Dossier israëlo-palestinien

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS


La maison de la paix de Jérusalem

Paroles d’oz

Deux voix controversées pour la paix


Pourrait-on enfin percevoir quelque chose comme une lueur d'espoir, au bout du tunnel ?...
Discours sans concession de Nétanyahou devant le Congrès américain

Mouvement au Proche- Orient

Et pourrait-on tout au moins entrevoir enfin un peu d'espoir du côté de la Palestine ?
La Palestine aux Nations unies
La Palestine obtiendra le statut d'État observateur à l'ONU

Une victime questionne le revirement du juge Goldstone
Goldstone se rétracte

Et si ce qui manquait par-dessus tout, c'était surtout, d'une part comme de l'autre, la simple capacité à comprendre la perspective exprimée par la l'autre partie impliquée ?...
Les Israéliens divisés sur le blocus de la bande de Gaza


Ce conflit pourra-t-il vraiment se régler tant qu'on continuera de chaque côté à démontrer autant de mauvaise foi ?...
Les manuels scolaires de la discorde

À travers les colons israéliens, le Hamas vise l'Autorité palestinienne
Flottille pour Gaza: les militants voulaient la violence, selon un général israélien
Un plan simple - Mario Roy
Fiasco
Le Proche-Orient est-il mûr pour un plan de paix Obama?
Neoconservatives, Loyalty and Logic - Joe Klein

Et si ce qui manquait plus que jamais, c'était surtout le renforcissement, sinon la réapparition d'un certain "middle ground" ?...
L'État pirate
Empower the moderates
Une condamnation prématurée - André Pratte

Et comment Israël peut-il prétendre à une quelque sorte de bonne foi que ce soit, tout en continuant pourtant à ignorer les principales doléances des Palestiniens, comme si de rien n'était ?...

Des Palestiniens voient rouge

  La colonisation, un frein au processus de paix
Colonies - Israël exclut de prolonger le moratoire
Se pourrait-il donc que le gouvernement israélien ne démontre tout simplement aucune volonté de faire avancer le processus de paix de quelque façon que ce soit ?...
Les Palestiniens mettent les documents en doute
Israel rejected historic concessions, ‘Palestine Papers’ reveal


Les Israéliens seraient-ils donc incpables de faire mieux que les Nazis, bien qu'ils soient pourtant les mieux placés pour savoir à quel point un tel comportement peut s'avérer inacceptable ?...

Des colons radicaux s’attaquent aux mosquées
Les tensions ravivées par un colon
Naplouse - Affrontements entre colons israéliens et Palestiniens
Deux rabbins soupçonnés d’incitation à la violence
Séparatisme sexuel en Israël - Des rabbins secouent les fondements de l'État juif
En bref - Manif anti-arabe
Israël et ses Arabes - Des rabbins lancent un appel à la discrimination

Ou se pourrait-il qu'Israël démontre tout simplement une petite tendance à faire un usage disproportionné de la force, pour le moins qu'on puisse dire ?...
I Shall Not Hate: A small book that should change Harper’s foreign policy - Gerard Caplan


Y aurait-il donc quelque chose de pourri en terre d'Israël, ou du moins en ce qui concerne le climat politique et social qu'on peut y rencontrer ?...
« Ici, on ne sait pas vraiment qui est l’ennemi »

Campagne israélienne - «N'épousez pas un juif américain!»
Contre la discrimination faite aux femmes
Vie ordinaire en pays déchiré
Le poids lourd de la droite
À Gaza, le centre commercial de la controverse
A Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald Caplan
Une députée israélienne menacée de mort

... et que dire de l'armée israélienne, pendant qu'on y est ?...
Une nouvelle vidéo met l’armée israélienne sur la défensive

Un enfant palestinien comme bouclier humain


Y aurait-il donc "quelque chose qui cloche", pour ainsi dire, en ce qui concerne le traitement qu'Israël réserve au peuple palestinien ?...
Chez soi, dans une prison à ciel ouvert
Une colonie sans clôtures
Lutte pour les terres du désert
Une économie souterraine
Des yeux bleus pour Gaza
Le combat du libraire de Jérusalem
WikiLeaks - Israël a voulu asphyxier Gaza
Selon Human Rights Watch - Israël étouffe le développement de la Cisjordanie
Colonisation: les enjeux en sept questions
Nétanyahou et Abbas ont rendez-vous en Égypte mardi
Rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement - L'état de santé de l'économie palestinienne continue de se détériorer
A Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald Caplan
L'autre lutte israélo-palestinienne
Une étude publiée par The Lancet - Le blocus aura des conséquences durables sur la santé des Gazaouis
Gaza, entre misère et espoir
La politique israélienne pose «un grave problème»

Et n'est-ce pas justement ce que les "flotilles de la paix" tendent à démontrer ?
La flottille interdite
Peaceful flotilla essential step to win freedom for Palestinians
Trois Gazaouis sur quatre survivent grâce à l’aide humanitaire

Le double sacrifice du Mavi Marmara
La flottille de la discorde

Le traitement qu'Israël réserve aux Palestiniens s'apparenterait-il donc à de la violence ethnique ?...
Le cynisme ordinaire

Et par ailleurs, Israël n'est-il pas en train de démontrer une fois pour toutes que les politiques de dureté n'ont surtout tendance qu'à se retourner contre ceux qui l'ont justement appliquée ?...
Israel should acknowledge Hamas is here to stay

Les tunnels vers l'Égypte, une industrie florissante


En continuant à supporter Israël, ne nous trouvons-nous pas surtout à supporter un régime d'apartheid au moins aussi inacceptable que celui que nous avions pourtant déjà dénoncé en Afrique du Sud, et que nous avions même contribué à renverser, par ailleurs ?...
Reconnaissez la Palestine -- Une voie nouvelle vers la paix

Le négociateur palestinien s’insurge contre le « système d’apartheid »

Se pourrait-il donc que, cette fois, Israël soit tout simplement allé trop loin ?...
«C'était Apocalypse Now»: deux Canadiens à bord du Mavi Marmara

Une alliance indestructible?
Cracks in the bedrock of U.S.-Israel relations? - Jeffrey Simpson
Rift with U.S. puts Netanyahu on the precipice
Le Quartette condamne la colonisation israélienne
Crise entre Washington et Israël: «un problème sérieux»
La gifle israélienne
Construction de 1600 logements juifs à Jérusalem-Est - Dans l'embarras, Nétanyahou appelle au calme

Netanyahu regrets diplomatic row with U.S., but won’t axe Israel’s settlement plans

Les pourparlers compromis?
Israël poursuit la colonisation, Biden condamne
Joe Biden' s Mideast peace talks descend into 'condemnation'

Proche-Orient - Biden affirme son soutien à un État palestinien et critique à nouveau Israël

Y aurait-il enfin une lueur au bout du tunnel ?...

Colonies juives de Cisjordanie - Nétanyahou pourrait limiter l'ampleur des futurs chantiers
Sometimes it's only hard men who can make peace - Jeffrey Simpson
Négociations de paix - Lueur d'espoir en Israël, scepticisme ailleurs
Les grands enjeux des négociations israélo-palestiniennes
Proche-Orient - Ils ont tout à perdre
Reprise des pourparlers israélo-palestiniens - Dans un an, deux États?
Négociations : Israéliens et Palestiniens affichent leur bonne volonté
L'espoir, malgré tout
Le dialogue direct israélo-palestinien reprendra début septembre
Blocus allégé - Gaza reprend vie, tout doucement
Israël autorise sous conditions l’entrée de matériaux de construction à Gaza
A way forward for Netanyahu and Abbas
Les temps sont durs pour les pacifistes

Proximity talks are no mere gesture
La bonne nouvelle est ailleurs
Israël-Palestine: les négos reprennent dans la méfiance
Nétanyahou est optimiste
Israël optimiste sur la reprise des négociations
Froid entre Israël et Washington - Nétanyahou rencontrera Obama
Un dialogue inauguré dans le scepticisme
Vers des négociations «indirectes» entre Israël et l'Autorité palestinienne
Relancer les négociations
Israël veut employer les grands moyens
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU de reconnaître leur État

Mais le moins qu'on puisse dire n'est-il pas que les défis ne devraient pas manquer sur la route devant mener à la paix, ceci dit ?...
Des négociations mises à mal - Israël : reprise des constructions en Cisjordanie
Nétanyahou et Abbas ont rendez-vous en Égypte mardi
Le Hamas s'invite au coeur des négociations
Négociations de paix - Lueur d'espoir en Israël, scepticisme ailleurs
Conférence israélo-palestinienne de Washington - Occulter une asymétrie infinie
À travers les colons israéliens, le Hamas vise l'Autorité palestinienne
Les grands enjeux des négociations israélo-palestiniennes

Et en fait, y a-t-il encore moyen de tout simplement garder espoir ?...
L’héritage controversé d’Yitzhak Rabin

« Cette terre est assez grande pour tout le monde »
Margaret Atwood versus George Will on the Mideast
Le rêve ambitieux d'un Juif de Beyrouth

... ou l'impasse ne semble-t-elle pas toujours aussi totale ?...
Un processus qui n'en finit pas de commencer - Abbas et Nétanyahou se rencontrent de nouveau en Égypte
Heurts à Jérusalem: protestation palestinienne à l'Onu

Israël se trouverait-il donc à se carrément faire fi du droit international, et ce en toute impunité, de surcroît ?...
Tournée du héros de la rue arabe

... Ou se serait-il plutôt fait une spécialité de naviguer aux frontières de la légalité ?...
Raid israélien « excessif » , blocus naval légitime

Légal ou pas, le blocus israélien?
Israel’s naval blockade pitches and rolls with the Law of the Sea

En fait, Israël ne ferait-il que pousser toujours plus loin les limites de l'inacceptable ?... (Ou autrement dit : Israël serait-il passé maître dans l'art de "voir jusqu'ou il peut aller trop loin" ? Ou autrement dit, Israël se serait-il approprié ce qui fut jadis la spécialité d'un certain Hitler ?...)
Entrevue avec Avraham Burg, homme d'affaires et ex-politicien israélien
Conflit israélo-palestinien - La colonisation fait trébucher les pourparlers de paix
L'extrême-droite israélienne défile à Jérusalem-Est
Refus d’un gel
Israël menace le Hamas d'une opération punitive
Netanyahou rencontre Obama et hausse le ton sur Jérusalem
Israël rejette les appels au gel de la colonisation
Netanyahu shows little yearning for peace
Crise avec Washington: Israël contre-attaque
Netanyahu regrets diplomatic row with U.S., but won’t axe Israel’s
Les pourparlers compromis?
Israël poursuit la colonisation, Biden condamne

Israël ne pourrait-il donc comprendre d'autre langage que celui de la pression ?...

