Pauvreté

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS


Incroyable !!!...

L’impérialisme francais et ses anciennes colonies d’Afrique noire

14 pays africains forcés par la France à payer l'impôt colonial pour les avantages de l'esclavage et de la colonisation
14 African Countries Forced by France to Pay Colonial Tax For the Benefits of Slavery and Colonization

LA FRANCE EXPLOITE L'AFRIQUE PAR LE BIAIS DU FRANC CFA
France Struggles to Retain Colonial Ties in Africa


Neo-Colonialism, the Last Stage of imperialismKwame Nkrumah 1965

Pourquoi l’Afrique ne se développe pas


How Rich Countries Got Rich . . . And Why Poor Countries Stay Poor
The Rich Get Richer, the Poor Go Hungry
Poorer countries should abandon free trade agreements
Making Globalization Work for the Poor



Cet homme qui a inventé l'eau solide

OÙ S’EN VA L’AIDE INTERNATIONALE CANADIENNE ?

L'ONU annonce une crise alimentaire mondiale pour 2013


Africa: the world’s most generous foreign-aid donor - Gerald Caplan

Quand la faim justifie les moyens - Laure Waridel

Peut-on vraiment se permettre de négliger la pauvreté, ne serait-ce que selon une perspective tout ce qu'il y a de plus économique ?
Rapport du Conseil national du bien-être social - La pauvreté coûte cher

Quand l’aide alimentaire volée fait recette


Contre la « république des ONG »

Fundraising pitfalls: Somalia still needs us


Un modèle d’entreprise contre la pauvreté

It’s time to say ‘not’ to not-for-profit

Here’s how we can be both smart and good - Margaret Wente

The folly of benevolence - Neil Reynolds


Après l’amnistie aux shebabs, une meilleure distribution de l’aide?
Le chantage et l'aide humanitaire

Learning to live on a crowded planet

De généreux salaires pour des employés du secteur caritatif

Guerre et faim

Perspectives - Le prix de la violence

Homegrown Somali NGO fuels suspicion while feeding its people
The Horn of Africa’s last famine?


La plus grave crise de la planète
Shocking images aren’t enough
Hundreds dying daily as famine spreads in Somalia, UN says

Famine: 750 000 personnes en danger de mort en Somalie
K’naan in Somalia: beacon of hope - Globe Editorial

K’naan opens his heart to Somali famine victims

Famine en Afrique - Le Canada égalera les dons de la population et ajoutera un montant de 25,5 millions
Londres se fait généreuse
Donors can’t give up rescuing Somalia’s hungry - Globe Editorial
Humanitarian groups beg Canadians to do more to help famine victims
Famine - L'ONU maintient son aide à la Somalie malgré les vols
Famine: n'accusez pas la pluie!
Somalis suffer and die as Islamists ban ‘infidel’ aid

Sudden retreat of Islamist radicals from Mogadishu little help for relief agencies

Après l’amnistie aux shebabs, une meilleure distribution de l’aide?

LA LIGNE DE FRONT DU COMBAT CONTRE LA FAIM

MARCHER À LAVIE, À LA MORT
The hard task of providing aid to Horn of Africa
LE PLUS GRAND CAMP DE RÉFUGIÉS DU MONDE

Des millions d'Africains menacés par la famine - Des vedettes lancent un SOS pour la Corne de l'Afrique
Catastrophe annoncée

Making sense of a senseless famine
La famine déclarée en Somalie
Tens of thousands feared dead in south Somalia famine

La Somalie frappée par la famine, selon l’ONU
Sécheresse - La Corne de l'Afrique plongée dans la famine
The West must start heeding early famine warnings

Cri d’alarme
« Une tragédie humaine inimaginable »

Qu’est- ce que la famine ?

L’argent est dans le pré

Deux jours pour réformer l'agriculture mondiale
Qui veut la fin de la faim veut les moyens!
Le commerce agricole ne doit pas créer la faim dans le monde
Perspectives - Famine politique
Le prix des aliments explose

An unlikely path to aid: Paying to set up think tanks - Doug Saunders


The dangers of treating food as a strategic asset


Let’s refocus our plan of attack on global poverty


How paying people’s way out of poverty can help us all


An international food reserve would calm markets – and donors


LE PARCOURS DU COMBATTANT


Banning the food Band-Aid to help the hungry help themselves

Canada should bring poor nations to the food aid discussion table

Renowned economist’s outlook darkens on global food prospects

CIDA: a broken agency that needs to be overhauled - Globe Editorial



Dadaab refugee camp is a city that shouldn’t exist


L'État du monde
At last, some good news for African children

Rapport de l'ONU - Le monde parvient à endiguer la pauvreté, mais la faim subsiste

Une voie mitoyenne pour sortir le monde de la pauvreté ?
The new global middle fights for its corner - Doug Saunders


Et si l'on se mettait à aider réellement le monde, plutôt que de ne chercher qu'à en profiter ?...
The business of doing business in Gadhafi’s oil kingdom
Paris empêtré dans le « printemps arabe »

Un pacte qui revient hanter Londres


Se pourrait-il donc qu'alors même que l'on prétend vouloir aider les autres, on ait tendance à ne chercher en fait le bénéfice de nul autre que nous-mêmes ?...
Les pros de la compassion


Est-ce que nos politiques d'aide étrangère n'auraient pas déjà un peu plus de chances de fonctionner si elles avaient vraiment pour but d'aider, plutôt que de ne servir que nos propres intérêts ?...
Aide internationale - La politique canadienne d'aide pour lutter contre la pauvreté est un échec
Allons-nous baisser les bras?

Et si la Chine s'avérait à peu près la seule grande puissance à avoir compris qu'on ne saurait sans doute trouver d'investissement plus rentable que celui qui est fait sur le développement économique de la planète en tant que tel, surtout pour les acteurs qui y sont le plus directement impliqués ?...
China is winning over the heart of Africa – at the West’s expense
China’s ‘African land grab’


Et si le protectionnisme, surtout au niveau agroalimentaire, s'avérait encore la meilleure façon de maintenir la pauvreté en ce monde ?...
Responsabilité alimentaire

Et si, pour lutter contre la pauvreté, nous commencions par cesser nous-mêmes d'exploiter le reste du monde d'une façon qui s'apparente à ni plus ni moins que de l'esclavage ?...
Une association canadienne veut intenter un recours collectif
Des Congolais veulent un recours collectif contre une minière québécoise
Honte au Canada
Defeat of mining bill was disappointing

Des millions de détenus soumis à des traitements inhumains
MPs defeat private member’s bill on social responsibility in mining sector

Mines à l'étranger: une loi pour réparer la réputation du Canada

En bref - Secteur minier: Ottawa crée un poste d'ombudsman
Le record des conflits revient aux minières canadiennes

Doing good for goodness’ sake

Millennium Development Goals: Broken promises, needless deaths


Un rapport de la Croix-Rouge internationale - Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles
Cruel dilemme somalien

Manger dans les fourmilières
Un enfant meurt de faim toutes les six secondes

En bref - Le coût de la faim

Et si le microcrédit représentait ne serait-ce qu'au moins une partie de la solution ?...
Muhammad Yunus and the crisis of microfinance


Le microcrédit n'est pas à l'abri des grandes dérives

Peut-on toujours rêver d'une action mondiale pour mettre fin à la pauvreté ?...
Objectifs du millénaire - Ban Ki-moon veut lancer un message d'espoir

... Ou se pourrait-il qu'on ne fasse ainsi qu'entretenir de faux espoirs ?...
Millennium Development Goals: Broken promises, needless deaths


Y a-t-il seulement encore de l'espoir pour la pauvreté en ce monde ?...
Le nombre de pays très pauvres a doublé en 40 ans


Et se pourrait-il donc que l'aide humanitaire, au départ, puisse finir par réussir qu'à créer plus de problèmes, en commençant d'ailleurs par renforcer certaines problématiques déjà présentes ?...

Comment repenser l'aide au développement...
NDP medicine bill has K'naan, Atwood singing same tune

Africa must learn to feed itself
The MDGs miss the goal posts - Globe Editorial
In farming, small is deadly

Et si l'économie de marché pouvait vraiment aider à sortir le monde de la pauvreté ?...
Entrepreneuriat - Compter sur soi et sur des capitaux
L'entrevue - L'économie contre la pauvreté
Extreme affordability: Why we must wear the user’s shoes

Et si, pour sortir le monde de la pauvreté, on ne pouvait tout simplement trouver une base plus solide qu'une économie réellement saine et dynamique ?...

Pays en développement - L'aide au commerce est restée stable
Forging a new Haitian strategy: trade, not aid
G20 agrees on new approach to fight global poverty

LA FINANCE AU SECOURS D’HAÏTI
Micro-finance paying off in Haiti

Le bon «Plan» des Habitations Jeanne-Mance
Le logement social revisité

Centres de pédiatrie sociale - La croisade solitaire du Dr Julien
Financement du Dr Julien - Les normes
Des promesses d'aide pour le Dr Julien
Le Dr Julien dans le rouge: Québec promet d'aider
Le modèle du Dr Julien miné par un manque de fonds

Un commentaire de Sylvain Charlebois sur l'état des subventions agricoles au Canada


Dear senators: Pass Bill C-393 now and save lives

Le G8 représente-t-il l'ultime espoir pour lutter contre la pauvreté dans le monde ?...
G8 should stick to promises it can keep

Maternal health plan is something of a start - Globe editorial

Ou ne semble-t-il pas s'avérer incapable de s'acquitter de la tâche qu'il s'est lui-même fixée ?...
L'occasion manquée

Ou ne se contente-il pas plutôt de ne se borner qu'à jeter de la poudre aux yeux ?...
Cinq milliards pour la santé maternelle

Santé maternelle et infantile: un échec, selon les ONG


Et par ailleurs, se pourrait-il donc que même les pays du G8 ne puissent vraiment parvenir à s'entendre entre eux ?..
Une annonce qui tombe à plat

Santé maternelle - Le Canada ne rallie pas le G8

... Et de toute façon, peut-on seulement se fier encore à quelque promesse qu'il puisse faire ?...
G8 should stick to promises it can keep

La valse des promesses

Et en fait, l'enjeu premier du G8 ne devrait-il pas surtout s'avérer de peut-être commencer à se soucier de sa propre crédibilité ?...
Santé maternelle: de l'argent frais... en partie
The G8 risks becoming increasingly irrelevant
Credibility of G8 is on the line
Un peu d'aide pour le G8 ?...

Le G8 à court de 18 milliards

Advancing maternal health without ‘culture clash’

Beaucoup moins de femmes meurent en couches

Écoutez la voix du G172


How Africa will change the world
Bono et Bob Geldof ont été rédacteurs en chef invités du Globe and Mail

Canada’s vision for Africa’s bright future is as murky as ever



Et si le véritable espoir pour le monde résidait surtout dans l'apparition de partenaires d'affaires dignes de ce nom ?...
Afrique: le temps d'un nouveau partenariat

Mais cela devrait-il pour autant revenir à ne veiller surtout qu'à son propre intérêt ?...
Reconstruction de Port-au-Prince: le Québec veut sa part du gâteau

Repas et réconfort pour 4,50$

Adoptez une tomate!


Se pourrait-il donc qu'il ne soit pas faux d'affirmer que le fossé entre les riches et les pauvres soit en train de carrément s'élargir ?...
A tale of two Torontos


Et si notre société tout simplement devenue incapable de faire preuve de la compassion la plus élémentaire envers son prochain ?...
Quebecers should shake off the stinginess tradition
Société - Les assistés sociaux sont «en train de crever», selon Gilles Kègle
Générosité bien ordonnée...
À Noël, pourquoi ne pas offrir… une vie ?
Ces enfants laissés à la traîne
Bien-être matériel - OCDE: de plus grandes inégalités chez les enfants canadiens
Pauvres de coeur
Une curiosité éphémère
Pakistan: où est passé notre générosité
Sommet du millénaire: un appel à l'indignation
L'aide au développement n'augmente pas assez
Solving our problems on the backs of the poor- Jeffrey Simpson
Richesse déshumanisante

Pingre ou généreux, le Canada? - Claude Picher

Et si ce n'était pas nécessairement le cas ?...
‘World Giving Index’ measures charity in 153 nations


Voir aussi Et si notre société démontrait encore un certain problème avec tout ce qui concerne la répartition de la richesse ?...

Le Canada se moquerait-il donc de la pauvreté, en réalité ?...
Aide sociale - Le piège
Rapport du Conseil national du bien-être social - Une aide sociale insuffisante et de moins en moins accessible
People forced into destitution: report
L’aide sociale est toujours trop faible au Canada, selon un rapport

Lone-parent poverty: Canadian social policy can still do better
The working poor's best hope

Déficit de solidarité - RÉJEAN HÉBERT


Pas assez, 18$ par mois


Des squatteurs dénoncent les Jeux

Après les dons.. - André Pratte
Le deuxième souffle - Alain Dubuc

Note aux sceptiques de l'humanitaire - Rima Elkouri

De l’argent qui dort -  Réal Barnabé


Offensive bonté à Londres


Gêné d'avoir faim
La pauvreté a changé de visage
Pas besoin de souffrir pour être bon - Marie-Claude Lortie

Et si le gouvernement Harper se moque éperdumment du reste de la planète, n'est-il pas alors prévisible qu'il se moque encore davantage de la pauvreté qu'on peut y observer ?...

Sommet de l'ONU - Le Canada à la traîne
Stephen Harper does the UN - but shouldn't - Gerard Caplan
Gel de l'aide internationale
Our shaky hand on African aid
High time for a minister who understands
the role of aid
The time is now for a bottom-up poverty plan

Ou en fait, se pourrait-il donc que le gouvernement Harper se moque encore plus des pays pauvres qu'il ne peut se moquer au départ de tous les autres pays ?...

Le Canada en Afrique: aux aguets ou en retrait?


Et lorsque les Conservateurs se résignent à faire "quelque chose" pour la planète, ne se trouvent-ils pas surtout à ne trouver qu'un prétexte de plus pour appliquer leur "petit crédo conservateur", et ce même aux dépens du bon sens le plus fondamental, et surtout en semblant ce moquer éperdumment de ce dont les gens pourraient bien avoir besoin, en réalité ?...

Santé maternelle: de l'argent frais... en partie
Nouvel engagement du Canada pour Haïti



Se pourrait-il que le gouvernement Charest ne se sente aucunement concerné par la pauvreté ?...
For all the other Marios
Aide sociale - Solidarité de façade
Aides domestiques: la discrimination perdurera, craint une coalition
L'accueil Bonneau fermera 24 heures

Attaque en règle contre la ministre Thériault
Entreprises d'économie sociale: le gouvernement reprend ses 3,5 millions
Plus de 300 écoles changent de statut  -  Marie Allard

... ou du moins que celui-ci ne passe que ce qu'il faut pour sauver les apparences, en réalité ?...
Les femmes vont faire les frais des coupes à l'aide sociale, dit le PQ
Entreprises d'économie sociale: des coupes illégales?

Pauvreté: loin du compte - Ariane Krol
Homeless shelters need more help from Quebec

L'inquiétude persiste à l'accueil Bonneau
Des groupes anti-pauvreté expulsés du lancement du plan d'action gouvernemental
Québec annonce son plan

Sept milliards pour combattre la pauvreté au Québec

C'est un début - Nathalie Collard

70 actions pour s’attaquer à l’itinérance  -  Catherine Handfield

De l'aide pour les sans-abri à Laval


Mais à ce niveau, ne peut-on pas pourtant saluer les pas qui se peuvent se faire dans la bonne direction ?...
Itinérance - Montréal donne un sérieux coup de barre

Et si nous commencions à régler le cas de notre propre pauvreté avant de penser à régler celle qui sévit partout sur la planète ?...
Quebecers should shake off the stinginess tradition
Est- ce notre job?
Restraint is all very well, but have a little heart, too
A smile, a nod and Christmas


Et si l'on parlait tout simplement de réinsertion sociale ?...
La gang de PC

Itinérance
Itinérance - De la détresse à l'accueil
L'itinérance, le problème des indignés?
La discrimination persiste
Zamboni dans le métro
Un dernier appel à l’urgence
La plage des terroristes
Pauvres de coeur
21e Nuit des sans-abri - Une nuit parmi les autres
Vers une Bourse des denrées au Québec
Vancouver, ville ouverte?
Les ressources aux sans-abri s'organisent

Et par ailleurs, se pourrait-il donc que l'itinérance visible ne représente en fait que la pointe de l'iceberg ?...
Canada’s hidden emergency: the ‘vulnerably housed’

L'itinérance invisible
L'itinérance invisible


Voir aussi
Regardons juste ici - Marie-Claude Lortie
et QUÉBEC Des droits encore bafoués  -   Silvia Galipeau

Et d'ailleurs, que peut-on donc faire aussi pour cette pauvre planète ?...
Comment sortir les Africains de la misère

Et si l'on commençait surtout par nous résoudre à voir enfin la pauvreté telle qu'on peut tout simplement la retrouver chez nous ?...
To manage health costs, invest in social well-being


Ne sommes-nous pas pourtant capables de réaliser des miracles dans la vie des gens, du moment que l'on s'emploie tout simplement à aider les autres ?...
S. O. S. Don$

Le Dr Julien aussi dans Côte- des- Neiges



Quand Montréal tousse, Haïti éternue
Cachez ce chiffre que le Canada ne saurait voir

La misère pour un milliard d'enfants

La ruée sur l’Afrique  -  AGNÈS GRUDA
Déséquilibre alimentaire -  La Princess Haya  Bint Al Hussein

L’ONU en guerre contre la sous-nutrition


Des SF qui ne prennent pas position
L’humanitaire en talons hauts  -  Laura-Julie Perrault


Pauvreté : Le mauvais élève canadien - ALAIN DUBUC

Québec félicité pour sa lutte antipauvreté

Les milliards de dollars ignorés du budget

LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ : LA RECETTE QUÉBÉCOISE FONCTIONNE!  -  Hélène Baril
LES INÉGALITÉS SOCIALES AUGMENTENT  -  Hélène Baril

Et y a-t-il encore un espoir pour le monde ?...
Bulletin météo
La planète compte 1,7 milliard de pauvres
Une personne sur six souffre de la faim
Le combat contre la faim peut être gagné

L'Afrique de l'Est hantée par le spectre de la famine

Le Guatemala crie famine
L’échec de l’aide internationale  -  Marcel Boyer
Coup d’oeil sur la détresse africaine  -  Claude Picher

Les leçons du frère américain  -  Richard Hétu

Obama en Afrique - Mario Roy

Promesses non tenues en matière d’aide au développement  Harper sermonne les autres pays du G8
Le G8 accusé de négliger les pays pauvres  -  Marc Thibodeau
Le Canada concrétise son engagement de 10 milliards US au FMI

L’ex-président Bill Clinton confronté à la dure réalité d’un pays sinistré

Le monde compte plus d’un milliard de personnes affamées

« On craint que les émeutes de la faim ne se reproduisent »
La récession des expatriés  -  Richard Dupaul


Et ne sommes-nous pas nous-mêmes loins de nous être mis à l'abri de la pauvreté ?...
Editorial: Now more than ever, others need our help
Noël en famille pour sept sans-abri
Une somme record pour le Dr Julien
La chasse aux BS - Patrick Lagacé
Le « vrai » père Noël -   Annie Richer
MONSIEUR SOURIRE -  Geneviève Martel
ÉTATS-UNIS  De plus en plus d’enfants ne mangent pas à leur faim
Les banques alimentaires dans le rouge  -  Stéphanie Bérubé

BANQUES ALIMENTAIRES  La demande en hausse partout au pays  -  Stéphanie Bérubé
Le Club des petits déjeuners fête ses 15 ans  -  Martin Croteau
Moisson Montréal en banqueroute alimentaire  -  Stéphanie Bérubé
Des donateurs plus économes  -  Louise Leduc
AIDE ALIMENTAIRE  Les demandes de boîtes à lunch augmentent - Stéphanie Bérubé

Décrochage et pauvreté  -  Richard Latulippe

Sans abrisme : Montréal, laboratoire de la réinser tion   -  Katia Gagnon


  « Claude Dauphin est déconnecté de la réalité »  -  Éric Clément
Labonté demande une escouade policière spéciale  -  Éric Clément

À la belle étoile et sous le smog  -  Hugo Meunier
Dan Bigras se dit « très inquiet »  -  Ariane Lacoursière



Des organismes claquent la porte des consultations

Des asperges en novembre - Pierre Foglia


Bienvenue à toi, l’enfant d’immigrant -  Sylvia  Galipeau
Pauvreté: pour une véritable chance

Toronto’s backward on public housing: Get ’em out, not in


Cutting poverty: increase transfers, not minimum wage

Guaranteed income: an idea worth rethinking
Should Canada have a guaranteed annual income?

Mais rendre les pauvres dépendants est-il vraiment la solution ?...
Un revenu garanti pour les pauvres ?


Meilleur avant l'été 2008!


Voir aussi CONSOMMATION RESPONSABLE


LE DEVOIR
Lettres - Le microcrédit en Haïti
Le bénévolat - Denise Bombardier


THE GAZETTE
Put your money where their mouths are

GLOBE AND MAIL
***

L'ACTUALITÉ
Philanthropie durable

TIME MAGAZINE
Can Microfinance Make It in America?




Si nous voulons vaincre les inégalités, il est temps d’éradiquer les paradis fiscaux

Oxfam




Un peu d'aide pour le G8 ?...

Le G8 est à court de 18 milliards de dollars ? Ce pauvre petit club est un peu serré : à coups de 1,1 milliard pour trois jours de réunion, comment consacrer plus d’argent aux pays en voie de développement? Après les milliards consacrés au sauvetage de « pauvres » banques, par ce même G8, mon coeur se déchire. Je vais lui envoyer une petite contribution personnelle pour qu’il puisse joindre les deux bouts à la fin du mois.



