gives Charest an escape from his government’s failing grades
Gouvernement Charest - Sur la défensive
Jeans et marketing pour l'équipe Charest
Charest se prépare à brasser les cartes


Voir aussi Les Québécois auraient-ils complètement décroché de leur politique ?...

L'entêtement de Jean Charest n'en vient-elle pas à prendre des proportions tout simplement ridicules ?
« Comment faut- il vous le dire? »


Et pourtant, n'y a-t-il pas amplement de place pour des critiques plus que pertinentes du budget en question ?...
Budget 2010-2011 - Les mauvaises cibles


Et en fait, la première critique qu'on puisse faire du budget ne serait-elle pas que celui-ci ne va pas assez loin ?...
Retour à la case départ - Alain Dubuc


Le gouvernement Charest aurait-il finalement décidé de passer à l'action ?...

Fini l’ère de « l’acquis » - LOUIS J. GOUIN

La conversion de Jean Charest
La ligne dure

Ça passe ou ça casse
Budget casse-gueule - Sophie Cousineau
À l'assaut du modèle québécois
Le dentifrice est sorti du tube - Vincent Marissal
Le testament
Hé ben!

Budget 2010-2011 - Le retour du Charest 2003

Les points saillants du budget
Impôt santé de 200$ par an et «ticket orienteur» dans trois ans
Québec s'attaque à la dette

L'électricité coûtera plus cher

Électricité: le bloc patrimonial sera dégelé en 2014
Québec «fait le ménage» dans ses dépenses

Les minières paieront davantage
Environnement - Québec «souffle le chaud et le froid», dit le milieu
Québec ne bonifie pas son offre à ses employés
L'embellie entre Québec et le Front commun est écorchée
Une facture de 4 milliards

Québec met la main dans les poches des contribuables
Les trois partis d'opposition dénoncent le budget


Pourra-t-on vraiment espérer quelque changement que ce soit au Québec, tant que les Québécois ne sembleront pas y tenir réellement ?...
Un immense vide - André Pratte

La population québécoise serait-elle devenue incapable d'assumer quelque responsabilité que ce soit ?...
Coupez les dépenses, disent les Québécois


Ce gouvernement serait-il tout simplement incapable d'agir ?...

Perspectives - Moumoune ?
Charest government 'paralyzed' by allegations of inaction
Pas d'augmentation des tarifs d'Hydro pour le moment
L'usure du CHUM - Ariane Krol

Ce gouvernement serait-il en train de laisser le Québec se dégrader sans jamais rien faire pour l'en empêcher ?...

Le gouvernement Charest - Une passivité dommageable
- Bernard Descôteaux
Libre opinion - Le temps est manifestement venu d'agir


Ce gouvernement serait-il tout simplement indigne du Québec ?...

D'une république de bananes à l'autre - Vincent Marissal
Lettres - Un gouvernement exclu des séries !
Il a pris le champ -  Lise Payette
Le vrai Jean Charest - Alain Dubuc
Cheap hydro is wrong on at least two counts

Petite mentalité - Claude Picher
Bilan de... début de session - Vincent Marissal

Et se pourrait-il donc que Jean Charest ne s'avère tout simplement pas digne de gouverner ?...

Ça va comme c'est mené


Ce gouvernement serait-il virtuellement incapable d'aller plus loin que la gestion à très court terme ?... Ou en fait, ce gouvernement ne ferait-il finalement que gérer les apparences ?...

(Voir tout le reste de cette section...)
Curieux sens des priorités - François Cardinal

Hausse probable de la TVQ

Le gouvernement Charest ne saurait-il que recouvrir d'un pansements les bobos pointés du doigt par les médias, quitte à le faire que de la façon la plus grossière qui soit ?...

Où est la logique? - Michèle Ouimet
Religion à la garderie - Les girouettes
Une politique à visage découvert - Vincent Marissal
Correction d'examens de français: Courchesne fait volte-face

Ce gouvernement sait-il seulement de quoi il parle ?...
Hausse des tarifs publics - Quelle révolution culturelle?



Le Québec serait-il aussi soumis à Charest qu'il a pu l'être à Duplessis, ou alors quoi ?...
Avez-vous dit enquête publique? - Nathalie Collard

Construction: le PQ lance un appel pour mousser sa pétition
Aucune controverse n'égratigne Charest
La pétition du PQ n'a pas connu un grand succès

En s'obstinant à se moquer de la population en laissant le champs libre à la corruption, Charest n'est-il pas surtout en train de faire perdre des plumes à son propre gouvernement ?...
(Et d'ailleurs... Se pourrait-il que la comédie aie assez duré ?...)
Charest has to start cleaning up his party

Jean Charest, under siege - Lysiane Gagnon
Charest compte sur la reprise pour regagner la confiance des Québécois

Les libéraux en chute libre
Jean Charest faces his ‘worst week’
Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Charest et le PLQ en forte chute
Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Construction: les Québécois ne décolèrent pas
Des enjeux cruciaux au coeur du débat de la prochaine session
Une année sous le signe de la corruption
L'armure de Charest est percée, affirme Marois
Le PQ affirme qu'il sent des odeurs de fin de régime
PQ: le bond en avant - Lysiane Gagnon
Le gouvernement Charest a perdu des plumes

En fait, les scandales accablant le gouvernement Libéral ne mettent-ils pas surtout en évidence la tendance de ce dernier à démontrer de la pure et simple incompétence ?...
Just what, if anything, were these Liberals thinking?

Et il le fait bien - Patrick Lagacé

En fait, se pourrait-il donc que ce gouvernement ait tout simplement perdu la confiance des Québécois ?...

Revolt brewing behind Quebec Liberals' united front

Le vrai Bellemare? - Alain Dubuc
Gouvernement Charest - Sept ans de laxisme

Les libéraux en chute libre
Les Québécois croient Bellemare
Les soupçons autour des libéraux ébranlent la démocratie, croit Landry

Se pourrait-il que ce gouvernement soit virtuellement incapable de gérer notre budget ?...

Compressions à Québec - L'obsession
Combien de moins dans vos poches?
Discours inaugural - Stupide, l'économie?
Québec n'arrive pas à contrôler ses dépenses
Bachand contredit les pronostics du Conference Board
Ne creusons plus le trou
Quebec refuses to make the tough budget choices
Un budget historique? - Alain Dubuc
«On va commencer par un ménage au gouvernement»
Une souris budgétaire? - Alain Dubuc
Hausse probable de la TVQ
Déficit d’audace -  YVAN LOUBIER
Finances publiques: pas de grandes manoeuvres
L'état des finances publiques écarté du menu des discussions
Assurance parentale: Québec doit encore renflouer la caisse
Le SISP propose d'augmenter les impôts aux plus riches
Où est la stratégie?  -  ALAIN DUBUC
Votre budget  -  ARIANE KROL
Les intérêts sur la dette explosent

... Et si ce gouvernement a fait de l'économie son cheval de bataille, se pourrait-il pourtant qu'il ne soit tout simplement pas capable de réellement s'en occuper ?...

Une stratégie irresponsable

Verdict des patrons: le gouvernement Charest recalé

À moins que, dans l'ensemble, la performance économique du gouvernment Charest ne soit pas nécessairement si mauvaise que cela, si elle n'est certainement pas des meilleures ?...
Finances publiques: Charest au sixième rang


Ce gouvernement serait-il donc tout capable que de défaire ce qui a pu être fait auparavant, et surtout ce qui pouvait s'avérer moindrement utile ou constructif ?...
Des changements aux effets pervers

Charest serait-il en train de finalement se dire qu'il serait peut-être grand temps d'agir ?...
Hausse probable de la TVQ

Vers un budget «lucide»?
Réflexion sur les tarifs - Une «révolution culturelle»
Les Québécois conviés à une «révolution culturelle»
Québec fera le ménage de ses finances
Charest demande conseil pour une «prospérité durable»
Québec déterminé à imposer un régime minceur
Québec planche sur un forum économique
Québec tiendra un sommet sur les finances publiques
La facture d’Hydro va grimper  -  Denis Lessard
À VOS POCHES, CITOYENS!  -  Nestor Turcotte
Hausse des tarifs Le gouvernement Charest passera à l’acte  -  Denis Lessard
Québec lance une consultation élargie  -  Tommy Chouinard

Voir aussi
Le moment serait-il venu au Québec pour une nouvelle petite Révolution, celle ne son propre financement ?...
ou tout simplement Et pour la suite des choses ?...

Y aurait-il quelque chose qui cloche au Québec ?.. (ou en d'autres termes : y aurait-il quelque chose de pourri au Royaume de Kébec ?...)
Voir aussi
En fait, serions-nous en voie de carrément perdre le contrôle de nos finances publiques ?...
Les pas bons - Alain Dubuc

La loi pro-déficit  -  CLAUDE PICHER
Montréal, les immigrants et le reste du Québec - CLAUDE PICHER

Les Québécois devront faire des « sacrifices »  -  Stéphane Paquet
Les sacrifices  -  ANDRÉ PRATTE
En route vers un « déclin tranquille »   François Legault se dit inquiet pour l’avenir du Québec
La grenouille dans l’eau chaude ANDRÉ PRATTE
Anatomie d’une catastrophe  ALAIN DUBUC
Le PQ presse le gouvernement de s’attaquer aux « vaches sacrées »

Ce gouvernement serait-il donc incapable de faire quoi que ce soit ?...
Le domaine des souhaits

Charest oserait-il ne rien faire même devant les situations les plus inacceptables ?...
Femmes enceintes en Gaspésie : Une situation inconcevable, reconnaît le ministre  -  Pascale Breton


Et par ailleurs, le Québec fait-il vraiment meilleure figure que le Canada en ce qui concerne Haïti ?...
Yves Bolduc doit tenir compte du «précédent»

Jean Charest ne tiendrait-il tout simplement pas ses promesses ?...

PROMESSE NON TENUE  -  Marie Allard

La CSQ presse la ministre d’agir  -  Marie Allard
Québec est revenu sur sa parole 

Jean Charest aurait-il une petite tendance à ne pas dire toute la vérité au Québécois ?  Et autrement dit, Jean Charest aurait-il
une petite tendance à ne carrément pas dire la vérité ?...
CHUM: le mirage PPP - Ariane Krol


Charest irait-il même jusqu'à négliger, et donc mettre en danger la santé et la sécurité des Québécois ?...
Voir aussi : Santé... et surtout
Se pourrait-il donc que le gouvernement Charest n'ait vraiment aucune idée de ce qui pourrait sauver le système de santé ?...
ainsi que

Le gouvernement Charest mettrait-il en danger notre santé, notamment en nous mentant carrément à ce sujet ?...
Des attentes inacceptables - Nathalie Collard
Le mystère de Montréal - Alain Dubuc
Voir aussi Le vaccin offrirait-il surtout un témoignage ultime de l'incompétence de nos gouvernements ?...
Viaduc de la Concorde : Des assureurs poursuivent Québec  -  Karim Benassaie
et finalement
Le gouvernement Charest ferait-il carrément preuve de négligence à l'égard des aînés du Québec ?...


Mais peut-on pourtant aller vraiment jusqu'à se moquer de l'éducation de nos jeunes ?...
Se pourrait-il donc que Jean Charest ne comprenne rien à l'éducation ?...
Jean Charest irait-il jusqu'à se moquer du droit des jeunes à une éducation équitable et de qualité ?...

Et se pourrait-il que le gouvernement Charest ne se sente aucunement concerné par la pauvreté ?...


Et s'il se trouve une marmite sur laquelle Charest s'empresse de mettre un couvercle, n'est-ce pas sur celle des accomodements raisonnables ?...


Et par ailleurs, le gouvernement Charest ne se moquerait-il pas des Premières Nations au moins autant que peut le faire Harper ?


Le gouvernement Charest se moquerait-il totalement de sa propre fonction publique, en se refusant à tout avancement dans ce dossier, peut-être même davantage qu'il ne le fait de toute façon dans tous les autres dossiers ?...



Serait-il donc possible que le gouvernement Charest se moque carrément de nous ?...
End the 'Engineering for Dummies' approach

Charest plaide pour un gel des salaires qui permet les «variations»
Au-delà de la joute - Patrick Lagacé
L'os du gouvernement Charest - Michel Girard
L'immoraliste
Un loup est entré dans la bergerie, selon le PQ
Les peurs de Jean Charest - Alain Dubuc
Contrats gouvernementaux: Québec veut «rassurer la population»
L'indécence  -  VINCENT MARISSAL
L’injustice  -  Marie-Claude Lortie
Allocations de transition pour... retraités -  VINCENT MARISSAL
Voir aussi...  La « grande passe de 2001 » -  VINCENT MARISSAL 
LOI SUR LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL  Le PQ estime insuffisante l’augmentation des amendes
71 ménages montréalais sont à la rue
Villanueva : Le ministre Dupuis veut-il une enquête injuste? - YVES BOISVERT
Des organismes claquent la porte des consultations

Sous-financement d'entreprises prenant soin des aînés - Ariane Lacoursière

Les aînés accaparent la période de questions à l’Assemblée nationale
L’opposition devance la ministre Blais
Manque de formation des préposés aux bénéficiaires : Québec savait depuis un an
Ou voit tout simplement les dossiers suivants : Santé  et Éducation....

Et n'est-ce pas se moquer de nous que d'attendre à la dernière minute pour dépenser des fonds pour lutter contre la récession ?... Après tout, n'est-ce pas aussi tôt que possible qu'il faut plutôt agir dans une telle situation ?...
Infrastructures: Québec touchera tout ce qui lui revient, dit Charest

Et par ailleurs, Charest se pourrait-il que Charest se moque aussi de l'opposition ?...
Des changements dans la carte électorale contestés par l'opposition

Voir aussi Et pourtant, se pourrait-il qu'il prenne parfois à Charest de vouloir jouer les dictateurs ?...

... ou qu'il se moque tout simplement de ce que peut vouloir sa propre population ?...
Charest exclut des groupes de jeunes

Ultimement, se pourrait-il donc que Charest ne sache faire mieux, face à une population qui demande des comptes, que de gagner du temps en attendant que cette dernière oublie, et en n'ayant donc d'autre but que d'en arriver éventuellement à pouvoir impunément passer outre à la volonté populaire, et surtout dans une relative impunité ?...
Le Québec politique - Vices cachés
Un Québécois au paradis - Lysiane Gagnon

Le gouvernement Charest irait-il même jusqu'à s'adonner au favoritisme dans tout ce que cela peut avoir de plus grossier ?...
Fin de l'histoire? Pas si sûr... - Vincent Marissal

Que. minister booted from caucus, three others under scrutiny
Jean Charest chasse le ministre Tony Tomassi du cabinet et du caucus libéral
Tony Tomassi perd son ministère: une controverse de trop

Charest ne voit aucune contradiction dans les propos de Tomassi
Encore des places à des donateurs du PLQ
Et il le fait bien - Patrick Lagacé
Time for a close look at daycare system
Les garderies privées réclament la démission de Tony Tomassi
Tomassi refuse de dire si sa compagnie a construit des garderies

Garderies: le vérificateur général enquête
Plus grande part du budget allouée aux garderies privées qu'aux CPE - «Ce n'est pas de l'argent frais», se défend l'AGPQ
On se garde une petite gêne, monsieur le ministre - Vincent Marissal
Le biberon déborde - André Pratte
Garderies: le Vérificateur général se dit interpellé
Garderies: Un demi-million pour un permis?

Le ministre Tomassi encore accusé de favoritisme

Garderies: «Ça sent mauvais»
Une autre chaîne de garderies privées voit le jour sous les libéraux
La bataille des garderies
Garderies: le PQ met en garde le ministre Tomassi
Garderies: le ministre Tomassi fait volte-face

Atribution de nouvelles places en garderie: Marois veut une enquête
Garderies: Québec appelé à plus de transparence
Les libéraux olympiques - Patrick Lagacé
Garderies: la version du ministre Tomassi est contredite
Embarrassé, le ministre Tomassi accuse le PQ de «racisme»
Derniers tirs croisés à l'Assemblée nationale
Tempête dans un biberon - André Pratte
Poupongate ou pur hasard? - Vincent Marissal
Garderies: de nouvelles révélations embarrassantes
Garderies: le PQ en remet, le PLQ nie
Garderies: «On se sent humiliés»
Garderies: de nouvelles révélations choquent Courchesne
Le PQ dénonce des cas de favoritisme dans les garderies privées

Places en garderie - Premier pas
Garderies: Tomassi modifie le processus d'attribution des places


En ne daignant mettre que d'aussi petits pansements sur les bobos, Charest n'essaierait-il pas surtout de nous berner ?...
Avortement : Les cliniques privées auront six mois de sursis  -  Pascale Breton

Ces histoires de FIER dont il serait dur d'être fier...
Les FIER devraient éviter les conflits d’intérêts

Pas de quoi être FIER - Sophie Cousineau
FIER: le ministre Gignac resserre les règles
Des fonds publics pour le Saguenay « détournés » au profit des petits amis des libéraux à Montréal
Confusion totale -ANDRÉ PRATTE
Un FIER de Granby investit dans un hôtel pour chiens deMontréal
Québec dans les câbles
FIER: le vérificateur général s’en mêle
Les FIER : Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain - Charles Sirois
FIER: des rendements top secret

Jean Charest aurait-il pour spécialité de ne rien faire ?...
Charest a fait preuve de leadership

Le septennat de Jean Charest - Des comptes à rendre
Les politologues parlent «des années molles» et de «spirale de cynisme
Bilan des ministres - L'économie, la grande réussite
Revenez, M. Charest! - Lysiane Gagnon
Le volant et le souriceau - Lysiane Gagnon
Lucien Bouchard et Jean Charest - Yves Boisvert
La création de places en garderie prend du retard
Les peurs de Jean Charest - Alain Dubuc
Repenser le déchet - Ariane Krol
Immobilier: la nouvelle loi du courtage tarde au Québec
CHUM: six mois de retard de plus
CHUM 6 mois sans progrès  -  Denis Lessard
Le luxe du temps  -  VINCENT MARISSAL
Crise avortée    -  ARIANE KROL
Le train manqué  -   François Rebello
En route vers un « déclin tranquille »   François Legault se dit inquiet pour l’avenir du Québec
La grenouille dans l’eau chaude ANDRÉ PRATTE
Anatomie d’une catastrophe  ALAIN DUBUC
Le PQ presse le gouvernement de s’attaquer aux « vaches sacrées »
Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour faire pression sur Jean Charest

Déboires de la Caisse de dépôt - Charest ne veut pas d’enquête
Immigration : Québec solidaire accuse Charest de ne rien faire
Le projet de loi sur l’éthique des députés est reporté

SCANDALES ÀMONTRÉAL - Québec a manqué de célérité, estime l’opposition

Afin de mieux pouvoir ne rien faire, le gouvernement Charest aurait-il surtout développé une surprenante capacité à se fermer les yeux sur à peu près tous les maux qui peuvent affliger notre société ?...
L'état des finances publiques écarté du menu des discussions
La fraude à l'aide sociale frôle le milliard
Déboires de la Caisse de dépôt - Charest ne veut pas d’enquête

En fait, se pourrait-il donc que Charest se soit fait une spécialité de fuir les problèmes par tous les moyens possibles et envisageables ?...
Souvent à l'étranger, Charest se défend de fuir les problèmes

Et est-il d'ailleurs le seul à démontrer une si médiocre faculté ?...
Au tour d'Ignatieff de s'opposer à une enquête publique


En s'obstinant à refuser que la vérité soit dévoilée, Charest ne fait-il pas que prouver d'autant plus qu'il a justement quelque chose à cacher ?...
La session se termine sur un thème connu

Derniers tirs croisés à l'Assemblée nationale
Enquête publique: Charest dit non à Montréal

Charest en serait-il rendu au point de se fermer les yeux même face à la corruption, et même lorsque son propre gouvernement en est attaqué ?...
Le ministère des Transports viole les règles, accuse l'ADQ

Transports Québec: 70 millions de contrats sans appels d'offres
Le nombre de contrats accordés sans appel d'offres augmente
Les peurs de Jean Charest - Alain Dubuc
Quand M. Charest veut une enquête - André Pratte
Québec généreux avec des coupables de collusion
De généreuses contributions politiques
Charest refuse toujours de tenir une enquête publique
Le MTQ a accordé des contrats à une entreprise ayant déjà comploté
OPÉRATION MARTEAU Huit policiers de Montréal se joignent à l’escouade

Des jeunes unis contre la corruption
La ministre Boulet encore malmenée
Une négligence inadmissible - André Pratte
Contrats gouvernementaux: Québec veut «rassurer la population»
Le gouvernement Charest a perdu des plumes
CORRUPTION MUNICIPALE  Aucun ministre n’est en faveur d’une commission d’enquête  -  Denis Lessard
Le SPVM, porté disparu  -  Patrick Lagacé
Politique et corruption: Charest nie les allégations
L'indécence  -  VINCENT MARISSAL
Des ministres libéraux sur la sellette
Ma campagne à la mairie  -  YVES BOISVERT
Le syndrome Gérald Tremblay  -  MICHÈLE OUIMET
Le gouvernement a-t-il des choses à cacher ?  -  Tommy Chouinard
Mettre fin à la collusion  -  NATHALIE COLLARD
SCANDALES ÀMONTRÉAL - Québec a manqué de célérité, estime l’opposition

Voir aussi 
Se pourrait-il donc que Charest ne s'obstine à refuser de dénoncer le système québécois de la corruption que parce qu'il se trouve lui-même à représenter ni  plus ni moins que la tête d'un tel système ?...
ou
Se pourrait-il donc que Charest ne s'obstine à refuser de dénoncer le système québécois de la corruption que pour mieux continuer à profiter de ce dernier ?..

ainsi que Et si une commission d'enquête s'imposait vraiment ?...

Et lorsque Charest adopte finalement une quelconque mesure, même valide, peut-on pourtant dire que cela soit suffisant ? Ou ne semble-t-il pas plutôt préoccupé à en faire aussi peu que possible pour faire taire la population ?...
Financement public: les partis municipaux oubliés
Une p'tite tisane contre votre cancer? - Vincent Marissal
Des mesures plus sévères contre les dons occultes
Contrats: Transports Québec adopte de nouvelles mesures

Et lorsque Charest fait finalement quelque chose sous la pression d'un rapport ou d'un avis externe, ne fait-il pas que justement prouver qu'il y avait jusque là un problème qu'il avait lui-même laissé  croupir en toute impunité ?...
FIER: le ministre Gignac resserre les règles


Et lorsque Charest "fait" finalement quelque chose, ne s'agirait-il finalement qu'un écran de fumée destiné à camoufler le fait qu'il continue justement de surtout ne rien faire ?...

On efface et on recommence
Requiem pour une commission
« Ce n’est pas une commission d’enquête »

Pourquoi ?
Enquête : mode d’emploi

Malaise à la Cour supérieure

Les policiers du SPVM déçus et frustrés

Bon mandat, pas de pouvoir
« Une véritable arnaque » , tonne Pauline Marois

Une commission émasculée

« Pas l’argument le plus solide » , dit le Barreau

Une immunité limitée

Commission d'enquête - Ce n'est pas ça !
Le modèle québécois
DES TÉMOINS « INVITÉS » ET AUCUN COUPABLE

À mi- chemin
Une loi inutile et inefficace
Un « paravent inefficace » , selon l’Association des policiers

Le remaniement ministériel de cette semaine - Redéploiement de gros joueurs
Nouveaux trios, même équipe
Gouvernement Charest - Changer sans changer
Bellemare fait bouger Charest
Une enquête et... une mise en demeure


Mise sur pied de l'escouade «Marteau»
Partis politiques: Québec veut contrer le financement occulte

Et lorque Charest fait finalement quelque chose, n'est-ce pas surtout ce qu'on pourrait plus proprement qualifier d'improvisation, et surtout de mesures à court terme ?...
Assurance parentale: Québec accusé d'improviser

Assurance parentale: Québec doit encore renflouer la caisse

C'est un début - Nathalie Collard

70 actions pour s’attaquer à l’itinérance  -  Catherine Handfield

Le gouvernement Charest n'aurait-il pas trouvé mieux pour excuser le bris de ses promesses que de toujours  remettre à plus tard l'exécution de celles-ci ?...
Repenser le déchet - Ariane Krol

Le gouvernement Charest ne ferait-il qu'utiliser le prétexte "d'évaluer la pertinence" de ses projets, pour ne pouvoir que d'autant mieux s'assurer de surtout ne jamais rien faire ?...
PROJETS EN PPP  Gagnon-Tremblay songe à faire marche arrière

Le gouvernement Charest utliserait-il parfois les pires prétextes pour "justifier" le fait de ne rien faire ?...
Écolosol : La ministre Beauchamp justifie le retard des audiences 


Les ministres de Charest ne feraient-ils que prétendre penser à long terme, pour ne se croire que d'autant plus justifiés à ne rien faire ?...
Les algues bleu-vert persisteront malgré le printemps frais Il faut voir à long terme, dit la ministre Line Beauchamp


Les ministres de Charest ne seraient-ils capables que de parler de ce qu'ils "pourraient" faire, plutôt que d'agir ?...
Gignac veut que le niveau de vie des Québécois rejoigne celui des Ontariens

Fraude : Charest veut des peines plus lourdes
CPE et discrimination : Le ministre promet des changements 


Et Charest vaut-il vraiment mieux que Harper pour ce qui est de laisser tomber l'économie, et ce même en pleine récession ?... (et ce même si c'est pourtant pour s'occuper de l'économie qu'on lui a confié un gouvernement majoritaire...)
Hubert Lacroix s’en prend à l’« inaction » des gouvernements

Ce gouvernement serait-il incapable de se tenir debout pour le Québec ?...
Les minières ne verseraient pas un cent de redevances

Le gouvernement Charest serait-il tout simplement corrompu ?...

Un «s» qui fait toute la différence


Se pourrait-il donc que Charest ne s'obstine à refuser de dénoncer le système québécois de la corruption que parce qu'il se trouve lui-même à représenter ni  plus ni moins que la tête d'un tel système ?...
Le DGE mènera une enquête sur la ministre Courchesne
PLQ: les ministres doivent amasser 100 000 $ en dons par année

Donner au PLQ «augmente les chances d'avoir un contrat»


Se pourrait-il donc que Charest ne s'obstine à refuser de dénoncer le système québécois de la corruption que pour mieux continuer à profiter de ce dernier ?...
Le PLQ, «une machine à ramasser de l'argent», selon son ex-président
Larguer son «rainmaker»
Financement des partis politiques - Le pouvoir attire plus les contributeurs du PLQ que ceux du PQ
Bellemare fait bouger Charest
Des allégations graves - André Pratte
Le témoin Bellemare - Yves Boisvert

Marc Bellemare: un passage éclair en politique

Le mystère Bellemare - André Pratte
Jean Charest-Marc Bellemare: le bras de fer se poursuit
Lettre - Le mépris de monsieur Charest
Influence de la FTQ: Michel Arsenault réplique à Bellemare
Marc Bellemare cible la FTQ
L'ex-ministre Bellemare réduit au silence
La maudite immunité
Financement du Parti libéral du Québec - Charest ment comme il respire, dit Bellemare
Un bâillon imposé à Bellemare?

Financement du PLQ: Bellemare dit avoir des preuves contre Charest

Charest met Bellemare au défi de dire ce qu'il sait

Charest s'en prend à Bellemare qui refuse de témoigner
Le PLQ aurait reçu 130 000 $ en dons trop généreux depuis 2005
L'ex-ministre Bellemare tire à boulets rouges sur le DGE

Financement du PLQ - Le DGE assigne Bellemare à témoigner
Le DGE convoque Bellemare pour l'entendre au sujet du PLQ
Le DGE et les donateurs compulsifs - Vincent Marissal

Pagaille à l'Assemblée nationale
Marois owes Charest an apology
Pauline la pas fine - Vincent Marissal
Marois «déshonore la classe politique», dénonce Charest
Intégrité de Charest: Marois persiste et signe
Marois soulève des doutes sur la probité de Charest
Charest ne renoncera pas à sa prime de 75 000 $
Le PQ croit que les libéraux protègent leurs donateurs
Les peurs de Jean Charest - Alain Dubuc

Et comment s'obstiner à ne rien dévoiler sans ne faire ainsi  que prouver d'autant plus qu'on a justement quelque chose à cacher ?...
Présumés coupables - André Pratte


En fermant les yeux sur la corruption, Charest ne s'en fait-il pas lui-même complice ?...
Le PQ accuse les libéraux d’être complice des pratiques mafieuses
Le gouvernement a-t-il des choses à cacher ?  -  Tommy Chouinard
Voir aussi L’art de noyer le poisson - LYSIANE GAGNON
Corruption : Cas isolés ou système?  -  ANDRÉ PRATTE

Voir aussi Afin de mieux pouvoir ne rien faire, le gouvernement Charest aurait-il surtout développé une surprenante capacité à se fermer les yeux sur à peu près toutes les plaies qui peuvent affliger notre société ?...

Et en supportant ceux qui sont discrédités de par leurs conflits d'intérêt, Charest se retrouve-t-il vraiment dans une meilleure position ?...
Des coups de pouce arrivent de Québec juste à temps  -  Denis Lessard

Et si Charest se ferme les yeux sur l'éthique, n'est-ce pas surtout pour couvrir ses propres ministres ainsi que leurs conflits d'intérêt ?...
David Whissell reste en poste

Un loup est entré dans la bergerie, selon le PQ
L'opposition veut la tête de Whissell
Whissell reste député, mais prend des vacances
Le vice caché
Charest absout d'Amour

Le député Jean D'Amour plaide coupable

Le député D'Amour pourrait être poursuivi
Hausse de 66% des contrats pour ABC Rive-Nord
L'Ordre des ingénieurs enquête sur Jean D'Amour
Jean D'Amour aurait été présenté comme ingénieur par BPR
L'ancien bras droit de Jean Charest se joint à la firme HKDP

FIER: le ministre Gignac resserre les règles
Le MTQ a accordé des contrats à une entreprise ayant déjà comploté
Des jeunes unis contre la corruption
La ministre Boulet encore malmenée
Une négligence inadmissible - André Pratte
Le vérificateur général rabroue le ministère des Transports
Volée de bois vert aux Transports

L'entourage libéral accusé de malversations
Whissell: une enquête publique s'impose, dit l'opposition
L'entreprise de Whissell a transigé avec un sympathisant des Hells
Don suspect: Jean D'Amour se retire du caucus libéral
Ex-ministre Whissel : Des «suppléments» embêtants  -  Denis Lessard
La compagnie de David Whissell  devrait renoncer aux contrats sans appel d’offres du gouvernement
On ne badine pas avec l’éthique  -  VINCENT MARISSAL
Scepticisme chez les péquistes  -  Denis Lessard

Ministre Whissel forcé de quitter son poste : Volte-face de Jean Charest  -  Denis Lessard

Jean D’Amour fait l’objet d’une enquête  -  Tommy Chouinard
QUÉBEC  L’étau se resserre autour du ministre Whissell
QUÉBEC Le conflit d'intérêt d'un ministre fait bondir l’opposition
Voir aussi UN PRIX EXORBITANT  -  Yvan Loubier

Charest aurait-il donc un sérieux problème avec tout ce qui peut se rapporter à l'éthique ?...
Charest promet un code d'éthique pour les députés

Questions d'éthique à l'Assemblée nationale
Whissell aurait aimé soumettre son cas à un commissaire à l'éthique
Gouvernement Charest - Le doute éthique
Voir aussi La faute de Thierry Vandal  -  MICHÈLE OUIMET
Code d'éthique : De beaux principes, mais...  -  Louise Leduc
L’éthique arrive en ville  -  Ariane Krol
Le projet de loi sur l’éthique des députés est reporté
Québec dépose un projet de code d’éthique
Des règles à revoir - ANDRÉ PRATTE
Le limbo éthique - ANDRÉ PRATTE
Un code d’éthique extensible -  VINCENT MARISSAL
Du mou dans l’éthique
Le PQ semoque du « limbo éthique » du gouvernement
Petites perles éthiques - PATRICK LAGACÉ
RÈGLES D’ÉTHIQUE - Charest a baissé la barre pour Pierre Arcand
voir aussi Ministre en ascension -  NATHALIE PETROWSKI
Une réforme parlementaire sans commissaire à l’éthique
Voir aussi :
Qu'est-ce qu'un conflit d’intérêts ?...

Et par ailleurs, le gouvernement Charest fait-il réellement preuve de plus de leadership (que les Conservateurs...) du côté de l'environnement ?...

Charest fermerait-il tout simplement ses yeux sur à peu près tout ce qui peut se passer, surtout dès qu'il est question de passer à l'action ?...
Lessard promet de légiférer pour assainir le milieu municipal

Le gouvernement Charest a perdu des plumes
CORRUPTION MUNICIPALE  Aucun ministre n’est en faveur d’une commission d’enquête  -  Denis Lessard
Des ministres libéraux sur la sellette
Politique et corruption: Charest nie les allégations

L'indécence  -  VINCENT MARISSAL
Le syndrome Gérald Tremblay  -  MICHÈLE OUIMET
Le gouvernement a-t-il des choses à cacher ?  -  Tommy Chouinard
Malversations dans le monde municipal : Charest écarte l’idée d’une enquête publique
Allégations de malversations et de collusion dans le secteur de la construction : Pas de commission d’enquête maintenant

Charest n'est-il capable que de "tabletter" les rapports qu'il a lui-même commandé ?...
Sans plan d’ensemble - CLAUDE CASTONGUAY

Libre opinion - Le temps est manifestement venu d'agir
L’Agence des infrastructures aux oubliettes

Voir aussi
Et s'il se trouve une marmite sur laquelle Charest s'empresse de mettre un couvercle, n'est-ce pas sur celle des accomodements raisonnables ?...


Charest aurait-il véritablement peur que l'on croie qu'il puisse peut-être changer quoi que ce soit ?...
Possible hausse des tarifs : Charest s’empresse de tempérer ses intentions  -  Denis Lessard

Charest battrait-il en retraite aussitôt que la moindre protestation se fait entendre ?...
Charest forcé de battre en retraite  -  Denis Lessard


Pour Charest, la prudence ne serait-elle qu'une excuse de plus pour ne rien faire ?...
Charest refroidit ses militants  -  Denis Lessard


Et si Jean Charest peut s'en permettre autant, n'est-ce pas entre autres choses parce qu'il sait d'avance que toute décision qu'il pourra prendre sera non seulement avalisée, mais encensée et louangée par ses militants ?
Ils l’aiment, leur chef

Les ministres de Charest ne seraient-ils donc que des marionnettes ?...
Les Nervous Nellies

Reconnaître que "tout n'est pas parfait" est-il en soi une excuse suffisante de la part d'un ministre qui tente ainsi de défendre son propre ministère ?...

Volée de bois vert aux Transports


Les ministres de Charest seraient-ils capables que de se dire "ouverts" à l'implantation d'une mesure ou d'une autre, comme s'ils n'étaient pas eux-mêmes les mieux placés pour les mettre en pratique ?... Ou autrement dit, les ministres de Charest ne démontrent-ils donc pas surtout qu'ils sont en fait virtuellement incapables d'agir, du moment qu'ils ne peuvent même pas appliquer leurs propres idées ?...
Québec est «ouvert» à offrir davantage

Line Beauchamp se dit "favorable" aux redevances sur l'eau...

Et peut-on seulement en dire davantage de Charest lui-même ?...
CONGRÈS BIO 2009 : Il faut stimuler l’esprit d’entrepreneuriat des chercheurs, dit le premier ministre

Les ministres de Charest peuvent-ils décider quoi que ce soit, ou ne font-ils, au mieux, que se dire "ouverts au changement" si celui-ci devait arriver d'on ne sait ?...
...Ou autrement dit, les ministres de Charest peuvent-ils agir, ou ne sont-ils capables que de parler ?
NATHALIE NORMANDEAU SOUS LES PROJECTEURS

Les ministres de Charest s'avéreraient-ils tout simplement incompétents ?...
Et il le fait bien - Patrick Lagacé

Marois demande à Charest de rappeler à l'ordre deux ministres

Charest ne serait-il prêt à agir que quand il n'a tout simplement plus le choix ?...
Charest s’attaque aux criminels à cravate  -  Denis Lessard

Jean Charest s’engage à ne pas rouvrir le débat sur l’avortement
Charest enterre les PPP Le président de l’Agence des PPP quitte son poste

Charest ne serait-il disposé à revenir sur sa décision que lorsqu'on le force à le faire ?...
On ne badine pas avec l’éthique  -  VINCENT MARISSAL
L’Agence des PPP se meurt  -  Denis Lessard

L’apostasie -  ANDRÉ PRATTE

Charest ne serait-il ouverts au ''changement'' que lorsqu'on le force à l'être ?...
Échangeur Turcot : Québec ouvert à des modifications

Charest pense-t-il vraiment pouvoir rassurer la population en se fermant les yeux ?...
Une escalade verbale qui inquiète les patientes

Yves Bolduc tente de calmer le jeu

Le gouvernement Charest ne sait-il que se mettre la tête dans le sable, tout en jetant de la poudre aux yeux, histoire de camoufler le fait qu'il ne fait justement rien ?... (Autrement dit : lorsque Charest daigne agir ou plutôt réagir, cela ne reviendrait-il pas qu'à "appliquer un pansement sur le bobo",  même s'il se trouve qu'on a affaire à bien plus qu'un "petit bobo", justement ?...
Financement public: les partis municipaux oubliés
L'équipe B - Patrick Lagacé
Plus de vérificateurs pour Montréal
Contrats dans les villes: création d'une «escouade» de vérificateurs
Partis politiques: Québec veut contrer le financement occulte
Le prolongement du métro à l’étude  -  Bruno Bisson
Forêt : Le régime actuel tire à sa fin  -  Hélène Baril
Code d'éthique : De beaux principes, mais...  -  Louise Leduc
Une fois l’an, la Caisse devra s’expliquer devant les députés
Le Québec égoïste  -  ANDRÉ PRATTE
Anatomie d’une catastrophe  ALAIN DUBUC

Le cirque de la santé - ARIANE KROL

Bolduc échoue au test  -  VINCENT MARISSAL
Diagnostic des enfants autistes ou atteints de TED  Les psychologues critiquent la directive

La ministre Blais enverra des clowns distraire les personnes âgées
Les établissements auront des étoiles

Pour Jean Charest, la discussion ne serait-elle pas qu'un prétexte de plus pour ne rien faire ?...

Parle parle, jase jase - Sophie Cousineau
Finances publiques: pas de grandes manoeuvres

Le gouvernement Charest en mode «écoute»

Et pourtant, se pourrait-il qu'il prenne parfois à Charest de vouloir jouer les dictateurs ?...
La menace d'un bâillon plane à Québec

La procédure contre Sylvie Roy rejetée
Jean Charest veut punir Sylvie Roy  -  Tommy Chouinard
Charest, le boss  -  VINCENT MARISSAL
Le baillon... pour mieux retourner aux déficits !...  -  Tommy Chouinard

Un bâillon inutile - ALAIN DUBUC


Et lorsqu'il ne "tablette" pas ses propres rapports, ne serait-ce que pour mieux les neutraliser d'avance en légiférant à contre-sens de ces derniers avant même qu'ils ne soient adoptés ?...
Des changements dans la carte électorale contestés par l'opposition


Et quand il se décide à faire quelque chose, serait-il possible que Charest le fasse n'importe comment ?...

L'usure du CHUM - Ariane Krol

CHUM La schizophrénie d’un hôpital universitaire  -  MICHÈLE OUIMET
CHUM : Vidéotron demande une compensation

Le seul CHUM possible


Charest s'entêterait-il à imposer des mesures qui font fi de tous les experts comme du bon sens ?...
Le projet du CHUM - Québec paie, mais ne choisit pas
Les victoires du PPP
La neutralité du groupe mise en question
CHUMQUÉBEC GARDE LE CAP SUR LE PPP
Mariage et divorce à la CHUM

Jean Charest se porte à la défense des PPP
PPP à tout prix - Ariane Krol
PPP: deux erreurs «importantes», conclut le vérificateur
Le bras dans le tordeur - Michèle Ouimet
CHUM et CUSM: les PPP pourraient être plus coûteux
La réalisation de projets en PPP coûtera plus cher, conclut le vérificateur
CRCHUM: le PPP coûtera 320 millions de plus
Réalisation de grands projets - Les PPP ne seront plus un «passage obligé»
CRCHUM: tout a été fait dans les règles, assure Gagnon-Tremblay
Correction d'examens de français: Courchesne fait volte-face
La ministre Courchesne accusée de gaspiller les fonds publics
Mégahôpitaux de Montréal: une dernière chance pour les PPP
Les coûts projetés pour le CHUM et le CUSM enfleraient de 60%
CHUM: le mirage PPP - Ariane Krol
Pas une bonne idée, le CHUM en PPP
CHUM  Québec maintient le PPP  -  Denis Lessard & Tommy Chouinard
CHUM : Pas de PPP, réclament les syndicats  -  Pascale Breton
L’Agence des PPP se meurt  -  Denis Lessard
L’apostasie -  ANDRÉ PRATTE
Le CHUM « encore sur le mode PPP », dit Yves Bolduc

Le mode PPP rebute ingénieurs et économistes
Au tour des entrepreneurs de contester les PPP
ÉCHANGEUR TURCOT  Québec renonce au PPP

PROJETS EN PPP  Gagnon-Tremblay songe à faire marche arrière
Bolduc envisage de renoncer au PPP

Pourquoi se priver des PPP?  -  Érik Richer LaFlèche 

Pourquoi attendre ? -  Pierre Gravel

PPP : Soyons courageux -  Marcel Boyer

Et s'il ne fallait pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain ?...
Monique Jérôme-Forget au Devoir - Le génie-conseil a tué les PPP
Le privé au secours des grands projets
Le privé à la rescousse du métro?
Partnerships require a shot of morphine
Ces PPP qu'on aime tant haïr
Des PPP qui n'en sont pas

Charest chercherait-il à nous imposer une vision dépassée ?...
Échangeur Turcot: le temps presse
La guerre Québec-Montréal - Michèle Ouimet
Des autos et des hommes
Échangeur Turcot: le bol ou l'assiette?
LeMTQexagère les coûts, selon laVille
Planning process is as messy as the Turcot
L'inquiétant réflexe du bon marché - Marie-Claude Lortie
Les boulets rouges de Mme Boulet
- Alain Dubuc
Trop peu, trop tard - François Cardinal

L'échangeur Turcot pour les nuls - Stéphane Laporte

Front commun contre Boulet
Échangeur Turcot - Heureuse tentative!
Turcot: Québec dit non à Tremblay
Tremblay confronte ouvertement Julie Boulet
La Ville propose un échangeur Turcot plus compact
Turcot: trois fois plus cher que l'original, selon le MTQ

Turcot: le projet de Tremblay est trop coûteux, dit Boulet

A new vision for the Turcot Interchange
Les écologistes proposent de réduire la capacité routière du futur complexe Turcot
Échangeur Turcot: un projet réduit est proposé
D'autres projets menacés, dit le maire
Échangeur Turcot: maire du Sud-Ouest rabroue Québec
Turcot La facture dépassera le milliard et demi  -  Bruno Bisson
Vision demandée - Nathalie Collard
Le BAPE rejette le projet Turcot Pas d’expropriations, pas de remblai et plus de transports en commun  -  Bruno Bisson
Échangeur Turcot: Transports Québec renvoyé à sa table à dessin
Réaménagement de l’autoroute Bonaventure : Isabelle Hudon en colère contre l’AMT  -  Éric Clément
ÉCHANGEUR TURCOT  Québec renonce au PPP
Énergies Vertes Le PQ lance une pétition pour faire pression sur Jean Charest
Turcot 2.0 -  Nathalie Collard
Échangeur Turcot : Québec ouvert à des modifications
« Montréal n’est pas un champ de blé d’Inde »
Turcot : La Ville remet tout en question
ÉCHANGEUR TURCOT Un projet de remplacement
ÉCHANGEUR TURCOT Le CN construit une nouvelle voie ferrée

Échanger sur Turcot  -   NATHALIE  COLLARD
Échangeur Turcot (BAPE) Pas de maquette avant l’été - L’information nécessaire n’est pas disponible, selon un expert
ÉCHANGEUR TURCOT : Un projet à contretemps ?
Reconstruction de l’échangeur Turcot  Montréal n’est pas convaincu du bien-fondé des expropriations
Voir aussi : Le projet Turcot pourrait coûter deux fois plus cher que prévu

Et lorsque Charest change finalement d'idée, n'est-ce pas surtout parce que la contestation populaire ne lui aura tout simplement pas laissé d'autre choix ?...

Plus de place aux transports en commun


Charest ne donnerait-il l'impression de nous consulter qu'afin de tenter de faire bonne figure ?....
Charest forcé de battre en retraite  -  Denis Lessard

(Ou en d'autres termes...) Et lorsque Jean Charest nous annonce une "consultation", ne s'agirait-il que d'une grossière mise en scène de plus, après tout ?...
Le déficit du Québec plus élevé que prévu  -  Denis Lessard

Québec lance une consultation élargie  -  Tommy Chouinard

Finances publiques : Charest lance une vaste consultation  -  Tommy Chouinard

Les ministres de Charest (et Charest lui-même) seraient-ils tout simplement incompétents ?...
Un ministre dans l’embarras — Pascale Breton

Jean Charest s’engage à ne pas rouvrir le débat sur l’avortement
Crise avortée    -  ARIANE KROL
Un ministre en observation -  VINCENT MARISSAL
Le président du Conseil des aînés démissionne


Et pourrait-il pourtant arriver à Charest de faire quelques bons coups ?...
Esprit de clocher
La rénovation remise à neuf
Crédit à la rénovation: les détaillants en veulent encore
CRÉDITS D’IMPÔT À LA RÉNOVATION - UN PETIT EXTRA QUI FAIT DE L’EFFET
Le crédit à la rénovation attire un tiers des Canadiens  
Tournages à Montréal Québec ouvre les vannes
Québec accorde près de 100millions à CAE
 

...Et qu'en est-il pour la suite des choses ?...
Guerre de tranchée à Rivière-du-Loup  -  VINCENT MARISSAL

Et en plus de tout cela, se pourrait-il que ce gouvernement s'adonne aussi à la partisannerie, et peut-être même un peu plus qu'il ne lui faudrait ?...
PQ et ADQ dénoncent des nominations «partisanes» dans la haute fonction publique

Des libéraux déballent leurs étrennes avant Noël


Et que serait d'ailleurs notre politique sans cette bonne vieille "politicaillerie" partisanne ?...
Les grands imposteurs -  ANDRÉ PRATTE
« Les péquistes se foutent des règles », dit JeanCharest


Voir aussi Et la guéguerre continue...

Malgré toutes les critiques du gouvernement Charest, le PQ pourrait-il pourtant prétendre être en mesure de faire mieux ?... Ou le PQ serait-il en fait incapable de prouver plutôt qu'il ne ferait pas encore pire ?...
Des députés du PQ dans l'embarras


Le PQ sera-t-il seulement capable d'échapper à ses propres forces d'auto-destruction ?...
Lettres - Bactérie mangeuse de chef

Le Parti Québécois ne pourrait-il pas se rebaptiser comme le nouveau Parti Radical du Québec ?
L’énigme Marois

La primauté du droit


Le PQ serait-il entré de plein pied dans un processus ne pouvant mener qu'à sa propre marginalisation ?...
Les communistes à la rescousse du Québec?

Lucien Bouchard reproche au PQ son manque d'ouverture
Le PQ a joué à fond la carte identitaire en 2009
Le PQ se radicalise sous Pauline Marois, selon Charest
Harel battue, le PQ déchiré - Vincent Marissal

... et d'ailleurs, ne peut-on pas en dire autant de l'ADQ ?
PQ et ADQ exigent une révision du cours d'éthique et de culture religieuse


Voir aussi
Certains partis québécois seraient-ils en train de dériver d'une façon des plus inquiétantes en ce qui a trait à leur discours sur l'immigration ?...


Se pourrait-il donc que le PQ s'avère tout simplement incapable de prendre acte de ce que veut la population ?
(Se pourrait-il donc que le PQ ne soit tout simplement plus en phase avec l'opinion et les besoins de la population ?)
Le PQ est- il menacé d’implosion?
Le suicide assisté
The PQ's pursuit of political fantasy drags it down
Le vieux dilemme

Et en fait, les péquistes seraient-ils donc les mieux placés pour se défaire eux-mêmes, notamment à travers leurs propres divisions internes ?...

Les cannibales -  Michel David
Crise au PQ - Il y a 30 ans, Pierre Bourgault faisait le même constat
Recomposition du paysage politique - Des questions pour les progressistes
Prise 2
Crise au Parti québécois - Embardées suicidaires
Lettres - Le PQ a tué le PQ
Drainville fait pression sur Marois
Bernard Drainville juge que le Parti québécois est rendu au bord de l'abîme
Parler pour le pays
The perils of the PQ: people are starting to laugh
Fractured tales of Parti Québécois ferment - Jeffrey Simpson
Le particide
PQ: les méfaits de la thérapie de groupe
Le député de Bertrand songe à se rallier à Legault

« On joue avec le feu » , avertit Duceppe

Mathématiques péquistes
Le PQ miné de l'intérieur
Le PQ est- il menacé d’implosion?
Vent de panique au PQ

Pétition pour un nouveau parti souverainiste
Péquisteries terminales
Nouveau chapitre du déchirement péquiste
Marois doit « réfléchir » , dit Landry
Parizeau désavoue Marois
Pan! dans le pied
La nouvelle garde du PQ rappelle à Jacques Parizeau ses travers de chef
De nombreuses interventions depuis 1996

Le PQ serait-il donc en train de carrément se saborder lui-même ?...
Parti Québécois revolt deepens with yet another departure – and a twist

Vers un PQ parallèle ?
Un cinquième péquiste démissionne

Le PQ serait-il donc en plein processus de décomposition ?
Les discussions ont été « raides »
Sovereignty slowly shuffling off this mortal coil
Marois n'est pas au bout de ses peines
Parti québécois - Le mur
Crise au Parti québécois - La perte de conscience nationale
Parti Québécois caucus drama laid bare
La sortie de secours

Le PQ ne saurait-il s'empêcher de prouver encore et encore la validité du quolibet selon lequel ce parti ne saurait faire mieux que de "manger ses chefs" ?...
Au suivant !

Sursis


Le PQ ne serait-il réduit qu'à devoir tout miser sur chacune de ses nouvelle sorties, en se disant à chaque fois que cela suffira à raviver la "flamme souverainiste" ?...
Le PQ posera des gestes «audacieux» pour relancer le débat identitaire

La loi 104 ravivera la flamme souverainiste, dit Beaulieu

Et les Québécois sont-ils pour autant prêts à voter pour le PQ ?...
Le nuage de Charest, le désert de Marois  -  VINCENT MARISSAL

UN ÉTÉ SANS NUAGE POUR JEAN CHAREST  -  Tommy Chouinard
Dur coup pour le PQ -  VINCENT MARISSAL
CHAREST DÉSORMAIS PLUS POPULAIRE QUE MAROIS
PQ et PLQ encore à égalité

Et surtout, le PQ est-il digne de la confiance des Québécois ?...
Le grand ouf de Pauline Marois  -  VINCENT MARISSAL


Le PQ serait-il en train de réaliser qu'il ne pourra s'approcher du pouvoir sans d'abord apporter un certain nombre de changements majeurs à son discours ?...
La création de la richesse au menu du PQ

L'éloge de la richesse

L'avenir serait-elle en fait du côté du PQ ?...
Le virage péquiste
- Alain Dubuc
Marois pourrait défaire le gouvernement, si l'occasion se présente
Le PQ veut «débureaucratiser»
Lettres - Un tournant au PQ
Le PQ montre la porte au SPQ libre
PQ severs ties with SPQ Libre
PQ: le bond en avant - Lysiane Gagnon
Le péquiste Nicolas Marceau appuie les hausses de tarifs En fait, le PQ ne serait-il pas devenu plutôt le parti par excellence de l'obstrusion au changement ?...
(autrement dit: le PQ se retrouverait-il en ce moment dans une situation ou il lui semble en fait difficile, voire impossible d'évoluer ?...)
Le PQ souhaite un budget sans douleur pour les contribuables

Le PQ et la richesse - Alain Dubuc
Marois contredit sa nouvelle vedette  -  Tommy Chouinard
Voir aussi Le péquiste Nicolas Marceau appuie les hausses de tarifs
Le testament de M. Legault -  André Pratte
Réjean Parent taxe Legault de néolibéralisme

En fait, se pourrait-il donc que le PQ ne soit devenu que l'instrument des syndicats ?...
L'arbre et l'écorce

La gauche péquiste fustige Marois

Ou se pourrait-il que le PQ n'ait tout simplement trouvé mieux que de s'adonner au populisme le plus élémentaire ?...
Un gâchis... et ses suites
Trois députés claquent la porte du PQ

Où s'arrêtera l'hémorragie?
Aussant part en suggérant à Marois de démissionner
Les poules sans tête
Les attaques du PQ ne reviendraient-elles donc qu'à "s'opposer pour s'opposer" ?... Les attaques du PQ riment-ils vraiment à quoi que ce soit ?
Le québec vulnérable à une récession


Le PQ démontrerait-il donc désormais une tendance à verser dans la mauvaise foi ?...
Des excuses s’imposent

Le PQ est- il à droite des libéraux?

Se pourrait-il donc qu'au Parti Québécois on soit en train d'oublier certains des principes qui s'avèrent pourtant les plus fondamentaux dans toute démocratie digne de ce nom ?...
À quoi joue le PQ?

Y aurait-il quelque chose qui cloche avec le PQ ?...
Camil Bouchard tire sa révérence

Halte au détournement des sociétés d’État ! - Robin Philpot
La division au PQ a eu raison de Legault, estime Charest
François Legault quitte la politique
Legault quitte le navire. Marois dans le pétrin -  Denis Lessard

Et par dessus tout, les Québecois eux-mêmes sont-ils prêts pour le changement ?...
LE DÉCLIN TRANQUILLE -  FRANÇOIS LEGAULT

En route vers un « déclin tranquille »   François Legault se dit inquiet pour l’avenir du Québec
 
Et y aurait-il enfin de l'avenir du côté de l'ADQ ?...
Le Québec doit se doter d'un plan de création de richesse, suggère l'ADQ

Message du chef de l'ADQ à Jean Charest - Le défi du courage et de la responsabilité
Caucus de l'Action démocratique - Deltell couperait un milliard

Ou plutôt, pourra-t-il jamais y avoir de l'espoir, en ce qui concerne l'ADQ ?...

Politique québécoise - L'échec de l'ADQ
Simon-Pierre Diamond passe au PLQ
L'élection fantôme
Le budget de l'ADQ amputé
L'ADQ termine l'année au tapis
Christian Lévesque nommé président de l'ADQ
L'impossible droite - Mario Roy
Taillon affirme avoir tourné la page sur l'ADQ
Mon pauvre Gérard! - Patrick Lagacé
Un exclu de l'ADQ veut lancer son parti
Gérard Deltell en plein brouillard
Qui est Gérard Deltell?
Gérard Deltell devient chef de l'ADQ
Deltell pourrait prendre les rênes de l'ADQ ce soit
Sommé de partir, Taillon renonce à se rendre au parlement
La vie après l'ADQ - Alain Dubuc
Financement de l'ADQ: Allaire ne s'en fait pas trop
«On est prisonniers d'une étiquette»
Crise à l'ADQ: la thèse du complot se dégonfle
La queue empoisonnée de l'ADQ - Yves Boisvert
Gilles Taillon persiste et signe
Duceppe invite les conservateurs à dire s'ils ont des liens avec l'ADQ
Gilles Taillon de plus en plus isolé
Des valeurs bien vivantes
Une occasion manquée - André Pratte
Taillon se dit victime d'un putsch orchestré par Mario Dumont
Une «spectaculaire opération d'autodestruction». dit Dumont
Deltell très intéressé par la succession de Taillon
Caire ne retournera pas à l’ADQ
Le couronnement de Gérard Deltell fait consensus
Le président de l'ADQ jette l'éponge
En contemplant les ruines de l'ADQ  -  Vincent Marissal
ADQ: pitié, assez! - Vincent Marissal
Éric Caire et Marc Picard claquent la porte de l'ADQ
Éric Caire réfléchit à son avenir politique  -  Tommy Chouinard
Sylvie Roy, inspectrice Gadget  -  PATRICK LAGACÉ
Un modèle pour l'ADQ en Alberta
Bonne chance, Mr. Taillon   -  VINCENT MARISSAL
Courte victoire de Gilles Taillon
ADQ Débat des candidats Caire et Taillon s’affrontent... sans dérapage
Le nationalisme repensé  -  Éric Caire
ADQ : Le derby de démolition  -  ANDRÉ PRATTE
Marois a failli diriger le Québec - L’ADQ a proposé une coalition au PQ à l’automne 2008
Le nationalisme sacrifié de l'ADQ -  Mathieu Bock- Côté

Taillon dénonce l’agressivité de Caire  -  Tommy Chouinard
Un premier débat musclé  -  Tommy Chouinard

L’ADQ doit s’assumer  -  Éric  Duhaime
L’ADQ n’est pas de droite -  Sébastien Proulx
Un candidat accueilli froidement  -  Martin Ouellet

Une candidature accueillie froidement à l’ADQ
La troisième voie en péril -  DENIS LESSARD
Le chef de l’ADQ sera élu le 18 octobre 
Gilles Taillon prend ses distances des conservateurs
Quel nouveau chef pour l'ADQ ?...

Le courage de ses convictions -  ANDRÉ PRATTE

Et pourtant... L'ADQ est-elle prête pour le Québec ?... (ou en d'autres termes : et si l'ADQ n'était finalement bel et bien qu'une perte de temps ?...)
Canadien d'abord
D’abord un ménage dans les dépenses   -  Gilles Taillon
L’ADQ semble condamnée  -  Denis Lessard
De l’ADQ à l’ABQ?  -  ANDRÉ PRATTE


Les débats des Québécois
Tarifs d'Hydro : une bataille d’arrière-garde -  ALAIN DUBUC

Vaut mieux être assisté social que de travailler au salaire minimum !...

Y a-t-il quelque chose à faire avec Québec Solidaire ?...