La fuite en avant
Peace talks in peril as Israeli settlement freeze expires
La pression augmente sur Israël
Des pressions insuffisantes

Et justement, pourra-t-on vraiment espérer quelque avancement que ce soit tant que les États-Unis s'entêtront à assurer un "soutien inflexible" à Israël quoi que celui-ci puisse faire, justement ?...

A seat at the table is too much to ask for Palestine?

Obama et Nétanyahou (bis)
Obama cède aux Israéliens
Un sceptique non confondu
Obama dément toute crise avec Israël
Agreeing to disagree: Why the U.S. snubbed Israel
Crise avec Washington: Israël contre-attaque
« Les États-Unis auraient pu faire plus »


Et par ailleurs, pourra-t-on vraiment espérer une éclaircie dans ce dossier tant que les États-Unis s'entêteront dans leur impérialisme grossier ?...
La police sur la corde raide en Palestine
La route versWashington passe par Jérusalem
Biden aims harsh words at Iran on visit to Israel

Comment les États-Unis peuvent-ils prétendre qu'il n'est pas en leur pouvoir de faire quoi que ce soit pour régler le conflit israélo-palestinien, alors même qu'ils s'obstinent à apposer leur véto à l'ONU sur toute résolution qui a le malheur de viser à contraindre Israël de respecter ne serait-ce que la moindre ses obligations internationales ?...
Colonisation juive - Le veto américain à l'ONU soulève la colère palestinienne

U.S. vetoes UN draft condemning Israeli settlements

Et si tout ne dépendait en fait que de l'électorat américain nord-américain et de ses divers caprices ?...

How the political shift among Jewish voters plays in Canada - Jeffrey Simpson

Obama, Israël et le vote juif

Combien de temps encore laisserons-nous Israël se moquer impunément du monde entier ?...
La colonisation continue malgré la réprobation internationale

Israël croirait-il que sa cause soit vraiment juste, pour se permettre ainsi de n'avoir d'autre idée que de gagner à n'importe quel prix, et par n'importe quel moyen ?...

La «légitime défense» d'Israël - Yves Boisvert

Les espions israéliens - Comédie d'erreurs
Israël sur la sellette

Israël croit-il pourtant qu'à force de traiter les Palestiniens comme des citoyens de seconde classe, pour le moins qu'on puisse dire, il ne se trouve en fait qu'à miner lui-même ce qui peut lui rester de crédibilité ?
New book on settlements charts the ‘unmaking of Israel’

Qu'est-ce qui fait donc qu'il semble si compliqué pour Israël de réaliser qu'à force de se faire des ennemis, on ne peut en fait que s'enfoncer soi-même dans son propre pétrin ?
With friends like this, Israel needs no enemies - gerald caplan

A Palestinian state is Israel’s best path to security

Car à force de faire fi de toute autre perspective que la sienne, Israël n'est-il pas en train de s'enfoncer lui-même dans son propre cul-de-sac ?...

Netanyahou isolé
Proche-Orient - Israël n'a plus que les États-Unis au monde
Proche-Orient - La Turquie et l'Égypte se distancient d'Israël
L’affrontement
Obama: Israël sera isolé si le processus de paix n'est pas crédible
Two states are better than one
La stratégie du boomerang
Israël rejette toute enquête internationale
Les organisateurs de la flottille entendent récidiver

Une alliance indestructible?
Who are the friends of Israel?
Pas question de mettre fin au blocus de Gaza - Israël, sous pression, expulse les militants propalestiniens
Disproportionate force feeds propaganda against Israel
Gaza: Israël maintiendra son blocus en dépit des pressions internationales
Comment perdre ses amis - André Pratte
Israël en eau trouble
Israël plongé dans une autre crise diplomatique
Checkmate at sea: Israel couldn't win

Militants contre l'embargo de Gaza
Le pacifiste armé

Nétanyahou défend l'assaut d'Israël

Ne pourrait-on pas commencer à parler d'une certaine unanimité internationale pour ce qui est de dénoncer les abus d'Israël envers le peuple palestinien ?...
Un projet de résolution sur les colonies juives remis à l'ONU
L’Amérique du Sud, un nouvel allié
Les Sages s'opposent à la démolition de maisons de Palestiniens
UN experts say Israeli forces broke law in flotilla raid
Gaza is like a prison camp: British PM
Boycottage artistique contre Israël
Paris propose que l'UE contrôle les navires à destination de Gaza
L'ONU prépare une commission d'enquête internationale sur le raid
Israël de plus en plus isolé
L'ONU réclame une enquête impartiale
Guerre de Gaza: Israël et le Hamas doivent «rendre des comptes»
Gaza: le blocus israélien est «inacceptable», selon Ban Ki-moon

Violente sortie du Premier ministre turc contre Israël
Londres rabroue Israël et expulse un diplomate
Le Quartette condamne la colonisation israélienne
Ottawa condamne la colonisation de Jérusalem-Est
Souriez, meurtriers, vous êtes filmés!
Des artistes dénoncent l'«apartheid israélien»
Meurtre à Dubaï: l'Australie convoque l'ambassadeur d'Israël
Meurtre à Dubaï: des pays européens haussent le ton
Nouvelles accusations de crimes de guerre contre Israël

Se pourrait-il qu'Israël soit maintenant seul à se penser pratiquement irréprochable dans ce dossier ?...

Marches internationales contre le blocus israélien de Gaza


Se pourrait-il donc qu'Israël ne puisse que se voir toujours plus isolé sur la scène internationale ?...

Et comment cela pourrait-il faire autrement que d'être empiré par un changement de régime en Égypte, comme ailleurs dans le monde arabe ?..
Proche-Orient - La Turquie et l'Égypte se distancient d'Israël
L’Égypte ouvrira sa frontière avec Gaza
The Arab Spring recasts the Israeli-Palestinian conflict
Israël entre deux feux
Israël s'alarme de l'instabilité chez ses voisins

En fait, se pourrait-il donc que les Juifs eux-mêmes s'avèrent de plus en plus nombreux à oser critiquer la position officielle d'Israël, notamment en ce qui peut concerner la Palestine ?...
« Un, deux, un, deux: deux capitales à Jérusalem »

Pro- israéliens, pro- paix et anti- Nétanyahou

Se pourrait-il qu'Israël soit en train de dériver dans le radicalisme, le militarisme le racisme, avec tout ce qu'un tel cocktail peut impliquer de plus inquiétant pour la suite des choses ?...


Ne serait-il pas temps pour Israël de commencer à se demander s'il n'y aurait pas quelque chose qui cloche avec son approche ?...
Nucléaire: Israël réclame des «sanctions paralysantes» contre Téhéran
Mandat d'arrêt contre Livni: Londres veut éviter d'autres cas

Israël ne saurait-il répondre aux critiques qu'en s'employant à les faire taire ?...
Noam Chomsky interdit d'accès en Israël

Israël n'a-t-il donc pour seule défense que de traiter d'antisémites tous ceux qui ont le malheur d'oser critiquer quoi que ce soit qu'il puisse faire ?...

Anti-Semitic to criticize Israeli construction in Jerusalem?
Nous ne sommes pas antisémites


Les Conservateurs pousseraient-ils leur effronterie jusqu'à afficher béatement un soutient inconditionnel et unilatéral envers Israël ?...
Quand le Proche-Orient crée une crise politique au Canada

Les libéraux accusent Harper de multiplier les nominations partisanes

Qu'est-ce qui prend donc aux Occidentaux, et surtout au Canada, de tant s'obstiner à soutenir Israël aussi unilatéralement ?...

Piètre performance
Le doyen du Parlement s'en va

Et si l'Occident commençait par assumer sa propre part de responsibilité, plutôt que de se berner à n'accuser les autres des problèmes qui pourtant n'auront jamais été causés par nul autre que lui-même ?...

The West needs to face its own intrigue and deceit

Avec Obama, la Maison Blanche se montrerait-elle enfin déterminée à ce qu'on puisse constater un certain avancement même dans le pire des dossiers, celui du conflit israélo-palestinien ?...
Obama: Israël sera isolé si le processus de paix n'est pas crédible
Obama trace les frontières d’un État palestinien
Paix au Proche-Orient - L'ambition d'Obama
1967: A critical year for Obama’s presidency

Barack Obama prône un État palestinien basé sur les frontières de 1967
Must balance Israeli security, Gaza needs: Obama
Transfert de missiles au Hezbollah: Washington convoque un diplomate syrien
Obama face à Israël - Richard Hétu
The latest U.S. Mideast position: lots of noise signifying nothing
Proche-Orient: George Mitchell poursuit sa navette entre Israéliens et Palestiniens
L'offre d'Israël sur les colonies «aide le processus de paix»
Les nouvelles colonies israéliennes dénoncées
La rencontre Netanyahu-Obama, «une base décisive»
Obama reçoit discrètement Netanyahu
Quand le Proche-Orient dit non à Obama - Richard Hétu

Mais n'est-il pas pourtant clair qu'elle pourrait en faire plus, sinon beaucoup plus ?...
Obama et Nétanyahou font la paix

Proche-Orient: Abbas estime qu'Obama «ne fait rien pour l'instant»
Abbas: pas de négociations sans un gel de la colonisation


Serions-nous donc en train d'assister à l'émergence d'un nouveau joueur majeur dans ce dossier, et ce pour le meilleur comme pour le pire ?...
Israël et la Turquie: à un cheveu du divorce
Gaza - Une crise qui appelle un nouveau leadership
La Palestine n'en a que pour la Turquie
Le jeu de la Turquie - Lysiane Gagnon

La Turquie maintient la pression sur Israël



Israël n'a-t-il rien de mieux à faire que de demander aux autres de réparer le mal qu'il a lui-même commis ?...
Israël propose un «plan Marshall» pour les territoires palestiniens

L'impasse ne pourra-t-elle donc se dénouer que si les Palestiniens réussissent à prendre eux-mêmes le dossier en main ?...
Après le Brésil - Au tour de l'Argentine de reconnaître la Palestine
État palestinien - Vers une déclaration unilatérale d'indépendance?
Salam Fayyad: un politicien en mission pour la Palestine
Preaching for a Palestinian state

Et autrement, l'impasse ne semble-t-elle pas toujours aussi totale ?...
Diplomatic end run on a very bumpy Mideast road - JEFFREY SIMPSON