Déficit de solidarité - RÉJEAN HÉBERT
On ne se préoccupe plus de nos sans-abri, de nos chômeurs plus nombreux, de nos aînés en perte d’autonomie
Nous devons nous mobiliser pour lutter contre le déficit de la compassion, beaucoup plus pervers que le déficit des finances publiques.
  Les mots économie, crise financière et déficit sont omniprésents dans le discours politique actuel. De ce fait, on occulte complètement d’autres termes au coeur des valeurs québécoises comme solidarité et compassion.
Le déficit est tel que les aînés en perte d’autonomie sont soutenus presque exclusivement par leurs proches aidants, épuisés dans des programmes de « misère à domicile » au financement ridicule.
La crise en Haïti en est une belle illustration. Nos gouvernements parlent abondamment de reconstruction et d’une implication significative du Québec et du Canada dans la relance d’Haïti. On peut y voir un intérêt économique important pour les entreprises et l’État. En dépit de belles intentions, les gouvernements sont beaucoup moins enclins à soutenir l’aide médicale et humanitaire d’urgence dont les habitants sinistrés de ce pays ont grandement besoin. Les obstacles bureaucratiques que la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke a rencontrés pour réussir à envoyer deux missions médicales permet aussi de réfléchir à un autre déficit dont on ne parle pas. Le déficit de solidarité et de compassion qui s’accroît sans cesse au Québec et qui risque de nous faire perdre les valeurs au coeur de notre spécificité en Amérique. Le désastre haïtien, et la réaction humanitaire qu’il commande, nous permet de réaliser combien ce déficit est aussi important ici, chez nous.
On ne se préoccupe plus de la pauvreté d’une part de plus en plus importante de la population, de nos sans-abri, de nos chômeurs de plus en plus d’urgence en sont la démonstration la plus éloquente.
Et pourtant, le peuple québécois, lui, fait preuve d’une extraordinaire générosité, non seulement par ses dons, mais aussi par son empressement à vouloir aider le peuple haïtien. À preuve, seulement à notre faculté, quelque 160 professionnels se sont portés volontaires pour aller prêter main-forte aux victimes en Haïti. Il y a donc un décalage inquiétant entre la volonté politique et celle des citoyens dans ce dossier.
Alors que l’attention est focalisée sur le déficit des finances publiques, la crise d’Haïti nous nombreux. Onnesesoucieguère des aînés en perte d’autonomie soutenus presque exclusivement par leurs proches aidants, épuisés dans des programmes de «misère à domicile» au financement ridicule.
L’important pour plusieurs, c’est de payer le moins d’impôts possible: on applaudit aux baisses d’impôt ou pire, on prive sans scrupule l’État de revenus en utilisant l’évasion fiscale ou le travail au noir. Peu importe les coupes dans les services, peu importe la qualité de nos systèmes publics d’éducation et de santé, peu importe les moins privilégiés de notre société.
On ne se soucie plus de l’équité d’accès aux soins de santé. Si, en payant pour des services, on a accès plus rapidement à des soins, cela nous importe peu de détériorer l’accès à ceux qui en ont beaucoup plus besoin. L’argent devient le critère d’accès au détriment de la priorité clinique. Quand on a les moyens, on peut bien calmer au plus vite nos petites angoisses. Les autres, qu’ils s’arrangent avec ce qui reste.
Heureusement, ce discours n’est pas celui de la majorité des Québécois, mais d’une minorité qui monopolise l’opinion publique et influence, voire établit ou finance les dirigeants actuels. Il y a ici encore un décalage entre les citoyens et les dirigeants.
Nous devons nous mobiliser pour lutter contre cet autre déficit, celui de la solidarité et de la compassion. Un déficit beaucoup plus pervers que le déficit des finances publiques. Un déficit qui détruira notre âme et nos valeurs fondamentales pour s’assimiler au reste de l’Amérique dans un vaste espace où les échanges commerciaux l’emportent sur les échanges humains et l’équité.
En cette période de crise financière, il est primordial de préserver nos infrastructures de solidarité et même d’investir davantage pour les améliorer. Il faut lutter contre le déficit de solidarité qui se creuse dangereusement.



Caviar et pâté chinois - JEAN-MARC LORD
Les «lucides» veulent nos biens, pas notre bien commun
Quand les «lucides» disent qu’ils veulent notre bien, croyez-les sur parole. Mais ne vous faites surtout pas d’illusions, ce sont «nos biens» qu’ils veulent et non notre «bien commun».
Les solutions des «lucides» servent les intérêts d’une minorité de gens très riches, sans doute scandalisés d’avoir à manger du caviar de moins bonne qualité à cause de la crise. Pendant ce temps, la très grandemajorité d’entre nous a de plus en plus de difficultés à payer l’hypothèque, le chauffage et l’épicerie.
Le plus sérieusement du monde, nos « lucides » nous font rejouer le même disque en répétant que le Québec est pauvre et que les coffres du gouvernement sont vides. Ils répètent surtout qu’avant d’espérer redistribuer la richesse, encore faut-il la produire.
J’ai des amis qui sont plus forts en maths que moi, mais je peux quand même comprendre ceci : à part cette année à cause de la crise, le PIB, donc la richesse, augmente sans cesse au Québec. Mais pendant que la richesse augmente, Statistique Canada nous dit que les revenus des 20% de gens les plus riches au pays augmentent beaucoup plus que les revenus des autres 80% de citoyens.
Est-ce que par hasard, ceux qui nous répètent qu’il faut se serrer la ceinture excluraient de serrer la leur? Voudraient-ils en plus qu’on troque notre pâté chinois pour du Kraft Dinner afin qu’eux puissent avoir du caviar top qualité?
En 2008, les 100 patrons les mieux payés au Canada avaient un salaire annuel moyen de 7,4 millions, soit 3558$ l’heure. C’est 174 fois plus que le salaire moyen d’un travailleur à temps plein au canada (42 305$). Aux États-Unis, l’augmentation des revenus des 1% les plus riches entre 1979 et 2006 a été de 256%, alors que les revenus des 20% les plus pauvres n’ont monté que de 11%.
Au Québec, on produit collectivement beaucoup de richesses, mais celles-ci sont accaparées par une minorité de gens déjà immensément riches qui augmentent leurs salaires aux dépens des nôtres, qui demandent à la classe moyenne de payer plus cher l’électricité et l’université parce qu’eux, ils veulent évidemment payer moins d’impôt ou encore ils s’arrangent habilement pour ne pas en payer grâce à leurs paradis fiscaux aux Îles Caïmans ou à la Barbade.
L’État a déjà été capable de jouer le rôle de réduire les inégalités et de mieux répartir la richesse. Pourquoi ne le fait-il plus ?




70 actions pour s’attaquer à l’itinérance  -  Catherine Handfield
PLAN DE 14 MILLIONS SUR TROIS ANS
La minis t r e déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, a dévoilé le plan d’action 2010-2013 aux côtés de sa collègue de la Justice, Kathleen Weil, dans la cafétéria de la mission Old Brewery, à Montréal.
La Société d’habitation du Québec (SHQ) réalisera cette année 150 chambres avec soutien communautaire pour les sans-abri. L’organisme public réservera 300 logements aux clientèles itinérantes dans sa programmation Accès-logis 2010-2013.
Le document de 50 pages propose 70 actions qui seront entreprises par 10 ministères et organismes publics. Il fait suite aux recommandations d’un comité parlementaire, qui a déposé un rapport à l’Assemblée nationale le 4 novembre au terme d’une vaste consultation.
« Le document rendu public aujourd’hui représente un pas important dans nos efforts pour contrer l’itinérance et pour venir en aide aux personnes sans-abri ou en voie de le devenir », a déclaré Lise Thériault.
Le gouvernement met de l’avant cinq priorités pour s’attaquer au problème de l’itinérance. On souhaite renforcer la prévention, favoriser la stabilité résidentielle, améliorer, adapter et coordonner l’intervention, favoriser la cohabitation et accroître la recherche.
Québecprévoit enoutredresser un portrait du phénomène de l’itinérance au Québec, un exercice qui n’a pas été fait depuis plusieurs années. Le plan 2010-2013 prévoit aussi une meilleure formation des policiers pour intervenir auprès des sans-abri.
La Société d’habitation du Québec (SHQ) réalisera cette année 150 chambres avec soutien communautaire. L’organisme public réservera 300 logements aux clientèles it i nérantes dans sa programmation Accès-logis 2010-2013.
Les groupes communautaires ont toutefois précisé qu’il s’agissait de la participation habituelle de la SHQ, et non d’investissements supplémentaires.
Le plan d’action a suscité un accueil mitigé au Réseau sol ida r i t é i t i nérance du Québec. « On reste sur notre faim. On est déçus de l’absence de moyens, d’audace et de vision à long terme », a dit le vice-président du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ), Pierre Gaudreau.
Le plan ne prévoit pas de financement accru et à long terme des organismes communautaires, a-t-il déploré. Le RSIQ réclame une politique globale en matière d’itinérance, qui proposerait des mesures concrètes à court, moyen et long terme.
La porte-parole péquiste pour les dossiers d’emploi et de solidarité sociale, Monique Richard, a elle aussi plaidé pour l’établissement d’une réelle politique. « En moyens concrets, le plan d’action est assez tiède, a-t-elle dit. Quels moyens donne - t-on aux organismes communautaires pour assumer leur travail de proximité ? »
Lise Thériault a indiqué qu’elle ne « fermait pas la porte » à l’adoption d’une politique. « Ce qu’on annonce aujourd’hui, c’est une réponse rapide », a-t-elle souligné.
Questionnée sur le peu de ressources financières proposées pour appuyer le plan d’action, la ministre Thériault a précisé que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité « bonifierait » le plan d’action avec son nouveau Plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
La ministre a finalement annoncé qu’une entente multipartite sera dévoilée au printemps afin de répondre aux demandes de financement des trois grands refuges de la métropole, où sont concentrés la grande majorité des sans-abri.
L’implantation du plan d’action sera évaluée en 2013.




La ruée sur l’Afrique  -  AGNÈS GRUDA
Les meilleures terres arables en Afrique suscitent la convoitise planétaire, s’inquiète le rapporteur spécial des Nations unies sur la sécurité alimentaire, Olivier de Schutter.
La Presse l’a joint en marge du sommet sur la sécurité alimentaire qui se te

Tirant la leçon de la crise alimentaire de l’an dernier, de nombreux pays achètent massivement des terres en Afrique. But de l’opération: échapper à l’impact de la prochaine flambée des prix, mais cette vaste délocalisation agricole risque d’engendrer des effets pervers. Et d’augmenter les rangs des affamés du Sud.
Quelque 30 millions d’hectares de terres arables font actuellement l’objet de négociations. Les principaux acheteurs : la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Arabie Saoudite. Parmi les pays les plus recherchés: le Soudan, la République démoc ratique du Congo, la Tanzanie.
« C’est comme une grande partie de Monopoly mondial », constate Olivier de Schutter, rapporteur spécial sur de l’ONU sur le droit à l’alimentation.
Joint à Rome, où il assiste au sommet sur la sécurité alimentaire qui se termine aujourd’hui, Olivier de Schutter se dit pessimiste. Le nombre de personnes sous-alimentés sur la planète vient de passer le cap des 1,2 milliard.
« Même si les cours des denrées alimentaires ont baissé, la situation n’a cessé de s’aggraver depuis un an », dit-il.
La crise économique a accentué le problème. Et les changements climatiques risquent de l’amplifier encore davantage. Au train où vont les choses, les récoltes dans les pays subsahariens pourraient chuter de moitié d’ici 10 ans, souligne le rapporteur spécial.
Olivier de Schutter juge que ce phénomène est très inquiétant. Car les paysans des pays dont les terres sont le plus en demande figurent parmi les moins protégés de la planète. Souvent, ils ne possèdent aucun titre de propriété. Et ils sont mal outillés pour protester contre les expropriations.
« La course aux terres arables risque de rendre leur situation encore plus précaire », dit M. de Schutter. Ce dernier craint que ces nouveaux « sans terre » n’aillent grossir les rangs des habitants des bidonvilles, dans des mégapoles africaines qui craquent de partout.
Pourtant, ces investissements massifs dans l’agriculture du Sud pourraient, au contraire, constituer une belle occasion pour l’Afrique, signale le rapporteur spécial. Dans plusieurs pays africains, l’infrastructure agricole et les moyens de communication sont à peu près inexistants. La nouvelle ruée vers les terres, qui touche déjà un territoire une fois et demie plus grand que la France, pourrait permettre de construire des routes et des silos de stockage – bref, de moderniser l’agriculture africaine.
Mais pour que les investissements étrangers profitent aux populations locales, il faudrait que les gouvernements imposent leurs exigences. Qu’ils demandent des investissements durables et générateurs d’emplois. Et aussi, qu’ils demandent aux responsables des grandes plantations d’écouler une partie de leurs récoltes sur le marché local. Autrement, on risque de se retrouver dans la situation paradoxale où des pays producteurs se feront siphonner leurs ressources et devront importer des grains pour se nourrir, souligne Olivier de Schutter.Selon lui, ces scénarios de style « républiques bananières » des années 60 ont malheureusement la cote, pour l’instant.


Déséquilibre alimentaire -  La Princess Haya  Bint Al Hussein
Pendant que 1 milliard d’humains souffrent de la faim, nous tombons malades parce que nous mangeons trop
Avec 1 milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde, nous avons atteint un nouveau record. Les leaders du monde vont se pencher sur ce problème du 16 au 18 novembre au cours d’un sommet à Rome.
Mais je vois d’ici comment ce sommet va se dérouler : une abondance de discours, un manque d’intérêt sur les questions de fond, des repas à n’en plus finir… et encore davantage de discours. J’ai déjà assisté à ces repas en tant qu’Ambassadrice de bonne volonté du programme alimentaire mondial. Combien de fois ai-je souhaité pouvoir, par un tour de magie, transférer les 1000 calories du soufflé dans mon assiette à un enfant sousalimenté et mendiant dans un bidonville de Nairobi? Les calories de trop que nous consommons en Europe ou en Amérique du Nord suffiraient à régler le problème de la faim en Afrique.
Il y a dans ce monde de terribles déséquilibres dans la consommation de la nourriture. Il y a les pays qui consomment trop et d’autres pas assez. En Inde, plus de 300 millions de personnes sont en surcharge pondérale alors que 300 millions d’autres souffrent de la faim! Les maladies comme le diabète ou les problèmes cardiaques souvent liées au surpoids sont en augmentation plus rapide dans les pays en voie de développement que dans les pays prospères.
En 2007-2008, une crise alimentaire avec sa flambée des prix nous a tous pris par surprise. Mais cette crise aurait-elle été aussi grave si nous n’avions pas pris la mauvaise habitude de gaspiller la nourriture sans compter?
Une conscience morale émerge, surtout chez les jeunes, sur la nécessité de réduire notre consommation en énergie. Mais on ne voit rien surgir de la sorte en ce qui concerne la consommation de nourriture – une forme pourtant vitale d’énergie, celle de la survie de l’homme! Nous sommes tous entrain de trop manger, et nous n’avons pas une seule pensée pour ce que nous gaspillons! Servir des repas somptueux est une marque d’hospitalité. Nombreux sont ceux qui estiment qu’être un bon parent, c’est gaver ses enfants!
Plus incroyable encore: manger en surabondance est même devenu un sport! À Taiwan, un étudiant de 23 ans est mort d’avoir trop mangé dans le cadre d’un concours. Tous les 4 juillet, à New York, Joey Chestnut livre une bataille acharnée à son rival le Japonais Takeru Kobayashi pour savoir à qui mangerait le plus de hot-dogs. L’année dernière, Joe a englouti 68 hot-dogs en 10 minutes – ce qui représente plus d’une semaine de calories pour un Africain affamé!
Nous payons cher pourtant cette suralimentation. Le coût des maladies liées à l’obésité est évalué entre 150 et 200 milliards de dollars aux États-Unis – soit l’équivalent de toute l’aide étrangère dans le monde! Le coût des soins supplémentaires pour les obèses représente 1400 dollars par personne par année. Plus de deux milliards de personnes ne mangent pas l’équivalent de cette somme en un an!
Le gaspillage de nourriture est un autre exemple de nos excès, au même titre que nos dépenses en énergie. Chaque année, un Britannique gaspille l’équivalent de 800 dollars en nourriture, une famille américaine jette 14% de sa nourriture.
Alors que de nouvelles initiatives voient le jour pour sensibiliser l’opinion publique sur la qualité des aliments et pour améliorer l’éducation dans le domaine de la nutrition, rien n’est fait pour éduquer la population sur la nécessité de manger moins et surtout demanière plus responsable. La surconsommation et le gaspillage sont même encouragés par les restaurants qui servent des portions hors normes et les détaillants qui présentent leurs produits dans des emballages tentants.
Il est temps de mettre à jour le lien qui existe entre la surconsommation et le gaspillage et la perte en énergie, santé et productivité. Chacun de nous pourrait manger plus raisonnablement et donner ce que nous gaspillons aujourd’hui à une banque alimentaire ou une organisation charitable.
S’ i l faut rédui re notre consommation en énergie pour survivre sur cette planète, pourquoi alors jeter des milliards de dollars de nourriture par les fenêtres et manger sans faim au point de mettre notre vie et notre avenir en danger?


L’ONU en guerre contre la sous-nutrition
NEW YORK — Environ 200 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent, dans les pays en développement, d’un retard de croissance dû à une sous-nutrition maternelle et infantile chronique, affirme un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) publié hier.
Des enfants pauvres philippins mangent de la soupe à Manille ; 28% des petits Philippins de moins de 5 ans souffrent de sous-nutrition.
Selon ce document intitulé Suivre les progrès dans le domaine du développement de l’enfant et de la mère, la sous-nutrition contribue à plus d’un tiers des décès des enfants de moins de 5 ans dans le monde.
Cette situation serait pourtant évitable si la communauté internationale honorait ses engagements concernant la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable, souligne-t-il.
« Lasous-nutritiondépouille un enfant de sa force. Des maladies auxquelles il serait normalement en état de résister deviennent bien plus dangereuses », déclare Ann Veneman, directrice générale de l’UNICEF. « Plus d’un tiers des enfants qui meurent de pneumonie, de diarrhée ou d’autres maladies auraient pu survivre s’ils n’avaient souffert de sous-nutrition. »
En outre, «ceux qui survivent à la sous-nutrition seront en plus mauvaise santé physique durant toute leur vie et leurs facultés cognitives seront touchées, ce qui limitera leur capacité d’apprentissage et leurs chances d’obtenir un revenu décent. Ils sont piégés dans un engrenage de mauvaise santé et de pauvreté qui peut durer plusieurs générations».
Plus de 90% des enfants qui présentent un retard de croissance dans le monde en développement vivent en Afrique et en Asie, souligne le rapport.
La réponse à ce problème est dans la prévention et il est possible de réduire, voire d’éliminer la sous-nutrition. D’énormes progrès ont été faits dans la mise au point de solutions peu coûteuses, comme les micronutriments, offertes aux populations vulnérables.
« Si l’on ne s’attache pas à lutter contre les causes de la sous-nutrition maternelle et infantile aujourd’hui, les coûts seront considérablement plus élevés demain, » avertit Mme Veneman. L’ONU distingue la sous-nutrition de la malnutrition, terme qui peut s’appliquer aussi à l’obésité.




RAPPORT DE LA VÉRIFICATRICE GÉNÉRALE Ratés à l’ACDI
OTTAWA—
Les nombreuses faiblesses constatées s’expliquent selon elle par le fait qu’aucun «processus de gestion » ne guide l’agence et ne suit le respect de ses engagements en matière d’efficacité de l’aide.
« La nature du développement international est telle que celui-ci doit reposer sur des programmes stables et prévisibles. L’ACDI a besoin d’un plan d’ensemble pour progresser», a souligné Mme Fraser en conférence de presse.
Selon elle, la situation est telle que les gouvernements des pays bénéficiaires, les agents de programmes et les donateurs «comprennent mal» l’orientation de l’Agence.
« Avec ce type d’aide, les impacts sur le terrain se font sentir seulement après un certain temps. Lorsque les priorités changent chaque année ou presque, ça crée beaucoup de confusion au sein même de l’organisation », a expliqué la vérificatrice.
«L’ACDI a reconnu il y a plusieurs années, à l’instar de plusieurs agences de développement international, qu’il fallait mettre l’accent sur un nombre restreint de pays et de programmes, a-telle ajouté. Malgré cet engagement, pris il y a longtemps, de concentrer l’aide à environ 20 pays, l’Agence a encore des programmes dans 60 pays.»
Les travailleurs étrangers
Par ailleurs, la vérificatrice générale a aussi trouvé des failles dans la sélection des travailleurs étrangers. Les réformes entreprises par le gouvernement de Stephen Harper en 2008 afin de faciliter l’arrivée d’immigrants qui pourront répondre aux besoins les plus pressants du Canada en matière de maind’oeuvre ne semblent pas avoir donné de résultats satisfaisants jusqu’à maintenant.
«Il y a peu d’indications que ces changements s’inscrivent dans une stratégie bien définie», a estimé Mme Fraser. De plus, l’absence de suivi systématique dans les dossiers des travailleurs étrangers temporaires pourrait mettre ces derniers «dans une situation vulnérable», selon la vérificatrice.
À cette dernière critique, le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, a répliqué que son ministère avait récemment établi de nouvelles directives pour améliorer la coordination avec le ministère des Ressources humaines, qui prévoient aussi des mesures pour pénaliser les employeurs abusifs.