Le baromètre Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Khadir, le politicien le plus populaire
Partis politiques - Le modéré Amir Khadir
À l'attaque des «vaches sacrées»
Amir Khadir, un solidaire pas si solitaire
OSER ALLER PLUS LOIN - FRANÇOISE DAVID ET AMIR KHADIR
Québec solidaire liera la souveraineté à l'actualité


Mais ce parti aurait-il donc tendance à faire la part belle aux erreurs de jugement ?...
L’ultragauche démasquée
Khadir le fanatique
Editorial: Amir Khadir unclear on the concept

Et pourquoi pas un petit résumé de la situation ?...
Charest ébranlé, Marois en observation
Le Québec glisse-t-il à gauche?  -   Alain Dubuc
Le PQ à la recherche d’un guide économique  -  Vincent Marissal
DE GROS TRACAS  DANS LES DEUX CAMPS - Denis Lessard
Un remaniement risqué  -   Vincent Marissal

Le drôle d’été des politiciens québécois -  Alain Dubuc 


L'Assemblée Nationale ne serait-elle donc plus devenue qu'un champs de bataille ?...
PLQ et PQ multiplient les manoeuvres en fin de session


Et quelle nouvelle surprise devrait nous attendre dans le cirque qu'est devenue l'Assemblée Nationale ?... (et notamment : se pourrait-il donc que le décorum n'y soit plus qu'un lointain souvenir ?...)
Pot-pourri
Les hypocrites - André Pratte
Anniversaire de l'élection de Bourassa: Marois sème «l'indignation»
Les «fainéants» interdits à l'Assemblée nationale

En fait, le climat politique du Québec serait-il devenu pratiquement toxique et délétère ?...
Du fiel pour Noël
Québec - Un feu d'artifice !
Injuste et irresponsable - André Pratte
Jean, Pauline et l'art de l'insulte - Stéphane Laporte
Le climat politique se dégrade-t-il ? - Entre la haine et la gentilhommerie

Les foulards et les torchons

Charest et Marois en viennent aux insultes personnelles
De salaire et de Slinky - André Pratte
Climat toxique au parlement

En fait, les députés de l'Assemblée Nationale auraient-ils donc tout simplement franchi les bornes de l'incivilité ?
Lettres - La rentrée parlementaire, pire que la rentrée scolaire?
Sylvie Roy insatisfaite des excuses du ministre Macmillan

Mais ceci dit, le gouvernement Charest serait-il pourtant arrivé enfin à passer à l'action ?...
Hausse des tarifs Le gouvernement Charest passera à l’acte  -  Denis Lessard
La marge de manoeuvre de Jean Charest  -  Alain Dubuc
Voir aussi La révolution tarifaire  -  ANDRÉ PRATTE

... à moins qu'il ne s'agisse encore que d'une blague ?...
Charest refroidit ses militants  -  Denis Lessard

... et de toute façon, le gouvernement Charest est-il seulement capable de démontrer le moindre jugement lorsqu'il s'agit de déterminer comment agir exactement, surtout lorsqu'il s'agit de décider où couper ?...
Péages, droits de scolarité dans les cégeps et factures d’Hydro plus salées au menu  -  Denis Lessard



LE DEVOIR
La chèvre et le chou
Démocratie et financement des partis politiques: souhaitons-nous un retour en arrière?


Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Québec solidaire passe devant l'ADQ

THE GAZETTE

GLOBE AND MAIL

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L'ACTUALITÉ

TIME MAGAZINE










Déficit d’audace -  YVAN LOUBIER
Le sommet sur l’état de l’économie escamote les vrais enjeux financiers et fiscaux du Québec
Le premier mini s t re du Québec a modifié ses plans. Alors qu’il devait présider aujourd’hui et demain un sommet sur l’état des finances publiques et de l’économie, ce sommet sera confiné à la seule économie.
Le ministre des Finances Raymond Bachand a dévoilé en octobre dernier un rapport sur les dépenses publiques du Québec. Le sujet ne sera finalement pas abordé au prochain sommet sur l’économie.
Parler de l’état actuel de l’économie du Québec et de l’avenir prévisible, sans considérer la piètre situation des finances publiques et les moyens financiers que nous n’avons plus, amenuise la portée d’un tel exercice et prive le gouvernement d’un appui éclairé de la population. Des orientations seront prises dans le cadre des prochains budgets et des gestes seront posés pour corriger les déficits des prochaines années et la dette. Et on n’aura pas pris soin d’expliquer à la population du Québec les raisons qui justifient ces gestes, encore moins de l’y associer.
On aurait souhaité que ce sommet aborde de front, avec réalisme et audace, les vrais enjeux financiers et fiscaux auxquels le Québec est confronté et les décisions difficiles qui devront être prises.
Le réalisme auraitcommandé que nous reconnaissions que nous vivons au-dessus de nos moyens. Nous nous payons le luxe de figurer parmi les contribuables les plus taxés et les plus imposés parmi les pays industrialisés. Nous revendiquons, depuis toujours, de plus en plus de services publics universels, plus que tous nos voisins, et qui deviennent avec le temps autant de vaches sacrées.
Malgré le fait que nous supportions le plus lourd fardeau fiscal, nous avons réussi à propulser la dette publique vers des proportions intenables. Elle atteindra les 160 milliards de dollars à la fin du présent exercice financier, la moitié du PIB québécois. Elle est parmi les plus élevées en Amérique et de tous les pays de l’OCDE. Elle grève environ 9 milliards de dollars annuellement en frais d’intérêts, 15 milliards dans cinq ans.
Le réalisme aurait également exigé que l’on reconnaisse que nous avons pratiquement épuisé toute notre marge de manoeuvre comme société. Les pressions démographiques et le vieillissement de la population ajouteront à cette perte de contrôle sur notre « destinée » fiscale et budgétaire.
Le statu quo dans notre façon de voir le rôle de l’État québécois, d’en faire le répondant absolu de tous nos désirs et de croire qu’il dispose de ressources inépuisables, puisées dans nos propres poches, nous a conduits directement vers un cul-de-sac. Qu’on soit de la droite, du centre ou de la gauche, ne change rien à ce constat.
Il faudra user d’audace pour redresser la situation et relever avec succès les défis des prochaines années.
L’audace de tout mettre sur la table, de remettre en cause les fonctions actuelles de l’État, en évaluer la pertinence, la portée et revoir les programmes.
L’audace de revoir la tarification pour les services publics.
L’audace de fixer des cibles incontournables pour l’atteinte du déficit zéro et la réduction graduelle et équilibrée de la dette publique.
Et enfin, l’audace de mettre en place toutes les conditions réglementaires, fiscales et autres, les meilleures au monde, afin de développer davantage notre économie de façon durable, profiter au maximum de nos avantages comparatifs et créer de la richesse, de la vraie… avant de songer à la répartir!
On peut aujourd’hui et demain mettre de côté cette réflexion fondamentale, mais rapidement, la réalité nous rattrapera.


La facture d’Hydro va grimper  -  Denis Lessard
Dénoncé depuis longtemps, le « bloc patrimonial » est ciblé
EXCLUSIF QUÉBEC — Oubliez les péages partout au Québec et les droits de scolarité au collégial. Le gouvernement Charest a déjà choisi sa cible pour augmenter ses recettes rapidement: les tarifs d’Hydro-Québec.
Au coeur du débat des prochaines semaines : le « bloc patrimonial» d’Hydro-Québec, une énorme quantité d’énergie (165 térawattheures) dont le prix est artificiellement bloqué à 2,8 cents le kilowattheure, environ le tiers de sa valeur sur les marchés d’exportation.
Des sources expliquent que toutes les autres pistes d’augmentation de tarifs sont soit trop complexes pour être mises en place rapidement, soit trop limitées pour générer des revenus appréciables.
Sans le dire, le ministre Raymond Bachand a d’ailleurs révélé le choix du gouvernement dans une entrevue avec Paul Arcand, hier matin. L’instauration de péages routiers est une mesure « compliquée», a-t-il dit. De même, bien des possibilités évoquées par le PLQ au cours de fin de semaine, par exemple taxer les grands consommateurs d’eau, représentent des rentrées marginales dans les coffres de l’État. Quand on lui a rappelé le projet de taxer davantage les bonbons et les croustilles, le ministre s’est esclaffé et a avoué ne pas avoir de chiffres.
En revanche, dans le cas des tarifs d’Hydro-Québec, M. Bachand disposait de données bien précises. Par exemple, une majoration de 1 cent le kilowattheure fait entrer 1,8 milliard de dollars dans les coffres de l’État. Si on met en place des mesures compensatoires de 300 millions «pour augmenter la protection de ceux qui en ont moins les moyens», a-t-il lancé, il restera tout de même un gain de 1,5 milliard pour équilibrer les finances publiques, a-t-il expliqué. Plus tard, sa porte-parole a précisé que 1 cent d’augmentation représente plutôt 1,4 milliard de gains nets.
Plusieurs commissions d’enquête ont recommandé cette augmentation au fil des ans, de même que bon nombre d’économistes, a rappelé le ministre.
La fin de semaine dernière, en marge du conseil général du Parti libéral, le nouveau ministre du Développement économique, Clément Gignac, a d’ailleurs répété ce qu’il a maintes fois dit dans sa vie d’économiste: il faut hausser le prix de l’électricité. Les bas tarifs sont un encouragement à la consommation et, au bout du compte, profitent davantage aux nantis. C’est aussi ce qu’il a dit hier à RDI.
Une idée récurrente
Lors de la création de la Régie de l’énergie, à la fin des années 90, le gouvernement Bouchard avait soustrait la production existante à la compétence du nouvel organisme. On avait expliqué qu’il s’agissait d’un «héritage collectif» des Québécois, qui devaient profiter de la richesse hydraulique de leur territoire.
Les spécialistes divergent d’opinions sur la façon d’augmenter les tarifs de ce «bloc patrimonial ». En principe, Québec aurait besoin d’un projet de loi. En revanche, comme il avait instauré cette protection par simple décret, elle pourrait être retirée de la même manière. Hier, le ministre Bachand n’a pas parlé de projet de loi; il semblait croire qu’il pourrait trancher avec une annonce dans son premier budget.
Dans cette opération délicate, Québec pourra compter sur un régiment d’économistes et de présidents de commission d’enquête qui, depuis près de 10 ans, préconisent unanimement une hausse significative des tarifs d’électricité. Au début de 2005, l’ancien président d’Hydro-Québec, André Caillé, avait exhorté Québec à hausser la tarification du bloc patrimonial. Il proposait même de le faire sans passer par un projet de loi, «pour éviter un méchant débat» à l’Assemblée nationale. Le premier ministre Charest l’avait désavoué à bout portant. André Caillé a été en sursis pendant quelques mois avant d’être éjecté avant la fin de son mandat.
Rapports unanimes
Mais A ndré Caillé n’est pas seul. Plus récemment, au printemps 2008, Claude Montmarquette, du Cirano, a produit un rapport sur la tarification dans lequel il ciblait les tarifs d’Hydro. «L’argent est dans l’électricité, c’est évident», dit l’économiste, joint hier par La Presse. Dans son rapport, il proposait de «supprimer le bloc patrimonial» pour permettre à la Régie de fixer les prix de toute l’énergie. On estimait à 1,8 milliard de dollars les revenus supplémentaires venus de la consommation résidentielle, et à 448 millions les gains sur la partie «commerciale» de la consommation si les tarifs étaient élevés à la moyenne canadienne. «En tout, c’est 2,3 milliards de recettes par année. Si on adopte 300 millions de mesures pour les plus démunis, il reste 2 milliards», résume Claude Montmarquette. Il estime que, pour chaque dollar d’augmentation de la facture d’électricité, les abonnés vont réduire de 10% leur consommation. Bien avant, Alban D’Amours avait proposé cette solution dans les études du Mouvement Desjardins.
Spécialiste de ces questions, Jean Thomas Bernard, professeur à l’Université Laval, explique qu’il faudrait hausser les tarifs d’environ 30% pour qu’ils reflètent les coûts de production actuels. Le prix moyen de toute la production est d’environ 7 cents le kilowattheure actuellement.
La nouvelle énergie – celle qui sera produite à la Romaine, par exemple – coûtera environ 10 cents le kilowattheure (10,3 pour l’énergie éolienne). «Hydro exporte à 9 cents, elle nous vend à moins de 3 cents... Chez nos voisins, cela coûte beaucoup plus cher: en Ontario, c’est 70% de plus», poursuit l’universitaire.
Dans son rapport sur la pérennité du réseau de la santé, en 2005, le banquier Jacques Ménard avait préconisé une hausse de 2% des tarifs d’Hydro en plus des majorations calculées par la Régie, un pactole de 11,2 milliards d’ici à 2015.
Quelques mois plus tard, les «lucides», un groupe dont faisait partie l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, ont aussi proposé une «hausse des tarifs d’électricité, à la fois substantielle et progressive». M. Bouchard disait «qu’on était un marchand de bonbons qui avait le choix entre les vendre ou les manger», rappelle M. Bernard.
La commission Castonguay sur le financement du réseau de la santé avait elle aussi préconisé cette hausse, conjuguée à une augmentation de la TVQ.
À la fin des années 8 0, Guy Coulombe, ancien patron d’Hydro, avait proposé une majoration automatique des tarifs de 0,25% pendant des décennies pour dégager des revenus. Le gouvernement Bourassa avait trouvé ce plan trop risqué politiquement et l’avait mis de côté.


À VOS POCHES, CITOYENS!  -  Nestor Turcotte
Voici quelques réactions de nos lecteurs aux propositions d’augmentation de tarifs adoptées au conseil général du Parti libéral du Québec le week-end dernier.
Matane Ma rio Du mont 36 0 degrés doit aujou rd ’hu i bien r i re da n s sa barbe. Le Parti libéral du Québec est en train de réaliser, sans son consentement, le programme politique qui l’a empêché de prendre le pouvoir aux dernières élections. Pauline Marois ne peut qu’approuver les gestes politiques de son visà-vis, même si, pour la forme, elle s’en formalisera , tout juste pou r épater une galerie disséminée qui ne semble plus l’écouter. Pas étonnant qu’elle ait mis l’indépendance au rancart. Le Québec ne peut plus se la payer.
Les services publics, notamment l’électricité, pourraient bien être majorés si le gouvernement du Québec décide d’aller de l’avant avec l’augmentation des tarifs.
Le Québec est au bord de la faillite. Si l’on additionne la dette du gouvernement provincial, la dette des universités et des cégeps, la dette des hôpitaux et les intérêts des milliards empruntés chaque année pour financer les déficits accumulés, la dette provinciale dépasse facilement les 200 milliards de dollars. À cela, évidemment, il faut ajouter plus de 100 milliards de la dette fédérale. Bref, le Québec est dans la m… jusqu’au cou. Avec une population vieillissante, qui se régénère à coup de subventions, il y a de quoi inquiéter les chefs politiques. La province est écrasée sous le fardeau de ses folies accumulées.
Environ 40 % des citoyens québécois ne paient pas d’impôts. Ceux qui en paient – la classe moyenne en pa rticulier – ne gagnent pas des salaires mirobolants. C’est elle qui paiera la plus grosse part de la note. Il n’y a donc pas 56 façons de payer la facture : réduire les services ou augmenter les impôts et les tarifs. Ou faire les deux à la fois. La première solution est éca rtée par les politiciens pour des raisons électoralistes. La hausse d’impôts ? Pas très populaire. Le Québec a le taux d’imposition le plus élevé du pays. Il ne reste donc que la voie de la hausse des tarifs. Peu importe la solution prise par les dirigeants du gouvernement actuel, l’argent sortira des poches des citoyens.



La loi pro-déficit  -  CLAUDE PICHER
En imposant le bâillon pour faire adopter le projet de loi 40 en début de session, le gouvernement Charest pose un geste exceptionnel.
Mais que contient donc ce fameux projet de loi 40? Pourquoi le gouvernement tient-il tant à le faire adopter en toute vitesse ? Comment en est-on arrivé au bâillon ?
Pour l’essentiel, la nouvelle loi vise à soustraire le gouvernement aux contraintes de la loi antidéficit, adoptée en 1996 sous le gouvernement de Lucien Bouchard. Comme son nom l’indique, la loi oblige les ministres des Finances à déposer des budgets équilibrés. Qu’ils le fassent en augmentant leurs revenus ou en comprimant leurs dépenses, la loi ne le précise pas ; tout ce qu’elle dit, c’est qu’il est hors de question de déclarer un déficit. Certes, on a prévu une exception: en cas de ralentissement ou de récession, la loi autorise le recours à un déficit temporaire, mais à condition que le ministre s’arrange pour l’éliminer dans les 12 mois.
Jusqu’en 2009, donc pendant une quinzaine d’années, tous les ministres des Finances, Bernard Landry, Pauline Marois, Yves Séguin, Michel Audet et Monique Jérôme-Forget pendant ses deux premiers budgets, vont respecter la loi... sur papier.
En réalité, tous les gouvernements, péquistes et libéraux confondus, vont se permettre de jouer avec la loi comme avec un élastique. Ainsi, en 2003, le gouvernement nouvellement élu de Jean Charest demande à l’ancien vérificateur général Guy Breton de se pencher sur l’héritage budgétaire du gouvernement péquiste. Alors que tout le monde croyait que le dernier budget Marois était équilibré, M. Breton découvre un trou de 4,3 milliards. Deux ans plus tard, le vérificateur Renaud Lachance trouve que le budget « équilibré » du ministre Audet cachait un déficit d’au moins 1,5 milliard.
On a même inventé une nouvelle expression, dans les documents budgétaires. On ne parle plus de déficit ou de surplus, mais de « solde budgétaire aux fins de la Loi sur l’équilibre budgétaire ». Et ce solde, parfois au prix d’acrobaties comptables périlleuses, ne sera jamais déficitaire.
Le budget déposé en mars 2009 par la ministre JérômeForget tranche nettement avec ces cachotteries.
Aux prises avec la récession que l’on sait, la ministre le reconnaît franchement: le gouvernement ne pourra pas s’en tirer sans déficit. Ses prévisions font donc état d’un déficit de 3,9 milliards cette année, 3,8 milliards l’an prochain, 2,6 milliards dans deux ans et 1,3 milliard en 2012-2013. En tout, il y a en pour plus de 11 milliards. Ces chiffres entrent en contradiction flagrante avec la loi antidéficit de 1996.
Le gouvernement n’avait donc pas le choix. En mai 2009, Raymond Bachand, successeur de Mme Jérôme-Forget, dépose le projet de loi 40, qui autorise le retour aux déficits. Mais le projet est mal défini et, surtout, il tombe mal. De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec, et de loin, qui doit supporter la plus lourde dette : ses déficits accumulés représentent 32,5 % du produit intérieur brut (contre 18,1 % pour l’Ontario). Et le budget de Mme Jérôme-Forget demeure très vague sur la façon de retrouver l’équilibre. Certes, elle annonce une hausse de la taxe de vente à compter de 2011, ce qui lui rapportera 4,2 milliards en quatre ans. Elle compte sur la lutte contre l’évasion fiscale pour augmenter ses revenus de 2 milliards. Cela reste à voir. Enfin, et surtout, elle compte s u r d’ « aut r es mesures à identi f ier » , sa ns préciser davantage, pour améliorer les équilibres financiers de 8,4 milliards, toujours en quatre ans.
C’est sur cette précaire toile de fond que le projet de loi 40 est débattu en commission parlementaire, en mai et juin. L’opposition péquiste, pilotée par François Legault, réussit à obtenir une concession de taille du ministre Bachand. La loi devra préciser clairement que le gouvernement devra recouvrer l’équilibre au plus tard en 2013-14 (la version originale ne comportait pas d’échéancier, ce qui est en soi assez étonnant). Pour le reste, la commission s’est tenue dans un climat de forte tension. Aujourd’hui, Raymond Bachand n’a pas tout à fait tort de dire que les choses n’avancent pas. « En 50 heures de travaux, dit-il, on n’a réussi qu’à adopter un seul article jusqu’à maintenant. »
Et c omme l ’ opposit i on péquiste, du moins aux yeux du gouvernement, ne semble pas mieux disposée aujourd’hui qu’en juin dernier, la meilleure façon de dénouer l’impasse est d’imposer le bâillon.
Ce n’est pas certain. Les prétextes évoqués par le gouvernement demeurent fragiles. D’un autre côté, il est irréaliste de demander au gouvernement de décrire maintenant les décisions qu’il devra prendre dans deux, trois ou autres ans.
L’ i mpor t a n t , c ’ e s t la contrainte du calendrier : Québec s’y prendra comme il voudra, mais il est maintenant tenu par la loi d’éliminer le déficit en 2013-2014. Dans l’état de délabrement où sont retombées les finances publiques québécoises, c’est bien la moindre des garanties qu’on peut accorder aux citoyens. Il reste à savoir, seul l’avenir le dira, si cette garantie sera respectée.



Les sacrifices  -  ANDRÉ PRATTE
Le premier ministre, Jean Charest, a commencé à préparer les Québécois aux « sac r i f i ces » qu ’ i l s dev ront consent i r pou r que les finances publiques reviennent à l’équilibre dans quatre ans. À l’occasion du congrès des jeunes de son parti, M. Charest a évité de préciser en quoi consisteraient ces sacrifices, mais il suffit de relire le dernier budget pour comprendre qu’il n’y a pas d’échappatoire possible.
Déposé en mars, le document prévoyait un déficit de 3,9 milliards cette année, grimpant à 6 milliards en 2012-2013 et 2013-2014. Ce plongeon dans le rouge a peu à voir avec les mesures de relance annoncées à cette occasion. I l ref lète plutôt un problème st ructurel : les dépenses et la dette du gouvernement du Québec augmentent plus vite que la capacité (et la volonté) de payer des Québécois.
Le budget a mis en place un plan de retour à l’équilibre. Ce plan prévoit notamment que la croissance des dépenses du gouvernement sera limitée à 3,2 % pendant quatre ans à compter de l’an prochain. Une croissance aussi faible signifie que les dépenses de santé et d’éducation augmenteront beaucoup moins rapidement que ça n’est le cas depuis trois ans tandis que les autres postes de dépenses seront pratiquement gelés.
La TVQ augmentera d’un point à compter du premier janvier 2011. D’autres mesures, non précisées mais chiffrées à 3,8 milliards, permet tront le retour du déficit zéro en 2013-2014. Parions que parmi ces mesures figurera l’augmentation de la TVQ d’un autre point (revenus additionnels : 1,2 milliard).
Où Québec ira-t-il cherc he r l e s 2 , 6 mi l l i a r d s manquants ? Les t arifs ? L’indexation de tous les tarifs imposés par le gouvernement, même s i on ajoutait ceux des garderies, rapporterait environ 70 millions de plus par année.
Hau s s e r l e s i mp ô t s , comme le suggérait hier la CSN ? Une mauvaise piste pour une province qui veut créer la richesse lui permettant de préserver ses acquis sociaux.
Augmenter les tarifs d ’ élec t r ic ité ? C’est certainement la voie la plus prometteuse du point de vue financier. Le comité Montmarquette a calculé qu’une hausse des tari fs d’Hydro-Québec au niveau de la moyenne canadienne produi rait 2,3 mi l l iards. Pour les familles à faible revenu, la dépense additionnelle serait de 6,94 $ par semaine, une somme qui devrait être compensée par un crédit d’impôt rembou r sable. Pou r l es ménages aisés, le débours supplémentaire s’élèverait à 789$ par année, une somme qu’ils ont les moyens de payer.
Une me s u r e i mpopu - laire ? Même si Québec y allait graduellement, il y aurait cer t ainement une énorme levée de boucliers. Cependant, compte tenu de l’état des finances publiques, ceux qui nous gouvernent devront faire preuve d’audace et de courage. Le gouvernement Charest est en début de mandat, c’est l’occasion ou jamais.





Québec est revenu sur sa parole 
— Lors de la dernière campagne électorale, quatre jours avant le vote, le gouvernement Charest a assuré par écrit à une association de centres de la petite enfance que la structure actuelle du réseau des garderies sera maintenue. Il est revenu sur sa parole après avoir été reporté au pouvoir.
Depuis le dépôt du dernier projet de loi sur les CPE, l’Association québécoise des centres de la petite enfance accuse le gouvernement de créer une nouvelle structure qui coûterait quelque 12 millions de dollars, l’équivalent de 1200 places en garderie.
L’affaire a débuté le 24 novembre, au beau milieu de la campagne, lorsque le gouvernement Charest a décidé de ne pas porter en appel le jugement Grenier et de permettre la syndicalisation des responsables des garderies en milieu familial.
Le 1er décembre, le ministère de la Famille a présenté différents scénarios à l’Association québécoise des centres de la petite enfance ( AQCPE) en vue de respecter cette décision. Ces scénarios impliquaient une révision de la structure actuelle du réseau des garderies.
Depuis décembre 2005, en vertu d’une loi adoptée sous le bâillon, la gestion des garderies en milieu familial est sous la responsabilité d’une centaine de centres de la petite enfance qui sont devenus des bureaux coordonnateurs.
Furieuse de constater de nouveaux bouleversements à l’horizon, la présidente de l’AQCPE, Johanne Roy, a envoyé, le 4 décembre, une lettre à la ministre de la Famille d’alors, Michelle Courchesne, pour lui demander de préserver la structure actuelle.
Le jour même, donc quatre jours avant le scrutin, Michelle Courchesne a tenu à rassurer les CPE. Elle a répondu à Mme Roy par écrit. « Je tiens à vous assurer qu’il n’a jamais été dans mes intentions de bouleverser (…) la structure actuelle de la gestion de la garde en milieu familial. Dans toutes les solutions administratives qui seront mises de l’avant, j’entends privilégier la structure des CPE-Bureaux coordonnateurs », dit-elle dans une lettre dont La Presse a obtenu copie.
À la suite de la décision de respecter le jugement Grenier, « je vous confirme également que la refonte de la loi et des règlements préservera la responsabilité et la structure des CPE-Bureaux coordonnateurs en regard de la garde en milieu familial ».
Or le gouvernement Charest est revenu sur sa parole. Le 13 mai, le nouveau ministre de la Famille, Tony Tomassi, a déposé un projet de loi afin de respecter le jugement Grenier et autoriser la syndicalisation des éducatrices en milieu familial. Il a modifié dumême coup la structure du réseau. Le projet de loi prévoit en effet que les CPE ne pourront plus être des bureaux coordonnateurs. Ces derniers, qui gèrent la garde en milieu familial, devront être totalement autonomes et avoir leur propre conseil d’administration. Ils auront un mandat plus limité, perdront leur mandat de soutien pédagogique et d’encadrement.
La lettre du 4 décembre, « ce n’était pas un engagement électoral », a répondu hier à La Presse Isabelle Mercille, attachée de presse du ministre Tomassi.
« À l’époque, le modèle qu’on mettait de l’avant était employeuremployé. Ç’a évolué pour que les responsables des services de garde en milieu familial demeurent des travailleuses autonomes tout en ayant des bénéfices fiscaux. Pour ça, il faut créer une entité distincte. »
Depuis le dépôt du projet de loi, l’AQCPE accuse le gouvernement de créer une nouvelle structure qui coûterait quelque 12 millions de dollars, l’équivalent de 1200 places en garderie. La CSN s’oppose aussi au changement de structure du réseau. Isabelle Mercille n’écarte pas l’idée que le ministre Tomassi revienne au modèle des CPEBureaux coordonnateurs. Mais l’association des éducatrices en milieu familial milite pour que les bureaux coordonnateurs soient indépendants des CPE comme le prévoit le projet de loi, afin que ses membres aient une plus grande autonomie. Les consultations publiques sur le projet de loi débutent aujourd’hui , à l ’Assemblée nationale.


Viaduc de la Concorde : Des assureurs poursuivent Québec  -  Karim Benassaieh
« Négligence, imprudence, insouciance. » C’est dans les mêmes termes que trois assureurs accusent le gouvernement du Québec d’être responsable de l’effondrement du viaduc de la Concorde, le 30 septembre 2006. Ils ont déposé trois poursuites, les premières engendrées par la tragédie, qui avait fait cinq morts et six blessés.
Au nom de trois de ces victimes, les compagnies d’assurances La Personnelle, La Capitale et Aviva demandent à Québec de leur rembourser les dommages causés au véhicule de leur client, pour un total de 62 000$.
Conclusions à écarter
La Capitale et La Personnelle ont déposé leurs requêtes en juin dernier et Aviva l’a fait le 27 août. Les trois assureurs avaient fait parvenir, à l’automne 2006, une mise en demeure exigeant le remboursementdes indemnités. Le gouvernement – plus précisément le ministère des Transports – a répliqué peu après qu’un dossier de réclamation avait été ouvert mais que son traitement serait « lié aux conclusions de la commission d’enquête » instituée après l’effondrement, peut-on lire dans une lettre produite en preuve. Au cours de ses 130 heures d’audiences publiques, à l’été 2007, la commission présidée par Pierre Marc Johnson avait entendu pas moins de 58 témoins, dont neuf experts en génie, et produit un rapport accablant le 15 octobre 2007.
Les poursuites des assureurs en reprennent essentiellement les conclusions. Le gouvernement du Québec « aurait dû savoir que le viaduc de la Concorde était mal conçu ou vétuste », plaide La Capitale. De la surveillance déficiente à la construction inadéquate, avec du béton de piètre qualité et une armature installée de façon inappropriée, Québec a « grossièrement négligé » de surveiller et de vérifier sa structure.
En réponse à la requête de La Capitale, le procureur général du Québec a demandé au juge le 20 juillet dernier d’écarter tous les arguments provenant des conclusions de la commission Johnson. Les parties ont rendez-vous en cour le 5 novembre prochain au palais de justice de Laval pour en débattre. Selon une source au fait du dossier, une victoire de Québec sur cette simple formalité obligerait l’assureur à refaire une grande partie des travaux de la commission, une « aberration » pour une demande de quelque 15 000 $.
Selon le ministère de la Justice, ces poursuites sont les seules jusqu’à maintenant directement liées à l’effondrement du viaduc de la Concorde. Elles concernent trois des six véhicules impliqués et ne visent que les dommages matériels. Une autre poursuite avait déjà été intentée le 26 février 2008 par la Clinique chiropratique LFR, située à proximité du viaduc, qui réclame 127 182 $ notamment pour la perte de clientèle causée par sa fermeture. L’affaire est toujours en cours.
En octobre 2007, les six blessés et les successions des cinq personnes mortes ont accepté une indemnisation de 1,6 million de la Société d’assurance automobile du Québec, ce qui fait qu’il n’y aura vraisemblablement pas de poursuites à cet égard.




Allocations de transition pour... retraités -  VINCENT MARISSAL
Dans le milieu politique, on dit souvent que les députés sont moins bien payés que dans le secteur privé, qu’ils n’ont pas de sécurité d’emploi, que les horaires et les déplacements pèsent énormément sur la famille, bref, que les conditions sont rudes et défavorables au recrutement. Qu’en est-il exactement ? Vrai, les députés travaillent de longues heures et les salaires des élus sont inférieurs à ce que l’on trouve dans les échelons supérieurs des grandes entreprises privées. Mais les députés, à Québec comme à Ottawa, ne sont pas maltraités pour autant. Au contraire, le salaire, les allocations et les petits extras accumulés les placent parmi les salariés les plus choyés de la société. Et malgré la récession qui afflige le Québec et le Canada, les élus ne semblent pas soumis au même régime minceur que la majorité de leurs concitoyens.
L’hiver dernier, bien des Québécois ont été offusqués d’apprendre que l’ex-PDG de la Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau, était parti avec une prime de départ de près de 400 000$ même s’il avait volontairement quitté ses fonctions.
À Québec, malgré la grogne populaire, il s’est trouvé bien peu de députés pour exiger de M. Rousseau le remboursement de ce parachute capitonné. Et pour cause. C’est qu’en matière de primes de départ, les députés québécois sont eux aussi gâtés et l’exemple vient de haut.
Lorsqu’elle a démissionné en mars, l’ex-ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget est partie avec sa pleine pension de retraite (elle a 68 ans) en plus d’une allocation de transition de près de 150 000$.
La chose est peu connue du grand public, mais la loi sur les conditions de travail des membres de l’Assemblée nationale prévoit qu’un député défait à une élection, qui ne se représente pas ou qui démissionne a droit à une allocation de transition. L’« allocation de transition » est versée automatiquement même si le député touche aussi sa pension de retraite. Un tel cumul est interdit à Ottawa, où un ex-député ne peut toucher pension et allocation de départ simultanément.
C’est ce que l’on appelle le « cornet à deux boules » dans le milieu politique et on n’a pas besoin de gratter très longtemps pour comprendre que le sujet est tabou.
Mme Jerôme-Forget n’est pas la seule à avoir reçu double ration récemment. Depuis les dernières élections, en décembre, 11 autres anciens députés partis à la retraite ont aussi touché une allocation de transition tout en étant pleinement pensionnés, dont Louise Harel, Rita Dionne-Marsolais et Michel Bissonnet. La pension est versée pleinement (sans pénalité) aux anciens députés de plus de 60 ans.
À Ottawa, c’est l’indemnité de départ ou la pension, pas les deux. Un député qui a accumulé au moins six ans de service touche sa pension à partir de 55 ans et ne peut, passé cet âge, toucher d’indemnité de départ en plus de sa pension. Au Québec, l’allocation de transition est automatique et un ex-député peut toucher sa pension dès qu’il se retire, peu importe son âge, moyennant une pénalité actuarielle.
Quand on aborde la question des allocations avec les députés, on obtient toujours la même justification : sans ces avantages pécuniaires ( imposables, insistent-ils), il serait encore plus difficile de recruter des candidats. Surtout à Québec, où le salaire est près de deux fois moins élevé qu’à Ottawa. Quant à Monique Jérôme-Forget, elle est à l’étranger pour une longue période et il a été impossible de lui parler.
Malgré les justifications du milieu politique, le régime d’allocations de transition à Québec soulève plusieurs questions éthiques.
D’abord par son opacité. Il est en effet impossible de savoir si un ex-député a bel et bien touché son allocation (et le montant exact) puisque ces informations sont confidentielles, et ce, même s’il s’agit de deniers publics.
Il faut donc y aller par déduction, selon la formule de calcul de l’allocation, soit deux mois de salaire par année de service, jusqu’à concurrence de six ans, donc allocation maximum de 12 mois.
Ce que l’on sait, parce que cette information est publiée dans le rapport annuel de l’Assemblée nationale, c’est le montant total des allocations de transition. L’an dernier, elles ont atteint 3 millions de dollars. Depuis cinq ans: 7,2 millions de dollars.
Outre le cumul allocation de transition-pension de retraite, aucune règle n’oblige un exdéputé à rendre sa prime de départ s’il obtient un nouveau poste dans le secteur public, dans une société d’État, dans une université ou dans le réseau de la santé, par exemple. Ce cumul est pourtant strictement interdit aux anciens attachés politiques qui se replacent dans le secteur public.
Après les élections de 2007, l ’ anc ien député l ibéra l de Roberval, Karl Blackburn, avait dû renoncer à son allocation de transition de 60 000 $ parce que le gouvernement Charest minoritaire l’avait replacé dans un cabinet. Cette décision était purement politique puisque rien ne l’obligeait à abandonner son parachute.
Les anciens députés qui passent de l’Assemblée nationale à la scène municipale n’ont pas de restriction non plus, comme Michel Bissonnet, qui peut cumuler allocation de transition, pension et salaire de maire de Saint-Léonard.
Tout ce que la loi dit, c’est qu’un ancien député cesse de recevoir son allocation de transition s’il est réélu à l’Assemblée nationale. Il y a toutefois une astuce: l’allocation peut être versée d’un coup ou étalée sur 36 mois, à la demande de l’ex-député, mais celui-ci peut, à tout moment, demander que le solde lui soit versé. Théoriquement, un ancien député qui veut revenir en politique peut donc toucher le solde de sa prime une semaine avant d’être réélu. Encore une fois, ces informations sont secrètes.
Dans les milieux politiques, on justifie ce genre de traitement par le fait que les députés n’ont pas la sécurité d’emploi (ce qui est faux pour les députés élus dans des châteaux forts) et qu’ils n’ont pas droit à l’assurance emploi. Mais un salarié qui part volontairement se voit privé de prestations d’assurance emploi alors qu’un député touchera tout de même son allocation, même s’il démissionne quelques mois après sa réélection. Il est vrai que les députés à Québec gagnent beaucoup moins que leurs collègues d’Ottawa, mais leur salaire de base (85 000$) est tout de même deux fois plus élevé que celui de la moyenne de leurs électeurs. Ils bénéficient aussi d’un régime de retraite et d’assurances beaucoup plus généreux que celui de la grande majorité des travailleurs québécois.
Les députés québécois reçoivent un salaire de base de 85 000 $ ( plus allocation pour dépenses: 15 000$ et allocation de logement: 14 100$). Le premier ministre touche 175 000$, les ministres : 150 000$, le chef de l’opposition: 150 000$.




 
LOI SUR LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL  Le PQ estime insuffisante l’augmentation des amendes
Le critique du Parti québécois en matière de Travail, François Rebello, juge insuffisante l’augmentation des amendes imposées aux entreprises qui contreviennent à la loi sur la santé et la sécurité du travail, proposée dans un projet de loi déposé récemment par le ministre du Travail.
Le projet, qui a été étudié vendredi à l’Assemblée nationale, prévoit hausser de 20 000$ à 60 000$ l’amende pour la première infraction. Le député de La Prairie souhaite toutefois que les amendes s’arriment avec celles de l’Ontario, fixées à 500 000$.
« L’amende maximale au Québec serait de 300 000$ au bout de la troisième infraction », explique François Rebello. « Le message qu’on lance, c’est que les travailleurs québécois valent moins que les travailleurs ontariens. »
Le ministre du Travail, David Whissel, a bondi devant les déclarations de François Rebello: « Je trouve cela surprenant compte tenu du fait que, au terme de l’étude détaillée du projet de loi, vendredi, le PQa voté en faveur de cet article. De plus, notre projet de loi comprend des mesures pour favoriser la prévention des accidents du travail ainsi que des mesures bénéfiques pour les travailleurs, les centrales syndicales et le Conseil du patronat. L’ADQ nous a aussi appuyés. »
Le vote sur le projet de loi 35 devrait avoi r l ieu dans quelques semaines.



71 ménages montréalais sont à la rue
Crise du logement
Aide financière plus restrictive
Plus de 378 000 ménages québécois ont déménagé entre janvier et juin, selon des chiffres obtenus d’HydroQuébec. Si la crise du logement s’est résorbée depuis quelques années, 150 familles québécoises – dont 71 montréalaises – se sont retrouvées à la rue hier, journée annuelle du déménagement.
Le taux d’inoccupation des logements est de 2,7% dans la région montréalaise et de 2,3% au Québec.
Trente et un des soixante et onze ménages montréalais ont été pris en charge et relogés par la Ville, notamment dans des appartements étudiants sur le boulevard René-Lévesque. Selon François Saillant, coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le nombre de familles à la rue serait plus élevé si les critères d’accès au supplément au loyer d’urgence n’étaient pas aussi restrictifs.
Le supplément au loyer d’urgence est une aide financière accordée par le gouvernement du Québec et les offices d’habitation des municipalités. M. Saillant déplore que « ce seul instrument pour aider les gens » ne soit plus attribué à tout le monde.
Le supplément est accessible selon trois priorités, enchaîne M. Saillant: les familles avec enfants avec des contraintes au travail, les familles avec enfants sans contraintes au travail et les personnes seules ou les couples sans enfant. « On ne considère pas les gens qui n’ont pas renouvelé leur bail, ont été évincés ou ont refusé un HLM. C’est trop restrictif et qu’est-ce que la contrainte à l’emploi vient faire dans la recherche de logement? » s’interroge M. Saillant.
En 2008, 76 ménages ont obtenu l’aide de la Ville de Montréal pour trouver un logement ou même pour être hébergés temporairement.
Avec un taux d’inoccupation des logements de 2,7% dans la région montréalaise (2,3% au Québec), la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) estime que le marché s’est stabilisé depuis quelques années. « Il y a un meilleur équilibre entre l’offre et la demande. On observe moins de jeunes acheter des maisons et plus de gens conserver leur logement », explique le porteparole Hans Brouillette.
De son côté, le responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, Cosmos Maciocia, a fait savoir que les besoins en logement des ménages montréalais à revenu modeste, particul ièrement pour les grands logements à faible coût, demeurent importants. Depuis le 15 juin, 317 appels ont été traités par le service d’urgence de Montréal. La Ville invite les gens dans le besoin à utiliser sa ligne d’aide au relogement, en vigueur jusqu’au 10 juillet, au 514-868-4002.




Les FIER devraient éviter les conflits d’intérêts
QUÉBEC — Les Fonds d’intervention économique régionaux (FIER) doivent prendre les moyens d’éviter les conflits d’intérêts, soutient un groupeconseil qui a remis son rapport hier.
Depuis quelques semaines, il s’agit du deuxième rapport à conclure que la gestion de ces fonds, dans lesquels sont engloutis des millions de dollars de fonds publics, laissait à désirer.
Le groupe-conseil dirigé par Louis Roquet avait reçu, en mai, le mandat d’examiner la gouvernance des FIER, à la suite d’allégations présentées par l’opposition péquiste fa isant état , notamment , d’apparence de conflit d’intérêts et de détournement vers d’autres régions des sommes à investir.
Ainsi, on apprenait que certains administrateurs de FIER prenaient part à des décisions d’investissements dans des entreprises dont ils étaient eux-mêmes actionnaires.
Le comité Roquet recommande donc à Investissement Québec, qui supervise les FIER, de trouver le mécanisme qui permettra d’exclure dorénavant « de tout le processus de décision un administrateur ou actionnaire pouvant être en conflit d’intérêts ».


Des fonds publics pour le Saguenay « détournés » au profit des petits amis des libéraux à Montréal
— Plus d’un million de dollars en fonds publics destinés aux entreprises du Saguenay–LacSaint-Jean ont été « détournés » vers des entreprises de la grande régionde Montréal dont des actionnaires sont des libéraux notoires, accuse le Parti québécois. Ces proches du PLQ, Pietro Perrino et Valier Boivin, sont eux-mêmes administrateurs des fonds publics concernés.
Mitraillé de questions par le député François Legault hier, le ministre des Finances et du Développement économique, Raymond Bachand, a demandé à Investissement Québec de faire enquête sur ces allégations de conflit d’intérêts.
Le Fonds d’intervention économique régional Boréal (FIERBoréal) est administré par Pietro Perrino – organisateur de plusieurs campagnes électorales et ancien conseiller de Robert Bourassa, Daniel Johnson, Jean Charest et Paul Martin –, Valier Boivin, proche du Parti libéral, et Gilbert Grimard, vice-président du PLQ et PDG de Construction Grimard.
Ce fonds en capital de risque doit soutenir « le démarrage et la croissance d’entreprises oeuvrant dans le domaine de la haute technologie » au Saguenay– Lac-SaintJean, affirmait le gouvernement à Charest au moment de sa création, en juillet 2005.
Selon des documents obtenus par le PQ, FIER-Boréal a investi un peu plus de 6 millions de dollars – les deux tiers sont des fonds publics – dans huit entreprises. Parmi ces entreprises, seulement une, Taimi R& D, qui a obtenu une aide de 750 000$, se trouve au Saguenay– Lac-Saint-Jean (Saint-Prime). Les autres sont situées dans la grande région de Montréal.
FIER-Boréal a investi un million de dollars dans Toptent, de Montréal. Pietro Perrino et Valier Boivin détiennent chacun 706 000 actions de cette entreprise.
Quelque 630 000 $ ont été versés à Ranaz Corporation, de Saint-Eustache. M. Perrino ( 72 000 actions) et M. Boivin (191 000 actions) sont des administrateurs de cette société, selon le registre des entreprises.
ZoomMed, de Brossard, a touché 300 000$. M. Perrino détient 650 000 actions de cette entreprise; M. Boivin, 400 000. FIERBoréal a fait un investissement de 375 000$ dans les Systèmes BUS, située à Montréal. Encore une fois, Pietro Perrino (633 000 actions) et Valier Boivin (400 000 actions) ont des intérêts dans l’entreprise.
D’un côté, « ces personnes sont administrateurs du fonds régional, donc ont la responsabilité du choix des investissements », et de l’autre, « ils sont actionnaires des entreprises dans lesquelles le fonds investit ». « Ils sont carrément en conf lit d’intérêts », a affirmé François Legault en conférence de presse.
Le député a révélé cette affaire quelquesminutes plus tôt lors de la période des questions. « Non seulement l’argent n’a pas été investi au Saguenay, ça a été investi pour enrichir des petits amis du Parti libéral », a-t-il lancé.
François Legault a souligné qu’au moins 50% des investissements d’un FIER – il y en a 44 au Québec – doit être fait dans la région visée. Et « selon InvestissementQuébec, il faut que lamajorité desmembres du conseil d’administration des FIER proviennent du milieu régional, pas du milieu libéral », a-t-il ajouté. Seul Gilbert Grimard habite au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Investissement Québec-FIER est chargé de superviser le travail des fonds régionaux. Son conseil d’administration est composé entre autres des anciens députés libéraux Liza Frulla – devenue commentatrice politique à RDI – et Jean-Sébastien Lamoureux – chef de cabinet de Monique Jérôme-Forget de 2003 à 2006. « Mur à mur, ce sont des amis libéraux qui sont impliqués, a lancé M. Legault. Comment se fait-il qu’ils ont toléré des situations comme celle-là? »
Visiblement embarrassé par la sortie de M. Legault, Raymond Bachand a indiqué qu’« Investissement Québec enquêtera sur les allégations du député de Rousseau ». « Il y a des règles qui concernent les conflits d’intérêts des FIER », a-t-il martelé, refusant de commenter les allégations.
Le PDG d’ I nvestissement Québec, Jacques Daoust, croit qu’il faut « atténuer un peu le bruit autour de cette affaire-là ». Il n’y a pas de problème en apparence? « Je n’en vois pas car ça ne contrevient pas aux règles, a-t-il répondu. Les règles sont assez contraignantes. Je vais m’assurer qu’elles sont respectées. Je vais vérifier. »
Le FIER-Boréal peut investir dans des entreprises à l’extérieur du Saguenay– Lac-Saint-Jean à condition que la majorité de ses investissements se fassent dans cette région.


Confusion totale -ANDRÉ PRATTE
Plus M. Bachand explique le fonctionnement des FIER, moins c’est clair.
Les partis de l’opposition continuent de harceler le gouvernement Charest au sujet des Fonds d’intervention économique régionaux (FIER). Le PQ et l’ADQ tournent les coins ronds, mais il reste que les faits révélés sont étonnants et, dans quelques cas, troublants.
Hier, le député adéquiste François Bonnardel a souligné que trois FIER ont investi dans l’entreprise d’analytique web iPerceptions. Or, les FIER en question ont des liens de diverses natures avec Charles Sirois ou avec son entreprise Télésystème, qui se trouve à être le principal actionnaire de iPerceptions.
« Le F I ER I D Mont réa l , Télésystème, ID Capital et le programme gouvernemental Anges Québec sont tous sous le même toit, ils ont tous profité de fonds publics via les FIER pour investir dans une entreprise : iPerceptions, qui appartient à Télésystème », s’est inquiété M. Bonnardel.
Chez Télésystème, on affirme que M. Sirois a scrupuleusement respecté les règles, notamment en se retirant du comité de placement du FIER ID lorsque la décision d’investir dans iPerceptions a été prise.
Charles Sirois est un homme d’affaires de trop grande stature pour qu’on puisse même l’imaginer associé à quelque magouille. Le fait que son nom soit malencontreusement mêlé à cette affaire devrait convaincre le ministre du Développement économique de prendre des mesures énergiques pour que cesse cette controverse.
Le gouvernement devrait demander au vérificateur général de se pencher sur la gestion et la gouvernance des FIER. D’ici là, M. Bachand devrait exiger d’Investissement Québec qu’elle suive de beaucoup plus près les activités des FIER. Enfin, comme nous l’avons déjà suggéré, le ministre devrait revoir l’ensemble du programme. De toute évidence, celuici ne produit pas les résultats attendus au moment de sa mise en place en 2004.
« Ces sommes agiront comme levier pour amener d’autres partenaires privés à financer la réalisation de projets en région », expliquait le ministre des Finances de l’époque, Yves Séguin, lorsqu’il a annoncé la création des FIER. Tout le monde a compris alors que chaque fonds d’intervention allait donner un coup de pouce aux entreprises en démarrage de sa région. C’est la même impression qui ressortait de chacune des nombreuses conférences de presse où M. Bachand a annoncé la création d’un FIER dans une région donnée.
On sait aujourd’hui que les règles permettent à un FIER d’investir jusqu’à la moitié des sommes disponibles hors de sa région. Ainsi, iPerceptions a non seulement reçu de l’argent du FIER ID de Montréal, où travaillent la plupart de ses employés, mais également de deux FIER de la région de Québec.
Le ministre Bachand a beau être un bon pédagogue, il n’arrive plus à expliquer la logique de ce programme. Pour tout dire, plus il explique moins c’est clair. Raison supplémentaire pour mettre de l’ordre et appeler le vérificateur général en renfort.
Si le gouvernement Charest continue de prétendre que la controverse est seulement due à la prétendue mauvaise foi des partis de l’opposition, il risque de nuire davantage à la crédibilité (déjà amochée) des FIER, donc à leur efficacité.



Un FIER de Granby investit dans un hôtel pour chiens deMontréal
Jean Charest rejette l’idée d’une enquête spéciale du vérificateur général
— Le Fonds d’intervention économique régional ( FIER) de Granby a fait un placement de 250 000$ dans un « hôtel de luxe pour chats et chiens » de Montréal, ce qui ne peut être considéré comme un investissement « structurant » en capital de risque, accuse le Parti québécois.
Même si des irrégularités sont alléguées jour après jour depuis une semaine, le premier ministre Jean Charest rejette l’idée de confier au vérificateur général le mandat de mener une enquête spéciale sur la gestion des FIER.
Lors de la période des questions en Chambre hier, la député péquiste Agnès Maltais s’est indignée que le FIER Montestrie Capital, de Granby, ait investi 250 000$ – les deux tiers viennent de l’État – dans l’hôtel Muzo « pour chats et chiens urbains », un établissement situé tout près du canal de Lachine.
« Je vous assure, les animaux de compagnie sont très bien traités: hôtel climatisé, télévision, webcam, gymnase, service de limousine, toute la grosse affaire. Est-ce que le ministre du Développement économique trouve acceptable que des fonds publics de l’Estrie servent à un hôtel de luxe pour animaux à Montréal? Est-ce que c’est ça, du capital de risque? » a-t-elle lancé.
La députée de Taschereau a rappelé que les FIER ont pour mandat d’investir principalement dans leur région. Elle trouve paradoxal qu’un hôtel pour chiens et chats soit admissible à l’aide des FIER alors que les entreprises agricoles ne le sont pas en vertu des règles d’Investissement Québec. « Estce qu’on peut admettre qu’il y a des investissements un peu plus structurants que celui-là et qui ont un petit peu d’impact en profondeur? » a demandé de son côté la chef péquiste Pauline Marois en conférence de presse.
Propos « méprisants et hautains »
Le ministre Raymond Bachand a accusé Mme Maltais de tenir des propos « méprisants et hautains envers l’industrie des services ». « Je pense que les animaux, elle s’en fout, M. le président. Il n’y a pas une sotte entreprise, il y a des entreprises qui servent tous les besoins des citoyens. (...) J’espère que les millions de Québécois qui sont propriétaires de chiens et de chats écoutent la députée. »
LeprésidentduFIERdeGranby, Mario Limoges, a défendu la pertinence de l’investissement réalisé en 2006 alors que Muzo était « en démarrage ». « C’est du capital de risque, oui. C’est risqué. On n’est pas sûr de ravoir nos billes », a-til affirmé. Selon lui, « le concept de Muzo est innovateur et très intéressant ». Le placement aurait entraîné la création de 10 emplois, selon un document d’Investissement Québec. Les 10 autres placements du FIER ont été faits dans la région de Granby, a indiqué M. Limoges.
De son côté, le député péquiste François Legault a avancé que le donateur libéral et avocat Valier Boivin a reçu des honoraires totalisant 202 000$ en 2006 et 2007 de la part de Systèmes BUS, une entreprise dont il était actionnaire et qui a obtenu 1,4 million de dollars du FIER Ville-Marie et du FIER Boréal. M. Boivin est administrateur de ces deux fonds. Joint par La Presse, le principal intéressé a nié les allégations de M. Legault.
Quelque 260 entreprises ont bénéficié de l’aide des FIER, ce qui a permis de créer 1893 emplois, a insistéRaymondBachand. « Quant aux règles spécifiques, s’il y a des ajustements à faire, j’ai demandé à Investissement Québec de réfléchir à la question et de me revenir avec des recommandations. »
Demande d’enquête
Dans une lettre envoyée hier au président du conseil d’administration d’Investissement Québec, Robert Cloutier, le ministre a demandé à l’organisme de « revoir l’ensemble des dossiers » pour déterminer si les règles, notamment en matière de conflits d’intérêts et de placements en région, ont été respectées. Six FIER contreviennent à la politique d’investissement et ont fait plus de 50% de leurs placements à l’extérieur de leur région.
« Demander à Investissement Québec d’enquêter sur son propre comportement, je crois que ça manque totalement de crédibilité », a répliqué Pauline Marois. Selon elle, comme le ministre s’est « discrédité » dans ce dossier, « la seule avenue possible » pour « mettre un terme aux dérives » est une enquête du vérificateur général sur la gestion des FIER.
Mais pour Jean Charest, l’intervention du vérificateur général n’est « pas du tout » nécessaire. « Les FIER sont, dans l’ensemble, un bon succès. Maintenant, s’il y a de cas particuliers, on va demander à Investissement Québec qu’il en fasse l’examen », a-t-il indiqué.
Visiblement agacé par la controverse entourant les FIER, le premier ministre a accusé l’opposition de dire « à peu près n’importe quoi dans ce dossier » et de « salir des réputations ».


 
SIX FIER contreviennent aux règles d’Investissement Québec. - Bachand envisage de changer les règles
SIX FIER DANS LA TOURMENTE - Bachand envisage de changer les règles
« Globalement, ce programme (les FIER) fonctionne bien », affirme Raymond Bachand.
— Six Fonds d’intervention économique régionaux (FIER) contreviennent aux règles d’Investissement Québec. Ils ont fait plus de 50% de leurs placements à l’extérieur de leur région.
« Il ne faut pas qu’un entrepreneur soit aux prises avec le monopole d’un seul FIER. Il ne faut pas qu’un entrepreneur dise : si le patron du FIER ne m’aime pas la face, je suis fait », a dit hier Raymond Bachand, ministre du Développement économique.
Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, envisage de modifier les règles pour obliger les FIER à investir davantage dans leur région. Malmené une fois de plus en commission parlementaire hier, il a refusé de garantir que des FIER aient respecté la politique en matière de conflits d’intérêts.
Selon un document rendu public hier par Investissement Québec,
De son côté, le FIER Innovation durable de l’Estrie a fait 60% de ses 6 millions de dollars d’investissements en dehors de la région, ce qui représente 3,6 millions.
Le 7 juillet dernier, le directeur des filiales d’Investissement Québec, Sébastien Boisjoly, a envoyéune lettre à l’administrateur de ce fonds de capital de risque, Jean Pelchat, pour lui demander de se conformer à la règle d’ici le 31 décembre. La situation n’a pas été corrigée.
Les FIER Ville-Marie de Laval et Boréal du Saguenay-Lac-SaintJean – dirigés par les sympathisants libéraux Pietro Perrino et Valier Boivin – avaient respectivement 56% et 55% de leurs placements à l’extérieur de leur région le FIER Carrefour-Capital des Laurentides a investi pas moins de 73% de ses avoirs à l’extérieur de son territoire au 31 décembre 2008. Or, une politique d’Investissement Québec exige qu’au moins 50% des placements se fassent dans la région désignée d’un FIER.
Parmi les 30 FIER régionaux, Carrefour-Capital des Laurentides est celui qui a fait le plus d’investissements jusqu’à maintenant : 11,1 millions de dollars. De cette somme, 8,1 millions ont profité à des entreprises d’autres régions.
Québec a décidé de suspendre le versement de fonds au FIER des Laurentides. Le dossier est « sous examen ». Les deux tiers des capitaux des FIER viennent de l’État. au 31 décembre 2008. FIER VilleMarie – qui a fait 9 millions d’investissements – aurait corrigé le tir depuis. Investissement Québec a donné un « avertissement » au FIER Boréal, qui dispose de 6 millions en capital de risque.
Les deux fonds de la région de Québec, FIER Cap Diamant et FIER Succès, dépassent aussi la limite fixée (55% et 53% respectivement). Ils ont investi environ 10 millions chacun, dont plus de la moitié hors de la capitale.
Mitraillé de questions par l’opposition, Raymond Bachand a répondu que, dans l’ensemble, les FIER font 60% de leurs investissements dans leur région respective, ce qui est conforme aux règles en vigueur. « Globalement, ce programme fonctionne bien », a-t-il dit.
Mais il a ouvert la porte à une modification des règles. « Est-ce que la règle du 50%, ça devrait être 60%, 66% » des investissements dans la région désignée? a-t-il demandé. Il a ajouté qu’Investissement Québec procède à une « évaluation » à sa demande. Une nouvelle règle pourrait être adoptée en vue du versement de 60 millions de dollars de plus aux FIER cette année.
Raymond Bachand entend toutefois laisser aux FIER la possibilité d’investir dans une autre région. « Il ne faut pas qu’un entrepreneur soit aux prises avec le monopole d’un seul FIER. Il ne faut pas qu’un entrepreneur dise: si le patron du FIER ne m’aime pas la face, je suis fait. » Comme un FIER ne peut investir plus d’un million de dollars dans une entreprise, l’intervention d’un FIER d’une autre région peut être nécessaire si un dossier nécessite plus de capitaux, a-t-il affirmé. Il ne voit aucun problème à ce que les FIER de Lanaudière et de la Gaspésie n’aient fait qu’un seul investissement – en Outaouais – depuis leur création il y a un an.
Selon lui, les FIER disposent d’un délai pour se conformer à « la règle du 50% ». Or, la politique d’Investissement Québec prévoit que les placements doivent être « calculés annuellement » afin de s’assurer que la règle est respectée.
Le ministre ne peut garantir que les FIER respectent la politique sur les conflits d’intérêts. Le Parti québécois lui a demandé si des administrateurs de deux FIER, MM. Perrino et Boivin, s’étaient placés en situation de conflit d’intérêts en faisant des investissements dans des entreprises dont ils sont actionnaires. « Je ne répondrai pas. C’est une question d’interprétation juridique, a-t-il dit. Je ne ferai ni absolution ni condamnation sur ce qui s’est passé. » La semaine dernière, il assurait pourtant que la politique en matière de conflits d’intérêts avait été respectée.
Selon le député péquiste François Legault, « ça presse qu’on fasse le ménage et qu’on s’assure que les fonds régionaux servent à investir dans les régions. Il faut revoir à la hausse le 50% et tendre vers 100% ».
« Les FIER régionaux sont mal conçus, a-t-il ajouté. Il faut effacer tout ça et recommencer à zéro. Parce que dans les régions ressources, ça ne fonctionne pas. » Le privé, qui finance le tiers des capitaux investis par les FIER, cherche un « rendement immédiat », alors que ces régions « ont besoin de capital patient » et que leurs dossiers impliquent souvent de prendre « plus de risque ». « Il y a là un problème structurel », a-t-il dit. À LIRE AUSSI CONFUSION TOTALE, L’ÉDITORIAL D’ANDRÉ PRATTE EN PAGE A24.