Le blocus en trois questions   -  Katia Gagnon
Après trois jours de mission au Proche-Orient - Mitchell revient bredouille
Nouveau tir de roquette de Gaza vers Israël
Mahmoud Abbas accuse l'Iran d'empêcher une réconciliation Fatah-Hamas
La colonisation continue malgré la réprobation internationale
« Nous resterons ici »
Les Palestiniens exigent le gel des colonies pour négocier
Une survivante de la Shoah en grève de la faim pour Gaza
La colonisation continue malgré la réprobation internationale
Gaza: le blocus israélien interdit la reconstruction
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU de reconnaître leur État
La « Louise Arbour » du Pakistan  -  AGNÈS GRUDA
Il faut sauver le soldat Shalit
Le rapport Goldstone fait des vagues au Canada
La Chambre des représentants rejette le rapport sur Gaza
Ban appelle Israël à cesser ses «actes de provocation»
Israël accusé de priver les Palestiniens d’eau
ONU : Le rapport Goldstone approuvé
L’ONU réclame des enquêtes
Accusé, Israël tire sur le messager  -  Agnès Gruda
Mur de Cisjordanie : SÉCURITÉ OU POLITIQUE ?  -  AGNÈS GRUDA
CISJORDANIE— LE MUR SANS FRONTIÈRE  -  AGNÈS GRUDA
Voir aussi  Voir aussi Dossier MURS et UNE VILLE EMMURÉE
Offensive israélienne contre la bande de Gaza : Rapport accablant de l'ONU pour Israël
Ben Laden veut séduire les Occidentaux  -  Judith LaChapelle

Israël fait à sa tête

Cisjordanie : pas de gel des colonisations en vue
Gaza privée de pièces détachées pour ses égouts

Grosse crise diplomatique Suède-Israël  -  AGNÈS GRUDA

Colonies juives : NÉTANYAHOU MAINTIENT LE CAP 

Israël : Obama «irréaliste»

Israël se dit prêt à freiner la colonisation en Cisjordanie
ISRAËL Expulsions dénoncées

Deux familles palestiniennes expulsées

ISRAËL « Paix chaude »

ISRAËL Accord sur les colonies

Deux entreprises québécoises poursuivies pour crimes de guerre en Palestine

CONSTRUCTION D’IMMEUBLES EN CISJORDANIE Deux entreprises deMontréal accusées en Cour supérieure

Jimmy Carter dénonce le traitement infligé aux Palestiniens
Un bien maigre cochon  -  Agnès Gruda
Le « pas en avant » de Nétanyahou
Un lobby juif de gauche à Washington

Un prisonnier porteur de paix ?  -  Laura-Julie Perrault

Le Fatah « sorti des soins intensifs »
Le Fatah lave son linge sale en famille  -  Laura-Julie Perrault
Premier accord entre le Fatah et le Hamas

ISRAËL « Politique de paix »
Crispations entre Jérusalem et Washington
Nétanyahou juge non-négociable la poursuite de la colonisation

Le triple non d’Israël
Obama invite Arabes et Israéliens à Washington
Mahmoud Abbas en visite au Canada

Nétanyahou envisage une solution « à deux peuples », selon Barak

Voir aussi Peu d’espoir au Pakistan et auMoyen-Orient

Et si les Palestiniens avaient aussi leurs torts, après tout ?
The real obstacle to Palestinian statehood

Ce dossier ne pourra-t-il donc connaître d'avancement que du moment où les Palestiniens le prendront eux-mêmes en main ?...

Les Palestiniens suspendus au vote du Conseil de sécurité
ONU: la Palestine présente sa demande d'adhésion à un Conseil de sécurité divisé
En bref - ONU:division sur l'adhésion de la Palestine
La Palestine devient un membre à part entière de l’UNESCO
Conseil de sécurité - Un vote bientôt sur la Palestine ?
Demande historique des Palestiniens
« Le temps est venu »
Le moment de vérité

Ramallah en liesse

Dire oui à la Palestine
Un État palestinien - Une urgence pour... Israël
Abbas stakes Palestinian claim to state at UN
Mahmoud Abbas demande la reconnaissance d’un État palestinien à l’ONU
Palestine, l'entité qui dérange
Initiative palestinienne à l'ONU - Coup de poker ou acte de reddition?
Israël est dans tous ses états
Palestine’s state of mind
LE PARI PALESTINIEN
Proche-Orient - Washington cherche à éviter une crise à l'ONU
Reconnaissance d'un État palestinien - Abbas discute avec les États-Unis et l'UE avant d'aller à l'ONU
Salam Fayyad, le pragmatique
LE PARI DES PALESTINIENS
En bref - Abbas: la Palestine à l'ONU
Abbas est optimiste - L'État palestinien bientôt reconnu ?
Les Palestiniens enterrent les propositions de Clinton
Le mandat de Mahmoud Abbas est prolongé
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU de reconnaître leur État
Projet de déclaration unilatérale d'un État palestinien

Le microboom de Gaza
UN BOOM OU UN MIRAGE?

Et peut-on déceler un quelconque avancement du côté des Palestiniens ?...
Réconciliation palestinienne - Abbas et Mechaal s'entendent
La fracture de Gaza
À la croisée des chemins... encore une fois
Les Palestiniens célèbrent l’unité
La fin des dissensions palestiniennes ?
Accord surprise entre le Fatah et le Hamas
Fatah and Hamas agree to reconciliation deal
Abbas dit oui au Hamas - Le président palestinien est prêt à retarder le nouveau gouvernement
L'Autorité palestinienne songe à prolonger le mandat d'Abbas
Mahmoud Abbas: Partira? Partira pas?
Abbas: pas de négociations sans un gel de la colonisation
Israël: Peres appelle Abbas à rester au pouvoir
Abbas renonce à la présidence de l'Autorité palestinienne

Palestinian 'unity' breakthrough isn't the real deal


Comment Israël peut-il s'indigner d'un rapprochement entre le Hamas et le Fatah quand il a lui-même démontré qu'il ne sert à rien d'espérer arriver à quoi que ce soit en tentant de s'engager avec lui dans un processus de négociation devant supposément mener à la paix ?...
La réconciliation est- elle bonne pour la paix?

Et qu'en est-il du Hamas lui-même ?...
« Le deuxième siège » de Gaza


D'autres idées à ajouter ?...
Needed: revolutionary diplomacy to move the geopolitical yardsticks

Failed Oslo Accord bears generation of hardened youth
Oslo Accords
Israeli–Palestinian conflict


LIBAN : SCRUTIN SOUS TENSION -  Agnès Gruda
Le Hezbollah en position de force

Le CRTC donne le feu vert à Al-Jazira

La grippe qatariote: Al-Jazira
Al-Jazira refait une demande au CRTC

NOUVEAUX HEURTS ENTRE FATAH ETHAMAS
 

Ahmadinejad au coeur d’une tempête diplomatique
La conférence internationale sur le racisme vouée à l’échec?

Conflit de Gaza: Israël responsable de six incidents graves
Le parapluie perdu  -  PATRICK LAGACÉ
Entre peste et choléra  PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE

Les Haredim vont-ils changer le visage d'Israël?


Et en attendant une solution pacifique à ce conflit, sa militarisation croissante peut-elle vraiment être vue autrement que comme s'avérant des moins rassurants ?...
Conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire - Les signataires du TNP veulent faire du Proche-Orient une «zone dénucléarisée»
Why Israel won’t let its locks be shorn



LE DEVOIR

THE GAZETTE

GLOBE AND MAIL


***

L'ACTUALITÉ

TIME MAGAZINE
Peacemaking in the Mideast: Obama's Year of Missteps

ARTICLES SUR LE WEB


Isaël et ses petites tendances génocidaires
Nazi Israel...indeed !...
Israel behaves like Nazis...
UK Jewish lawmaker: Israeli forces acting like Nazis

Obama et le lobby juif
Obama's Irsael shuffle


Oslo Accords
Israeli–Palestinian conflict






Deux voix controversées pour la paix
Israël
au concours Eurovision
Le jour où elle a appris que le duo qu’elle forme avec la chanteuse juive Noa allait représenter Israël au concours Eurovision 2009, Mira Awad était rivée à son écran de télévision, en train de suivre l’offensive israélienne dans la bande de Gaza.


Noa a la peau et les yeux sombres et est juive. Mira Awad a la peau claire et les yeux verts et elle est arabe. Mais les deux Israéliennes chantent pour la même cause.

Cette Arabe israélienne était atterrée en voyant les bombes tomber sur Gaza. Mais cela ne l’a pas empêchée de joindre sa voix à celle de Noa pour chanter There Must Be Another Way, la chanson pacifiste qu’elles présentent à la finale du concours de chanson européenne qui se tient aujourd’hui à Moscou.
« La peine n’a pas une seule adresse, je pleure pour nous deux », chanteront les deux artistes sur l’estrade moscovite où elles portent les couleurs de l’État hébreu.
Noa s ’ appel l e en vér i t é Achinoam Nini. C’est une Juive israélienne originaire du Yémen. Mira Awad est une Arabe israélienne chrétienne, originaire de Galilée.
Dénoncer un conflit
Les deux femmes ont uni leurs voix pour dénoncer un conflit en apparence de plus en plus insoluble, entre deux peuples qui, pourtant, se ressemblent.
« Mira a la peau claire et les yeux verts et elle est Arabe, moi, j’ai la peau et les yeux sombres et je suis une Juive israélienne, même notre apparence prête à confusion », dit Noa dans une entrevue diffusée sur YouTube. « Tout est comme ça, ajoutet-elle en montrant ses doigts entremêlés. Mira et moi, nous sommes pareilles. »
Mais pareilles ou pas, les deux femmes ont suscité des réactions, de part et d’autre de la ligne ethnique qui les sépare.
Pour les Palestiniens, le duo qui représente Israël aujourd’hui à Moscou n’est qu’un paravent servant à donner une meilleure image d’Israël.
« Chaque brique dans le mur de cette image truquée permet à l’armée israélienne de lancer 10 nouvelles tonnes d’explosifs et de bombes au phosphore », dénoncent l es s i gna t a i r e s d’une pétition qui demandent à Mira Awad de se retirer du concours.
Noa se trouve aussi entre deux feux. Ses prestations à l’étranger attirent dorénavant des manifestants anti-israéliens. Mais cela ne la rend pas plus présentable auprès de la droite israélienne, qui la qualifie de « cinquième colonne au sein de l’État ».
La minorité a rabe représente 20% de la population israélienne. Pourtant , Israël n’avait encore jamais envoyé de chanteur arabe au concours Eurovision, où il a déjà été représenté par un transsexuel, et par un Juif noir.
Les deux chanteuses ne se font pas d’illusions : « Nous savons que notre duo n’apportera pas la paix » , disent-elles. Mais elles espèrent que leurs chansons contribueront à encourager ceux qui croient que la paix est possible.