L’humanitaire en talons hauts  -  Laura-Julie Perrault
Jasmine Legault, fondatrice de Maât
Une grande brune filiforme entre dans le bureau du grand patron d’une entreprise québécoise. Coiffée, maquillée, tirée à quatre épingles, l’habituée des défilés de mode se lance dans sa grande demande. « Nous avons besoin de 2500$ pour refaire le toit de la radio communautaire que nous mettons sur pied au Burkina Faso. » Elle repart avec un chèque.
Mannequin de profession, Jasmine Legault est consciente que sa technique de collecte de fonds détonne dans le milieu humanitaire canadien.
Ainsi t r ava i l l e Jasmine Legault, mannequin de profession et fondatrice de l’organisation humanitaire Maât. « Ce n’est pas compliqué. Si tu veux quelque chose, mets tes talons hauts et va le chercher », explique Jasmine Legault, consciente que la technique de collecte de fonds qu’elle pratique avec les membres de son organisation détonne dans le milieu humanitaire canadien.
Les longues demandes de subvention, ce n’est pas pour elle. « Je n’ai pas peur de l’argent. Je me suis promenée en jet privé et j’ai bu du (champagne) Cristal Rose. J’adore ça. Je ne suis pas intimidée par l’argent. Je n’ai pas peur d’en demander, surtout quand c’est pour soutenir une cause juste », ajoute, candide, la très j olie femme de 30 ans qui gagne sa vie sur les passerelles depuis l’âge de 17 ans.
La « cause juste » qu’a choisie Maât est celle des jeunes filles qui deviennent mères avant d’atteindre la vingtaine. Les Nations unies estiment qu’elles sont 13 millions à vivre la maternité à la sortie de l’enfance chaque année. Les pays de l’Afrique subsaharienne ainsi que l’Afghanistan et le Népal sont les plus durement touchés par le phénomène. L’Amérique latine, l’Inde et plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, dont l’Indonésie et la Thaïlande, suivent de près. Dans ces pays, de 10% à 20% des nouvelles mamans sont des adolescentes.
« La plupart du temps, ces j eunes mères abandonnent leurs études. Elles pensent que leur vie est terminée. Elles sombrent dans la pauvreté », raconte Jasmine Legault.
Trois projets
Son message et sa méthode de f i na ncement s emblent particulièrement efficaces : en deux ans, Maât a amassé 170 0 0 0 $ et soutient déjà t rois projets sur autant de continents : une garderie à Port-au-Prince, en Haïti, qui, dès cet automne, offrira une formation professionnelle aux jeunes mères pour les aider à augmenter leur autonomie financière ; une radio communautaire à Kénédougou, au Burkina Faso, qui donnera la parole à plus de 500 femmes ; et un projet de formation professionnelle pour les mères adolescentes dans l’île d’Ometepe, au Nicaragua.
« La meilleure manière de briser le cercle de la pauvreté dans plusieurs pays est de permettre aux jeunes mères d’obtenir un emploi décent », note Jasmine Legault, qui est mordue de développement international depuis l’adolescence.
À 14 ans, cette native de Saint-Donat avait participé à un projet de coopération en République dominicaine. Elle a maintes fois répété l’expérience depuis.
« Un des avantages de mon emploi de mannequin, c’est que ça me laisse du temps libre. J’en ai profité pour faire des séjours prolongés dans plusieurs pays, dont le Bénin et le Togo. À mon retour, je me suis dit que je voulais que tout ça fasse partie de ma vie de tous les jours. »
Elle a tenté de trouver sa place dans une ONG existante. « Tout était trop compartimenté. » Elle ne voulait pas faire seulement de la collecte de fonds ou du marketing. Elle voulait aussi participer aux projets eux-mêmes. Pousser à la roue. Voyager.
Une mobilisation à la mode
Jasmine Legault aimerait aussi montrer de quoi est capable le milieu de la mode. Certes, reconnaît-elle, peu de ses collègues se lèvent le matin en pleurant sur le sort des enfants-soldats de l’Ouganda, mais son expérience lui a démontré qu’il est facile de les mobiliser. « Il y a beaucoup d’enthousiasme. Lors de la dernière soirée de collecte de fonds que j’ai organisée, j’avais 80 bénévoles », remarque la jeune femme.
Elle veut canaliser la bonne volonté décelée parmi ses pairs en mettant sur pied une nouvelle organisation : Model For Real ( De vrais modèles). Elle veut convaincre les Linda Evangelista de ce monde – qui ne « se lèvent pas le matin pour moins de 10 000 $ » – de donner 0,7 % de leur salaire au développement international. « Aucun pays riche ne le fait, mais nous, on réussira peut-être », ironise l’humanitaire en talons hauts.



Pauvreté : Le mauvais élève canadien - ALAIN DUBUC

Le fait que le Canada ait conservé le quatrième rang mondial de l’indice de développement humain de l’ONU n’a intéressé personne. À peine un entrefilet. Est-ce parce qu’on boude depuis que le Canada n’est plus numéro un? Ou plutôt parce que le fait que le Canada soit parmi les pays les plus avancés pour les progrès sociaux n’est plus une surprise?
Un autre classement, rendu public à peu près au même moment, devrait nous réveiller. C’est celui du Conference Board du Canada, qui classe plutôt le Canada en milieu de peloton pour son bilan social, au 9e rang de 17 pays industrialisés, derrière les pays nordiques, derrière aussi la Belgique, l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas. Si le Canada fait moins bonne figure, c’est parce que ce classement, contrairement à celui de l’ONU, tient compte des inégalités sociales.
Le Canada n’obtient que la note B pour ses indicateurs sociaux, parce que s’il fait bien pour la cohésion sociale, pour la qualité de vie, il obtient un D pour son taux de pauvreté, l’un des pires des pays riches, notamment pour la pauvreté des enfants, celle des travailleurs au bas de l’échelle, et l’inégalité des revenus.
Je sais que bien des gens se méfient des palmarès, parce que les choses importantes ne peuvent pas se traiter comme des concours de Miss Canada. Mais ces classements ont une grande utilité: ils permettent de nous comparer. Cela nous apprend que l’image que nous nous faisons de nous-mêmes est fausse. Et surtout, qu’on pourrait manifestement faire mieux puisque bien des pays réussissent là où nous échouons.
Certains pourraient s’étonner du fait que le Conference Board, qu’on aura tendance à identifier à la droite, se préoccupe de pauvreté. C’est un autre signe que les vieilles catégories ne fonctionnent plus, que l’opposition entre la logique économique et la logique sociale a tendance à s’estomper. Entre autres parce qu’on voit bien que le progrès social n’est pas un frein au succès économique, puisque les pays qui font le mieux sur le terrain de la justice sociale sont des pays prospères et performants.
On peut même aller plus loin. Le vrai progrès économique, durable dans tous les sens du terme, est difficile à atteindre sans progrès social. Parce que celui-ci permet la cohésion, réduit les tensions sociales, contribue à la qualité de vie, et surtout, réduit l’exclusion. Les économies avancées, qui reposent sur le savoir, ont besoin de main-d’oeuvre qualifiée et ne peuvent plus se payer le luxe de laisser de côté une partie de leur population. Bref, les grands principes et les froids calculs se rejoignent.
Cette convergence est également facilitée par une compréhension plus fine des déterminants de la pauvreté, ou plutôt des pauvretés. Parce que le succès dépend d’un ensemble d’interventions, cela nous sort du débat simpliste où la victoire contre la pauvreté reposait seulement sur le partage de la richesse: faire payer les riches et augmenter le BS. Avec les braquages de part et d’autre.
La guerre contre la pauvreté s’est déplacée: soutien des travailleurs à faibles revenus pour ne pas compromettre l’incitation au travail, aide aux mères monoparentales, notamment par des garderies, accompagnement des enfants à risques, avec des cantines, du soutien scolaire, et surtout, de grands efforts en éducation pour réduire les obstacles à la réussite scolaire. C’est en effet l’éducation qui permettra aux enfants de s’extraire de la pauvreté et de l’exclusion.
Ces efforts exigent d’importantes ressources. Mais ce sont des approches plus consensuelles et plus susceptibles de donner des résultats. À condition qu’on ne se berce pas d’illusions et qu’on se rende compte que le Canada, et c’est également vrai pour le Québec, n’est pas la société juste que l’on se plait à décrire.



LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ : LA RECETTE QUÉBÉCOISE FONCTIONNE!  -  Hélène Baril
LE NOMBRE DE PERSONNES VIVANT DANS LA PAUVRETÉ A DIMINUÉ DE 40% ENTRE 1997 ET 2008. UN RÉSULTAT SPECTACULAIRE QUE L’ON DOIT À UNE PÉRIODE DE CROISSANCE ÉCONOMIQUE INÉGALÉE... MAIS AUSSI À LA GÉNÉROSITÉ DES QUÉBÉCOIS.

LE QUÉBEC A DE MOINS EN MOINS DE PAUVRES
La lutte contre la pauvreté est un vieux combat dont les résultats sont souvent décourageants. Mais au cours de la dernière décennie, le nombre de personnes considérées comme pauvres a diminué de façon spectaculaire au Québec. De 1997 à 2008, la baisse atteint 40%.
Le Québec compte moins de pauvres, moins de chômeurs et moins d’assistés sociaux, principalement en raison de la longue période de prospérité économique qu’il a connue depuis près de 15 ans.
À l’exception de trois légers ralentissements, la croissance économique a été au rendezvous chaque année entre 1992 et 2008. Les emplois aussi, ce qui ne va pas nécessairement de pair. Il y a des périodes de croissance qui s’accompagnent de très peu de création d’emplois. Mais en 2008, il y avait 20% plus d’emplois au Québec que 10 ans auparavant.
La croissance économique a-t-elle fini par vaincre la pauvreté ? Les disciples d’Adam Smith et de la « main invisible » du marché le croient fermement. Selon la t héorie pensée par l’économiste anglais au XVIIIe siècle, tout individu qui travaille à son enrichissement personnel finit par enrichir la collectivité. L’intervention de l’État n’est donc pas nécessaire puisque les forces du marché (la main invisible) se chargent de redistribuer la richesse.
« Le marché a fait son travail », convient Pierre Fortin, économiste et professeur qui s’intéresse depuis longtemps aux moyens de vaincre la pauvreté.
Le marché a fait sa part du chemin, selon lui, mais pas tout le chemin. « Lorsque l’économie croît, les Québécois partagent volontiers », constate-t-il.
Meilleure couverture sociale
Ainsi, au cours des dernières années, la couverture sociale s’est épaissie et protège mieux les moins nantis. L’assurance médicament, les garderies d’abord à 5 $ par jour, puis à 7 $, les congés parentaux sont des exemples de mesures sociales qui ont contribué à réduire la pauvreté.

L’impact de ces mesures a été particulièrement remarquable chez les femmes monoparentales, plus touchées par la

UNE RÉALITÉ DIFFICILE À MESURER
Dans une de ses vieilles chansons, Plume Latraverse y va de sa définition de la pauvreté. « Les pauvres, ont pas d’argent, chante-t-il sur un air de blues. Les pauvres, sont malades tout l’temps. Les pauvres savent pas s’organiser. Sont toujours cassés ».
La réalité, bien sûr, est plus complexe. Peu de gens le savent, mais la pauvreté, ça n’existe pas au Canada. Officiellement, du moins. Après avoir essayé de plusieurs façons de définir cet état, Statistique Canada y a renoncé pour cause de complexité et de sensibilité politique.
Avec 25 000$ par année, une famille de quatre personnes peut vivre assez bien à la campagne, mais être très pauvre en ville où le logement, notamment, est beaucoup plus cher.
Cette même famille, avec le même revenu, peut aussi être plus ou moins pauvre selon la province qu’elle habite, parce que le coût de la vie n’est pas le même en Alberta qu’à Terre-Neuve. D’où la difficulté de définir la pauvreté d’une façon simple.
Ce qui tient lieu de définition, ce sont les seuils de faible revenu (SFR) conçus par Statistique Canada. Ils établissent un revenu minimum nécessaire pour se loger, s’alimenter et s’habiller.
Si on gagne moins que ce revenu minimum, on peut être considéré comme pauvre. Le revenu minimum varie selon le nombre de personnes et la taille de l’agglomération habitée.
Autres mesures
Même s’ils sont largement utilisés, les seuils de faible revenu ont leurs limites et leurs détracteurs. Le calcul à la base de l’indice établi par Statistique Canada, par exemple, date de 1992. Autre problème : le coût du logement qui sert au calcul pour les grandes villes est une moyenne du coût à Vancouver, à Toronto et Montréal, ce qui désavantage le Québec, où le coût du logement est plus bas.
Le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion a suggéré d’adopter la mesure du panier de consommation (MPC) qui, estime-t-il, définit la pauvreté avec plus de précision.
Contrairement aux seuils de faible revenu, la mesure du panier de consommation reconnaît par exemple que les familles qui vivent à la campagne ont besoin d’une voiture et que celles qui vivent en ville doivent consacrer une partie de leur revenu au transport en commun.
Ni l es seui l s de f a i ble revenu ni la mesure du panier de consommation ne permettent la comparaison avec d’autres pays. C’est pourquoi la mesure du faible revenu est aussi utilisée. La mesure du faible revenu est une variante de la définition de Statistique Canada, mais c’est la méthode la plus répandue ailleurs dans le monde, ce qui permet les comparaisons internationales.
La définition de la pauvreté peut varier beaucoup, mais entre 1996 et 2006, le nombre de pauvres a diminué au Canada selon les trois méthodes de calcul les plus souvent utilisées.

LES INÉGALITÉS SOCIALES AUGMENTENT  -  Hélène Baril
La baisse marquée de la pauvreté masque une autre réalité, pourtant évidente. L’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’est accru au cours des 10 dernières années, et on n’a pas besoin de statistiques pour le constater autour de nous.
Contrairement au niveau de pauvreté, une réalité complexe et difficile à définir, les inégalités sociales se mesurent à l’aide d’une méthode largement utilisée un peu partout dans le monde, le coefficient de Gini. Cette mesure varie entre 0 pour les sociétés dans lesquelles les inégalités n’existent pas, jusqu’à 1, pour celles dans lesquelles les inégalités sont le plus prononcées.
Selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publiée l’an dernier, le fossé entre les riches et les pauvres s’est élargi au cours des deux dernières décennies dans la plupart des pays industrialisés, dont le Canada, les États-Unis et l’Allemagne.
L’étude de l’OCDE indique que les inégalités sont généralement plus élevées dans les pays anglo-saxons et moins élevées dans les pays scandinaves et en Europe de l’Ouest.
En utilisant des données similaires, Pierre Fortin a établi que le Canada est un pays plus égalitaire que les États-Unis ou la Grande-Bretagne, mais moins que la France et l’Allemagne.
Fait à souligner, l’économiste a calculé que les inégalités telles que mesurées par le coefficient de Gini sont moins prononcées au Québec qu’ailleurs au Canada. Le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé comme ailleurs au cours des dernières années, mais de façon moins marquée.
Le fait que le fossé entre les riches et les pauvres soit un peu moins grand au Québec s’explique, entre autres, par nos taux d’imposition plus progressifs.
L’inégalité et la pauvreté sont deux phénomènes différents, mais un niveau élevé d’inégalités va généralement de pair avec un niveau élevé de pauvreté, explique Pierre Fortin. Moins pauvre, moins inégalitaire, le Québec supporte bien la comparaison avec les autres, a constaté l’économiste.
Il y a 400 000 pauvres de moins qu’il y a 10 ans au Québec. Mais il reste encore un peu plus de 800 000 personnes qui n’ont pas un revenu suffisant pour subvenir à leurs besoins.




Le Guatemala crie famine
GUATEMALA — Le président du Guatemala, Alvaro Colom, a décrété l’état de « calamité publique » pour lutter contre la famine qui a fait plus de 460 morts depuis le début de l’année dans ce pays d’Amérique centrale, confronté à une sécheresse prolongée.
« Cela va nous permettre d’avoir accès aux ressources de la coopération internationale et de mobiliser des ressources budgétaires avec plus de facilité », a déclaré le dirigeant social-démocrate au cours d’une allocution radiotélévisée mardi soir.
Selon une étude du ministère de la Santé, citée par le quotidien El Periodico, 462 personnes, dont 54 enfants, sont mortes de faim depuis le début de l’année au Guatemala.
La famine s’est accentuée en raison des destructions de cultures de maïs et de haricots, aliments de base de la population.


L’échec de l’aide internationale  -  Marcel Boyer
Les régions et les pays sous-développés ont besoin de personnes bien intentionnées seulement si ces personnes sont avant tout compétentes.
L’auteur est professeur émérite de sciences économiques à l’Université de Montréal et fellow du CIRANO. L’éditorial de Mario Roy ( La Presse, 10 juillet) et l’intervention du président Obama au Ghana nous rappellent que tout individu bien intentionné, compatissant et rempli de bonne volonté voudrait définir un Grand Plan d’aide étrangère. Malheureusement, ces grands plans finissent trop souvent par être tributaires de deux caractéristiques principales.
D’abord, ils placent immanquablement au devant de la scène un lot de politiciens, journalistes vedettes, stars de cinéma, chanteurs et artistes pop. Deuxièmement, une fois la « langue de bois » percée et dégonflée, ces plans, sous le contrôle de bureaucrates fortement contraints par les politiques nationales exigeant que les ressortissants du pays donateur obtiennent d’importants bénéfices, généreront peu de résultats bénéfiques pour les populations visées.
La principale raison de ces échecs répétés ne tient pas au manque de fonds ou de ressources, mais plutôt à l’absence de mécanismes rigoureux de responsabilisation, d’incitations à la performance et de contraintes de bonne gouvernance. L’économiste William Easterly a mont ré qu’après 50 ans et près de 2500 milliards de dollars US d’aide étrangère, dont près de 1000 milliards en Afrique subsaharienne, « il y a scandaleusement très peu à montrer en contrepartie ».
Il est urgent d’adopter une nouvelle approche fondée sur deux prémisses importantes. D’abord, la définition d’objectifs clairs, responsabilité première du secteur gouvernemental (pays donateurs, Banque mondiale, Fonds monétaire international), complétée par un processus d’implantation fondé sur des mécanismes concurrentiels et mené par des organisations sous contrats incitatifs mettant largement l’accent sur la performance et les résultats.
Ensuite, cette implantation doit nécessairement compter dans les pays récipiendaires sur une gouvernance adéquate basée sur la responsabilité publique, le de fonctionner sous des contrats fortement incitatifs. C’est le seul moyen de faire plus que de manifester un intérêt superficiel et un hommage du bout des lèvres aux objectifs du développement et de l’aide internationale.
Comme dans tous les secteurs de l’activité humaine, les régions respect des droits humains fondamentaux, la liberté économique et les droits de propriété.
Les meilleures ressources
Ainsi, le plus important facteur de réussite en développement consiste à faire appel aux meilleures ressources humaines et technologiques par le truchement d’entreprises et d’organisations compétentes capables et les pays sous-développés ont besoin de personnes bien intentionnées seulement si ces personnes sont avant tout compétentes, c’est-à-dire seulement si elles peuvent montrer et prouver leurs compétences dans un environnement concurrentiel, ouvert, transparent et responsabilisant.
À défaut d’une telle approche, le sous-développement se perpétue et apparaît lui-même comme l’état normal. Il devient alors très difficile de changer le système, chacune de ses parties défectueuses apparaissant essentielle par sa forte interaction avec les autres parties défectueuses.
L’inefficience totale et omniprésente est une caractéristique inhérente au système des Grands Plans, fondamentalement hostiles à la concurrence, à la modularité et à l’expérimentation.
La présence de groupes de pression bien informés, tirant profit du système défectueux aux dépens des citoyens, aggrave la situation, car ils peuvent bloquer les changements menant à un système ouvert, transparent, concurrentiel, centré sur les citoyens et fondé sur des processus de marché favorisant la responsabilisation. Nous sommes alors laissés sans autre choix que de verser toujours plus d’argent, de ressources et de capital dans des systèmes et approches inefficaces.





Coup d’oeil sur la détresse africaine  -  Claude Picher
Tous les yeux sont tournés aujourd’hui vers le Ghana, où le président américain Barack Obama doit prononcer une allocution que certains qualifient d’avance d’« historique ». L’Afrique compte 54 pays. Six d’entre eux, en Afrique du Nord, font géographiquement partie du continent africain, mais forment un ensemble géopolitique distinct, rattaché au monde arabo-musulman. C’est clairement aux 48 autres pays, à l’Afrique subsaharienne, que s’adresse le président Obama.
Sur le plan économique, c’est une région en plein désarroi.
Voici quelques chiffres qui permettent de mieux saisir l’ampleur de la détresse africaine :
• Aux taux de change courants, les 48 pays de la région ont un produit intérieur brut (PIB) combiné de 943 milliards( ou 1280 dollars par habitant. En réalité, ce montant ne reflète qu’une partie de la réalité, puisqu’il inclut l’Afrique du Sud, qui abrite seulement 7% de la population de la région, mais compte à elle seule pour 30% du PIB. Dans les 47 autres pays, le PIB par habitant tombe en moyenne à 960 dollars.
• Le montant de 943 milliards peut sembler énorme. Pourtant, il représente l’équivalent, à quelques poussières près, du PIB de la Corée du Sud, 15 fois moins peuplée et 325 fois moins étendue. Les comparaisons avec les pays riches donnent le vertige. La taille économique des 48 pays d’Afrique noire réunis est trois fois inférieure à celle de la France, 15 fois inférieure à celle des ÉtatsUnis. À elle seule, l’économie du Texas est plus importante que l’économie africaine.
• La région est, de loin, la plus pauvre de la terre. Sur les 28 pays les plus pauvres de la planète, 24 sont situés en Afrique. La République d’Haïti est, de loin, le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. Or, si Haïti était un pays africain, il ne ferait pas si mauvaise figure au palmarès. Le Ghana, le Lesotho, le Mali, le Burkina, la Tanzanie, la Gambie, le Mozambique, le Rwanda, la Centrafrique, Madagascar, l’Ouganda, la Guinée, le Togo, le Niger, le Sierra Leone, l’Éthiopie, le Malawi, l’Érythrée, la Somalie, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Congo (RDC) et le Burundi sont tous des pays africains plus pauvres que Haïti. En tout, cela fait 415 millions de personnes qui vivent avec moins de deux dollars par jour. Ce chiffre est calculé aux taux de change courants. Même si on l’ajuste pour tenir compte du pouvoir d’achat des monnaies locales, cela ne donne que 4,47 dollars par jour.
• Le continent le plus pauvre continue de s’appauvrir. En 1960, à l’aube de la décolonisation, le PIB régional représentait 2,6 % du PIB mondial ; aujourd’hui, la proportion n’est plus que de 1,6 %. Pendant ce temps, l’Afrique noire a connu une forte croissance démographique. Elle comptait pour 8,8 % de la population mondiale en 1960, contre 11,4 % aujourd’hui. Cela signifie de plus en plus de monde pour se partager de moins en moins de richesse.
• Justement, parlons-en, de partage. Rares sont les endroits où la richesse est aussi inégalement répartie. Le décile supérieur, c’est-à-dire la tranche de 10 % de la population la plus riche, empoche à elle seule 50 % des revenus. Je me souviens, lors d’un voyage en Afrique il y a quelques années, avoir été estomaqué par le luxe de certaines demeures ( je devrais dire palais) au milieu d’une mer de misère humaine. La corruption est rampante. En Somalie, un des pays les plus pauvres et les plus désorganisés du continent, le ministre de la Justice a été pincé, il y a quelques mois, en essayant de détourner 800 000 dollars à son profit. Le plus odieux, c’est que cet argent provenait d’un programme d’aide internationale des Nations unies. Cet exemple est loin d’être unique.
Certes, depuis quelques années, on observe quelques pôles de croissance ici et là, mais dans l’ensemble, l’Afrique demeure pour l’instant un naufrage économique. On peut blâmer les énormes erreurs de jugement de certains gouvernements africains, les guerres, les coups d’État, les génocides, l’instabilité chronique, les épidémies, les sécheresses, les dictateurs fous, la corruption, l’ignoble protectionnisme agricole des pays riches (européens, surtout) qui étouffe l’agriculture africaine, les ratés de l’aide internationale. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. De nombreux pays, en Asie, en Amérique latine, émergent rapidement de la pauvreté. En 2009, cette prospérité nouvelle échappe encore largement aux Africains. ( 1) Tous les montants, dans cette chronique, sont exprimés en dollars américains.