Un FIER a investi dans une entreprise qui a déménagé enChine
Voodoo Technologies a ensuite fait faillite
Quelques mois après la délocalisation, qui a causé une douzaine de licenciements, l’entreprise a fait faillite. Et le FIER a perdu 750 000$, dont les deux tiers étaient des fonds publics.
— Le Fonds d’intervention économique régional ( FIER) de Saint-Jean-sur-Richelieu a investi 750 000 $ en novembre 2007 dans une entreprise de fabrication de kayaks qui a presque aussitôt déménagé sa product ion de Montréa l vers la Chine ; le FIER savait que c’était dans les plans de Voodoo Technologies.
Quelques mois après la délocalisation, qui a causé une douzaine de licenciements ici, l’entreprise a fait faillite. Et le FIER a perdu sa mise de 750 000$, dont les deux tiers étaient des fonds publics.
Le FIER du Haut-Richelieu a réalisé son plus important placement le 13 novembre 2007 dans Voodoo Technologies, a conf irmé hier son directeur général , Jeannot Rocheleau. Cet investissement lui avait été proposé quelques semaines auparavant par l’entrepreneur Marc Pelland, proche de JeanFrançois Rivest, président de Voodoo. Au moment où il sondait le FIER, M. Pelland n’avait aucun intérêt dans l’entreprise, a-t-il dit à La Presse.
M. Pelland est devenu actionnaire et administrateur du FIER le jour même où le fonds a décidé de verser 750 000 $ à l’entreprise de son ami. Toujours lorsque le FIER a pris sa décision, M. Pelland a investi lui-même 200 000$ dans Voodoo et est devenu l’associé de M. Rivest.
Une « opportunité »
« Je n’ai pas participé au processus décisionnel d’investissement » du FIER, a soutenu M. Pelland. Il a confirmé toutefois qu’il avait présenté le dossier aux administrateurs du FIER et « dit aux autres qu’il y a là une opportunité ». Selon M. Rocheleau, M. Pelland s’est retiré du comité de placement lorsque la décision d’investir dans Voodoo a été prise. Le FIER avait rendu son placement conditionnel à ce qu’un autre investisseur injecte des capitaux, ce que M. Pelland a fait.
« En avril ou en mai 2008 », c’est-à-dire quatre ou cinq mois après l’investissement du FIER, Voodoo Technologies a décidé de déménager sa production en Chine, a indiqué M. Pelland. Des équipements de l’usine montréalaise sont partis pour Shanghai en juin.
Or, les membres du comité de placement du FIER savaient que Voodoo envisageait de déménager sa production lorsqu’ils ont accepté de lui verser 750 000 $. Ce scénario faisait partie du plan d’affaires de l’entreprise qui leur a été présenté. « On savait que c’était une avenue possible. Et malheureusement, c’est arrivé » , a dit Jeannot Rocheleau.
Selon lui, le FIER n’a toutefois appris qu’à l’automne que Voodoo procédait à une délocalisation. « On a interrogé Voodoo. On nous disait que
Les moules de Voodoo aux mains des Chinois
c’était pour assurer la survie de l’entreprise, que ça allait baisser les coûts de production. On a dit : O. K., on va perdre des jobs, mais au moins le siège social va rester à Montréal », a-t-il dit.
Une douzaine de travailleurs ont été licenciés. Selon M. Pelland, il ne restait plus que six ou sept employés de bureau après la délocalisation.
« L a mi s s ion du F I E R , c’est aussi d’aider à sauvegarder des emplois » , a soutenu M. Rocheleau. Au moment de l’investissement, « on pensait que l’entreprise allait repartir ». Voodoo Technologies éprouvait de grandes difficultés financières à l’automne 2007. D’après M. Pelland, sans l’investissement du FIER, « il n’y aurait plus eu d’emplois du tout. La shop risquait de se s’en aller aux États-Unis ».
En Chine, Voodoo a conclu une entente avec Shutai Sports Goods pour la production des kayaks. Ce manufacturier de Shanghai fabriquait déjà des accessoires pour les planches à roulettes de la société Woodchuck, propriété de M. Pelland. Voodoo a cédé à Shutai ses moules, nécessaires à la fabrication des kayaks. Un moule vaut des dizaines de milliers de dollars.
À la suite du déménagement, « les ventes de Voodoo ont triplé », estime M. Pelland. Mais en décembre 2008, l’entreprise ne s’est pas entendue avec son institution bancaire sur un montage financier lui permettant de poursuivre ses activités. La compagnie a fait faillite en janvier. Cinq personnes ont alors perdu leur emploi à Montréal, selon M. Pelland, qui dit être « le plus gros perdant » dans cette histoire.
26% des avoirs du FIER
Comme le FIER était un créancier non garanti, il a perdu ses 750 000 $. C’est 26% des avoirs de ce fonds régional. Shutai a gardé les moules, comme le prévoyait l’entente avec Voodoo.
Le jour même de la fa i l l i te, Jean-François Rivest et Marc Pel land ont déposé auprès d’Industrie Canada une demande d’enregistrement pour l’utilisation de la marque de commerce Riot, celle des kayaks les plus prestigieux de Voodoo. Ils négocient maintenant avec leurs créanciers et Shutai en vue de lancer une nouvelle entreprise.
De son côté, le FIER n’a plus aucun espoir de revoir la couleur de son argent. « Les actionnaires du FIER ne la trouvent pas drôle. Disons qu’il ne sont pas en amour avec M. Pelland », a lancé M. Rocheleau.
M. Pelland, qui dit avoir « mis 450 000$ dans le FIER », est toujours l’un des administrateurs et même l’actionnaire majoritaire du FIER. « Mais on a voulu se dissocier le plus possible de ce monsieur-là à l’intérieur de ce qu’on peut faire selon la loi », a conclu M. Rocheleau.



Québec dans les câbles
Les deux hommes d’affaires éclaboussés par la controverse, Pietro Perrino et Valier Boivin, souhaitent venir expliquer eux-mêmes en commission parlementaire ces investissements en capital de risque, des « opérations trop complexes pour la joute politique »
QUÉBEC— Le gouvernement s’est retrouvé dans les câbles hier; le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, et le patron d’Investissement Québec, Jacques Daoust, sont restés souvent sans réponse devant la longue liste de cas douteux relevés dans les investissements des Fonds d’intervention économique régionaux (FIER) par l’opposition péquiste et adéquiste.
À un point tel que les deux hommes d’affaires éclaboussés par la controverse, Pietro Perrino et Valier Boivin, les fondateurs du FIER Ville-Marie, ont indiqué hier à La Presse qu’ils souhaitaient venir expliquer eux-mêmes en commission parlementaire ces investissements en capital de risque, des « opérations trop complexes pour la joute politique ».
Hier, en commission parlementaire, de nouveaux constats étonnants de l’opposition sur la gestion de ces 44 fonds d’investissement régionaux, où Québec a investi 318 millions de dollars en capital de risque, ont mis dans l’embarras le ministre Bachand, qui a constamment renvoyé la balle à Investissement Québec. « Il se lave constamment les mains, il passe la puck à d’autres. Si j’étais ministre et que de telles questions étaient soulevées, je peux vous dire que j’y répondrais moi-même », a lancé M. Legault, critique péquiste aux Finances. Il fait fi de la mise en demeure que lui a transmise Pietro Perrino: « Il y a apparence de conflit d’intérêts quand on est des
François Legault a fait valoir que, contrairement à ce qu’avait soutenu la veille le gouvernement, le FIER Ville-Marie avait investi dans deux compagnies dont Pietro Perrino et Valier Boivin étaient actionnaires ou administrateurs : System Bus et Zoommed. MM. Perrino et Boivin ont aussi créé en janvier 2006 le FIER Ville-Marie.
Ce fonds a acheté 5 millions d’actions de Zoommed, et M. Boivin n’a pas mentionné au conseil qu’il pouvait se trouver deux côtés de la clôture! »
La veille, à l’Assemblée nationale, le ministre Bachand avait servi une réplique virulente aux allégations de l’opposition. Mais ses explications, soigneusement rédigées, étaient loin de la réalité, a-t-on appris hier en commission parlementaire.
« On parle de ça au moment où on a une crise économique à nos portes… On met 200 millions de dollars pour partir du capital de risque, comme cela se fait partout ailleurs dans le monde », a expliqué le ministre Bachand. Les deux tiers des fonds des FIER viennent des deniers publics. en conflit d’intérêts, a indiqué hier la direction d’Investissement Québec, qui, la veille, avait soutenu que toutes les règles avaient été respectées. M. Boivin affirme qu’il n’avait pas de déclaration à faire; il n’était pas administrateur, mais seulement actionnaire de Zoommed. Pour François Legault, on devrait réduire au minimum, à « de vraies exceptions », les cas où les dirigeants des FIER investissent dans des entreprises dont ils sont administrateurs.
Pour François Legault, il est pour le moins étrange que deux FIER aient consenti neuf investissements précisément dans des compagnies dont MM. Perrino et Boivin sont administrateurs ou actionnaires. Les deux hommes se trouvent aussi au conseil d’administration du FIER Boréal 2 au Saguenay, qui a investi plus de 2 millions dans les entreprises montréalaises de MM. Perrino et Boivin. En fait 3,5 des 6 millions du FIER Boréal sont investis en dehors de la région du Saguenay, en dépit de la règle qui veut qu’au moins 50% de l’argent reste dans la région.
MM. Bachand et Daoust n’ont pu préciser quelles retombées avait apporté dans la région un investissement de 2 millions dans la firme Bureau canadienne d’investigation, dirigée par Luigi Coretti et établie à Montréal – Investissement Québec la comptabilisait dans les investissements locaux. Placé sur la sellette M. Daoust a indiqué que son organisme avait seulement deux fonctionnaires pour surveiller ces FIER.
Le député adéquiste François Bonnardel a renchéri quand il a relevé que cette même firme, propriété d’un donateur à la caisse libérale, avait bénéficié aussi de l’investissement maximumde 1 million dans trois autres FIER: ceux de l’Estrie et de Laval ainsi que le FIER spécialisé CPVC. En Estrie, les règles d’ Investissement Québec sont bafouées, 70% des fonds sont investis dans d’autres régions. M. Daoust a produit une lettre pour monter qu’on les avait rappelés à l’ordre mais n’a pu expliquer pourquoi d’autres fonds délinquants n’avaient pas eu cette mise en garde. « M. Daoust nous avait dit qu’aucune règle n’avait été enfreinte » a souligné le député Bonnardel.
Autre fait troublant trouvé par l’ADQ, le FIER Estrie a mis 1 million de dollars dans le financement de Groupe Fox, une compagnie qui a pignon sur rue à Halifax, et dont les administrateurs se trouvent en Californie et en Virginie. Retombées de l’investissement: zéro emploi.



Les FIER : Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain - Charles Sirois

TAILLÉ SUR MESURE
Le programme FIER permet aux bonnes idées des Québécois de se transformer en entreprises viables
Les Québécois sont des gens pleins d’idées. Cependant, pour que ces idées se transforment en entreprise, il faut du capital de risque.
C’est connu, les Québécois sont des gens pleins d’idées. Cependant, pour que ces idées se transforment en entreprise, il faut du capital. Et puisque environ la moitié des démarrages ne survivent pas à leur quatrième anniversaire, ce capital viendra rarement d’une banque; il faut du capital de risque.
Outre la disponibilité du capital, le principal facteur qui influe sur ce taux de survie est la qualité des décisions d’affaires prises au cours de ces premières années, moment où une seule erreur peut mettre l’entreprise en faillite. Le programme des Fonds d’intervention économique régionaux (FIER) a été taillé sur mesure pour cet environnement: il combine un incitatif pour que les investisseurs privés acceptent de prendre ce genre de risque et la participation obligatoire de plusieurs investisseurs privés qui sont des gens d’affaires chevronnés. Parce que l’argent de ces investisseurs est à risque, ils sont incités à accompagner les jeunes entreprises dans lesquelles ils investissent pour ainsi augmenter leurs chances de succès. De plus, le risque que prend le gouvernement est le même que celui qu’acceptent les investisseurs ; si la compagnie fait faillite, le gouvernement et l’investisseur perdent leur argent. Si, au contraire, la compagnie est un succès, tous vont faire un rendement et le Québec comptera une nouvelle entreprise et de nouveaux emplois à long terme.
Lors de sa création, le programme des FIER répondait donc à une carence d’accès au capital de risque pour le démarrage et les premières phases de développement des entreprises, principalement en région. Cette constatation suivait le dépôt du rapport Brunet sur le capital de risque. La gestion du programme a été confiée à Investissement Québec qui a émis un certain nombre de règles communes à tous les FIER. Ces règles incluent principalement :
• l’obligation de regrouper au moins cinq personnes d’affaires différentes ayant une expérience pertinente et devant investir au moins 150 000$ chacune;
• un processus d’autorisation des placements incluant la nomination par Investissement Québec d’un observateur indépendant qui assiste à toutes les réunions du comité de placement du FIER;
• la mise en place d’une politique de placement qui établit les règles quant au type d’entreprises pouvant être financées, au type d’instrument financier pouvant être utilisé et au montant maximum permis pour chaque placement ;
• la mise en place d’une politique en matière de conflit d’intérêts.
La politique de placement est à la fois souple et encadrante, laissant le soin aux investisseurs privés de trouver les bonnes occasions d’affaires là où elles se trouvent tout en empêchant l’investissement dans certains secteurs ( par exemple, en immobilier). De plus, comme un objectif indirect du programme est de créer des emplois, on a misé sur l’importance de créer ou sauver des emplois plutôt que sur la forme juridique des entreprises. C’est ainsi qu’une entreprise de très haute technologie dont l’usine était située à PointeClaire a pu être financée même si sa forme juridique était une société de la Nouvelle-Écosse. La politique de placement permet d’investir 50% des fonds à l’extérieur de la région désignée d’un FIER. Je crois que, sans cette ouverture, il aurait été très difficile de créer des FIER dans plusieurs régions du Québec. En fait, à part les grandes villes, peu de régions peuvent générer un nombre d’opportunités suffisantes pour justifier la mise en place d’une structure formelle d’investissement. Même si le potentiel de génération des bonnes idées et l’entrepreneuriat sont parfaitement répartis dans la population, le problème pour certaines régions est leur faible population. (...)

Les FIER ont permis de créer 2000 nouveaux emplois et d’en
maintenir 5000 autres.
La politique de placement des Fonds d’intervention économique régionaux n’empêche pas un fonds d’investir conjointement avec d’autres FIER. Cette situation est tout à fait naturelle dans le monde du capital de risque où la majorité des financements réalisés par des entreprises comportent plus d’un investisseur. C’est une question de partage de risque. Les banques font la même chose et syndiquent la plupart de leurs financements avec d’autres banques concurrentes. Les cas de co-investissement découlent aussi du fait que bon nombre de compagnies ont des besoins en capitaux supérieurs à la limite de 1 million de dollars qu’impose la politique de placement des FIER. Puisque les sources alternatives de fonds pour les compagnies en démarrage sont rares, elles se tournent vers de multiples FIER pour combler leurs besoins en capital.
Les sources alternatives de fonds pour les compagnies en démarrage sont rares. Les FIER viennent combler leurs besoins en capital.
Quant aux règles de la politique en matière de conflit d’intérêts, elles sont similaires aux règles qui ont été établies dans la plupart des conventions entre actionnaires auxquelles notre groupe a participé. Je crois que le fait qu’un des investisseurs ait un lien avec une entreprise (à titre d’administrateur ou autre) ne devrait pas empêcher les autres partenaires du FIER d’analyser la possibilité d’investir, pourvu que les règles de gouvernance en matière de conflit d’intérêts soient suivies scrupuleusement et que les partenaires qui prennent la décision d’investissement soient réellement indépendants. Il me semble aussi que les cas de conflits devraient être l’exception, pas la règle.
Je c rois que le programme des FIER est très important pour aider les entrepreneurs du Québec à financer leurs plans d’affaires et ainsi créer de l’activité économique et des emplois, surtout en cette période où tous les acteurs institutionnels se sont retirés du capital de démarrage et où les fonds de capital de risque sont de plus en plus spécialisés et globaux. Sur le plan macroscopique, les résultats du programme me semblent acceptables ; les FIER ayant permis de créer 2000 nouveaux emplois et d’en maintenir 5000 autres. D’autant plus que cette performance n’aura presque rien coûté au gouvernement puisque les FIER seront tous liquidés un jour et je vous assure que les investisseurs privés vont tout faire pour s’assurer qu’ils ne perdront pas d’argent et, donc, que le gouvernement n’en perde pas non plus.
Il est normal et souhaitable que les objectifs de ce genre de programme soient revus de façon régulière et il sera peut-être nécessaire de modifier certaines des règles des FIER afin de s’assurer que les objectifs établis aient de meilleures chances d’être atteints. J’ose espérer qu’on ne va pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

FIER: le vérificateur général s’en mêle
« Peut-être que pour donner confiance aux gens et démontrer que l’argent est bien géré, il faut resserrer certaines règles. »
— Le vérificateur général du Québec passera au peigne fin la gestion des Fonds d’intervention économique régional ( FIER), même s’il n’a pas reçu un mandat spécial du gouvernement ou de l’Assemblée nationale.
Avant même d’avoir vu les conclusions du rapport, le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, se dit prêt à modifier les politiques d’investissement et de conf lits d’intérêts des FIER, qui font l’objet de critiques depuis deux semaines.
Le vér i f icateu r général , Renaud Lachance, a décidé de scruter la gestion des FIER après que M. Bachand eut envoyé la semaine dernière une lettre à Investissement Québec lui demandant de faire un « examen minutieux » de la gouvernance de ses filiales. La demande du ministre impliquait une intervention éventuelle du VG, puisque celui-ci est déjà responsable d’examiner les états financiers d’ Investissement Québec notamment. Du reste, il dispose déjà de tous les pouvoirs nécessaires pour faire une enquête complète sur les FIER et envisageait d’aller de l’avant depuis quelques jours, a indiqué hier sa porte-parole, Raymonde Côté-Tremblay. Depuis vendredi, des échanges ont eu lieu entre le vérificateur et Investissement Québec. Ce dernier a confirmé l’intervention de Renaud Lachance par voie de communiqué, hier.
Selon Mme Côté-Tremblay, l’enquête sera aussi étendue que lorsque le vérificateur général reçoit un mandat spécial du gouvernement ou de l’Assemblée nationale. La semaine dernière, le premier ministre Jean Charest avait écarté l’idée de confier au vérificateur le mandat de mener une enquête spéciale sur les FIER.
« Le vérificateur général du Québec est en place, va vérifier l’ensemble des dossiers, et fera part de ses interrogations et de ses recommandations, comme je l’ai souhaité », a déclaré Raymond Bachand en Chambre, hier.
Au cours de son enquête, Renaud Lachance se penchera sur tous les placements effectués par les 30 FIER-Régions af in de déterminer s’i ls respectent les politiques d’investissement et de conflits d’intérêts. Ces fonds de capital de risque sont financés aux deux tiers par l’État.
Le vérificateur général déposera son rapport à l’Assemblée nationale. Le conseil d’administration d’Investissement Québec fera des recommandations au gouvernement à la lumière des conclusions du vérificateur général.
Raymond Bachand souhaite que le rapport soit déposé à la mi-juin, à temps pour un nouvel investissement attendu de l’État de 60 millions dans les FIER. Mais Raymonde CôtéTremblay ne peut garantir qu’il sera prêt à cette date.
Malmené par l’opposition depuis deux semaines, Raymond Bachand ouvre la porte à des changements dans la gestion des FIER. Le PQ et l’ADQ ont révélé au cours des dernières semaines que des FIER ont versé des millions de dollars à des entreprises dans lesquelles leurs propres administrateurs ont des intérêts importants.
« Peut-être que pour donner confiance aux gens et démontrer que l’argent est bien géré, il faut resserrer certaines règles », a dit Raymond Bachand.
« En matière de conf lits d’intérêts, c’est complexe. Il y a des co-investissements ( public-privé), et il y en aura toujours. Si dans les procédures qui mènent aux co-investissements il y a des choses à resserrer, je suis prêt à entendre les recommandations. »
Le ministre envisage également de modifier la politique d’investissement. Cette politique prévoit qu’un FIER doit faire au moins 50% de ses investissements dans sa région. Or six FIER contreviennent aux règles et ont réalisé plus de la moitié de leurs placements à l’extérieur de leur région.


FIER: des rendements top secret
« Ce sont des sociétés en commandite et même si le gouvernement y investit, leurs états financiers sont confidentiels. »
Le ministre des Finances, Raymond Bachand, affirme que les FIER sont « un grand succès », mais il faut le croire sur parole, parce que les états financiers de ces fonds d’investissement sont top secret.
« Ce sont des sociétés en commandite et même si le gouvernement y investit, leurs états financiers sont confidentiels », a indiqué hier la porte-parole d’Investissement Québec, Josée Béland.
Le gouvernement québécois investit 2$ pour chaque dollar qui vient des investisseurs privés dans les Fonds d’intervention économique régionale ( FIER). Les FIER ont été mis sur pied par le gouvernement libéral à son r e t o u r au pouvoi r en 20 03 pour met t r e du capital de risque à la disposition des entreprises.
Tous l es genres d’investissements sont permis, de l’aide au démarrage jusqu’au redressement d’entreprises en difficultés.
Les premiers fonds ont vu le jour en 2006. Depuis, le gouvernement a investi 192 millions de dollars dans les 30 FIER créés un peu partout au Québec. Le gouvernement n’attend aucun rendement de son investissement dans les fonds pendant cinq ans.
Les fonds publics sont destinés à stimuler le développement économique dans les régions où le capital est rare, mais comme les conditions sont les mêmes à Montréal qu’en Gaspésie, cet argent gratuit fait le bonheur d’investisseurs aguerris dans les villes. À Montréal, il y avait assez d’investisseurs intéressés pour créer 30 FIER, selon des informations obtenues par La Presse Affaires.
Il y a deux FIER à Montréal. L e F I ER CPVC-Mo n t r é a l compte parmi ses investisseurs Robert Brown, président de CAE, et Robert Milton, ancien président d’Air Canada. Le président de Télésystème, Charles Sirois, est un des investisseurs de l’autre fonds montréalais, le FIER ID.
Depuis trois ans, le FIER ID a investi près de 11 millions dans des entreprises en démarrage, a fait savoir son gestionnaire, Daniel Cyr, qui a semblé insulté quand La Presse Affaires lui a demandé quel était le rendement de ses investissements.
« Nous sommes un fonds privé, très privé. Nous avons des ententes de confidentialité et je ne vous dirai certainement pas ça », a-t-il répondu.
Les FIER doivent remettre leurs états financiers deux fois par année à Investissement Québec qui les traite comme de l’information privée et confidentielle, et ce, même si les fonds publics alimentent la plus grande partie des activités des FIER.
Le vérificateur général, qui vient de recevoir le mandat d’examiner de plus près ces drôles de créatures, aura toutefois accès à tous les états financiers, a précisé la porte-parole d’Investissement Québec.
Investissement Québec, qui a la responsabilité des FIER, a inscrit une perte de 7,9 millions pour l’exercice 2007-2008 sous la rubrique IQ Fiers Inc. Le rapport annuel 2008-2009 n’a pas encore été publié. La perte de 7,9 millions représente « une perte de valeurs non matérialisée des investissements du gouvernement dans les FIER », a expliqué Josée Béland.



CHUM 6 mois sans progrès  -  Denis Lessard
Des mois de retard à prévoir
QUÉBEC — Depuis six mois, les deux consortiums privés choisis pour réaliser le CHUM en partenariat avec le gouvernement n’ont pratiquement pas travaillé à ce projet controversé. Les deux groupes ont gagné leur partie de bras de fer avec le gouvernement Charest, qui annoncera bientôt des dédommagements dans le cadre de ce contrat.

Selon l’information qu’a recueillie La Presse, la décision commune des deux groupes de ne pas préparer leur soumission tant que n’est pas réglé un litige avec Québec aura un impact direct sur l’échéancier du projet.
Choisis en mars dernier, le groupe Innisfree-AxorOHL-Dakia et Accès Santé, le concurrent dirigé par la firme espagnole Acciona avec l’appui des firmes Pomerleau et Verreault-Dessau, avaient un an pour présenter leur soumission.
Or, cette date butoir de mars 2010 s’est volatilisée, confient ceux qui, au gouvernement, ont le mandat de suivre ce projet. C’est tout l’échéancier qui vient de voler en éclats. Pas question de choisir le consortium gagnant en juin 2010 et de lever la fameuse première pelletée de terre en septembre l’an prochain. Le projet devait coûter 1,8 milliard de dollars, mais atteindra 2,5 milliards en tenant compte de l’inflation et des imprévus à la toute fin du projet, en 2018. Les nouveaux retards gonfleront encore la facture.
Depuis le mois de mars, les deux consortiums n’ont pas fait avancer le projet parce qu’ils exigeaient du gouvernement de meilleures garanties pour le groupe qui éventuellement « perdrait » le concours. Après des mois de silence, le gouvernement s’apprête à obtempérer aux demandes. Le « perdant » pourra compter sur une indemnité d’environ 14 millions de dollars.
Cette somme doit compenser les frais engagés afin de préparer ces soumissions extraordinairement complexes. Préparer l’ingénierie préliminaire pour un projet si complexe représente une facture importante puisque, forcés de présenter des prix fermes, les consortiums doivent préparer des plans détaillés.
Aussi , si Québec choisit de ne pas poursuivre le projet en partenariat avec l’entreprise privée, les deux groupes seraient également dédommagés.
Depuis le printemps, les deux groupes attendent un signe d’un gouvernement « qui ne disait ni oui ni non ». Québec, unmoment, avait proposé 8 millions comme prix de consolation, une indemnité jugée insuffisante par les deux groupes.
Dans l’industrie, àMontréal, on ne cache pas que, devant les tergiversations du gouvernement Charest, le projet du CHUM a été laissé sur le carreau. L’activité est intense depuis plusieurs mois pour les constructeurs de grands projets. Les deux groupes ont vite choisi d’affecter leurs équipes à des chantiers précis, des contrats sûrs, plutôt qu’à la conception d’un CHUM qui semble toujours hypothétique.
Même si les deux groupes donnaient aujourd’hui le feu vert à leurs équipes, il faudrait compter quelques semaines pour que tous les professionnels puissent accorder leurs violons.
Pourchassé hier dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s’est contenté de sourire aux questions de Presse. En Chambre, attaqué par le député péquiste Sylvain Simard, M. Bolduc s’est bien gardé de dire si Québec allait réaliser en partenariat avec l’entreprise privée cet hôpital annoncé depuis 11 ans maintenant. « Le CHUM et le CSUM sont bien alignés. Actuellement, on travaille sur les plans; par la suite, il va y avoir despropositions. Lemode de réalisation, c’est un moyen. La finalité, elle, demeure la même. Le projet va se faire et dans quelques années on va avoir un CHUM », s’est contenté de dire le ministre.
Toujours en PPP
À Québec, dans les coulisses, on indique que le gouvernement reste bien déterminé à construire l’hôpital universitaire francophone en partenariat public-privé ( PPP).
La semaine dernière le quotidien The Gazette a révélé que le gouvernement envisageait de recourir au « plan B » évoqué par Jean Charest le printemps dernier et de tout ramener en mode traditionnel, le processus utilisé avant la mode des PPP arrivée avec le gouvernement Charest, en 2003.
Changer de cap ferait perdre la face au gouvernement Charest. Au surplus, il faudrait repartir à zéro – des années de délais supplémentaires. Il est impossible d’évaluer en dollars le coût d’un retour au mode traditionnel, « et actuellement il n’y a pas beaucoup d’argent qui traîne dans les tiroirs ».
Des dizaines de millions dépensés en travaux préparatoires par la SICHUM seraient définitivement perdus. Déjà, Québec a englouti une trentaine de millions de dollars en pure perte dans le projet du CHUM au 6000, rue Saint-Denis.
Autre pépin ( marginal) pour l’hôpital, qui a déjà eu sa part de déboires : le nouveau patron, le Français Christian Peyre, ne sera pas à Montréal fin septembre, comme on l’avait annoncé à sa nomination. Des questions familiales le forcent à rester en France pour l’instant et il n’entrera pas en poste avant la fin octobre, voire le mois de novembre.


Le luxe du temps  -  VINCENT MARISSAL
La chose a fait peu de bruit à Montréal, mais le Tout-Sherbrooke n’en avait la semaine dernière que pour Jean Charest, qui a fêté en grand le 25e anniversaire de son entrée en politique.
Le secret de Jean Charest ? La passion.
C’était en septembre 1984. Jean Charest, âgé de seulement 26 ans, entrait au Parlement fédéral porté par la vague conservatrice de Brian Mulroney.
Dans une entrevue avec le collègue Luc Larochelle de La Tribune, Jean Charest a révélé samedi dernier le secret de sa longévité en politique. L’attrait du pouvoir? Le défi de gouverner ? L’amour de la politique ?
Non. La passion, a répondu Jean Charest. La passion ? Étonnant personnage que ce Jean Charest.
Disons qu’en l’observant depuis une bonne quinzaine d’années, le mot passion n’est certainement pas le premier qui me serait venu à l’esprit.
Au début de sa carrière, il avait la fougue typique de son jeune âge. En 1995, pendant la campagne référendaire, il était certainement animé d’une passion débordante, heureusement pour le camp du Non d’ailleurs, qui collectionnait les éteignoirs.
Mais depuis qu’il est à Québec, le flegme semble avoir pris le dessus chez Jean Charest, du moins en apparence. Pourtant, le feu brûle toujours et s’il n’en tient qu’à Jean Charest, il sera en poste pour de nombreuses rentrées à venir.
« Je ne me vois pas à la retraite, a-t-il expliqué à La Tribune. J’ai même de la difficulté à comprendre ceux qui souhaitent tout arrêter pour jouer au golf. »
Compté pour mort ( politiquement, bien sûr) après la débâcle de mars 2007, Jean Charest s’est accroché et a remporté l’improbable pari de regagner une majorité 20 mois plus tard. Après une telle remontée (et après 25 ans de vie politique), on pourrait croire qu’il a fait le tour du jardin, mais tous ses conseillers et ministres à qui j’ai parlé au cours des derniers mois sont unanimes: il reste et se représentera pour un quatrième mandat.
Supposons. Mais pour quoi faire ? Parce qu’il ne se voit pas faire autre chose ? Parce qu’il aime la politique et le job de premier ministre ? Pour battre un record ? Pour faire mentir les vilains chroniqueurs (ils l’ont bien cherché!)? Ou pour amener le Québec quelque part, avec un plan, des ambitions, une vision?
Jean Charest est certes mû par une ténacité politique hors du commun, mais on ne peut pas dire que son bilan de premier ministre soit particulièrement étincelant après six ans de pouvoir.
Depuis avril 2003, il y a plus de détours que de lignes droites dans le parcours des trois gouvernements Charest. Au fil des ans, Jean Charest a eu plusieurs « premières priorités », pour reprendre l’une de ses expressions fétiches : la santé, l’emploi, le développement hydroélectrique, l’économie, avec pour résultat qu’en ayant trop de priorités, on finit par ne plus en avoir du tout.
Jean Charest se trouve toutefois aujourd’hui dans une situation idéale, rare pour un politicien. Il a, à la fois, la légitimité conférée par une majorité retrouvée, les coudées franches devant une opposition désorganisée et, surtout, le luxe du temps pour accomplir des choses.
C’est un peu comme si Jean Charest, après avoir survécu au naufrage accroché à un radeau dans une mer démontée, se retrouve maintenant assis aux commandes d’un paquebot sur une mer d’huile. Il peut se contenter d’une petite croisière pépère, et même voguer paisiblement jusqu’aux prochaines élections, ou alors présenter aux Québécois un itinéraire ambitieux vers une nouvelle destination. Pas seulement pour s’assurer un héritage, mais d’abord parce que le Québec en a bien besoin.
Jean Charest peut gouverner sans faire de vagues en pensant à sa prochaine réélection, dans trois ans, ou viser plus loin en présentant un plan de développement du Québec s’étalant jusqu’à la fin d’un éventuel quatrième mandat.
Le premier défi du gouvernement Charest, maintenant que la reprise pointe, sera évidemment de rétablir l’équilibre budgétaire. Ce serait une erreur, toutefois, que de considérer ce but comme une fin en soi. Le retour à l’équilibre devrait être vu comme un moyen de rebondir et de passer à l’étape suivante. D’où l’importance d’avoir un plan à long terme. Autrement dit, ce ne doit pas être qu’un exercice comptable, mais bien un programme politique.
Si, en ce début de session, Jean Charest envisage vraiment d’occuper le poste de premier ministre pendant quelques années encore, les pistes pour un véritable plan ne manquent pas.
I l pour rait commencer par donner une image tangible, une vie, un visage à son fameux Plan Nord, qui, pour le moment, ressemble plus à un slogan qu’au grand chantier de l’avenir qu’il est censé être.
En santé, le gouvernement libéral devra décider s’il continue d’ouvrir le robinet un peu plus chaque année (le budget de la Santé représentera 50% des dépenses de l’État d’ici quelques années) ou s’il met un frein aux dépenses.
Le remboursement de la dette doit nécessairement faire partie de l’équation, mais pas au détriment des investissements cruciaux en éducation, en recherche et en innovation.
Enfin, le débat ponctuel de la rentrée sur la Régie des rentes doit aller plus loin que les calculs actuariels à court terme et viser la pérennité du régime de retraite public.
M. Charest a le luxe du temps et le Québec n’a plus le luxe d’attendre.


Sans plan d’ensemble - CLAUDE CASTONGUAY
Au lieu d’analyser sérieusement le rapport sur le financement de la santé, le ministre Bolduc a choisi de l’ignorer
En février 2008, le groupe de travail sur le financement de la santé que j’ai présidé rendait public son rapport.
Réagir au fur et à mesure que les problèmes et les crises surgissent est une approche qui ne règle rien, estime le président du groupe de travail sur le financement de la santé (février 2008), Claude Castonguay.
Au terme de nos travaux, nous recommandions en premier lieu une augmentation de 0,5% de la TVQ et l’introduction non pas d’un ticket modérateur, mais d’un T-4 santé.
Dès le lendemain de la publication de notre rapport, le gouvernement rejetait la recommandation de hausser la TVQ de 0,5%. Le rejet fut si catégorique que l’on a conclu que l’ensemble du rapport était voué aux oubliettes.
Mais, surprise, peu de temps après sa réélection avec une majorité de sièges, le gouvernement annonçait son intention de hausser la TVQ de 1%. Il semble même qu’il s’apprêterait à annoncer une hausse additionnelle de 1%.
La décision de rejeter notre rapport était-elle justifiée ? Poser la question, c’est y répondre.
Notre rapport comprend un ensemble de mesures visant à dynamiser notre système de santé, améliorer l’accessibilité et freiner de façon ordonnée la croissance de ses coûts. Je souligne que ces propositions respectent pleinement son caractère public et universel.
El les permet t raient de rédui re graduellement la progression des coûts du système, sans réduire les services, d’au moins 10% par année. Sur un budget de 26 milliards, les économies possibles sont substantielles. Les soins de première ligne, les soins à domicile, les infirmières, les médecins de famille, le dossier patient informatisé pourraient bénéficier grandement d’une réallocation de ces économies.
Au lieu d’analyser sérieusement notre rapport, le ministre YvesBolduc a choisi de l’ignorer. À deux reprises, j’ai offert de lui présenter le contenu de ce rapport qui, en passant, a coûté plus de 400 000$ aux contribuables. Il préfère agir sans plan d’ensemble au fur et à mesure que les problèmes et les crises surgissent. Pourtant, il est clair que c’est précisément cette approche qui, trop souvent utilisée dans le passé, est largement responsable de l’état actuel de notre système de santé.
Notre rapport proposait également un décloisonnement encadré de la pratique médicale et une ouverture limitée sur le secteur privé. Il s’agit de propositions de nature complémentaire qui ne remettent pas en cause l’universalité du système. Bien que ces propositions demeurent à mon avis pleinement pertinentes, ouvrir à ce moment-ci un débat sur ces questions aurait malheureusement pour effet de détourner l’attention de l’enjeu prioritaire.
À la suite de la publication de notre rapport, les principaux acteurs du secteur de la santé se sont prononcés en faveur de lamajeure partie de nos recommandations sur notre système public et son financement. Les gens sont inquiets et espèrent que lesmesures qui s’imposent soient prises. Le maintien au rancart de nos recommandations ne fait plus de sens.

Le temps est manifestement venu pour le premier ministre d’intervenir afin de sortir notre système public de santé de son état de crise chronique et de rassurer la population.


Hubert Lacroix s’en prend à l’« inaction » des gouvernements
« Au Canada, à l’opposé de ce qu’on a vu aux États-Unis (...), nous avons reçu très peu d’aide de la part des deux ordres de gouvernement. »
Le jour mêmeoù SFKPâte indiquait qu’elle n’allait pas respecter l’un des engagements de sa convention de crédit, l’entreprise s’en est prise à l’« inaction » des gouvernements.
En date d’aujourd’hui, SFK ne respectera plus le ratio de couverture des intérêts prévu à sa convention de crédit. En fin de journée hier, cependant, l’entreprise québécoise a annoncé qu’elle a obtenu de ses prêteurs une dispense temporaire de deux semaines, alors que des négociations sont en cours en vue de modifier de façon permanente la convention de crédit. SFK Pâte est raisonnablement confiante de pouvoir parvenir à une entente satisfaisante avec ses prêteurs à l’intérieur de ce délai.
SFK Pâte a subtilement laissé entendre qu’elle n’en serait peutêtre pas là si les gouvernements étaient venus à sa rescousse.
« Au Canada, à l’opposé de ce qu’on a vu aux États-Unis (...), nous avons reçu très peu d’aide de la part des deux ordres de gouvernement », a déploré le président du conseil d’administration du producteur de pâte à papier, Hubert Lacroix, à l’occasion de l’assemblée annuelle des porteurs de parts, à Montréal. M. Lacroix est aussi président-directeur général de la CBC/Radio-Canada.
Depuis plusieurs mois, SFK Pâte fait pression sur Québec pour obtenir une « aide à court terme », à l’image des prêts que le gouvernement a consentis à Rio Tinto Alcan et à Bombardier Produits Récréatifs (BRP). précédent (qu’une aide à SFK) aurait créé aurait probablement été difficile à porter pour le gouvernement. »
La direction de SFK reprendra ses efforts auprès du nouveau ministre du Développement économique, Clément Gignac, et de la nouvelle titulaire des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, dans l’espoir d’obtenir une réponse différente.
Or, après de longs pourparlers, Québec a rejeté la demande de SFK. Selon le président et chef de la direction de l’entreprise, Pierre Gabriel Côté, le gouvernement a exprimé des « craintes » quant au « risque » que représente actuellement le secteur des pâtes et papiers.
« Nous n’avons pas réussi à convaincre le gouvernement que nous étions différents du reste de l’industrie, a admis M. Côté. Le
Il reste qu’en vertu de l’Accord sur le bois d’oeuvre résineux, le Canada et les États-Unis ne peuvent pas venir en aide directement aux entreprises du secteur forestier.
« Liqueur noire »
Cela n’a toutefois pas empêché Washington de donner un coup de pouce indirect aux producteurs américains en leur accordant un généreux crédit d’impôt pour l’utilisation comme combustible de la « liqueur noire », un résidu découlant de la fabrication de pâte kraft.
Cette aide, contestée par le Canada, l’ Union européenne et d’autres pays, procurerait un avantage concurrentiel de 200$ la tonne aux producteurs américains. Elle permet à la pâte provenant de fibres vierges de devenir très concurrentielle face à la pâte issue de journaux recyclés, ce qui nuit aux deux usines américaines de SFK.
En réplique, Ottawa a récemment annoncé la mise sur pied d’un programme d’un milliard de dollars qui doit aider les producteurs de pâtes et papiers à améliorer leur efficacité énergétique et leur performance environnementale.
« C’est intéressant, mais ça ne répond pas aux problèmes de l’industrie et ça ne procure aucune aide immédiate », a affirmé Hubert Lacroix, qui a tenu à tracer un parallèle avec le généreux plan de sauvetage consenti par les gouvernements à l’industrie automobile.
Même si elle est en meilleure santé financière que la plupart des autres acteurs de son secteur, SFK Pâte souffre de la baisse de la demande pour le papier. Au premier trimestre de 2009, terminé le 31 mars, ses ventes ont plongé de plus de 40%, ce qui a conduit à une importante perte d’exploitation et à de nombreux arrêts de production.
« En dépit du contexte actuel, SFK survivra », a néanmoins promis M. Lacroix.
L’entreprise a bon espoir de conclure de nouveaux contrats d’approvisionnement en copeaux de bois auprès d’AbitibiBowater et de fournisseurs qui possédaient, jusqu’à tout récemment, des ententes avec le géant en cours de restructuration judiciaire. La résiliation du contrat conclu avec AbitibiBowater a donné un coup dur à SFK, mais l’approvisionnement à court terme ne pose pas de problème, a assuré M. Côté.
L’entreprise entrevoit la reprise dès la fin de l’année, à la faveur d’une recrudescence de la demande chinoise et d’une augmentation des prix de la pâte.
À la clôture de la Bourse de Toronto, hier, les parts de SFK s’échangeaient à 21 cents, en baisse de 2 cents.




Les minières ne verseraient pas un cent de redevances
QUÉBEC DÉVOILE SA STRATÉGIE
« On vient mettre une ligne à partir d’aujourd’hui pour s’assurer que les Québécois ne feront plus les frais de la restauration des sites. »
— Les sociétés minières pourraient très bien continuer à ne pas verser à l’État un sou de redevances sur leurs profits, en vertu de la nouvelle stratégie minière rendue publique hier.
Déjà, entre 2002 et 2008, grâce à plusieurs avantages fiscaux, 14 des 22 minières actives au Québec ont réussi à s’en tirer sans faire de contribution au trésor public.
Or, l a loi prévoit qu’el les devraient retourner au fisc 12% de leurs profits sur l’exploitation du sous-sol québécois.
En rendant publique sa stratégie pour l’avenir du secteur minier, le ministre responsable, Serge Simard, a pris soin d’indiquer que la priorité du gouvernement consistait à assurer la compétitivité de cette industrie.
Flanqué de son sous-ministre, Jean-Sylvain Lebel, le ministre a eu de la difficulté, en conférence de presse, à justifier sa position sur profits prélevée, en principe, par le fisc – actuellement la loi prévoit 12%.
Ce seuil pourrait aussi bien être haussé qu’abaissé, a-t-il dit, en s’engageant à consulter d’abord l’industrie, avant de changer quoi que ce soit.
« Si je vous dis que ça va être haussé ou diminué, vous allez me dire que les décisions sont prises, alors qu’on dit dans la stratégie qu’on va faire de la consultation », a expliqué le ministre.
Selon la loi en vigueur, toujours entre 2002 et 2008, l’industrie minière, qui a connu une période faste, aurait dû expédier 2 milliards au fisc québécois, qui n’a finalement touché qu’une fraction de cette somme, soit 259 millions.
Quoi qu’il en soit, le ministre promet de « réévaluer » le régime de redevances, pour le rendre possiblement encore plus avantageux.
Cette stratégie était attendue depuis des années et promise pour 2007. Deux ans plus tard que prévu, Québec a fini par présenter la perception des droits miniers, une position qui avait été critiquée dans un rapport du vérificateur général déposé en avril.
À court d’arguments, le ministre a laissé la parole à son sousministre, qui s’est dit candidement incapable de répondre par oui ou non, quand on lui a demandé si, en vertu de la nouvelle stratégie, les sociétés pourront encaisser des profits, sans devoir nécessairement payer leur dû au fisc, comme cela s’est fait dans le passé.
« C’est pour ça que le ministre est peut-être un peu mal à l’aise », a commenté M. Lebel.
Entre 2002 et 2008, les minières ont bénéficié de 624 millions de dollars d’avantages fiscaux, sous forme de crédits d’impôt à l’investissement, notamment.
Le ministre Simard a aussi affirmé qu’aucune décision n’avait été prise quant à la ponction des un document d’une quarantaine de pages qui demeure très vague quant à ses orientations, objectifs et échéances.
La stratégie s’articule autour de trois axes: faire croître l’industrie minière et la rendre plus concurrentielle, garantir la restauration des sites contaminés, faire participer davantage les communautés en région et les autochtones à la croissance du secteur.
À propos des terrains contaminés, on savait déjà que Québec s’était engagé à les restaurer au cours de la prochaine décennie. Le nettoyage de ces 345 terrains laissés à l’abandon par les sociétés coûtera 264 millions aux contribuables
Mais à l’avenir, pour les nouveaux investissements, le ministre Simard s’engage à ce que les choses se passent différemment.
Les sociétés devront donc, dès le départ, fournir des garanties de restauration totale.
« On vient mettre une ligne à partir d’aujourd’hui pour s’assurer que les Québécois ne feront plus les frais de la restauration des sites », a-t-il dit.
La stratégie a été fort bien accueillie par l’industrie, mais l’opposition et les groupes écologistes ont jugé qu’elle ne contenait que des « voeux pieux ».
Le président de l’Association minière du Québec, Dan Tolgyesi, a indiqué qu’il était « évidemment » satisfait des orientations privilégiées par le gouvernement, « qu’on accueille favorablement ».
« On se réjouit des principes qu’il annonce », a-t-il dit, en point de presse.
Les écologistes, quant à eux, se sont dits « floués » et déçus. Le porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, aurait jugé normal que les sociétés minières acquittent au moins en partie la facture de la restauration des sites contaminés.
« Ce n’est pas aux Québécois à éponger cette dette-là », selon lui.
Selon l’opposition péquiste, en l’absence d’une politique claire sur les redevances à verser, « les compagnies minières pourront vider le sous-sol québécois pour une bouchée de pain », a estimé le député Denis Trottier.
Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, aurait voulu lui aussi que Québec se montre « moins complaisant » sur le plan des redevances et plus exigeant sur les contrôles environnementaux.
« Le Québec doit cesser de se comporter comme une république de bananes », a-t-il dit.
De son côté, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a dit souhaiter que les municipalités trouvent une part des redevances perçues sur les profits des minières.
Cette industrie, réputée cyclique, fournit un emploi à 18 000 Québécois.
Lesous-solduQuébec, particulièrement en Abitibi-Témiscamingue, regorge de plusieurs minerais: fer, zinc, nickel, cuivre et or.







OPÉRATION MARTEAU Huit policiers de Montréal se joignent à l’escouade  -  Karim Benassaieh

Grands absents de l’opération Marteau, les policiers de Montréal ont fait leur entrée en force hier dans l’escouade spéciale contre la corruption et la malversation dans l’industrie de la construction.
La Sûreté du Québec a annoncé l’intégration de huit policiers de Montréal, ainsi que deux agents de Longueuil et Laval, au sein de l’équipe mise sur pied le 22 octobre dernier. Ces policiers seront affectés à temps plein à l’équipe d’une quarantaine d’enquêteurs et auront leur quartier général aux bureaux de la Sûreté duQuébec, rue Parthenais à Montréal.
Ces embauches arrivent à point. Diverses sources ont en effet confirmé à La Presse que les enquêtes menées par les policiers montréalais ont déjà permis de mettre au jour des informations «brûlantes» sur les liens entre les mondes de la construction, du crime organisé et de la politique.
Toutefois, la participation du Service de police de la Ville de Montréal à l’escouade Marteau était retardée pour des raisons administratives. Selon ce qu’a appris La Presse, le SPVM était réticent à assumer le salaire de ses enquêteurs qui seraient intégrés à l’escouade. C’est parce que Québec a récemment donné des garanties financières à ce sujet que l’entente d’hier a pu être annoncée.
Pour le porte-parole de la SQ, François Doré, il ne s’agit nullement de reconnaître que l’absence du SPVMétait une erreur. « Arrêtez tout de suite. Au contraire, le SPVM faisait partie de l’escouade. Ce qui a changé ce matin, c’est que huit d’entre eux vont venir s’asseoir avec nous de façon permanente.»
Dès la création de l’escouade, le mois dernier, la SQ s’était assurée de la collaboration de tous les services de police au Québec, y compris le SPVM, précise M. Doré.
Il a été impossible d’obtenir les commentaires du SPVM hier.




Corruption : Cas isolés ou système?  -  ANDRÉ PRATTE
Selon le minist re des Affa i res municipales, les nombreux problèmes d’éthique qui ont fait surface dans l’administration de la Ville de Montréal constituent des « cas isolés ». « On ne fera pas de grande enquête là-dessus », a tranché M. Laurent Lessard.
Des cas isolés ? On a plutôt l’impression, à voir les scandales éclater les uns après les autres, à voir aussi la Sûreté du Québec multipl ier les enquêtes et les perquisitions, qu’une frange de l’industrie de la construction a érigé en système les tentatives de corruption d’officiers municipaux. Peut-on croire que seulement un conseiller municipal, que seulement un fonctionnaire se sont vu offrir un séjour en bateau ou un voyage en Italie ? Se peut-il vraiment que cette façon de faire n’ait eu cours qu’à Montréal? Rappelons quelques faits : > à Montréal, cinq enquêtes policières sont en cours sur de graves irrégularités relatives à divers contrats et transactions; > la Sûreté du Québec mène une enquêt e de grande envergure sur des pratiques illicites dans le milieu de la construction; > l’Agence de revenu du Canada soupçonne des entreprises appartenant à l’entrepreneur Tony Accurso d’évasion fiscale pour la somme de 4,5 millions ; > nombreux sont ceux qui prétendent qu’il en coûte sensiblement plus cher de construire au Québec qu’ailleurs en Amérique du Nord (af firmat ion va l idée pa r des statistiques) ; > on entend dire depuis des années, de sources diverses, que des entreprises déjouent le processus d’appels d’offres en se partageant les contrats ; > quant aux liens entre l’industrie et le crime organisé, le président de l’Association de la construction du Québec, Gi lbert Gr i ma rd, estime qu’« on peut di f ficilement dire où cela commence et où cela finit. »
Voilà le problème: à une époque ma rquée pa r les fraudes de toutes sortes, les Québécois se demandent jusqu’à quel point la corruption a envahi le domaine des travaux publics. Personne n’est rassuré quand on leur dit qu’il s’agit de « cas isolés ». C’est pourquoi certains réclament la mise sur pied d’une « commission Cliche pour notre temps » ( Yves Boisvert). Le gouvernement Charest a jusqu’ici écarté cette idée, préférant laisser les enquêtes policières suivre leur cours.
Il est vrai que la priorité doit aller à la chasse aux criminels. Vrai aussi que le mandat d’une telle commission ne serait pas facile à délimiter. Par contre, une enquête publique permettrait de dresser un portrait exhaustif de la situation, ce qui nous paraît de plus en plus nécessaire.
Chose certaine, le gouvernement Charest doit faire preuve dans ce dossier d’un leadership beaucoup plus vigoureux. Les comportements mis au jour par les médias sont extrêmement troublants. Si ce n’était que la pointe de l’iceberg, des pans importants de l’économie et de la politique québécoises se révéleraient gangrenés par la copinage.
Compte tenu de l’importance des enjeux, Québec doit s’empresser de faire savoir :
– qu’il fait de ce dossier une priorité ;
– que si la SQ a besoin de plus de ressources pour mener à bien ses enquêtes, elle les obtiendra ;
– qu’il envisage sérieusement la tenue d’une enquête publique sur les liens entre l’industrie de la construction, le crime organisé et les tentatives de corruption d’officiers municipaux.




Des «suppléments» embêtants  -  Denis Lessard
QUÉBEC — En plus de contrats sans appels d’offres publics, l’entreprise ABC Rive-Nord a obtenu des mandats du ministère des Transports qui, en bout de course, ont coûté plus cher que les prix proposés par ses compétiteurs.
Il y avait une atmosphère tendue, hier, à l’Assemblée nationale. Bra ndissa nt les engagements financiers soumis le printemps dernier, la chef intérimaire de l’A DQ, Sylvie Roy, a relevé qu’ABC avait, chaque fois qu’elle faisait face à des concurrents, soumis un premier prix qui allait être bonifié par la suite.
Après avoir menacé les médias de poursuites mardi, le député Whissell a paru sur le point de craquer, hier. Voyant le représentant de La Presse sortir de son bureau à l’Assemblée nationale (il lui avait donné rendez-vous pour le lunch), l’exministre s’est imaginé que des documents avaient pu être subtilisés en son absence. Comme le journaliste n’avait, à l’évidence, aucun papier sur lui, l’exministre a demandé à voir son cellulaire, soupçonnant que des photos de documents avaient pu être prises. Il n’a abandonné la partie que lorsqu’il a constaté qu’il n’y avait que des photos de famille dans l’appareil.
L es doc u ments de ma i dernier montrent qu’A BC Rive-Nord, la firme où David Whissell détient 20 % des actions par l’entremise d’une société sans droit de regard, avait récolté 4,7 millions de contrats publics pour l’année 2008-2009. Dans bien des cas, ces contrats sans soumissions publiques remontaient aux années antérieures à l’accession de M. Whissell au Conseil des ministres, en juin 2007.
Dans quatre dossiers pour lesquels ABC a eu à passer par un appel d’offres, on constate que tout en soumettant le prix le plus bas au départ, ABC a par la suite obtenu des suppléments pour « imprévus » faisant grimper le prix au-delà de celui des compétiteurs. Pour 4,1 km de route à Oka, l’entreprise avait fixé son prix à 777 400$, et ses deux concurrents, à 849 000 $. Une fois le mandat obtenu, les « imprévus» ont porté la facture d’ABC à 855 000$. Dans le cadre d’un autre contrat dans le même secteur, une soumission proposée à 275 000$ a été choisie aux dépens d’un concurrent qui offrait 299 000$. Une fois le contrat signé se sont ajoutés des imprévus et des « ajustements» qui ont porté le marché à 308 000$.
À Sa i nt-Joseph-du-L ac, dans Deux-Montagnes, ABC a soumissionné à 399 000 $, le concurrent à 415 000 $. Avec les avenants, ABC a finalement obtenu 439 000 $. Dans le cas d’un autre mandat en 2009 à Blainville, ABC a proposé ses services à 803 000 $, le concurrent a offert 809 000 $. Les travaux coûteront finalement 883 000 $.
Selon Mme Roy, quand on observe ces dépassements systémat iques , des ques - tions se posent. Selon elle, le député Whissell ne devrait pas se contenter d’abandonner son poste de ministre, il devrait renoncer à son siège de député. « Il doit choisir entre l’asphalte et son poste de député », a-t-elle lancé.
En Cha mbre, le m i n is - tre délégué aux Transports, Norman McMillan, a répliqué aux attaques. Dans l’affaire Whissell, l’opposition conteste des pratiques en place depuis 35 ans au ministère québécois des Transports, explique-t-il. «Le problème n’est pas qu’il y ait des contrats de gré à gré depuis 35 ans. C’est que, pour la première fois, il y a un ministre qui profite du résultat de ce contrat», a répliqué la péquiste Agnès Maltais. Elle a cité la mise en garde transmise au député Whissell par le jurisconsulte de l’Assemblée nationale, Claude Bisson, juge à la retraite. En dépit de l’existence d’une fiducie sans droit de regard, «l’attribution d’un contrat de gré à gré pourrait laisser percevoir que l’ombre du député n’est pas étrangère au fait que le contrat a été accordé à l’entreprise en question, ce qui pourrait générer un conflit d’intérêts».
«On parle de perception… Le jurisconsulte n’a nulle part dit que je suis en conflit d’intérêts», a insisté M. Whissell à La Presse. L’ex-ministre a aussi déposé hier une lettre où, à sa demande, l’exjuge lui suggère quels moyens utiliser pour que l’entreprise où il détient des intérêts ne signe plus de contrats sans appels d’offres avec le gouvernement.
E n C ha mbre, Stépha ne Bergeron, député péquiste de Verc hère s , a sou l ig né que les contrats alloués par Québec à ABC sont passés de 5 à 11 millions depuis que David Whissell fait partie du Conseil des ministres.
Plus tard, dans un communiqué, le ministre MacMillan a réclamé la rétractation de la chef adéquiste. « Elle ne peut salir la réputation d’un député et d’une institution comme le ministère des Transports », a-t-il soutenu. Mme Roy, qui évoque souvent le cynisme des électeurs à l’endroit des politiciens, « doit savoir que le cynisme s’entretient lorsque l’on colporte des faussetés sur la place publique ».


La compagnie de David Whissell  devrait renoncer aux contrats sans appel d’offres du gouvernement
  -  Tommy Chouinard
(NDE : Doit-on en déduire que c'est justement ce qui se faisait avant ?...)