Relancer les négociations
Le premier ministre israélien est attendu aujourd’hui au Caire pour discuter du processus de paix, au moment où Washington tente de ramener Israël et les Palestiniens à la table des négociations, suspendues depuis un an. Benyamin Nétanyahou aura des entretiens avec le président Hosni Moubarak et d’autres responsables égyptiens, selon des sources égyptiennes. Ce déplacement intervient alors que l’administration américaine de Barack Obama prépare, selon des diplomates arabes et occidentaux au Caire, deux lettres de garanties destinées aux Palestiniens et à Israël qui devraient servir de base à une relance des négociations suspendues depuis l’offensive de l’armée israélienne contre la bande de Gaza à la fin de 2008. Par ailleurs, réagissant à des appels d’offres lancés hier par le ministère israélien de l’Habitat à Jérusalem-Est, la Maison-Blanche a indiqué que les États-Unis «s’opposent à de nouvelles constructions israéliennes» dans la partie orientale de Jérusalem et rappelé que le statut permanent de la ville devait être négocié avec les Palestiniens.



Le négociateur palestinien s’insurge contre le « système d’apartheid »
RAMALLAH — Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, accuse Israël de « saboter » la reprise des pourparlers de paix, bloqués depuis des mois, en érigeant un « système d’apartheid » dans les territoires occupés, dans une interview à l’AFP.
PHOTO MOHAMAD TOROKMAN, ARCHIVES REUTERS Cette Palestinienne s’est disputée le mois dernier avec des soldats israéliens tandis qu’éclataient des affrontements au poste de contrôle de Qalandia, près de Ramallah, en Cisjordanie.
« Quarante-trois ans après avoir commencé, l’occupation israélienne est devenue un régime d’apartheid pire que celui de l’Afrique du Sud parce que jamais, même à ses heures les plus sombres, les Noirs n’ont été empêchés de prendre des routes que les Blancs empruntaient », martèle M. Erakat, en faisant allusion à certaines voies de circulation réservées aux colons juifs en Cisjordanie occupée.
Lors d’un ent ret ien à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, M. Erakat a fulminé contre deux nouveaux ordres de l’armée israélienne, de plus en plus controversés, qui, selon lui, vont « transformer les Palestiniens en criminels dans leurs propres foyers ».
Selon l’Autorité palestinienne et les associations de défense des droits de l’homme, ces décrets, qui visent à empêcher des « infiltrations » en Israël, pourraient « vider » la Cisjordanie de ses habitants en autorisant l’expulsion de ceux qui n’ont pas de « permis ».
Ce que dément le gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou.
Mais celui qui est chargé des négociations avec Israël depuis plus de 15 ans ne décolère pas: avec de telles décisions, explique M. Erakat, M. Nétanyahou est « en train de détruire la solution de deux États pour deux peuples », palestinien et israélien, vivant côte à côte.
« La corruption de l’occupation conduit à l’aveuglement politique, philosophe-t-il, nous sommes témoins de l’aveuglement pol it ique de M. Nétanyahou.»
« Les colonies ou la paix »
Le premier ministre israélien et sa coalition de droite avaient le choix: « Les colonies ou la paix. Ils ont choisi les colonies et les colons », déplore le docteur Erakat, universitaire de formation.
Le contentieux de la colonisation, en particulier à Jérusalem-Est annexée depuis 1967, est le principal obstacle à la relance des pourparlers israélo-palestiniens, suspendus depuis la dernière guerre de Gaza (décembre 2008-janvier 2009).
Les États-Unis s’efforcent depuis des mois de remettre le processus de paix sur les rails – d’abord sous la forme de discussions indirectes, dites de « proximité », jusqu’à présent en vain, sur fond de profonde crise diplomatique entre l’administration Obama et le gouvernement Nétanyahou.



Une survivante de la Shoah en grève de la faim pour Gaza
Leur but était de marquer le premier anniversaire de l’offensive israélienne « Plomb durci » contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza.
— Une survivante de la Shoah âgée de 85 ans a entamé hier une grève de la faim au Caire pour protester contre l’interdiction par les autorités égyptiennes d’une marche vers Gaza organisée par des ONG internationales.
Hedy Epstein, âgée de 85 ans, a cessé de s’alimenter pour protester contre l’interdiction, par les autorités égyptiennes, de tenir une marche vers Gaza.
Hedy Epstein, une militante juive américaine, a cessé de s’alimenter comme d’autres personnes âgées d’un groupe participant à cette marche et se fa isant appeler les « grands-mères ».
« Je ne l’ai jamais fait auparavant, je ne sais pas comment mon corps va réagir », a déclaré Mme Epstein, installée sur une chaise devant les bureaux des Nations unies au Caire, au milieu de plusieurs centaines de militants.
Mme Epstein, née en 1924 dans une famille juive de Fribourg, dans le sud de l’Allemagne, a perdu toute sa famille dans les camps de la mort alors qu’elle avait pu être évacuée en Angleterre en mai 1939. Depuis 1970, elle parcourt le monde pour raconter son expérience de la guerre.
Au total, 1400 militants de 43 pays avaient annoncé la semaine dernière leur intention d’organiser cette marche à partir de Rafah, ville à cheval sur l’Égypte et la bande de Gaza. Leur but était de marquer le premier anniversaire de l’offensive israélienne «Plomb durci» contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza.
Mais les autorités égyptiennes leur ont opposé une fin de non-recevoir, en mettant en avant «la situation sensible dans ce territoire », prévenant en outre que «toute tentative de violation de la loi et de l’ordre public » serait « sanctionnée conformément à la loi».
La police antiémeute a été déployée hier aux abords du bâtiment de l’ONU, à qui les organisateurs de cette marche ont demandé de jouer le rôle de médiateur.
Les participants à ce rassemblement ont déployé un grand drapeau palestinien alors que d’autres criaient «Liberté pour Gaza» dans plusieurs langues.
Dimanche, 300 Français participant à cette manifestation s’étaient rassemblés devant l’ambassade de France au Caire pour protester contre cette interdiction des autorités égyptiennes.
« Ils affirmaient qu’ils transportaient de l’aide pour les Palestiniens de la bande de Gaza, ce qui est un mensonge », a déclaré le porte-parole de la diplomatie égyptienne, Hossam Zaki, pour justifier la décision des autorités.
« Ils veulent une publicité médiatique pour faire pression et embarrasser l’Égypte », a-t-il ajouté, cité par l’agence égyptienne Mena.
La police égyptienne a également arrêté dimanche 38 militants internationaux à Al-Arish, près de Rafah, qui s’apprêtaient à rejoindre le point de passage, selon les organisateurs.
Le nombre de barrages a par ailleurs été augmenté dans le Sinaï, sur la route menant à Rafah, pour bloquer les participants à cette marche, a indiqué un responsable des services de sécurité.


Israël veut employer les grands moyens
Des responsables des colons furieux ont promis de continuer à résister à ce moratoire.
JÉRUSALEM— Le gouvernement israélien envisage d’employer les grands moyens pour faire respecter le gel des nouvelles constructions dans les implantations juives de Cisjordanie. L’armée pourrait ainsi avoir recours aux forces spéciales, à des drones et aux équipements de brouillage des télécommunications, d’après des responsables militaires israéliens.
Des responsables des colons furieux ont promis de continuer à résister à ce moratoire annoncé le mois dernier par le premier ministre Benyamin Nétanyahou, ce qui leur a valu une mise en garde du ministre de la Défense Ehoud Barak.
D’après une note de l’armée transmise aux médias israéliens et dont le contenu a été confirmé hier à l’Associated Press, le plan prévoit le déploiement de drones pour photographier les constructions illégales. Des périmètres de protection militaire seraient créés pour tenir à l’écart les manifestants et les journalistes pendant la démolition de bâtiments illégaux. Le document précise aussi que diverses unités de l’armée pourraient être mises à contribution, dont les forces spéciales, la police militaire et même les spécialistes des télécommunications pour brouiller les ondes des portables des colons.
« Tous ce qui est demandé aux colons et leurs chefs, c’est d’appliquer la décision du gouvernement sur le gel des nouvelles constructions en Cisjordanie pour cette période définie et cela empêchera l’usage de la force et les frictions avec les forces armées », a expliqué Ehoud Barak lors d’une réunion politique.
Mais les responsables des colons disaient se sentir trahis par Benyamin Nétanyahou, jusqu’ici leur vieil allié. « Nous protégerons les maisons avec nos corps s’ils viennent les détruire », a averti Arieh Eldad, un député de l’Union nationale, parti ultra-nationaliste, sur la radio israélienne.




Les Palestiniens demanderaient à l’ONU de reconnaître leur État
JÉRUSALEM— Échaudée par des années de négociations infructueuses, l’Autorité palestinienne envisage maintenant de se tourner vers l’ONU pour qu’elle reconnaisse unÉtat indépendant qui serait proclamé unilatéralement par les Palestiniens.
Un petit Palestinien a célébré « l’indépendance » de son pays, hier, à Naplouse en Cisjordanie, entre des affiches du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Celui-ci pourrait s’adresser bientôt à l’ONU, afin qu’elle reconnaisse un État indépendant palestinien.
« C’est un moment décisif pour nous», a déclaré hier Saeb Erekat, négociateur en chef de l’Autorité palestinienne. «Nous avons pris part à ce processus de paix afin de parvenir à une solution à deux États, a-t-il rappelé. Le but est de dire aux Israéliens que désormais la communauté internationale reconnaît une solution à deux États sur les frontières de 1967.»
Après 18 ans de pourparlers en pointillés avec l’État hébreu, l’Autorité palestinienne a donc décidé de se tourner vers le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle souhaite établir un État indépendant qui recouvre la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967.
Les efforts pour relancer le processus de paix sont actuellement dans l’impasse. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou exhorte les Palestiniens à revenir à la table des négociations. Mais le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas refuse tant que se poursuivent les constructions dans les colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est (Israël s’est unilatéralement retiré de la bande de Gaza en 2005). Les Palestiniens exigent un gel de la colonisation pour reprendre les pourparlers. Benyamin Nétanyahou refuse de son côté d’utiliser les frontières d’avant 1967 comme base d’un accord de paix.
Même si le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait une résolution reconnaissant un État palestinien, cette indépendance serait impossible à traduire sur le terrain. Près de 500 000 colons juifs habitent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, où sont stationnés des milliers de militaires israéliens. Et même s’il s’est retiré de la bande de Gaza, où le Hamas s’est emparé du pouvoir en juin 2007, l’État hébreu en contrôle toujours les frontières terrestres et maritimes.
Les Palestiniens ont déjà proclamé leur indépendance unilatéralement. Il s’agissait d’une déclaration purement symbolique, faite le 15 novembre 1988 par Yasser Arafat à Alger. Des dizaines de pays avaient alors reconnu la Palestine, ce qui ne s’était pas du tout traduit concrètement sur le terrain.
Saeb Erekat n’a pas précisé quand les Palestiniens comptaient en appeler au Conseil de sécurité de l’ONU. Ses propos ne sont peut-être donc destinés qu’à faire pression sur l’État hébreu.
Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak pense que si les pourparlers ne reprennent pas rapidement, la communauté internationale risque de se ranger derrière les Palestiniens. « Sans un accord, il est possible qu’augmente le soutien à une déclaration unilatérale d’indépendance palestinienne », s’est-il inquiété hier devant le cabinet israélien.
Nimr Hamad, un conseiller de Mahmoud Abbas, a affirmé de son côté que les Palestiniens n’avaient «pas l’intention de se précipiter» devant le Conseil de sécurité de l’ONU. «Nous allons bien préparer cela, en ayant des discussions politiques et diplomatiques. Nous voulons que le Conseil de sécurité n’en débatte qu’une fois que nous aurons reçu des garanties », a confié Nimr Hamad au quotidien israélien Maariv. «Ce n’est pas la peine de se précipiter pour se heurter à un veto américain.»