Les leçons du frère américain  -  Richard Hétu
Depuis hier soir, le Ghana a l’honneur d’être le premier pays de l’Afrique noire à accueillir le premier président afro-américain des États-Unis. Barack Obama profitera de sa brève visite dans ce pays modèle pour prêcher la bonne gouvernance et visiter un
C’est le message d’un frère sympathique mais exigeant que livrera aujourd’hui Barack Obama à Accra, capitale du Ghana, où il effectue un séjour bref mais hautement symbolique.
Pourquoi le Ghana ?
Barack Obama en visite au Kenya, la patrie de son père, alors qu’il était encore sénateur de l’Illinois, en août 2006. Le président américain a justifié son choix de se rendre au Ghana plutôt qu’au Kenya pour sa première visite comme chef d’État en Afrique subsaharienne en faisant valoir que le Ghana était un exemple de stabilité et de bonne gouvernance dans un continent où l’instabilité et la corruption ne représentent pas l’exception.
COLLABORATION SPÉCIALE
—À la veille de sa première visite en Afrique, à l’âge de 26 ans, Barack Obama se trouvait, de son propre aveu, dans une position inconfortable: « Un Occidental pas tout à fait chez lui à l’ouest, un Africain se rendant dans un pays rempli d’étrangers », comme il l’écrivait dans son premier livre, Les rêves de mon père.
Vingt-deux ans plus tard, l’Occidental pas tout à fait chez lui à l’ouest occupe la présidence des États-Unis, le plus puissant pays dumonde. Et l’Africain n’est plus en territoire inconnu sur le continent noir. « Vous êtes mes frères et mes soeurs », déclarait-il en août 2006 au moment de son troisième voyage au Kenya, où il avait reçu un accueil triomphal en sa qualité de sénateur de l’Illinois.
Et c’est le message d’un frère sympathique mais exigeant que livrera aujourd’hui Barack Obama à Accra, capitale du Ghana, où il effectue depuis hier soir un séjour bref – il rentrera à Washington en fin de journée – mais hautement symbolique. Son discours devant le parlement ghanéen, au cours duquel il insistera sur la bonne gouvernance, constituera le point fort d’une visite qui sera assortie d’un volet touristique émouvant.
Accompagné de sa femme, le président américain doit en effet visiter le fort esclavagiste de Cape Coast, à deux heures de route d’Accra, d’où sont partis beaucoup d’esclaves noirs pour le « voyage sans retour » vers l’Amérique. Un voyage auquel ont été forcés les ancêtres de la première dame des États-Unis.
Mais pourquoi Barack Obama a-t-il choisi d’effectuer sa première visite comme chef d’État en Afrique subsaharienne au Ghana plutôt qu’au Kenya, la patrie de son père, ou au Nigeria, le pays le plus populeux du continent ?
Le président américain a justifié son choix en faisant valoir que le Ghana était un exemple de stabilité et de bonne gouvernance dans un continent où l’instabilité et la corruption ne représentent pas l’exception. Ce pays d’Afrique de l’Ouest a connu deux changements de régime par la voie d’élections libres et équitables dont les dernières, tenues en décembre, ont permis au candidat de l’opposition, John Atta-Mills, de remporter de justesse l’élection présidentielle.
« Je pense que le nouveau chef de l’État, le président Mills, a démontré son engagement envers l’État de droit, un engagement de nature démocratique qui garantit la stabilité du pays », a déclaré Barack Obama dans une interview à AllAfrica.com diffusée mardi. « Et à mon avis, la gouvernance et la prospérité sont directement liés. Les pays bien gouvernés, stables, dont les dirigeants reconnaissent qu’ils doivent rendre des comptes à la population et que les institutions sont plus fortes qu’une personnalité, quelle qu’elle soit, sont généralement ceux qui produisent des résultats pour les populations. Et nous voulons appuyer ce message. »
Le gouvernement du Kenya, aux antipodes de celui du Ghana, est né de la crise postélectorale qui a ensanglanté le pays l’an dernier. Le Nigeria, de son côté, a tenu en 2007 des élections également violentes et jugées frauduleuses par plusieurs pays, dont les États-Unis.
En entrevue comme en conférence de presse hier, le président américain a par ailleurs refusé de chercher dans l’héritage du colonialisme des excuses aux problèmes actuels de l’Afrique.
« Je pense connaître l’histoire de l’Afrique aussi bien que ceux qui m’ont précédé dans ces fonctions, a-t-il dit à AllAfrica. com. Et je peux vous expliquer en long et en large pourquoi les cartes coloniales qui ont été dressées ont contribué à déclencher des conflits, et vous parler des termes défavorables des échanges commerciaux de l’époque qui a suivi le colonialisme.
« Et pourtant, la réalité, c’est que nous sommes en 2009. L’Occident et les États-Unis ne sont pas responsables de la situation économique du Zimbabwe des 15 à 20 dernières années. Ils ne sont pas non plus responsables de certaines politiques désastreuses que nous avons pu voir à l’oeuvre ailleurs en Afrique. Et je crois qu’il est très important que les dirigeants africains assument leurs responsabilités et soient obligés de rendre des comptes. Et je pense que les populations africaines le comprennent. »
La bonne gouvernance n’est sans doute pas la seule raison qui a poussé Barack Obama à opter pour le Ghana, pays également visité au cours des dernières années par Bill Clinton (1998) et George W. Bush (2008).
Le Ghana a découvert d’importants gisements de pétrole et de gaz dans le Bassin de Tano au cours des deux dernières années. Le pays a un besoin urgent d’investissements directs pour l’exploitation commerciale de ces ressources.

Une compréhension « personnelle » de la pauvreté
Même s’il n’a pas choisi le Kenya pour son retour symbolique en terre d’Afrique, Barack Obama a beaucoup parlé de la patrie de son père au cours des derniers jours pour étayer ses positions vis-à-vis du continent.
« J’ai des membres de ma famille qui vivent encore aujourd’hui dans des villages où la faim est une réalité. C’est donc quelque chose que je peux comprendre à un niveau personnel », a déclaré le président américain hier pendant une conférence de presse en Italie, où il commentait l’engagement des pays du G8 à mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans pour lutter contre la faim dans le monde.
Barack Obama a également fait allusion à son père en établissant un parallèle entre le Kenya et la Corée du Sud.
« Lorsque mon père a quitté le Kenya pour les États-Unis, au début des années 60, les PIB du Kenya et de la Corée du Sud n’étaient pas équivalents – celui du Kenya était en fait plus élevé. Que s’est-il passé en 50 ans? » s’est-il interrogé, avant de déplorer le « manque de transparence » des gouvernements kényans.




Obama en Afrique - Mario Roy
Barack Obama débarque en Afrique, aujourd’hui, dernier segment hautement symbolique d’un séjour à l’étranger amorcé en début de semaine. Il y prononcera au Ghana, demain, une allocution destinée à la population du continent. C’est un discours que l’on estime devoir être aussi substantiel et important que celui donné au Caire, en juin, à l’intention du monde musulman.
Fils d’un père kényan, époux d’une descendante d’esclaves, le président des États-Unis saurat-il jeter un regard neuf sur l’Afrique ? Sur cette terre qui a désespérément besoin qu’on aborde d’un angle nouveau les problèmes qui la grugent?
Les signaux qu’Obama a récemment envoyés à ce sujet (notamment dans une entrevue à AllAfrica.com) ne permettent pas de le dire. Il n’y a pas fondamentalement remis en question les formes d’aide existant depuis un demi-siècle, constatant simplement que la bonne gouvernance et l’auto-responsabilisation sont des pré-requis à tout progrès.
Sans doute est-ce vrai. Mais c’est peu.
La réalité est que l’aide au développement consentie à l’Afrique depuis un demi-siècle a lamentablement échoué. Et que les pays riches ne font que s’enfoncer dans ce cul-de-sac, motivés à la fois par la culpabilité, par l’intérêt et par l’humanisme « glamour ». En Occident, en effet, l’incontestable autorité en matière de développement africain semble être... Bono, le chanteur de U2!
« Le discours public (sur l’Afrique) est devenu une disco publique... et on ne se bat pas contre une guitare électrique! » ironise une économiste zambienne, Dambisa Moyo. Elle est l’auteure du percutant ouvrage Dead Aid ( L’aide est morte: Pourquoi l’aide ne fonctionne pas et comment faire mieux pour l’Afrique, non disponible en français).
Appelons la « thèse Bono » celle qui enjoint les pays du Nord de doubler ou même de tripler l’aide au développement consentie à l’Afrique. C’est un plaidoyer moralement confortable pour ceux qui sont lovés dans l’opulence des pays riches. Mais ça ne marchera pas.
À ce jour, 1000 milliards de dollars ont été transférés à l’Afrique. Or, entre 1970 et 1998, période au cours de laquelle cette manne a été la plus considérable, le taux de pauvreté sur le continent est passé de 11 à 66%! En 1960, le Kenya était plus prospère que la Corée du Sud; le premier est misérable aujourd’hui alors que la seconde est riche, a luimême remarqué Barack Obama.
« L’aspect le plus déprimant de ce fiasco, c’est que les donneurs, les décideurs, les gouvernements, les intellectuels, les économistes et les spécialistes du développement savent, au fond de leur coeur, que l’aide ne fonctionne pas. ( L’un d’eux) remarque: tout le monde sait que c’est de la m..., mais ça fait vendre des T-shirts ! » rapporte Dambisa Moyo.
Dans Dead Aid, elle soutient non seulement que l’aide... n’aide pas. Mais elle nuit, alimentant la corruption, les conflits, l’inefficacité, la dépendance – pour plus de détails, voir le blogue de l’édito sur Cyberpresse.
En fait, l’économiste d’origine africaine n’est pas la première à remettre en question les vieilles façons de faire. Dans The White Man’s Burden (dont nous avons déjà parlé dans cette colonne, bientôt disponible en français sous le titre: Le fardeau de l’homme blanc), l’économiste américain William Easterly faisait de même. Et l’expatron de CARE Canada, John Watson, a déjà déclaré: « Nous vivons le naufrage de ces rêves »...
Obama, donc, saura-t-il y faire ?
Il devra d’abord s’appliquer à corriger les choses chez lui. Si les États-Unis sont le plus important distributeur d’aide à l’Afrique, les gigantesques subventions versées aux agriculteurs américains constituent par contre l’un des freins importants à l’enrichissement du continent noir.
Au Ghana, demain, il faudra parler de ça aussi.



Le G8 accusé de négliger les pays pauvres  -  Marc Thibodeau
« Seul le Canada a respecté son engagement de doubler son aide (à l’Afrique), ce qui est tout à son mérite. Tous les autres sont en retard. »
— Les pays pauvres de l’Afrique font les frais de l’indifférence des dirigeants du G8, qui accordent plus d’attention à des mises en scène médiatiques liées au tremblement de terre de L’Aquila qu’à la nécessité de respecter leurs engagements en matière d’aide, accuse Oxfam.
Des militants de l’organisation Oxfam portant des masques géants à l’effigie des chefs d’État et de gouvernement des pays du G8 se sont attaqués à un faux festin de spaghettis, hier, à Rome. Ils voulaient ainsi attirer l’attention sur la question de l’aide au développement, qu’ils estiment avoir été négligée lors de ce sommet.
« Je suis consterné de voir le peu d’attention accordé à la question de l’aide au développement », a déclaré hier en entrevue à L’Aquila le directeur exécutif de la section canadienne de l’organisation, Robert Fox.
Le meilleur exemple de cette « indifférence », a-t-il dit, est que les dirigeants du G8 ont réservé une brève période matinale au dernier jour du sommet à une rencontre avec une dizaine de chefs d’État africains invités aux délibérations.
M. Fox déplore que la plupart des dirigeants des principaux pays industrialisés n’aient toujours pas respecté les engagements pris envers ce continent lors du sommet « historique » de Gleneagles, en 2005.
Les membres du G8 avaient alors promis de doubler la somme d’aide annuelle versée à l’Afrique pour atteindre 50 milliards par année en 2010, mais ils sont en retard de près de 15 milliards de dollars sur cet objectif, selon Oxfam.
« Seul le Canada a respecté son engagement de doubler son aide durant cette période, ce qui est tout à son mérite. Tous les autres sont en retard », a dit M. Fox.
Dans une déclaration commune diffusée mercredi, les pays du G8 ont réitéré leur engagement de respecter les promesses faites à Gleneagles malgré l’impact « sévère » de la récession sur leur économie. Le texte n’aborde pas les retards encourus.
Les chefs d’État insistent sur le fait qu’il est important « d’agir maintenant pour empêcher la crise économique de se transformer dans les pays pauvres en une grave crise sociale ».
Nombre des pays les plus pauvres, confrontés à une baisse marquée de leurs revenus, ont sabré profondément les dépenses sociales « critiques » pour le bienêtre de la population, notent les membres du G8.
En plus de réitérer les cibles de 2004, ils ont confirmé hier le lancement d’un plan de 15 milliards de dollars sur trois ans pour soutenir la production agricole dans les pays pauvres. Selon Oxfam, la majorité de cette somme provient des budgets d’aide existants des pays participants.
Le Canada entend réserver 600 millions de dollars de plus par année à cette fin. Le porte-parole du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, a précisé que cet argent serait alloué à même le budget existant.

Des truffes avant de discuter de la faim dans le monde
Les leaders des pays du G8 ont dégusté hier un menu gastronomique à cinq plats faisant la part belle à la cuisine du pays hôte, l’Italie, avant de se pencher, aujourd’hui, sur la problématique de la sécurité alimentaire dans le monde.
Le menu établi par le chef italien Michele Persechini pour les hôtes du sommet de L’Aquila proposait en entrée une salade tiède de tomates accompagnées de fromage. Ont suivi des macaronis frais à la sauce à la viande, de l’agneau et des truffes d’été accompagnées d’aubergines, de haricots verts et de pommes de terre rôties, et du fromage. Le dessert consistait en une pizza sucrée aux amandes. Six vins ont été proposés aux convives.


Promesses non tenues en matière d’aide au développement  Harper sermonne les autres pays du G8 - Marc Thibodeau

— Les pays du G8 qui n’ont toujours pas respecté les promesses d’aide au développement faites à l’Afrique lors du sommet « historique » de Gleneagles, en 2005, compromettent la « crédibilité » de l’organisation, soutient le premier ministre canadien Stephen Harper.
Des militants de l’organisation environnementale Greenpeace ont peint, hier, le message « G8 Failed » (« Le G8 a échoué ») sur la coque d’un navire sud-africain transportant du charbon amarré à Civitavecchia, près de Rome. Ils demandent aux dirigeants des pays les plus industrialisés de réellement prendre la tête de la lutte contre les changements climatiques, estimant que la déclaration du G8 sur le climat est « insuffisante et décevante ».
« Àtitre demembres duG8, nous prenons des engagements et nous ne les respectons pas. Ça mine la crédibilité de notre processus », at-il souligné hier lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du sommet de L’Aquila, en Italie.
Le Canada est l’un des seuls pays du G8 à s’être conformé à l’engagement pris il y a cinq ans d’augmenter de 25 milliards l’aide annuelle totale versée à l’Afrique pour 2010.
M. Harper a souligné, sans désigner de pays en particulier, que les États qui tardent à verser l’aide promise allaient « sentir de plus en plus de pression » à mesure qu’approche l’échéance de l’année prochaine.
Plusieurs pays sont loin de la cible prévue, incluant l’Italie, qui a décidé de sabrer dans son aide plutôt que de l’augmenter comme prévu. La France est aussi montrée du doigt par les organisations humanitaires pour son retard.
M. Harper a indiqué que les dirigeants de pays en défaut n’avaient pas avancé d’explication lors des séances de travail à L’Aquila.
L’enjeu est majeur, selon le premier ministre, puisque une aide accrue est requise rapidement pour faire reculer le nombre de personnes souffrant de malnutrition, en forte hausse en raison de la crise. « Des millions d’enfants vont mourir cette année parce qu’ils n’ont pas assez à manger », a-t-il précisé.
Les ONG de la coa l it ion Abolissons la pauvreté saluent le fait que le Canada a atteint son objectif, mais insistent sur la nature relativement « modeste » de l’objectif poursuivi par rapport aux efforts d’autres pays.
Ces organisations pressent depuis des années Ottawa d’augmenter l’aide au développement pour atteindre le seuil de 0,7% du PIB préconisé par les Nations Unies. M. Harper n’a pas mis de l’avant de nouveaux engagements à ce sujet hier.
Le gouvernement canadien souhaite que le G8 adopte un mécanisme de reddition de comptes plus contraignant pour faire un meilleur suivi des promesses annoncées lors des sommets.
L’aide aux pays pauvres était hier à l’agenda du sommet du G8, qui s’est conclu par une majoration du plan d’aide annoncée plus tôt cette semaine pour soutenir la production agricole dans les pays pauvres.
Le budget total du plan, financé largement à même des enveloppes budgétaires existantes, a été porté de 15 à 20 milliards de dollars, a déclaré le président américain Barack Obama.
« Nous croyons que le but de l’aide doit être de créer des conditions permettant de faire en sorte que l’aide ne soit plus requise », a-t-il précisé.



Le Canada concrétise son engagement de 10 milliards US au FMI
WASHINGTON — Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé hier avoir signé avec le Canada l’accord confirmant la promesse faite en avril par Ottawa de lui accorder une aide d’urgence de 10 milliards US.
Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, et le président des États-Unis, Barack Obama, ont fait plus ample connaissance, hier, dans la salle de conférence de L’Aquila, où se tient le sommet du G8.
« La signature de cet accord signifie que le Fonds peut désormais ajouter ces ressources » supplémentaires à celles déjà fournies par le Japon et la Norvège, écrit le FMI dans un communiqué.
Ces financements nouveaux permettent au FMI d’apporter à ses membres « une assistance efficace en temps utile » dans la crise actuelle, ajoute le texte.
Le Japon a accordé en février un financement complémentaire d’urgence de 100 milliards US au FMI. La Norvège a concrétisé début juillet sa promesse faite fin mars d’apporter 4,5 milliards US au Fonds.
Début avril, le G20, forum réunissant les principaux pays avancés et émergents (et auquel appartiennent le Japon et le Canada), s’est engagé à tripler les ressources du FMI en lui apportant 500 milliards US dans le cadre des « nouveaux accords d’emprunt » ( NAE) étendant les lignes de crédit dont dispose le Fonds auprès de ses principaux contributeurs.