ABC Rive-Nord devrait renoncer aux contrats sans appel d’offres du gouvernement
Un avis du jurisconsulte sur les intérêts du député David Whissell
QUÉBEC — Le jurisconsulte de l’Assemblée nationale, Claude Bisson, croit que l’entreprise d’asphaltage ABC Rive-Nord, dans laquelle l’ex-ministre David Whissell a des intérêts, devrait désormais renoncer à tout contrat accordé par le gouvernement sans appel d’offres.
Au cou rs des der n ières a n nées, cette entreprise a obtenu du m i n istère des Transports, sans appel d’offres, deux contrats totalisant 800 000 $. L’un d’eux, d’une valeur de 564 000$, consistait à refaire une route dans la circonscription d’Argenteuil, dont M. Whissell est le député.
« Même si les intérêts du député sont placés dans une fiducie sans droit de regard, l’octroi d’un contrat de gré à gré pourrait laisser percevoir que l’ombre du député n’est pas étrangère au fait que le contrat a été accordé à l’entreprise en question, ce qui pourrait générer un conflit d’intérêts», écrit Claude Bisson dans un avis émis à la demande de M. Whissell, que celui-ci a produit en Chambre hier.
« Il serait donc préférable qu’ABC Rive-Nord s’abstienne d’exécuter des contrats de gré à gré provenant du gouvernement du Québec, d’un ministère ou d’un organisme public», poursuit M. Bisson, qui précise que les municipalités et les MRC ne sont pas des organismes publics.
Comme le rappelle M. Bisson, l’article 65 de la Loi sur l’Assemblée nationale stipule qu’«un député ne peut, directement ou indirectement, participer à un marché avec le gouvernement, un ministère ou un organisme public». Le second alinéa prévoit toutefois une exception.
Le député peut en effet «avoir un intérêt dans une entreprise qui participe à un tel marché à la condition que l’importance de cet intérêt ou les circonstances entourant la conclusion du marché ne permettent vraisemblablement pas la collusion ou l’influence indue ». Selon M. Bisson, cette exception s’applique lorsqu’une entreprise dans laquelle un député a un intérêt placé dans une fiducie sans droit de regard remporte un appel d’offres public d’un ministère en remplissant le mieux tous les critères. Or «la situation devient plus délicate lorsque le contrat est accordé de gré à gré», souligne M. Bisson, avant de recommander qu’ABC Rive-Nord n’exécute pas ce type de contrat.
David Whissell a l’intention de rencontrer le jurisconsulte très bientôt. «Avec lui, je vais voir comment je peux suivre ses recommandations », a-t-il affirmé à La Presse. Il a démissionné de son poste de ministre du Travail la semaine dernière à la suite d’une volte-face du premier ministre Jean Charest au sujet des règles éthiques encadrant les membres de son cabinet.
David Whissell a produit en Chambre cinq avis qu’il a demandés au jurisconsulte le 11 septembre – peu de temps après sa démission – concernant des allégations de conflits d’intérêts rapportées par les médias. «Bien entendu, ces avis démontrent clairement que je n’ai pas commis de faute», a-t-il affirmé, bien que M. Bisson soulève la situation «plus délicate» des contrats sans appel d’offres.
David Whissell a reconnu que l’avis de M. Bisson est théorique. Le jurisconsulte n’a pas mené d’enquête sur les cas qui lui ont été soumis. «Il faut lire entre les lignes. Je lui ai présenté les faits. Il prend les faits et les transpose dans une situation théorique», a affirmé le député.
Dans l’un des avis, Claude Bisson d it ne voi r auc u n problème dans le fait que M. Whissell ait embauché à son bureau de circonscription la fille de l’un des responsables de sa fiducie sans droit de regard. Dans un autre avis, le jurisconsulte conclut que le député ne se place pas en conflit d’intérêts parce qu’il a appuyé un projet de rénovation d’une ancienne gare ferroviaire dans sa circonscription, pour lequel une firme d’ingénierie dont sa conjointe est actionnaire a obtenu un contrat. «Il n’a rien à voir dans le choix de (la firme) Mirtec par la MRC d’Argenteuil», qui n’est pas un organisme public, note M. Bisson.


On ne badine pas avec l’éthique  -  VINCENT MARISSAL
Il y avait un moment que Jean Charest n’avait pas exécuté un grand salto arrière, mais celui-ci est particulièrement spectaculaire.
Que le ministre du Travail, DavidWhissell, soit contraint de démissionner après des semaines de controverse entourant l’obtention de contrats gouvernementaux par une firme dont il est en partie propriétaire, n’est pas si surprenant. Avec la rentrée parlementaire toute proche, le gouvernement savait que cette histoire offrait une cible rêvée à l’opposition.
En plus, les centrales syndicales, qui entament des négociations avec le gouvernement, avaient elles aussi le ministre Whissell dans leur ligne de mire.
Ce qui est surprenant, par contre, c’est que le premier ministre ait laissé sciemment un de ses ministres s’embourber dans ce bitume en assouplissant, contre toute logique, les règles d’éthique imposées aux membres du cabinet. Rappelons que, au début de l’année, tout juste après sa réélection, Jean Charest a changé ces règles pour permettre aux ministres de demeurer propriétaires d’une entreprise privée qui fait affaire avec le gouvernement, à condition qu’ils placent leurs actifs en fiducie.
Cette directive, en plus d’a l ler à contre-coura nt de l’opinion publique, qui réclame davantage de balises éthiques, allait à l’encontre du bon sens élémentaire.
Pour le gouvernement et le premier ministre, c’était même parfaitement imprudent puisque cela, on le voit bien maintenant, ouvrait tout grand la porte aux soupçons et à l’apparence permanente de conf lit d’intérêts. Donc, le gouvernement prêta i t le flanc à la critique, aux enquêtes, aux doutes, même si toutes les règles d’attribution de contrat avaient été respectées.
Poussons encore un peu plus loin l’absurde : même si une entreprise privée appartenant en tout en partie à un ministre offrait le meilleur rapport qualité-prix au gouvernement, l’obtention de contrats soulèverait néanmoins des doutes sur l’intégrité de la transaction.
En matière d’éthique, en cette ère post-Gomery, les gouvernements doivent être plus catholiques que le pape. Surtout lorsqu’il s’agit de bons vieux contrats d’asphaltage dans la circonscription du ministre impliqué.
Jean Charest a esquivé en disant que cette regrettable situation ne se serait pas produite si nous avions au Québec un commissaire à l’éthique. Facile.
D’abord, un commissaire à l’éthique ne permettrait pas qu’un ministre se retrouve dans une telle situation. Et puis, si Jean Charest avait donné rapidement suite à sa promesse de 2003, nous aurions un code d’éthique en bonne et due forme à Québec depuis un bon moment.
Pour plusieurs , David Whissell était devenu le coupable parfait dans cette histoire, mais dans les faits, il est plutôt la victime. Victime de la nonchalance de son premier ministre en matière d’éthique. Pauline Marois avait raison, la semaine dernière: « Un élu doit choisir entre l’asphalte et un poste de ministre. » Surtout lorsque son gouvernement investit des milliards en fonds publics dans des projets d’infrastructures.
Jean Cha rest perd un jeune ministre (et la face, un peu) dans cette histoire. En tant que ministre responsable des Laurentides et dans Lanaudière, M. Whissell était aussi très actif dans Rousseau, où aura lieu une élection partielle dans moins de deux semaines.
Dans l’immédiat, David Whissell veut décanter en famille, mais l’aventure l’a passablement ébranlé.
Ministre apprécié de ses collègues, M. Whissell a pris goût au pouvoir depuis son arrivée au Conseil des ministres, il y a deux ans. Ses ambitions viennent toutefois de frapper un mur : s’il voulait revenir au Conseil des ministres un jour, il devrait encore se départir de l’entreprise familiale, un geste auquel il ne semble pas prêt à se résigner.

Scepticisme chez les péquistes  -  Denis Lessard
QUÉBEC — Le premier ministre Jean Charest « a fait le choix de sauver sa face » en modi fiant f inalement les règles d’éthique qui encadrent ses ministres, estime l’opposition péquiste, accueillant avec scepticisme les changements annoncés hier qui ont entraîné la démission du ministre Whissell.
« M. Charest a été pris la main dans le sac », a lancé hier Stéphane Bédard, critique du PQ dans le dossier des règles d’éthique.
« M. Charest a été pris la main dans le sac », a lancé Stéphane Bédard, critique du PQ dans ce dossier. Selon lui, le gouvernement n’a décidé de changer ses règles qu’après des mois de controverse publique. M. Charest martelait que les règles avaient été rehaussées, « et il pensait qu’en répétant une telle fausseté, cela allait devenir acceptable pour la population », a dit le péquiste de Chicoutimi.
Selon lui, « le premier ministre n’a pas pris cette déc i s i on pou r l ’ i nt é r ê t public » , mais strictement pour éviter le tir serré de l’opposition la semaine prochaine à l’Assemblée nationale. L’opposition péquiste compte tout de même ramener le sujet, elle qui depuis le mois de mars préconise la nomination d’un commissaire à l’éthique responsable de trancher sur ces questions délicates. M. Charest s’est dit favorable hier à une telle nomination, freinée par l’opposition selon lui.
« Si M. Charest avait été intransigeant sur l’application des règles, on ne serait pas dans cette situation aujourd’hui. Il est plus intéressé à protéger son image publique qu’à empêcher les conflits d’intérêts », a dit M. Bédard.
Le printemps dernier, c’est le même JeanCharest qui avait décidé d’abaisser la barre, de réduire les obligations faites aux membres du gouvernement, pour tenir compte des intérêts de M. Whissell dans ABC Rive-Nord et des actions de Pierre Arcand, titulaire des Relations internationales, dans une entreprise de panneaux publicitaires. M. Arcand s’est départi depuis de ses actions, a fait savoir M. Charest hier.
Critique de l’ADQ en ces matières, Marc Picard a soutenu ne pas être surpris de cette volte-face. Un récent sondage montrait que 82% de la population désapprouvait que le ministre Whissell puisse être propriétaire d’une firme d’asphaltage. « M. Charest ne gère pas le Québec, il gère une image », a lancé l’adéquiste.
Pour lui, le choix du ministre de l’Outaouais était prévisible : « C’est certainement plus payant de vendre de l’asphalte que d’être ministre ou député. »
Selon Amir Khadir, de Québec solidaire, le premier ministre Charest « montre une certaine surdité à ce que demandent les gens. Il a mis beaucoup de temps à réagir. Il ne peut pas dire que le problème est réglé », a soutenu le député de Mercier.

Volte-face de Jean Charest  -  Denis Lessard
Le ministre du Travail forcé de quitter son poste
QUÉBEC — Après des semaines de controverse où il a nié qu’il y avait un problème éthique dans le fait qu’un ministre détienne des actions d’une firme ayant des contrats du gouvernement, le premier ministre Jean Charest a annoncé qu’il faisait marche arrière. Sa décision a forcé le départ de son ministre du Travail, David Whissell.
« L’apparence d’intégrité du gouvernement est tout aussi importante que l’intégrité elle-même », a expliqué hier Jean Charest, accompagné de son ministre du Travail démissionnaire, David Whissell, en conférence de presse.
Les directives touchant les ministres seront modifiées pour empêcher qu’un membre du gouvernement puisse détenir des intérêts dans une société privée qui profite de contrats gouvernementaux, a fait savoir hier le premier ministre Charest.
David Whissell a décidé de quitter le ministère du Travail, qu’il détenait depuis deux ans, afin de conserver ses actions dans une entreprise d’asphaltage, ABC Rive-Nord, dans laquelle sa famille a depuis longtemps une participation.
En point de presse hier, après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, M. Charest a soutenu que la situation du ministre Whissell posait des problèmes de « perception ». Depuis plusieurs semaines, le ministre de l’Outaouais se trouvait au centre d’une controverse. L’entreprise ABC Rive-Nord, dont i l dét ient 20% des actions, a obtenu l’an dernier du ministère des Transports, sans appels d’offres, deux mandats totalisant 800 000$. Depuis l’entrée de M. Whissell au Conseil des ministres, la valeur des contrats d’ABC Rive-Nord avec le gouvernement a doublé.
Le Syndicat des fonctionnaires du gouvernement du Québec a attaché le grelot il y a plusieurs mois à ce sujet, et il a écrit la semaine dernière au vérificateur général pour lui demander de faire enquête. À la veille de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, mardi prochain, M. Charest voulait visiblement éviter de donner des munitions à l’opposition. « L’apparence d’intégrité du gouvernement est tout aussi importante que l’intégrité elle-même », a expliqué M. Charest.
Il a convoqué son ministre vendredi à son bureau de Montréal, a appris La Presse. C’est là que le jeune élu – il a 42 ans – a été mis devant ce choix déchirant: vendre sa participation dans l’entreprise familiale ou démissionner de son poste de ministre. Après un week-end de réf lexion, M. Whissell a fait connaître sa décision. M. Charest a insisté sur le fait que son ministre avait fait son choix sans contrainte : « Un choix s’offrait à lui. Se départir de ses intérêts ou quitter le Conseil des ministres. » Pour bien montrer que la décision avait été consensuelle, M. Charest s’était fait accompagner du démissionnaire.
M. Charest a aussi révélé que son ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, avait décidé de se départir de sa participation dans une entreprise d’affichage susceptible d’obtenir des contrats du gouvernement. Quant aux intérêts du ministre Yves Bolduc dans une clinique de santé au Saguenay, ils n’entravent pas les règles, selon lui, puisque la société n’a pas de contrats du gouvernement. M. Charest a rappelé que son gouvernement a proposé, le printemps dernier, un projet de loi sur l’éthique et attend toujours une réponse de l’opposition péquiste quant à la création d’un poste de commissaire à l’éthique.
Jean Charest avait modifié les règles d’éthique auxquelles sont assujettis les ministres pour permettre à M. Whissell, entre autres, de conserver ses actifs, placés dans une fiducie sans droit de regard. Pierre Arcand avait profité des mêmes changements, qui avaient retardé la publication des déclarations d’intérêts des ministres le printemps dernier.
« On voulait tenir compte avec discernement de la situation particulière de certains ministres sans faire de brèches sur les questions d’éthique », a expliqué hier M. Charest. On avait décidé que le ministre devait mettre ces entreprises dans des fiducies sans droit de regard, qu’il ne participerait pas aux décisions pouvant toucher sa firme et que tous ces intérêts seraient connus du public.
Décision déchirante
« La situation a assez duré... il y a eu trop de faussetés », a lancé de son côté M. Whissell. Ces mois de controverse publique ont miné sa confiance. Sans laisser transparaître d’émotion, il a annoncé la décision « la plus difficile de [sa] vie ».
« La vraie question n’est pas de savoir si un ministre détient des intérêts dans une entreprise, mais bien si les bénéfices sont accrus par la fonction de l’élu. Le débat est certainement à faire sur le plan de l’éthique... Je pense que ma décision d’aujourd’hui va permettre de le faire avec plus d’impartialité. J’espère qu’on évitera à quiconque de vivre une situation pareille à la mienne », a dit M. Whissell.
Le jeune élu hier a rappelé son bilan à la tête du ministère du Travail, un poste qu’il détenait depuis deux ans. C’est sous son règne que Québec a modifié la loi sur l’équité salariale, « pour que toutes les femmes du Québec puissent obtenir ce qui leur revient », et que le salaire minimum a connu deux hausses importantes (de 50 cents), « de loin le plus grand pas en la matière ». Enfin, le printemps dernier, il a été le premier ministre en 30 ans à faire augmenter de façon importante les amendes prévues par la Loi sur la santé et la sécurité du travail. « Je suis fier de mon bilan », a-t-il lancé.
Il conserve pour l’avenir prévisible son poste de député d’Argenteuil. Il avait été élu pour la première fois dans une complémentaire en juin 1998. Il a traversé par la suite quatre élections générales. C’est le ministre de l’Emploi, Sam Hamad, qui reprendra ses responsabilités au Travail.





Jean D’Amour fait l’objet d’une enquête  -  Tommy Chouinard
QUÉBEC — Une nouvelle controverse plonge le gouvernement Charest dans l’embarras. Le commissaire au lobbyisme du Québec ouvre une enquête sur Jean D’Amour concernant les activités d’influence qu’il a exercées pour le compte de la firme d’ingénierie BPR avant d’être élu député de Rivière-duLoup le 22 juin dernier.
Jean D’Amour est devenu maire de Rivière-du-Loup en novembre 1999. Il a démissionné en février 2007 pour faire le saut en politique provinciale, dans l’équipe du premier ministre Jean Charest.
Battu par Mario Dumont en mars 2007, M. D’Amour a ensuite travaillé pour la firme BPR à titre de directeur du développement des affaires. Il a quitté ses fonctions le printemps dernier, lorsqu’il est devenu candidat du PLQ dans Rivière-du-Loup.
Au sein de BPR, M. D’Amour aurait exercé des activités de lobbyisme auprès d’élus ou de fonctionnaires. Des soupçons d’accrocs à la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme avaient fait les manchettes le printemps dernier. Aujourd’hui, François Casgrain, commissaire au lobbyisme, dit avoir «des motifs raisonnables de croire qu’il y a eu manquement à loi» et ouvre une enquête en bonne et due forme.
Si le commissaire au lobbyisme constate des violations, il déposera un rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Une personne qui contrevient à une disposition de la loi sur le lobbyisme est passible d’une amende de 500 $ à 25 000 $.


QUÉBEC 
L’étau se resserre autour du ministre Whissell
QUÉBEC — L’étau se resserre autour du ministre du Travail, David Whissell, dont l’intégrité est mise en doute en raison de ses liens d’affaires avec une prospère entreprise d’asphaltage.
Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) a haussé le ton hier, demandant au vérificateur général Renaud Lachance de faire enquête sur l’attribution de contrats sans appel d’offres à la firme ABC Rive-Nord dont le ministre est copropriétaire.
«S’il y a eu avantage pour une compagnie dans laquelle un élu est impliqué, nous voulons avoir la vérité», a fait valoir la présidente du SFPQ, Lucie Martineau.
Devant les doutes soulevés par le syndicat des fonctionnaires, le ministre a de nouveau défendu son intégrité.
«Tout a été déclaré il y a plusieurs années. Je l’ai fait de façon transparente et la population a été en mesure de juger que j’ai fait ce qu’il fallait pour respecter les lois du Québec», a dit M. Whissell, en point de presse.


QUÉBEC Le conflit d'intérêt d'un ministre fait bondir l’opposition

Les activités d’asphaltage de David Whissel font bondir l’opposition
QUÉBEC — Le Parti québécois juge que le ministre du Travail, David Whissell, s’est une nouvelle fois placé dans une situation de conflit d’intérêts à cause de contrats publics d’asphaltage accordés directement à une entreprise dont il est copropriétaire.
La leader adjointe de l’opposition officielle, Agnès Maltais, a affirmé qu’elle était outrée, hier, et elle a réclamé que M. Whissell renonce aux actifs qu’il détient dans ABC Rive-Nord.
Dans un reportage diffusé hier, Radio-Canada a révélé que le ministère des Transports a attribué sans appel d’offres deux contrats de plus de 800 000 $ à l’entreprise, l’an dernier. L’un d’eux, d’une valeur de 564 000 $, portait sur la réfection de routes dans la circonscription d’Argenteuil, que représente M. Whissell.


 

Code d'éthique : De beaux principes, mais...  -  Louise Leduc
Le code d’éthique proposé permet toujours les appels d’offres écrit spécialement pour une entreprise définie
Alors que les élus présents à la conférence de presse ont unanimement salué le rapport Gagné sur l’éthique en politique municipale, des avocats spécialisés dans le domaine sont nettement moins enthousiastes. Les codes d’éthique, ça vaut ce que ça vaut, c’est-à-dire pas grand-chose puisque ça n’a pas de dents, disent-ils.
Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a présenté le rapport sur l’éthique municipale en compagnie de plusieurs élus municipaux, dont notamment le maire de Laval, Gilles Vaillancourt.
« Il y a de ces villes totalement corrompues au possible qui disposent de codes d’éthique absolument magistraux », a lancé en entrevue Marc-André Lechasseur, avocat spécialisé en droit municipal.
Ce ne sont pas les codes d’éthique – qui sont ni plus ni moins que des codes d’honneur – qui peuvent épingler des fraudeurs, mais bien les lois et les tribunaux qui les mettent en application, poursuit Me Lechasseur. L’ennui, dit-il, c’est que « le procureur général (le gouvernement du Québec) est très frileux et hésite beaucoup à prendre des procédures contre des élus municipaux. Il n’y en a presque pas ».
Même si les recommandations du rapport Gagné étaient adoptées intégralement – ce qui étonnerait Me Lechasseur, qui prédit plutôt un tablettage – elles ne faciliteraient pas pour autant la destitution d’un élu. « En vertu de la Constitution, les seules à pouvoir destituer un élu, ce sont les cours supérieures », précise-t-il.
Et la Commission municipale du Québec, à laquelle le rapport confie un pouvoir de révision de décisions d’un conseil municipal, « aura tout au plus un pouvoir de blâmer ».
Me Lechasseur regrette au surplus que le rapport ne s’attaque pas aux entorses éthiques les plus répandues dans les villes, à savoir « les appels d’offres faits sur mesure pour accommoder un promoteur particulier, les critères qualitatifs dans l’attribution de contrats, les grilles d’évaluation subjectives, etc. Ça, ce sont des problèmes d’éthique très concrets qui ne sont pas abordés dans le rapport ».
Me Armand Poupart, lui aussi spécialisé en droit municipal, n’avait pas encore pu éplucher le rapport Gagné hier, mais sur le fond, il doute fortement « qu’un juge puisse ultimement destituer quelqu’un parce qu’il n’aurait pas respecté un code d’éthique ».
Il n’est pas plus impressionné par ce pouvoir octroyé au Commissaire à l’éthique de recommander « des procédures judiciaires visant l’annulation d’un contrat ». « Le promoteur visé se revira de bord et poursuivra tout simplement la ville pour annulation de contrat », fait observer Me Poupart.
Me Poupart a lancé en conclusion la même remarque que Me Lechasseur : « Les codes d’éthique, ça sert surtout aux adversaires politiques. »
En conférence de presse hier, Robert Coulombe, président de l’Union des municipalités du Québec, s’est dit heureux que le rapport « reconnaisse d’emblée le bon fonctionnement des administrations locales actuelles ». En marge de la conférence de presse, M. Coulombe a dit que les lois actuelles ne comportaient pas de trous. Alors à quoi bon ce rapport? Pour sauver les apparences, a demandé un journaliste ? Non, a-t-il dit. « Le code de déontologie va faire en sorte de rassurer les citoyens, leur montrer que les élus sont bien encadrés. »
Pour sa part, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a salué le rapport Gagné, disant qu’il permettra à tous les élus d’avoir des réponses plus claires sur ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire. Sur le fond, a ajouté M. Vaillancourt, il reste que « la plus grande sanction de l’éthique, à travers le monde, ça a toujours été la sanction politique ». Ne pas être réélu, quoi.
Pour le reste, a-t-il ajouté, « l’apparence de conflit d’intérêts, il n’y a pas un juge ne va retenir ça comme étant un crime. Pour être puni légalement, il faut avoir enfreint une loi. »
Par voie de communiqué, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a quant à lui remercié « le gouvernement du Québec d’avoir fait diligence pour traiter cette importante question. (…) Je suis persuadé que tous les élus municipaux du Québec seront désormais mieux outillés pour redonner confiance aux citoyens envers leurs représentants locaux et leur administration municipale ».
Enfin, Louise Harel, qui sera candidate à la mairie de Montréal, se réjouit de ce que le rapport Gagné renvoie la balle aux municipalités alors que « le maire Tremblay avait refilé toute la question à Québec ».
Du rapport Gagné, Mme Harel a notamment retenu les règles d’aprèsmandat, qui interdiraient pendant une période de temps à un élu d’occuper un poste au sein d’une entreprise avec laquelle il a entretenu un rapport direct.

Un commissaire à l’éthique national ou un commissaire par MRC?
Les avis étaient partagés, hier, sur la recommandation de nommer un commissaire à l’éthique pour traiter des plaintes faites par les citoyens.
Le rapport Gagné dit que ce commissaire pourrait être nommé à l’échelle d’une municipalité régionale de comté ( MRC) ou d’unemunicipalité, pour les villes de plus de 50 000 habitants. Mais selon le maire de Saint-Léonard, Michel Bissonnet, qui parlait au nom de Gérald Tremblay, il serait préférable d’avoir un seul commissaire à l’éthique au Québec afin de centraliser l’analyse des plaintes.
Pour le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, un seul commissaire à l’éthique au Québec serait « lourd à gérer ». Il préfère la solution d’un commissaire régional à l’éthique.
Interrogé par La Presse sur la lenteur des enquêtes actuellement en cours au ministère des Affaires municipales sur des élus ou fonctionnaires en exercice, le ministre Laurent Lessard a répondu qu’un commissaire à l’éthique nommé dans chaque MRC permettrait d’exercer « une justice de proximité ».
Principales recommandations
> Tout élu assermenté prend l’engagement solennel de respecter un code d’éthique.
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Chaque conseil municipal prévoit dans ses contrats une clause par laquelle les entreprises contractantes s’engagent à respecter le code d’éthique et de déontologie et à n’entreprendre aucune action allant à son encontre. Cette clause pourrait être assortie, en cas d’infraction, d’une sanction pouvant aller jusqu’à l’impossibilité d’obtenir un contrat avec la municipalité pour un maximum de deux ans.
>
Que la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités soit modifiée de façon à ce que la déclaration d’intérêt que doit faire un élu soit élargie à ses intérêts personnels et à ceux de sa famille immédiate, intérêts pécuniaires ou autres.
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Que tout élu participe à une formation sur l’éthique et la déontologie.
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Que le code d’éthique et de déontologie d’une ville interdise à un élu qui a terminé son mandat de tirer un avantage indu de ses fonctions antérieures, ou de révéler ou d’utiliser à son profit une information confidentielle acquise dans l’exercice de ses fonctions.
>
Que les municipalités précisent, dans leur code d’éthique et de déontologie, la période suivant l’exercice du mandat pendant laquelle un élu ne peut occuper un poste au sein du CA d’une entreprise avec laquelle il a eu des rapports directs ou encore y exercer un poste de direction, ni ne peut agir comme représentant d’autrui auprès de la municipalité ou d’un organisme de la municipalité pour y faire des représentations visant une transaction ou un marché dans lequel il était impliqué.
>
Que les conseils des MRC, les conseils municipaux des villes de grande taille, de même que les villes des agglomérations de Montréal, de Québec et de Longueuil nomment un Commissaire à l’éthique et à la déontologie afin de traiter les plaintes.



Le projet de loi sur l’éthique des députés est reporté
— Après bien des effets de toge, le dépôt d’un projet de loi et des engagements, les députés de l’Assemblée nationale ont décidé d’un commun accord de remettre la mise en place d’un code d’éthique à plus tard.
Depuis des semaines, le PQ talonnait le gouvernement sur des questions d’éthique, notamment sur le passage de Philippe Couillard au privé.
L’opération s’est faite sans heurts, en commission parlementaire, hier. Depuis des semaines, le PQ talonnait le gouvernement sur ces questions: on avait relevé les négociations du Dr Philippe Couillard avec le secteur privé avant de quitter la Santé. Les firmes détenues par les ministres David Whissell et Pierre Arcand, susceptibles de faire affaire avec le gouvernement, avaient aussi alimenté le débat.
Le gouvernement avait pris tout le monde par surprise en déposant un projet de loi sur l’éthique, « une ébauche de projet de loi », nuançait le ministre Jacques Dupuis.
Une réunion de travail pourrait avoir lieu dans les prochains mois, mais le leader du gouvernement ne s’est pas engagé à revenir avec une nouvelle mouture de son projet de loi, encore moins à la faire adopter à l’automne prochain.
« La démarche que nous avions entreprise n’était pas la bonne. Elle n’était pas faite de la bonne façon », a soutenu Stéphane Bédard, le leader parlementaire du Parti québécois. Les députés ont eu, dit-il « une leçon d’humilité » quand des experts sont venus témoigner en commission parlementaire en soulignant qu’il y avait beaucoup de confusion, entre éthique et déontologie, dans le projet de loi déposé ce printemps par le gouvernement.
Pour Me Bédard, tout le dossier mérite davantage de réflexion, « on a le choix entre le bien paraître ou le bien faire... et je choisis le bien faire », a-t-il dit.




Québec dépose un projet de code d’éthique
« Tous les premiers ministres du Québec ont été à la fois juge et partie de leurs directives. Dorénavant, dès l’adoption du projet de loi, cette situation n’existe plus. »
— Tout député serait désormais obligé chaque année de remettre à un commissaire à l’éthique une déclaration de ses intérêts personnels et de ceux des membres de sa famille immédiate, en vertu d’un projet de code de déontologie déposé hier à l’Assemblée nationale.
Le leader parlementaire et ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis, a déposé hier à l’Assemblée nationale un projet de code de déontologie.
Le commissai re, un nouveau poste prévu au projet de loi, aurait le pouvoir d’exiger d’un député qu’il corrige une situation qui le place selon lui dans une situation de conflit d’intérêts.
Un ministre pourrait continuer de détenir des intérêts – placés en fiducie sans droit de regard – dans une entreprise qui fait des affaires avec l’État ou son propre ministère, comme c’est le cas pour David Whissel et Pierre Arcand à l’heure actuelle. Mais le commissaire pourrait l’obliger à se départir de ses intérêts, un pouvoir qui est actuellement entre les mains seules du premier ministre Jean Charest.
« Tous les premiers ministres du Québec ont été à la fois juge et partie de leurs directives. Dorénavant, dès l’adoption du projet de loi, cette situation n’existe plus, le premier ministre n’est plus juge et partie. C’est le commissaire à l’éthique qui devient le juge des règles », « une personne indépendante », a affirmé le leader parlementaire et ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis, en conférence de presse.
Le commissaire à l’éthique, qui aurait un pouvoir d’enquête, relèverait de l’Assemblée nationale. Sa nomination devrait être acceptée par les deux tiers des députés. Il pourrait imposer diverses sanctions à un député qui viole le code d’éthique – réprimande, amende, suspension, perte de son siège.
Déclaration d’intérêts obligatoire
Avec le projet de loi, l’obligation de déposer une déclaration d’intérêts n’est plus imposée seulement aux membres du Conseil des ministres, mais à tous les députés. Un sommaire des intérêts personnels des députés serait rendu public. Il contiendrait par exemple la source et la nature de ses revenus et autres actifs, mais pas leur montant. La semaine dernière, Jean Charest s’était dit favorable à divulguer ses revenus, comme la prime annuelle de 75 000$ qu’il reçoit du Parti libéral depuis 10 ans.
Un député pourrait avoir des intérêts dans une entreprise qui fait affaire avec l’État, mais le commissaire aurait le pouvoir de lui demander de les placer en fiducie sans droit de regard.
Selon le projet de loi, un député ne peut accepter « un don, une marque d’hospitalité ou un autre avantage que si celui-ci est conforme aux règles de bienséance, de la courtoisie, du protocole ou de l’hospitalité et que s’il demeure d’une valeur raisonnable dans les circonstances ». Si un député en accepte un, il devra faire une déclaration au commissaire dans un délai de 30 jours. Ce dernier tiendra un registre public de ces déclarations.
Dans le cas où un député se fait offrir d’aller dans une loge du Centre Bell pour assister à un match de hockey ou de séjourner sur un yacht, soit il refuse, soit il accepte et avise le commissaire qui rend public ce fait presque aussitôt, a indiqué Jacques Dupuis. Comme c’est le cas à l’heure actuelle, un député ne pourrait accepter un avantage qui peut « influencer son indépendance de jugement ou compromettre son intégrité ».
Réserves du PQ
En vertu du projet de loi, « si une fonction incompatible à sa charge échoit à un député au cours de son mandat, celui-ci doit se démettre de l’une ou de l’autre dans un délai de 30 jours. Entretemps, il ne peut siéger à l’Assemblée nationale ».
Jacques Dupuis a refusé de dire si Philippe Couillard aurait respecté cette règle, lui qui a conclu un « protocole d’entente » avec son futur employeur plus de cinq semaines avant de démissionner le 25 juin 2008. Il avait négocié son passage chez Persistence Capital Partners, un fonds d’investissement en santé, tout en siégeant au Conseil des ministres.
Jacques Dupuis dit souhaiter que le projet de loi soit adopté à l’unanimité. Mais si l’opposition fait preuve d’un « entêtement illogique », le gouvernement pourrait décider de l’adopter à la majorité.
« Si le gouvernement veut que nous votions à l’unanimité, il faudra qu’il y ait du mouvement », a affirmé la leader parlementaire adjointe du PQ, Agnès Maltais. Selon elle, il est « inacceptable » qu’un ministre puisse avoir des intérêts dans une entreprise qui transige avec l’État – comme c’est le cas pour Pierre Arcand et David Whissel – même s’ils sont placés dans une fiducie sans droit de regard. Le PQ accuse depuis des jours Jean Charest d’avoir abaissé les règles éthiques du Conseil des ministres. Pour le reste, le projet de loi « semble correct », a dit Mme Maltais.



Des règles à revoir - ANDRÉ PRATTE
C’est la désinvolture du gouvernement Charest qui donne prise aux attaques de l’opposition.
Investissement Québec affirme que contrairement aux allégations du député péquiste François Legault, les gestionnaires de deux fonds d’intervention économique régionaux (FIER), des sympathisants libéraux, ont respecté les règles en vigueur. Ces FIER ont investi une part substantielle de leurs fonds hors de leur région cible et dans des entreprises dont les deux gestionnaires sont actionnaires.
Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a raison de déplorer que le Parti québécois saute aussi rapidement aux conclusions. Mercredi, M. Legault a accusé l’ancien organisateur libéral Pietro Perrino et Valier Boivin, qu’ondit également proche duPLQ, d’être « carrément en conflit d’intérêts ». Il les a aussi accusés d’avoir agi « en contravention avec les règles d’Investissement Québec ». On souhaiterait que le député de Rousseau, compte tenu de son expérience des affaires et du gouvernement, fasse preuve de plus de retenue.
Cela dit, M. Legault pose des questions légitimes. Et il a raison de dire que « personne qui a un peu de bon sens » ne trouvera normal qu’un fonds censé aider l’économie d’une région puisse investir jusqu’à la moitié des sommes disponibles dans d’autres régions. Il saute aux yeux aussi que deux FIER ne devraient pas investir l’essentiel de leur argent dans les mêmes entreprises, comme c’est le cas pour les Fonds gérés par MM. Perrino et Boivin. D’autant plus que ceux-ci sont actionnaires des sociétés en question.
Si les règles actuelles permettent de telles incongruités, il faut changer les règles. En outre, à une époque où la gouvernance a pris une importance sans précédent, le gouvernement devrait encadrer de façon beaucoup plus stricte la composition des conseils d’administration et des comités d’investissement des FIER.
I l ne s’agit pas d’accuser MM. Perrino et Boivin d’avoir indûment tiré profit de la situation. Si les FIER sont financés aux deux tiers par des fonds publics, les deux hommes d’affaires ont euxmêmes investi des sommes substantielles dans des entreprises en démarrage, prenant ainsi un risque important. Ils ont aussi attiré dans ces FIER des capitaux privés significatifs, ce que d’autres FIER ont toutes les misères du monde à faire.
Néanmoins, au bout du compte, les apparences sont troublantes et nuisibles pour tous les intéressés. Elles le sont d’autant plus que d’autres libéraux connus font partie de la direction d’Investissement Québec et du conseil chargé de superviser les activités des FIER.
Le gouvernement Charest déplore, à juste titre, le salissage généralisé auquel se livre le Parti québécois. Il doit pourtant admettre que l’opposition officielle n’a pas toujours tort. Et que c’est sa propre désinvolture – un mal auquel finit toujours par succomber le parti au pouvoir – qui donne prise à de telles attaques.



Le limbo éthique - ANDRÉ PRATTE

La modification des règles d’éthique imposées aux ministres suscite une inquiétude légitime.
Le premier ministre Charest a modifié les règles visant à empêcher ses ministres de se placer en situation de conflit d’intérêts. Les nouvelles directives permettent à un membre du conseil des ministres de détenir des parts dans une société privée qui fait affaire avec le gouvernement et même avec son propre ministère.
Le gouvernement libéral soutient qu’il s’agit tout simplement d’adapter les règles à un cas particulier. On ne sait pas, à l’heure de mettre sous presse, de quel ministre il s’agit ou dans quelle compagnie il a investi. « Le gouvernement préfère s’adapter aux conflits d’intérêts plutôt que de les empêcher, a ironisé la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois. Et, dans le fond, si la loi est trop sévère, ce n’est pas grave, on va changer la loi. » Le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard a parlé de « limbo éthique ».
On ne peut porter un jugement sur cette affaire tant qu’on n’en connaît pas les tenants et aboutissants. Cependant, la démarche du gouvernement suscite une inquiétude légitime.
Il est vrai que la nouvelle directive impose des conditions à un ministre se trouvant dans une telle situation. Par exemple, il lui sera interdit de discuter avec ses collègues et avec ses fonctionnaires de dossiers liés aux affaires entre l’État et l’entreprise dans laquelle il détient des intérêts. De plus, le premier ministre pourrait exiger qu’il dépose ces intérêts dans une fiducie sans droit de regard ou qu’il s’en départisse. Cependant le fait que ces mesures supplémentaires relèvent de la discrétion du chef du gouvernement inquiète plus qu’il ne rassure.
Selon M. Charest, « les règles qui existent ici, au Québec, sont les mêmes règles qui existent en Ontario, qui existent au niveau fédéral ». Cette affirmation est inexacte. Les lois fédérale et ontarienne interdisent à un ministre de détenir des parts dans une entreprise faisant affaire avec le gouvernement sauf si le Commissaire à l’éthique juge que la situation ne pose pas de problème. Autrement dit, à Ottawa comme à Toronto, l’existence ou non d’un conflit d’intérêts potentiel est déterminée par un arbitre neutre. Ce dernier est forcément plus crédible en ces matières que le gouvernement et l’opposition, dont le jugement est forcément faussé par la partisanerie.
Cette affaire met en évidence l’urgence de doter les élus de l’Assemblée nationale d’un code d’éthique complet arbitré par un commissaire à l’éthique dont l’indépendance saurait rassurer la population. Cela signifie, notamment, que ce commissaire devrait être nommé par un vote des deux tiers des députés, comme l’est le vérificateur général.
Jean Charest s’est engagé à créer un tel poste il y a sept ans, alors qu’il était chef de l’opposition. Le soir de son élection, en avril 2003, il promettait un gouvernement « de respect, d’intégrité et de transparence ». Les choses traînent depuis ce temps.
Les députés de tous les partis devraient pourtant comprendre qu’une telle mesure est non seulement dans l’intérêt public, mais dans leur propre intérêt : il en va du peu de réputation qui leur reste.




Un code d’éthique extensible -  VINCENT MARISSAL
On peut dire que Jean Charest a un sacré sens du timing. On ne parle que d’éthique en politique, ou plutôt de MANQUE d’éthique en politique, depuis quelques mois. Et qu’estce que notre premier ministre a trouvé de mieux à faire
Diluer un peu plus un code d’éthique déjà passablement mou au sein du gouvernement du Québec!
Selon une nouvelle directive, un ministre pourra rester propriétaire d’une entreprise qui fait affaire avec le gouvernement et même avec son propre ministère.
Pis encore, on croit comprendre que le premier ministre assouplit les règles pour satisfaire un de ses ministres, dont la situation contreviendrait peut-être au code actuel (un ministre doit se départir de ses actions dans une société fermée faisant affaire avec le gouvernement dans un délai de 60 jours suivants sa nomination au cabinet).
Autrement dit, c’est le code d’éthique qui s’« ajuste » aux cas particuliers et non les ministres qui se plient au code d’éthique.
Voici comment le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, résumait la « logique » derrière cette décision: « Il y a des cas particuliers qui requièrent qu’on regarde le cas particulier et qu’on puisse adapter les règles aux cas particuliers sans les abaisser. »
Un code d’éthique ajustable, donc, selon les besoins des ministres. Et de leurs entreprises. Imaginez une seconde qu’un ministre au profil social fasse fi des règles de transparence évidentes et verse des subventions à l’organisme communautaire qu’il dirigeait avant d’entrer en politique. On dénoncerait, avec raison, le manque de distance dans les décisions (même s’il s’agit d’une noble cause), le favoritisme et même le conflit d’intérêts. C’est encore pire avec une entreprise privée dont le but est de faire des profits.
L’administration du maire Tremblay est accablée par de graves problèmes éthiques, l’ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard, a fait l’objet d’une enquête pour manquement éthique, le nouveau président de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, a dû vendre ses actions de BCE parce qu’elles le plaçaient dans une possible position de conflit d’intérêts, Ottawa marche sur la pointe des pieds depuis le scandale des commandites… L’éthique en politique n’est pas un vague concept philosophique, c’est une des plus grandes préoccupations des électeurs ces années-ci. Et aussi une des principales raisons qui poussent ceux-ci à bouder les urnes.
L’urgence et le sérieux de la situation ne semblent pas avoir atteint le bureau du premier ministre, qui vient de prendre une décision totalement contraire aux attentes les plus élémentaires de la population.
Abaisser les normes éthiques en ce moment, dans ce climat politique malsain, c’est un peu comme si le ministère de la Santé annonçait ce matin qu’il relâche les règles d’hygiène primaires comme le lavage des mains ou le port du masque en plein épisode de grippe porcine. En matière d’éthique, ces années-ci, on doit viser plus, pas moins.
Déjà que le gouvernement Charest retarde depuis des années l’adoption d’un vrai code d’éthique, avec la nomination d’un commissaire à l’éthique. En plus, il a abaissé les règles actuelles et introduit le plus grand arbitraire.
Selon les nouvelles règles, le premier ministre peut demander à un ses ministres de prendre « les mesures jugées suffisantes [...] pour éviter tout conflit d’intérêts, collusion ou influence indue ». Le premier ministre peut aussi, s’il le juge nécessaire, interdire à un ministre de discuter de contrats avec ses collègues et de se retirer des discussions touchant ces contrats aux réunions du Conseil des ministres.
Dans le cas d’un ministre dont l’entreprise fait affaire avec son ministère, le premier ministre pourrait ordonner au sous-ministre de taire à son patron les informations relatives au contrat. En dernier recours, le premier ministre pourrait demander à son ministre de se départir de ses actions dans l’entreprise transigeant avec son ministère.
Des évidences, direz-vous. Oui, mais alors pourquoi ne pas les coucher noir sur blanc dans un code d’éthique en bonne et due forme (éventuellement gardé par un commissaire) plutôt que d’ériger un système de l’arbitraire géré par le premier ministre.
Si un des ministres de Jean Charest ne peut se conformer au plus élémentaire code d’éthique, c’est ce ministre qui a un problème, pas le code d’éthique.
C’est absurde, de toute façon. Pourquoi le premier ministre voudrait-il pendre une telle responsabilité, avec tous les flous et les risques de dérapages possibles? Le premier ministre n’a-t-il pas d’autres choses à faire que d’étudier le portefeuille personnel de ses ministres, au cas par cas, à chaque contrat litigieux, pour s’assurer qu’ils sont au-desssus de tout soupçon?
Un code d’éthique uniforme, appliqué par un commissaire dans un processus indépendant du politique, c’est ça l’idée. Même pour un cas particulier, comme, exemple hypothétique, un ministre médecin de profession et toujours actionnaire d’une clinique.


Le PQ semoque du « limbo éthique » du gouvernement
— Le ton a monté d’un cran hier entre Jean Charest et Pauline Marois, au moment où le gouvernement était à nouveau relancé sur les modifications récentes aux directives destinées aux ministres sur les conflits d’intérêts.
La chef péquiste «est très mal placée pour faire des leçons d’éthique ou de conflit d’intérêts avec qui que ce soit. Elle est probablement la dernière personne qui devrait donner des leçons de ce type», a soutenu hier M. Charest.
Il faisait ainsi très clairement allusion au fait que Claude Blanchet, le conjoint de Mme Marois, était président de la SGF, un des principaux bras économiques du gouvernement, quand elle-même était responsable des Finances.
Mme Marois avait aiguillonné le gouvernement sur son mutisme quant aux raisons justifiant la revue des règles touchant les conflits d’intérêts des ministres. La nouvelle mouture, rendue publique en début de semaine, prévoit qu’un ministre peut être propriétaire d’une entreprise qui fait affaire avec son propre ministère. «Nous sommes ici en dessous de tous les standards d’éthique normalement reconnus. Plutôt que de demander à un ministre de se conformer, on change les règles. C’est une position intenable», a lancé MmeMarois.
Selon Jean Charest, les règles appliquées au Québec «sont à peu près les mêmes qu’en Ontario et au fédéral». Elles ont déjà été modifiées dans le passé «parce qu’il y avait une situation qui n’avait pas été prévue».
Comme il l’avait fait mardi à l’Assemblée nationale, le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a reconnu que les directives avaient été modifiées pour tenir compte de la situation d’un nouveau ministre assermenté en 2008.
M. Dupuis précise que la nouvelle directive reste étanche: le ministre devra mettre ses actifs dans une fiducie sans droit de regard. Il lui sera «formellement interdit» de discuter des affaires d’une de ses compagnie avec un collègue du Conseil des ministres ou un des administrateur de son ministère. Mais le gouvernement Charest refuse pour l’heure de l’identifier.
En point de presse, proposant un projet de loi qui protégerait les «dénonciateurs», employés du secteur public qui attacheraient le grelot à des problèmes éthique, le député péquiste Sylvain Simard a ironisé sur le «limbo éthique» du gouvernement qui déplace la barre, quand il en sent le besoin.



Petites perles éthiques - PATRICK LAGACÉ
On dirait bien qu’il y aura un commissaire à l’éthique. Pour guider nos élus. Pour les aider à prendre de bonnes décisions. Très délicat, l’éthique, au XXIe siècle. Parce que, semble-t-il, les dilemmes éthiques sont fort complexes, de nos jours. Eh! misère... Faisons un détour par Ottawa. On y compte un commissaire aux langues officielles. On y trouve aussi un commissaire à l’accès à l’information.
Chaque année, ces commissaires déposent un rapport annuel. Chaque année, ils dénoncent l’inaction d’Ottawa dans leur domaine respectif. Parfois, ces commissaires font une montée de lait plus virulente.
Et rien ne change. Air Canada se sacre toujours autant du français. Et les ministères cachent toujours autant de documents qui devraient être accessibles.
Alors, quand je les entends, les élus, parler d’un commissaire à l’éthique comme de la découverte d’un remède contre le cancer, comme d’une solution magique pour sortir échevins, députés et ministres de la grande noirceur, je ris...
Parce qu’un commissaire à l’éthique, malheureusement, ne peut pas faire de greffes de jugement.
L’histoire d’éthique de la semaine?
Celle de Pierre Arcand, ministre des Relations internationales de Jean Charest.
M. Charest a discrètement autorisé une modification aux règles de transparence des membres de son gouvernement pour permettre à une entreprise dans laquelle M. Arcand a des intérêts minoritaires de faire affaire avec l’État.
L’entreprise, qui fait duplacement publicitaire, pourrait, indirectement, faire affaire avec des organes du gouvernement. Ce qui contreviendrait aux (anciennes) règles imposées aux ministres.
La modification a eu lieu début mars, bien avant les crises de ce printemps de l’éthique. Mais quand même. Le premier ministre a changé les règles pour satisfaire un de ses soldats.
Et M. Arcand est justement un mauvais cas pour modifier les règles dans ce domaine. Peut-être le pire cas. En 2000, l’entreprise Métromédia a vendu ses stations de radio à Corus. M. Arcand était copropriétaire de Métromédia, avec Pierre Béland.
Montant de la vente: 164 millions. La part de M. Arcand dans l’entreprise rachetée: 32%.
Faites le calcul. Pierre Arcand est un homme riche. Pas « à l’aise ». Riche. Tant mieux pour lui.
Mais si M. Arcand veut se lancer dans le service public, s’il veut devenir ministre, il y a un prix à payer. Ce prix inclut certaines barrières entre ses entreprises et les contrats publics.
On nous chantera la chanson de l’élu-qui-a-le-droit-de-gagner-savie... Très juste. Mais celui-ci l’a très bien gagnée, merci. Il n’avait pas besoin que le premier ministre lui fasse cette fleur.
Ça aurait changé quoi, un commissaire à l’éthique, dans ce cas?
Parce que la question est politique. Pas éthique.
Et notre premier ministre a choisi de payer le prix politique de cette décision.
Ce qui est drôle, dans ces affaires d’éthique, de conflit d’intérêts, d’apparence de conflit d’intérêts, c’est qu’en brassant la soupe, on trouve de drôles de perles.
Prenez Liza Frulla. Parmi les « ex » recyclés dans le commentaire médiatique, Mme Frulla est probablement ma préférée. Télégénique, punchée, bien coiffée. Le pendant féminin de Jean Lapierre.
Mais on a récemment porté à mon attention un truc fort irritant à son sujet.
L’ex-ministre libérale (au provincial et au fédéral) commente, à son émission Le club des ex, à RDI, l’actualité, flanquée de Marie Grégoire (ex-adéquiste) et Jean-Pierre Charbonneau (ex-péquiste).
Bien sûr, en ce printemps de l’éthique, difficile de ne pas parler de Gérald Tremblay et de la Ville de Montréal. Alors, Le club des ex en parle. M. Charbonneau plante la Ville. Mme Grégoire aussi, avec moins de vigueur. Et Mme Frulla défend Gérald Tremblay.
Ah! Mme Frulla m’a dit qu’elle ne le défend pas tout le temps. Eh bien! hier, j’ai écouté trois émissions d’avril dont les segments ont abordé les folies de l’hôtel de ville. Et si Mme Frulla ne défendait pas Gérald Tremblay, eh bien! moi, je suis installateur de compteurs d’eau...
Remarquez, elle défend bien notre pauvre maire. Avec nuances. Avec moult explications sur les défis auxquels fait face unmaire de Montréal. Rien à redire là-dessus. Il faut bien que quelqu’un défende M. Tremblay.
Sauf qu’il y a un truc que le téléspectateur moyen ne sait pas, quand Mme Frulla défend Gérald Tremblay au club des ex. C’est que son conjoint, André Morrow, consultant, conseille la Ville sur des questions de communications. Et le maire. Même sur la question de la gestion des communications dans la crise des compteurs d’eau. Il fait cela, m’a-t-il dit, à l’intérieur d’un mandat dûment remporté en vertu d’un appel d’offres, de trois ans, d’une valeur de 1,5 million.
Mais quand le téléspectateur moyen regarde RDI, ignorant tout des chassés-croisés politico-romantico-business, il ne sait pas cela. Je suis peut-être fou, mais j’estime que ce n’est pas banal.
Mme Frulla m’a dit qu’elle n’a pas à le dire. Luce Julien, première directrice de RDI, m’a dit la même chose. Eh bien! excusez-moi de cracher dans la soupe, mais si, je pense que l’ex devrait le dire. Ou que Durivage, l’animateur, pourrait le préciser.
Parce que, quand on dit, comme Mme Frulla, en parlant du maire, des trucs comme « c’est dans la tourmente qu’on voit les grands chefs », les gens ont le droit de savoir que son chum conseille le maire.
Bien sûr, Mme Frulla est loin, très, très loin dans la banlieue reculée de ces cas d’éthique qui nous tombent sur les bras. Il n’y a pas de crosse. Mais il y a une parenté avec ces cas: quand on n’a rien à cacher, qu’est-ce qu’on fait? On le dit. Haut et fort.
Et ce serait une bonne idée de dire, aussi, que M. Morrow a participé à la campagne de Gérald Tremblay en 2001, puis, dans une moindre mesure, en 2005.
Tant qu’à y être, Mme Frulla pourrait dire plus souvent, en ondes, ce qu’elle m’a dit, hier: que Gérald Tremblay est son ami.
Je sais, je sais, ça casse le rythme d’un débat, ça sabote la présentation d’un show télévisé, de faire ce genre de précision. Mais ça vient avec le contrat, quand on embauche des ex aux multiples amis, intérêts et relations.

Du mou dans l’éthique
« De nos jours, on adapte l’éthique selon ce qui répond à nos intérêts personnels. »
Foui l l is dans l ’ administ rat ion de la SHDM, foui l lis dans le projet Contrecoeur, règles assouplies par le gouvernement du Québec pour permettre à une entreprise dont un ministre est actionnaire de faire affaire avec le ministère dont il est titulaire, promiscuité critiquée pour deux administrateurs de fonds régionaux qui investissent dans des entreprises dont ils détiennent des actions, une enquête confiée à la police, des menaces de poursuites, annonce de la création d’un poste de commissaire à l’éthique.
Ouf ! Depuis lundi, les questions d’éthique disputent la première place à la grippe porcine, pardon, au virus A (H1N1) dans les bulletins de nouvelles et à la une des médias écrits. Il y a eu tellement de cas qu’on pourrait en faire un gala.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour qualifier les derniers jours de grosse semaine pour… l’éthique. Qu’en retenir ?
« Le secteur public se cherche des modèles de gouvernance, d’éthique. Il se cherche des modes de fonctionnement. Trop souvent, malheureusement, on emprunte ceux du secteur privé », dit Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques.
Or, il faut éviter ce mélange des genres, croitil. « Dans le secteur privé, un réseautage, un voyage de pêche sur un bateau, c’est tout à fait normal. Mais il y a des pratiques dans le privé qu’on ne peut pas transposer dans le public », soutient M. Nadeau.
De plus, les valeurs ne sont pas nécessairement les mêmes d’une personne à l’autre. « C’est pour cela qu’il faut avoir des codes, des commissaires à l’éthique, estime-t-il. Parce que les points de référence sont flous, actuellement. On ne sait pas trop ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. »
En ce sens, la décision du gouvernement Charest de créer un poste de commissaire à l’éthique est une bonne chose, croit-il.
Titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable à l’UQAM, Claude Béland trouve quant à lui qu’il n’y a plus d’éthique commune. « Nous sommes tous pris avec des éthiques sectorielles. Chacun a sa petite éthique et s’en accommode, déplore-t-il. Je trouve que ce sont des éthiques molles. »
Il donne le cas du ministre Pierre Arcand, pourqui le gouvernement a modifié les règles sur les conflits d’intérêts. « C’est bizarre: il y a 10 jours c’était mal et, aujourd’hui, c’est bien. De nos jours, on adapte l’éthique selon ce qui répond à nos intérêts personnels. Et ça, c’est le contraire d’une définition de l’éthique qui est censée vous guider dans la vie. Ce n’est pas à vous de guider l’éthique. »
M. Béland, qui connaît le maire de Montréal, Gérald Tremblay, depuis des décennies, a une bonne pensée pour lui. « Je suis sûr que le maire de Montréal est tout à fait intègre, qu’il n’a profité de rien, dit-il. Au point de tenir pour acquis que tout le monde est comme lui. Il s’est fait avoir. C’est lui qui en arrache avec ça. Parce que tout le monde dit qu’il est responsable et qu’il n’a pas été capable de surveiller ses soldats. »



 
RÈGLES D’ÉTHIQUE - Charest a baissé la barre pour Pierre Arcand
QUÉBEC— C’estpour tenir compte du cas de Pierre Arcand, ministre des Relations internationales, que le gouvernement Charest a baissé la barre dans ses directives sur les conflits d’intérêts des ministres. On entend permettre désormais qu’une firme où un membre du gouvernement détient des intérêts puisse faire affaire avec son propre ministère.
Nommé ministre en décembre dernier, M. Arcand détient 38% des actions de Métromédia Plus, une firme spécialisée dans les panneaux publicitaires placés dans les réseaux de transports en commun à Montréal. Or cette firme est susceptible d’obtenir des contrats des organismes publics – les publicités des différents organismes ou ministères, même si celui des Relations internationales ne lance que très rarement de telles campagnes de publicité. Au cabinet du premier ministre Charest, on faisait valoir hier que ces mandats sont distribués par des intermédiaires, des firmes responsables du placement média.
Pour Raymond Bachand, ministre des Finances, l’entreprise de M. Arcand « ne fait jamais affaire directement avec le gouvernement ». Toute la semaine, le gouvernement Charest a refusé d’identifier le ministre pour lequel les directives sur les conflits d’intérêts avaient été ajustées à la baisse. Les avoirs de M. Arcand sont dans une fiducie sans droit de regard – mais quand on possède le tiers d’une entreprise, on ne peut pas feindre d’ignorer qu’il y a intérêts, a relevé hier la chef péquiste, Pauline Marois.
À son époque, un élu était tenu de vendre ses intérêts sitôt qu’il détenait plus de 5% du capital-actions d’une entreprise, a-t-elle rappelé.
Un commissaire à l’éthique « le plus tôt possible »
Hier, une conférence de presse sur un transfert de 1 milliard en six ans du gouvernement fédéral vers Québec pour la formation des sans-emploi a été occultée par l’omniprésent débat sur l’éthique gouvernementale.
Le premier ministre Jean Charest a laissé échapper qu’un projet de loi instituant un code d’éthique pour les élus et instituant un « commissaire à l’éthique » serait déposé avant l’été. Puis il s’est ravisé, soulignant que Québec procéderait « le plus tôt possible ». Ce commissaire à l’éthique aurait des pouvoirs d’enquête et aurait à conseiller le gouvernement. Mais le gouvernement veut qu’au préalable il y ait entente à l’Assemblée nationale sur le code d’éthique, ce qui est loin d’être acquis.
Selon Pauline Marois, le gouvernement devrait tout simplement annuler la nouvelle version de ses directives émise début mars. En discutant avec l’opposition, on pourrait rapidement, dans un premier temps, en arriver au choix d’un « commissaire à l’éthique » qui serait approuvé par un vote d’au moins les deux tiers des élus à l’Assemblée nationale. C’est ce dernier qui aurait à établir le code d’éthique pour les élus, propose-t-elle. Selon le PQ, tout pourrait être en place pour l’ajournement des travaux pour l’été, avant la Saint-Jean.
À quelques reprises, le premier ministre a évoqué, sans la citer, la répartie stupéfiante deMme Marois qui, à la fin du film sur Bernard Landry, À hauteur d’homme, avait promis que le PQ allait « brasser de la marde » dans l’opposition à l’Assemblée nationale. Selon M. Charest, les sorties répétées du PQ sur les questions d’éthique depuis deux semaines montrent surtout un intérêt à soulever des controverses sans égard aux faits.
Le leader parlementaire, Jacques Dupuis, s’est inspiré plus carrément de la sortie de Mme Marois. Il a repris directement le terme sur le parquet de l’Assemblée nationale: « Ce n’est pas de la marde… comme vous venez de le dire », a-t-il répliqué aux adversaires qui ironisaient devant les engagements du gouvernement en matière d’éthique.
M. Charest a eu à s’expliquer, lui qui permet à une firme détenue par un ministre de faire affaire avec son ministère. Ces dispositions sont interdites dans le code d’éthique au gouvernement fédéral, « à moins que le commissaire à l’éthique n’en décide autrement », a relevé M. Charest qui comparait cette semaine les directives de Québec à ce qui se faisait au fédéral et en Ontario.
Or, en vertu des règles en Ontario, a rappelé Mme Marois, M. Charest aurait dû divulguer dès le premier jour qu’il recevait une allocation forfaitaire de 75 000$ par année du Parti libéral. M. Charest refuse que ce revenu soit à déclaration obligatoire, dans les nouvelles directives. « On ne l’a su que l’an passé… par un communiqué, c’est ordinaire », a noté la chef péquiste.