« Les États-Unis auraient pu faire plus »
En novembre dernier, Israël avait annoncé le gel de la colonisation en Cisjordanie. Pourtant, depuis cette décision, la construction de centaines de logements bat son plein dans les colonies israéliennes. Dernière annonce en date: celle de 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est. Ce qui n’a pas manqué de jeter un froid à l’occasion de la visite du vice-président américain Joe Biden, cette semaine, en Israël. Le point sur la question.
PHOTO BERNAT ARMANGUE, ASSOCIATED PRESS Des manifestants de gauche ont protesté, hier, dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, en soutien aux familles palestiniennes évincées de leurs maisons par le gouvernement israélien.
QMardi, l’État hébreu a permis la construction de 1600 nouveaux logements à JérusalemEst. Jeudi, le quotidien Haaretz a révélé que jusqu’à 50 000 logements pourraient y être construits dans les prochaines années pour des colons juifs. Pourquoi ces logements ne sont-ils pas visés par le gel annoncé en novembre? R Le 26 novembre 2009, le gouvernement israélien a interdit pour une période de 10 mois les nouvel les constructions dans les colonies juives en Cisjordanie. Ce gel est toutefois assorti d’une panoplie d’exceptions, dont le territoire de Jérusalem-Est, considéré comme la capitale d’un futur État palestinien et dont l’annexion à Israël n’est pas reconnue par la communauté internationale. «Mais la plupart des membres du gouvernement, à l’exception des travaillistes, croient qu’ils doivent garder plein contrôle sur Jérusalem-Est. La position du gouvernement est qu’il ne redonnera pas Jérusalem-Est aux Palestiniens», dit le professeur Rex Brynen, du département de sciences politiques de l’Université McGill.
Q Pou rquoi annoncer la construction de ces logements, en sachant que les ÉtatsUnis la désapprouveront, juste au moment de la visite du vice-président Joe Biden?
R Il y a deux ou trois hypothèses pour l’expliquer, croit Rex Brynen. « Le gel de la construction dans les colonies n’est pas terriblement populaire dans le cabinet israélien », note-t-il. D’autre part, selon M. Brynen, la faute revient peut-être tout simplement au processus bureaucratique d’autorisation qui a abouti cette semaine pour ce projet. Jeudi, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a exprimé « ses regrets pour le moment malheureux » de l’annonce israélienne, invoquant une erreur de calendrier. Q Qu’en est-il de la crédibilité des États-Unis pour encourager le processus de paix?
R «D’abord, les Américains ont dit qu’ils s’opposaient à toutes les colonies dans les Territoires occupés, rappelle M. Brynen. Ensuite, ils ont accepté un compromis où Israël allait arrêter, d’une certaine façon, la colonisation en Cisjordanie, mais pas à Jérusalem-Est, où c’est le plus important. Puis, Joe Biden a été personnellement humilié par cette annonce de colonisation à Jérusalem-Est alors qu’il y était présent.» La crédibilité de l’administration Obama aux yeux des Palestiniens et du monde arabe en souffrira, croit M. Brynen. «Si la superpuissance américaine n’arrive même pas à arrêter les Israéliens dans leur colonisation illégale, quelle sorte de superpuissance est-ce? C’est ce qu’on peut s’attendre à entendre du côté palestinien.»
Q En réaction à l’annonce de la construction, Joe Biden a manifesté son mécontentement, notamment en se présentant 1h30 en retard au dîner d’État convoqué en son honneur. Les États-Unis ont-ils été assez fermes?
R « Non. Les États-Unis auraient pu faire tellement plus, comme de qualifier ces colonies "d’illégales" au lieu de simplement parler d’un "problème" ou d’un "obstacle", dit Rex Brynen. J’ai remarqué que dans la déclaration canadienne, le ministre Lawrence Cannon critique la décision israélienne, en utilisant le mot "obstacle" plutôt que de parler de colonies "illégales". C’est une formulation très adoucie, comparativement aux positions prises dans le passé qui les ont qualifiées "d’illégales". »
Q Comment ont réagi les Palestiniens ? R Jeudi, le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé ne pas vouloir renouer le dialogue avec Israël sans un gel complet de la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée. La Ligue arabe a ajouté que sa « position est claire: il ne peut pas y avoir des négociations directes ou indirectes si les récentes décisions israéliennes (concernant la colonisation) ne sont pas annulées ».


La « Louise Arbour » du Pakistan  -  AGNÈS GRUDA

La juriste pakistanaise Hina Jilani défend le rapport sur la guerre de Gaza
Elle est toute petite, sourit peu, parle vite, souvent sans attendre que vous ayez fini de lui poser votre question. Et elle ne s’empêtre pas dans des fioritures. Ses constats sont clairs et tranchants.
L’avocate Hina Jilani est l’une des quatre membres de la commission d’enquête sur la guerre de Gaza dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone. La juriste de 56 ans était de passage à Montréal cette semaine.
Hina Jilani, c’est un peu la Louise Arbour du Pakistan. Avocate, elle a fondé le premier cabinet juridique féminin de son pays. Parallèlement à son engagement pour les droits des Pakistanaises, elle a travaillé dans des instances internationales spécialisées dans la défense des droits et a occupé des postes importants à l’ONU.
Mais c’est sa toute dernière mission internationale qui a amené Hina Jilani à Montréal, cette semaine. La juriste de 56 ans est l’un des quatre membres de la commission d’enquête sur la guerre de Gaza. Dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, la commission a publié en septembre un rapport qui blâme Israël et le Hamas pour les crimes de guerre qu’ils auraient commis au cours de ce conflit. Et leur demande de tenir des enquêtes indépendantes sur leur conduite de la guerre, à défaut de quoi ils pourraient être traduits devant la justice internationale.
Mal reçu par le Hamas, le rapport a soulevé la fureur d’ Israël. Le gouvernement américain l’a rejeté, et a poussé le leader palestinien Mahmoud Abbas à faire pareil. Celui-ci a cédé sous la pression, avant de revenir sur sa décision, sans quoi il aurait défoncé des plafonds d’impopularité dans les territoires palestiniens.
Réaction « hystérique »
Début novembre, l’Assemblée générale de l’ONU a accepté le rapport Goldstone par un vote de 114 contre 18. Dans le camp du « non » : les États-Unis, Israël, mais aussi l’Allemagne, l’Italie et le Canada.
Le rapport Goldstone continue donc à faire des vagues. Et Hina Jilani est venue le défendre cette semaine à l’université McGill. « Nous nous attendions à un certain niveau de critique, mais la réaction d’Israël a été carrément hystérique », a-t-elle dit lors de notre rencontre, mercredi.
Ce qui l’agace surtout, c’est qu’une partie importante des critiques découle, selon elle, de l’attitude même de l’État hébreu. Non seulement celuici avait refusé de collaborer avec le juge Goldstone, mais en plus, il a interdit aux enquêteurs d’entrer sur le territoire israélien.
Pour entendre des Israéliens raconter leur vie sous la menace des roquettes palestiniennes, la Commission Goldstone a dû les faire venir à Genève. « J’aurais aimé visiter les sites dans le sud d’Israël, voir l’étendue des dommages et mesurer l’impact psychologique du conflit », affirme Hina Jilani. «Nous ne voulions pas laisser les victimes israéliennes sans voix », assure l’avocate, selon qui cette politique de la porte fermée explique l’apparent déséquilibre du rapport de 574 pages, dont seule une portion congrue décrit les exactions du Hamas.
Que fera l’ONU?
Mais ce n’est pas la seule raison de cet apparent déséquilibre,



Le blocus en trois questions   -  Katia Gagnon
Q Pourquoi Israël impose-t-il un blocus à Gaza?
R Israël impose un blocus au 1,5 million d’habitants de la bande de Gaza depuis juin 2007, moment où le Hamas a pris le contrôle politique du territoire palestinien. L’État israélien, qui considère le Hamas comme un groupe terroriste, affirme que le blocus vise à affaiblir ce mouvement et à faire cesser les attaques à la roquette sur son territoire ainsi que la contrebande d’armes. L’ONU, quant à elle, a qualifié le blocus de Gaza de « punition collective » et de « siège médiéval ». Q Comment se traduit concrètement ce blocus?
R Les habitants de Gaza reçoivent environ le quart des importations qu’ils recevaient avant l’établissement du blocus. Seuls certains produits alimentaires sont autorisés. Israël achemine 100 camions par jour de matériel humanitaire, soit 15 000 tonnes par semaine. Mais c’est loin d’être suffisant : selon les chiffres de l’ONU, les deux tiers des Gazaouis vivent dans l’insécurité alimentaire. L’agence de l’ONU qui s’occupe des territoires palestiniens distribue de la nourriture à la moitié de la population. L’approvisionnement en eau est également affecté par le blocus, à cause de manque de pièces de rechange pour les pompes et les tuyaux, ainsi que du courant intermittent. Les Gazaouis obtiennent seulement la moitié de l’eau dont ils ont besoin annuellement et 80% de cette eau ne satisfait pas aux critères de salubrité de l’Organisation mondiale de la santé. Q Quel est l’impact concret du blocus ?
R Les écoles manquent cruellement de matériel scolaire de base, et les hôpitaux, de médicaments. Plus de 10 000 patients ont dû être évacués pour être soignés en Israël, mais les autorités israéliennes ont refusé l’entrée à 20% d’entre eux. Comme la plupart desmatériaux de construction et l’essence sont interdits d’entrée, la reconstruction des édifices de Gaza, lourdement endommagés lors de l’opération Plomb durci de 2008, est virtuellement impossible. Les deux tiers des industries de la bande de Gaza ont fermé leurs portes. Le taux de chômage oscille entre 30 et 40%. Les trois quarts des habitants de Gaza vivent avec moins d’un dollar par jour. Un système de tunnels a été mis au point entre la bande de Gaza et l’Égypte, qui favorise la contrebande de biens de consommation courants. L’ONU estime que 80% des importations de Gaza arrivent par ces tunnels.