L’ex-président Bill Clinton confronté à la dure réalité d’un pays sinistré
En visite en Haïti
à titre d’envoyé spécial de l’ONU
— Les pieds dans la boue, le visage en sueur sous un soleil de plomb, l’ancien président américain Bill Clinton s’est confronté cette semaine aux Gonaïves, ville sinistrée du nord d’Haïti, à la dure réalité d’un pays qu’il compte bien aider à se relever.
L’ancien président américain Bill Clinton, que l’on voit ici avec le président haïtien René Préval, s’est notamment arrêté dans le seul hôpital en activité aux Gonaïves, où il a fait connaissance avec un jeune patient.
« Je vais rencontrer des donateurs, c’est important, et je vais essayer d’accélérer l’aide et de m’assurer qu’elle est dirigée vers les projets prioritaires pour Haïti », a déclaré mardi Bill Clinton, récemment nommé envoyé spécial de l’ONU pour le pays.
« Il sera difficile de travailler au service d’Haïti », a-t-il toutefois concédé au terme de sa visite, qui l’a également conduit dans les quartiers pauvres de la capitale, Port-au-Prince.
« M. Clinton a la responsabilité de coordonner l’aide de la communauté internationale promise à Haïti. Nous avons besoin de plus d’unmilliard de dollars », a soutenu le président haïtien René Préval, qui accompagnait son hôte dans les rues boueuses des Gonaïves.
« Avec sa popularité, il peut nous aider à faire venir des investisseurs privés en Haïti », a-t-il ajouté.
Alors qu’il prenait parfois la tête du cortège de fonctionnaires de l’ONU et des cadres haïtiens qui l’accompagnaient dans cette ville ravagée par une série de tempêtes tropicales et d’ouragans meurtriers l’été dernier, M. Clinton, vêtu d’un jean et d’un t-shirt, a visité les chantiers en cours.
« Ce qu’i l faut fai re, c ’est reconstruire de manière sûre afin non seulement de créer de nombreux emplois, mais aussi de minimiser les dommages », a-t-il déclaré, après avoir visité les travaux de curage de la rivière La Quinte, dont les eaux en crue s’étaient déversées sur la ville.
Les Haïtiens semblent espérer beaucoup de l’ancien président, à l’image de Jocelyn, 30 ans, qui a suivi le cortège en brandissant au-dessus de sa tête deux petits drapeaux, un américain et l’autre haïtien.
« Nous souhaitons que les Américains prennent les choses en main ici. Nos dirigeants ne font rien et ne se soucient pas de nous », a-t-il dénoncé avant de crier : « We love you president Clinton! »
Sur son passage, des centaines d’Haïtiens ont applaudi M. Clinton pour sa première visite en tant qu’envoyé spécial de l’ONU et lui ont tendu des affiches qui réclamaient du « travail », de « l’eau potable » et des soins.
« Nous venons ici pour déterminer vos besoins et travailler avec les autorités d’Haïti dans le but de les assouvir », a affirmé M. Clinton après avoir visité le seul hôpital des Gonaïves, installé dans un hangar depuis le passage des ouragans l’été dernier.
« Maintenant, je vais rentrer aux États-Unis et memettre au travail », a déclaré M. Clinton en conclusion de sa visite qui s’achevait hier, promettant de revenir bientôt.




Le monde compte plus d’un milliard de personnes affamées
« historique »
« Un monde affamé est un monde dangereux parce que la faim mène aux émeutes, à l’immigration ou à la mort. »
ROME — Le monde a franchi en 2009 le cap « historique » du milliard de personnes sous-alimentées en raison de la crise économique, a annoncé hier à Rome l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
« C’estavecungrandregret queje dois annoncer que nous avons plus de victimes de la faim aujourd’hui que jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité », a déclaré à la presse Jacques Diouf, directeur général de la FAOen présentant un rapport de l’organisation.
« Un sixième de l’humanité est victime de sous-alimentation, comme jamais auparavant », écrit la FAO dans ce rapport préliminaire consacré à l’insécurité alimentaire.
Un système alimentaire fragile
« Un milliard 20 millions de personnes souffrent de la faim comme conséquence d’un mélange dangereux entre la crise économique et les prix alimentaires élevés », a expliqué M. Diouf.
Il a déploré cette « combinaison dévastatrice pour les populations les plus vulnérables » qui a révélé « la fragilité du système alimentaire ».
La FAO souligne dans son rapport que la situation actuelle « n’est pas le résultat de mauvaises récoltes au niveau mondial », mais est due à « la crise économique mondiale qui a provoqué une baisse des revenus et des pertes d’emplois ».
En 20 09, « compte tenu essentiel lement des chocs de la crise économique et des prix souvent élevés des denrées alimentaires sur le plan national, le nombre des victimes de la faim devrait augmenter globalement d’environ 11% », selon les projections de la FAO qui s’appuient sur une étude du Service de recherche économique du département américain de l’Agriculture.
Une priorité
« Un monde affamé est un monde dangereux », a déclaré pour sa part Josette Sheeran, directrice du Programme alimentaire mondial des Nations unies ( PAM), rappelant que la faim mène « aux émeutes, à l’immigration ou à la mort ».
« Nourrir la population doit devenir la principale priorité », a-t-elle ajouté, dénonçant « le triste cap historique » que l’humanité a franchi.



 
RAPPORT ANNUEL D’AMNISTIE INTERNATIONALE - « Une poudrière d’inégalités »
— La récession économique a entraîné une « crise des droits de l’homme » qui a placé le monde « sur une poudrière d’inégalités, d’injustice et d’insécurité sur le point d’exploser », estime Amnistie internationale dans son rapport annuel publié aujourd’hui.
Dans son rapport annuel, Amnistie dresse un sombre bilan des violations des droits humains dans le monde, aggravées par la crise économique, et appelle les dirigeants, notamment ceux du G20, à « investir dans les droits humains avec autant de détermination que dans la croissance économique ».
Dans ce document de plus de 400 pages, Amnistie dresse un sombre bilan des violations des droits humains dans le monde, aggravées par la crise économique, et appelle les dirigeants, notamment ceux du G20, à « investir dans les droits humains avec autant de détermination que dans la croissance économique ».
« De fait, nous sommes assis sur une poudrière d’inégalités, d’injustice et d’insécurité qui est sur le point d’exploser », écrit dans le préambule Irene Khan, la secrétaire générale de l’organisation, dont le siège est à Londres.
« Ce n’est pas simplement une crise économique, c’est une crise des droits humains », a-t-elle expliqué dans une interview. « Il y a des problèmes sociaux, politiques et économiques qui ont été aggravés par la crise économique, c’est comme une bombe à retardement ».
« Ces dernières années, on a vu que les questions de sécurité avaient sapé les droits humains. Aujourd’hui, avec la crise économique, ces droits se retrouvent mis en veilleuse », déplore Mme Khan.
En Afrique, la crise alimentaire a « eu un impact disproportionné sur les populations vulnérables », note le rapport. Elle a entraîné sur tout le continent des manifestations qui ont souvent été durement réprimées, notamment en Tunisie, au Zimbabwe, au Cameroun ou au Mozambique.
L’Europe n’est pas épargnée. Amnistie dénonce notamment l’usage de bombes à sous-munitions et les pillages pendant le conflit entre la Géorgie et la Russie. « Le déclenchement de cette guerre a montré que l’idée d’une sécurité définitivement acquise, dans l’Europe au lendemain de la guerre froide, était un présupposé fragile », souligne le rapport.



« On craint que les émeutes de la faim ne se reproduisent »
Au printemps dernier, les Haïtiens, frappés de plein fouet par la crise alimentaire, ont déversé leur désespoir dans les rues, demandant du pain, mais aussi une grande ration de justice sociale à leur gouvernement. Ces « émeutes de la faim » ont fait des dizaines de morts. Un an plus tard, où en est le pays le plus pauvre des Amériques?
Michel Forst, expert indépendant des Nations unies sur Haïti.
À deux cheveux d’un autre soulèvement populaire, croit Michel Forst, l’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Haïti. Venu présenter à Montréal les résultats de la mission d’observation qu’il vient tout juste de terminer, le spécialiste français, mandaté par le secrétaire-général de l’ONU, a répondu aux questions de La Presse hier. QUn
an près les émeutes, est-ce que le gouvernement haïtien a réussi à répondre à certaines des doléances de sa population? R La réponse est non et c’est la principale conclusion de mes deux visites en Haïti. Ma crainte est que les émeutes qu’on a connues en avril 2008 se reproduisent. Il y a une question à aborder à Haïti (en matière des droits de la personne), au-delà de la réforme de la police et de la justice et c’est la question de l’extrême pauvreté et de l’accès aux droits économiques et socioculturels. Je fais partie de ceux qui pensent que l’insécurité actuelle est une menace pour Haïti et on ne parle pas ici seulement de l’insécurité physique, mais aussi de l’insécurité alimentaire. C’est làdessus qu’il faut attirer l’attention de la communauté internationale. QVous
estimez que la réponse de la communauté internationale n’est pas la bonne ? R La difficulté pour le moment, c’est que la communauté internationale répond aux besoins de la population haïtienne, mais on parle peu de droits. La population a besoin d’eau potable, on creuse des puits. On en est encore au stade où il faut que le
– Michel Forst, expert indépendant sur la situation des droits de la personne en Haïti gouvernement reconnaisse que les droits qui sont garantis dans la Constitution (dont le droit à l’éducation, aux soins de santé et au logement) peuvent être revendiqués par la population. Il y a des communautés, en Haïti, à Jacmel, à Jérémie et à Cap-Haïtien, par exemple, où on réussit déjà à assurer ces droits. Où il y a des écoles gratuites, de l’eau potable, des emplois. La difficulté sera de prendre ces résultats locaux et d’en faire quelque chose de national. QBill
Clinton vient tout juste d’être nommé envoyé spécial du secrétaire-général des Nations unies en Haïti. Quel impact croyezvous que cela aura sur la situation actuelle ? R C’est quelqu’un qui a une stature internationale. Il sait parler à la fois aux États et au secteur privé. Il faut aller chercher du financement pour des projets destinés à la population et faire revenir les investisseurs en Haïti. Par son charisme et son carnet d’adresses, Bill Clinton a la possibilité d’accomplir beaucoup de choses. QVous
notiez dans un rapport publié en mars qu’il y avait certains signes positifs de diminution de la violence en Haïti, notammentmoins d’enlèvements. À la lumière de votre dernière visite, révisez-vous votre position? R Non, il y a des signes positifs. La sécurité physique s’est améliorée. Mais on ne peut pas encore se promener en toute quiétude dans les rues de Cité-Soleil ! Les principaux chefs de gang ont été arrêtés et, comme partout ailleurs, les chefs arrêtés ont été remplacés par les sous-chefs. Il y a une lutte entre ces derniers qui risque de se terminer par une reprise du pouvoir des gangs. La situation reste très précaire.



Normand Brault  :
Le « vrai » père Noël -   Annie Richer
Le « vrai » père Noël
On doit faire confiance au père Noël. S’il a promis d’apporter un cadeau, il tiendra sa promesse. Normand Brault, fondateur de l’Opération père Noël, n’a jamais failli à sa parole. C’est pour lui une question d’honneur et de générosité.
Tout a commencé en 1995 avec une enfant de 7 ans en crise, une enfant désespérée, en pleurs, placée pour sa protection dans un centre jeunesse. « Je n’irai pas à la maison à Noël ! Je ne verrai pas ma petite soeur ! Je n’aurai pas de cadeau ! » Elle s’est enfin apaisée à la suite de la promesse que lui a faite Normand Brault d’intercéder pour elle auprès du vieillard à la barbe blanche, si elle lui écrivait une lettre.

Ainsi a démarré l’Opération père Noël il y a 14 ans. Pour Normand Brault, qui a entendu l’appel de détresse et lui a donné suite, c’était le début d’une longue et vaste chaîne de générosité spontanée. Avec peu de moyens, beaucoup d’imagination et d’amour et un réseau de personnes sensibles, Normand Brault a permis à des enfants en difficulté de rêver. Grâce à ce père Noël engagé, c’est près de 2000 enfants des centres jeunesse, des enfants de familles pauvres, qui recevront à Noël le cadeau qu’ils ont demandé. P ou r ce dévouement i ndéfec tible,
La Presse et Radio-Canada l’ont choisi Personnalité de la semaine.
Un peu de magie
Il s’agit d’un réseau anonyme de pères Noël. Voici comment cela fonctionne. Ceux qui travaillent dans le réseau des centres jeunesse, qui sont en contact avec des familles démunies dans les CLSC par exemple, qui savent que quelque part un enfant sera oublié à Noël, proposent à l’enfant d’écrire au père Noël et de lui fait part de sa demande. La lettre est acheminée à un lutin d’Opération père Noël qui la remet à une personne désireuse de jouer le rôle de père Noël auprès de cet enfant. Cette personne achète le cadeau, l’emballe, signe une carte au nom du père Noël et le cadeau est acheminé à l’enfant le jour même de Noël.
« Ce que j’ai découvert avec le temps, au-delà du plaisir que l’on fait aux enfants, c’est la réaction des adultes, dit Normand Brault. D’abord, ils sont émus par la lettre de remerciement de l’enfant, mais ils ont aussi l’impression de réparer quelque chose dans l’injustice du monde. Le geste enrichit donc l’un et l’autre. »
Dès le premier Noël, celui où la petite fille a lancé son cri de désespoir, il y a eu une trentaine d’autres enfants, bébés, enfants, adolescents, qui ont vu leur rêve se réaliser. « On ne pouvait pas les abandonner ! J’ai donc sollicité les gens de ma famille, mes amis, mes collègues, afin de les mettre à contribution. »
Normand Brault enseigne à l’Université du Québec à Trois-Rivières en psychoéducation. Il est coordonnateur au Centre de formation, responsable des programmes de formation pour les intervenants, en formation continue. «Heureusement que j’ai le soutien de mon employeur, dit-il. C’était mon rêve que l’Opération père Noël s’étende partout au Québec. C’est chose faite.»
En ces temps difficiles, les besoins augmentent. « C’est dur à évaluer maintenant, mais je suppose qu’il y aura de 15 à 20% d’augmentation des demandes cette année. Et le miracle se répète sans cesse, je n’ai jamais manqué de pères Noël. Dans les lettres que je reçois, il y a ces demandes insupportables : des mitaines, des bottes, un manteau d’hiver !»
M. Brault ajoute : « Vous ne croyez pas aux miracles ? En allant acheter le cadeau d’un enfant, une de mes mères Noël est tombée par hasard sur une boutique qui offrait des manteaux à 5 $, car les tailles n’étaient pas conformes. Elle en a acheté 32 ! »
La tendre carapace
M. Brault poursuit: «Un enfant a écrit au père Noël: "Viens, je te donnerai des biscuits." Certaines lettres font preuve d’une maturité qui n’a pas d’affaire là. La vie a forcé ces petits à être ailleurs, seuls au monde. Moi, dans mon enfance à Drummondville, j’ai connu des Noëls magnifiques. Et là je suis en contact avec la chair à vif!»
Le cadeau que l’enfant reçoit est à la fois un plaisir et une tristesse. Comment fait-on pour se protéger, pour ne pas sombrer dans la désespérance? «Je suis un professionnel de l’intervention. J’ai fait ma vie dans la souffrance. Il y a des techniques, des moyens pour protéger sa santé mentale», assure-t-il.
Et puis il y a d’autres larmes qui lui viennent devant la bonté. Une mère monoparentale : « Donnez-moi une lettre, je veux contribuer. » Des témoignages, des gestes simples, toujours anonymes. Sauf que de temps en temps, il faut bien donner l’exemple. Comme la chanteuse MarieMai, qui a répondu il y a un an à l’appel de l’un de ses jeunes fans, atteint d’un cancer au cerveau en phase terminale.
« L a plu s bel le chose pour moi ? Découvrir chaque fois combien les gens sont bons ! Pa rticulièrement avec les enfants. Et de voir tous ces héros, pères Noël, lutins, participer à la pérennité de l’oeuvre », conclut M. Brault.


MONSIEUR SOURIRE -  Geneviève Martel
Un sans-abri me confie : si les parcs sont fermés la nuit, nous devrons dormir dans des endroits illégaux
L’auteure est étudiante en journalisme à l’Université de Montréal.
Mis à part le trou dans la rangée inférieure de ses dents jaunies, ce qui nous frappe chez Monsieur Sourire, ce sont ses yeux d’un bleu pétillant. Cet être que j’ai surnommé Monsieur Sourire, est Michel Lévesque, sansabri de la rue Masson, dans le quartier Rosemont de Montréal.
Geneviève Martel et son Monsieur Sourire, Michel Lévesque.
Dans la coulée d’encre récente concernant la commission de la santé et des services sociaux sur l’itinérance à l’Assemblée nationale ainsi que la Commission des droits de la personne, des personnalités de tous les milieux se sont exprimées : le gouvernement du Québec s’est prononcé, les travailleurs sociaux ont commenté, la police s’est défendue, mais qui a donné la parole aux sans-abri?
C’est dans cette optique que je suis allée à la rencontre de l’un d’entre eux. Michel Lévesque a accepté tout sourire de discuter de sa situation. « J’ai étudié à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe », a-t-il affirmé. Il ajoute: « J’ai eu une ferme laitière, mais je me suis divorcé et j’ai tout perdu. Ça peut arriver à n’importe qui. » Dans une société individualiste comme la nôtre, au-delà de l’argent, Michel Lévesque, lui, s’adresse aux gens et leur sourit. Bien que la majorité des passants feigne de ne pas le voir, il reste positif. Un message d’espoir qui porte à réfléchir.
Quel est, selon lui, le principal problème des personnes de la rue ? Il s’agit du manque de ressources, car elles sont environ 30 000 à Montréal. Est-il en accord avec la fermeture des parcs la nuit ? « Non, car ces personnes iront se réfugier dans les endroits illégaux, dit-il en m’indiquant l’entrée de l’Énergie Cardio de l’autre côté de la rue, et ce sont les commerçants qui écoperont. ».
Sent-il que ces droits, telles la liberté et la dignité, sont brimés ? Oui. « Je ne fais rien de mal. Nous sommes en plein jour et je ne harcèle pas personne », explique-t-il. Pourtant, les policiers viennent souvent le voir. En l’espace de moins d’une demi-heure, leur voiture est passée à deux reprises. « On se sent brimé, car on est obligé d’obéir : il y a le premier avertissement, ensuite au deuxième avertissement, tu récoltes une amende et au troisième, ils t’embarquent », renchérit-il. « N’ont-ils pas mieux à faire ? » se demande Monsieur Sourire. « Ils m’interpellent car les citoyens n’aiment pas ça avoir des itinérants dans leur quartier », ajoute-t-il.
Les policiers disent que les gens du quartier se plaignent. Les gens de la rue ne doivent pas solliciter les passants. Mais est-ce qu’on arrête les enfants du quartier parce qu’ils font de la sollicitation aux portes des logements pour une tablette de chocolat à 3$, qui est mauvaise pour la santé ? Un dollar pour aider une personne plus vulnérable n’est-il pas mieux dépensé? À la lumière de ce témoignage, où me semblet-il cet homme ne fait rien de mal, n’est-il pas le temps de faire tomber les préjugés ?
Avant d’entreprendre toutes sortes de mesures afin de lutter contre les multiples problèmes de l’itinérance, ne devrait-on pas, de prime abord, enrayer les préconceptions sur les personnes marginalisées de la société ? Pourquoi ne lance-t-on pas une campagne publicitaire comme celle sur les maladies mentales au Québec ? Car les policiers ne sont pas les seuls à blâmer. Nous sommes tous concernés.
Si vous ne voulez pas donner de l’argent aux sans-abri, ça vous regarde, mais de grâce, ne détournez pas le regard en apercevant un sansabri, et surtout, surtout, souriez !



Les banques alimentaires dans le rouge  -  Stéphanie Bérubé
Québec dépose un quart de million sous le sapin, une annonce qui arrive à point nommé
« Beaucoup de gens qui ont perdu leur emploi cette année nous ont écrit. Certains nous disent que, maintenant que tous les comptes sont payés, il leur reste 20$ pour l’épicerie jusqu’au mois prochain. »
— Johanne Théroux, directrice générale de Moisson Montréal
Québec a versé hier une aide d’urgence de 250 000$ aux banques alimentaires de la province, un geste qui arrive à point nommé. Moins de deux semaines avant les Fêtes, leurs donateurs se font plus rares, alors que davantage de gens frappent à leurs portes.
Selon Moisson Montréal, 2009 est une année particulièrement difficile. L’organisme estime avoir reçu 10 fois moins de dons en denrées non périssables que l’année dernière.
Cette triste équation s’est confirmée samedi, lors du tri des denrées recueillies à la Grande Guignolée des médias. La récolte a été nettement sous la moyenne de celle des années précédentes, et l’annonce de Québec est particulièrement bienvenue.
« C’est très important pour nous, car c’est un geste concret, lors d’une situation d’urgence », commente Johanne Théroux, directrice générale de Moisson Montréal, qui recevra une partie de cette enveloppe.
Le don sera versé à l’organisme Banques alimentaires du Québec, qui aide plus de 1000 organismes, dont les 18 Moissons régionales.
L’idée du don a été lancée par la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault. L’argent provient des enveloppes discrétionnaires de tous les ministres provinciaux. C’est une première, a indiqué la ministre, qui a elle-même sollicité ses collègues.
Durant les 12 derniers mois, il y a eu une hausse de 32% des utilisateurs « réguliers » des banques alimentaires montréalaises, c’est-à-dire des personnes qui s’y rendent au moins trois fois par mois.
Partout au pays, les responsables de ces organismes de dépannage alimentaire ont aussi vu arriver de nouveaux visages. Selon leur dernier bilan, 9% des gens qui ont fait appel à eux l’année dernière le faisaient pour la première fois.
« Beaucoup de gens qui ont perdu leur emploi cette année nous ont écrit, confirme Johanne Théroux. Certains nous disent que, maintenant que tous les comptes sont payés, il leur reste 20$ pour l’épicerie jusqu’au moisprochain. Onsent vraiment qu’il y a une détresse plus grande cette année.»
Moins de denrées, plus de qualité
Samedi, Moisson Montréal a constaté à son tour que 2009 était une année particulièrement difficile: en matinée, au moment où des bénévoles commençaient à trier les aliments récupérés lors de la guignolée de la semaine dernière, les entrepôts étaient anormalement vides.
« Il y a des bénévoles qui viennent ici tous les ans, tout le monde voit la différence, a avoué le comédien Jasmin Roy, qui était sur place pour égayer la corvée. On essaie de garder le moral, tout de même... »
Au début de la journée, les gens de l’organisme évaluaient qu’il y avait 10 fois moins de dons en denrées non périssables, comparativement à l’année dernière.
Certaines personnes ont toutefois apporté leurs denrées directement aux bureaux montréalais de l’organisme, durant la journée de samedi, renflouant un peu les coffres. Moisson a aussi reçu un important don alimentaire samedi, en fin d’après-midi.
« Nous avons aussi noté que la qualité des denrées avait augmenté, explique Johanne Théroux. Il y avait de la farine, de l’huile d’olive ; les gens avaient pris le temps de faire des paquets, ils avaient laissé leurs denrées dans des sacs réutilisables. » À la fin de la journée, explique-t-elle, il y a eu beaucoup moins d’aliments « rejetés » que d’habitude.
Opération Noël
Pour son opération Noël, Moisson Montréal compte faire 15 000 paniers. Chacun contient 25 articles essentiels sélectionnés par l’organisme. L’argent recueilli en dons sert, en partie, à acheter les produits manquants. Par exemple, cette année, il y avait peu de lait concentré et de lait en poudre dans les aliments recueillis.
Dans un autre volet de son opération Noël, Moisson Montréal fournit des denrées et des fonds pour les repas qui sont servis dans les gîtes pour les personnes en difficulté.
Le bilan officiel sera annoncé aujourd’hui, mais malgré les bonnes nouvelles de samedi, la directrice de Moisson Montréal s’attend à une diminution par rapport à l’année dernière, tant en denrées qu’en argent.
D’un autre côté, les courriels de demandes pour des paniers se sont multipliés ces dernières semaines. « Nous allons tout faire pour que tout le monde puisse avoir son panier », e x pl i que Mme Thé r ou x . Moisson a d’ailleurs relancé les trois grandes bannières de l’alimentation pour faire face à cette situation d’urgence.
Les 211 organismes soutenus par Moisson Montréal commencent aujourd’hui leur distribution de paniers.