Une réforme parlementaire sans commissaire à l’éthique
Le gouvernement souhaite d’abord l’adoption d’un code de déontologie
« On est prêts à aller le plus vite possible. Si on peut faire ça avant la fin juin, bien, tant mieux, on le fera avant la fin juin. »
— La réforme parlementaire adoptée hier par l’Assemblée nationale est vaste, mais elle ne comprend pas la création d’un poste de commissaire à l’éthique, un dossier qui traîne depuis cinq ans. Le gouvernement Charest se dit prêt à créer un tel poste d’ici la fin juin mais à la conditionque tous les partis s’entendent d’abord sur un code de déontologie.
Le Parti québécois craint que cette condition ne reporte la nomination d’un commissaire, un engagement qu’avaient pris les libéraux lors de la campagne électorale de 2003.
L’Assemblée nationale a révisé à l’unanimité ses règles parlementaires hier, à la suite d’un projet de réforme déposé en 2004. Cette réforme ne contient toutefois pas la création d’un poste de commissaire à l’éthique, un élément qui était prévu dans le document rendu public à l’époque. «Ce sont des questions qui sont complexes, et sur lesquelles il faut faire des travaux importants», a expliqué le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis.
Lors de la période des questions, la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, a fait pression pour que le gouvernement accepte de créer un poste de commissaire à l’éthique d’ici l’été.
«On est prêts à aller le plus vite possible. Si on peut faire ça avant la fin juin, bien, tant mieux, on le fera avant la fin juin», a répondu Jean Charest.
Mais un commissaire à l’éthique ne peut exister sans un code de déontologie qu’il sera chargé de faire respecter, a-t-il ajouté. M. Charest a reconnu par la suite que la loi de l’Assemblée nationale contient déjà un tel code et que des directives émanant de son ministère, celui du Conseil exécutif, sont imposées aux membres du cabinet ministériel.
Ma i s l ’ idée « d’éla rgi r à d’autres», c’est-à-dire les élus municipaux, les règles éthiques doit faire l’objet de discussions, a précisé le premier ministre.
Selon Jacques Dupuis, «il faut procéder correctement»: adopter un code de déontologie puis créer un poste de commissaire à l’éthique.
Jacques Dupuis juge que les travaux entourant la rédaction d’un code sont «avancés». Le leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard, dit n’avoir « rien eu sous les yeux » à ce jour.
« C’est clair qu’adopter un code de déontologie, ça peut être long, a dit le député péquiste. Ce qu’on demande, c’est que le commissaire soit en fonction i mmédiatement pour qu’on puisse appliquer les règles existantes. Et je pense qu’il pourrait être responsable de l’échéancier de l’adoption d’un code qui gouvernerait de façon plus large les députés. Je ne crois pas que c’est acceptable de reporter, après le printemps, la nomination d’un commissaire.»
Le sujet est revenu à l’avantscène après que l’on eut appris que Philippe Couillard a négocié pendant des mois son passage au secteur privé alors qu’il était toujours ministre de la Santé. Il a même conclu un protocole d’entente avec le fonds d’investissement privé en santé Persistence Capital Partners plus de cinq semaines avant de démissionner.
Par ailleurs, l’administration Tremblay est dans l’embarras en raison d’une apparence de conf lit d’intérêts qui entoure l’attribution d’un contrat de compteurs d’eau de 355 millions de dollars et qui implique l’ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino. La réforme adoptée hier modifie entre autres le calendrier parlementai re. Les députés siégeront à compter de février plutôt que mars, par exemple. Il y aura davantage de périodes de questions. La réforme permet à l’ADQ d’obtenir le statut de groupe parlementaire, ce qui lui confère certains avantages. C’est la première fois depuis 1984 que les règles parlementaires sont revues en profondeur.


 
NATHALIE NORMANDEAU SOUS LES PROJECTEURS
Les projecteurs ont été braqués sur la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, ces dernières semaines. Le Parti québécois lui a reproché d’avoir fermé les yeux sur le changement de statut de la Société d’habitation et d
« Je suis tout à fait prête à voir comment on peut améliorer ce qui existe déjà. Mais je souhaite le faire en concertation avec l’administration de la Ville de Montréal. Ce n’est pas vrai qu’on va décréter à Québec ce qui est bon pour Montréal. »
QIl
Ces dernières semaines, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, n’a pas chômé. Différents dossiers, dont ceux notamment de la SHDM et des compteurs d’eau, ont monopolisé toute son attention.
y a 11 000 élus municipaux au Québec. Parlons de l’élaboration du code d’éthique. Il est question d’une mise en application en 2010. Cette idée est-elle née à la suite des révélations troublantes qui touchent Montréal actuellement?
RAssurément, cette idée-là est venue de la volonté du maire de Montréal, ou de sa suggestion. Mais au-delà de sa suggestion, je souhaitais qu’on puisse profiter du questionnement que nous avons eu à l’Assemblée nationale relativement à la mise en place d’un code d’éthique, de déontologie, et même à la nomination d’un commissaire à l’éthique. Il existe des règles et des lois qui encadrent les élus. Mais avec tout ce qui se passe à Montréal, on se demande comment on peut s’assurer de préciser des règles d’éthique. Au-delà de ça, bon an mal an, on reçoit plus de 350 plaintes au Ministère. Et lorsqu’il y a des plaintes en matière d’apparence de conflit d’intérêts, mon expérience me fait dire qu’on a souvent tendance à confondre l’éthique et le droit, la moralité et la légalité. Vous savez, la Ville de Laval a déjà un code d’éthique qui touche à la fois les élus et les employés.
QOn
ne peut passer sous silence les révélations récentes contenues dans le rapport du vérificateur général de Montréal au sujet de la SHDM et le contrat des compteurs d’eau. Dans ces deux dossiers, qu’estce qui vous interpelle en particulier ?
RDans le cas de la SHDM, ce sont les transactions qui, de toute évidence, n’ont pas été faites dans l’intérêt des contribuables. Ça, c’est inquiétant. Maintenant, je pense qu’il faut se doter de mécanismes pour assurer des suivis plus serrés. Mais le gouvernement ne peut pas se substituer aux administrations municipales. Mon rôle est de m’assurer que les lois et règlements ont été respectés. On peut améliorer les contrôles pour Montréal et pour les autres municipalités. On va le faire cette session-ci avec des lois qui vont toucher directement la SHDM. Mais il faut faire preuve d’une très grande rigueur. Je me limite donc aux faits.
QSi
c’était nécessaire, est-ce que vous iriez jusqu’à réclamer une commission d’enquête publique ?
RC’est prématuré. Il faut attendre les conclusions de l’enquête de la Sûreté du Québec. Et, deuxièmement, attendre le rapport du vérificateur général sur le contrat des compteurs d’eau. Lorsqu’on commande une enquête publique, c’est une opération importante qui doit être motivée par des gestes très graves. En fait, il faut une preuve, un argumentaire pour commander une pareille organisation qui mobilise une multitude de personnes et qui peut mobiliser toute une administration. À l’heure où je vous parle, il est beaucoup trop tôt pour recourir à une opération comme celle-là.
QParlons
maintenant de la gouvernance de Montréal. Gilbert Rozon, du Festival Juste pour rire, a dit qu’il y a trop de roitelets à Montréal, c’est-à-dire trop d’élus, trop d’arrondissements. Il y en a 19 en ce moment. Seriez-vous prête à modifier la structure de la Ville ? On a déjà permis au prochain maire de Montréal de devenir le maire de VilleMarie aux prochaines élections. On a permis à la ville centre de rapatrier certaines compétences d’arrondissement. Tout est perfectible parce que, dans l’histoire de Montréal, la gouvernance a évolué. Donc, je suis tout à fait prête à voir comment on peut améliorer ce qui existe déjà. Mais je souhaite le faire en concertation avec l’administration de la Ville de Montréal. Ce n’est pas vrai qu’on va décréter à Québec ce qui est bon pour Montréal. J’ai eu des échanges avec le maire Tremblay à ce sujet et, ce qui ressort, c’est l’importance d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain et de se demander comment construire avec ce que nous avons dans un souci de plus grande efficacité. Il y a une ouverture de ma part pour qu’on puisse s’attaquer à la gouvernance de Montréal. C’est certain qu’au fil des années, avec les fusions-défusions, il y a eu beaucoup d’instabilité. On a senti que Montréal avait besoin de stabilité pour répondre à des enjeux internationaux ou culturels. Mais je le répète, je suis prête à revoir la gouvernance dans un contexte où il faut faciliter les choses le plus possible.
R
QCroyez-
vous que l ’entente sur l e transfer t de la taxe d’accise dont il a été question plus tôt cette s e m a i n e , a u x a s s i s e s de l’Union des municipalités du Québec*, est suffisante pour régler le problème des sources de revenus ?
RMal h e u r e u s e ment non. Parce que si la deuxième génération du transfert de la taxe d’accise, au même titre que le partenariat fiscal et financier, est venue apporter un certain baume au milieu fiscal municipal, des enjeux de fond perdurent, comme une trop grande dépendance à l’impôt foncier. Il y a toutes sortes de façons d’y remédier, par exemple des nouvelles tarifications ou des redevances. Donc, dans le cas de Montréal, cette session-ci, nous allons modifier la charte de Montréal pour permettre à la Ville de lever des redevances réglementaires. C’est un concept nouveau en matière de fiscalité municipale, mais le Ministère s’en est inspiré pour la création du Fonds vert. Donc, c’est une redevance que Montréal pourrait percevoir, mais dévolue à un enjeu très particulier, comme l’environnement, en matière de qualité de l’air, de l’eau, ou de salubrité dans la ville. Il y aura énormément de latitude à cet égard. Et la Ville de Montréal nous a déjà dit qu’elle comptait avoir recours à cet outil fiscal pour 2010. Ça pourrait inspirer d’autres municipalités.
QEn
terminant, est-ce plus difficile d’avoir les projecteurs braqués sur soi pour ses relations avec la Ville de Montréal ou pour ses relations amoureuses avec un député adéquiste ?
RHa! Est-ce que c’est une question piège ? Ça me fait bien sourire parce que, sincèrement, je trouve plutôt sympathiques, au bout du compte, toutes les révélations qui ont été faites sur ma vie privée. Mais je maintiens qu’il y a une ligne à ne pas franchir. Disons qu’il y a des sujets plus joyeux que d’autres. * L’entrevue avec la ministre Nathalie Normandeau a été réalisée mercredi, soit deux jours avant son discours aux assises de l’Union des municipalités du Québec.




CORRUPTION MUNICIPALE  Aucun ministre n’est en faveur d’une commission d’enquête  -  Denis Lessard

QUÉBEC — Tout le Québec réclame une commission d’enquête sur la corruption municipale, le f i nancement des partis politiques, l’industrie de la construction ? À Québec, au s ei n du gouvernement Charest, on voit les choses bien différemment.
Jean Charest a toujours dit qu’il n’écartait pas une commission d’enquête. Mais il est bien peu probable qu’il emprunte cette route dans un avenir prévisible.
Pour une fois, le gouvernement n’est pas partagé; aucun ministre important n’est en faveur d’une commission d’enquête, en dépit de la kyrielle d’accusations qui fusent de partout depuis quelques semaines.
Que c e s o i t R a y mond Bachand, Jacques Dupuis, Sam Hamad ou Norm MacMillan, on n’aime pas l’idée d’une enquête dont le mandat est bien difficile à définir. Claude Béchard se souvient des problèmes de son voisin de circonscription, Jean D’Amour, soupçonné d’avoir fait du lobbying pour BPR, une des firmes du contrat des compteurs d’eau de la métropole. Nathalie Normandeau, Line Beauchamp, Lise Thériault et Kathleen Weil aussi sont contre.
En fait, confient des sources gouvernementales, aucun ministre important ne s’est prononcé en faveur d’une telle enquête, dans le huis clos des réunions. L’opinion de ministres comme Marguerite Blais (Aînés) ou Dominique Viens (Services gouvernementaux) ne semble pas campée, mais il est clair qu’elles ne monteront pas au créneau pour réclamer que l’on donne le feu vert à ce type d’exercice.
Car des libéraux d’expérience se souviennent bien des réparties de feu Robert Bourassa sur ces commissions d’enquête, qui rapidement « prennent une vie qui leur est propre » et échappent à tout contrôle. Ce premier ministre avait donné le feu vert à la commission Cliche, sur les relations de travail dans le monde de la construction. Les commissaires avaient passé l’été à faire jouer les bobines d’écoute électronique de la police – cette activité n’était pas aussi balisée que maintenant (elle requiert l’approbation d’un juge).
« On n’est pas rendu à une commission d’enquête, selon moi. Je me demande d’ailleurs comment on pourrait encadrer dans un mandat tout ce qu’on entend actuellement », a résumé Jean Sexton, professeur de relations industrielles à l’ Université Laval, qui était surtout rédacteur du rapport de la commission Cliche et commissaire pour l’enquête de l a Gaspésia. L’enquête dev r a i t - el l e porter s u r le financement des partis municipaux, sur l’adjudication de contrats par les villes, par la Ville de Montréal ? Que faiton des allégations sur la collusion dans l’industrie de la construction ? Et sur le travail au noir ? Et sur la pénétration de l’économie légitime par le crime organisé et les motards ? Le champ d’action d’une telle commission, on le comprend, est bien difficile à circonscrire. « Et si la police juge que le mandat n’est pas suffisant, elle va couler des informations », prédit un vieux routier de la politique.
Tous les gouvernements qui ont déclenché une enquête ont fini par en faire les frais : René Lévesque disait qu’il n’avait rien à voir dans le règlement du saccage du chantier de la Baie-James. Il a été forcé de témoigner, « cela a viré au cirque, les gens regardaient ç a comme un feuilleton » . Finalement, il a été prouvé que le règlement avec la FTQ avait été conclu au bureau du premier ministre.
Le gouvernement de Paul Martin n’a pas été plus chanceux avec l’enquête Gomery sur les commandites. Avec cet t e enquête, l e r i va l de Jean Chrétien a couru à sa propre perte.
La Sûreté du Québec fait enquête sur certains aspects des révélations récentes. On est en piste depuis plus de deux a ns s ur des problèmes comme la pénétration du crime organisé dans la construction, par exemple. Sur d’autres sujets, on est bien moins avancé. En juin, une source a décrit les accusations de corruption touchant la Ville de Montréal comme un « continent noir », où tout restait à défricher.
Des accusations tomberont bientôt, découlant des enquêtes sur la construction. Mais il n’y aura personne de très connu parmi les prévenus, indique-t-on déjà.
À défaut d’une commission d’enquête, le gouvernement Charest a voulu sembler prendre les devants. Il a annoncé l’opération Marteau, en accordant près d’une trentaine de millions à la SQ pour faire avancer ses recherches. Pour calmer les i nquiétudes sur le front de la loi électorale, Claude Béchard a annoncé que Québec resserrerait les règles de financement des partis.
Reste la question, la ncinante, de Montréal. Le gouvernement aurait volontiers déclenché une mise en tutelle si on n’était pas si près des élections. Les Montréalais vont choisir dimanche prochain leur administration. Intervenir en ce moment pour nommer un a rbitre r i sque d’être bien mal accepté. Or, la Loi sur les cités et villes n’offre guère d’option plus « douce » que la tutelle.
Jean Charest a toujours dit qu’il n’écartait pas une commission d’enquête. Il est bien peu probable qu’il emprunte cette route dans un avenir prévisible.
Refuser une enquête ? Cela veut dire deux semaines de c r it iques dans les médias, de la part des éditorialistes et des commentateurs. Dire oui ? C’est ouvrir la porte à deux ans de turbulences et de mauvaises surprises pour le gouvernement. Le choix est simple à faire.

Le gouvernement a-t-il des choses à cacher ?  -  Tommy Chouinard
QUÉBEC — Le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec ont haussé le ton devant le refus répété du gouvernement Charest de tenir une enquête publique sur l’industrie de la construction. Ils laissent entendre que les libéraux ont des choses à cacher.
La critique de l’A DQ en matière de sécurité publique, Sylvie Roy, a souligné que le président de la Commission juridique du PLQ, Me André Ryan, est aussi l’avocat de Gilles Audette, le conseiller politique du président de la FTQ qui a tenté par une injonction d’empêcher la diffusion de ses propos à l’émission Enquête.
« Est-ce que la FTQ et le Parti libéral, c’est un même combat ? On ne veut pas que soient rendues publiques les allégations dans le domaine de la construction ? » a-t-elle lancé lors de la période des questions, hier.
Le leader pa rlementaire du PLQ, Jacques Dupuis, a répliqué que le gouvernement « ne cherche pas à c acher quoi que ce soit » . « On ne peut pas reprocher aux avocats d’avoir des mandats et d’avoir des clients. Et cette question-là est injuste pour Me Ryan, injuste pour les membres du Barreau », a-t-il ajouté.
De son côté, le leader parlementaire du PQ, Stéphane Béda r d , a a f f i r mé que le gouvernement « protège un système corrompu » en refusant une fois de plus la tenue d’une enquête publique.
« Quand est-ce que le gouvernement va se réveiller, va faire en sorte que ces allégations qui entachent notre démocratie vont enfin être prises au sérieux par ce gouvernement qui protège on ne sait qui actuellement ? » a-til lancé.
Son collègue, le critique en matière de sécurité publique, Bertra nd St-Arnaud, s’est demandé si le premier minist r e e t l e gouver ne - ment ont « quelque chose à cacher ».
La porte n’est pas fermée
Jacques Dupuis a martelé que « le gouvernement ne protège personne » et « ne cache rien ».
« On va aller au fond de toutes les allégations. La façon d’y aller, pour l’instant, ce sont des enquêtes policières. Nous n’avons jamais dit que nous fermions la porte à une enquête publique », a plaidé le ministre Dupuis.
« On sait très bien que les enquêtes pol i c i ères prennent, oui, un certain temps, mais donnent des résultats. Les résultats, c’est des accusations devant les tribunaux et évidemment des condamnations », a-t-il ajouté.


Malversations dans le monde municipal
: Charest écarte l’idée d’une enquête publique
LACHUTE — Même si les révélations se multiplient sur de possibles malversations dans le monde municipal, le premier ministre Jean Charest n’a toujours pas l’intention, du moins à court terme, de lancer une enquête publique à cet égard.
Hier, lors d’un point de presse à Lachute, où il a inauguré l’agrandissement d’une usine de Cascades, M. Charest a répété que les nombreuses enquêtes policières en cours devaient se poursuivre avant d’aller plus loin.
« Les Québécois ont été témoins de plusieurs actions posées par les policiers dans le cadre de leurs enquêtes : des descentes, des perquisitions, des gens qui ont été interrogés », a relevé Jean Charest.
Quand une journaliste lui a fait remarquer que la commission d’enquête sur le scandale des commandites, présidée par le juge John Gomery, avait été lancée bien avant la fin des enquêtes policières, le premier ministre a rétorqué que la situation du monde municipal était « un cas particulier ».
Sans approfondir la question, i l a souligné que les enquêtes policières dans de multiples dossiers municipaux, plus particulièrement dans la région de Montréal, étaient en cours « depuis un très bon moment » et qu’il fallait les laisser se poursuivre.
Plusieurs reportages ont fait état, au cours des dernières semaines, d’allégations selon lesquelles des entrepreneurs en construction feraient preuve de collusion pour se partager des contrats municipaux, en augmentant ainsi nettement la facture pour les contribuables.


Allégations de malversations et de collusion dans le secteur de la construction :
Pas de commission d’enquête maintenant
Les libéraux ont rejeté une motion de l’opposition adéquiste réclamant une enquête publique sur les allégations de malversations et de collusion dans le secteur de la construction. Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a maintenu hier que le gouvernement préfère attendre la conclusion d’enquêtes policières avant d’aller plus loin. «Selon les résultats, à ce moment-là, nous ne fermons pas la porte à la possibilité d’une enquête publique», a-t-il dit en Chambre, avant le vote.


L’Agence des infrastructures aux oubliettes
Québec enterre son propre projet de loi, issu de la recommandation de la commission Johnson
— C’était la principale réponse du gouvernement Charest à la commission de Pierre Marc Johnson, après l’effondrement du viaduc de la Concorde. Pourtant, l’Agence des infrastructures est mise au rancart pour l’avenir prévisible.
Pierre Marc Johson avait recommandé la création d’un organisme de surveillance des infrastructures indépendant pour conclure la commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde.
La Presse a appris que le signal en a été donné tout récemment au ministère des Transports. Le projet de loi créant cette agence avait été bloqué tant que le gouvernement libéral était minoritaire. Désormais majoritaire, il passe tout de même à la trappe cette idée, pourtant applaudie par le commissaire Johnson.
Tout récemment, le sous-ministre des Transports, Denys Jean, a fait savoir que ce projet d’agence indépendante avait été reporté à un moment indéterminé, une échéance si lointaine en fait qu’on créera, pour avril 2010, une Direction générale des structures au ministère des Transports.
Après le rapport Johnson, le gouvernement avait tenté avec insistance demettre en place son agence. On avait même pressenti le recteur de l’Université Laval, Michel Pigeon, un ingénieur, pour la diriger. M. Pigeon est devenu depuis député libéral de Charlesbourg.
Pour la ministre des Transports Julie Boulet, cet organisme, qui devait être « indépendant, transparent et compétent », devait réunir sous le même toit tout l’effectif voué à la surveillance, à la préparation et à la planification du parc d’infrastructures du Québec.
À l’époque, le Ministère venait de prendre la responsabilité des 4900 structures, ponts et viaducs qui relevaient jusqu’alors des municipalités, ce qui doublait d’un coup le parc des structures à surveiller. Cette agence aurait dû se présenter chaque année à l’Assemblée nationale et faire l’objet d’une vérification par le vérificateur général. Surtout, le nouvel organisme permettait d’embaucher les spécialistes en dehors des normes salariales du Conseil du Trésor. La ministre Boulet avait alors expliqué que, comme Hydro-Québec pour ses chantiers, le gouvernement devait offrir de meilleurs salaires aux ingénieurs pour les attirer et les garder à son service.
L’agence devait s’apparenter à Hydro-Québec pour ce qui est de la gestion contractuelle et à la Société des traversiers pour sa marge de manoeuvre en matière de gestion de personnel. Le projet loi 53 qui la créait avait été déposé à l’automne 2007. Mais pendant toute l’année 2008, le gouvernement Charest n’avait pu faire avancer son projet: minoritaire, il avait besoin de l’appui de l’ADQ ou du PQ. Or, les deux partis étaient opposés à l’idée. L’ADQ remettait en question le principe même de la délégation des décisions à un organisme externe. Pour le PQ, il aurait fallu redoubler de rigueur pour éviter que cette nouvelle agence ne devienne un lieu de favoritisme.
Informé du fait que l’agence était envoyée aux oubliettes, le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec ( APIGQ), Michel Gagnon, pavoisait. Déjà, devant la commission Johnson, l’APIGQ avait déconseillé la création d’un organisme externe au ministère des Transports. Selon les ingénieurs, mieux vaut donner plus de ressources, « humaines et financières », au Ministère.
Surtout, insiste M. Gagnon, si la ministre Boulet est cohérente avec ses déclarations de l’an dernier, elle devra reconnaître que, pour attirer et conserver les compétences nécessaires, Québec devra mieux rétribuer ses ingénieurs: « Il faut que le gouvernement règle le problème de la faible rémunération de ses ingénieurs pour être compétitif avec le secteur privé. »
Autre source de satisfaction pour le syndicat, le ministère des Transports est parvenu à échapper à la règle générale qui veut qu’on ne remplace qu’un fonctionnaire sur deux. Cet avantage représente le maintien de presque 600 postes à temps plein en trois ans, dont 150 ingénieurs et techniciens.



Possible hausse des tarifs : Charest s’empresse de tempérer ses intentions  -  Denis Lessard
QUÉBEC — P rofondément embarrassé par le dévoilement des intentions du gouvernement en matière de tarification des services aux citoyens, le premier ministre Jean Charest a soutenu h ier que « rien n’a été discuté au Conseil des ministres ».
« Il n’y a pas d’hypothèses déposées... » a-t-il renchéri, en marge d’un déjeuner où il annonçait son intention de se rendre en Inde au début de l’an prochain.
Or, La Presse a trouvé hier de nouveaux éléments sur ces intentions gouvernementales, un plan bien embarrassant pour M. Charest qui, publiquement, dit vouloir consulter la population avant d’arrêter ses décisions.
C’est ce qu’il martelait encore hier. Une vaste consultation, cet automne, portera sur le retour à l’équilibre budgétaire, ce qui inclura une réflexion sur la tarification gouvernementale. Au ministère de Raymond Bachand, la porte-parole Catherine Poulin parle d’«hypothèses de travail» qui n’ont pas été présentées au Conseil des ministres.
Or, La Presse a pu vérifier qu’un mémoire signé le 14 septembre par le ministre des Finances, Raymond Bachand, circule largement actuellement dans l’appareil public. On compte l’inscrire à l’ordre du jour de la réunion du Conseil des ministres du 7 octobre, confie-t-on.
La « partie accessible au publ ic » du mémoi re de M . Bachand précise, selon nos sources, que les tarifs des seuls ministères et organismes – ce qui n’inclut pas les sociétés d’ État com me Hydro-Québec – font entrer 3 milliards de dollars par année dans les coffres. L’indexation de ces tarifs rapportera 60 millions de plus cette année, des recettes qui augmenteront jusqu’à 195 millions en 2013-2014.
Le document, dans sa partie « confidentielle », indiquet-on, prévoit aussi le dépôt cet automne d’un projet de loi desti né à déf i n i r u ne « Politique de financement des services publics ». On suggère par exemple de mettre en place un registre des services tarifés et des tarifs, l’indexation annuelle de ces tarifs et l’établissement d’une cible d’autofinancement.
Le ministre Bachand propose aussi que le projet de loi lui permette de hausser plusieurs tarifs à la fois, avec un seul règlement.
Le ministère de la Justice, a pu confirmer La Presse, a transmis à la machine administrative le projet de loi destiné à encadrer les hausses de tarifs attendues, déjà comptabilisées dans le dernier budget de Monique Jérôme-Forget.
Montmarquette soulagé
Cité dans l’argumentaire, le rapport Montmarquette, en avril 2008, relevait que les revenus du gouvernement du Québec augmenteraient de 5 milliards de dollars si les tarifs imposés au Québec étaient équivalents à ceux de la moyenne canadienne. Même mises sous le boisseau par le premier ministre Charest, ces i ntention s comblent d’aise l’économiste Claude Montmarquette, du groupe CIRANO. On peut soutenir que les 22,7 milliards de recettes tarifaires qui entrent dans les coffres de Québec ne représentent que 60% de la moyenne canadienne, mais l’économiste préfère comparer les tarifs et la différence qu’ils accusent avec le coût réel des services. On doit alors parler de 5 milliards plutôt que des 15 qui feraient passer le Québec au diapason des autres provinces pour la proportion des revenus tirés de la tarification.
« Une hausse des tarifs, c’est la bonne solution», résume le spécialiste. L’alourdissement du fardeau fiscal des contribuables serait le pire scénario. On fait fuir les compétences et on entrave la productivité tout à la fois, plaide-t-il. Les autres provinces sont devant le même dilemme – le vérificateur général de l’Ontario a embauché M. Montmarquette pour qu’il réfléchisse aux tarifs de cette province.
Québec propose de ne pas toucher aux tarifs des garderies à 7$. Pour M. Montmarquette il s’agit d’une décision « purement politique » destinée à assurer la popularité du gouvernement. Cette exception ne se défend guère, du point de vue économique. «Cela coûte 2 milliards de dollars par année... et ce service est financé à 84% par le gouvernement», rappelle l’économiste.


Charest forcé de battre en retraite  -  Denis Lessard
QUÉBEC — Après avoir soutenu lundi que son gouvernement n’avait pas de plan dans sa manche pour une hausse générale des tarifs, le premier ministre Charest a battu en retraite hier.

Le plan de match révélé par La Presse existe; il était même prévisible, à partir d’un document qu’avait joint Monique Jérôme-Forget à son dernier budget, soutient maintenant M. Charest.
Au surplus, La Presse a finalement mis la main sur le projet de loi préparé par le ministère de la Justice pour le compte du ministère des Finances ; avec un mémoire du ministre des Finances Raymond Bachand, le document doit être inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres, le 7 octobre. Choisissant ses mots lundi, M. Charest avait soutenu qu’il n’y avait « rien de déposé au Conseil des ministres ». Pour l’instant, fallait-il comprendre.
Hier, à l’Assemblée nationale, la chef péquiste Pauline Marois a relevé les contradictions dans les déclarations de M. Charest quant à ses intentions. Jusqu’ici, le premier ministre avait opposé un démenti formel aux informations publiées. Pour lui, lundi, la « consultation » pré-budgétaire était le seul élément sur le tableau du gouvernement avant de prendre des décisions sur le financement des services publics.
Relevant l’existence du plan de match confidentiel, Mme Marois lui a lancé: « Peut-on dire aux contribuables, aux chefs d’entreprise, aux travailleurs, pourquoi ils devraient participer à une consultation dont les conclusions sont écrites à l’avance? »
Le péquiste Jean-Martin Aussant lui a demandé s’il avait bel et bien préparé un mémoire pour ses collègues; Raymond Bachand a répondu: « Il est normal que le ministre travaille sur toutes les hypothèses pour mettre en ordre ses politiques. » Des tarifs nouveaux dans le collimateur
Or, son mémoi re de la semaine dernière va bien au-delà des « hypothèses ». M. Bachand y ouvre même une nouvelle porte. Dans la partie « confidentielle » non accessible au public, il souligne que la politique, en plus de l’indexation générale, devra déterminer les coûts des services tarifés « ou pouvant l’être » . Certains services, jusqu’ici offerts gratuitement par Québec, pourraient donc basculer du côté des activités pour lesquelles Québec exigera d’être rétribué, voire remboursé, puisqu’on parle en même temps « d’autofinancement ».
Au cabinet de M. Bachand, on souligne qu’avec son budget, Mme Jérôme-Forget avait déposé un document sur le financement des services publics qui prévoyait explicitement « un cadre législatif… et un projet de loi (qui) sera déposé à l’Assemblée nationale en 2009 ».
Dans les notes explicatives du Projet de loi sur le financement des services publics, qui comporte 50 articles, on précise qu’à compter de janvier prochain, les organismes publics auront à constituer un « registre des tarifs » et à déterminer le coût de la « prestation » (du service) qu’ils doivent offrir aux citoyens. Une fois adopté, le projet de loi « instaure l’obligation » aux organismes de « réviser ces tarifs au moins tous les cinq ans et prévoit leur indexation annuelle ». Après avoir évalué le coût réel des services qu’ils offrent, les organismes devront se fixer des cibles « d’autofinancement ». Pour les démunis, la loi prévoit des « mesures compensatoires » pour maintenir l’accès aux prestations tarifées.
Le dernier article prévoit que le tout devra s’appliquer à compter du 1er janvier prochain, sauf l’article 22, qui contient les dispositions sur l’indexation automatique des tarifs ; il entrerait en vigueur en janvier 2011.




Jean Charest veut punir Sylvie Roy  -  Tommy Chouinard
La députée de l’ADQ a « abusé de son immunité parlementaire »
QUÉBEC — Le gouvernement Charest se sert d’une procédure parlementaire rarissime pour forcer l’adéquiste Sylvie Roy à s’excuser, voire à quitter l’Assemblée nationale.
C’est un procédé « inadmissible, odieux et méprisable », tonne l’opposition, qui accuse le gouvernement de vouloir museler les députés.
Pour les libéraux, la députée Sylvie Roy a abusé de son immunité parlementaire jeudi dernier, lors de la période des questions, en soutenant que le premier ministre Jean Charest connaît le nom de trois ministres qui se sont rendus sur le luxueux yacht de l’entrepreneur Tony Accurso.
Les trois ministres ciblés – J u l i e B o u l e t , Nor ma n MacMillan et David Whissel (ex-titulaire du Travail) – ont nié ces allégations. M. Charest, alerté par Benoit Labonté en mars dernier, a assuré que ses vérifications ont lavé les ministres de tout soupçon. C’est lui-même qui a révélé aux médias leur identité.
Le premier ministre avait demandé en vain au nouveau chef de l’ADQ, Gilles Taillon, de congédier Mme Roy de son poste de chef parlementaire, plaidant qu’« il y a des limites à salir la réputation des gens quand ce n’est basé sur rien ».
Hier, le gouvernement a décidé de prendre les grands moyens. Le leader parlementaire Jacques Dupuis a déposé une « motion de violation de droit ou de privilège », une procédure très rarement utilisée visant à sanctionner un député à qui l’on reproche d’avoir dérogé aux règles de l’Assemblée nationale.
« C’est une mesure exceptionnelle, notre gouvernement ne l’a jamais utilisée à date, mais la gravité de ce qu’a fait Mme Roy est telle qu’on va aller jusqu’au bout dans cette histoire-là », a lancé le ministre et leader adjoint du gouvernement, Claude Béchard, en conférence de presse. La sanction « peut aller d’une demande d’excuses j usqu’à une demande de quitter son siège », a-t-il souligné.
Menacer un élu de le forcer à démissionner n’est pas exagéré selon lui. « Ce n’est pas parce qu’on a l’immunité parlementaire et qu’on a été élu qu’on peut salir tout le monde. C’est très grave de dire des choses qui sont fausses, en sachant formellement qu’elles sont fausses. »
Le président de l’Assemblée nationale, Yvon Vallières, doit juger de la recevabilité de cette motion. Si la motion est acceptée, la Commission de l’Assemblée nationale – où les libéraux sont majoritaires – étudiera le reproche fait à l’endroit de Sylvie Roy et recommandera une sanction. La Chambre – où le gouvernement est également majoritaire – sera ensuite appelée à se prononcer.
Débat houleux
Le dépôt de la motion a provoqué un débat houleux à l’Assemblée nationale au cours duquel, curieusement, les adéquistes sont restés silencieux. C’est plutôt le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, qui a condamné le recours à cette mesure et l’attitude du président dans ce dossier. Au terme d’un échange vif – il a même demandé au président s ’ i l « obéit au règlement ou au gouvernement » – , M. Bédard est parvenu à arracher une concession à M. Vallières. Le président a accepté que l’opposition lui remette un plaidoyer écrit quant à la recevabilité de la motion.
La dernière fois que cette procédure parlementaire a été utilisée, c’était il y a 20 ans, estime le PQ. Les péquistes Jean Garon et Michel Pagé avaient présenté cette motion, mais l a manoeuvre s ’é t a i t retournée contre eux. Le gouvernement libéral majoritaire leur avait finalement adressé un blâme, a raconté le PQ.
L or s de l a pér i o de des questions, Jean Charest s’est dit étonné que Sylvie Roy ne présente pas ses excuses au sujet de ses « propos diffamatoires ».
Pour Stéphane Bédard, le gouvernement « tente d’intimider » les députés pour éviter de répondre à des questions embarrassantes entourant, par exemple, l’octroi de contrats. « Je défends le droit d’utiliser ce privilège parlementaire (l ’ i mmunité) pour pouvoir aller au fond des choses », a affirmé le député, qui n’a pas voulu juger du bien-fondé de la question posée par Sylvie Roy.
Rappelons que l a députée avait dit jeudi dernier : « Est-ce que le ministre de la Sécurité publique, dans ses vérifications, a appris que le premier ministre sait qu’il y a trois ministres qui ont été sur le bateau d’Accurso ? » L’ADQ a décliné les demandes d’entrevue.

Charest, le boss  -  VINCENT MARISSAL
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Jean Charest a imposé un bâillon pour adopter le projet de loi 40. Déposé en mai dernier, ce projet de loi vise à suspendre l’application de certaines dispositions de la loi antidéficit pour permettre au gouvernement de ne pas avoir à équilibrer ses budgets pendant quatre ans.
CHRONIQUE n au ra it pu c roi re, c’eût été normal, que le retour d’un gouvernement majoritaire à Québec allait nécessairement calmer le jeu à l’Assemblée nationale.
Eh bien non, le début de session parlementaire est plutôt rock-and-roll à Québec et le gouvernement a décidé de mater l’opposition après seulement trois jours en imposant le bâillon.
Jean Charest avait promis à la fin de la dernière session de ne pas imposer le bâillon. Il n’avait pas dit toutefois qu’il se reprendrait à la première occasion dès le début de cette nouvelle session. Faut croire que cela le démangeait.
La manoeuvre est nécessaire, disent les libéraux, pour suspendre certains articles de la loi antidéficit. Sinon, il faudra sabrer dans les programmes gouvernementaux puisque la loi antidéficit interdit… les déficits.
C’est d’une logique indéniable. Sur papier.
Au pied de la lettre, la loi interdit effectivement au gouvernement de faire des déficits. Mais il n’est écrit nulle part que les finances du Québec vont s’effondrer si la province entre techniquement en déficit le temps d’adopter la loi 40 (modifiant la loi antidéficit, vous suivez toujours ?). Et puis, le gouvernement est majoritaire. Son projet de loi finira nécessairement par être adopté. Alors, pourquoi cet empressement?
Avant les motivations financ ières , le coup d’éclat du gouvernement Charest s’explique d’abord par des motifs politiques.
Dans l’immédiat, l’imposition du bâillon relègue le débat sur l’éthique au deuxième rang. Soudainement, hier, David Whissell est devenu beaucoup moins important pour l’opposition.
Pour rester dans les motivations politiques, le geste intempestif de Jean Charest ressemble fort à une mesure de représailles envers le PQ, qui a mordu fort les mollets du gouvernement depuis trois jours sur les questions d’éthique.
Jean Charest pensait que la démission de David Whissell de son poste de ministre du Travail allait noyer le poisson. Mais non, l’opposition n’a pas voulu lâcher le morceau. Les libéraux étaient extrêmement frustrés par les attaques du PQ sur l’éthique, au point de parler, en privé, d’attaquer personnellement Pauline Marois (le mari de Mme Marois est Claude Blanchet, ex-PDG de la SGF, congédié par les libéraux, et parti avec une généreuse pension).
En imposant le bâillon, le premier ministre a réagi comme un père autoritaire: tu ne veux pas m’obéir, paf! Une bonne claque en arrière de la tête, et va réfléchir dans ta chambre!
Après trois jours de session, c’est brutal. À ce rythme-là, l’Assemblée nationale risque de ressembler à une bonne vieille joute Canadien-Nordiques d’ici l’ajournement des Fêtes.
M . Cha rest aura le dernier mot. Il fera adopter son projet de loi. Mais il n’a pas grand mérite puisqu’il jouit de la majorité à l’Assemblée nationale.
Cette démonstration de force doit être accompagnée dans les prochains jours d’autres gestes, rassembleurs ceux-là. Sinon, Jean Charest aura l’air du petit boss de la ruelle qui fait la loi juste parce que sa gang est plus nombreuse que celle des autres.
S’il est vrai qu’il y a urgence, com me le disent les libéraux, d’adopter le projet de loi 40 pour pouvoir faire des déficits, l’urgence est encore plus grande de commencer à attaquer ces déficits, qui devront être résorbés en 20132014, selon l’engagement du gouvernement.
Le gouvernement Charest doit commencer par préciser son plan pour la consultation qu’il a lui-même annoncée. Ensuite, il doit indiquer les paramètres de cette consultation: qui, quand, quoi, comment et pourquoi.
Exposer dès maintenant le plan d’élimination du déficit (prévu en 2013-2014, rappelons-le), comme le demande Pauline Marois, est irréaliste. Le gouvernement ne peut pas indiquer quatre ans à l’avance quels seront ses choix budgétaires. Cela se fait une fois par année, au dépôt du budget, justement.

Et puis, l’opposition doit être cohérente : si elle réclame une consultation, elle ne peut pas en même temps exiger maintenant toutes les réponses du gouvernement.

Le baillon... pour mieux retourner aux déficits !...  -  Tommy Chouinard

RETOUR AUX DÉFICITS À QUÉBEC
Surprise sur la colline parlementaire. Alors que le bâillon est généralement utilisé à la fin de la session parlementaire, le gouvernement Charest a décidé de s’en servir d’emblée. Objectif : faire adopter une loi qui autorise la province à être en déficit.
QUÉBEC — Dès la première semaine de la session parlementaire, le gouvernement Charest impose un bâillon pour adopter à toute vapeur un projet de loi qui l’autorise à plonger le Québec dans le rouge pendant quatre ans.
Jean Charest a demandé hier au président de l’Assemblée nationale de convoquer tous les députés pour une séance extraordinaire aujourd’hui.
H ier, en début d’aprèsmidi, le premier ministre Jean Charest a demandé au président de l’A ssemblée nationale, Yvon Vallières, de convoquer tous les députés pour une séance extraordinaire aujourd’hui.
Les règles normales de procédure sont suspendues. Le projet de loi 40 sur l’équilibre budgétaire sera adopté en quelques heures, à la suite de débats écourtés. Déposé en mai dernier, ce projet de loi vise à suspendre l’application de certaines dispositions de la loi antidéficit pour permettre au gouvernement de ne pas avoir à équilibrer ses budgets pendant quatre ans. L e gouvernement Cha rest prévoit des déficits totalisant plus de 11 milliards de dollars, dont 3,9 milliards cette année.
Le coup de force du gouvernement a causé la surprise sur la colline parlementaire. C’est que le recours au bâillon, une mesure exceptionnelle, se fait généralement à la toute fin d’une session parlementaire, lorsque le gouvernement juge impossible d’obtenir l’accord de l’opposition et tient à aller de l’avant. Dans le cas présent, la session parlementaire a débuté mardi.
« L es c hoses n’ava ncent pas », a plaidé le ministre des Finances, Raymond Bachand. « L’opposition a clairement indiqué qu’elle n’acceptait pas le fond du projet de loi. »
« C ’est le retou r à l’ État autoritaire ! » a tonné le leader parlementaire de l’opposition officielle, Stéphane Bédard. « C’est Jean Charest à la sauce 2003. Il ne l’a pas dit en élections qu’il voulait remontrer ce côté sombre de sa personnalité : En dehors de moi, point de salut. Il revient avec la bonne vieille méthode, il rentre les choses de force. »
Pou r j ustifier le recou rs à la « motion de procédure d’exception » – mieux connue sous le nom de bâillon – , Raymond Bachand a affirmé que 50 heures de consultations et de débats ont déjà eu lieu le printemps dernier et qu’un seul article a été adopté jusqu’à maintenant.
Selon le grand argentier du gouvernement, « la loi 40 est essentielle » pour assurer « la crédibilité des finances publiques du Québec ». « Il n’y a pas de menace » de la part des agences de notation au sujet de la cote de crédit du Québec, « mais il faut un moment don né avoir u ne maison qui est en ordre », at-il ajouté.
La réfor me compt able contenue dans le projet de loi – et réclamée par le vérificateur général – doit aussi être adoptée afin de publier la mise à jour économique en octobre de même que les états financiers de l’année budgétaire terminée le 31 mars dernier.
Un « chèque en blanc »
Les explications du gouvernement sont « loufoques » aux yeux de Stéphane Bédard. « Ce que voulait Jean Charest, c ’est u n chèque en bla nc pou r pouvoir endetter les Québécois », a-t-il lancé. « On veut nous forcer à accepter un chèque en blanc avec un fusil sur la tempe », a renchéri le député adéquiste François Bonnardel.
Depuis le printemps dernier, l’opposition refuse de donner son aval au projet de l oi . E l le veut d ’abord connaître les mesures qu’entend prendre le gouvernement pour assurer le retour à l ’é q u i l ibr e bu d gé t a i r e . Seu lement u ne pa r tie du plan est connue : hausse de la TVQ, indexation des tarifs des services publics et croissance des dépenses limitée à 3,2 %.
En juin dernier, le gouvernement avait accepté d’amender le projet de l oi pou r garantir le retour au déficit zéro en 2013-2014. Mais ce n’éta it pas su f fisa nt pou r l’opposition.
Hier matin, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec avaient mis un peu d’eau dans leur vin. Ils avaient proposé de scinder le projet de loi afin d’adopter immédiatement les articles qui portent sur la réforme comptable et qu i ne f ont l’objet d’aucun litige. Mais Jean Charest avait déjà pris sa décision. L e gouvernement regrette même de ne pas avoir imposé le bâillon dès le printemps. « On aurait dû l’adopter à la fin juin », a affirmé Raymond Bachand. Le gouvernement espérait à l’époque que l’opposition change d’idée au cours de l’été.
C’est la sixième fois que le gouvernement impose un bâillon depuis son arrivée au pouvoir, mais la première fois depuis décembre 2006. En tout, 23 projets de loi ont été adoptés entre 2003 et 2006 au moyen de cette mesure spéciale.
Le bâillon qui est imposé aujourd’hui est un peu différent de celui utilisé dans le passé. Selon une réforme parlementaire qui vient d’entrer en vigueur, le gouvernement ne peut recourir à cette motion d’exception que pour adopter un projet de loi à la fois. Auparavant, plusieurs lois pouva ient être adop - tées d’un seul coup. Cette contrainte ne pose toutefois aucun problème au gouvernement cette fois-ci, puisque seul le projet de loi 40 sera réglé sous le bâillon.


Un bâillon inutile - ALAIN DUBUC

Prétextant l’urgence, le gouvernement Charest a imposé le bâillon, pour mettre fin aux débats sur la loi 40 qui permet le retour au déficit budgétaire pour quelques années. Cette façon de mettre brutalement fin au débat parlementaire est non seulement abusive, elle trahit l’esprit des politiques antidéficit.
La loi 40 a pour but de suspendre la fameuse loi sur le déficit zéro du premier ministre Lucien Bouchard. Elle permet la création de déficits pour quatre ans, et surtout, elle n’oblige pas le gouvernement à les effacer en créant des surplus. On ne peut pas reprocher aux libéraux cette entorse à une loi qui avait pris valeur de symbole. La grave récession qui nous a frappés rendait ces déficits non seulement inévitables, mais essentiels pour assurer la reprise économique.
Mais ce n’est pas parce qu’on abandonne momentanément les préceptes de cette loi qu’il faut en abandonner aussi l’esprit. La loi sur l’équilibre budgétaire avait un double objectif. Le premier était financier et comptable: éliminer le déficit. Le second était politique; créer des obstacles pour empêcher un gouvernement de revenir aux mauvaises pratiques d’antan. Un carcan pour forcer un gouvernement qui recourt aux déficits à justifier sa décision et, le cas échéant, à en payer le prix politique. Cet obstacle, c’est le débat parlementaire. Et même si les libéraux le trouvent pénible, il joue un rôle essentiel pour empêcher la banalisation du déficit.
D’autant plus que, justement dans ce dossier précis, on a pu voir l’utilité des débats parlementaires. L’opposition péquiste, avec le critique François Legault, a forcé le gouvernement à accepter un amendement important. Le projet de loi initial laissait le moment du retour à l’équilibre à la discrétion du ministre des Finances. Une imprécision inquiétante qui a été corrigée. Il est maintenant bien écrit que le retour au déficit zéro doit se faire en 2013-2014. Si c’est trop tôt, le ministre n’aura qu’à revenir en chambre pour défendre son dossier.
De toute façon, la bataille contre le projet de loi 40 aurait commencé à nuire aux partis de l’opposition, parce qu’ils étaient à bout d’arguments. On peut difficilement reprocher au gouvernement Charest des erreurs de prévision auxquelles personne n’a échappé sur la planète, ni la création des déficits, un outil de relance recommandé par tous les organismes internationaux. On ne peut pas non plus exiger des libéraux un plan qui décrit de façon précise comment ils s’y prendront pour le ramener à zéro dans quatre ans.
C’est une demande irréaliste. Le ministre des Finances, Raymond Bachand, et son ministère ne peuvent prévoir précisément le déficit des prochaines années. Il y a trop d’inconnues. Sur la vigueur de la reprise, sur le moment où les revenus reviendront à la normale, sur l’impact à long terme de la crise boursière, sur l’évolution des taux d’intérêt. On ne sait pas non plus quelle est la proportion du déficit qui se révélera être de nature structurelle. Difficile de proposer un plan précis quand on ne connaît pas l’ampleur de l’effort.
Ce qu’on peut exiger du gouvernement, c’est un engagement ferme d’éliminer le déficit. Il semble bien être là. Ensuite, une transparence qui, à défaut de donner le détail des mesures, nous prépare à l’ampleur de ce qui nous attend. Le déficit ne disparaîtra pas tout seul, grâce à la croissance économique, comme le prétend à Ottawa le ministre Jim Flaherty.
À cet égard, en annonçant la tenue d’un vaste «dialogue» sur les finances publiques, M. Charest envoie le message qu’il faudra faire des choix difficiles. Le véritable test sera là, dans la qualité de cette consultation et dans les gestes concrets qui la prolongeront. Pas dans le débat sur la loi 40.



CHUM : Vidéotron demande une compensation
L’entreprise devra déménager de l’équipement technologique encore sur place
La démolition de l’édifice Vidéotron pour permettre la const ruc t ion du nouveau Centre de recherche du CHUM pour ra i t êt re coûteuse. Certains équipements i mport ant s du réseau Vidéotron s’y trouvent encore. Tout devra être déménagé. La Presse a appris que Vidéot r on négoc i e actuellement avec le gouvernement afin d’obtenir une importante compensation.
La démolition de l’édifice situé au 300, avenue Viger Est, fait l’objet de pourparlers entre le gouvernement et Vidéotron.
La semaine dernière, le gouvernement a autorisé les consortiums en compétition pour la construction en partenariat public-privé du Centre de recherche du Cent re hospitalier de l’Université de Montréa l ( CRCHUM) à reconst r u i re l ’ éd i f i ce Vidéot ron. Dans l ’ appel de propositions initial, les soumissionnaires devaient seulement rénover cet édifice, situé au 300, avenue Viger Est.
Plusieurs i ntervena nts s’attendent à ce que l’immeuble, expropr ié pour 28 millions en 2007, soit démoli. Cette démolition ne sera pas sans conséquence, car Vidéotron y possède encore de l ’ équipement. « C’était notre siège social. Il reste encore de l’équipement technologique, mais pour des raisons de sécurité, je ne veux pas vous dire quoi », confirme le directeur général des communications d’entreprise de Vidéotron, Marc Labelle.
Si l’édifice Vidéotron avait été conservé, la compagnie aurait envisagé de demander à y conserver ses équipements, explique M. Labelle. « Mais ça ne semble pas dans l’intention du CHUM », note-t-il. Vidéotron doit donc déménager ses équipements, ce qui « n’est pas facile » , selon M. Labelle.
Vidéotron négocie actuellement avec le gouvernement pour obtenir une aide financière à cet égard. La portepa role du CHUM, Luc ie Dufresne, reconnaît que des pourparlers sont en cours.
Mais d’un côté comme de l’autre, on refuse de divulguer les détails des négociations. La date à laquelle Vidéotron devra avoir libéré l’édifice est aussi tenue secrète. « Vidéotron est un citoyen responsable. J’espère que le gouvernement va aussi être responsable et nous laisser le temps de nous reloger », se contente de dire M. Labelle.
LaconstructionduCRCHUM devait coûter 320 millions, mais le CHUM a été incapable de dire, hier, si le dédommagement versé à Vidéotron fera augmenter ces coûts. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas nouveau sur le plan financier et de l’acquisition », a dit Mme Dufresne.
Les propositions techniques du futur CRCHUM ont été déposées le 10 juillet dernier. Le choix du proposant qui construira le futur complexe sera connu cet automne. Mme Dufresne assure que le déménagement des équipements de Vidéotron n’entraînera pas de retard dans la construction du CRCHUM. Un CPE expulsé
Par ailleurs, en plus de l’équipement de Vidéotron, un centre de la petite enfance (CPE) occupe encore l’édifice Vidéotron. Selon ce que La Presse a appris, le CPE Les Câblinours, qui s’occupe de 60 enfants, devra lui aussi déménager et sera dédommagé.
AucabinetdeTonyTomassi, ministre de la Famille, la porte-parole Marie-Pierre Champagne confirme : « Nous discutons avec les dirigeants du CPE pour les aider à se déménager. » Elle ajoute que le CPE sera « admissible à du financement » dans le cadre du programme financier aux infrastructures, mais elle ignore l’ampleur de cette aide financière.






PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉLe vérificateur général va brasser la cage  -  Denis Lessard
le CHUM, qui accumule les retards et dont la première pelletée de terre ne pourra avoir lieu avant 2011. Le gouvernement Charest a récemment réitéré aux consortiums qui ont soumissionné son intention d’aller de l’avant en PPP. Mais depuis le départ de Monique Jérôme-Forget, en avril dernier, toute la stratégie des PPP est en déroute à Québec. Le président de l’Agence, Pierre Lefebvre, a été mis sur une voie de garage au Conseil du Trésor. Un fonctionnaire, Normand Bergeron, a pris les rênes de l’organisme, devenu « Infrastructure Québec », dont le rôle n’est plus que « d’accompagner » les ministères dans leurs projets de construction.
Dans une version préliminaire de son rapport, le vérificateur général, Renaud Lachance, estime pour l’essentiel que l’Agence des PPP a manqué de rigueur en conseillant à Québec d’aller dans cette direction.
Le vérificateur s’est donné le mandat de garder l’oeil ouvert sur les hôpitaux universitaires de Montréal – une vérification continue dont il fait part des progrès dans chacun de ses rapports. Selon l’information qui filtre, le rapport sera rendu public la semaine prochaine.
On ne s ’en prend pas nommément au président de l’Agence, Pierre Lefebvre, pas plus qu’au président du conseil, Pierre Lortie. Le vérificateur général estime toutefois que les dés étaient pipés lorsque Québec a opté pour le PPP dans le projet du CHUM.
En évaluant les coûts du mode de construction habituel, l’Agence a, selon le vérificateur, inclus beaucoup trop de risques, ce qui a fait gonfler les coûts. Les économies prévues par l’Agence si l’on recourait au PPP ne tiennent pas davantage la route, croit le vérificateur.
L’Agence a fait ce qu’elle souhaitait faire et, ignorant les ministères – la Santé et le Trésor –, elle aurait ainsi répondu à la commande du gouvernement, qui favorisait les PPP. Le vérificateur ne peut pas dire que le recours au PPP n’était pas justifié, mais l’étude du dossier ne révèle pas, selon lui, qu’il était avantageux.
Pour le vérificateur, l’Agence des PPP a choisi de ne pas étudier toutes les hypothèses, surtout celles qui auraient pu nuire à une décision favorable aux partenariats public-privé. L’Agence a insisté sur les risques que comporte le déficit d’entretien de tels immeubles. Selon le vérificateur, la loi fixe à 2% les coûts d’entretien. L’Agence considérait toutefois que cette balise, peut-être valable pour une route, ne convenait pas à un immeuble à la fine pointe de la technologie.


CHUM  Québec maintient le PPP  -  Denis Lessard & Tommy Chouinard
QUÉBEC — Le gouvernement Charest a pris sa décision. Le CHUM sera construit en partenariat avec l’entreprise privée (PPP), et il ne sera plus question d’un plan B. Monique Gagnon-Tremblay, présidente du Conseil du Trésor, a confirmé sans détour l’information publiée hier par La Presse.
Le gouvernement a assuré les deux consortiums retenus pour soumissionner la construction du CHUM que le mode PPP serait maintenu.
Le gouvernement a assuré les deux consortiums retenus pour soumissionner la construction du futur hôpital que le mode PPP serait maintenu. Cette information a filtré dans le réseau de la Santé.
En juin, Québec avait décidé de remettre en question la construction du nouvel hôpital universitaire francophone en PPP. Les avantages liés aux PPP en période de crise économique sont beaucoup moins grands, notamment parce que les consortiums ont plus difficilement accès au x capit au x . L es c hoses ont changé, a soutenu hier Mme Gagnon-Tremblay.
« On se souviendra que, dans le courant de l’été, on a beaucoup discuté (de cette question) par rapport à la crise économique. La crise économique nous a obligés à nous questionner sur le financement. Le financement ne semble pas être une difficulté actuellement. Nous poursuivons », a-t-elle affirmé hier matin avant une réunion du Conseil des ministres.
E n réponse au député péquiste Sylvain Simard, qui lui avait demandé si le PPP n’était plus remis en question, elle a lancé : « La décision a été prise. »
Pourtant, un peu plus tôt, Yves Bolduc avait dit que le gouvernement était toujours en train de « revoir » le mode de réalisation du nouveau CH UM. « On va choisir le meilleur mode de réalisation, au moment venu, dans l’intérêt des contribuables québécois », avait-il dit la veille, à la période des questions. En fin de journée, il a indiqué à La Presse qu’il devait avoir da ns les proc ha i nes heures une rencontre avec Mme Gagnon-Tremblay à ce sujet.
Dans les coulisses, on prévoit que l’un des groupes, Innisfree, demandera au gouvernement de fournir le financement nécessaire. L’enjeu est de taille : Québec peut financer à 4 % des emprunts énormes frappés de taux qui dépassent 7 % dans les institutions privées. Hier, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a dit croire que, au printemps 2010, au moment du dépôt des soumissions, le contexte économique permettra aux entreprises de trouver le financement au privé. Si l’un des groupes éprouve des problèmes, Québec devra toutefois consentir à le financer, quelle que soit la soumission retenue – le gouvernement ne peut se permettre de se retrouver avec un seul soumissionnaire.
En mars, le premier ministre Charest avait lui-même évoqué un « plan B » si le gouvernement décidait de renoncer au PPP, comme il l’a fait pour la réfection de l’échangeur Turcot. « Il n’y a plus du tout d’économies parce que le contexte économique mondial change les conditions de financement de nos partenaires », avait dit la ministre des Transports, Julie Boulet, lors de l’annonce de la décision, en juillet.
L es deu x m i n istres ont confirmé qu’un litige oppose le gouvernement et les deux con sor tiu m s au sujet des dédommagements à prévoir au contrat, comme l’a indiqué La Presse hier. « Aucune entreprise ne trava ille bénévolement » a soutenu Mme Gagnon-Tremblay, relancée à propos des indemnités de 15 millions que réclament les deux consortiums afin de payer le travail nécessaire à la préparation de la soumission.
Travaux arrêtés
Yves Bolduc a confirmé que les travau x n’ont pas ava ncé pou r cette ra ison . « Il y a des discussions qui devraient aboutir et les travaux devraient reprendre », a-t-il soutenu, confirmant la paralysie du projet.
« Il va y avoir un retard de quelques semaines. Mais par la suite, quand on se sera entendus, les travaux vont reprendre, et puis il y a moyen de récupérer le retard, selon le nombre de personnes qui seront affectées aux travaux », a-t-il expliqué, ce que mettent en doute les professionnels spécialisés. « De tels projets nécessitent de mettre ensemble beaucoup de personnes… Cela ne se fait pas si facilement qu’on le pense », résume-t-on. Plus tôt, le ministre Bolduc avait souligné que les six mois de retard pouvaient être rattrapés en affectant davantage de ressources à la préparation des soumissions. Or, ces soumissions doivent être très soigneusement préparées ; les entrepreneurs doivent tout y prévoir pour ne pas sous-estimer les coûts.
Selon le ministre Bolduc, l’échéance de 2014 pour la réalisation de la première phase du projet et de 2018 pour la deuxième demeure. Le projet coûtera 2,5 milliards de dollars en tenant compte de l’inflation.