Israël accusé de priver les Palestiniens d’eau
JÉRUSALEM — Amnistie internationale a accusé, hier, Israël de priver les Palestiniens d’eau tout en la issa nt les colons israéliens de Cisjordanie profiter de quantités « presque illimitées ».
L’approvisionnement en eau potable est une source de tracas pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.
I sraël l i mite sévèrement l’accès à l’eau dans les terr i t oi r e s pa l e s t i n i e ns « e n maintenant un contrôle total sur des ressources communes et en poursuivant des politiques discriminatoires », déplore l ’o r ga nisation de défense des droits humains dans un rapport.
« Israël ne laisse les Palestiniens accéder qu’à une fraction des ressources communes en eau, qui se situent surtout en Cisjordanie occupée, alors que les colonies israéliennes illégales reçoivent des quantités pratiquement illimitées », écrit Amnistie.
Les Israéliens consomment quatre fois plus d’eau que les Palestiniens, selon le rapport. Cette « inégalité » est encore plus criante dans certaines régions de Cisjordanie, où des colonies utilisent 20 fois plus d’eau par tête d’habitant que les Palestiniens des localités voisines qui survivent avec 20 litres par jour.
« Piscines, pelouses bien arrosées et vastes exploitations agricoles irriguées dans les colonies contrastent avec les villages palestiniens voisins dont les habitants doivent se battre quotidiennement pour assurer leurs besoins en eau », poursuit le rapport.
Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, Israël partage équitablement les ressources en eau avec les Palestiniens, qui ont droit à 23,6 millions de m3 par an, selon un accord bilatéral, et qui « dans les faits bénéficient de deux fois plus ».
« Israël a rempli toutes ses obligations », a réagi le ministère dans un communiqué. En revanche, les Palestiniens « ont franchement violé leurs engagements » en c reusant plus de 250 puits sans autorisation et en ne construisant pas d’usines de traitement des eaux usées.
Selon Amnistie, en revanche, les Palestiniens ne sont pas autorisés à creuser de nouveaux puits ou à restaurer les anciens sans permis des autorités israéliennes. En outre, de nombreuses routes sont fermées à la circulation, ce qui contraint les camions-citernes à faire des détours pour ravitailler les villages qui ne sont pas reliés au réseau de distribution d’eau.
Amnistie internationale évalue à quelque 180 000 à 200 000 le nombre des Palestiniens qui n’ont pas accès à l’eau courante en Cisjordanie.
Dans la bande de Gaza, l’offensive israélienne de l’hiver dernier a endommagé les réservoirs d’eau, les puits, les égouts et les stations de pompage, des dégâts qui s’ajoutent à l’impact du blocus israélien et égyptien du territoire.

ONU
: Le rapport Goldstone approuvé
GENÈVE — Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté hier une résolution lancée par les Palestiniens qui approuve le rapport Goldstone dénonça nt des c r i mes de guerre lors du conflit à Gaza l ’ hiver dernier, et renvoie de facto le dossier au Conseil de sécurité à New York.
L’adoption, votée à une faible majorité des 47 membres du Conseil des droits de l’homme, a provoqué un tollé du côté d’Israël, tandis que l’Autorité palestinienne et le Hamas n’ont pas caché leur satisfaction.
Cette résolution « entrave les efforts pour promouvoir la paix au Proche-Orient », a averti le ministère israélien des Affaires étrangères, dénonçant « un encouragement pour les organisations terroristes dans le monde entier ».
De son côté, l’Autorité palestinienne à l’origine du texte s’est félicitée du vote obtenu grâce au soutien du groupe arabe, de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), des non-alignés et des pays africains, majoritaires au Conseil des droits de l’homme.
Q u a n t a u mouve me n t i sla miste Hamas, r iva l de l’Autorité palestinienne et qui contrôle la bande de Gaza, il a espéré « que ce vote conduira à un procès des chefs de l’occupation (israélienne) ».
À l ’ i ssue de deux j ours mouvementés, la résolution palestinienne a été adoptée hier par 25 voix contre 6 votes négatifs (dont les États-Unis) et 11 abstentions. Cinq États, dont la France et le RoyaumeUni, ont refusé de participer.

L’ONU réclame des enquêtes
NEW YORK — Israël et le s Pa lestiniens ont été pressés de toutes parts, hier à l’ON U, d’enquêter su r les graves allégations de crimes durant le conflit de l’hiver dernier à Gaza, suivant la recommandation d’un rapp o r t c o n t r ove r s é s u r c e s affrontements.
Lors d’un débat mensuel au Conseil de sécurité sur le Proche-Orient, qui a été utilisé par les pays arabes pour braquer le projec teu r su r l’affaire de Gaza, l’ON U et les représentants des principaux États membres, y compris les États-Unis, ont tous appuyé cette demande.
Le chef de l’ONU, Ban Kimoon, a appelé « toutes les parties à mener à l’interne, sans tarder, des enquêtes crédibles sur la manière dont le conflit a été conduit ». Position soutenue par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne.
L’ambassadeur américain adjoint, Alejandro Wolff, a réitéré les « sérieuses réserves » de Washington concernant le rapport, notamment « son accent exagérément mis sur Israël ». Mais il a a f f i r mé q ue Wa sh i n g to n « prenait au sérieux les allégations contenues da ns le rapport ».
L’o u ve r t u r e d e telles enquêtes est une des recommandations du rapport de la commission d’enquête dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone.
L e rappor t acc use l ’a r - mée israélienne, ainsi que les milita nts pa lestiniens, d’avoir commis « des crimes de guerre » et « de possibles crimes contre l’humanité » du ra nt l ’o f f e n s i ve israélienne à Gaza.
La commission Goldstone avait été chargée d’enquêter su r la guerre de Ga za par le Conseil des droits de l’homme de l’ON U, organe jugé suspect pa r I sraël et Washington pou r sa tendance à consacrer plus de temps à Israël qu’à d’autres pays.
Jugea nt le ma ndat de la com mission « biaisé » à son encontre, l’État hébreu n’avait pas coopéré à l’enquête, pas plus que le mouvement palestinien Hamas, qui contrôle Gaza.

Accusé, Israël tire sur le messager  -  Agnès Gruda
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU étudie depuis hier le rapport Goldstone sur l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza. La brique de 575 pages recommande de traduire en justice les responsables des crimes de guerre commis à cette oc
«Len plus des trois semaines d’affrontement. Résultat : les « péchés » d’Israël y occupent une place prépondérante et donnent l’impression que les quelques pages consacrées aux roquettes palestiniennes ne sont là que pour faire bonne figure.
Des civils et des ambulanciers palestiniens courent se mettre à l’abri pendant un bombardement israélien, lors de l’offensive dans la bande de Gaza, en janvier dernier.
Le rapport occulte aussi le Certains des incidents cités rôle des dirigeants du Hamas par le rapport Goldstone sont Le Hamas a rejeté ce rapdans les tirs contre Israël, d’autant plus crédibles qu’ils port. Furieux lui aussi, Israël attribués aux seuls « groupes sont conformes à la politique a lancé une offensive diploarmés » palestiniens, comme d’Israël à l’égard du Hamas matique pour discréditer les si ces groupes n’entretenaient depuis sa victoire aux législaconclusions du juge Goldstone, aucun lien avec les patrons de tives de 2006. qu’il accuse d’avoir produit un Gaza. Cette politique peut se résudocument déséquilibré en Mais ce n’est pas une raison mer ainsi: plus on étrangle faveur des Palestiniens. pour rejeter la conclusion de Gaza sur le plan économique,
Ces derniers jours, Human fond du rapport, qui docuplus ses habitants voudront se Rights Watch et Amnistie mente plusieurs cas où l’armée débarrasser du Hamas, qu’ils a culture de l’iminternationale ont appelé israélienne a délibérément tiendront pour responsable de punité » a trop duré la communauté internatiodétruit l’infrastructure éconoleurs souffrances. au Proche-Orient, a nale à approuver les conclumique de Gaza, en bombarEn réalité, cette politique dénoncé hier le juge Richard sions du rapport. Mais hier, dant un poulailler, un moulin renforce l’emprise du Hamas Goldstone en présentant son le représentant américain à farine ou des installations sur cette population privée de rapport sur latout.guerre de Gaza Michael Posner l’a plutôt jugé d’égout. Et qui détaille pludevant le Conseil des droits « disproportionné ». sieurs attaques démesurées Sur le plan militaire, cela de l’homme de l’ONU. Ce document prête effeccontre des zones civiles où conduit à une stratégie qui
Ce rapport conclut que l’artivement flanc à la critique. l’argument de tirs défensifs ne a été énoncée peu de temps mée israélienne a commis des Mais pas assez pour rejeter tient pas la route. avant l’offensive contre Gaza crimes de guerre, et vraisemson principal constat: dans ce Et à supposer même que ces par le commandant israélien blablement des crimes contre conflit, les deux parties ont attaques aient pu être justifiées Gadi Eisenkot. l’humanité, lors de son offendélibérément infligé des soufpar des raisons militaires, le Cela s’appelle « la doctrine sive dans la bande de Gaza, il frances inutiles à des populajuge Goldstone et ses collabode Dahiya », du nom d’un y a neuf mois. Il blâme aussi tions civiles. rateurs n’ont pas eu l’occasion quartier de Beyrouth contrôlé les groupes armés palestiniens de le vérifier : Israël leur a par le Hezbollah et lourdepour leurs attaques contre refusé toute collaboration. ment bombardé à l’été 2006. les civils israéliens, qualiSe s enquêteu r s n’on t Et cela consiste à viser des fiées elles aussi de crimes d’a i l leur s même pas pu civils en signe de représailles de guerre. Et il fait porter au entrer en Israël – ils ont dû – ce qui constitue précisément Hamas la responsabilité des se rendre en Suisse (!) pour un crime de guerre, affirme le guerres interpalestiniennes. recueillir les témoignages juge Goldstone.
Visées larges
Le juge Goldstone a pris le parti de viser très large. Il décrit en détail l’impact de l’occupation israélienne dans les territoires palestiniens des Israéliens victimes des roquet tes palest iniennes. Comme quoi Israël, qui reproche au juge Goldstone de l’avoir condamné à l’avance, nourrissait lui aussi quelques préjugés…
Incidents crédibles
Le juge Goldstone met trop l’accent sur les crimes de l’armée israélienne et ne blâme pas assez le Hamas? « Ce n’est pas une coïncidence ; la majorité des morts et de la destruction ont eu lieu du côté palestinien », rétorque Daniel Levy, ancien conseiller de l’ex-premier ministre israélien Éhoud Barak…
Dans un article publié dans The Guardian, Daniel Levy suggère à l’État hébreu de saisir l’occasion pour mettre au rancart la « doctrine de Dahiya » et cesser d’infliger aux Palestiniens des punitions collectives.
Pour l’instant, Israël se sert plutôt des défaillances du rapport Goldstone pour le torpiller conformément à une stratégie vieille comme le monde, qui consiste à tirer sur le messager.