BANQUES ALIMENTAIRES  La demande en hausse partout au pays  -  Stéphanie Bérubé

Les banques alimentaires sont les premiers témoins de la pauvreté et de sa triste évolution. Le bilan qu’elles dressent, à la fin de cette année, confirme une importante hausse des demandes d’aide dans tout le pays.
Inévitablement, la récess i on a f o r c é plus i e u r s Canadiens à franchir pour la première fois la porte d’une banque alimentaire. Un peu plus de 9 % des gens qui sont allés chercher leurs provisions dans un organisme étaient de nouveaux bénéficiaires. La moitié d’entre eux avaient une famille et des enfants, révèle le Bilan faim de Banques al i mentaires Canada, qui nous apprend que l’Alberta est la province la plus durement touchée. Les demandes d’aide alimentaire y ont augmenté de 61%. Dans l’ensemble du pays, l’augmentation moyenne est de 18%.
Ce bilan confirme ce que Moisson Montréal a annoncé la semaine dernière dans son propre état de la situation : la récession a vidé bien des frigos canadiens. Et si les demandes d’aide sont plus nombreuses, les offres, elles, le sont moins. En 2009, Moisson Montréal a aidé plus d’organismes qui offrent un service régulier de distribution alimentaire, mais il a aussi dû augmenter son aide aux organismes qui font du dépannage d’urgence puisque plus de gens se sont présentés complètement démunis.
La moitié des habitués des banques alimentaires reçoivent de l’aide sociale. Toutefois , l a propor t ion de salar iés qui ut i l isent les banques continue de grimper.
Elle est passée de 10 % en 2008 à 15% cette année. Moisson Montréal et les banques alimentaires comptent sur la générosité associée au temps des Fêtes et sur la populaire guignolée pour se renflouer.


Le Club des petits déjeuners fête ses 15 ans  -  Martin Croteau
Daniel Germain était loin de se douter que le projet qu’il a lancé dans une école primaire de Longueuil allait faire boule de neige à ce point. Après avoir servi 12 millions de repas à des enfants défavorisés, le Club des petits déjeuners du Québec a fêté la semaine dernière ses 15 ans. Et son fondateur n’a qu’un désir pour l’avenir: qu’il n’ait plus sa raison d’être.
Travailleur humanitaire au Mexique et à Haïti dans sa jeunesse, Daniel Germain a vu la misère de près. À son retour au Québec, il a fondé le Club des petits déjeuners.
« Je suis l’une des rares personnes qui prient pour perdre leur job », a confié M. Germain alors que des dizaines de personnes s’étaient rassemblées à Boucherville pour souligner l’anniversaire.
Travailleur humanitaire au Mexique et à Haïti dans sa jeunesse, Daniel Germain a vu la misère de près. À son retour au Québec, il a cherché un moyen d’améliorer le sort des jeunes d’ici. Sa solution: une version modifiée d’un programme gouvernemental pour servir des déjeuners dans les écoles.
« Quand je me reporte à l’époque, il n’y avait pas d’argent, je ne connaissais personne, les gens ne me rappellaient jamais... relatet-il. Ça prenait parfois six mois pour joindre quelqu’un. Aujourd’hui, 75% du temps, c’est les gens qui m’appellent. Même les donateurs. »
L’expérience a débuté à l’école Lionel-Groulx, la plus pauvre de Longueuil. Quinze ans plus tard, le Club des petits déjeuners est établi dans 244 écoles au Québec. Il y a deux ans, l’organisme a pris pied au Nunavik. Chaque matin, 15 000 enfants reçoivent un petit-déjeuner par ses soins.
« Ça rassemble des enfants qui ont besoin de sortir de l’ambiance difficile de leur maison, de rencontrer des bénévoles souriants et de manger avec les autres élèves sans se sentir poche ou nul », dit Sabrina Provost.
La jeune femme de 18 ans le sait mieux que quiconque : elle a bénéficié du Club alors qu’elle fréquentait l’école François-Williams, à SaintAmable. Son père avait eu un accident du travail, sa mère avait perdu son emploi. Aujourd’hui, elle étudie en sciences de la nature au cégep Saint-Laurent et rêve de devenir médecin.
Pour Daniel Germain, chaque petite Sabrina Provost est un pas de plus vers un Québec sans pauvreté. Chaque succès du Club incite les citoyens à devenir bénévoles ou à donner à la cause. Aujourd’hui, le budget annuel de l’organisme s’élève à 9 millions, et 79% de la somme provient de dons ou de contributions parentales.
« Quand on nourrit 15 000 enfants par jour au Québec, comme on le fait présentement, on a l’impression d’arriver à un seuil critique », explique Daniel Germain.
Pourtant, la tâche reste colossale, admet la directrice générale du Club des petits déjeuners, Francyne Charette. « On a dénombré plus de 850 écoles au Québec qui ont un indice de faible revenu suffisant pour être admissibles au Club des petits déjeuners, a-telle indiqué. On reçoit des demandes chaque semaine et on a une liste d’attente. »
Cette année seulement, les enfants de 33 nouvelles écoles pourront déjeuner en groupe grâce au Club des petits déjeuners.



Moisson Montréal en banqueroute alimentaire  -  Stéphanie Bérubé
L’automne est toujours une période difficile pour les banques alimentaires, entre la fin des récoltes et Noël. Mais cette année est pire que les autres: les chiffres ne balancent plus chez Moisson Montréal qui a vu ses dons baisser de 21%, alors que les deux tiers des organismes soutenus par Moisson demandent plus d’aide alimentaire qu’auparavant. Certaines banques n’ont plus de réserves et doivent renvoyer leurs bénéficiaires à la maison, les sacs vides.
« On est vraiment en baisse par rapport à l’année dernière, confirme Johanne Théroux, directrice générale de Moisson Montréal. Il y a un gros lien à faire avec la crise économique. Sur le terrain, on peut voir que les gens sont vraiment désespérés. »
Le bilan des six premiers mois de l’année financière vient de chiffrer cette baisse à 21%, comparativement à la même période l’année dernière. Déjà, 2008 s’annonçait très difficile pour les banques alimentaires du Québec. Les mauvaises nouvelles de la récession se multipliaient et réduisaient les dons faits directement à l’organisme. L’appel à l’aide du temps des Fêtes a toutefois été entendu et les objectifs ont été dépassés pour les paniers de Noël. « Ç’a sauvé notre année », dit Johanne Théroux, qui craint toutefois que le même miracle de Noël ne se reproduise pas cette année. « Les gens qui peuvent aider le font quand ils le savent, dit-elle. Mais je ne peux pas m’attendre à voir de nouveau un ange arriver avec un chèque de 50 000$. »
Ces dons en argent comptant sont une bénédiction pour Moisson Montréal parce qu’ils permettent de faire des achats ciblés. Actuellement, l’organisme est en manque de denrées non périssables. Dans un contexte économique difficile, les grands de l’alimentation font une gestion très serrée de leurs stocks et il y a moins de surplus pour Moisson Montréal. Les maraîchers québécois ont aussi terminé leurs récoltes, en grande partie, ce qui met un terme aux dons de fruits et légumes d’ici.
Moisson Montréal mise maintenant sur une multiplication des petits dons afin de renflouer ses coffres. L’organisme demandera aussi aux entreprises qui ont des dons corporatifs à faire de les apporter eux-mêmes à l’entrepôt alimentaire. Car les temps sont durs pour tout le monde et depuis quelques mois, Moisson Montréal fonctionne aussi avec du personnel réduit.


Des donateurs plus économes  -  Louise Leduc
Campagnes de financement des organismes de bienfaisance
Les organismes de bienfaisance retiennent leur souffle à l’approche du lancement des campagnes annuelles de financement d’avant les Fêtes. En ces temps de crise, la pauvreté est croissante et les donateurs, plus économes.
À l’Accueil Bonneau, JeanPhilippe Dugré, coordonnateur au financement et aux communications, note que l’organisme (qui distribue 800 repas par jour) reçoit cette année 25 % moins de dons que l’an dernier.
« C’est surtout du côté des dons des particuliers que ça a chuté, explique M. Dugré. Il a aussi fallu composer avec le fait que les grossistes alimentaires et les grandes chaînes nous font des dons plus petits. »
Lors d’activités-bénéfices, les entreprises qui avaient l’habitude d’acheter 10 billets en achètent maintenant deux fois moins. Aussi l’Accueil Bonneau doit-il multiplier les démarches auprès des entreprises. De la même manière, dans l’espoir de diversifier les sources de financement, des demandes massives de dons sont maintena nt envoyées par la poste à des gens qui n’ont jamais appuyé l’Accueil Bonneau.
À Jeunesse au soleil, qui se porte au secours de 400 familles de plus qu’en 2007, le v ice -président Tom my Kulczyk dit lui aussi qu’« il faut travailler deux fois plus fort » pour tenir le fort. L’an dernier, pour la première fois en 50 ans, il a fallu faire une collecte de nourriture pendant l’été. Compte tenu des besoins toujours pressants, on a dû en faire une autre cet été.
Heureusement, la chance a souri à Jeunesse au soleil, qui, presque par miracle, a vu atterrir un immense don de via nde, gracieuseté de l’organisme ontarien Feed the Children. « Ça nous a permis de distribuer de la viande pendant plus de six mois », souligne M. Kulczyk.
Du côté du Club des petitsdéjeuners, la grande difficulté depuis le début de la récession, outre la perte de certaines commandites d’entreprises, réside dans le recrutement de bénévoles. « Les bénévoles sont souvent des gens de 55 ans et plus, relève M a rie-Claude Bienvenue, directrice des communications. Or, plusieurs ont dû retourner travailler parce que leurs économies avaient fondu et on les a perdus. »
Nouveaux visages
« Les organismes que nous aidons voient arriver à leur porte de nouveaux visages, des couples qui appartenaient jusqu’ici à la classe moyenne qui ont perdu leur emploi, dit Lyne Harris, directrice adjointe de Centraide. Les demandes d’aide sont croissa ntes et les revenus sont moindres, alors la pression est forte. Par exemple, l’un des organismes que nous aidons a vu l’une de ses entreprises donatrices faire faillite. »
En vue de sa prochaine campagne, Centraide a fait un tour d’horizon de la demande à laquelle doivent répondre des organismes qu’il finance, poursuit Mme Harris. «Notre constat, c’est que les banques alimentaires sont fortement sollicitées. Les demandes aux cuisines collectives ont aussi augmenté, et les consultations budgétaires dans les ACEF (associations coopératives d’économie familiale) ont augmenté jusqu’à 30% dans certaines régions depuis le début de la récession.»





AIDE ALIMENTAIRE  Les demandes de boîtes à lunch augmentent - Stéphanie Bérubé

La récession continue de se faire sentir à Moisson Montréal. L’organisme, qui nourrit de plus en plus de Montréalais, veille aussi à la préparation de boîtes à lunch pour les enfants, l’été. Mais il ne peut pas répondre à la demande grandissante.
Deux bénévoles, Pierre Talissé et Éric Larocque, préparent des sandwichs pour les enfants qui fréquentent les camps de jour d’organismes communautaires.
Cet été, 100 enfants de plus bénéficieront du programme d’aide alimentaire en boîte. Au total, on prépare 700 boîtes à lunch par jour. Dans la plupart des cas, ce sont des jeunes qui reçoivent de l’aide alimentaire à longueur d’année par l’entremise d’un autre programme, comme celui de la Commission scolaire de Montréal qui s’assure que les écoliers mangent à leur faim. L’été, les parents de ces enfants sont aussi démunis que le reste de l’année.
« On sent vraiment qu’il y a une pression plus forte cet été, estime Johanne Théroux, directrice générale de Moisson Montréal. C’est un bon baromètre de la situation économique: les groupes communautaires avec lesquels nous travaillons reçoivent plus de demandes d’aide. »
Les boîtes à lunch sont remises à des enfants inscrits à des camps de jour mis sur pied par des organismes communautaires.
Le programme Alimenter le futur est une initiative de la multinationale de services de cafétéria Sodexo. Le groupe français fournit une partie de la nourriture utilisée et Moisson Montréal complète avec des aliments reçus en don.
Aide d’une nutritionniste
La qualité des lunchs est contrôlée par la nutritionniste Isabelle Huot, qui a conçu des menus types afin que les enfants reçoivent des aliments riches en protéines et vitamines, mais pauvres en gras, en sucre et en sel. « Il faut les côtoyer pour vraiment réaliser à quel point c’est un besoin », confie Johanne Théroux.
Et les nouvelles ne sont pas très bonnes pour les banques alimentaires. La crise avait déjà commencé à se faire sentir l’été dernier. La hausse du prix de l’essence et les tristes perspectives économiques avaient fait diminuer les dons et hausser la demande de nour r iture. Moisson Montréal a donc multiplié les initiatives et les appels à l’aide pour finalement s’en tirer avec une toute petite baisse de ressources pour l ’ année 2008-2009.
La nouvelle année lui a rappelé que la situation est loin de s’être améliorée. Le mois d’avril 2009 a été catastrophique, le pire de l’histoire de la banque alimentaire, avec des dons moindres que prévu. Que faire ?
La di rect r ice de Moisson Montréal compte rencontrer des représentants de la communauté anglophone et des communautés culturelles, historiquement moins sollicitées pour des dons à la banque alimentaire.
Le groupe a aussi lancé le programme Bonne boîte, bonne bouffe, un service de paniers de fruits et légumes frais à bas prix. Cela permet à des gens qui ont peu de moyens d’éviter d’engorger les banques alimentaires.
Moisson Montréal a noté une hausse significative de gens qui ont un emploi parmi sa clientèle.





Montréal, laboratoire de la réinser tion   -  Katia Gagnon
Un logement meublé et super visé par viendra-t-il à sor tir les sa ns-a bri d e la ru e ?
S a n s-a b ris m e ri m e so u ve n t ave c p ro b l è m es d e s a n té m e n ta l e. L e p roje t C h e z soi, q u i ve r ra l e jo u r ce t a u to m n e à M o n t ré a l , v i se à fo u r n i r p e n d a n t q u a t re a n s u n l og e m e n t m e u b l é à q u e lq u e 30 0 s a n s-a b ri a u x p rises ave c ce t y p e d e p ro b l è m es . O bje c tif : d é te r m i n e r s i, é p a u l és p a r u n s u i v i socia l se r ré, ces la issés-po u r-co m pte d u s ys tè m e ré u s s i ro n t à re t ro u ve r u n e v ie n o r m a l e. U n e e x p é r ie n ce q u i i n q u iè te l es ref u g es aya n t m is s u r pie d d es p ro g ra m m es d e ré i n se r tio n , q u i c ra ig n e n t q u e d ’éve n t u e ls rés u l ta t s m i tig és l e u r fa s se n t p e rd re l e u r s s u bve n tio n s . L a C o m m i s s i o n c a n a d i e n n e d e l a s a n t é m e n t a le s ’a p pr ê t e à l a n c e r l a plu s g r a n d e r e c h e r - c h e j a m a i s m e n é e a u m o n d e s u r l e s s a n s - a b r i a t t e i n t s d e p r o bl è m e s d e s a n t é m e n t a l e . C e t t e r e c h e r c h e d ’e nve r g u r e , q u i c o û t e r a 1 5 0 m i l l i o n s à l ’é c h el le d u C a n a d a e t d u r e r a q u a t r e a n s , s e c o n c r é t i s e r a d è s l ’ a u t o m n e à M o n t r é a l . L e s c h e r c h e u r s o f f r i r o n t p a s m o i n s d e 3 0 0 lo ge m e n t s m e u - bl é s à d e s s a n s - a b r i a f i n d e d é t e r m i n e r s i , é p a u l é s p a r u n s u iv i s o c i a l s e r r é , c e s d e r - n i e r s r é u s s i r o n t à r é i n t é g r e r l a s o c ié t é .
E n o c tobre pro c ha i n , quat re r e c r u t e u r s e m b a u c h é s p a r l a C om m ission c a nad ien ne de la s a nté ment a le a r penteront le s ref uges et les r ues de Mont réa l p o u r t r o u v e r 5 0 0 s a n s - a b r i q u i a c c e p t e r o n t d e p a r t i c i p e r à c e t t e a m b i t i e u s e r e c h e r c h e de te r r a i n , a a ppr i s P r e s s e .
L a D eu x c r itères : les pa r tic ipa nts , h o m m e s o u fe m m e s , d o ive n t ê t r e s a n s lo g i s e t s o u f f r i r d e p r o bl è m e s d e s a n t é m e n t a l e , mo dérés ou i mpor t a nts .
L es pa r tic ipa nts à ce proj et , bapt isé C hez soi , seront d iv isés e n d e u x g r o u p e s : u n g r o u p e témoi n su iv ra le pa rcou r s norma l – généra lement c haot ique – d ’ u n s a n s - a b r i a t t e i n t d e t rouble s ment au x , q u i tou r ne autou r du re f uge , de l ’hôpit a l et de la pr ison . L a seu le obl ig a t i o n d e s p a r t i c i p a n t s s e r a de rencont rer u n i nter v ieweu r u ne fois pa r mois , a f i n de fa i re l e p o i n t s u r l e u r s i t u a t i o n . I l s r e c e v r o n t e n t r e 1 5 e t 35 $ pa r rencont re .
A u x 3 0 0 p e r s o n n e s q u i s e r e t r o u v e r o n t d a n s l ’a u t r e g roupe, ex pér i ment a l celu i-là , on t rouvera u n logement où i ls pou r ront v iv re du ra nt les qua - t re pro c ha i nes a n nées . I ls re ce - v ront u ne subvention de 2 0 0 $ pa r m oi s . « C ’e s t l a pr e m iè r e c h o s e q u ’o n l e u r o f f r i r a : u n toit », ex pl ique Ol iv ier Fa r mer, psyc h iat re au C H U M , qu i fa it pa r t ie de l’équ ipe c l i n ique . « E t pa s n’i mpor te com ment , aj oute S on ia C ôté, coordon nat r ice du p r o j e t p o u r l a C o m m i s s i o n . C ’est la per son ne qu i nou s d i ra quel t y pe de logement el le veut habiter, da n s quel qua r tier. »

P ou r t rouver ces logements , q u i c o û t e r o n t e n m o y e n n e autou r de 5 0 0 $ pa r moi s , on s o l l i c i t e r a l e s o r g a n i s m e s à but non luc rati f qu i of f rent du logement so c ia l , ma is au ssi les pr o pr ié t a i r e s pr ivé s . C e s de rn i e r s c r a i n d r o n t-i l s d e l o u e r à u n e t e l le c l ie n t è le , gé n é r a - le ment re f u s é e pa r tout ? « L e s propr iét a i res sau ront qu ’i l y a u ne éq u ipe autou r de la pers o n n e . S ’ i l y a u n pr o blè m e ,

on va réa g i r. O n va paye r le s pots c a ssés », C ôté .
Fa i r e p a s s e r d i r e c t e m e n t l e s s a n s - a b r i d e l a r u e à u n a p p a r t e m e n t p r o p r e t , c o m m e l e p r é v o i t l e p r o g r a m m e f é d é r a l , e s t u n e e n t r e p r i s e t i t a n e s q u e . « Ç a v a ê t r e d u r. D u r p o u r l a p e r s o n n e q u i v a a s s u r e r l e s u i v i , d u r p o u r l e p r o p r i é t a i r e e t d u r p o u r l e c l i e n t », e s t i m e G e o r g e s O h a n a , c h e f d e s p r o g r a m m e s d e l o g e m e n t s s o c i a u x à l a M i s s i o n O l d B r e w e r y.
d it M m e
L a c r è m e d u s u i v i s o c i a l
L e s s uj et s du g roupe ex pé - r i ment a l bénéf ic ieront en ef fet non seu lement d ’u n toit , ma is a u s s i d e l a c r è m e d u s u i v i s o c i a l . U n e q u i n z a i n e d ’ i n - t e r ve n a n t s s e r o n t e m b a u c h é s p o u r f o r m e r l e s é q u i p e s d e s u iv i . P s yc holog ue s , ps yc ho é - d u c a t e u r s , p s yc h i a t r e s , e r go - t h é r a p e u t e s . . . L e b é n é f i c i a i r e p ou r r a r e c evoi r leu r s s e r v ic e s c hez lu i , si x j ou r s su r sept , 1 2 heu res su r 2 4 .
« O n p o u r r a a l l e r l e s v o i r deu x fois pa r j ou r s ’i ls doivent p r e n d r e u n e m é d i c a t i o n . O n va p o u vo i r l e s a i d e r d a n s l a ge st ion de leu r logement . O n v a p o u v o i r l e s a i d e r à f a i r e l ’épicer ie, à t rouver u n t rava i l , u n pr oj e t de v ie », r é s u m e le D r r m e r .
M a i s e n a c c e p - t a n t l e l o g e m e n t , l e s s u j e t s de l ’ét ude ne sont pa s obl igés d ’avoi r recou r s à cet te pa nopl ie de ser v ices . « L e logement leu r e s t o f f e r t s a n s c o n d i t i o n . L e t ra itement n’est pa s obl igatoi re . I l s ne s ont pa s obl igé s d ’ê t re sobre s . L eu r s eu le obl igat ion , c ’e s t de r e n c o n t r e r q uelq u ’u n u ne fois pa r sema i ne », préc ise Ol iv ier Fa r mer.
M a r c - A n d r é M é n a r d , l u i - même u n a nc ien sa n s -abr i qu i a réu ssi à reprend re d ’u ne v ie nor ma le, sera l ’u n des « rec r ut e u r s » d e l a C o m m i s s i o n à Mont réa l . « Je va is essayer de r e c r u t e r le s pi r e s c a s . D ’a l le r c herc her les ga r s sou s les ponts , qu i n’ont pa s pr is u ne douc he d e p u i s t r o i s a n s » , r é s u m e - ti l . « O n ve u t e s s a ye r d ’o f f r i r de s s e r v ic e s c o m plé m e n t a i r e s à c e u x d e s r e f u ge s , p o u r le s per son nes qu i ne sont pa s desser v ies . D es c a s lou rd s », aj oute J a s o n C h a m p a g n e , d u C L S C des Faubou rgs , c ha rgé de l ’a spec t c l i n ique du projet .
O n m è n e r a l a m ê m e e x p é - r i e n c e d a n s q u a t r e a u t r e s v i l l e s c a n a d i e n n e s , s o i t Va ncouver, W i n n ipeg , Toronto et Monc ton . B ut de la re c herc he ? D éter m i ner si u n tel su iv i s o c i a l , c o u plé à u n lo ge m e n t décent , per met la réhabi l it ation des sa n s -abr i . « Da n s le réseau , f a c e à c e t t e c l i e n t è l e , t o u t l e m o n d e a s e u l e m e n t u n p e t i t b o u t d u p r o b l è m e . C h a c u n , a ve c s o n m o r c e a u , n ’e s t p a s c a pa ble de fa i re g r a nd - c ho s e . L’o c c a s io n , ic i , c ’e s t q u e to u t le monde t rava i l le en semble », sou l ig ne le D r