CHUM : Pas de PPP, réclament les syndicats  -  Pascale Breton
Au moment où Québec semble hésitant à aller de l’avant avec la formule des partenariats publicprivé, plusieurs syndicats affiliés à la CSN sont revenus à la charge hier pour que le CHUM et le CUSM soient construits en mode traditionnel.
Une des principales raisons pour lesquelles le gouvernement hésite à revenir en arrière est liée aux coûts, croit la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Québec devra verser des millions aux consortiums en lice s’il renonce à continuer en mode PPP.
La CSN a choisi la journée où la direction du CUSM présentait à ses cadres et employés les deux projets en lice pour la réalisation de l’hôpital en mode PPP pour tenir une action d’information. Elle a organisé une épluchette de blé d’Inde devant les 11 hôpitaux actuels du CUSM et du CHUM.
« S’il y a des coûts supplémentaires pour mettre fin au contrat, je suis convaincu qu’on va récupérer cet argentlà en le faisant selon le modèle traditionnel », a déclaré le viceprésident de la CSN, Louis Roy
Il a souligné du même souffle que le gouvernement a dépensé à ce jour plus de 30 millions en études de toutes sortes à l’Agence de partenariat public-privé pour la construction du CHUM et du CUSM.
Des emplois en jeu
L es sy nd icats c ra ignent aussi des pertes d’emplois. Ce sont quelques centaines d’emplois, principalement dans les corps de métiers comme les électriciens, les plâtriers ou les journaliers, qui seraient perdus.
La formule du PPP prévoit en effet que le consortium gagnant s’occupe de la construction, mais également de l’entretien des bâtiments pour les 30 prochaines années.
« Les gens de métier ne seront plus requis pour travailler sur le site. Ce qui nous donne le plus de travail, ce sont les patients, avec les bris qui surviennent dans les chambres ou les sonnettes d’alarme », explique Pierre Daoust, président du Syndicat des employés du CHUM-CSN.
Il estime à plus de 150 le nombre de personnes qui risquent de perdre leur emploi au CHUM, sans compter ceux qui travaillent aux cuisines, qui devraient être aménagées à l’extérieur des murs du nouvel hôpital. Au CUSM, quelque 400 emplois pourraient être perdus au total.
Plus de transparence
« On veut un hôpital public. On veut la flexibilité de connaître quels changements technologiques il va y avoir », a insisté la présidente du Syndicat des employés du CUSM-CSN, Olga Giancristofaro, en dénonçant la culture du secret entourant les PPP.
La CSN a choisi la journée où la direction du CUSM présentait à ses cadres et employés les deux projets en lice pour la réalisation de l’hôpital en mode PPP pour tenir une action d’information. Elle a organisé une épluchette de blé d’Inde devant les 11hôpitaux actuels du CUSM et du CHUM.


L’Agence des PPP se meurt  -  Denis Lessard
QUÉBEC— L’approchedes «partenariats public-privé » a vécu. Le gouvernement Charest se prépare à changer en profondeur la mission de l’Agence des PPP, dernier vestige de l’héritage de Monique Jérôme-Forget.
Avec la mise au rancart de la « modernisation » ou de la « réingénierie » de l’État – des engagements importants qui avaient fini en queue de poisson –, la disparition de l’agence, souvent critiquée, vient tirer un trait définitif sur les plans des libéraux à leur arrivée au pouvoir en 2003. Selon ce qu’a appris La Presse, Québec déposera cet automne à l’Assemblée nationale un projet de loi pour modifier la mission de l’Agence des PPP. L’organisme aura le mandat d’encadrer les grands chantiers, mais les partenariats avec le secteur privé glisseront sous le tapis, réduits à un volet des activités de la future organisation.
Devant une centaine de personnes, le nouveau président de l’organisme, Normand Bergeron, a indiqué hier matin que la nouvelle organisation aura un mandat « horizontal », centralisera l’information sur l’ensemble des projets de construction du gouvernement, qu’il s’agisse de partenariats avec le secteur privé ou non.
M. Bergeron avait parlé du projet du gouvernement devant plusieurs personnes au cours des dernières semaines. L’Agence « pourrait jouer un rôle d’accompagnement plus large auprès des ministères, pour des projets qui ne sont pas des PPP proprement dits », a souligné hier M. Bergeron – sans toutefois faire allusion à un projet de loi. Selon lui, les PPP ont connu au Québec une résistance « qui va bien au-delà de ce qui a été observé ailleurs ». « Je m’attends à ce qu’on parle des PPP au prochain Bye Bye » a-t-il ironisé, certain que la formule qui a été utilisée « avec succès dans tous les autres pays occidentaux » ne disparaîtra pas au Québec.
Mais les membres de l’Institut des partenariats public-privé ont toutefois compris rapidement que les différents ministères (Transports ou Santé, par exemple) conserveront la « maîtrise d’oeuvre» de leurs projets. Avec dans les cartons des projets d’infrastructures d’une valeur de 42 milliards – une annonce de campagne électorale destinée à contrer le ralentissement économique–, le Conseil du Trésor veut une organisation pour centraliser l’information sur l’ensemble de ces engagements, pour « accompagner » les ministères. Dans l’un des scénarios envisagés, la nouvelle agence devrait évaluer tous les projets de plus de 40 millions, mais elle n’aurait pas de réels pouvoirs sur le cheminement des travaux.
En filigrane, on explique que le gouvernement Charest « ne veut plus faire de PPP ». « La formule PPP est contaminée », explique-t-on. Aussi, la décision de reprendre en main la réfection de l’échangeur Turcot sans le concours de l’entreprise privée, alors que le Conseil des ministres en avait décidé autrement à l’origine, est-elle symptomatique. Même si M. Bergeron promet que le projet du CHUM ira bientôt de l’avant en PPP, dans les cercles politiques, on interprète le silence du gouvernement quant à ce mode de réalisation comme de bien mauvais augure.
Au surplus, la principale avocate de cette stratégie, Monique Jérôme-Forget, a quitté la vie publique, ce qui a vite scellé le sort de son protégé, Pierre Lefebvre, remplacé à la tête de l’agence en juin dernier.
Même s’il voulait maintenir l’agence intacte, le gouvernement devrait tout de même en modifier le financement. La volonté de réaliser de moins en moins de projets en partenariat publicprivé a privé d’oxygène la petite organisation d’une quarantaine de personnes. L’agence, selon sa loi constitutive, doit s’autofinancer. Elle s’alimente à même des honoraires facturés à l’heure aux clients – ici, le gouvernement – comme une agence privée. Les ministères des Transports et de la Culture (pour la salle de l’Orchestre symphonique de Montréal) ont payé 30 millions en honoraires pour les spécialistes de l’agence des PPP, un mode de financement qui agace passablement la machine administrative.
Or, les projets importants de l’Agence sont « sortis » de la machine – le pont de la 25 ou le prolongement de la 30 sont en route. On travaille encore sur le CHUM, mais l’organisme aura besoin de subventions gouvernementales s’il n’a pas de nouveaux projets.
Nomméen juin, M. Bergeron, jusqu’alors sous-ministre des Ressources naturelles, a fait les manchettes cet été. On a attribué à ce fonctionnaire de carrière le même salaire qu’à prédécesseur, recruté à Londres dans l’entreprise privée: 232 000$, ce qui le place au deuxième rang des salariés les mieux payés de la fonction publique québécoise. Seul Gérard Bibeau, secrétaire général du gouvernement, gagne davantage – 3000$ de plus.


L’apostasie -  ANDRÉ PRATTE
La foi du gouvernement Charest envers les PPP faiblit à vue d’æil.
Depuis le départ de Monique Jérôme-Forget, la foi du gouvernement Charest envers les partenariats public-privé faiblit à vue d’oeil. Il y a quelques jours, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a déclaré que « le PPP n’est pas une religion » pour les libéraux. Sa consoeur Monique GagnonTremblay a ouvert la porte à un retour au mode traditionnel pour les projets du CHUM et de l’échangeur Turcot.
Cet ajustement est bienvenu. En gestion publique, la foi aveugle en une formule, quelle qu’elle soit, n’est jamais souhaitable.
Cela dit, il ne faudrait pas verser dans l’excès contraire. Dépendant du projet, dépendant du contexte, le PPP pourrait se révéler une meilleure façon de faire.
Le gouvernement libéral a commis l’erreur de se lancer avec trop d’enthousiasme dans les PPP, un mode de construction et de financement dans lequel l’État québécois n’avait aucune expérience. Certes, ces partenariats avaient donné de bons résultats ailleurs. Mais on y avait aussi constaté des difficultés, notamment la lourdeur du processus menant à la conclusion du contrat.
Cela étant, Québec aurait dû tester la formule dans quelques projets relativement simples; le prolongement des autoroutes 25 et 30, la nouvelle salle de l’OSM faisaient parfaitement l’affaire. Les deux nouveaux centres hospitaliers universitaires de Montréal étaient des projets beaucoup trop gros, complexes et controversés pour qu’on tente de les réaliser en PPP.
Faudrait-il faire marche arrière dès maintenant dans le cas du CHUM, comme le soutient notamment l’Ordre des architectes du Québec? Il nous semble qu’il est préférable d’avoir les propositions des consortiums candidats en main avant de laisser tomber le partenariat public-privé. On prendra alors une décision en toute connaissance de cause, notamment en ce qui a trait aux coûts de financement. Depuis que Mme Jérôme-Forget a été séduite par la formule PPP, la crise financière est venue changer la donne. Dans la mesure où les entreprises privées ont du mal à obtenir des prêts, les gouvernements doivent assumer une plus grande part du risque des partenariats, ce qui rend ces derniers moins avantageux. La formule ne compte d’ailleurs plus guère de partisans, même dans le milieu patronal.
L’heure est peut-être venue de faire une pause. Avant de lancer d’autres projets en PPP, le gouvernement devrait évaluer le chemin parcouru, déterminer pour quels types de projet les partenariats sont appropriés et apporter des correctifs au processus (le fonctionnement de l’Agence des PPP a fait l’objet de maintes critiques). Il ne s’agit pas d’avoir la foi dans les PPP ou au contraire d’y voir le diable en personne. Il s’agit de choisir, objectivement, en se basant sur l’expérience acquise, la meilleure façon de réaliser chaque projet d’infrastructure publique.


Le CHUM « encore sur le mode PPP », dit Yves Bolduc
La formule des partenariats publicprivé est toujours à l’ordre du jour pour le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), assure le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.
Si certains ont interprété le départ avant la fin de son mandat du président de l’Agence des partenariats public-privé comme la mise au rancart des PPP, le ministre de la Santé, lui, a assuré que ce n’était pas le cas pour le CHUM à l’heure actuelle.
« Non, non. Ce qu’on a dit, c’est que pour le gouvernement, ce n’est pas une religion et ce n’est pas de l’idéologie. Ce qu’on veut, c’est d’avoir le meilleur projet », a lancé le ministre Bolduc.
Interrogé hier, alors qu’il était de passage à l’Institut de cardiologie de Montréal pour annoncer l’agrandissement du centre de recherche, le ministre Bolduc a affirmé que les deux consortiums retenus s’affairaient présentement à rédiger leur projet, à la suite de l’appel de propositions qui a été lancé.
Il faudra attendre de connaître ce que les consortiums auront proposé comme projet et voir le financement qu’ils auront réussi à obtenir avant de trancher de façon définitive, a expliqué le ministre.
«Il y a un an, on parlait que le mode PPP, c’était le mode retenu. Dans 8 à 12 mois, quand on va arriver à la fin du processus, peut-être à cause des conditions de financement, de différents facteurs, on pourra changer le mode de réalisation. Mais actuellement, on est encore sur le mode PPP», a martelé M. Bolduc.



Le mode PPP rebute ingénieurs et économistes
Après les architectes, c’est au tour des ingénieurs et des économistes du Québec de se montrer sceptiques, sinon carrément opposés à la construction d’hôpitaux universitaires comme le CHUM en mode de partenariat public-privé (PPP).
« Le PPP est un mode de réalisation inadéquat pour des projets complexes et comportant des inconnues comme les hôpitaux universitaires CHUM et CUSM, de même que pour la reconstruction du complexe d’échangeurs Turcot », a affirmé Zaki Ghavitian, le président de l’Ordre des ingénieurs du Québec.
Au même moment, l’Association des économistes québécois publie un sondage montrant que seulement 32% de ses membres voient d’un bon oeil le choix du PPP pour la réalisation de grands projets d’hôpitaux universitaires. Cette association professionnelle regroupe 787 économistes ; le tiers d’entre eux ont répondu à un sondage réalisé par la firme Léger Marketing.
Plus tôt cette année, le président de l’Ordre des architectes, André Bourassa, avait affirmé que la construction du CHUM en PPP n’avait « pas de sens », étant donné la complexité du projet. Le président de l’Ordre des ingénieurs abonde dans ce sens.
« Un hôpital est un organisme en perpétuel changement, a dit Ghavitian, au cours d’un entretien, hier. Il y a toujours une évolution en médecine et dans les besoins de la population. On ne peut pas figer cela dans un contrat de PPP. Ce n’est pas tout. Actuellement, il n’y a pas beaucoup de financiers qui prêtent de l’argent. Le gouvernement est appelé à garantir l’emprunt, comme il l’a fait pour la salle de l’Orchestre symphonique de Montréal. Cela signifie qu’il ne transfère plus les risques au secteur privé, ce qui est la raison d’être des PPP. »
La firme de sondage Léger Marketing a posé cette question à 228 économistes: « Le gouvernement du Québec est sur le point d’investir plus de 5 milliards de dollars pour la construction de trois grands centres hospitaliers universitaires (CHUM, CUSM et Sainte-Justine). Est-ce que ce serait selon vous une bonne ou une mauvaise chose que ces trois projets soient réalisés en mode PPP ? » Le tiers des répondants ( 32%) seulement ont répondu que c’est une bonne chose; 53% estiment que c’est une mauvaise chose; 15% n’ont pas d’opinion.

Au tour des entrepreneurs de contester les PPP
CENTRE HOSPITALIERS UNIVERSITAIRES
Après les architectes, les ingénieurs, les économistes et des médecins, c’est au tour des entrepreneurs généraux à contester le choix du partenariat public-privé ( PPP) pour construire les centres hospitaliers universitaires (CHU). Hier, le docteur Alain Vadeboncoeur, porte-parole d’une nouvelle coalition nommée « CHU sans PPP », a dit ne pas comprendre l’obstination du gouvernement à garder un mode « aussi coûteux ».
En conférence de presse, hier, la coalition « CHU sans PPP » (qui regroupe plusieurs associations professionnelles et syndicats) a appelé le gouvernement Charest à revenir « à une approche conventionnelle résolument publique» pour la construction des centres hospitaliers universitaires. Sur la photo, André Bourassa, président de l’Ordre des architectes, et Régine Laurent, présidente de la Fédération des infirmiers et infirmières du Québec. Les deux groupes font partie de la coalition.
Dans une lettre inédite, le président de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, Réjean Dallaire, appelle le gouvernement Charest à effectuer un virage. En vertu des PPP, les entreprises empruntent les fonds pour la construction des bâtiments publics, en deviennent les propriétaires et les louent au gouvernement pour une trentaine d’années. Mais depuis l’éclatement de la crise, les entrepreneurs sont incapables de trouver du financement à des taux avantageux, souligne-t-il.
« Il n’y a pas suffisamment de capitaux disponibles pour ce genre de risque en payant une prime raisonnable, écrit M. Dallaire. C’est la situation inverse qui prévalait en 2004 au moment où la décision de favoriser les PPP fut prise. Force est de constater que la crise actuelle invalide le critère de base du choix d’un PPP comme mode de réalisation.
« Et maintenir une forme de contrat qui ne correspond plus à la réalité dans l’espoir que la réalité future s’adaptera au contrat nous semble un pari très risqué. »
Les entrepreneurs québécois n’ont ni les capitaux requis, ni l’expérience dans les grands projets en PPP. Résultat : ce sont souvent les entreprises étrangères qui dirigent les consortiums, note le président de la Corporation. Celleci regroupe de gros entrepreneurs qui font partie de consortiums en lice pour la construction des centres hospitaliers. « Si tout va bien, les profits sortiront du Québec, dit M. Dallaire Si ça va mal, les entrepreneurs et nos sous-traitants ne seront pas payés. »
« Hydro-Québec réalise des milliards en travaux par année en prenant bien soin de tailler ses contrats en bouchées digérables par l’industrie de la construction, ajoute-t-il. Pourquoi Hydro-Québec n’utilise-t-elle pas le PPP? Parce que la prime rattachée à ce mode de contrat est trop élevée et que gérer le risque plutôt que de le transférer est plus efficace tant au niveau des coûts que des échéanciers. »
En conférence de presse, la coalition « CHU sans PPP » (qui regroupe plusieurs associations professionnelles et syndicats, mais pas la Corporation des entrepreneurs) a appelé le gouvernement Charest à revenir « à une approche conventionnelle résolument publique, où le gouvernement conservera toute sa maîtrise d’oeuvre, dans l’intérêt de tous et en particulier des patients », selon les mots du Dr Vadeboncoeur.
« Un hôpital est sujet à des réorganisations majeures et répétées, comme un organisme vivant, a déclaré André Bourassa, président de l’Ordre des architectes. Le mode PPP conduit à une rigidité qui rend coûteuses sinon impossibles à réaliser les améliorations requises au fil des ans. »
« On nous demande à même nos impôts de faire la mise de fonds, de garantir l’hypothèque et de rester quand même locataires, a déclaré Régine Laurent, présidente de la fédération syndicale qui regroupe la plupart des infirmières. Personne ne ferait ça d’une façon personnelle, mais on nous demande collectivement de nous embarquer dans un projet aussi fou. J’espère que le gouvernement, devant une si large coalition, va finir par écouter la voix de la raison. »

PROJETS EN PPP  Gagnon-Tremblay songe à faire marche arrière
La présidente du Conseil du T résor, Monique GagnonTremblay, reconnaît que les avantages liés aux partenariats public-privé ( PPP) ne sont pas les mêmes en temps de crise économique. Pour cette raison, elle ne « ferme pas la porte » à l’idée de revenir au mode de construction traditionnel dans quelques grands projets, comme l’échangeur Turcot et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).
Au cours des derniers jours, l’Ordre des architectes, l’Ordre des ingénieurs, la Corporation des entrepreneurs généraux et l’Association des économistes du Québec ont tous clamé que bâtir un hôpital universitaire et des installations d’envergure comme l’échangeur Turcot en mode PPP n’est pas souhaitablE.
« Je suis consciente qu’il y a des avantages aux PPP mais, dans notre contexte économique, si les avantages liés au PPP ne sont pas au rendez-vous, le gouvernement devra prendre les décisions appropriées », a déclaré la ministre.
Mme Gagnon-Tremblay n’est « pas insensible » à ce qu’elle a entendu cette semaine. Au cours des derniers jours, l’Ordre des architectes, l’Ordre des ingénieurs, la Corporation des entrepreneurs généraux et l’Association des économistes du Québec ont tous clamé que bâtir un hôpital universitaire et des installations d’envergure comme l’échangeur Turcot en mode PPP n’est pas souhaitable. La coalition « CHU sans PPP » a même vu le jour cette semaine.
Sans entrer dans les détails, Mme Gagnon-Tremblay a affirmé que, pour l’instant, le processus suit son cours: « On n’est pas en train d’évaluer un moment pour changer de cap. Mais plusieurs intervenants sont dans le dossier et pourront dire à un moment s’il faut faire marche arrière », a-t-elle dit.
Selon nos sources, plusieurs personnes influentes à Québec souhaitent que le gouvernement abandonne les PPP. Un représentant de l’Agence des PPP a d’ailleurs dit cette semaine qu’il se sentait « bien seul » dans le dossier PPP.
Dans une let t re ouver t e publiée j eudi par le quotidien Le Devoir, le président de l’Agence des PPP, Pierre Lefebvre, assure que, si les projets du complexe Turcot et des CHU sont complexes et risqués, il s’agit justement « d’un argument de taille pour que les risques de ces projets ne soient pas assumés uniquement par le gouvernement et les contribuables québécois ».
Pour sa part, Mme GagnonTremblay affirme que, « quel que soit le mode choisi, la rigueur sera au rendez-vous ». « Ma grande préoccupation, c ’est l’argent des contribuables » , dit-elle.
Mme Gagnon-Tremblay n’est pas la seule à ouvrir la porte à un changement de cap. Le cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, conf i rme que les projets de construction de grands hôpitaux en PPP « n’est pas une religion ».
« On a privilégié le mode PPP parce qu’on nous prouvait que c’était plus avantageux au moment où on a fait l’analyse initiale. Mais quand on aura les propositions finales, on devra réévaluer », a dit l’attachée de presse du ministre Bolduc, Marie-Ève Bédard.


Bolduc envisage de renoncer au PPP
Construction du nouveau CHUM à Montréal
QUÉBEC— Leministre de la Santé, Yves Bolduc, envisage de revenir sur la décision de construire le nouveau Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) en partenariat public-privé.
Le ministre de la Santé Yves Bolduc a ouvert la porte à la possibilité que la construction du nouveau CHUM se fasse en mode conventionnel : « Les PPP, ce n’est pas une religion, c’est un moyen de réaliser un projet. »
« Le PPP n’est pas une religion pour notre parti, a-t-il affirmé en Chambre hier. On va prendre la meilleure façon de le construire. Si, en cours de route, on voit qu’on doit changer, on va le regarder. »
Depuis le départ de Monique Jérôme-Forget, qui faisait l’apologie des PPP, le gouvernement Charest remet en question le recours à cette forme de partenariat pour la construction de plusieurs grands projets.
Vendredi, la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, reconnaissait que les avantages liés aux PPP ne sont pas les mêmes en temps de crise économique. Elle ne « ferme pas la porte » à l’idée de revenir au mode de construction traditionnel dans le cas de l’échangeur Turcot et du CHUM.
La veille, le président de l’Agence des PPP, Pierre Lefebvre, affirmait pourtant dans une lettre ouverte que si ces projets sont complexes et risqués, il s’agit là « d’un argument de taille pour que les risques de ces projets ne soient pas assumés uniquement par le gouvernement et les contribuables québécois ».
Au cours des derniers jours, l’Ordre des architectes, l’Ordre des ingénieurs, la Corporation des entrepreneurs généraux et l’Association des économistes du Québec ont plaidé pour que les projets du CHUM et de l’échangeur Turcot ne soient pas réalisés en PPP. Une coalition, CHU sans PPP, est née la semaine dernière.
« Le dogme libéral de construction en PPP commence à sérieusement s’embourber, a lancé la chef péquiste Pauline Marois lors de la période des questions hier. Ce n’est pas la première fois que nous mettons en garde le gouvernement contre les risques indus d’aller en mode PPP pour un hôpital universitaire. »
Yves Bolduc a ouvert la porte à la possibilité que la construction du nouveau CHUM se fasse en mode conventionnel. « Les PPP, ce n’est pas une religion, c’est unmoyen de réaliser un projet. Actuellement, on évalue le projet et comment il va être finalisé », a-t-il affirmé.
Il est toujours temps de revenir sur la décision d’opter pour un PPP puisque les plans et devis ne sont pas encore terminés – ils le seront bientôt. Québec peut changer d’avis tant que rien n’est signé avec un consortium privé. « Pour la modalité de construction, on a encore le temps de voir venir et on va choisir le meilleur projet », a dit Yves Bolduc.
Le gouvernement Charest a lancé l’appel de proposition pour la construction du futur CHUM le 30 mars dernier. Les coûts – en hausse depuis des années – atteignent maintenant 1,577 milliard de dollars (1,865 milliard si on tient compte du centre de recherche du CHUM). Québec a choisi de recourir à unPPPpour la construction du nouveau CHUM il y a deux ans.
Le ministre Bolduc envisage également de renoncer à agrandir l’Hôtel-Dieu de Québec en PPP. Selon le syndicat des employés du CHUQ, la facture est passée à au moins 935 millions de dollars. Lors de l’annonce du projet, le 30 juillet 2008, Québec évaluait le coût du projet à 635 millions.
Le gouvernement a mis de côté la formule des PPP pour la construction du complexe sportif de l’Université Laval (Super PEPS). Le projet sera réalisé en mode conventionnel, a-t-il annoncé vendredi. Il aurait coûté plus cher que les 85 millions de dollars prévus si Québec avait eu recours à un PPP.


Pourquoi se priver des PPP?  -  Érik Richer LaFlèche
En Ontario les économies réalisées dans le domaine de la santé se chiffrent à des centaines de millions
La prise en charge par le privé des risques liés à l’entretien et à la réparation garantit la qualité de la
construction.
L’auteur est associé au cabinet d’avocats Stikeman Elliott. Il s’occupe de grands projets partout dans le monde depuis plus de 25 ans. Il a conseillé le partenaire privé dans le premier PPP au Québec et conseille actuellement l’Ontario dans son premier PPP routier.
Dans la deuxième moitié des années 90, le gouvernement du Québec s’est penché sur la façon d’améliorer la construction et la gestion de l’infrastructure du Québec. Une partie importante de cette infrastructure arrive à la fin de son espérance de vie et doit être remplacée ou réhabilitée. Des investissements massifs sont nécessaires. Si l’on peut améliorer l’efficacité du gouvernement en tant que donneur d’ouvrage, le gouvernement « en aurait plus pour son argent ». Les économies ainsi réalisées permettraient la construction d’infrastructures additionnelles ou la création de postes supplémentaires dans la santé ou l’éducation.
Le Québec n’étant pas seul à devoir rénover ses infrastructures, le Conseil du Trésor a étudié ce qui se faisait en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Australie. Une solution développée dans un pays peut souvent être adoptée dans un autre. La solution qui avait la faveur de gouvernements dans le monde repose sur une plus grande implication du privé dans la conception, la construction et l’entretien d’infrastructures et de bâtiments, ce que nous appelons au Québec les partenariats public-privé ou PPP.
Le Conseil du Trésor s’est attardé sur deux modèles de PPP, le modèle anglais et le modèle français. Dans les deux cas, les risques de dépassements de coûts sont transférés au privé. De plus, la prise en charge par le privé des risques liés à l’entretien et à la réparation garantit la qualité de la construction. Quelqu’un obligé de construire une infrastructure et ensuite de l’entretenir et de la réparer à ses risques pendant 30 ans va s’assurer que l’infrastructure est bien conçue et construite. Il aura une vision holistique du projet qui l’obligera à planifier le cycle de vie de l’infrastructure. L’avantage pour le gouvernement est qu’il sait dès le début combien va coûter la construction, l’entretien et la réparation de l’infrastructure pendant 30 ans. Il n’y a pas de surprise. Le gouvernement peut mieux planifier.
À l’heure actuelle, on recense plus de 100 projets en mode PPP au Canada. La majorité est concentrée en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta. Au Québec, on en compte 10 dont deux particulièrement chahutés, le CHUM et l’échangeur Turcot, en raison du consensus incomplet sur leur définition.
Le programme PPP ontarien est le plus important au Canada. Il couvre plusieurs secteurs. Dans le secteur de la santé, l’Ontario construit actuellement 27 hôpitaux ou centres de santé en mode PPP et cinq autres sont en cours de soumission. De nouveaux projets sont continuellement ajoutés au programme. C’est la même chose dans les autres provinces. Les PPP dans le reste du Canada se portent bien, et ce, malgré la crise financière.
Comment expliquer la bonne santé du mode PPP ailleurs au Canada? La réponse que l’on donne est la même partout. La rigueur et la transparence des appels de soumission combinés à la prise en charge par le privé de la très grande majorité des risques procurent des économies importantes aux gouvernements. En Ontario, les économies réalisées dans le domaine de la santé se chiffrent à des centaines de millions de dollars.
Le mode PPP n’est qu’un simple outil de gestion. Il est utilisé dans les économies développées et les pays émergents par des gouvernements de gauche comme de droite, depuis la Scandinavie jusqu’au Brésil en passant par la majorité des pays du monde. Son utilisation permet aux gouvernements d’économiser et d’augmenter leur offre. Pourquoi le Québec devrait-il s’en priver ? Payer plus cher pour du béton n’aidera pas les patients à guérir ou les élèves à apprendre.





Pourquoi attendre ? -  Pierre Gravel
Les PPP doivent être annulés au plus tôt, 300 millions ont déjà été dilapidés
Le CHUM deviendra un fouillis honteux plus important et plus coûteux que le Stade olympique s’il est construit en mode PPP.
L’auteur est un ingénieur qui réside à Laval.
Un hôpital est un bâtiment dynamique, vivant, qui bat au rythme quotidien des soins qui y sont prodigués, qui doit croître selon les besoins de ses usagers, de ses employés et évoluer selon les exigences des nouvelles technologies.
Depuis quelques semaines, les PPP sont ouvertement remis en question par les ordres professionnels d’architectes et d’ingénieurs, et par plusieurs groupes d’usagers du CHUM et ils ont raison. Le mode PPP n’est absolument pas adapté pour la construction d’un hôpital, contrairement, par exemple, à un pont qui est un ouvrage statique et qui n’a besoin que d’un entretien régulier et prévisible.
Dans ce contexte des PPP, les ministres responsables ont fait des déclarations déconcertantes sur les modes de gestion de construction, sur le partage des risques, sur l’évolution des échéanciers et le contrôle des coûts. Ces déclarations indiquent une très mauvaise connaissance du dossier. Si la situation est si évidente pour les spécialistes, pourquoi alors attendre encore six mois pour décider d’annuler les PPP et changer de mode de construction? Sont-ils les seuls à avoir raison?
Si les PPP sont finalement abandonnés, le gouvernement fera face à des poursuites de plusieurs dizaines de millions de dollars de la part de promoteurs et de bureaux de professionnels qui auront alors travaillé pour rien. On aura perdu six mois et ces mêmes professionnels en conflit seront ceux qui possèdent présentement l’expertise dont a besoin le projet. Beau dilemme!
L’attitude attentiste et l’opportunisme politique du gouvernement québécois provoquent actuellement une désaffection et un désistement marqués des professionnels attachés à ce projet. Ces derniers, qui sont traités avec méfiance dans leur propre expertise et spécialité, selon la structure actuelle des PPP mise sur pied par les avocats et les comptables de l’entourage gouvernemental, seront, qu’on le veuille ou non, les partenaires et les collaborateurs de confiance de demain du gouvernement pour la réalisation de ce projet. Quelle atmosphère de travail !
Plus de 300 millions ont déjà été dilapidés, c’est assez! Il faut donc prendre maintenant la décision d’annuler les PPP, tourner la page, recréer un contexte de travail de confiance et laisser aux experts de la construction le soin de structurer un mode de réalisation qui a fait ses preuves et qui ralliera toutes les énergies. Et tant qu’à faire, on pourrait penser changer de site. L’expertise est ici, prête à travailler avec fierté. Plusieurs grands projets totalisant plus de 1 milliard de dollars – l’aéroport de Dorval et les nouveaux pavillons de l’Université de Montréal, pour n’en nommer que quelques-uns – ont été exécutés dans les dernières années selon un mode de réalisation connu, sans dépassement de coûts et dans le respect des besoins du client et des échéanciers.
I l faut absolument que le CHUM soit construit selon un mode traditionnel ou en gérance de projet, mais surtout pas en PPP. Sinon, ce projet deviendra un fouillis honteux plus important et plus coûteux que le Stade olympique, ce qui n’est pas peu dire. Et ce sera encore plus dramatique, car ces bâtiments sont vitaux pour le bien-être de la société. Il est encore temps de renverser la vapeur. Maintenant.



Plus les ouvrages sont complexes, plus les avantages des PPP sont importants 
PPP : Soyons courageux -  Marcel Boyer
Le plus grand chantier PPP en France : plus de 1000 lits, ouverture en 2011, contrat d’une durée de 30 ans. Trop compliqué pour le Québec, mais pas pour les autres !
L’auteur est professeur émérite de sciences économiques à l’Université de Montréal et fellow du CIRANO. Le débat sur le rôle des PPP en santé refait encore une fois surface ces jours-ci avec le projet du CHUM. Certains pensent que l’amoncellement d’erreurs dans le dossier du CHUM le rend finalement impropre à la formule PPP. Peut-être. D’autres pensent que, en dépit des erreurs commises, il faut éviter d’en faire une autre en renonçant à la formule PPP. De toute manière, si on veut abandonner la formule PPP, faisons-le pour les bonnes raisons.
Renoncer aux PPP pour le futur CHUM serait une erreur.
Deux arguments économiques principaux sont soulevés ces jours-ci par les opposants au PPP-CHUM.
Le premier argument: un hôpital est un ouvrage complexe qui devra être modifié et transformé au cours des ans en fonction des besoins et des progrès en médecine. L’erreur est subtile. Les modalités contractuelles des transformations ultérieures d’un grand hôpital peuvent très bien être incluses dans le contrat de partenariat. politiques, bureaucratiques, professionnels, corporatistes et syndicaux aux dépens des patients et des contribuables.
Les opposants au PPP devraient nous expliquer pourquoi de nombreux pays ont adopté la formule PPP pour la rénovation, l’agrandissement, la transformation et la construction de leurs hôpitaux. Le plus grand chantier PPP en France est le Centre hospitalier sud-francilien: plus de 1000 lits, ouverture en 2011, contrat PPP d’une durée de 30 ans. Que dire de plus? Trop compliqué pour le Québec, mais pas pour les autres!
Les avantages des PPP restent importants même et peut-être encore plus dans le cas d’ouvrages complexes. Leur grand avantage vient de la mise en concurrence des partenaires privés pour faire émerger les meilleures pratiques (gestion de risques, contrôle des coûts, maintien des infrastructures, développement de compétences à valoriser) et pour réduire le pouvoir des groupes d’intérêt
Le second argument : le taux d’intérêt sur les emprunts gouvernementaux étant plus faible que celui du secteur privé, le coût d’un bien ou service sera nécessairement plus faible s’il est produit par le secteur public. Il est vrai que le secteur public peut emprunter à des taux d’intérêt plus faibles. La raison: contrairement aux entreprises privées, le gouvernement a le droit et le pouvoir de lever des taxes ou impôts supplémentaires si ses projets sont des échecs.
Du point de vue des contribuables, ce droit de l’État a un coût bien réel, mais caché ou non comptabilisé : c’est la valeur de l’option financière consentie par les contribuables à l’État d’obtenir et d’exiger des fonds additionnels pour couvrir l’échec, voire la faillite du projet considéré. Le différentiel de taux d’intérêt est précisément égal au coût de cette option que détient le gouvernement. Si les citoyens donnaient à une entreprise privée l’option de les « taxer » si elle se retrouvait en situation de détresse financière, elle pourrait se financer au même taux que le gouvernement. D’où l’erreur, subtile certes, mais claire et nette.
La crise du crédit fait actuellement mal aux PPP comme elle fait mal à bien des institutions et entreprises. Il faudra dans ce dossier, comme dans bien d’autres liés à cette crise, faire preuve d’innovation et de courage. Mais cette crise ne remet aucunement en cause le rôle fondamental des marchés et de la concurrence dans l’émergence d’une économie du secteur public plus efficace et plus prospère.


Charest enterre les PPP Le président de l’Agence des PPP quitte son poste

EXCLUSIF
Ce changement de cap signifierait un an de retard supplémentaire pour le projet de construction du nouveau CHUM.
— Le gouvernement Charest va habiller l’opérat ion comme une profonde « réf lexion » sur l’avenir de la formule des par tenariats public-privé. Mais à Québec tout le monde a compris qu’il s’agissait d’un enterrement de première classe, surtout le président de l’Agence des PPP, Pierre Lefebvre.
Le départ du président de l’Agence des partenariats public-privé, Pierre Lefebvre, doit être annoncé aujourd’hui, après la réunion du Conseil des ministres, a appris La Presse.
Le départ de ce haut fonctionnai re doit être annoncé aujourd’hui, après la réunion du conseil des ministres, a appris La Presse. Le protégé de Monique Jérôme-Forget était dans la ligne de mire de bien des membres du gouvernement depuis le départ de la Dame de fer, début avril.
Joint hier, il a refusé de commenter. Cette démission, préditon déjà, ouvrira la voie au retour au mode conventionnel pour la construction du CHUM, l’hôpital universitaire de Montréal. Ce changement de cap signifierait un an de retard supplémentaire – il faudra faire travailler des professionnels avant d’aller en appel d’offres général et donner tout le temps nécessaire aux entrepreneurs d’y répondre.
Tout récemment le ministre de la Santé, Yves Bolduc, soulignait que le gouvernement reconsidérait le choix de la formule PPP pour le CHUM. « Si le gouvernement ne s’était pas peinturé il y a quelques semaines en faveur du projet en PPP, (il voulait désamorcer un rapport embarrassant du Véri ficateur général), on serait déjà revenu en conventionnel », confie une source au centre de toutes ces tractations.
« Pour les médecins spécialistes, il est évident que si on abandonne le PPP pour le CHUM c’est une excellente nouvelle », de renchérir de son côté le Dr Gaétan Barrette, le président des 8000 spécialistes.
La présidente du Conseil du Trésor, Monique GagnonTremblay, avait aussi des réticences et insiste depuis des semaines sur le fait qu’elle n’a jamais trouvé que les PPP étaient une panacée. Et, en coulisse, Julie Boulet et tout le ministère des Transports travaillent à ce que la réfection de l’échangeur Turcot revienne en mode conventionnel. Même le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s’est mis de la partie pour dema nder que T u r cot revienne en construction conventionnelle. Pierre Lefebvre, indique-t-on, voyait clairement dans ces sorties publiques convergentes la mort annoncée du processus de PPP.
Depuis les dernières semaines, les associations de professionnels, les ingénieurs, les architectes et les entrepreneurs généraux ont enclenché une campagne publique pour que ces deux immenses projets ne soient plus réalisés en partenariat public-privé.
Moins médiatisés, beaucoup d’autres projets, le CHUQ (l’hôpital universitaire de Québec), et des constructions de prisons provinciales, sont aussi « pris dans la mélasse ».
De sources sûres, on a appris que Pierre Lefebvre restera employé au Trésor pour la transition, et deviendrait, à compter de l’automne prochain, secrétaire associé au Conseil du Trésor, une étape avant son départ de la fonction publique – son contrat arrivait à échéance au printemps prochain.
Avec un remaniement mineur, le gouvernement Charest doit annoncer ce matin un jeu de chaise musicale plus imposant du côté de la haute fonction publique – même en fin de semaine, on s’affairait à ce sujet au Conseil exécutif, le ministère du premier ministre.
« Québec traîne les pieds »
Le gouvernement annoncera le remplacement, par intérim, de M. Lefebvre par un haut fonctionnaire. Depuis des semaines, Québec coupait l’oxygène à l’organisme chargé de préparer les partenariats. L’indécision du gouvernement se manifeste de bien des manières. La moitié du conseil d’administration est parti sans être remplacé – le président du conseil, Claude Garcia, est parti depuis mars –, le sousministre des Transports, Denis Jean, assume l’intérim depuis.
Pour l’économiste deCIRANO, Marcel Boyer, membre du conseil de l ’ agence, « le gouvernement traîne les pieds dans ces dossiers. Il y a beaucoup de rumeurs… je pourrai commenter dans quelques jours ». « Je suis déçu. Les PPP ont leur place même s’il y a une forte opposition au Québec, ce sont des arguments qui ne tiennent pas la route. L’opposition aux PPP vient en général de gens dont la compétence n’est pas étincelante. Ce n’est pas parce qu’on dit quatre fois la même chose que cela devient vrai pour autant », de conclure l’économiste.
Aussi, des postes de cadres à l’Agence ont été annoncés, mais n’ont jamais eu le feu vert pour être comblés.





Turcot La facture dépassera le milliard et demi  -  Bruno Bisson
La reconstruction de l’échangeur Turcot, au sud-ouest de Montréal, coûtera plus cher que le milliard et demi annoncé, et elle sera probablement reportée d’un an en raison des changements que le ministère des Transports devra apporter au projet.
Dans un entretien avec La Presse, hier, la ministre des Transports, Julie Boulet, a affirmé: «On fera tout ce qui est possible pour respecter les délais prévus. On parlait d’une reconstruction entre 2009 et 2016, mais avec les changements à apporter, on ne commencera pas cette année. Moi, ma date butoir, c’est 2017, le plus loin que je peux aller. Il faut reconstruire l’échangeur Turcot.»
Cet échangeur est le plus gros carrefour autoroutier de la province. Près de 300 000 automobiles et camions l’empruntent chaque jour. Il relie les autoroutes A-15 (Décarie), A-20 et A720 (Ville-Marie) entre elles et avec les quartiers du Sud-Ouest qu’il traverse depuis 42 ans.
Devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), en mai et juin derniers, la grande majorité des groupes et des personnes qui ont participé aux consultations ont condamné presque tous les aspects (transports en commun, intégration urbaine, circulation automobile, etc.) du concept soumis par le MTQ pour reconstruire cet échangeur.
Danssonrapportrendupublic mardi, le BAPE a recommandé des modifications substantielles au projet, particulièrement sur le plan de l’intégration urbaine dans les secteurs résidentiels de Saint-Henri et Côte-Saint-Paul, où la reconstruction aura le plus d’impacts.
Denis Lévesque, porte-parole de Mobilisation Turcot, coalition d’organismes du SudOuest, a affirmé hier que les recommandations du BAPE représentent « une victoire morale importante » pour la population qui vit à proximité de l’échangeur.
«Il a fallu travailler fort pour convaincre les gens de se présenter en grand nombre aux audiences publiques, dit M. Lévesque. Les gens ne nous croyaient pas quand on leur disait que ça pouvait faire une différence. Ils sont allés dire au BAPE ce qu’ils ressentaient, ce que ce projet allait changer à leurs vies et à leur quartier. Le rapport montre que le BAPE y a été sensible.»
M. Lévesque a toutefois tenu à relativiser l’importance de cette victoire en soulignant que le BAPE n’a qu’un rôle consultatif et que c’est le gouvernement du Québec qui aura le dernier mot quant à l’avenir du projet Turcot.
À l’inverse, le rapport a eu l’effet d’une douche froide sur l’Association du camionnage du Québec (ACQ), une des rares organisations qui appuyait entièrement le projet du MTQ. La majorité des plus grandes entreprises de camionnage du Québec en sont membres.
En entrevue, hier, le PDG, Marc Cadieux, a estimé que tout retard dans la reconstruction d’une infrastructure aussi stratégique pourrait avoir des impacts économiques désastreux.
« La congestion routière est en train de prendre des proportions énormes à Montréal, assure-t-il. Cela a des impacts évidents sur les transporteurs, bien sûr. Mais au-delà de ça, la congestion a un coût environnemental que tout le monde va assumer si on brûle deux fois trop de carburant dans les embouteillages.»
Montréal dépité
La Ville de Montréal a également accueilli sans enthousiasme le rapport du BAPE, qui a rejeté plusieurs de ses recommandations les plus importantes, notamment en matière de circulation automobile et de transports en commun.
« À la Ville de Montréal, a déclaré hier le responsable du développement durable, Alan DeSousa, nous avons la conviction que la mise en place d’un véritable réseau régional de voies réservées aux transports collectifs sur l’ensemble du réseau métropolitain permettrait d’alléger la circulation dans le complexe Turcot, sans compromettre la fluidité la circulation.»
M. DeSousa a révélé que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et la ministre des Transports, Julie Boulet, ont discuté du dossier hier matin et que les équipes de travail de la Ville et du MTQ se rencontreront prochainement afin de reprendre le dialogue.
Selon M. DeSousa, le Ministère « aurait fait certaines avancées» sur des aspects importants du projet, «mais la question des transports en commun reste entière».

Le BAPE rejette le projet Turcot Pas d’expropriations, pas de remblai et plus de transports en commun  -  Bruno Bisson
« dans une approche de partenariat avec les collectivités concernées », sans démolir de logements et sans construire de remblai en milieu résidentiel.
« Il est important que la reconstruction du complexe Turcot ne soit pas seulement basée sur le maintien de la capacité de l’infrastructure routière, dit le rapport. Elle doit aussi concilier les enjeux de développement durable avec le milieu humain dans lequel elle cohabiterait. »
Le MTQ projetait de reconstruire la moitié des bretelles autoroutières de cet échangeur sur des remblais pouvant atteindre 8 m de hauteur, dont plusieurs en plein secteur résidentiel.
« Dans le secteur résidentiel de Côte-Saint-Paul, densément peuplé, la présence d’un remblai créerait deux enclaves physiques et visuelles, soutient le rapport. À plusieurs reprises en audiences publiques, des appréhensions ont été exprimées, à savoir que le quartier longeant l’A-15, entre l’échangeur Turcot et l’échangeur de La Vérendrye, serait irrémédiablement scindé en deux par le remblai projeté. »
Le BAPE recommande carrément (et c’est la plus grande surprise de ce rapport) de « réexaminer » la possibilité de reconstruire une portion de l’autoroute 15 en tranchée, sur une distance de plusieurs centaines de mètres entre le canal de Lachine et le boulevard de La Vérendrye.
Cette solution avait été proposée des mois avant les audiences du BAPE, qui ont eu lieu aux mois de mai et juin dernier, par l’architecte Pierre Brisset. Pour sa part, Pierre Gauthier, professeur en urbanisme à l’Université Concordia, avait fait valoir que l’effet d’enclavement de ces quartiers, créé lors de la construction de l’échangeur dans les années 60, « pourrait même être atténué si l’A-15 était reconstruite en tranchée ».
« Elle aurait l’avantage de permettre un passage de plus au-dessus de la tranchée entre les secteurs résidentiel et industriel/commercial, et créerait un lien visuel, en plus d’atténuer l’effet psychologique de barrière », fait en outre valoir le BAPE dans son rapport.
Le Bureau souligne par ailleurs qu’il « n’est pas possible de souscrire » à la possibilité que des maisons soient expropriées et des logements détruits par la reconstruction de l’échangeur « puisque la construction du complexe a, à l’origine, provoqué des acquisitions importantes qui ont fragmenté l’habitat urbain ».
« Le MTQ, e s t i me le BAPE, devrait revoir, en partenariat avec les villes de Montréal et de Westmount, l’administration du centre de santé McGill et les sociétés de transport concernées, la configuration de l’échangeur Turcot dans sa portion nord-est, incluant le futur boulevard Pullman, la rue Saint-Jacques et l’autoroute 720, et les voies d’accès au centre de santé McGill. »
Accent sur les transports collectifs
Le projet du MTQ prévoit la démolition d’environ 170 logements, qui sont situés en majorité au sud de l’autoroute Ville-Marie, dans le secteur de Saint-Henri. Ce quartier, rappelle d’ailleurs le rapport, a été déstructuré par la construction de l’échangeur original, qui avait chassé quelque 6000 personnes de leurs logements dans les années 60.
Enfin, les commissaires du BAPE n’ont pas paru impressionnés par l’aménagement de voies réservées aux autobus au milieu de l’autoroute 20.
« Bien qu’intéressantes, commente le rapport, (les voies réservées) ne constituent qu’une amorce d’un éventuel réseau sur le système autoroutier métropolitain. Qui plus est, elles n’ont pas encore fait l’objet d’une conception préliminaire. »
Le BAPE recommande ainsi que « l’opportunité de les prolonger vers le centre-ville de Montréal, sur l’autoroute 720, mais sans y ajouter de nouvelle voie », soit examinée, afin de créer un couloir complet de transports collectifs entre l’ouest de l’île et le centre-ville.
Mince consolation pour le MTQ, le rapport du BAPE établ it clai rement que la reconstruction de l’échangeur Turcot est nécessaire, même si le projet, lui, doit être revu en profondeur
De plus, le BAPE estime que cette infrastructure autoroutière « devrait conserver sa capacité actuel le pour répondre à plus long terme aux besoins en mobilité de la région métropolitaine ».
Le BAPE écarte ainsi implicitement les propositions des écologistes, qui souhaitaient qu’une partie des voies de l’autoroute soient soustraites au trafic automobile, et réservées exclusivement aux transports collectifs.

Réaménagement de l’autoroute Bonaventure : Isabelle Hudon en colère contre l’AMT  -  Éric Clément
En juin, la Ville de Montréal et la Société du Havre (SHM) ont présenté le projet de réaménagement de l’autoroute Bonaventure, aux portes de la métropole. Trois mois plus tard, il y a de l’eau dans le gaz, a appris La Presse. À cause de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), accuse Isabelle Hudon, présidente du conseil de la SHM, qui estime aussi que des fonctionnaires montréalais « ralentissent le processus».
Vue aérienne de l’arrivée de l’autoroute Bonaventure à Montréal.
Le projet de 142 millions est majeur. Il s’agit d’effacer les erreurs des anciennes administrations qui ont bétonné une des plus importantes entrées de Montréal, en créant un boulevard urbain, un couloir pour autobus et un quartier moderne, chic, vert et agréable près du viaduc ferroviaire du CN, du faubourg des Récollets et de l’îlot de la Commune. L’autoroute sera ramenée au sol et transformée en deux artères à partir de la rue Brennan.
Pou r que le projet soit moderne, la SHM a donné la priorité au covoiturage ainsi qu’aux piétons, vélos, autobus, tramways et voitures hybrides. Elle a recommandé de créer le couloir des transports collectifs dans la rue Dalhousie afin de faire circuler plus rapidement les autobus jusqu’au centreville. Le couloir Dalhousie coûtera 86 millions. Il relève de l’AMT.
Quand nous avons parlé de ce dossier au maire Gérald Tremblay, le 4 septembre, il a répondu que la question du financement du couloir était réglée. Vérification faite, ce n’est pas le cas. L’attaché de presse du maire, Martin Tremblay, a dit par la suite que le maire estime que le problème est réglé dans la mesure où, pour lui, il est clair que le projet doit aller de l’avant tel que planifié.
Vendredi dernier, La Presse a parlé au responsable du projet signaux très favorables», a dit M. Lavallée.
Pourtant, selon nos sources, la situation est plus complexe. Isabelle Hudon a même rencontré le maire Tremblay il y a quelque temps pour lui demander d’agir. Il s’est rendu sur-levendredi le directeur général de la SHM, Gaétan Rainville.
Joint par La Presse, le PDG de l’AMT, Joël Gauthier, ne veut pas parler ouvertement du dossier. Il se borne à dire que l’AMT n’a aucune objection à fina ncer le couloir. « Il faut que les utilisateurs des transports en commun de la Rive-Sud le sachent : l’AMT ne veut pas investir d’argent dans ce projet. Elle n’est pas de bonne foi. » à la Ville, le vice-président du comité exécutif, André Lavallée. Pour lui, l’AMT financera le couloir, car son coût est inscrit à son budget. «Cela a été discuté directement avec la SHM, la Ville et le gouvernement du Québec, et je n’ai que des champ voir le directeur général de la Ville, Claude Léger, et le fonctionnaire responsable du dossier, Gilles Robillard. Mais les choses ont traîné. Un problème de pente de la chaussée s’est ajouté, et a finalement été réglé il y a quelques jours, a dit Mais Isabelle Hudon était très fâchée vendredi. « L’AMT n’a jamais voulu se compromettre, a-t-elle dit. La ministre des Transports, Julie Boulet, n’a jamais reçu ce dossier de leur part. L’AMT veut son terminus d’autobus. Je le sais, je suis allée à Québec pour défendre le couloir auprès du gouvernement, tandis que M. Gauthier présentait son terminus. La ministre veut ce couloir, mais elle a prévenu M. Gauthier qu’il ne pourra avoir du financement pour les deux.
«J’en ai assez, a ajouté Mme Hudon. Gérald Tremblay a décidé d’aller de l’avant parce que je l’ai convaincu que c’était la meilleure chose à faire. Et comme ça a été le cas pour le Quartier des spectacles, il a agi même si Québec ne pouvait être au rendez-vous. Mais l’AMT ne s’est jamais compromise ; c’est de la mauvaise volonté. Il faut que les utilisateurs des transports en commun de la Rive-Sud le sachent : l’AMT ne veut pas investir d’argent dans ce projet. Elle n’est pas de bonne foi.»
Le maire Tremblay veut que le dossier avance et que les audiences de l’Office de consultation publique de Montréal sur ce projet aient lieu rapidement. Le comité exécutif pourrait aller de l’avant à ce sujet dès mercredi.
«Je peux vous dire que les jambettes de certains fonctionnaires ont ralenti le processus, a dit Mme Hudon. M. Tremblay est de bonne foi, mais est-ce le cas de sa machine? Les empêcheurs de tourner en rond, j’en ai assez. On veut donner une entrée d’envergure à Montréal. Chaque matin, environ 20 000 personnes de la Rive-Sud arrivent dans ce secteur en autobus et 12 000 en automobile. On veut diminuer la part modale de l’auto. C’est incroyable, une telle mauvaise volonté. Je suis tannée de voir ça. »



ÉCHANGEUR TURCOT  Québec renonce au PPP - Mathieu Perrault

Le ministère des Transports ne fera pas la réfection de l’échangeur Turcot en partenariat public-privé (PPP), aannoncéhiermatinlaministre Julie Boulet. Cette annonce survient unmois après que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, eut publiquement demandé à Québec de renoncer à ce PPP.
« Nous avons besoin d’une souplesse et d’une flexibilité que n’offre pas le PPP », a estimé la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet.
« Nous avions prévu que le PPP nous ferait économiser 100 millions, mais il n’y a plus du tout d’économies parce que le contexte économique mondial change les conditions de financement de nos partenaires », a dit la ministre Boulet en entrevue avec La Presse. « Comme il n’y avait pas d’avantages, nous avons regardé l’ensemble du dossier. Turcot est particulièrement complexe, dans un environnement urbanisé, avec plusieurs partenaires, l’école primaire, le centre Gadbois, les arrondissements, la Ville de Montréal. Nous avons besoin d’une souplesse et d’une flexibilité que n’offre pas le PPP. Le gouvernement peut moins intervenir pour faire des bonifications. »
Quels changements veut la ministre? « Il y a eu des demandes pertinentes durant les audiences publiques, il y aura certainement des requêtes de la part du BAPE, a indiqué Mme Boulet. Il y aura peut-être des demandes pour les transports collectifs. »
Le budget va-t-il augmenter? « Le budget de 1,5 milliard comprend 380 millions pour les imprévus, a assuré Mme Boulet. Il n’y aura pas de dépassement de coûts. »
La ministre admet que la sortie du maire Tremblay a joué un rôle dans cette annonce. « Tout ça a alimenté notre réflexion. »
André Lavallée, responsable du dossier des transports à la Ville de Montréal, a indiqué qu’il y avait eu des discussions sur les PPP avant et après la sortie du maire, lors des audiences du BAPE. « La décision de la Ville était unanime, a dit M. Lavallée. On avait informé la ministre avant les audiences. Et on a eu d’autres échanges depuis. »
La Ville souhaite rédui re l’achalandage de l’échangeur en favorisant les transports en commun. Elle craignait que le PPP ne rende les changements difficiles. « Le Ministère devait définir un ouvrage très, très précis et personne ne savait comment les demandes d’améliorations auraient pu être prises en compte. L’attention du Ministère portait uniquement sur les bretelles de l’échangeur, alors que nous voulons diminuer la circulation en aval et implanter des voies réservées au covoiturage, aux transports en commun et aux taxis. » Environ 40% de la circulation sur l’échangeur est constituée de banlieusards qui se rendent au travail à Montréal.
Critiques
Stéphane Bergeron, député péquiste de Verchères et porteparole de l’opposition en matière de transports, estime lui aussi que Turcot devra faire une plus grande place aux transports en commun. N’est-ce pas surprenant de la part d’un député de la RiveSud? « Au-delà du clientélisme, il faut réaliser que le moteur à combustion interne est condamné à plus ou moins brève échéance à cause de la raréfaction du pétrole, dit M. Bergeron. Il faut changer les comportements, mais pas réduire la capacité sans offrir des modes plus verts comme l’autobus ou le covoiturage. »
Le député péquiste estime que c’est la démission de l’ex-ministre des Finances Monique JérômeForget qui a permis l’abandon du PPP. « La ministre des Transports elle-même a émis des doutes l’automne dernier sur les PPP, souligne M. Bergeron. Mais Mme Jérôme-Forget a eu gain de cause. C’était une mauvaise décision. On sait par l’expérience internationale que les PPP de grande envergure sont généralement très coûteux, peu flexibles et dépassent les délais prescrits. Ce qu’il faut savoir maintenant, c’est combien a coûté cet entêtement pendant un an. On a fait travailler des gens à l’Agence des PPP et au Ministère. »
À l ’ I nstitut économique de Montréal, qui milite depuis plusieurs années pour les PPP, l’économiste principal Marcel Boyer fustige la décision du gouvernement. « Ce sont des arguments peu crédibles, dit M. Boyer. Le Ministère n’est historiquement pas capable de gérer l’entretien à long terme des infrastructures. Si le partenaire privé n’entretient pas adéquatement l’infrastructure, il n’est pas payé. S’il est en difficulté financière, le gouvernement peut récupérer l’infrastructure à moindre coût. Et pour ce qui est des changements, partout dans le monde, les grands hôpitaux sont construits en PPP et les changements sont prévus aux contrats. On peut s’inquiéter que le gouvernement soit prêt à lancer le projet sans trop savoir quels changements seront réclamés. C’est une porte ouverte aux dépassements de coûts. L’avantage des PPP, c’est qu’ils imposent une discipline. »



Turcot 2.0 -  Nathalie Collard
La volonté de faire une plus grande place aux transports collectifs doit l’emporter.
S’il y a une conclusion qui se dégage des audiences du BAPE sur la reconstruction de l’échangeur Turcot, c’est que le projet ne pourra se réaliser sous sa forme actuelle.
La majorité des mémoires présentés cette semaine vont dans le même sens: il faut faire une plus grande place aux transports collectifs. Et on ne pourra pas ignorer l’argument en disant qu’il s’agit de l’opinion d’une poignée d’écolos anti-auto: tout le monde, de la Ville de Montréal à la Direction de la santé publique en passant par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, réclame une meilleure intégration des transports en commun.
Il y a donc un fossé qui sépare les fonctionnaires du ministère des Transports de la plupart des intervenants qui ont pris la parole cette semaine. D’un côté, une vision très conservatrice basée sur le béton et le déplacement des véhicules, et de l’autre, une volonté réelle de profiter de la reconstruction de l’échangeur pour réaliser un projet urbain significatif.
C’est cette volonté qui doit l’emporter.
Le Ministère aurait dû consulter davantage avant de soumettre un projet aussi peu évolué. Une plus vaste consultation, accompagnée d’une meilleure écoute, lui aurait fait gagner du temps. Car il est évident aujourd’hui que si le BAPE et le MTQ veulent conserver leur crédibilité, les fonctionnaires devront retourner à leur table à dessin. Ce projet est trop important pour tourner les coins ronds. Le prochain échangeur Turcot doit absolument refléter les préoccupations et les réalités du XXIe siècle.
Dans les faits, cela signifie non seulement une meilleure intégration des différents moyens de se déplacer, mais également une vision beaucoup plus large de l’aménagement du territoire. Comme l’a déclaré avec beaucoup d’éclat le directeur de la santé publique de Montréal, Richard Lessard, « Montréal n’est pas un champ de blé d’Inde ».
Cette déclaration cinglante vise bien entendu la désinvolture avec laquelle le MTQ a évoqué l’expropriation de plusieurs résidants riverains de l’échangeur. Cet aspect-là du projet devrait également être revu afin de minimiser les impacts. La Ville de Montréal estime que c’est possible.
Le MTQ devrait également faire preuve d’un peu moins de dogmatisme à propos de la construction sur talus. Cette méthode s’avère peut-être plus économique à certains endroits, mais dans des cas précis, on pense entre autres au quartier Côte-SaintPaul, il y a unanimité sur les effets d’enclavement que des talus susciteraient.
Enfin, l’autre aspect crucial du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot a trait à son mode de réalisation. Le partenariat public-privé est-il vraiment la meilleure solution dans ce cas précis? La Ville de Montréal a exprimé, avec raison, ses réticences. On ne s’attaque pas à un projet de cette envergure, et qui aura un tel impact pour des années à venir, avec une montre en main.
Oui, il y a urgence à reconstruire l’échangeur avant qu’un morceau de béton ne se détache et tombe sur une voiture. Cette urgence ne doit toutefois pas justifier qu’on rogne sur les aspects plus avant-gardistes de l’ouvrage. De l’avis de plusieurs, le mode PPP ne permet ni latitude ni flexibilité.
Voilà l’occasion de réaliser un projet marquant pour Montréal. Ne laissons pas cette chance passer.