Étudier les effets de l’exil sur les Palestiniennes  -  Mathieu Perrault
Une travailleuse sociale québécoise au Liban pour deux ans
Un territoire d’un kilomètre carré où s’entassent 20 000 personnes. De l’eau courante saumâtre qui cause des problèmes de peau. Des rues parfois si étroites qu’on doit se mettre les épaules parallèles aux murs pour passer... Les réfugiés palestiniens du camp de Bourj el-Barajneh, au Liban, vivent dans des conditions inhumaines depuis plus de 60 ans.
C’est là que vivra aussi, pour deux ans, Roxane Caron. La travailleuse sociale de 35 ans, qui est partie pour le Liban la semaine dernière, y fera le « terrain » de sa thèse de doctorat sur les femmes palestiniennes.
Ce n’est pas la première fois qu’elle y séjourne. En 2006, juste avant la guerre du Liban, elle avait habité six mois à Bourj el-Barajneh, qui est situé près de l’aéroport de Beyrouth.
« P ou r ma maît r ise, en 2006, j’avais étudié les stratégies de résistance des femmes du camp », explique la travailleuse sociale, rencontrée avant son départ dans un café voisin de l’Université de Montréal.
« Cette fois, je vais me pencher sur l’exil. En 2006, les femmes que je connaissais me montraient souvent la clé de leur maison ancestrale, en Israël, et se demandaient si un jour elles allaient y retourner. Je veux comprendre quel est l’impact sur l’identité personnelle de 60 ans d’exil. »
Des réfugiés plus égaux que d’autres
Au passage, Mme Caron a constaté que la vie des réfugiés varie énormément d’un pays à l’autre. « Je suis allée dans un camp en Syrie et c’était le jour et la nuit. C’était presque comme une ville normale, on pouvait circuler dans les rues en voiture. À Bourj el-Barajneh, ce n’est pas possible. Parfois, il faut emprunter des ruelles si étroites qu’on y passe que de côté. La nuit, il n’y a pas d’éclairage, on ne voit rien. »
De plus, les réfugiés palestiniens au Liban vivent dans un « ghetto ». « Il y a certains emplois, comme médecin ou ingénieur, qui leur sont interdits, dit Mme Caron. Ils ne peuvent pas être propriétaires de leur maison. S’ils arrivent à amasser assez d’argent pour voyager à l’extérieur du pays, pour visiter des parents qui vivent ailleurs, il n’est pas certain qu’ils puissent revenir au Liban. Les femmes que j’ai côtoyées se demandent sans cesse quelle vie attend leurs enfants dans ces conditions. »
Les femmes et la politique
Quelle place a la politique dans la vie quotidienne des femmes ? Le Hezbollah a-t-il une présence sociale importante ?
« La plupart disent : "Moi, je ne m’en mêle pas ." Je n’ai jamais entendu parler qu’elles se rendaient dans des cliniques médicales ou des centres de distribution du Hezbollah. Elles survivent grâce à l’entraide et plusieurs font aussi appel aux services des ONG internationales, à l’agence de l’ON U qui s’occupe des ré f ugiés pa le st i n iens , au Croissant-Rouge palestinien. »
Qu’est-ce qui l’a incitée à consacrer autant de temps et d ’énerg ie au x femmes palestiniennes ?
« J’ai toujours été intéressée par les gens qui ne sont pas entendus, qui n’ont pas de voix publique. J’ai travaillé six ans à Québec en toxicomanie et en psychiatrie, d’autres milieux sans voix. Mais l’appel de l’international était trop fort. Plus jeune, je rêvais d’être médecin pour Médecins sans frontières. En 2002, j’ai passé un an au Kazakhstan avec une ONG britannique. J’ai eu la piqûre. »


VENDRE LE MUR  -  AGNÈS GRUDA
L’idée a surgi il y a deux ans, dans un atelier organisé par une petite ONG d’artistes et de communicateurs néerlandais établie dans les territoires palestiniens. Et si on vendait des bouts du mur de Cisjordanie à tous ceux qui souhaitent y inscrire quelques mots?
Yousef Nijin inscrit un message sur un pan du mur de Cisjordanie.
« Nous cherchions à sensibiliser à la cause palestinienne des gens qui, normalement, ne s’y intéressent pas », explique Faris Arouri, qui participait aux ateliers de Palo Dutch, au printemps 2007, quand l’initiative a été évoquée pour la première fois.
Faris Arouri coordonne une autre ONG, palestinienne celle-là: le Forum des jeunes pour la paix et la liberté. Les deux organisations ont passé quelques mois à dessiner le cadre de leur projet. Est-ce qu’on accepte de tout inscrire ou pas? Quelles sont les limites? Sur quel bout de mur? À quel prix?
Fina l ement, l e projet Sendamessage a vu le jour. En gros, ça marche comme suit. Où que vous soyez sur la planète, vous pouvez commander par Internet l’inscription que vous souhaitez voir apparaître sur un pan du mur dans un quartier de Jérusalem-Est.
Tout est permis, dans la langue de votre choix, sauf les inscriptions racistes, violentes ou pornographiques. Tout ça pour la somme de 30€ (une cinquantaine de dollars). C’est cher, reconnaît Faris Arouri. « Mais autrement, on aurait été débordés de demandes. »
En 18 mois, plus de 1200 messages ont été inscrits sur le mur. En français, en italien, en allemand, en polonais ou en suédois, des gens utilisent le mur pour y placarder des messages politiques, mais aussi des voeux d’anniversaire, des notices nécrologiques et même des demandes en mariage.
Le mur accueille aussi des citations, des extraits de poèmes et même, sur demande spéciale, des dessins. Ça va du petit coeur au petit lapin, en passant par de véritables murales.
« Nous acceptons même des messages commerciaux, mais nous vérifions s’il s’agit d’une entreprise conforme à nos valeurs », explique Faris Arouri.
Les artistes se déplacent généralement par groupes de deux ou trois. I l faut quelqu’un pour faire l’inscription sur le béton. Et une autre personne pour prendre les trois photos qui seront envoyées au client comme preuve.
Est-ce dangereux ? Les tagueurs ne prennent pas de risque : ils inscrivent leurs graffitis du côté palestinien du mur. La barrière n’est pas reconnue par l’Autorité palestinienne. Celle-ci ne peut pas interdire de s’exprimer sur une surface qui n’a aucune existence légale… Faris Arouri appelle ça profiter d’une faille dans la loi.
Et les prof its ? I ls sont destinés à de petites ONG palesti n iennes . Un pet it centre culturel attenant à l’Université Birzeit, près de Ramallah, a été le premier à en profiter.



Mur de Cisjordanie : SÉCURITÉ OU POLITIQUE ?  -  AGNÈS GRUDA
Shaul Arieli suit la barrière de protection depuis ses tout premiers barbelés. Ce colonel israélien à la retraite travaillait pour l’ex-premier ministre Yitzhak Rabin à l’époque où celui-ci a évoqué pour la première fois l’idée d’une barrière pour protéger Israël contre les attentats du Hamas.
Quand les bulldozers ont commencé à remuer la terre pour y planter les premiers pans du mur, l’ancien militaire s’est joint au Conseil pour la paix et la sécurité, une ONG israélienne qui regroupe d’ex-officiers de Tsahal.
Et qui n’en finit plus de se battre contre le mur.
Crâne lisse, carrure athlétique, Shaul Arieli a signé un livre intitulé La folie du mur. Et il affirme sur toutes les tribunes que, à moyen terme, la barrière met en péril la sécurité de l’État hébreu.
Paradoxal? Pas du tout, rétorque-t-il. Car Shaul Arieli n’a rien contre l’idée d’entourer son pays d’une clôture insurmontable. Si les attentats contre les civils ont baissé de 95%, c’est d’ailleurs en bonne partie grâce au mur, reconnaît-il. Mais le hic, c’est que, en s’éloignant de la frontière reconnue d’Israël, le mur crée de nouvelles menaces.
Que cherche au juste le gouvernement israélien quand il pousse la ligne du mur à 10 ou 20 km à l’intérieur de la Cisjordanie? « Sous prétexte de sécurité, il veut s’approprier le plus de territoire possible pour définir la frontière définitive et maximale d’Israël. »
Cette stratégie risque de faire boomerang, avertit Shaul Arieli. Il craint que, à force de gruger la Cisjordanie, il n’y reste plus assez de territoire pour créer un État palestinien viable. Ce scénario mène fatalement vers l’avènement d’un seul État binational – où les Juifs seraient rapidement minoritaires.
Les tribunaux ont forcé à plusieurs reprises le gouvernement à revoir le tracé du mur. Les premiers plans annexaient 20% de la Cisjordanie à Israël. Le nouveau tracé, toujours inachevé, ne s’approprierait plus que 9% de terres palestiniennes.
Devant les décisions des juges, et aussi à cause des coûts – la barrière a déjà englouti plus de deux milliards et demi de dollars – Israël a suspendu la construction du mur, il y a deux ans.
Selon Shaul Arieli, le gouvernement se trouve dans un cul-de-sac. « S’il continue à construire selon ses plans, les tribunaux l’obligeront à refaire le tracé. Mais s’il change les plans, le gouvernement aura les colons et l’extrême droite sur le dos. »
Ainsi donc, le mur fonce… vers un mur.

CISJORDANIE— LE MUR SANS FRONTIÈRE  -  AGNÈS GRUDA
« Nous avons mille bonnes raisons de construire la barrière de sécurité », clament les Israéliens en faisant référence au millier de victimes des attentats terroristes de la deuxième Intifada, au début des années 2000. Mais pour les Palestiniens, cette barrière érigée depuis 2002 n’est rien d’autre qu’un « mur de la honte ». Au lieu de suivre la frontière reconnue d’Israël, le mur serpente dans les collines de Cisjordanie. À plusieurs reprises, les tribunaux ont forcé Israël à revoir le tracé de la barrière. Selon ses critiques, le mur poursuit un objectif politique: établir unilatéralement la future frontière d’Israël.