Fa r mer. L ’ a u t r e q u e s t i o n d e l a r e c h e r c h e , f o n d a m e n t a l e , e s t c e l l e d u c o û t . C o m p t e t e n u de s f r a i s élevé s q u ’e nt r a î ne nt c e s p e r s o n n e s – h o s p i t a l i - s a t i o n s , r e f u g e s , s é j o u r s e n pr i s o n – , e s t-i l p o s sible q u ’ i l s o i t p l u s é c o n o m i q u e d e l e s l o g e r e t d e l e u r d o n n e r u n s u i v i s o c i a l ? D e s é t u d e s p r é l i m i n a i r e s m e n é e s e n C olo mbie - B r it a n n iq ue tendent à démont rer que ou i . L e s s a n s - a br i c oûte nt à la pr ov i n c e pa s moi n s de 6 9 4 m i l l ion s pa r a n en s e r v ic e s , a lor s q u ’u ne i nte rve nt ion s o c ia le s e r ré e , c ou plé e à u n e s u b v e n t i o n a u l o g e - m e n t , c oû te r a it 6 6 2 m i l l io n s . À l ’é c hel le de la pr ov i n c e , u n t e l p r o g r a m m e p e r m e t t r a i t donc d ’é c ono m i s e r 32 m i l l ion s a n nuel le ment .

Des groupes communautaires
craignent l ’ef fet  Titanic
D e p u i s q u e lq u e s a n n é e s , l e s ref uges mont réa la is pou r sa n s - abr i ont subi u ne petite révolution . L a plupa r t d ’ent re eu x ne se bor nent plu s à of f r i r le g îte pou r la nu it au x sa n s -abr i . I ls ont m is su r pied de vér it ables p r o g r a m m e s d e r é i n s e r t i o n qu i , c ra ig nent plu sieu r s , pou rr a ie n t vo i r le u r s s u bve n t io n s se t a r i r advena nt des résu lt ats m it igés de la va ste ex pér ience la ncée pa r le fédéra l .
L’u n d e s r e c r u t e u r s d e l a C o m m i s s i o n c a n a d i e n n e d e l a s a n t é m e n t a l e à M o n t r é a l , l u i - m ê m e u n a n c i e n s a n s - a b r i , e x p l i q u e q u ’ i l s e r a c h a r g é d ’e n t r e r e n c o n t a c t a v e c d e s « c a s l o u r d s ». « J e v a i s e s s a y e r d e r e c r u t e r l e s p i r e s c a s . D ’a l l e r c h e r c h e r l e s g a r s s o u s l e s p o n t s , q u i n’o n t p a s p r i s u n e d o u c h e d e p u i s t r o i s a n s », r é s u m e -t-i l . C i - d e s s u s , u n s a n s - a b r i m e n d i a n t p r è s d e l a P l a c e d e s A r t s .
« O n c ra i nt l ’ef fet T itanic . L e g r o s b a t e au q u i c o u le e t q u i fa it qu ’après , plu s per son ne ne veut se la ncer da n s la con st r uc - t ion de ce mo dèle », d it G eorges O h a n a , c he f de s prog r a m me s d e l o g e m e n t s s o c i a u x à l a M ission Old B rewer y ( MOB) . « O r, la réi n ser tion , c ’est l’ave - n i r des ref uges », d it M at t hew P ea rce, d i rec teu r de la MO B .
D ’a u t r e s g r o u p e s c o m m u - n a u t a i r e s , c o m m e l e R é s e a u d ’a ide au x pe r s on ne s s eu le s e t i t i n é r a n t e s , e x p r i m e n t d ’ i m - p o r t a n t e s r é s e r ve s à l ’e n d r oit du pr oj e t fé dé r a l . I l s c r a ig ne nt n o t a m m e n t q u e l e s p a r t i c i - p a n t s s o i e n t l a i s s é s à e u x - m ê m e s à l ’ i s s u e d e s q u a t r e a n né e s de la re c her c he .
L e s p e r s on ne s s a n s - a br i q u i p a r t i c i p e r o n t n e s e r o n t p a s l a i s s é e s p o u r c o m p t e , a s s u r e S o n i a C ô t é , c o o r d o n n a t r i c e p o u r l a C o m m i s s io n fé d é r a le d e l a s a n t é m e n t a l e . « N o u s t r ava i l lon s déj à à u n pla n de p é ren n ité . I l n ’e s t pa s q ue s t ion q u ’ u n e p e r s o n n e d i m i nu e s a q u a l ité de v ie pa r c e q ue c ’e s t la f i n du proj e t . O n va s ’a s s u - re r q ue tout e s t e n pla c e p ou r la s u ite de s c ho s e s . »
U n l o n g p a r c o u r s
I l re s te q ue l ’ent re pr i s e la n - c é e p a r l a C o m m i s s io n fé d é - r a l e d e l a s a n t é m e n t a l e e s t loi n d ’ê t re si mple , s ou l ig ne M . O h a n a , q u i gè re le s 7 5 a ppa rt e m e n t s d e r é i n s e r t i o n d e l a MO B . A u q uo t id ie n , G e or ge s O h a n a doit gé r e r de s a lte r c a - t ion s , de s c l ient s q u i b oivent . « J e ne s u i s pa s u n ge ôl ie r, d iti l . M a i s i l y a de s rè g le s de v ie , ic i , e t le s c l ie n t s s aven t q u ’ i l y au r a de s c on s éq uen c e s s ’ i l s ne le s re s p e c te nt pa s . »
M a x i me, 3 6 a ns , v it depu is u n a n et dem i da ns u ne des 3 0 cha mbres du pavillon Ma rcelle et Jea n Coutu , géré pa r la MOB . Toxicoma ne penda nt plus de 10 a ns, diagnostiqué sch izoph rène, il s ’est ret rouvé à la r ue après u ne sépa ration. I l a passé deu x mois da ns le réseau des ref uges, jusqu’à ce que la MOB lu i of f re u ne cha mbre.
« J ’ava is besoi n d ’a ide pou r r e p a r t i r à z é r o » , d i t - i l s i m - plement . D eu x a n s plu s t a rd , après 5 0 0 heu res de t hérapie, i l demeu re a bst i nent e t v ient de fa i re u ne dema nde d ’ad m ission au col lég ia l . Au pav i l lon C o u t u , i l a e u s a c h a m b r e .
T o u t e s i m p l e . U n l i t , u n b u r e a u , u n e c h a i s e . « M a i s c ’est c ha mbre », d it-i l .
ma E n m o y e n n e , l e s c l i e n t s d e m e u r e n t d e 1 2 à 1 8 m o i s da n s ces c ha mbres . I ls ver sent 2 5 % d e l e u r r e ve n u p o u r y demeu rer. M a is tou s ne réu s - sissent pa s à s ’acc l i mater à la v i e n o r m a l e . « C e r t a i n s , e n s o r t a n t d ’ i c i , t o m b e n t c o m - p l è t e m e n t » , d i t M . O h a n a . « L o r s q u ’ i l s e n t r e n t d a n s u n l o g e m e n t , c e r t a i n s h o m - m e s q u i o n t v é c u p l u s i e u r s a n nées da n s la r ue conti nuent à d o r m i r p a r t e r r e p e n d a n t de u x o u t r oi s m oi s », i l lu s t r e C y r i l Morga n , d i rec teu r de la M ission B on acc uei l , qu i a el le au ssi ouver t u ne c i nqua nt a i ne de logement s pou r la réi n sert ion depu is quat re a n s .
Ceu x qu i réussissent la tra nsit ion de la r ue à la c ha mbre p e u v e n t p a s s e r à u n e a u t r e étape. Sher yl , elle, a f ra nc h i ce seu il : depu is t rois mois , elle est pa ssée du pav i l lon pou r femmes de la MOB à la ressou rce L e Pont . Une qu i n za i ne de logements , répa r tis u n peu pa r tout à Montréa l , da ns des i m meubles tota lement a nony mes . L es résida nts de ce « pav illon v i r tuel » y reçoivent la v isite d’u n i nter vena nt de la MOB seu lement u ne fois pa r sema i ne.
« Je su is heu reuse, ic i. C ’est u n i m meuble t rès bien tenu », d it l a fe m m e d e 4 8 a n s , q u i a p a s s é pl u s i e u r s m o i s d a n s la r ue.
U n e t ra n s i t i o n c r u c i a l e
C e t te p é r io de de t r a n sit ion e n t r e l a r u e e t u n l o g e m e n t quasi nor ma l est c r uc ia le, soul ig ne M . Oha na . Fa i re pa sser d i rec tement les sa ns-abri de la r ue à u n appa r tement propret , com me le prévoit le prog ra m me fédéra l , est u ne entreprise titanesque . « Ç a va êt re du r. D u r pou r la person ne qu i va assu rer le su iv i , du r pou r le propr ié - ta i re e t du r p ou r le c l ie nt . »
D e s e f fe t s p e r ve r s i n a t t e n - du s p ou r r a ient s u r ven i r. « E n c a s d ’é c he c , on va ren for c e r le s ent i ment q ue v ive nt plu sie u r s de n ’ê t re pa s fa it s p ou r la v ie n o r m a le », s o u l ig n e M a t t h e w P e a r c e . « L a p r e m i è r e c h o s e q u ’o n va voi r, c ’e s t q ue l ’a p - pa r te ment va ê t re v ide . L e ga r s va avoi r ve n du tou s le s me u - ble s », prévoit C y r i l M or ga n .
É r i c L a t i m e r , l e c h e r c h e u r p r i n c i p a l d u p r o j e t C h e z s o i , c o m p r e n d l e s c r a i n t e s d e s r e f u g e s . « M a i s d a n s l e u r s u i v i d e c l i e n t è l e , i l s n ’o n t p a s l a c a p a c i t é d e f o r m e r u n e é q u i p e m u l t i d i s c i p l i n a i r e c o m p l è t e c o m m e c e l l e q u e n o u s a u r o n s . A v e c u n t e l e n c a d r e m e n t , o n p e u t a i d e r l e s g e n s à f a i r e l e s a u t e n l o g e m e n t p l u s r a p i d e m e n t » , e s t i m e - t-i l .
« C ’ e s t c l a i r q u e ç a l e u r s e m b l e i m p o s s i b l e p a r c e q u ’ i l s s e r é f è r e n t a u m o d e d e f o n c t i o n n e m e n t n o r m a l d u r é s e a u d e l a s a n t é . O r , c e p r o - j e t , c ’e s t t o u t a u t r e c h o s e » , s o u l i g n e J a s o n C h a m p a g n e , d u C L S C d e s F a u b o u r g s .



 
« Claude Dauphin est déconnecté de la réalité »  -  Éric Clément
L’administration Tremblay est critiquée pour son attitude face aux jeunes de la rue
« La triste réalité est que le centre-ville est devenu une destination estivale pour ces jeunes marginaux et leurs chiens. »
BernardPlanteetClaudeRainville, les deux directeurs généraux des Sociétés de développement commercial du centre-ville de Montréal, désapprouvent le responsable de la sécurité publique à la Ville, Claude Dauphin, qui ne voit « pas de problème » à la forte présence de jeunes de la rue et de mendiants au centre-ville.
« L’été, c’est le fun à Montréal : il y a de l’action, de belles femmes, de beaux hommes. Il y a aussi des jeunes de la rue. Il faut vivre avec ça. Peut-être que certaines personnes le voient comme un problème, mais il ne faut pas exagérer. Personne ne nous a demandé de ressources supplémentaires pour ça. Les travailleurs de rue font leur travail. Moi, je ne le vois pas comme un problème », avait déclaré mardi M. Dauphin à La Presse, dans le cadre d’un reportage sur les jeunes de la rue.
« J’ai été très surpris et déçu des commentaires de M. Claude Dauphin, dit M. Plante, DG de la SDC du Village, dans un courriel envoyé hier à La Presse. Il est inadmissible qu’un élu qui occupe d’aussi hautes fonctions soit à ce point déconnecté de la réalité. »
« Ce ne sont pas des itinérants qui se battaient à coups de chaînes et de bouteilles brisées sur Sainte-Catherine Est (près de Place Dupuis) par un beau dimanche après-midi, lors de la dernière vente trottoir que la SDCduVillage a organisée. Mais bien des gangs de rue. Ce ne sont pas non plus des itinérants qui ont agressé et volé un employé de la Banque Nationale (succursale Place Dupuis) sorti prendre sa pause d’après-midi pour fumer une cigarette à l’extérieur. »
« Incivilités »
Dans une lettre envoyée à La Presse, le directeur général de la Société de développement du Quartier latin, Claude Rainville, écrit également que la présence de jeunes marginaux « est la cause de nombreuses incivilités, particulièrement dans le secteur de la rue Sainte-Catherine ».
« Malgré le fait que plusieurs d’entre eux viennent de familles financièrement à l’aise, leur vie n’est pas un conte de fées, écrit-il. Fugue, prostitution, alcoolisme, toxicomanie, criminalité, maladie mentale, désinstitutionnalisation: la triste réalité est que le centreville est devenu une destination estivale pour ces jeunes marginaux et leurs chiens, venus de partout au Canada et au Québec. »
M. Rainville estime que le problème n’est pas réglé. « Malgré le support exceptionnel des deux postes de police de quartier, notre quotidien est teinté d’incivilités, d’intimidation, de consommation de drogues et d’alcool sur le domaine public et privé, d’altercations verbales et physiques, d’actes criminels, de vandalisme. Pour nos marchands, citoyens, visiteurs, consommateurs, travailleurs, touristes, la présence des jeunes marginaux et de leurs chiens est devenue tout simplement insupportable. Sans une volonté politique et financière d’enrayer ce fléau, demettre en place les ressources additionnelles nécessaires et de passer le message que Montréal ne tolère pas ce genre de comportement, il y a peu de chance que la situation change de façon significative. » Mardi, le maire de Ville-Marie, Benoit Labonté, a réclamé plus de ressources policières au centre-ville. Mais l’administration du maire Gérald Tremblay n’est pas de cet avis. Au contraire, à en croire un article du Devoir, publié hier, l’administration Tremblay pourrait réduire les forces policières. Les coupes budgétaires prévues par le SPVM pourraient entraîner la suppression d’une centaine de postes.
Louise O’Sullivan, candidate aux prochaines élections municipales, a dit elle aussi, hier, être « révoltée » par les propos de Claude Dauphin. « Les jeunes désoeuvrés vivant dans la rue à proximité du Palais des congrès qui accueille des visiteurs du monde entier ne donnent pas une très bonne image de Montréal. Notre ville, qui connaît une diminution de la fréquentation touristique, n’a pas besoin que la municipalité encourage le vagabondage saisonnier perçu par de nombreux Montréalais comme un fléau urbain », dit-elle par voie de communiqué.


Labonté demande une escouade policière spéciale  -  Éric Clément
Le maire de Ville-Marie veut renforcer la sécurité dans le centre-ville de Montréal
Le maire de Ville-Marie, Benoit Labonté, s’est récemment fait offrir de la drogue au centre-ville. Estimant que la vente de drogues dans la rue et les incivilités augmentent, il a écrit hier au maire de Montréal, Gérald Tremblay, pour lui demander la création d’une escouade policière spéciale au centre-ville.
Dans sa lettre, M. Labonté dit avoir constaté que la vente de stupéfiants augmente dans le quadrilatère formé par les rues Amherst, Saint-Denis, Ontario et le boulevard De Maisonneuve. Et que cette vente, au vu et au su de tout le monde, « s’accompagne de gestes qui vont du harcèlement agressif des passants, résidants, travailleurs et visiteurs en vue d’obtenir de l’argent pour se procurer des drogues, à l’utilisation des entrées privées et des cours arrière comme lieu de piqueries et de prostitution, en passant par le vol à la tire, dans les véhicules et sur les personnes », écrit-il.
M. Labonté réclame au maire des ressources policières supplémentaires et la formation d’une escouade policière spéciale dédiée à la vente de drogues, pour redonner au secteur une certaine quiétude.
Benoit Labonté déplore le commentaire de Claude Dauphin, responsable de la sécurité publique, dans La Presse de mercredi. M. Dauphin a dit en substance que les jeunes de la rue ne représentent pas un problème au centre-ville. « C’était extrêmement déplacé de sa part, dit M. Labonté. Surtout que M. Dauphin est président du comité exécutif et responsable de la sécurité publique. C’est totalement irresponsable. »
L’étude internationale réalisée par le magazine Monocle sur les villes du monde où il est le plus agréable de vivre a également fait réagir M. Labonté. Dans cette étude, où Montréal se classe 19e sur 25, reculant de trois places par rapport à l’année dernière, la métropole obtient des résultats mitigés en ce qui a trait au nombre de meurtres et de cambriolages.
Monocle indique que Montréal a enregistré 42 meurtres en 2007 et 11 105 cambriolages. En comparant ces données avec celles des autres villes, Montréal se classe, pour les meurtres, au 16e rang sur 20 (les cinq villes suivantes n’ont pas de données sur ces questions) et au 14e rang pour les cambriolages. Ces résultats s’ajoutent à l’étude récente de l’Atlantic Institute for Market Studies qui place Montréal à la 21e place sur 29 en ce qui a trait à la bonne gestion d’une ville.
« Il faut s’inquiéter du classement de Monocle et des autres études, dit M. Labonté. Montréal, étude après étude, perd du terrain et s’appauvrit. Il y a un lien dans tout ça. L’appauvrissement entraîne les incivilités. »
Du coup, les possibles coupes de centaines de postes de policiers évoquées par la Fraternité des policiers inquiètent M. Labonté. « Ce n’est pas le temps de réduire les effectifs policiers, dit-il. Toute baisse des forces policières va entraîner une augmentation des problèmes, notamment de la vente de drogues. Je m’en suis même fait offrir récemment. Il faut une présence policière accrue. »