Échangeur Turcot : Québec ouvert à des modifications
La ministre Boulet est prête à ajouter des voies réservées aux transports collectifs
Le député péquiste Stéphane Bergeron a accusé la ministre d’avoir présenté un projet qui « fait l’unanimité contre lui » aux audiences du BAPE.
— Confrontée à une avalanche de critiques, la ministre des Transports, Julie Boulet, ouvre la porte à des modifications au projet de reconstruction de l’échangeur Turcot. Elle se dit prête à ajouter des voies réservées aux transports collectifs, ce qui répondrait en partie aux demandes de la Ville de Montréal et de la Société de transport de Montréal (STM).
Ces modi fications feraient gonfler la facture du projet, mais Julie Boulet ne les a pas chiffrées hier. La ministre n’est pas allée aussi loin que sa collègue du Trésor, Monique GagnonTremblay, pour qui les coûts du projet Turcot pourraient exploser de 50% à 100% comme dans le cas du nouveau CHUM.
Le projet « a été annoncé en juillet 2007 au coût de 1,5 milliard de dollars », s’est contentée de dire Mme Boulet au cours de la période des questions à l’Assemblée nationale. Elle n’a pas précisé si l’estimation demeurerait la même. Elle a toutefois souligné que « dans le 1,5 milliard, il y a 390 millions de contingences », un coussin pour faire face aux imprévus. des voies réservées sur l’autoroute 20 vers l’ouest jusqu’à Dorval, des voies réservées vers le centre-ville, sur la rue SaintJacques, alors, oui, ce seront des ajouts, et nous serons fiers de participer à ces travaux », a-telle affirmé. Ces nouvelles voies
En Chambre, l e député péquiste Stéphane Bergeron a accusé la ministre d’avoir présenté un projet qui « fait l’unanimité contre lui » aux audiences du BAPE. Julie Boulet a répondu que le dossier Turcot « est en constante évolution ».
« Le projet peut être bonifié. Si la Ville demande notamment qu’on travaille, avec la STM, à réservées sont présentement à l’étude et font l’objet de discussions avec la Ville et la STM.
« L’ensemble des revendications à ce jour des organismes qui se sont présentés au BAPE, concerne le transport collectif », a souligné Julie Boulet.
Or, le maire de Montréal , Gérald Tremblay, réclame de nombreux autres changements majeurs . I l demande ent re autres que le projet soit réalisé en mode conventionnel, et non en partenariat public-privé ( PPP). Le gouvernement Charest étudie cette option.
Gérald Tremblay propose également que des nouvelles voies réservées aux transports collectifs soient mises en place dans l’ensemble du réseau autoroutier, y compris les autoroutes 10, 15, 20, 25 et 40. La proposition du président de la Société de transport de Montréal, Michel Labrecque, est à peu près la même. Il demande « d’inclure une solution globale de transports collectifs permanente et intégrale, sur l’ensemble de l’axe est-ouest, en lien avec le réseau routier supérieur, soit les autoroutes 10, 15, 20 et 40 ».
Une nouvelle voie réservée entre Dorval et Montréal-Ouest, comme l’envisage Julie Boulet, aurait une distance d’environ 11 km. Sa construction serait complexe puisque ce secteur est fort achalandé. Le cabinet de la ministre n’a fourni aucun détail sur cette éventuelle voie réservée tout comme sur celle en direction du centre-ville.
Le projet ac t uel prévoit une seule voie réservée, dans l’axe de l’autoroute 20, de Montréal-Ouest jusqu’aux stations de métro Saint-Henri et Lionel-Groulx. Le ministère des Transports ( MTQ) n’en a précisé ni le coût ni la distance – elle serait d’environ 8 km.
Le MTQ a ajouté cette voie réservée à la hâte, tout juste avant le début des audiences du BAPE. La Ville de Montréal et la STM en ont appris l’existence en même temps que la population. Le projet initial ne prévoyait en effet aucune voie réservée aux transports collectifs.




« Montréal n’est pas un champ de blé d’Inde »
La direction de la Santé publique estime le projet « inacceptable »
La Direction de la santé publique (DSP) deMontréal considèreque le projet de reconstruction de l’échangeurTurcot est « inacceptable » sur le plan de la santé publique, en raison de ses impacts sur les quartiers limitrophes et de la croissance de la circulation automobile qui en résultera après sa mise en service en 2016.
Le Dr Richard Lessard, directeur régional de la santé publique, affirme que le MTQ doit revoir le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot (notre photo), et devrait proposer « une reconstruction en milieu urbain qui tienne compte de la population qui y vit ».
Dans un mémoire présenté mercredi soir au cours des consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE), la DSP estime de plus que le projet du ministère des Transports du Québec « n’apportera aucune amélioration significative aux conséquences de la déchirure du tissu urbain » qui affecte encore les quartiers du sudouest de Montréal traversés par des bretelles de l’échangeur actuel, inauguré en 1967.
Dans ses recommandations, le rapport de la DSP parle même d’« injustice environnementale » dans le cas des 166 ménages menacés d’expropriation pour la construction d’une bretelle d’autoroute, « qui vise à maintenir les déplacements pendulaires en automobile des personnes qui habitent loin du secteur touché ».
En présentant la position de l’organisme au BAPE, le directeur régional de la santé publique, Dr Richard Lessard, a affirmé que le MTQdoit revoir ce projet, et devrait proposer « une reconstruction en milieu urbain qui tienne compte de la population qui y vit ».
« Montréal n’est pas un champ de blé d’Inde au travers duquel on passe une autoroute. Il y a du monde qui vit là, et je pense qu’on doit donner la priorité aux personnes qui y vivent », a-t-il déclaré en conclusion de sa présentation.
En entrevue à La Presse, le directeur de la santé publique de Montréal a ajouté que si le projet Turcot devait aller de l’avant tel que proposé, il pourrait se servir d’un article de la Loi québécoise sur la santé publique, pour contraindre des intervenants à s’engager, avec lui, dans « une recherche de solutions » pour prévenir les problèmes de santé publique induits par le trafic automobile.
L’article 55 de la Loi sur la santé publique (voir encadré) accorde en effet aux directeurs de santé publique régionaux l’autorité de lancer un tel processus, et de contraindre des organismes ou des personnes à y participer, si le directeur « craint l’apparition dans sa région d’une situation présentant des risques élevés de mortalité, d’incapacité ou de morbidité évitables pour la population ou pour un groupe d’individus ».
Depuis plusieurs années, la DSP a fait des nuisances environnementales liées aux transports et à leurs infrastructures un vaste sujet de recherches, qui a déjà produit quelques études significatives, et inquiétantes, sur les impacts de la pollution automobile sur la santé des personnes résidant à proximité des routes, et sur la relation entre la densité du trafic et le nombre des hospitalisations liées aux accidents routiers.
Des avis non partagés
Les résultats de ces recherches ont amené la DSP de Montréal à intervenir à plusieurs reprises dans des débats publics entourant des projets autoroutiers, comme celui de la construction d’un nouveau pont entre Laval et Montréal, dans le prolongement de l’A-25, et celui de la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute à huit voies de circulation dans l’est de Montréal. Chaque fois, ces projets routiers ont été autorisés par le gouvernement du Québec, malgré l’avis défavorable de la DSP.
« Dans les dossiers d’infrastructures routières, déplore le Dr Lessard, on a l’impression que des problèmes de santé, onpeut en créer sans que ça dérange personne. »
Selon le mémoire de la DSP, déposé mercredi au BAPE, l’exposition aux niveaux actuels de polluants de l’air, à Montréal, serait associée à environ 1300 décès prématurés attribuables à la pollution atmosphérique, ainsi qu’à 6000 cas de bronchite aiguë infantile et plus de 114 000 journées-personnes de symptômes d’asthme.
De plus, selon des estimations des impacts sanitaires liés aux émissions polluantes provenant du transport routier, pour l’année 2000, àMontréal, plus de 250 décès par année, et 13 000 journées-personnes de symptômes d’asthme, seraient attribuables aux émissions des automobiles et des camions.
« Je pense, a déclaré Dr Lessard au BAPE, mercredi, qu’il faut concevoir un nouveau projet en considérant les politiques gouvernementales sur la santé publique et l’environnement, et de le concevoir dans une perspective qui va se rendre jusqu’en 2030 ou 2050, avec une vision complètement différente de ce qu’on avait vu jusqu’à maintenant. »
« Si on recrée l’infrastructure proposée, on nous enferme dans une façon de vivre et de penser pour les 40 ou 50 prochaines années, qui force à utiliser davantage l’automobile que ses alternatives. Parce que le 1,5 milliard qu’on va mettre dans ce projet-là, on ne le met pas dans les alternatives, au moment où on se parle. »



 
RECONSTRUCTION DE L’ÉCHANGEUR TURCOT  « Une logique des années 60 »
Michel Labrecque déplore le peu de place laissé aux transports collectifs dans le projet
Le président de la Société de transport de Montréal (STM), Michel Labrecque, a estimé mardi que le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot s’inscrit dans « une logique des années 60 », et que les propositions de transports collectifs qui y figurent sont « légères », insuffisantes et imprécises.
La Société de transport de Montréal et son président, Michel Labrecque (à gauche de la photo), ont aligné leur position sur celle de la métropole, relativement au projet de reconstruction de l’échangeur Turcot. C’est le maire Gérald Tremblay qui, quelques heures plus tôt, avait présenté le point de vue de sa ville.
L’ancien militant et pionnier du réseau cyclable montréalais, propulsé à la présidence de la plus grosse société de transport public du Québec par le maire de Montréal, l’hiver dernier, a réclamé que le projet du ministère des Transports du Québec (MTQ) soit modifié, afin d’« inclure une solution globale de transports collectifs permanente et intégrale, sur l’ensemble de l’axe est-ouest, en lien avec le réseau routier supérieur, soit les autoroutes 10, 15, 20 et 40 ».
La STM s’aligne ainsi sur la proposition centrale du mémoire de la Ville de Montréal présenté quelques heures plus tôt par le maire Gérald Tremblay devant la commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui complète cette semaine ses consultations sur le projet routier de 1,5 milliard du MTQ.
Ce projet prévoit la reconstruction des quatre échangeurs qui composent le complexe Turcot dans le sud-ouest de Montréal, où transitent environ 290 000 véhicules par jour. Le MTQ a greffé à son projet autoroutier la création d’une voie réservée exclusivement aux transports collectifs, dans l’axe de l’autoroute 20, qui s’étendrait de MontréalOuest jusqu’aux stations de métro Saint-Henri et Lionel-Groulx, dans le sud-ouest de la ville.
« La STM ne peut pas accepter le projet tel que présenté par le MTQ, a dit M. Labrecque, en conclusion de sa présentation, tard mardi soir devant le BAPE. Les propositions que nous avons, à l’heure actuelle, ne sont pas suffisamment claires et précises pour voir comment nous allons intégrer nos offres de services de transports collectifs ».
« Est-ce que ce sont de courts secteurs? De plus longs secteurs? Si on crée, en amont et en aval, des bouchons de circulation, si nos systèmes ne sont pas capables de se déplacer efficacement de l’ouest vers le centre-ville, a-t-il dit, on n’obtiendra pas de gains réels, et on n’opérera pas de transfert modal » entre l’automobile et les transports en commun.
Puis, sortant de son texte, M. Labrecque s’est interrogé à haute voix sur le sérieux des propositions du MTQ en évoquant les années 60 et un film de Denys Arcand des années 70, pour exprimer le désarroi de la STM face au projet conçu par le ministère.
« Je vous dirais, a déclaré le président de la STM à commission du BAPE, qu’on travaille très étroitement avec le ministère des Transports du Québec parce que celui-ci a décidé, de concert avec les municipalités, d’initier un programme d’améliorations des transports collectifs. Je vous dirais que c’est comme la partie gauche – vous savez, des fois on dit que la main droite et la main gauche ne savent pas toujours ce que l’autre est en train de faire ? »
« Dans ce cas-ci, ce qui est très particulier, c’est que le MTQ est partenaire avec des sociétés de transports collectifs dans l’amélioration de la qualité de l’offre et des services que nous offrons. Et en même temps, dans ce projet-là, on comprend que la partie droite du cerveau est plutôt dans une logique de planification autoroutière des années60 – et je vous dirais presque du film Réjeanne Padovani, de Denys Arcand, où Mme Padovani est morte et coulée dans un pilier de l’échangeur Turcot, si vous vous souvenez de la scène finale du film. »
« Donc, on a une difficulté à comprendre que dans ce projet-là l’intégration réelle, concrète, précise et opérationnelle des transports collectifs légers et lourds ne soit pas faite à la hauteur de ce que le ministère est capable de faire. »
Navette ferroviaire et mesures temporaires
En plus de la création d’un réseau métropolitain de voies réservées pour les transports collectifs, déjà réclamé par la Ville de Montréal, la STM demande des améliorations substantielles pour favoriser la circulation de ses autobus, entre le sud-ouest et le centre-ville de Montréal, et la mise en service rapide d’une navette ferroviaire entre l’aéroport Montréal-Trudeau, à Dorval, et le centre-ville de la métropole.
« À l’heure actuelle, il y a des propositions, mais si j’avais à les qualifier, je dirais qu’elles sont « légères », a dit le président de la STM. L’intégration dans la trame autoroutière, comment nos services vont accéder à ce réseau-là, comment ils vont en ressortir ? À partir du centre-ville, ou à partir des réseaux locaux? C’est pas très clair. »
« Aujourd’hui, aditM. Labrecque, avant de se retirer, j’étais sur le réseau cyclable montréalais. Ça débordait de partout. Les axes cyclables étaient pleins, il y avait des cyclistes partout. Il n’y avait aucun BIXI disponible dans aucune des stations. Il y a 30 ans, quand j’ai proposé qu’on fasse un réseau cyclable, qu’on développe la Route Verte, personne n’y croyait. »
« Je suis convaincu qu’à l’heure actuelle, le MTQ est dans une réflexion des années 60. Si nous mettons en place des systèmes de transports efficaces et performants, il va y avoir un transfert modal, et la diminution du nombre des véhicules, dans cet axe-là, va s’opérer. »
Au grand damdu président de la commission, Michel Germain, qui essaie depuis le début des audiences de prévenir de telles manifestations, quelques dizaines de personnes, qui étaient encore sur place, passé 22h30, ont applaudi.



La Ville remet tout en question
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a surpris tout le monde en demandant que le projet soit réalisé en mode conventionnel, et non en partenariat public-privé (PPP), comme le prévoit le gouvernement.
La Ville de Montréal a réclamé hier de nombreux changements majeurs au projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, qui remettent en question l’ensemble du concept autoroutier présenté aux consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE).
Le maire Gérald Tremblay a surpris tout le monde, hier, en demandant que le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot soit réalisé en mode conventionnel et non en partenariat public-privé.
D’entrée de jeu, hier, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a surpris tout le monde en demandant que le projet soit réalisé en mode conventionnel, et non en partenariat public-privé ( PPP), comme le prévoit le gouvernement, parce que la formule « ne donne ni le temps, ni la latitude, ni la flexibilité requises pour adapter un projet aussi névralgique ».
Dans son mémoire, la Ville explique que « les firmes candidates à l’octroi d’un contrat en PPP sont appelées à redéfinir un avant-projet dans un contexte de grande confidentialité pour maintenir l’indépendance entre leurs propositions. Ainsi, il devient difficile, voire carrément impossible, pour la Ville d’influencer le contenu du projet ».
Or, selon la Ville, le projet du ministère des Transports du Québec ( MTQ) « doit encore évoluer » sur les plans de l’aménagement urbain, de l’amélioration de la qualité de vie des populations qui vivent à proximité de l’échangeur actuel et de l’intégration des transports collectifs au sein d’un concept essentiellement autoroutier.
Et pour assurer cette évolution, précise le mémoire, les élus de la Ville et de ses arrondissements « ne demandent pas mieux que d’être très sérieusement impliqués dans les prochaines étapes entourant ce projet ». Il s’agit d’une allusion à peine voilée au fait que les élus montréalais n’ont pas été consultés pendant la phase de développement du projet qui a abouti au scénario retenu par le MTQ et qui est aujourd’hui fortement remis en question à l’occasion des consultations du BAPE.
Le projet du MTQ prévoit la reconstruction complète de quatre échangeurs autoroutiers qui composent le « complexe Turcot », où transitent environ 290 000 véhicules par jour, dans le sud-ouest de Montréal. Les piliers et structures de béton de l’échangeur actuel feront place, d’ici 2016, à de nouvelles voies de circulation ramenées plus près du sol, aménagées sur des remblais qui seront construits en bordure de nombreux secteurs résidentiels.
Les travaux s’étendraient sur un territoire d’environ 15 kilomètres carrés, allant de Westmount , près du centreville, jusqu’à Montréal-Ouest, et du sud du canal de Lachine jusqu’en haut de la falaise SaintJacques, où sera construit le futur centre hospitalier universitaire, le CUSM. Les travaux dureraient sept ans.
Leur coût est estimé à 1,5 milliard.
Dépendance à l’automobile
« La Ville, a affirmé le maire, considère que le complexe Turcot ne doit pas faire l’objet d’une reconstruction basée essentiellement sur la capacité de l’ouvrage et la fluidité de la circulation. »
Montr é a l , a r appelé M. Tremblay, « veut rédui re de manière significative la dépendance à l’automobile par des investissements massifs dans les transports collectifs et actifs comme le tramway, le métro, l’autobus performant, le train, le vélo et la marche, ainsi que sur des usages mieux adaptés de l’automobile comme le covoiturage, l’autopartage et le taxi ».
Montréal demande ainsi « la mise en oeuvre d’un réseau régional de voies réservées pour autobus, taxis, covoiturage et véhicules d’urgence, notamment dans l’axe Rive-Sud/ Montréal, ainsi que sur l’ensemble du réseau supérieur de la région métropol itaine, incluant les autoroutes 10, 15, 20 et 40 ».
Le maire a aussi demandé que « des ajustements légitimement demandés par les Montréalais » soient apportés à la construction du projet Turcot pour « édifier un projet urbain de qualité » et réduire les impacts pendant les travaux et après la mise en service des nouvelles voies de circulation.
La Ville de Montréal demande ainsi au MTQ « d’éviter autant que possible » les expropriations prévues d’environ 160 logements, qui toucheraient environ 400 personnes dans Saint-Henri, un quartier de l’arrondissement du Sud-Ouest.
« S’ i l s ’ avérait i névitable de procéder à l’expropriation des îlots existants, précise le mémoi re, i l sera nécessai re de remplacer les logements démol is pa r des logements fournissa nt des condit ions d’habitation équivalentes et permettant d’améliorer la qualité de vie des personnes déplacées. »
La Ville souhaite aussi la conclusion d’ententes de financement avec le MTQ, pour compenser les dépenses et coûts indirects que la réalisation du projet aura sur les finances municipales. Selon le mémoire de la Ville, les pertes fiscales encourues par la Ville pour le déplacement de l’emprise autoroutière représentent, à elles seules, à 40 millions par année.
Enf in, Montréal demande que l’immense gare de triage ferroviai re Turcot , qui sera désaffectée, soit cédée à la Ville par le MTQ, après la fin des travaux. La falaise Saint-Jacques, qui longe la gare Turcot au nord, devrait aussi être cédée à la Ville pour la création d’un écoterritoire. La Ville souhaite enfin que le MTQ « s’implique financièrement dans l’aménagement de cette zone située à l’interface d’un important corridor de transport générateur de nuisances ».



ÉCHANGEUR TURCOT Un projet de remplacement

Le CRE-Montréal convertirait cinq fois plus de gens aux transports collectifs
« Le Plan de transport de Montréal prévoit plusieurs projets de transports collectifs, et des mesures pour réduire l’utilisation de l’automobile, comme le péage routier ou la diminution du nombre de stationnements. »
Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal a présenté hier un premier projet « alternatif » à la reconstruction complète de l’échangeur Turcot, axé sur le développement des transports collectifs et la réduction du trafic sur les autoroutes de la métropole.
Selon le directeur du Conseil régional de l’environnement, André Porlier (notre photo), la proposition du CRE, qui préconise un virage vers les transports publics, est « plus cohérente avec la vision du développement de Montréal » que le projet présenté par le MTQ, relativement au remplacement de l’échangeur Turcot.
Cette proposition, appuyée par une cinquantaine de groupes écologistes et communautaires, et validée par cinq universitaires de l’UQAM, de McGill et de Concordia, prévoit notamment la réalisation de cinq nouveaux projets de transport collectif, et le démantèlement d’une partie de l’autoroute 20, dans l’ouest de l’île de Montréal.
Le directeur du CRE, André Porlier, estime que cette proposition est « plus cohérente avec la vision du développement de Montréal » que le projet présenté par le MTQ, qui préconise le maintien de la pleine capacité autoroutière de son échangeur actuel.
« Le Plan de transport de Montréal a proposé un virage vers les transports publics, souligne M. Porlier. Il prévoit plusieurs projets de transports collectifs, et des mesures pour réduire l’utilisation de l’automobile, comme le péage routier ou la diminution du nombre de stationnements. Le ministère des Transports, lui, nous arrive avec un projet qui démontre qu’il a visiblement baissé pavillon face à l’augmentation de la circulation et de la congestion automobile. Et ça, pour les Montréalais, c’est inacceptable. »
Le ministère des Transports du Québec projette de reconstruire, à un coût estimé de 1,5 milliard, les quatre échangeurs qui composent le complexe Turcot, où convergent les autoroutes A-15, A-20 et A-720, dans le sud-ouest de Montréal. Environ 290 000 véhicules traversent ce complexe autoroutier, chaque jour.
Le nouvel échangeur serait construit en grande partie sur des remblais, au lieu des bretelles en béton surélevées actuelles. Les fonctions de chacune des 12 bretelles de l’échangeur actuel seraient conservées. L’échangeur, et les autoroutes qui s’y relient, conserveraient tous la même capacité routière. La construction du projet s’étendra sur sept ans, jusqu’à la fin de 2016.
Le projet du CRE est complètement différent, notamment par la réduction de 25% de la circulation automobile entre l’échangeur Turcot et le centre-ville de Montréal. À l’ouest de l’échangeur, le CRE recommande, rien de moins que le démantèlement de l’autoroute 20, jusqu’à Montréal-Ouest, et son remplacement par un boulevard urbain à grande capacité.
La troisième des autoroutes convergeant dans l’échangeur Turcot, l’A-15, conserverait pour sa part la même fonction, et la même capacité routière.
La perte de capacité routière, dans l’axe est-ouest des autoroutes A-20 et A-720, serait compensée par le développement de plusieurs projets de transport collectif (voir encadré ci-joint). Certains de ces projets (desserte améliorée, voie réservée) pourraient être mis en oeuvre rapidement.
L’augmentation de l’offre de services de trains de banlieue viendra avec la livraison de nouvelles voitures de train, prévue à partir de l’an prochain. Avec le développement déjà projeté de la navette ferroviaire entre l’aéroport de Dorval et le centre-ville, et la création d’un tramway vers Lachine, l’ensemble de ces projets pourrait permettre de convertir plus de 32 000 automobilistes à l’utilisation des transports en commun.
Le projet du MTQ prévoit la création d’une voie réservée aux transports en commun, au centre de l’autoroute 20 après sa reconstruction, et il préservera un corridor ferroviaire pour le passage de la navette de Dorval, si jamais le tracé qui est choisi pour ce projet traverse l’échangeur Turcot. Selon le MTQ, pas plus de 6600 personnes pourraient abandonner leur automobile pour leurs déplacements quotidiens, cinq fois moins que dans le projet du CRE.
Le BAPE a repris, hier soir, son examen public du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot. D’ici vendredi, un total de 90 groupes, organismes publics et privés, ou simples citoyens, soumettront leurs opinions et recommandations à la commission du BAPE, qui présentera son rapport au gouvernement du Québec d’ici le 11 septembre.


ÉCHANGEUR TURCOT Le CN construit une nouvelle voie ferrée

Cette voie devra pourtant être déplacée d’ici un an, comme le prévoit le projet de reconstruction
« Comment peut-on dépenser l’argent de nos taxes pour construire des voies ferrées à un endroit, pour ensuite les tasser quelque temps plus tard ? »
Le directeur du bureau de projet pourlareconstructiondel’échangeur Turcot, Marc-AlainDubé, aannoncé hier, en pleine séance publique de consultations, que le Canadien National (CN) construira une nouvelle voie ferrée à travers la gare de triage Turcot, malgré l’imminence des chantiers qui y sont prévus.
Cette voie ferrée, dont la construction commence dès lundi matin, selon M. Dubé, devra pourtant être déplacée au nord de la gare Turcot, d’ici un an, aux frais du ministère des Transports du Québec (MTQ), tel que prévu dans le projet de reconstruction de cet échangeur, situé dans le sud-ouest de Montréal.
M. Dubé a fait cette annonce, hier, au cours de la dernière séance de consultation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui a entenducette semaine les opinions de plus de 90 groupes et organismes ou simples citoyens relativement au projet du MTQ.
Le MTQ projette de reconstruire les quatre échangeurs qui composent le complexe Turcot et qui relient les autoroutes A-15, A20 et A-720, où transitent environ 290 000 véhicules par jour. Le chantier durerait sept ans.
La construction des remblais sur lesquels seront réaménagées près de la moitié des voies de circulation du nouvel échangeur obligera le MTQ à importer environ un million de mètres cubes de matériaux divers dans l’ancienne gare de triage Turcot. Située sous l’échangeur actuel, loin de toute zone habitée, cette gare deviendra le point de convergence des milliers de camions qui feront la navette entre les dépôts de matériaux de remblais et les chantiers du nouvel échangeur.
En raison de l’importance stratégique de ce passage pour ses activités, le CN a toutefois obtenu du MTQ que les voies ferrées perdues dans la gare Turcot soient remplacées par un nouveau corridor ferroviaire de quatre voies ferrées qui sera aménagé au nord de la gare Turcot, près de la falaise Saint-Jacques, qui borde le secteur Notre-Dame-de-Grâce, dans l’ouest de Montréal.
« Ànotre avis, a ajouté le directeur du Bureau de projet du complexe Turcot, cela n’aura pas d’impact parce que nous avons l’espace pour aménager jusqu’à huit voies au nord, et pour nous cela sera simplement une voie de plus à déplacer lorsque nous ferons nos travaux. »
Coûts additionnels
La réponse de M. Dubé a fait réagir le professeur David Hanna, directeur des études avancées au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQA, qui présentait unmémoire au BAPE peu après l’intervention de M. Dubé.
« Je suis ravi d’entendreque le CN se propose maintenant de confirmer sa voie ferrée de droite, à travers la gare de triage Turcot, en y ajoutant une voie, et je suis en même temps estomaqué que M. Dubé nous dise que ce sera seulement une voie de plus à tasser », a déclaré M. Hanna.
« D’abord, a-t-il ajouté, ce manque de concertation entre les acteurs me surprend. Et, deuxièmement, comment peut-on dépenser l’argent de nos taxes pour construire des voies ferrées à un endroit, pour ensuite les tasser quelque temps plus tard? »
En première partie des audiences du BAPE, le 12 mai dernier, M. Dubé a affirmé que le coût du déplacement des voies ferrées « était estimé à 40 millions. Les derniers chiffres sont un peu plus élevés. La différence entre les 40 millions de l’estimation initiale et les coûts actuels, qui seront peut-être plus de l’ordre de 60, 70 millions, sera prise à même la réserve du projet ».
Depuis jeudi après-midi, le MTQ sait que ce sera, finalement, cinq voies à déplacer vers le nord.
Cette voie a pour objectif, selon M. Dubé, « d’accommoder un certain nombre de trains additionnels pour la compagnie VIA Rail ». Elle sera construite parallèlement à une « voie d’urgence » du CN localisée juste au nord de l’emprise de l’autoroute 20, jusqu’à SainteAnne-de-Bellevue, dans la pointe ouest de l’île de Montréal.
Un porte-parole du MTQ, Réal Grégoire, a précisé hier à La Presse queM. Dubé avait fait cette annonce « pour être sûr qu’il n’y ait pas de malentendu, et que quelqu’un, lundi matin, pense que le MTQ a débuté les travaux de reconstruction de Turcot. Ce sont des travaux réalisés par le CN ».
La Pressen’apujoindreaucunreprésentant du CN, hier après-midi.
La présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, a révélé à La Presse, jeudi, que les coûts de 1,5 milliard prévus à l’origine pour le projet Turcot pourraient s’élever jusqu’à 2,5 milliards, d’ici à 2016.





Échanger sur Turcot  -   NATHALIE  COLLARD
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le ministère des Transports du Québec manque de doigté dans le dossier de la reconstruction de l’échangeur Turcot.
Il se présente aux séances du Bureau d’audiences publiques en environnement ( BAPE) sans maquette du futur échangeur. Il parle de voies réservées aux transports collectifs sans avoir présenté son projet final aux dirigeants de la Société de transport de Montréal. I l propose une infrastructure qui ne respecte pas l’esprit du plan de transport de la Ville de Montréal.
Bref, malgré le fait qu’il se dise ouvert aux propositions, le MTQ arrive avec ses gros sabots et donne l’impression de vouloir faire cavalier seul.
Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner de la méfiance des opposants qui se sont vu refuser cette semaine le report des audiences.
Le Ministère des Transports devrait montrer un petit peu moins d’arrogance dans ses relations avec les autres acteurs municipaux, qu’il s’agisse d’élus, d’organismes ou de simples citoyens.
La reconstruction du complexe Turcot est l’exemple parfait d’un projet qui exige du tact et une certaine ouverture au dialogue.
Le Ministère n’est pourtant pas complètement fermé aux propositions. La preuve: au fil des semaines et des consultations, il a modifié certains aspects du tracé original.
On sent toutefois l’urgence d’agir. Comme si le pic de démolition s’impatientait en coulisse...
Est-ce possible, sans mettre la sécurité des automobilistes en péril, de prendre le temps de mieux expliquer la reconstruction du complexe Turcot et ses impacts dans les différents quartiers touchés, documentation pertinente à l’appui?
Le ministère avait le choix entre quatre options pour Turcot. Dans l’étude d’impact déposée au BAPE, on trouve un chapitre consacré aux solutions et justifications du scénario retenu. On peut y lire entre autres que le choix de la reconstruction plutôt que la réfection permettra « la correction de problématiques actuelles ».
Dans les faits, la volonté de corriger du MTQ semble assez limitée.
Notre inquiétude est d’autant plus vive que le vérificateur général du Québec n’a pas été impressionné par la performance récente de ce ministère. Dans son plus récent rapport , M. Lachance soulignait que le plan d’action du MTQ n’avait pas été révisé depuis 2000 et que depuis 2004, il n’y avait eu aucune rencontre du comité de suivi. Il notait également que les fonctionnaires de ce ministère travaillaient avec des outils périmés. Enfin, le vérificateur général observait que le MTQ ne tenait pas compte des récentes informations sur l’impact de l’auto sur la santé publique et l’environnement. À la lumière de ces conclusions, il est tout à fait légitime d’exiger de la part duMTQ une plus grande transparence ainsi qu’une plus grande ouverture d’esprit. Le nouveau complexe Turcot sera dans le décor pour le prochain demi-siècle au moins. D’où l’importance de se doter du meilleur projet possible.


Turcot : L’équation boiteuse : ALAIN DUBUC
Tout grand projet d’envergure provoque dorénavant de longs débats collectifs. C’est maintenant dans l’ordre des choses. Le remplacement de l’échangeur Turcot n’échappe pas à la règle, avec son cortège de dénonciations, de manifestations, d’interventions passionnées aux audiences du BAPE.
Ce n’est pas un signe d’immobilisme. Il est parfaitement normal et même essentiel qu’un projet comme celui-là provoque des débats et soit soumis à un complexe processus d’examen. Parce qu’il faut concilier un concept, créé par le ministère des Transports dans une logique de circulation, avec les exigences du développement urbain. Parce qu’il faut minimiser les impacts négatifs sur la qualité de vie des citoyens, à commencer par les expropriations ou le bruit. C’est donc un projet qui devra retourner bien des fois sur la planche à dessin.
Mais aussi parce que le remplacement de cet échangeur s’inscrit dans une réflexion, la place de l’automobile, qui est au coeur des transformations économiques, culturelles et sociales qu’il faudra faire pour protéger l’environnement et la qualité de vie urbaine.
Ce qui n’est pas normal, c’est qu’une excellente idée – moderniser une infrastructure urbaine décrépite et débarrasser Montréal d’une monstruosité en proposant un ouvrage plus près du sol – se transforme en chemin de croix pour ceux qui en ont eu l’initiative.
L’élément qui contribue peut-être le plus à rendre le débat difficile, c’est l’équation implicite qui colore les raisonnements. Parce qu’il faut réduire la circulation automobile dans les villes, et que les accès routiers contribuent à accroître le volume de véhicules, il faut donc s’opposer à tout projet d’ajout ou de remplacement du réseau autoroutier. L’objectif est louable. Mais l’équation est insuffisante, elle ne se vérifie pas toujours, et dans bien des cas, elle devient un syllogisme.
Premièrement, cette équation encourage la pensée magique, par exemple le rêve de remplacer le spaghetti routier de Turcot par des boulevards urbains. L’échangeur est la rencontre de trois autoroutes: la 15, la 20 et la 40. Le volume de circulation y est considérable et le restera même si on réussit à réduire l’utilisation de l’auto. On ne peut pas transformer radicalement la fonction de l’échangeur sans affecter les axes qui le nourrissent et sans littéralement paralyser la métropole.
Deuxièmement, cette équation peut mener à des solutions simplistes. Si l’ajout d’accès autoroutiers augmente le volume automobile, il suffirait de faire le contraire, et de fermer le robinet. C’est l’approche soviétique de la régulation de la demande par les queues. En restreignant l’accès à la ville, on provoque une congestion qui dissuadera les automobilistes. C’est ressorti dans le débat sur l’échangeur Turcot avec cette idée de réserver une voie aux autobus en réduisant le nombre de voies pour l’automobile. Cette approche punitive comporte des coûts énormes, et elle va à l’encontre des expériences couronnées de succès. La condition sine qua non pour réussir à réduire la place de l’automobile, c’est de proposer une alternative crédible et attrayante. À Londres, par exemple, l’introduction des péages a été un succès parce que les transports en commun étaient de haut niveau.
Troisièmement, l’équation est imparfaite, parce qu’elle oublie qu’une autoroute fonctionne dans les deux sens et qu’un réseau autoroutier fonctionnel peut réduire la congestion et épargner les villes. Montréal ne dispose pas d’un réseau complet de voies de ceinture comme on en trouve dans toutes les grandes villes, qui permettent entre autres à la circulation, surtout aux camions, de contourner le centre de la ville. Et pourtant, on dénonce les efforts pour compléter ces voies de ceinture, comme le prolongement de la 30 ou le pont de la 25.
La morale de l’histoire, c’est qu’on ne réduira pas la place de l’auto en écoeurant les automobilistes, mais en leur proposant quelque chose de mieux.

 
Échangeur Turcot Pas de maquette avant l’été - L’information nécessaire n’est pas disponible, selon un expert
« Si un spécialiste ne peut pas se représenter l’ouvrage, comment le public en général peut-il comprendre la nature de l’intervention et de juger des impacts sur les milieux ? »
Un docteur en urbanisme a déploré hier le manque d’informations accessibles au grand public pour comprendre l’ampleur du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, et imaginer les impacts qu’il aura sur les quartiers traversés par ses voies autoroutières.
Au deuxième jour des consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE) relatives à ce mégaprojet de 1,5 milliard de dollars, le professeur au département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université Concordia , Pier re Gauthier, a demandé pourquoi aucune représentation du projet en trois dimensions n’a été rendue disponible pour le public ou les spécialistes, dans le cadre du projet.
« Écoutez, a déclaré M. Gauthier aux commissaires du BAPE, j’ai deux diplômes en architecture et un doctorat en urbanisme, et l’information que j’ai ne me permet pas de juger de la géométrie des ouvrages, ou de leur insertion dans les milieux. Alors, si un spécialiste ne peut pas se représenter l’ouvrage, comment le public en général peut-il comprendre la nature de l’intervention et de juger des impacts sur les milieux ? »
Deux maquettes à venir
Le directeur du projet pour le ministère des Transports du Québec ( MTQ), Alain Dubé, a expliqué qu’une maquette à l’échelle précise du projet Turcot « est en préparation » , mais qu’elle ne devrait pas être disponible avant la fin de juin.
Le MTQ a précisé que deux maquettes seront réalisées. La première, complète et animée, montrera le projet dans son ensemble. L’autre sera constituée d’une série de maquettes particulières des différents secteurs traversés par le projet. On songe à une exposition publique.
Le président de la commission du BAPE, Michel Germain, a toutefois fait remarquer aux représentants du MTQ qu’à ce moment-là, la portion publique de son mandat sera terminée, et que le public se sera déjà prononcé sur le projet de reconstruction du plus gros carrefour autoroutier au Québec.
Des voies rabaissées
Inauguré en 1967, dans le sudouest de Montréal, l’échangeur Turcot relie trois des autoroutes les plus importantes de la métropole, soit l’autoroute Décarie (A-15), l’autoroute Jean-Lesage (A-20) et l’autoroute Ville-Marie (A-720).
Environ 280 000 automobiles et camions le traversent tous les jours. Ses nombreuses voies autoroutières t raversent plusieurs qua r t iers résidentiels, dont Saint-Henri et Côte-Saint-Paul. mètres carrés (l’équivalent de 165 patinoires) d’espaces et de terrains vagues dans la périphérie immédiate de l’échangeur seront convertis en espaces verts.
Simulations « trompeuses »
Selon M. Gauthier, les simulations visuelles et dessins d’artistes publiées par le MTQ pour illustrer la présence du futur échangeur dans les quartiers, sont « trompeuses » . I l
Les voies routières de l’échangeur actuel sont surélevées et étagées. Les plus hautes s’élèvent jusqu’à 30 mètres.
Les piliers de béton et les bretelles qui occupent présentement tout le paysage disparaîtront d’ici 2016, pour faire place à de nouvelles voies routières, plus basses, aménagées sur des talus paysagés. Plus de 300 000 s’agit, dit-il, de vision partielle, sélective, habillée de verdure, qui ne donne qu’une idée de « l ’ a t mosphère » qu’on veut projeter.
« Mais pour comprendre l’échelle de ces ouvrages, leur intégration avec les quartiers, les voies piétonnières, les rues locales, ces représentations sont inadéquates », a commenté le professeur, spécialisé dans l’étude de la trame urbaine.
L’architecte Pierre Brisset a pour sa part fait valoir qu’il a cherché en vain dans les documents rendus publics par le BAPE, dans le cadre des consultations en cours, une justification à la reconstruction partielle de l’autoroute Ville-Marie, qui est projetée dans le cadre du projet.
Le centre Gadbois menacé
Le conseiller municipal d’arrondissement du district Saint-Henri/ Pointe-SaintCharles/ Petite-Bourgogne, Pierre Fréchette, a demandé pour sa part que le MTQ produise une simulation visuelle montrant la proximité du nouvel échangeur avec le centre réc réati f Gadbois, au deuxième rang des centres récréatifs les plus utilisés à Montréal, avec 500 000 entrées par année.
Selon M. Fréchette, cette image, qui n’était pas disponible hier, illustre que les nouvelles voies routières seront à hauteur des bâtiments du centre, et qu’une distance de seulement quelques mètres séparera les voies routières du complexe récréatif.



 
ÉCHANGEUR TURCOT : Un projet à contretemps ?
« Les organisations jugent totalement inacceptable que le gouvernement tienne des consultations publiques uniquement sur le projet de reconstruction du complexe Turcot. »
Les impacts du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, dans le sud-ouest de Montréal, devraient être évalués en fonction d’autres grands travaux routiers et des nombreux projets de transports en commun déjà prévus dans l’axe est-ouest de la métropole.
Tous les participants aux consultations d’hier ont mis en doute le bien-fondé de l’approche du Ministère relativement aux consultations sur la reconstruction de l’échangeur Turcot.
C’est ce qu’ont réclamé, hier, les porte-parole d’une cinquantaine de groupes et d’organismes locaux, régionaux et provinciaux, en ouverture des consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE) sur ce projet de 1,5 milliard de dollars, prévu par le ministère des transports du Québec (MTQ).
Avant même que débutent les audiences, ces organismes ont demandé à la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, « la tenue d’audiences publiques élargies », englobant quatre projets de transports collectifs (navette Dorval, tram-train, trains de banlieue et le Viabus de l’Est), ainsi que le projet de modernisation de la rue Notre-Dame, dans l’est de Montréal.
« Les organisations jugent totalement inacceptable que le gouvernement tienne des consultations publiques uniquement sur le projet de reconstruction du complexe Turcot, sans tenir compte de l’ensemble des projets et de leurs impacts à tous les niveaux : sociaux, économiques et environnementaux », a affirmé hier, au début des audiences du BAPE, un des porte-parole de cette coalition ad hoc, Daniel Bouchard,
Le projet du MTQ consiste à reconstruire les quatre échangeurs (Turcot, St-Pierre, Angrignon et La Vérendrye) qui composent le « complexe Turcot » dans le sudouest de Montréal. Ce complexe assure les échanges automobiles entre trois des plus importantes autoroutes de la métropole, soit Décarie (A-15), Jean-Lesage (A20) et Ville-Marie (A-720), ainsi que les liens entre ces autoroutes et le réseau local montréalais. Environ 280 000 véhicules traversent ce complexe d’échangeurs chaque jour.
Construit principalement sur des bretelles de béton étagées qui s’élèvent jusqu’à 30 mètres (100 pieds) de hauteur, en 1967, l’échangeur sera reconstruit en grande partie sur des remblais, aménagés près des structures actuelles. Les bretelles et voies de circulation autoroutières seront toutes maintenues. Le MTQ réaménagera également les liens routiers entre les nouvelles structures et les rues locales. Le chantier prendra sept ans. » Les coûts du projet sont présentement estimés à 1,5 milliard.
Un chantier de cette envergure et de cette durée, qui se déroulera en partie dans des secteurs résidentiels, soulève beaucoup d’inquiétude sur le plan local. Au nombre de la trentaine de personnes et de groupes qui ont défilé hier, devant le BAPE, pour présenter leur requête pour la tenue de ces consultations, plus du tiers ont questionné l’idée de reconstruire les voies routières sur des remblais, par crainte d’un « enclavement » des quartiers.
À l’exception de la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui a fait connaître son enthousiasme pour le projet qui améliorera la fonctionnalité et la sécurité de l’échangeur Turcot, et l’accessibilité de Montréal pour le transport des marchandises, tous les participants aux consultations d’hier ont mis en doute le bienfondé de l’approche du MTQ.
 
ÉCHANGEUR TURCOT - Montréal veut plus de transports collectifs
Le projet de voies réservées aux transports collectifs proposé par le MTQ sur l’A-20, dans le sud-ouest de Montréal, ne s’étendrait que sur quelques kilomètres. Il consiste à aménager deux voies additionnelles, au centre de l’A-20.
La Ville de Montréal souhaite la réalisation d’une voie réservée aux « véhicules à occupation multiple » qui dépasse de plusieurs kilomètres le projet soumis par leministère des TransportsduQuébec(MTQ) pour l’autoroute Jean-Lesage (A-20), dans le cadre du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, au sud-ouest de la métropole.
À l’occasion des consultations menées par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ( BAPE), cette semaine, sur le projet Turcot, un représentant de l’administration montréalaise, Alain Trudeau, a affirmé mardi soir que « la Ville demande des mesures préférentielles allant de Dorval jusqu’au centre-ville. Ce qu’on nous propose, ce sont des mesures uniquement à l’intérieur du projet. Le souhait de la Ville serait de les étendre au moins jusqu’à Verdun ».
Quelques kilomètres
Le projet de voies réservées au transport collectif proposé par le MTQ sur l’A-20, dans le sud-ouest de Montréal, ne s’étendrait que sur quelques kilomètres. Il consiste à aménager deux voies de circulation additionnelles, au centre de l’A-20, réservées aux transports collectifs seulement.
Ces voies débuteraient à l’est de l’échangeur Saint-Pierre, aux limites des arrondissements du Sud-Ouest et de Lachine, jusqu’à la rue Pullman actuelle (qui sera transformée en boulevard). En empruntant ensuite ce nouveau boulevard, reliant entre elles les rues NotreDame, Saint-Jacques et SaintAntoine, les autobus circulant sur la voie de transport collectif pourraient se rabattre vers les stations de métro Place-SaintHenri et Lionel-Groulx, qui desservent ce secteur à l’ouest du centre-ville.
Les autres véhicules autorisés à circuler sur ces voies bénéficieraient pour leur part d’un accès privilégié au réseau local et artériel de Montréal, en direction du centre-ville, sans avoir à traverser la circulation lourde, sur une distance totale d’environ cinq kilomètres. Par contre, à l’ouest de l’échangeur Saint-Pierre et à l’est du quartier Saint-Henri, les usagers devront réintégrer la circulation normale.
En entrevue à La Presse, le responsable des transports au comité exécutif de la Ville de Montréal , André Lavallée, a affirmé que les voies réservées devraient être ouvertes à tous les véhicules à « occupation multiple » , soit les autobus, les taxis, et les automobiles qui comptent plus de deux passagers.
La Société de transport de Montréal (STM), qui pourrait logiquement être appelée à exploiter un service d’autobus sur ces voies, n’a pas voulu commenter le projet du MTQ, faute d’informations. Une porteparole a précisé à La Presse, cette semaine, que les dirigeants de la STM prendront connaissance du projet, pour la toute première fois, aujourd’hui, lors d’une présentation du MTQ.
Une « amorce »
En présentant ce projet de voies réservées devant le BAPE, le directeur du Bureau de projet Complexe Turcot, Alain Dubé, a reconnu qu’il s’agissait d’une « amorce de voie réservée », qui pourrait éventuellement se prolonger vers l’ouest dans le cadre d’un autre projet de réaménagement de l’A-20, à la hauteur de l’échangeur Saint-Pierre, dans l’arrondissement de Lachine.
M. Dubé a aussi reconnu que ces aménagements exclusifs aux transports collectifs se sont « ajoutés » au projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, en raison des « demandes à répétition » du responsable des dossiers de transport au comité exécutif de la Ville de Montréal, André Lavallée.
Joint par La Presse, M. Lavallée s’est dit « plutôt fier » d’apprendre que son insistance ait convaincu le MTQ d’intégrer ces voies réservées à un projet qui est essentiellement autoroutier.
« C’est sûr que si ça s’arrête à l’échangeur Saint-Pierre, on n’est pas plus avancés, a-t-il commenté, en parlant du projet du MTQ. Mais je vois cela comme un signe d’ouverture important de la part du Ministère. »
M. Lavallée a réitéré que l’administration Tremblay-Dauphin souhaitait une multiplication des voies de circulation réservées aux autobus, taxis et covoitureurs dans l’ensemble du réseau autoroutier métropolitain, pour réduire la pression des automobiles en ville, et offrir du même coup une solution de rechange de transport rapide et efficace.
La Ville, a-t-il assuré, présentera un mémoire touchant l’ensemble du projet Turcot au cours de la seconde ronde d’audiences publiques du BAPE, prévues pour la mi-juin.


Reconstruction
de l’échangeur Turcot  Montréal n’est pas convaincu du bien-fondé des expropriations
La Ville de Montréal n’est pas convaincue du bien-fondé des expropriations des 160 logements du quartier Saint-Henri, prévues par le ministère des Transports du Québec (MTQ), dans le cadre de la reconstruction de l’échangeur Turcot.
Lors d’une rencontre avec le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE), hier, le responsable des transports et de l’aménagement urbain à la Ville de Montréal, André Lavallée, a dit souhaiter que les ingénieurs du MTQ « travaillent à refaire leurs devoirs », pour éviter le déménagement d’environ 400 personnes, dans l’arrondissement du Sud-Ouest.
Dans le cadrede la reconstruction de cet échangeur, qui relie entre elles les autoroutes A-15 (Décarie), A-20 ( Jean-Lesage) et A-720 (Ville-Marie), des réaménagements de certaines bretelles alimentant l’autoroute du centre-ville (A-720) entraîneront la démolition d’une ancienne usine de la rue SaintRémi, convertie en logements, et la disparition de tout un côté de la rue Desnoyers, dans un petit secteur résidentiel de Saint-Henri appelé le Village des Tanneries.
Le MTQ a promis aux personnes délogées la mise en place d’un programme de déménagement. Cet engagement a toutefois été reçu de manière mitigée par un grand nombre de personnes concernées, lors de la première phase des consultations menées par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
En réponse à une question du public, M. Lavallée a déclaré hier, lors de la rencontre avec le CRE de Montréal, que la Ville n’a pas changé d’opinion depuis novembre dernier, lorsque le maire Gérald Tremblay a fait part de ses préoccupations à la ministre des Transports, Julie Boulet, face à cette reconstruction qui va durer sept ans, et dont le coût est estimé à 1,5 milliard.
« La position exprimée alors par la Ville deMontréal était très claire, a dit M. Lavallée. La nécessité des expropriations ne nous a pas été démontrée. »
M. Lavallée a aussi qualifié de « contestables » les données du MTQ, qui estiment que la mise en place de nouveaux services de transports en commun entraînera, au mieux, d’ici 2016, une réduction d’environ 5000 automobiles par jour, dans le trafic de l’échangeur, où passent quotidiennement plus de 290 000 véhicules.
« Je pense que la Société de transport de Montréal va démontrer, lors des prochaines audiences du BAPE, que le potentiel du transport collectif est beaucoup plus important que cela », a déclaré le responsable des transports à la Ville de Montréal.
Devant un auditoire attentif, respectueux, mais visiblement sceptique, M. Lavallée a assuré que la Ville va demander la mise en place de voies réservées aux autobus, aux taxis et aux covoitureurs, afin de réduire à la source le flot des automobiles de la banlieue qui envahissent quotidiennement la métropole.
« Ça fait 20 ans qu’on étudie ça au Québec, a-t-il déploré, et après 20 ans, il y a une seule voie réservée sur tout le réseau supérieur, c’est celle de l’A-15 à la sortie de Montréal, pour les gens qui vont dans le Nord les fins de semaine. À mon avis, c’est inacceptable. »
La Ville de Montréal présentera un mémoire sur le projet Turcot lors de la reprise des audiences publiques du BAPE, à partir du 15 juin.



Un ministre dans l’embarras — Pascale Breton
La polémique des derniers jours entourant les règles imposées aux cliniques d’avortement a, une fois de plus, plongé le ministre de la Santé, Yves Bolduc, dans la tourmente. Cette crise s’ajoute à une série d’autres, comme le dossier du CHUM et les erreur
Quand le premier minist re doit i nterveni r personnellement dans un dossier, c’est généralement signe que son ministre est dans l’embarras.
Dur été pour le ministre de la Santé, Yves Bolduc. Il vient de traverser une deuxième crise en trois mois. Chaque fois, on lui reproche sa gestion chaotique des dossiers, son manque de leadership, ses contradictions.
C’est ce qui est arrivé cette semaine. Jean Charest s’est présenté aux côtés du ministre de la Santé, Yves Bolduc, pour assurer que son gouvernement n’avait nullement l’intention de compromettre l’accès à l’avortement.
Le premier ministre voulait éteindre le feu, alimenté en grande partie par M. Bolduc lui-même. M. Charest voulait aussi réitérer sa confiance en son ministre, surtout que certains, dont le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, réclamaient sa démission.
Dur été pour le ministre Bolduc. Il vient d’essuyer une deuxième crise en trois mois. Il a aussi quelques autres controverses à son actif depuis sa nomination, il y a à peine un an.
Chaque fois, on reproche au ministre sa gestion chaotique des dossiers, son manque de leadership, ses contradictions.
Le ministre a tendance à intervenir rapidement, à réagir publiquement et à se rétracter l’instant d’après. Une valsehésitation qui est bien mal vue en politique.
« Ça devient gênant. Il faudrait qu’il s’assure que ce qu’il dit est vraiment ce qu’il veut dire, et qu’il s’assure aussi d’être appuyé », analyse Réjean Blais, professeur au département d’administration de la santé à l’Université de Montréal.
L’une des responsabilités du ministre de la Santé est de rassurer les gens, souligne le critique péquiste en matière de santé, Bernard Drainville. « Le ministre Bolduc est particulièrement mauvais là-dedans. Tu nepeux rassurer si tu tiens deux discours en même temps. »
Pour l’opposition péquiste, il est clair que le ministre est en sursis. « Il va falloir qu’il arrête de faire des erreurs », note M. Drainville, sans aller aussi loin toutefois que le porte-parole adéquiste en santé, Éric Caire. Ce dernier réclame carrément la démission du ministre. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois.
Du côté des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette a pour sa part accusé le ministre d’avoir menti à la population à plus d’une reprise, demandant sa démission à mots à peine cachés.
Inexpérience politique
Au coeur de la tourmente, le ministre semble prêt à encaisser quelques taloches pour faire de la politique comme « il le souhaite ».
Attablé devant son petitdéjeuner avant d’entreprendre sa journéepublique, M. Bolduc reconnaît lui-même qu’il n’est pas un bon communicateur. « Je veux dire les choses telles qu’elles sont », assure-t-il à La Presse. Au risque que ce soit mal interprété.
C’est impossible d’avoir toutes les réponses au moment où une crise éclate, ajoute M. Bolduc, qui dit ajuster son discours au fur et à mesure. Comme dans un cabinet, lorsque le médecin doit faire des tests avant de poser un diagnostic à son patient.
« Je suis un clinicien, un gestionnaire qui vient faire de la politique, et non pas un politicien qui s’improvise gestionnaire ou clinicien », lance M. Bolduc.
C’est peut-être l’une de ses faiblesses. Tous les experts consultés évoquent son inexpérience politique.
« Alors que l’ancien ministre Philippe Couillard était un bon général, M. Bolduc est plutôt un bon colonel. C’est un bon tacticien plutôt qu’un bon stratège », analyse Réjean Blais, de l’Université de Montréal.
Cette inexpérience politique finit par effriter la confiance du public et du milieu. Au point où certains se questionnent sur sa capacité à occuper le poste de ministre.
« Je reste avec l’impression qu’il est en difficulté, mais il n’est pas brûlé », estime toutefois Louis Massicotte, professeur au département de sciences politiques de l’Université Laval.
Fine connaissance du système
En revanche, le ministre connaît bien le système de santé. C’est son plus grand atout. Médecin, gestionnaire, administrateur, expert-conseil pour le Ministère, il a une longue feuille de route. Même aujourd’hui, il continue ses visites d’hôpitaux pour rester au courant et voir lui-même les problèmes.
Pourtant, il donne souvent l’impression de mal maîtriser ses dossiers. « Je ne suis pas certain qu’il soit bien informé ou qu’il s’enquière auprès des autres pour avoir les bonnes informations » , dit Réjean Pelletier, professeur en sciences politiques à l’Université Laval.
Encore faut-il qu’il écoute, ce dont se plaignent certains sous-ministres et directeurs.
« C’est faux. J’écoute beaucoup, rétorque le principal intéressé. Mais quand j’arrive, j’ai une approche de clinicien et, souvent, je connais leurs chiffres aussi bien, sinon plus qu’eux, parce que j’ai plus d’information qui me provient du Ministère. »
M. Bolduc connaît sa valeur et n’hésite pas à rappeler qu’il est un expert. Cette attitude peut en froisser plus d’un et donner une mauvaise impression sur l’homme.
« Il a une connaissance fine du milieu médical, mais j’ai parfois l’impression que ça le dessert. Un ministre doit gérer l’ensemble des dossiers, il n’est pas là pour la gestion quotidienne », dit le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin.

Les négociations dans le réseau de la santé arrivent à grands pas. Le ministre devra être solide pour affronter les prochains mois. Les prises de bec avec le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette, l’ont bien montré.

UNE ANNÉE SOUS LE SIGNEDE LA CONTROVERSE
> Juin 2008 À peine nommé, le ministre Bolduc critique la gestion du CHUM dans certains dossiers. Le directeur général du CHUM, Denis Roy, démissionne deux jours plus tard. > Automne 2008 Les médecins critiquent le projet du CHUM. Le ministre annonce qu’il sera revu, avec plus de lits et de salles d’opération. Un certain mécontentement se manifeste ensuite à cause de l’ophtalmologie et du plan fonctionnel et technique. > Janvier 2009 Le ministre désavoue son directeur national des urgences, le Dr Pierre Savard. Ce dernier a indiqué que l’objectif était d’éliminer les séjours de 48 heures aux urgences d’ici un an. Le ministre le contredit en soutenant qu’il ne veut pas fixer de cibles qui ne pourraient être atteintes. > Juin 2009 Une étude révèle des erreurs dans l’interprétation de tests de pathologie chez des femmes atteintes d’un cancer du sein. Le ministre dit d’abord qu’il n’a pas eu connaissance de l’étude et qu’elle n’est pas fiable. Puis, il reconnaît qu’il y a de quoi s’inquiéter, avant de nommer des experts pour revoir la question. Il annonce que 2100 tests devront être révisés, un nombre qui montera finalement à 2700. > Août 2009 La clinique l’Alternative fait savoir qu’elle cessera de pratiquer des avortements parce que les normes de la loi 34 sont trop sévères. Une controverse éclate. Le ministre dit que l’avortement a été inclus dans la loi (réglementant une cinquantaine d’interventions) à la recommandation du Collège des médecins, qui le nie. Le ministre est accusé de vouloir compromettre l’accès à l’avortement et de mentir au public. Il demande un nouvel avis au Collège, et tout indique que l’avortement ne sera pas soumis aux mêmes règles que les autres interventions prévues dans la loi 34.