À la belle étoile et sous le smog  -  Hugo Meunier
ON LES APPELLE « CREVETTES », « SQUEEGEES » OU, PLUS SOUVENT, SANS-ABRI : L’ÉTÉ VENU, LES GENS QUI DORMENT À LA BELLE ÉTOILE DANS LAMÉTROPOLE SE MULTIPLIENT. NUISANCE POUR CERTAINS, SIMPLE PHÉNOMÈNE SAISONNIER POUR D’AUTRES, ILS SONT ÉGALEMENT LE SIGNE QU
« T’es trop bien traité, dehors. Tu ne décides pas d’être dans la rue, mais tu décides d’y rester », admet Dave, dans la rue depuis 8 ans.
À la fin de sa vie, Roland n’a plus qu’un sac de vêtements, un vieux vélo déglingué et un sac de couchage. Comme une poignée de compagnons d’infortune, l’homme de 72 ans dort sous un viaduc qui chevauche une piste cyclable, en bordure du canal de Lachine, dans le quartier Griffintown.
Boris, 50 ans, et Dave, 25, non loin de leur repaire sous un viaduc dans le secteur Griffintown. Pour eux, comme pour plusieurs, il vaut mieux passer l’été à l’extérieur. « C’est pas tentant pour un jeune d’être obligé d’entrer dans une mission en après-midi, d’avoir un horaire pour prendre une douche et de dormir dans un dortoir avec des vieux qui ronflent », énumère Dave.
Le sac de couchage usé du vieux sans-abri est étendu au soleil sur un garde-fou, ce qui lui vaut la visite de Daniel, autre « locataire » du viaduc. « Tu dois ranger ton sac de couchage en haut. Si on est propre, la police nous laisse tranquilles », explique Daniel à un Roland un peu confus.
Installé sous le viaduc depuis quatre ans, Daniel s’est attribué le titre de « directeur d’hôtel ». Son rôle: s’assurer que les lieux soient en bon état.
Et ce rôle, il le prend au sérieux. Les cartons utilisés comme tapis de sol, les vêtements, les sacs de couchage et les autres effets personnels sont roulés et rangés dans les extrémités du viaduc. Sauf quelques mégots, rien ne traîne. « Il faut éviter que les usagers de la piste cyclable roulent dans les cochonneries. Les policiers m’ont dit: quand c’est propre, c’est correct », insiste Daniel.
L’homme de 47 ans veut éviter les dérapages de l’an dernier, lorsque les effets personnels et les restes de nourriture envahissaient les lieux et attiraient les rats, les plaintes puis les policiers. « J’ai alors pris les choses en main », souligne ce père de deux enfants, qui souhaite emménager avec Roland pour le sortir de la rue. « Qu’est-ce que ça fait dans la rue, un gars de 72 ans? » peste Daniel.
Trop bien à Montréal
À quelques mètres de là, Boris et Dave, deux autres habitués du viaduc, partagent un joint. « La police nous a dit: pas de plaintes, pas de troubles », résume Dave, 25 ans, dans la rue depuis huit ans. Le jeune homme de Joliette se débrouille comme il peut. Il encaisse son chèque d’aide sociale, mendie un peu et ramasse des bouteilles. Assez pour griller quelques joints et manger au restaurant tous les soirs.
Les nombreuses ressources pour sans-abri lui permettent aussi de profiter quotidiennement de repas gratuits. « Des fois, c’est ça qui n’aide pas à Montréal. T’es trop bien traité, dehors. Tu ne décides pas d’être dans la rue, mais tu décides d’y rester », admet Dave.
Mais vivre dans la rue n’est pas un conte de fées pour autant. Les buveurs de bière et fumeurs de marijuana occasionnels comme Boris et Dave trouvent difficile la cohabitation avec les toxicomanes du centre-ville et les personnes atteintes de problèmes de santé mentale. « Ils sont de plus en plus nombreux. Si les fumeurs de crack viennent ici, les problèmes vont commencer », résume Boris, 50 ans.
Quant aux missions et aux ressources d’aide aux sans-abri, elles n’ont jamais eu la cote chez les campeurs urbains. Surtout pas en été. « C’est pas tentant pour un jeune d’être obligé d’entrer dans une mission en après-midi, d’avoir un horaire pour prendre une douche et de dormir dans un dortoir avec des vieux qui ronflent », énumère Dave.
« Et puis tu devrais voir ça, ici, le soir, il y a une famille de renards qui vient nous visiter. C’est un univers parallèle », enchaîne Boris, visiblement émerveillé par son coin bétonné.
« C’est un cinq-étoiles! »
« Ici c’est un cinq-étoiles! » ironise Yvon, assis sur son matelas posé au milieu d’une mare de déchets, sous un viaduc du sudouest de Montréal.
Une petite table, quelques bouteilles vides, des chaises et des cartes à jouer traînent à côté du lit de fortune dans lequel il dort depuis un mois.
Ce Montréalais de 57 ans partage cet espace glauque avec une demi-douzaine de personnes. Certains y vivent depuis des années. Des écouteurs vissés aux oreilles, Yvon écoute la radio pour étouffer le vacarme des voitures qui défilent sans relâche au-dessus de sa tête.
Il a atterri ici à cause de problèmes familiaux. « Mais mes affaires vont se placer vite, croit-il. Je n’ai pas le choix, je ne peux pas être plus bas que ça. »
Cohabitation pacifique
Le square Viger sert depuis des années de gîte aux sans-abri. Ils sont plusieurs étendus les uns à côté des autres sur des matelas, près de la rue Notre-Dame.
Ici, c’est le coin des consommateurs de drogues par injection, explique l’un d’eux, Éric. « Les punks se tiennent de l’autre bord, du côté de la rue Berri », ajoute-t-il.
Les deux groupes disent cohabiter pacifiquement.
Et puis il y a moins de « crevettes », cette année – ces jeunes des régions ou du reste du pays qui viennent vivre dans la rue le temps d’un été –, remarque Éric.
Même si la présence des sansabri semble tolérée au square Viger, les policiers viennent régulièrement faire le ménage. « Il y a deux jours, un camion de la Ville est venu, escorté par les policiers. Ils ont tout jeté. On a attendu une heure, puis on s’est réinstallés », raconte Éric, qui assure que plusieurs règlements maison sont en vigueur dans son coin pour éviter les problèmes avec les autorités. « Si tu urines partout, cries, te mets tout nu ou jettes tes seringues par terre, t’es dehors », prévient-il.

« On accumule des sofas, des matelas, des tapis, et quand on commence à trop s’installer, les policiers viennent nous évincer », raconte Aurélie, qui vit dans l’aile des punks, quelques mètres plus loin. « Si on nous tolérait vraiment, on ne nous mettrait pas dehors une fois par semaine », ajoute la jeune femme de 19 ans avant de partir, sa raclette sous le bras.

Du tourisme sans abri
On les voit partout ces jours-ci au centre-ville de Montréal. Jeunes et moins jeunes. Débraillés. Sans-abri d’un été, ils quêtent, brandissent leur raclette aux intersections des rues, boivent sur les trottoirs et campent n’importe où, enroulés dans un duvet à l’ombre d’un mur de béton.
Montréal attire avec ses différents festivals et ses activités multiple. Chaque été des jeunes de partout viennent y passer l’été pour y faire la fête. Ils quêtent, brandissent leurs raclettes aux intersections, boivent sur les trottoirs et campent n’importe où, enroulés dans un duvet à l’ombre d’un mur de béton.
On les appelle les crevettes. Ce sont souvent des jeunes qui débarquent en ville. Montréal est si agréable, l’été, quand il fait beau et qu’il y a de la musique partout…
Considérés pa r plusieurs Montréalais comme un véritable fléau urbain, ces jeunes ne doivent pas être confondus avec les véritables sans-abri, prévient le maire de l’arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté.
« Attention, il y a les vrais sansabri, et il y a des programmes et des ressources pour leur venir en aide. Par ailleurs, il y a le phénomène estival, appelons-les par leur nom, des crevettes, dit M. Labonté. Ces gens-là ne sont pas des itinérants. Ce sont des fêtards, généralement de l’extérieur, qui viennent solliciter nos espaces publics. Il est là, le vrai problème, et il est difficile à traiter. »
La Ville a du mal à circonscrire ce phénomène malgré les contraventions données à la moindre infraction. L’an dernier, un total de 229 constats ont été remis à des personnes qui avaient sollicité un automobiliste, notamment aux feux de circulation. En comptant ceux donnés à des individus qui ont fait de la sollicitation sur la place publique, on arrive à 317 constats.
Durant l’été 2007, soit du 1er mai au 30 septembre 2007, le Service de police de la Ville de Montréal a remis un total de 663 constats d’infraction à des sansabri qui gisaient ivres ou flânaient sans raison dans un parc après minuit (ce qui est interdit).
Le SPVM ne nous a pas donné de chiffres pour l’été 2008, mais pour toute l’année 2008: le nombre a atteint 886 en 12 mois. Peut-on parler d’une augmentation? Le commandant du poste de quartier 21, Alain Simoneau, pense que non. « Les gens de l’extérieur, on n’en voit pas plus, dit-il. Par contre, on voit de plus en plus de gens de Montréal. Des jeunes de la rue, il y en a autant, bon an mal an. Ils sont peut-être plus dérangeants à cause de la rue piétonnière. »
M. Simoneau dit qu’il y a des plaintes de commerçants, mais « pas plus qu’avant. ». M. Labonté rappelle que son arrondissement a pris des mesures dans le passé. On a fermé les parcs après minuit il y a trois ans. Puis, on a interdit les chiens au parc Émilie-Gamelin et au square Viger. Mais on ne peut pas faire plus, dit Benoit Labonté, car il faut respecter la charte des droits et libertés. Pas question de procéder comme à New York, où on a déclaré persona non grata tous les marginaux qui quêtaient ou qui déshonoraient le paysage urbain et qui faisaient fuir les touristes.
M. Labonté pense toutefois qu’on doit aller plus loin mais que c’est du ressort de la ville centre, pas de l’arrondissement. « Il y a un problème de ressources budgétaires et humaines, dit-il. La Ville centre ne reconnaît pas ce problème. La présence policière est insuffisante. Il y a une fermeture d’esprit. L’arrondissement ne peut pas ajouter de ressources. Dans ce dossier, il y a des élans de partisanerie qui ne devraient pas être. »
Quand La Presse a demandé au commandant Simoneau s’il avait assez de ressources pour s’occuper de ce problème, il a répondu: « Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Je travaille avec les ressources dont je dispose. C’est au corporatif qu’il faut poser la question. »
Le « corporatif », c’est l’administration du maire Gérald Tremblay. Le responsable de la sécurité publique, Claude Dauphin, dit que les initiatives de Ville-Marie « ont déplacé le problème dans les autres arrondissements ».
« L’été, c’est le fun à Montréal: il y a de l’action, de belles femmes, de beaux hommes. Il y a aussi des jeunes de la rue. Il faut vivre avec ça. Peut-être que certaines personnes le voient comme un problème, mais il ne faut pas exagérer. Personne ne nous a demandé de ressources supplémentaires pour ça. Les travailleurs de rue font leur travail. Moi, je ne le vois pas comme un problème. »
M. Dauphin dit que la Ville a travaillé avec Québec pour essayer de trouver des solutions, notamment en créant un tribunal en santé mentale pour les sans-abri qui en ont besoin. Mais cela ne s’applique pas à tous les jeunes de la rue. « Je ne dis pas que c’est parfait mais il faut travailler avec nos partenaires et trouver d’autres solutions », dit-il.

VOUS AVEZ DIT CREVETTES?
Pourquoi nomme-t-on « crevettes » les jeunes qui choisissent de vivre dans les rues ou les parcs de la métropole en période estivale ? Personne ne saurait vraiment le dire. Mais dans le milieu, ce terme a été adopté pour désigner des jeunes, souvent des mineurs, provenant parfois de milieux aisés. Venus chercher « l’expérience » de la rue, ils adoptent un style vestimentaire marginal. Certains lavent des pare-brise, d’autres quémandent pour vivre. Lorsque les premiers signes de la belle saison se font voir, ils convergent au centre-ville. Si certains sont des régions du Québec ou de la métropole, d’autres viennent d’aussi loin que Vancouver, Halifax, Toronto ou les États-Unis.

Dan Bigras se dit « très inquiet »  -  Ariane Lacoursière
Le porte-parole du Refuge des jeunes, le chanteur Dan Bigras, se dit « très inquiet » du déménagement possible de son organisme et déplore ne pas avoir été informé avant de cette éventualité.
Le Refuge des jeunes aide chaque année plus de 600 adolescents démunis.
Le Refuge des jeunes, qui aide chaque année plus de 600 adolescents démunis de la métropole, risque l’expulsion depuis que l’église Saint-Louis-de-France, où sont situés ses locaux, a été vendue.
L’établissement, situé au coin des rues Berri et Roy dans le Plateau Mont-Royal, a été acheté au début du mois par l’Église évangélique Restauration pour 1,3 million. Mais le président de l’Église, Byron Quevedo, n’annoncera que la semaine prochaine ce qu’il adviendra du Refuge des jeunes.
« On nous garantit que la semaine prochaine, on saura ce qu’il adviendra de nous, affirme la directrice générale du Refuge, France Labelle. Mais en attendant, on est laissés dans le noir. »
L’église Saint-Louis-de-France n’attirait plus les fidèles depuis quelque temps et c’est pourquoi elle a dû être vendue. L’Église évangélique Restauration, qui cherchait à quitter ses locaux trop étroits du quartier Villeray, l’a donc achetée.
Pour Dan Bigras, il est étonnant que le clergé de Montréal n’ait pas informé le Refuge des jeunes de la transaction. « Je ne comprends pas ce silence. On a fait comme si le Refuge n’existait pas », dénonce-t-il.
Comme l’a rapporté Le Devoir, hier, M. Quevedo n’a pas encore déclaré officiellement ses intentions par rapport au Refuge des jeunes. Par la voix de son fils, le nouveau propriétaire a indiqué que la survie de l’organisme n’était pas menacée dans l’immédiat, mais que l’Église évangélique Restauration, qui compte déjà 400 fidèles, est en pleine expansion.
Dan Bigras n’est pas optimiste. « D’après moi , l’ Église aura besoin de tous les locaux... On est très inquiets. Déménager une organisation comme le Refuge des jeunes prend du temps », dit-il.
Le Refuge des jeunes occupe le sous-sol du bâtiment depuis 1989 et possède un bail valide pour encore deux ans. Il pourra donc rester dans ses locaux jusqu’en octobre 2011. Mais Mme Labelle a hâte d’être fixée sur son avenir.
En attendant, elle ne veut pas alerter ses jeunes clients, qui sont aux prises avec des problèmes divers, dont la toxicomanie. « On va attendre la réponse des nouveaux propriétaires, dit Mme Labelle. Mais si on nous expulse, je vais remuer ciel et terre pour nous réinstaller rapidement. »






Des organismes claquent la porte des consultations
— Les consultations en vue de l’élaboration du prochain plan de lutte contre la pauvreté ont commencésurunenotediscordante, hier, des représentants d’organismes sociaux accusant le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, d’avoir établi des orientations qui ne tiennent pas compte de leur point de vue.
Peu après l ’ouverture des consultations, neuf organismes ont claqué la porte du Centre des congrès de Québec, où se tient la rencontre, afin de protester.
Lors d’une conférence de presse, M. Hamad a tenu à assurer que rien n’était décidé d’avance et que seules les consultations serviront à élaborer le prochain plan de lutte contre la pauvreté.



Bienvenue à toi, l’enfant d’immigrant -  Sylvia  Galipeau
Cela a tout l’air d’un banal cadeau pour nouveau-né. Une pochette rose ou bleue, contenant pyjama, couverture, bonnet et pantoufles. Sauf que ce cadeau pour nouveau-né est tout sauf banal. Car il ne servira pas qu’au bébé à qui il est destiné. Il permettra à d’autres, moins gâtés, de partir aussi du bon pied dans la vie.
La pochette, signée Assistance maternelle, disponible pour l’instant dans quelques magasins seulement (Bummies, Bleu Nuit, Literie Toudou) fait partie d’une campagne plus vaste d’autofinancement de l’organisme à but non lucratif qui, depuis près de 100 ans, vient en aide aux femmes enceintes dans le besoin. Lire: pauvres et sans ressources, pour la plupart immigrantes.
En bref, chaque pochette vendue servira à financer la confection d’un petit trousseau pour nouveau-né démuni. On ne parle pas ici d’une pochette cadeau, mais d’un trousseau, un vrai, pour répondre à une nécessité. Un « kit de départ », quoi, avec serviette, savon, bonnet, couverture, draps, quelques pyjamas, camisoles et bavoirs. Le genre de truc que ses copines offriraient à la future maman. Ou encore la famille, ou les collègues de travail. Sauf que ces femmes ciblées, référées par les CLSC, n’ont pas de copines ici. Encore moins de famille ou de collègues de travail. Et elles n’ont rien. Souvent elles ont moins que rien.
« Ici, neuf femmes sur 10 sont immigrantes. Ces femmes-là viennent d’arriver. Elles n’ont personne vers qui se tourner, a raconté cette semaine Marie Guilmette, chargée de projets, rencontrée dans le sous-sol de l’église Saint-Viateur, le quartier général de l’organisme. On entend toutes sortes d’histoires. Plusieurs ont laissé des enfants dans leur pays d’origine. » Imaginez leur désarroi.
Depuis près d’un siècle, l’organisme Assistance maternelle roule sur les intérêts de la fortune de sa fondatrice, une certaine Caroline Hamilton, veuve d’un riche homme d’affaires. En 1912, la dame s’est lancée dans la bienfaisance, en ouvrant des dispensaires pour les « mères nécessiteuses », essentiellement, à l’époque, des mères québécoises de plus de sept enfants, vivant dans une extrême pauvreté. Ici, elles recevaient les premiers soins, une layette pour leur bébé, même du charbon pour chauffer leur maison. Avec les années et l’apparition de la carte soleil, la mission médicale de l’organisme a disparu. Mais la vocation vestimentaire est demeurée.
« Nous fonctionnons encore avec le capital d’origine, mais de moins en moins », explique Marie Guilmette. D’où la campagne d’autofinancement. Résultat: chaque pochette vendue en magasin (100% faits au Québec: les pyjamas sont signés Coccoli et tout le reste est confectionné par l’entreprise d’insertion Petites Mains) servira à financer une autre pochette, un peu moins coquette, certes, mais drôlement plus salutaire. Cette année, on espère rejoindre 2000 mères dans le besoin.
Pourquoi si peu de Québécoises ? « Je pense que c’est parce que les Québécoises ont déjà un réseau, une soeur, une belle-soeur vers qui se tourner », avance Marie Guilmette.
Quand elles arrivent à leur tour à Assistancematernelle, qu’elles viennent d’Iran, du Pakistan ou du Maghreb, ces mères se trouvent, elles aussi, un petit début de réseau. « Et elles nous remercient tellement. Parce que pour elles, la trousse, c’est beaucoup plus qu’une couverture ou un bonnet. C’est un signe de bienvenue. »



Pauvreté: pour une véritable chance
Le 21 avril dernier, le Comité consultatif de lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale a présenté son avis sur les cibles de revenu des personnes et des familles. C'est un devoir que lui avait donné la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
Nous sommes le Comité AVEC, un comité permanent du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Notre groupe est composé d'intervenants, de chercheurs et d'une majorité de personnes en situation de pauvreté qui croisent leurs perspectives pour éclairer la lutte à la pauvreté. Nous avons réfléchi sur cet avis. Nous applaudissons les recommandations du Comité consultatif qui portent sur l'abolition des catégories à l'aide sociale : c'est un grand pas dans la lutte aux préjugés. Nous apprécions aussi les efforts du Comité consultatif pour améliorer le revenu des personnes en situation de pauvreté.
Mais nous trouvons que l'avis ne va pas assez loin. Il recommande de verser 80% de la mesure du panier de consommation (MPC) comme soutien financier. La MPC correspond à la couverture minimale des besoins de base. Ne verser que 80%, c'est accepter que des personnes ne puissent combler ces besoins. Les personnes devront encore choisir de se priver de nourriture saine pour avoir le téléphone ou pour se chauffer convenablement. Il faut donc viser à atteindre rapidement 100% de la MPC.
La MPC couvre les besoins de base, mais c'est encore loin de la sortie de la pauvreté. Se payer le minimum en logement, nourriture, transport et médicaments, c'est différent que de pouvoir faire des projets pour l'avenir. L'esprit de la Loi vise le respect de la dignité des personnes et la sortie de la pauvreté, et c'est pourquoi il faut établir une cible claire pour y arriver. La participation des personnes en situation de pauvreté est nécessaire à la définition de cette cible.
Ça vaut la peine d'augmenter les revenus des personnes et des familles. Il ne s'agit pas seulement de pouvoir combler ses besoins de base, mais aussi de pouvoir s'épanouir sur les plans social et culturel. Cela signifie pouvoir s'acheter une passe d'autobus, recevoir les amiEs des enfants, quitter son logement inadéquat et déménager dans un endroit qui correspond à ses besoins, etc. Cela permet de faire autre chose que seulement penser à couvrir ses besoins. C'est avoir le choix, avoir une marge de manoeuvre. C'est aussi un tremplin, une véritable chance d'améliorer sa situation, « c'est ça qui m'a permis de retourner à l'école ».
Il y a également des effets qui touchent l'ensemble de la société. Une hausse du revenu des personnes et des familles permet de mieux distribuer la richesse, de mettre un terme à l'appauvrissement, de faire des économies, de diminuer les coûts en santé et services sociaux, de diminuer le décrochage scolaire.
Il faut augmenter les revenus des personnes au bas de l'échelle, parce que ne pas appliquer la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale que le Québec s'est donnée, revient à ne pas respecter la démocratie et les droits de tous. Nous croyons à la solidarité de tous les citoyens, que nous soyons ou non en situation de pauvreté. Lutter contre la pauvreté, c'est contribuer à l'enrichissement collectif de la société québécoise dans son ensemble.
Il faut également, à part des revenus, aborder la question de la redistribution de la richesse. Il faut inventer de nouveaux modèles de développement humain, social et économique, car ce n'est pas vrai que tous ont la même égalité de chances. Au-delà des compétences et des efforts des personnes, un ensemble de conditions sociales, politiques et économiques influencent les possibilités de sortir de la pauvreté. Pour reprendre une image du Collectif pour un Québec sans pauvreté, vivre la pauvreté, c'est comme essayer de monter dans un escalier roulant qui descend.
Dans cet escalier, il y a toutes sortes de visages de la pauvreté : personnes handicapées ou malades, travailleurs et travailleuses à faible revenu, femmes, autochtones, étudiants et étudiantes, immigrantes et immigrants, personnes âgées, personnes seules. Car la pauvreté n'envoie pas de carton d'invitation; demain, c'est aussi chez vous qu'elle peut se présenter.

Le comité AVEC est composé de Patrick Bacon, Micheline Bélisle, Michel Bellemare, Sophie Dupéré, France Fournier, Lucie Gélineau, Jean-Pierre Hétu, Pierre-Paul Jourdain, Laurence Lavoie, Bert Luys, Danielle Thibault et Noëlla Vincent.


Un revenu garanti pour les pauvres ?
Un rapport du Sénat sur la pauvreté conclut que les avantages fiscaux pour les pauvres devraient être revus à la hausse afin de leur fournir un revenu égal au seuil de faible revenu.
Le rapport, rédigé par le comité sénatorial permanent des Affaires sociales, des Sciences et de la Technologie, recommande à Ottawa de rétablir un salaire minimum fédéral fixé à 10$ l’heure. Il conseille aussi l’augmentation progressive de la Prestation nationale pour enfants.
Le rapport fait valoir que l’objectif devrait être de sortir les Canadiens de la pauvreté plutôt que de tenter de rendre la pauvreté plus gérable. Il exhorte aussi les gouvernements fédéral et provinciaux à unir leurs efforts pour garder les jeunes à l’école, aider l’éducation postsecondaire et appuyer davantage les programmes de formation.