Un ministre en observation -  VINCENT MARISSAL
À la lumière de sa performance des derniers jours, on peut se demander comment réagirait Yves Bolduc en cas de crise grave, un nouveau SRAS ou une grippe porcine, par exemple. Ou même comment il survivra à la saga du CHUM, un chapelet de crises que l’on égrène depuis une bonne décennie.
Pour un médecin, Yves Bolduc vit plutôt dangereusement. Tous les toubibs vous le diront: le stress, à trop forte dose, est extrêmement néfaste pour le corps et l’esprit. Et du stress, le ministre de la Santé en a eu une triple dose cette semaine.
Par moments, au cours des derniers jours, on avait l’impression que le Dr Bolduc était sur le point de défaillir tellement la pression était forte.
Après un tel épisode, la question se pose (et elle est sur toutes les lèvres dans les milieux de la santé et de la politique): Yves Bolduc a-t-il la couenne assez dure pour diriger cet épuisant ministère ?
Lorsqu’on a un grave problème de santé, la dernière chose dont on a besoin, c’est de sentir que son médecin panique, qu’il ne sait plus comment réagir. À plus forte raison, lorsque toute une population est inquiète, elle ne peut être rassurée si le patron des médecins est lui-même dépassé par les événements.
À la lumière de sa performance des derniers jours, on peut se demander comment réagirait Yves Bolduc en cas de crise grave, un nouveau SRAS ou une grippe porcine, par exemple. Ou même comment il survivra à la saga du CHUM, un chapelet de crises que l’on égrène depuis une bonne décennie.
À l’Assemblée nationale, le député adéquiste Éric Caire n’a pas mis de gants blancs pour affirmer : « Yves Bolduc n’a pas les capacités pour occuper le poste de ministre de la Santé. »
La cha rge éta i t violente – mettez cela sur le compte de l’effervescence typique des fins de session parlementaire – mais il se trouve, dans le réseau de la santé, quelques détracteurs tout aussi sévères envers M. Bolduc.
I l serait toutefois faux de dire que le ministre a perdu la confiance du milieu puisqu’il compte aussi des alliés sincères.
Une série d’entrevues faites ces derniers jours et une vilaine fracture à un doigt qui m’oblige à fréquenter le CHUM depuis quelques semaines (excellents soins, j’insiste pour le dire) m’ont permis de constater que le ministre Bolduc recueille plus de sympathie que de condamnations.
Tout le monde s’entend sur une chose: ministre de la Santé au Québec, c’est un des pires jobs, juste après celui d’entraîneur du Canadien ! Et, comme pour les discussions enf lammées et les débats sur l’ordre des trios dans le Canadien, l’affaire des tests de cancer du sein a pris de proportions surréalistes, estime-t-on généralement dans le milieu.
Avant de crucifier le Dr Bolduc, la plupart des gens à qui j’ai parlé sont prêts à lui donner une autre chance. chance. D’autres, par contre, sont beaucoup moins indulgents.
« Ça prend un gestionnaire hors pair à la tête de ce ministère, ce que n’est pas Yves Bolduc , t ra nche un ac teur important du monde de la santé sous le couvert de l’anonymat. C’est comme si on avait catapulté un midget au poste de directeur général d’une équipe de la Ligue nationale. Une équipe qui a plein de problèmes, en plus. »
Les détracteurs du Dr Bolduc lui reprochent son manque d’écoute, son manque d’expérience et une certaine suffisance.
« Il commence ses interventions par: "Je le sais, je suis
C’est le cas notamment du Dr Paul Perrotte, président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du CHUM.
« Pour le dossier du CHUM, il nous a écoutés et il a pris les bonnes décisions, qui ont peutêtre enfin permis de débloquer, dit le Dr Perrotte. Pour le CHUM, je lui donne A. Pour le reste, les urgences par exemple, il a un job difficile et il ne fait pas pire que les autres. »
Voilà qui résume assez fidèlement le sentiment répandu chez les partisans de la deuxième médecin" et il les finit par : "C’est moi le ministre." On ne peut pas discuter avec un gars comme ça », ajoute une autre source du milieu.
L’affaire des tests du cancer du sein a fait beaucoup de bruit depuis 10 jours, mais pour ses opposants, le ministre Bolduc était déjà en observation depuis un an.
Tout a commencé quelques jours après sa nomination, lorsqu’il a congédié l’ancien directeur du CHUM, Denis Roy, une décision cavalière et intempestive, selon certains.
Puis les fuites et les tergiversations entourant le projet du CHUM ont accentué l’exaspération, qui a culminé par la volteface du ministre sur le service d’ophtalmologie, en mars. Ce service devait fonctionner en centre médical spécialisé associé, à l’extérieur du CHUM, mais il a finalement été réintégré, au grand mécontentement des ophtalmologistes.
« Ce dossier-là a été un gros pavé dans la mare, avoue le Dr Perrotte. Le ministre a réagi à minuit moins une et cela a créé beaucoup de remous. »
Il faut dire, à la décharge du ministre Bolduc, que le milieu de la santé, en particulier le milieu médical, est réputé impitoyable envers son ministre.
Dès son arrivée, Yves Bolduc s’est attiré critiques et railleries dans le réseau à cause de ses références à la « méthode Toyota », parce qu’il vient d’une région et non de Montréal ou parce qu’il est omnipraticien et non pas spécialiste.
I l faut dire aussi que M. Bolduc a dû chausser les souliers de Philippe Couillard, recordman de longévité à ce poste casse-gueule et modèle de c a l me et de contrôle. Nécessairement, on compare.
Pour survivre à ce poste, Yves Bolduc devra apprendre à gérer les crises – et son stress. En attendant, il trouvera peut-être un peu de réconfort du côté de Nietzsche, qui disait que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Le président du Conseil des aînés démissionne
Georges Lalande se dit exaspéré par l’attitude de la ministre Blais
EXCLUSIF
M. Lalande reproche à la ministre de vouloir « contrôler son institution » et d’en « brimer la liberté et l’autonomie ».
Se disant exaspéré par l’attitude de la ministre des Aînés, Ma rguer ite Blais, le président du Conseil des aînés du Québec , Georges La lande , démissionne, a appris La Presse. M. Lalande reproche à la ministre de vouloir « contrôler son institution » et d’en « brimer la liberté et l’autonomie ».
Le mandat de M. Lalande devait se terminer en novembre. Mais il explique avoir décidé de quitter ses fonctions avant terme, car la ministre Blais le « pousse vers la sortie ».
Le Conseil des aînés a été créé en 1992. Son mandat est, entre autres, de promouvoir les droits des aînés et de conseiller le gouvernement sur toutes les questions qui touchent les personnes âgées. Selon M. Lalande, la ministre Blais empêche le Conseil des aînés de jouer son rôle.
Le président démis s ionnaire explique que le rapport annuel 2008 du Conseil a été déposé il y a plusieurs semaines au bureau de la ministre Blais. « Mais elle ne l’a pas encore déposé à l’Assemblée nationale, car elle s’attarde sur certains détails », soutient M. Lalande.
M. Lalande ajoute avoir créé récemment un comité pour réf léchir aux questions éthiques liées au vieillissement. « Mais Mme Blais est intervenue pour décider des membres qui devaient y siéger, dénonce M. Lalande. Si on enlève l’autonomie et l’indépendance du Conseil, il ne sert à rien. »
M. Lalande est fonctionnaire depuis 35 ans. Il a été notamment sous-ministre à la Justice et aux Transports. « C’est la première fois que je vois ça, dit-i l . Tenter de soumett re le Consei l des aînés, c ’ est inacceptable. »
M. Lalande affirme que l’idée de lancer un programme de certification des résidences privées pour aînés est née au Conseil des aînés. « Si on a pu faire ça, c’est qu’on nous donnait la marge de parler. Il faut conserver l’autonomie du Conseil des aînés », dit-il.
Mme Blais déçue
La ministre Blais s’est dite « déçue » de la réaction de M. Lalande. « Elle croyait que son départ avait été décidé d’un commun accord », assure le directeur du cabinet de Mme Blais, André Ménard.
Si le rapport annuel 2008 du Conseil des aînés n’a pas encore été déposé, c’est que certains éléments « ne respectaient pas la loi constitutive du Conseil des aînés », dit M. Ménard. « Et c’est la responsabilité de la ministre de s’assurer que tout est conforme, ajoute-t-il. D’ailleurs, M. Lalande a fait les changements et le rapport sera sûrement déposé la semaine prochaine. »
Quant au comité d’éthique, M. Ménard expl ique que l’ancien président du groupe a écrit une lettre à la ministre Blais lui demandant de démissionner. « Il disait ne pas s’entendre avec M. Lalande. En réaction, M. Lalande lui-même a décidé de nommer Russell Copeman à la tête du comité. Il l’a nommé lui-même, dit M. Ménard. Ce n’est pas la décision de la ministre. »
Au cour s des procha i ns mois, Mme Blais mènera des consultations afin de trouver un remplaçant à M. Lalande au Conseil des aînés.




CRÉDITS D’IMPÔT À LA RÉNOVATION - UN PETIT EXTRA QUI FAIT DE L’EFFET

Quand les gouvernements ont lancé leurs programmes de crédit d’impôt pour inciter les Québécois et les Canadiens à rénover, l’incertitude sur l’efficacité de ces mesures n’avait d’égal que l’incertitude économique elle-même
«Ç’a été lent à partir, mais c’est parti en fou. » Guy Aude t , propriétaire d’une entreprise de construction-rénovation à Sherbrooke, reçoit plus de soumissions pour des projets de rénovation que les années précédentes. Et les nouveaux crédits d’impôt à la rénovation, mis en place par les gouvernements fédéral et provincial, y sont sûrement pour quelque chose.
Selon l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec, les intentions de rénovation des ménages québécois dans les 12 prochains mois sont passées de 12,4% en décembre 2008 à 19,8% en février, quelques semaines après que les gouvernements aient annoncé ses programmes de crédit d’impôt à la rénovation.
Les intentions de rénovation ont certes diminué à 16,6% en avril, selon le dernier sondage de l’APCHQ. Mais cela reste néanmoins plus encourageant qu’à la fin de l’année dernière. Et plusieurs entrepreneurs en rénovation poursuivent leur croissance malgré la récession.
C’est le cas de Portes et Fenêtres Caron et Guay, de Pont-Rouge, dont 75% du chiffre d’affaires de 30 millions est attribuable aux activités de rénovation.
« En salle de montre, l’achalandage a presque doublé par rapport à l’an dernier, note le directeur des ventes, Réjean Guay. Et on est parti pour une très bonne croissance. » Jusqu’à maintenant, les ventes ont grimpé de 40%.
Dans ce cas comme dans d’autres, il demeure très difficile de calculer exactement la responsabilité des crédits d’impôt dans les bonnes affaires de 2009. Mais Réjean Guay croit que les mesures fiscales apportent un surplus de clientèle, s’il en juge par la quantité de gens qui glissent un mot sur ces crédits d’impôt.
« Les crédits d’impôt viennent contrebalancer les mauvaises nouvelles économiques qui sont apparues au pays depuis janvier », dit pour sa part Martin St-Amour, directeur chez Portes et Fenêtres Verdun.
Selon lui, nul doute que cela convainc des consommateurs à passer de l’étape du projet à celle de la concrétisation.
« J’ai des exemples de clients qui ont mis leur projet sur la glace à l’automne, voyant que leurs REER avaient beaucoup baissé, dit-il. Mais ils sont revenus à la charge en février ou en mars. »
« Ça fait son chemin »
Au moment où le gouvernement fédéral a lancé son programme, à la fin janvier, des économistes se montraient sceptiques. L’économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Sherry Cooper, doutait que les ménages à plus faible revenu soient tentés par le programme. Yves Saint-Maurice, de Desjardins, se demandait quant à lui si cela allait vraiment amener du jus à l’économie.
Mais force est de constater que pendant que les mises en chantier diminuent et que le marché de l’habitation s’essouffle, la rénovation tient le coup.
« À l’automne, on était préoccupé de savoir comment le consommateur réagirait à cette incertitude économique là, dit Martin St-Amour. La rénovation implique souvent des sommes assez importantes. »
Mais avec l’arrivée du printemps, et après quelques semaines de confusion et d’incompréhension sur les modalités des crédits d’impôt, l’inquiétude s’est dissipée.
« Avant que les crédits d’impôt arrivent, nous étions inquiets, comme tout le monde, même si on avait nos petites stratégies, se rappelle Réjean Guay. Lorsque les crédits d’impôt sont arrivés, on trouvait que c’était une superbe nouvelle, mais les premières semaines ont été toute une aventure pour aller chercher des renseignements là-dessus. Pendant un temps, on pensait que c’était de la poudre aux yeux. »
« Au début de l’année, les gens ne comprenaient pas trop ce que c’était, dit Éric Sansoucy, associé chez SP Rénovation, de Montréal . Le langage f iscal n’est pas nécessairement parlé par tout le monde. Mais on répète à chaque fois que quand on atteint 20 000 $, c’est 3850 $ de crédit d’impôt. Ça fait son chemin et ça marche. » Si bien que plusieurs Québécois ont devancé des travaux prévus un peu plus tard, notent les entrepreneurs.
Secteur sensible
Florence Duhamel, directrice générale de Maison D& D, à Brossard, ne note pas d’augmentation par rapport à l’an dernier. « Par contre, il n’y a pas de baisse, précise-t-elle. Peut-être que sans ces crédits, il y en aurait une. »
C’est aussi l’opinion d’Éric Cherbaka, directeur général, division Membres et Industrie, de l’APCHQ.
« Sans ces crédits, ce serait plus difficile de passer au travers de la récession. La rénovation est un secteur plutôt sensible à la conjoncture économique. Les crédits viennent maintenir l’activité. Sans eux, les gens auraient attendu une stabilisation économique. »
Aujourd’hui, une chose est certaine: les consommateurs sont intéressés et veulent en savoir plus sur les crédits. L’APCHQ remarque un grand nombre de demandes d’information et de références d’entrepreneurs sur son site web et au service à la clientèle.
Et les entrepreneurs suivent les clients. « On nous mentionne que beaucoup d’entrepreneurs qui ne faisaient pas de rénovation sont entrés sur le marché, dit Éric Cherbaka. Il y a beaucoup plus de joueurs, et beaucoup plus de concurrence. »

ENTRE RÉCESSION ET RÉNOVATION
Même si les Québécois ne semblent pas du tout insensibles aux crédits d’impôt à la rénovation, il est difficile de dire exactement comment le duo récession-crédit d’impôt se traduit dans leur comportement de consommateur.
« Le crédit incite les gens à dépenser plus, soutient Réjean Guay, directeur des ventes chez Caron et Guay Portes et fenêtres. « Les contrats ont grossi, dit-il, passant d’une moyenne d’environ 5000$ à 7000 à 8000$. »
Chez Verdun Portes et fenêtres, la facture moyenne a aussi augmenté, mais le directeur Martin St-Amour l’explique autrement. « Les gens plus touchés par la crise, par exemple les employés d’usine, sont ceux qui remplaçaient une ou deux fenêtres à la fois. Ces gens-là sont probablement sortis du marché. On a moins d’appels pour des soumissions à domicile, mais les gens qui entreprennent les projets ont des budgets plus importants. Le client moyen qui est resté dans le marché a un peu plus d’argent à investir. »
Florence Duhamel, directrice générale de Maisons D& D, constate plutôt des projets de moins grande envergure ce printemps. « Ce sont davantage des urgences, des rénovations qu’il faudrait faire de toute façon. »
Mais Mme Duhamel ne déprécie pas pour autant les crédits d’impôt.
« Je reste encouragée par la mesure, mais je pense qu’on va davantage voir les effets à l’automne. Les gens vont réaliser que le mois de janvier (le 1er février est la date limite du programme fédéral) s’en vient vite et que dans quelques mois, ils n’auront plus droit au crédit d’impôt. L’économie va redémarrer, ils vont avoir un peu de sous, une sécurité d’emploi. Ils vont réaliser qu’ils ont un projet qui a une échéance. Je pense que ça va réveiller les gens. »
Comme quoi on n’aura le coeur net sur la réelle popularité de ces crédits d’impôt que sur les déclarations d’impôts des Québécois, au printemps prochain.
DEUX ESPÈCES DE PROGRAMMES
Quand Claude Bernier, vice-président chez Rona, dit que les Québécois ont deux programmes de crédit d’impôt très différents à comprendre, il a tout à fait raison.
Le crédit d’impôt pour la rénovation et l’amélioration résidentielles, mis en place par le gouvernement québécois le 14 janvier dernier, s’adresse seulement aux propriétaires qui confient leurs travaux à des entrepreneurs ayant une licence de la Régie du bâtiment du Québec. Il vise notamment à soutenir les emplois du secteur de la construction et décourager le travail au noir.
Il offre un crédit remboursable de 20% pour les dépenses supérieures à 7500$, jusqu’à un maximum de 20 000$, pourvu que les ententes avec les entrepreneurs soient conclues en 2009 et que les dépenses soient effectuées avant la fin juin 2010.
Les travaux extérieurs (aménagement paysager, remise à neuf des allées, piscines) ne sont pas reconnus, contrairement au crédit fédéral.
Le crédit d’impôt fédéral pour la rénovation résidentielle, présenté dans le budget Flaherty du 27 janvier est un crédit non remboursable de 15% pour les dépenses supérieures à 1000$, avec un plafond de 10 000$.
La mesure est beaucoup moins restrictive qu’au provincial. L’éventail de dépenses admissibles est assez large, et il n’est pas nécessaire que les travaux soient effectués par un entrepreneur. Ainsi, les coûts des matériaux de construction pour la construction d’une clôture construite par le propriétaire lui-même est une dépense admissible.
Les dépenses doivent être effectuées entre le 27 janvier 2009 et le 1er février 2010.
Un outil de calcul détaillé, valide pour les deux crédits d’impôt, est disponible sur le site de Revenu Québec au

LES DÉTAILLANTS SENTENT L’ENGOUEMENT
En pleine récession, les grands détaillants de la quincaillerie et de la rénovation entendent bien tirer profit des crédits d’impôts lancés cet hiver. Déjà, tant Home Depot que Rona constatent un impact sur les affaires. « On a vu une réaction de la clientèle dans les jours et les semaines qui ont suivi l’annonce des crédits, dit Élise Vaillancourt, directrice régionale du marketing de HomeDepot pour le Québec. Mais il est difficile à dire si notre hausse de ventes y est directement attribuable. »
De son côté, Rona offre un programme incitatif supplémentaire (Home Depot l’a aussi fait durant quelques semaines) et invite les gens à s’inscrire sur un site web, où les clients doivent fournir certaines informations sur leur projet de rénovation.
Le détaillant de Boucherville ne veut pas préciser le nombre de participants inscrits, mais il est question de milliers de clients dans le pays. En entrevue à
le premier vice-président marketing et innovation client, Claude Bernier, indique aussi que « des dizaines de millions de dollars en intentions ont déjà été enregistrées ». Il précise toutefois que ce ne sont pas encore des dépenses réelles.
« On est très content des programmes de crédits d’impôts, ajoute M. Bernier. On y croit beaucoup. De mois en mois, le nombre d’inscrits à notre programme augmente. Il y a un certain engouement. On parle de dizaines de millions, pas de 50000$. »
Mais à l’instar des entrepreneurs, les détaillants évoquent une certaine complexité à bien saisir les tenants et aboutissants des programmes.
« La difficulté, c’est que le consommateur doit comprendre deux programmes très différents, dit Claude Bernier. Il y a encore beaucoup d’éducation à faire, mais le potentiel est très grand. »
Mais le crédit d’impôt n’explique pas tout. Si Élise Vaillancourt estime que ça a un impact positif sur les gens qui étaient sur le point de prendre une décision quant à leur projet de rénovation, elle croit aussi que cette année, plus de gens préfèrent utiliser leur dollar discrétionnaire pour des rénovations (et leur effet permanent) plutôt que pour des vacances (et leur effet temporaire).

Tournages à Montréal Québec ouvre les vannes
Le gouvernement du Québec agit avec célérité pour permettre la reprise des tournages américains dès cet été à Montréal. Deux ou trois grosses productions américaines s’apprêteraient déjà à profiter de l’élargissement du crédit d’impôt décrété hier à Québec.
Le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, a annoncé hier que Québec élargira les possibilités de crédits d’impôt pour les productions cinématographiques étrangères. Sur la photo, Brad Pitt et Cate Blanchett dans L’étrange histoire de Benjamin Button. Des scènes de ce long métrage américain ont été tournées à Montréal.
Effective immédiatement, la principale mesure précise que le crédit d’impôt de 25% sur les salaires des productions étrangères s’appliquera désormais à l’ensemble des frais de production engagés au Québec.
« C’était important de le faire rapidement, les décisions pour les tournages se prennent maintenant », a indiqué le ministre des Finances, Raymond Bachand, confirmant ainsi ce qu’avait révélé La Presse il y a deux semaines au sujet de ses intentions de relancer les tournages à Montréal.
« C’est bon pour l ’ i ndustrie, qui le souhaitait depuis quelques semaines, poursuit le grand argentier du Québec. Nous avons toujours été parmi les leaders dans ce domaine et comptons le rester. Nous serons compétitifs avec Toronto, Vancouver et plusieurs États américains »
Le ministre Bachand reconnaît que les crédits d’impôt représentent un investissement important mais assure qu’ils en valent entièrement la peine.
« C’est avantageux, dit-i l . Mieux vaut des crédits d’impôt qui amènent des dépenses réelles au Québec que le statu quo pour notre industrie. Ça fait vivre pas mal de monde. »
Les productions étrangères assurent le maintien de 4500 emplois au Québec. Elles ont eu des retombées de seulement 60 millions de dollars l’an dernier, alors qu’elles avaient rapporté 270 millions en 2007. Avec les nouvelles mesures, les retombées devraient dépasser 100 millions cette année.
« Montréal sera complètement transformé cet été, ajoute Hans Fraikin, commissaire du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. Avec cette mesure, nous sommes sur un pied d’égalité avec nos concurrents américains qui offrent aussi des avantages fiscaux. »
Extrêmement satisfait des mesures annoncées, il a expliqué que le Québec peut même s’enorgueillir d’offrir davantage que la plupart des lieux de tournage américains en raison des infrastructures et des techniciens qu’il y a chez nous depuis de nombreuses années.
En plus de l’élargissement du crédit d’impôt à toutes les dépenses de production, Québec a également décidé de porter à 30% le crédit d’impôt pour effets spéciaux et animation informatique.
« C’est important parce que nous sommes également très forts en postproduction au Québec, note Hans Fraikin. Il y a présentement des négociations pour deux, voire trois longs métrages de fiction américains bénéficiant de gros budgets qui seront annoncés d’ici l’été. »


Québec accorde près de 100millions à CAE
« C’est un risque calculé, qu’on partage, parce que bien sûr on prête 35% de l’investissement, mais cela veut dire que CAE y contribue à 65%. »
Québec a annoncé hier l’attribution à l’entreprise CAE d’une aide financière de près de 100 millions, sous forme d’un prêt à redevance, pour un projet d’investissement majeur.
Le ministre des Finances et du Développement économique, Raymond Bachand, a confirmé l’aide de 99,8 millions de Québec à CAE.
Le ministre des Finances et du Développement économique, Raymond Bachand, a confirmé l’aide octroyée pour un nouveau programme de recherche et développement, en présence du président et chef de la direction de CAE, Robert E. Brown.
Grâce à un investissement total de près de 274 millions, CAE espère devenir le chef de file mondial de la modélisation et de la simulation dans trois nouveaux domaines, soit ceux de la santé, des mines et de l’énergie. Québec investira 99,8 millions, sur sept ans, tandis que CAE financera son programme à hauteur de 174 millions.
« C’est un risque calculé, qu’on partage, parce que bien sûr on prête 35% de l’investissement, mais cela veut dire que CAE y contribue à 65%. Et nous sommes convaincus que nous retrouverons notre argent, avec intérêt et rendement. Et surtout avec beaucoup d’emplois et une nouvelle entreprise qui deviendra un leader dans un nouveau secteur », a soutenu le ministre Bachand, en conférence de presse.
Le projet doit assurer la création ou le maintien de 2500 emplois directs et de 1000 emplois indirects échelonnés sur une période de 15 ans, selon la direction de l’entreprise, dont le siège social est à Montréal.
Plus de 2000 emplois devraient en outre être créés dans la région de Montréal, et ce, même si CAE annonçait, à la mi-mai, 700 mises à pied, dont 600 dans la métropole québécoise.
« Notre objectif maintenant, c’est d’avoir des activités qui représenteront à peu près le quart de notre chiffre d’affaires, dans cinq à huit ans. Donc, cela donne un ordre de grandeur au niveau du chiffre d’affaires et du nombre d’emplois que l’on pourrait voir », a détaillé M. Brown.
Dans le domaine de la santé, CAE prévoit travailler en liaison avec le milieu, afin de lui offrir des simulateurs d’environnement et de permettre au personnel médical de répéter des procédures médicales avant de les utiliser pour des patients.
« Cela va permettre de sauver des vies et diminuer des coûts », a soutenu M. Brown. Des contrats auraient déjà été signés, selon le PDG de l’entreprise, avec l’Université de Montréal, le Michener Institute for Applied Health Sciences, de Toronto, et le Winnipeg Regional Health Authority.
CAE offre également déjà aux sociétés minières des formations pour leurs conducteurs, tandis que du côté du domaine de l’énergie, l’entreprise souhaite permettre aux compagnies de maximiser le rendement de leurs ressources. CAE investira dans des outils de simulation et de modélisation visant à optimiser la gestion, la production, les réseaux de distribution et la commercialisation dans le secteur.
Seul Québec par ticipe au nouveau projet d’investissement de CAE, mais le gouvernement fédéral avait à son tour annoncé à la fin mars l’investissement d’un montant remboursable dans le projet Falcon, un programme de recherche et développement de 714 millions s’échelonnant sur cinq ans. Ce dernier devait créer ou aider à conserver 1000 emplois.




Guerre de tranchée à Rivière-du-Loup  -  VINCENT MARISSAL
Après une fin de semaine de réflexion, MichaelIgnatieff indiquera aujourd’hui aux Canadiens s’il fera tomber ou non le gouvernement Harper cette semaine, déclenchant du coup des élections pour le 27 juillet.
Un conseil: ne retenez pas votre souffle, la probabilité que les libéraux précipitent le pays dans une campagne électorale en plein été est extrêmement faible.
Ce serait d’ailleurs une sage décision de passer un tour de la part de M. Ignatieff. Une campagne au mois de juillet, c’est risqué. En pleine récession de surcroît, cela devient téméraire.
Le chef libéral irait dans les campings et les parcs pour dire aux vacanciers inquiets de perdre leur emploi à la rentrée que c’est une bonne chose que de dépenser 300 millions de fonds publics pour retarder encore un peu les mesures de reprise économique? Ce n’est pas sérieux…
Comme nous n’aurons vraisemblablement pas d’élections fédérales cet été, le dernier événement politique de la saison aura lieu lundi prochain sur la scène provinciale, à Rivière-du-Loup, avec l’élection partielle visant à remplacer Mario Dumont.
Cette élection s’avère d’ailleurs beaucoup plus intéressante que prévu, comme j’ai pu le constater depuis deux jours en arpentant cette magnifique région.
De Montréal, on avait l’impression depuis le début de cette campagne que les jeux étaient faits et que le candidat du Parti québécois, l’ancien député du Bloc Paul Crête, allait l’emporter facilement. Les péquistes affichaient une belle assurance et les libéraux admettaient eux-mêmes que leur candidat, l’ex-maire de Rivière-duLoup, Jean D’Amour, était « dans le trouble », comme on dit en politique. (Ah oui, et l’ADQ, dites-vous? Dans Rivière-du-Loup, on ne votait pas vraiment ADQ, on votait Mario, et il n’est plus là, alors…).
Sur le terrain, à travers les bancs de brume fantomatiques, on distingue plutôt la tendance inverse: les libéraux pourraient créer la surprise et arracher cette circonscription détenue par Mario Dumont depuis 15 ans.
De l’aveu même de Paul Crête, la lutte contre les libéraux est extrêmement serrée. Et ce n’est pas une tactique pour cacher une trop grande assurance. Paul Crête est un bonhomme franc et direct. Il était visiblement inquiet, vendredi soir, quand je l’ai croisé dans un resto à la mode, rue Lafontaine, à Rivièredu-Loup. Et pour cause.
La démarche n’a évidemment rien de scientifique, mais de Rivière-du-Loup à Cacouna en passant par Notre-Dame-du-Portage et Trois-Pistoles, l’immense majorité des électeurs rencontrés penchaient du côté des libéraux. Un ou deux électeurs ont bien parlé de l’arrestation du candidat D’Amour pour conduite en état d’ébriété, mais, en général, on semble prêt à lui pardonner d’avoir « pris une p’tite bière », pour résumer les propos d’un homme de Trois-Pistoles.
Quant aux allégations de conflit d’intérêts pesant sur M. D’Amour (le commissaire au lobbyisme enquête sur l’ex-maire de Rivièredu-Loup parce qu’il aurait fait des représentations pour son entreprise auprès de son successeur sans s’inscrire au registre des lobbyistes), pas un seul électeur n’en a soufflé mot.
La ville de Rivière-du-Loup se tire fort bien d’affaire malgré les temps difficiles et elle a côtoyé la prospérité ces dernières années. Naturellement, l’ancien maire en retire quelque mérite.
La principale arme des libéraux – sans surprise – est de dire aux gens qu’il est temps d’élire un député du parti au pouvoir. L’argument semble faire mouche chez plusieurs électeurs.
À cet argument, les péquistes opposent un raisonnement étonnant: Rivière-du-Loup a connu 14 ans de prospérité économique en étant dans l’opposition avec Mario Dumont. Donc, l’opposition, c’est bon pour la région!
Remarquez que Paul Crête s’y connaît. Cela fait 16 ans qu’il est dans l’opposition comme député du Bloc québécois, qui n’a connu et ne connaîtra jamais que ce rôle. Cela dit, quel sera l’argument du PQ, aux prochaines élections, lorsqu’il se battra pour prendre le pouvoir?
Le candidat Crête joue gros aussi lorsqu’il dit, comme il l’a fait samedi en point de presse dans son local de Rivière-du-Loup, que cette élection partielle est le premier grand test pour le gouvernement Charest troisième mouture.
Vrai, les élections partielles sont souvent l’occasion d’envoyer un message (le plus fréquemment de frustration ou de colère) au gouvernement, mais si le PQ « échappe » Rivière-du-Loup après avoir été en avance, c’est Pauline Marois qui échouera à son premier grand test depuis le scrutin général du 8 décembre.
Au moment où la chef du PQ impose un virage stratégique important à son parti et où l’option cause une fois de plus des remous, son leadership serait certainement affaibli par une défaite dans Rivière-du-Loup, terre francophone réputée nationaliste.
Paul Crête admet qu’il devra attirer au moins deux électeurs adéquistes sur trois pour gagner lundi prochain (aux dernières élections, le PQ a fini troisième avec un peu plus de 3000 votes, contre 5700 pour les libéraux et 11 000 pour Mario Dumont).
Voilà pourquoi le PQ met toute la gomme dans Rivière-du-Loup. Hier, des dizaines de bénévoles, qui avaient assisté la veille à la Conférence nationale des présidents du Parti québécois, sont restés dans la région pour donner un coup de main au candidat Crête.
Ces renforts ont fait sourciller les libéraux, qui y voyaient une contribution illégale, mais le parti de Jean Charest n’était pas en reste cette fin de semaine.
Samedi, deux ministres (Claude Béchard et Tony Tomassi) et près de 100 bénévoles (essentiellement, du personnel politique de Québec et de Montréal) ont débarqué dans la circonscription pour la fin de semaine.



Les grands imposteurs -  ANDRÉ PRATTE
Le conseil général du Parti libéral du Québec s’est tenu en fin de semaine sous le thème du développement énergétique duQuébec. Le premier ministre Jean Charest y a présenté sa vision du Québec de l’avenir, un Québec qui serait « la première puissance mondiale d’énergies propres et renouvelables ». C’est un projet mobilisateur que nous applaudissons. Il est déplorable que les libéraux aient choisi d’en faire une affaire partisane.
Une vidéo présentée aux militants dimanche retraçait l’histoire de l’hydroélectricité au Québec. Le PLQ a réussi le tour de force d’y raconter la nationalisation de l’électricité sans dire un mot de René Lévesque. Ministre libéral des Ressources naturelles au début des années 60, M. Lévesque a mené pendant des mois une campagne publique en faveur de la nationalisation. C’est cette campagne qui a convaincu les Québécois, puis le premier ministre Lesage de prendre cet audacieux pari. On a beau être partisan, il y a des limites à la malhonnêteté intellectuelle.
Jean Charest s’est bien gardé de pavoiser après que les organisateurs du conseil général, affiches et vidéo à l’appui, l’eurent sacré « grand bâtisseur » aux côtés de Godbout, Lesage et Bourassa. Il ne s’est pas moins présenté comme le père de la relance de la construction des grandes centrales hydroélectriques et du développement de l’énergie éolienne dans la province. Or, c’est faux. Le premier ministre qui a initié ces deux virages, c’est Bernard Landry.
Il est vrai que le gouvernement de Jacques Parizeau avait mis un frein aux grands projets de production électrique. Il n’avait pas le choix: l’échec de Grande-Baleine avait montré que la résistance des populations autochtones ne pouvait être vaincue ou contournée.
Il a fallu que M. Landry conclue la Paix des Braves avec les Cris pour que le plus grand projet depuis celui de la baie James, la dérivation de la rivière Rupert, puisse aller de l’avant. Voici ce que déclarait M. Landry, alors premier ministre, il y a sept ans presque jour pour jour: «Le Québec est à l’aube d’une autre grande période de développement de projets énergétiques. Les initiatives que mon gouvernement a annoncées au cours de la dernière année et celles que nous mettrons en place au cours des prochains mois permettront au Québec de connaître la plus importante vague de développement de projets énergétiques depuis les travaux de la baie James. » Et le chef péquiste de « confirmer la ferme volonté de mon gouvernement d’accélérer le développement de l’énergie éolienne au Québec».
Bernard Landry mérite donc, au moins autant que son successeur, le titre de « grand bâtisseur » de l’énergie. Dans ce dossier, le chef libéral a seulement pris la balle au bond. Le «plan Nord» et le développement d’un « nouvel espace économique » pour le Québec sont des initiatives beaucoup plus originales lancées par le premier ministre libéral. Souhaitons que le « plan Nord » prenne bientôt une forme plus concrète que la présentation PowerPoint à laquelle il s’est limité jusqu’à maintenant.
Les libéraux ne sont évidemment pas les seuls à déformer l’histoire à leur avantage. Leurs adversaires péquistes font de même, par exemple lorsqu’ils s’enorgueillissent du choix que le Québec a fait de l’hydroélectricité, oubliant que le PQ était contre la baie James, préférant la filière nucléaire.
L’avenir économique du Québec dépend notamment de sa capacité à exploiter au maximum, dans le respect de l’environnement, ses ressources hydroélectriques et éoliennes. Plutôt que d’en faire un enjeu partisan, les politiciens devraient s’efforcer d’y rallier toute la population.


« Les péquistes se foutent des règles », dit JeanCharest
Dépenses électorales dans Rivière-du-Loup
Libéraux et péquistes se sont accusés mutuellement hier de faire fi des règles du financement électoral pour la complémentaire de Rivière-du-Loup, qui est devenue un champ de bataille politique débordant largement les enjeux locaux.
Jean Charest a raillé hier les habitudes belliqueuses des péquistes, disant qu’ils n’avaient pas pu s’empêcher de se chicaner avec le DGE.
Jean Charest soutenait hier ne pas prêter foi aux engagements du PQ, qui promet de comptabiliser une partie des coûts d’un événement partisan qu’il tiendra en fin de semaine dans cette circonscription. Lundi, après quelques jours de flottement, le vérificateur avait jeté du lest et convenu que le PQ pouvait n’imputer qu’une partie des coûts liés à la Conférence des présidents de samedi prochain, aux dépenses électorales du candidat péquiste Paul Crête.
Cette conclusion avait nécessité bien des échanges aigres-doux entre le bureau du DGE et le PQ. « La chicane, cela fait tellement partie de la culture du PQ qu’ils ne peuvent s’empêcher de se chicaner avec le DGE. Il faut le faire », a raillé Jean Charest hier.
Selon lui, « les péquistes dans Rivière-du-Loup se foutent du président d’élection (le DGE), ils se foutent des règles ». Pour lui, personne ne peut croire que le parti de Pauline Marois a subitement décidé de tenir cette réunion dans l’ancienne circonscription de Mario Dumont par hasard. « Tout d’un coup, ils ont dit: "On va aller à Rivière-duLoup." Voyons donc, ces dépenses doivent être comptées aussi », a lancé M. Charest.
« On sait pourquoi les péquistes vont à Rivière-du-Loup, cela va être intéressant de les voir patiner autour de ça... qu’ils ne sont pas là pour la partielle. Du grand spectacle, comme: "Je ferai des référendums, mais peut-être pas." Le brouillard permanent ! » a-t-il conclu.
Pour Stéphane Bédard, leader parlementaire du PQ, « Jean Charest devrait avoir honte, il ment effrontément. Étrangement, il se soucie peu de savoir si son candidat dans Rivière-du-Loup respecte la loi sur le lobbying. » Le PQ va « respecter intégralement » les directives du DGE – des discussions ont déjà eu lieu pour identifier la partie des dépenses de la conférence qui devront être imputées à la campagne de Paul Crête.
« Quand M. Charest dit qu’on ne respecte pas la loi électorale, il ment effrontément. C’est un signe de panique de sa part. C’est aussi un manque de dignité, de respect à la fonction de premier ministre que de lancer de telles accusations », a poursuivi M. Bédard.
Surtout, ajoute-t-il, le même Jean Charest aura contribué au déni le plus flagrant de la loi québécoise sur le financement des activités politiques ; il est monté au husting lors du love-in de Montréal à quelques heures du référendum de 1995.
En outre, depuis le déclenchement de la partielle, le gouvernement Charest a « rempli le comté de limousines aux frais des contribuables » en multipliant le nombre de visites ministérielles.


Pauline Marois : une défaite « crève-coeur »
Lachefdel’oppositionofficielle, Pauline Marois a confié avoir vécu avec tiraillements la campagne électorale municipale. « Cette élection a été crève-coeur dans plusieurs circonscriptions où nous avions des sympathisants souverainistes des deux côtés », reconnaît Mme Marois. Les troupes souverainistes ont été divisées, tant à Longueuil qu’à Montréal. Le mot d’ordre donné aux militants a été de choisir librement leurs clans, ce qui n’a pas permis de mettre la machine péquiste à profit.



Le péquiste Nicolas Marceau appuie les hausses de tarifs
QUÉBEC — Le nouveau député péquiste de Rousseau, l’économiste Nicolas Marceau, approuve l’idée du gouvernement Charest d’augmenter les tarifs comme ceux de l’hydroélectricité une fois que la reprise économique se sera confirmée.
Nicolas Marceau a repris la circonscription de Rousseau laissée vacante par François Legault.
Cette sortie risque d’embarrasser Pauline Marois, qui refuse jusqu’à maintenant de se prononcer sur le sujet.
De son côté, Jean Charest n’a pas nié que son gouvernement veut hausser les tarifs préférentiels du bloc patrimonial d’Hydro-Québec – ces 165 térawattheures dont le prix est fixé à 2,8 cents le kilowattheure. Il a prévenu que le gouvernement devra prendre des mesures « pas toujours populaires » pour retrouver l’équilibre budgétaire. Il avait pourtant promis de ne pas toucher au bloc patrimonial dans sa plus récente stratégie énergétique.
Augmenter les tari fs et majorer la TVQ comme veut le faire le gouvernement sont « des voies intéressantes » en vue de renflouer les coffres de l’État, a affirmé Nicolas Marceau hier, après avoir prêté serment à l’Assemblée nationale. « Il y a eu des démonstrations dans d’autres pays qui montrent que ça peut être de bonnes avenues pour une meilleure croissance économique, pour plus d’équité. »
Ces mesures ne devraient entrer en vigueur qu’après la récession, a toutefois prévenu le nouveau député, élu le 21 septembre. Selon le successeur de François Legault dans Rousseau, le gouvernement doit présenter rapidement un « plan complet » sur le retour à l’équilibre budgétaire, ce qui permettra de mieux évaluer sa stratégie.
Avant de faire le saut en politique, Nicolas Marceau s’était déjà prononcé en faveur d’une hausse des tarifs d’HydroQuébec. Invité à titre de conférencier au conseil général du PQ, en février dernier, il avait plaidé pour une hausse de la TVQ et des tarifs afin de retrouver l’équilibre budgétaire. Pauline Marois avait refusé de prendre position.
Lors de la période des questions, la chef péquiste a accusé Jean Charest de renier son engagement de maintenir tel quel le bloc patrimonial. Cette promesse est inscrite dans la stratégie énergétique 2006-2015.
« Il veut faire exploser les tarifs, a-t-elle lancé. HydroQuébec a déjà augmenté les tarifs de plus de 18% depuis cinq ans. Ils annoncent une demande de plus de 8% pour les cinq prochaines années, et maintenant, le premier ministre a le bloc patrimonial dans sa mire », a-t-elle affirmé. Un peu plus tôt, lors d’un point de presse, elle n’avait pas voulu se prononcer sur une révision du bloc patrimonial. Elle s’est contentée de dire qu’elle est « favorable à débattre » des hausses tarifaires.
JeanCharest a déclaré: « Nous vivons la pire crise économique depuis les 70 dernières années, et nous devrons, comme société, prendre les mesures responsables, pas toujours populaires, pas toujours faciles. »


Marois craint pour la santé financière du Québec  -  Jocelyne Richer
TROIS-RIVIÈRES — Le Parti québécois misera cet automne sur l’état précaire des finances publiques pour miner la crédibilité du gouvernement et marquer des points.
La chef du parti, Pauline Marois, a dit craindre, hier, en marge d’une réunion de ses députés à Trois-Rivières, que les prochaines nouvelles sur la santé financière du gouvernement soient mauvaises.
Le déficit budgétaire anticipé pour l’année en cours serait donc plus important que prévu, selon elle.
« Malheureusement, la situation budgétaire va empirer plutôt que de s’améliorer », a prédit Mme Marois en point de presse, avant de rejoindre ses députés.
En octobre, le ministre des Finances, Raymond Bachand, doit faire le point, à l’occasion de sa « mise à jour économique et financière », et révéler si les prévisions du printemps sont toujours d’actualité. Normalement, cette mise à jour périodique n’entraîne pas l’adoption de nouvelles mesures budgétaires.
En mars, le dernier budget de la ministre Monique Jérôme-Forget avait fixé à tout près de 4 milliards le déficit prévu pour 2009.


Le PQ recrute l’économiste Nicolas Marceau
Succession de François Legault dans Rousseau
EXCLUSIF
QUÉBEC— La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a recruté un économiste, Nicolas Marceau, dans l’espoir de combler le vide laissé par le départ de François Legault. Le professeur à l’UQAM sera nommé sous peu candidat du PQ dans la circonscription de Rousseau, a appris La Presse.
Devant le conseil national des militants péquistes, le 22 février 2009, François Legault (à gauche) a invité Nicolas Marceau à prononcer un discours sur les moyens de sortir de la crise économique. Cette photo a été prise à cette occasion par le PQ.
Nicolas Marceau a été membre de la commission Séguin sur le déséquilibre fiscal, créée par le gouvernement Landry en 2001, et l’un des experts qui a validé les Finances d’un Québec souverain, une étude préparée par François Legault en 2005.
À l’invitation de M. Legault, Nicolas Marceau a prononcé, le 22 février dernier, un discours sur les moyens de sortir de la crise économique devant quelques centaines de militants péquistes réunis en conseil national. Le professeur au département des sciences économiques avait proposé de retrouver l’équilibre budgétaire en augmentant la TVQ et les tarifs, comme ceux d’hydroélectricité. Prudente, Pauline Marois s’était contentée de dire qu’elle est prête à faire un débat sur la tarification des services publics, mais seulement après la crise économique. M. Marceau avait aussi insisté sur le maintien d’un panier de services publics « généreux » et d’un État de « taille importante », une position qui correspond à la philosophie péquiste.
Le PQ a appuyé sur l’accélérateur afin de confirmer au plus vite la candidature de M. Marceau dans Rousseau et éviter toute contestation. L’exécutif de la circonscription a fixé au 3 août, lundi, la date limite pour déposer une candidature à la succession de François Legault. L’investiture aura lieu le 18 août.
Devant un échéancier aussi serré, Carl Dubois, jeune militant qui songeait à tenter sa chance, s’est désisté. Lynne Harpin, attachée politique de M. Legault, avait manifesté son intérêt, mais elle a finalement décidé de laisser le champ libre au candidat que la chef veut parachuter dans la circonscription de Lanaudière. Nicolas Marceau, 45 ans, habite le Plateau-Mont-Royal.
Le gouvernement Charest n’a pas encore annoncé la date de l’élection partielle dans Rousseau. Il peut attendre jusqu’à la fin de l’année avant de déclencher le scrutin.
L’entourage de Pauline Marois a courtisé Nicolas Marceau peu de temps après le départ de M. Legault, le 25 juin dernier. L’économiste aura de grands souliers à chausser puisque M. Legault était le meil leur compteur de l’équipe péquiste.
MM. Legault et Marceau se connaissent bien. Le professeur figurait parmi les experts recrutés par M. Legault pour examiner ses Finances d’un Québec souverain. L’étude rendue publique en mai 2005 concluait qu’un Québec souverain dégagerait un surplus de 17 milliards de dollars en cinq ans, grâce à l’élimination des chevauchements et des fonds récupérés d’Ottawa. M. Marceau avait défendu la crédibilité du document dans les pages de La Presse.
Nicolas Marceau s’est fait connaître dans les cercles politiques lorsque le premier ministre Bernard Landry l’a nommé, en 2001, au sein de la commission sur le déséquilibre fiscal présidée par Yves Séguin. Le rapport déposé en mars 2002 recommandait l’abolition du transfert social canadien et la récupération par les provinces de la TPS. L’automne dernier, M. Marceau a maintenu que le déséquilibre fiscal existe toujours, malgré la hausse des transferts fédéraux.
Nicolas Marceau s’est prononcé contre la hausse des droits de scolarité de 30% en cinq ans annoncée par le gouvernement Charest en mars 2007. Il suggère une simple indexation.
Régulièrement interviewé par les médias, M. Marceau est titulaire d’une maîtrise en sciences économiques de l’Université de Montréal et d’un doctorat de l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario. Il enseigne à l’UQAM depuis 1996. Spécialisé en économie publique, il est chercheur au Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques économiques et l’emploi. Il n’a pas rappelé La Presse.
L e 8 dé c embr e de r n i e r , François Legault avait remporté les élections dans Rousseau avec 57% des suffrages et une majorité écrasante de plus de 10 000 voix – sa plus forte depuis son premier scrutin en 1998. La circonscription était toutefois détenue par le Parti libéral entre 1985 et 1994.




Le PQ presse le gouvernement de s’attaquer aux « vaches sacrées »
— Le porte-parole péquiste en matière de finances, François Legault, a pressé le gouvernement, hier, de s’attaquer aux « vaches sacrées » afin de retrouver le chemin de l’équilibre budgétaire dès l’année prochaine et non pas dans cinq ans.
M. Legault s’est montré insatisfait du plan avec lequel le ministre des Finances, Raymond Bachand, veut rétablir l’équilibre des finances publiques d’ici 2014. Mais le représentant de l’opposition officielle n’a pas donné d’indication claire sur les mesures à prendre.
Le député péquiste a cependant plaidé que le gouvernement avait commandé suffisamment de rapports d’experts, au cours des dernières années, pour trouver le moyen d’augmenter les revenus ou de réduire les dépenses.
« Il va falloir revoir certaines vaches sacrées, a-t-il dit. Il va falloir prendre des décisions difficiles, autant du côté des dépenses que des revenus. Mais arrêtons de pelleter nos problèmes par en avant puis d’utiliser le prétexte de la récession pour ne rien faire puis laisser des factures à nos enfants. »
Hier, M. Bachand a déclaré que le gouvernement est prêt à s’engager à retrouver l’équilibre budgétaire dès l’exercice 2013-2014.
Afin de concrétiser cet engagement, réclamé notamment par le PQ, les libéraux ajouteront un amendement au projet de loi 40, par lequel le gouvernement souhaite suspendre l’obligation de déficit zéro auquel il est tenu. Ce changement l’autorisera à passer les pertes des prochaines années à la dette.
« Le projet de loi disait qu’en 2011 je déposerais les cibles d’objectif budgétaire décroissant devant amener à l’atteinte de l’équilibre budgétaire, a-t-il dit. Il semble que c’est préférable d’être clair, que l’équilibre budgétaire sera atteint en 2013-2014. »
Selon M. Bachand, il serait irresponsable d’exiger plus rapidement des efforts qui permettraient d’éviter de faire grimper la dette.
« L’effort pour retourner à l’équilibre budgétaire va être dur, a-t-il dit. Mais demander de compenser par 11 milliardsadditionnels d’augmentations de taxes ou de coupures de dépenses, on pense que c’est irresponsable, et nous, on ne le fera pas. »
Le projet de loi 40 fait suite au dépôt du budget, en mars dernier, dans lequel l’ancienne ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a annoncé un déficit de 4 milliards pour l’année 2009-2010 et des déficits successifs qui totaliseront près de 12 milliards d’ici 2013-2014.


La chasse aux vaches sacrées -  Alain Dubuc
Depuis deux semaines, un débat assez étrange se déroule à l’Assemblée nationale. C’est l’opposition péquiste qui presse le gouvernement libéral à un retour rapide au déficit zéro, ce qui, pour reprendre les imparfaites catégories politiques, place les péquistes à droite des libéraux.
François Legault a critiqué le libellé du projet de loi 40 qui donnait un chèque en blanc au gouvernement. Il avait parfaitement raison.
Le critique de l’opposition en matière des Finances, François Legault, a même affirmé que le Québec, pour ne pas frapper un mur, devrait s’attaquer aux vaches sacrées, comme le disaient les lucides. Le monde à l’envers!
Le point de départ de ce débat, c’est l’étude du projet de loi 40 qui suspend l’application de la loi sur le déficit zéro, une grande réalisation du gouvernement Bouchard. Cette loi permet un déficit pour des raisons exceptionnelles, comme une récession, à condition qu’on revienne rapidement à l’équilibre et qu’on le compense en créant des surplus.
On comprend que le gouvernement Charest, étant donné la gravité de la récession, ait voulu l’assouplir. Mais le projet de loi 40 allait beaucoup plus loin, et dans les faits, mettait au rancart la loi sur l’équilibre budgétaire. Tout ce qu’il prévoyait, c’est qu’après les deux années de récession, 2009-2010 et 2010-2011, le ministre devait tout simplement proposer des budgets dont les déficits seraient décroissants, sans obligation de revenir au déficit zéro, sans fixer d’échéancier.
François Legault a vertement critiqué le libellé de ce projet de loi, qui donnait un chèque en blanc au gouvernement. Il avait parfaitement raison. La loi sur le déficit zéro est peut-être symbolique, mais elle constitue un garde-fou dont on a besoin.
Les efforts du critique péquiste ont été à ce point efficaces que le ministre des Finances, Raymond Bachand, a été forcé d’amender son projet, pour préciser qu’après les deux ans de budgets de récession, le gouvernement devrait ramener le déficit à zéro en trois ans. Voilà un signe que les travaux parlementaires peuvent être fructueux.
Mais le dossier n’est pas clos pour autant. M. Legault n’est toujours pas satisfait, estimant que le retour à l’équilibre budgétaire en cinq ans est trop lent, qu’il fallait agir plus rapidement, et prendre les grands moyens. Et là, M. Legault a à la fois tort et raison. Raison sur le fond, tort sur la manière.
Il n’est pas réaliste de croire qu’au sortir d’une récession, dont les effets sur le budget se feront sentir fortement l’an prochain, on puisse éliminer le déficit rapidement. C’est déjà très ambitieux de vouloir le faire en trois ans après la récession, comme le souhaitent les libéraux.
Par contre, M. Legault a bien raison de dire que, pour y arriver, il faudra prendre les grands moyens. Je serais bien mal placé pour le critiquer, puisque celui-ci a repris, en commission parlementaire, la formulation d’une de mes chroniques où je souhaitais « l’ouverture de la chasse aux vaches sacrées ». Il s’agit de tout regarder, y compris la tarification, le prix de l’électricité, la façon de voir le système de santé.
Et François Legault a raison d’être pressé. Parce que le gouvernement Charest n’a aucun plan convaincant pour vaincre le déficit. Et comme réformes profondes, nécessaires pour le ramener à zéro, n’auront pas d’effets budgétaires immédiats, c’est maintenant qu’il faut commencer le travail.
En principe, ce ne serait pas une mauvaise chose que l’opposition péquiste, tout comme celle de l’ADQ, pousse sur les libéraux pour les forcer à plus de rigueur budgétaire. Parce que le gouvernement n’aurait pas autant de bâtons dans les roues s’il doit faire des choix impopulaires. Mais hélas, le risque est grand que François Legault ait parlé en son nom personnel et que ses idées ne soient pas celles de son parti.



Le nuage de Charest, le désert de Marois  -  VINCENT MARISSAL
Les choses ne vont pas bien pour le Parti québécois, une tendance observée depuis quelques mois et qui se confirme dans notre plus récent sondage CROP.
C’est l’évidence. Les députés du P Q recon na issent eux-mêmes avoir de sérieux problèmes de communication.
Le réflexe naturel des péquistes sera vraisemblablement de lancer de grands chantiers de rénovation de l’option ou de concevoir un plan de reconquête des nationalistes. Mais dans l’immédiat, leur priorité devrait être beaucoup plus terre à terre: sauver la mise dans Rousseau, où une élection partielle aura lieu le 21 septembre pour remplacer François Legault.
Théoriquement, le PQ ne peut pas perdre Rousseau, une circonscription sûre qui a donné une confortable majorité de 10 000 voix à François Legault en décembre.
Théoriquement, le PQ devait aussi prendre Rivière-du-Loup lors de la partielle de j uin. Il partait avec près de 20 % d’avance. Le péquiste Paul Crête a toutefois fini loin derrière le libéral Jean D’Amour.
Les partielles, c ’est bien connu, donnent souvent des résultats étonnants. Rappelezvous seulement la mini-vague adéquiste de 2002, la péquiste Elsie Lefebvre dans LaurierDorion en 2004 ou la libérale Nathalie Rochefort dans Mercier en 2001.
Normalement, les partielles servent à envoyer un message de mécontentement au gouvernement. Mais dans Rivière-duLoup, les électeurs ont plutôt plébiscité Jean Charest.
Les libéraux ont 11 points d’avance dans l’ensemble du Québec, ils n’ont que deux points d’arrière chez les francophones et mènent par sept dans les régions. Le taux de satisfaction à l’endroit du gouvernement a grimpé de sept points cet été, le chef libéral écrase Pauline Marois à la question de savoir qui ferait meilleur premier ministre et la souveraineté est en perte de vitesse.
Le score de Québec solidaire et des verts laisse croire par ailleurs que des péquistes désabusés ont « parqué » leur vote chez ces deux partis pour le moment.
Tous ces chiffres ne disent pas que le PQ perdra Rousseau. Ils indiquent toutefois que la victoire est loin d’être garantie. Déjà en 2007, François Legault avait failli perdre sa circonscription. Il avait résisté à la poussée de l’ADQ avec à peine un millier de voix de majorité.
Le principal défi du Parti québécois sera de mobiliser ses électeurs et de les inciter à voter en grand nombre le 21 septembre. Son pire ennemi, c’est la lassitude des souverainistes.
Le taux de participation, traditionnellement très faible dans les partielles, pourrait favoriser les libéraux, réputés efficaces pour engranger notamment le vote des personnes âgées.
Une élection partielle miestivale, mi-rentrée, en même temps que des élections municipales et parmi toutes les rumeurs d’élections fédérales, ne favorisera certainement pas la cohue vers les urnes.
Par ailleurs, le candidat péquiste, Nicolas Marceau, est certes un économiste respecté, mais il n’a pas la notoriété de François Legault. Il n’a pas été ministre et il est parachuté da ns cette ci rconsc ription rurale de Lanaudière.
En réponse au slogan du PQ, « Dans Rousseau, c’est Ma rceau », les adéqu istes du coin raillent déjà : « Chez Marceau, c’est le Plateau.» Ça promet pour les débats sur les enjeux régionaux.
L’ADQ envoie Jean-Pierre Parrot au front, celui qui a chauffé M. Legault en 2007 mais qui souffre cette fois des problèmes de son parti. De plus, les dérapages du premier débat à la direction de l’ADQ et l’éviction de Jean-François Plante de la course monopolisent l’attention, faisant un tort considérable au parti.
Chez les libéraux, rebelote pour Michel Fafard, qui a fini deuxième en décembre avec seulement 22% des voix. M. Fafard n’est pas connu sur la scène nationale, mais il a l’avantage d’être un gars du coin.
Pour savoir si les libéraux y croient eux-mêmes, il suffira de compter les limousines de ministre dans la circonscription au cours des prochaines semaines.
L es péqu istes, eu x , ont déjà promis de mettre toute la gomme pour faire gagner leur candidat. Ils ont intérêt. Autrement, la situation deviendra intenable pour Pauline Marois.
Il n’est pas anormal que, dans les mois suivant l’élection d’un gouvernement majoritaire, l’opposition officielle entreprenne une traversée du désert, ce que notre CROP confirme.
Jean Charest est sur un nuage, Pauline Marois vient d’entreprendre sa traversée du désert.
Dans les mois à venir, l’état de santé du Parti et de son option alimenteront immanquablement les débats.
Pour le moment, toutefois, Mme Marois doit éviter de trébucher dans Rousseau si elle veut se rendre, éventuellement, de l’autre côté du désert.


UN ÉTÉ SANS NUAGE POUR JEAN CHAREST  -  Tommy Chouinard
Ni la crise économique ni les bourdes de ses ministres ne sont venues porter ombrage à la popularité de Jean Charest au cours de la période estivale. Un nombre croissant de Québécois s’est dit satisfait du gouvernement provincial dans un sondage CROP- La Presse. Sur la scène fédérale, le Parti libéral du Canada a connu un été moins clément, perdant des appuis au profit du Parti conservateur.
SAINT-HYACINTHE — La saison estivale a profité aux libéraux, révèle un sondage CROP-La Presse. La cote de popularité de Jean Charest atteint un sommet, alors que celle de Pauline Marois chute encore. Le taux de satisfaction du gouvernement est en hausse, tout comme les