Offensive israélienne contre la bande de Gaza : Rapport accablant de l'ONU pour Israël
NEW YORK — Israël et les Palestiniens se sont rendus coupables l’hiver dernier à Gaza de crimes de guerre et peut-être même de crimes contre l’humanité, a affirmé hier une mission d’enquête de l’ONU, dans un rapport accablant pour l’État hébreu que celui-ci a aussitôt rejeté.
C et te m ission , c ha rgée d’enquêter sur les possibles violations commises lors de l’offensive israélienne contre la ba nde de G a za , du 27 décembre 2008 au 18 janvier 20 0 9, souligne qu’aucu ne preuve ne permet de confirmer les accusations d’Israël selon lesquelles les combatta nts palestiniens avaient utilisé les civils comme boucliers humains.
« Des actes assimilables à des crimes de guerre et peutêtre, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité ont été commis par les forces armées israéliennes », a déclaré le président de la mission, le juge sud-africain Richard Goldstone, lors d’une conférence de presse à New York, où il a présenté le rapport.
Israël a « fait un usage disproportionné de la force » et « violé le droit humanitaire international », dit un résumé du rapport. L’offensive d’Israël répondait aux tirs de roquettes palestiniens contre son territoire, également assimilés par les autieurs du rapport à des « crimes de guerre » et « peutêtre contre l’humanité », car dirigés sur des zones dépourvues d’objectifs militaires.
« Quand il n’y a pas de cibles militaires claires et que des roquettes et obus de mortier sont lancés sur des zones civiles, cela revient à une attaque délibérée contre la population et constitue des crimes de guerre et peut-être contre l’humanité », affirme le document qui ne cite pas le Hamas et dont seuls quatre paragraphes sont consacrés aux agissements des combattants palestiniens.
Principale cible des critiques, Israël a rejeté le rapport comme « partial », soulignant avoir refusé de coopérer avec une mission dont le mandat même a, selon le ministère israélien des Affaires étrangères, « préjugé du résultat de l’enquête et donné une légitimité à l’organisation terroriste du Hamas».



« Nous resterons ici »
Israël gardera toujours un bloc de colonies en Cisjordanie, foi de Nétanyahou
JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a proclamé hier que le bloc de colonies du Goush Etzion, établi près de Bethléem (Cisjordanie) dès 1967, ferait «pour toujours» partie d’Israël.
PHOTO KOBI GIDEON, AFP Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lors d’une cérémonie de plantation d’arbres dans le bloc de colonies du Goush Etzion, en Cisjordanie.
« Notre message est clair : en plantant un arbre ici, nous signifions que nous resterons ici, que nous construirons ici et que ce lieu sera pour toujours une partie inséparable de l’État d’Israël », a déclaré M. Nétanyahou lors d’une cérémonie publique de plantation d’arbres dans ce bloc de colonies.
«Il existe sur ce point un très large consensus en Israël et le monde commence à en prendre conscience», a poursuivi le chef du gouvernement, s’adressant à la foule.
CesproposdeM.Nétanyahou surviennent le jour même où l’émissaire américain pour le Proche-Orient , George Mitchell, faisait la navette entre Jérusalem puis Amman pour convaincre Palestiniens et Israéliens de reprendre les négociations de paix bloquées depuis plus d’un an.
Les gouvernements israéliens successifs ont annoncé à plusieurs reprises dans lepassé qu’ils entendaient annexer de cinq à six blocs de colonies établis en Cisjordanie, avec ou sans accord de paix avec les Palestiniens.
Le Goush Etzion regroupe une quinzaine d’implantations comptant environ 12000 habitants, dans la région de Bethléem, au sud de Jérusalem.
Il a été établi dès 1967, dans la foulée de la conquête par Israël de la Cisjordanie, sur la base d’implantations agricoles sionistes occupées et détruites par des forces arabes durant la guerre de 1948.
À l’issue de sa rencontre avec M. Mitchell, le premier ministre israélien avait auparavant fait état «d’idées intéressantes» de Washington, sans en divulguer le moindre détail. Leur précédente rencontre s’était tenue jeudi.
Plus tôt hier, George Mitchell avait aussi rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas, dans la capitale jordanienne.
Accusations mutuelles
Durant ces navettes de M. Mitchell, Palestiniens et Israéliens se sont mutuellement accusés d’être responsables du blocage.
L’émissaire américain a pour sa part qualifié de « productive» son nouvel entretien avec M. Abbas, et souligné que «le président Obama, la secrétaire d’État (Hillary) Clinton et les États-Unis » étaient « pleinement engagés en faveur d’une paix globale au Proche-Orient». «La solution à deux États du conflit israélo-palestinien (...) est à notre avis la seule solution réaliste au conflit», a-t-il affirmé à la presse.
Selon lui, un tel règlement « comprend également des accords entre Israël et la Syrie, Israël et le Liban et la pleine normalisation des relations entre tous les pays de la région».
Le chef négociateur palestinien, Saëb Erakat, a de son côté affirmé que les Palestiniens ne posaient pas de conditions à la reprise des pourparlers. «Ce qui entrave en réalité les efforts du sénateur Mitchell et du président Obama, c’est Israël avec ses colonies, ses incursions et ses assassinats », a-t-il déclaré.
Da ns le c amp israélien, le ministre chargé du Développement régional , Sylvan Shalom, a prévenu qu’il était « temps de dire de façon claire et nette qu’il n’y aura plus de concessions supplémentaires de la part d’Israël». Il a en outre dressé un bilan négatif de la diplomatie Obama, jugeant qu’elle n’avait « pas fait ses preuves» en un an.



Israël fait à sa tête

Israël va de l’avant
JÉRUSALEM — Israël a donné hier le feu vert à la construction de plusieurs centaines de nouveaux logements dans des colonies juives en Cisjordanie occupée, en dépit des vives critiques internationales.
Comme le prévoit la procédure, le ministre de la Défense, Ehoud Ba ra k, « a autorisé la construction de 455 logements dans des blocs d’implantations en Judée-Samarie (Cisjordanie)», selon un communiqué de son bureau.
La poursuite de la construction dans ces colonies a toujours fait consensus sous les gouver nements israél ien s successifs.
Le P remier ministre Benyamin Nétanyahou avait fait savoir vendredi qu’il entendait donner un coup d’accélérateur à la colonisation avant un éventuel « moratoire » de plusieurs mois destiné à apaiser Washington. Les États-Unis exigent un gel de la colonisation afin de permettre la reprise des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens.
L’autorisation de nouveaux logements v ise à ménager l’aile la plus dure de la droite israélienne, opposée au moindre coup de frein à la colonisation.
M. Nétanyahou refuse un gel total mais se dit prêt à accepter un arrêt provisoire et partiel de la construction dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, où vivent plus de 500 000 colons.
L’annonce israélienne survient peu avant une nouvelle mission prévue en fin de semaine de l’émissaire spécial américain George Mitchell en Israël et chez les Palestiniens.
L’Autorité palestinienne a aussitôt dénoncé l’initiative israélienne. « Nous appelons la communauté internationale, et en premier lieu l’administration américaine, à prendre une position ferme et décisive face à la politique d’expansion des colonies juives », a déclaré à l’AFP Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président pa lesti n ien Mahmoud Abbas.
Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat a affirmé que cette mesure « rend nul tout éventuel gel ultérieur de la colonisation et sape la confiance dans le processus de paix ».


Cisjordanie : pas de gel des colonisations en vue
JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Benyamin Néta nya hou va approuver la construction de plusieurs centaines de nouvelles habitations avant de consentir à un gel temporaire des colonisations en Cisjordanie, ont affirmé hier plusieurs de ses conseillers.
De passage en Israël cette semaine pour y donner des concerts, la chanteuse Madonna (au centre) en a profité pour rendre visite à Benyamin Nétanyahou et sa femme Sarah, hier. Elle les a rencontrés à leur domicile de Jérusalem.
Ces col laborateu rs , qu i s’exprimaient sous couvert de l’anonymat, ont indiqué que M. Nétanyahou approuverait dans les prochains j ours la construction de centaines de nouveaux appartements en Cisjordanie. Ils n’ont fourni aucun chiffre précis, mais ont précisé que ces nouvelles habitations viendraient s’ajouter aux 2500 déjà en construction.
Ces implantations se situeront à l’intérieur des principau x f oyers de colon ies actuels, et un éventuel gel temporaire ne concernerait pas non plus Jérusalem-Est, que les Palestiniens revendiquent comme capitale de leur futur État, selon ces sources.
Par ces informations, Israël semble défier ouvertement l’administration Obama, qui a publiquement fait du gel des colonisations par l’État hébreu une condition de la reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens.
La Maison-Blanche a d’ailleurs vivement réagi hier, affirmant que la décision de Benyamin Nétanyahou allait contre la feuille de route pour la paix au Proche-Orient.
« Nous regrettons les informations sur les projets israéliens d’approuver la construction d’implantations supplémentaires », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, dans un communiqué. « Comme l’a dit le président, les États-Unis ne reconnaissent pas la légitimité de l’expansion des implantations, et nous appelons à sa fin.»
Reçu à Paris, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait hier du gel de la colon isation israélienne dans les territoires occupés un préalable à une éventuelle rencontre avec Benyamin Nétanyahou en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, à la fin du mois de septembre.
L e nombre de colons israéliens en Cisjordanie a constamment augmenté depuis des décennies et a plus que doublé depuis le début des années 90. Aujourd’hui, environ 300 000 Israéliens vivent parmi 2,5 millions de Palestiniens dans le territoire. Ils sont également 180 000 à vivre dans les quartiers est de Jérusalem.




Gaza privée de pièces détachées pour ses égouts
« Déni de la dignité humaine dans la bande de Gaza », dit l’ONU
BEIT LAHYA — Le coordonnateur humanitaire de l’ON U dans les territoires palestiniens a exhorté hier Israël à autoriser l’entrée à Gaza de pièces détachées nécessaires à la remise en état du système de distribution d’eau et des égouts.
Actuellement, quelque 10 000 personnes dans Gaza n’ont pas accès au réseau de distribution de l’eau alors que 60 % de la population « n’a pas un accès permanent à l’eau », a affirmé Maxwell Gaylard.
« La détérioration et les pannes touchant les installations de l’eau et des égouts à Gaza aggravent le déni de la dignité humaine dans la bande de Gaza », a déclaré Maxwell Gaylard dans une conférence de presse sur le site d’une station de traitement des eaux usées à Beit Lahya, dans le nord du territoire.
Selon lui, ces infrastructures ont connu une « dégradation graduelle » en raison du blocus israélien en vigueur depuis juin 2007 et la situation a empiré après l’offensive israélienne dévastatrice de décembre et janvier derniers. Actuellement, quelque 10 000 personnes dans Gaza n’ont pas accès au réseau de distribution de l’eau alors que 60 % de la population « n’a pas un accès permanent à l’eau », a affirmé M. Gaylard.
En raison des dégâts subis par le réseau de traitement des eaux usées, des retards dans les travaux de modernisation et du manque de carburant et d’électricité nécessaires à son fonctionnement, entre 50 et 80 millions de litres d’eaux usées non traitées ou partiellement traitées se déversent à présent quotid ien nement dans la Méditerranée, a-t-il expliqué.
Dans ce contexte, M. Gaylard et l’ ONG A ssoc iation of International Development Agencies (AIDA) ont appelé le gouvernement d’Israël « à prendre des mesures immédiates pour permettre l’entrée à Gaza de matériaux de construction et de réparation nécessaires pour faire face à la crise de l’eau et des égouts ».
Faute d’une remise en état de ces infrastructures, « la santé publique et l’environnement resteront exposés à un grand risque », ont averti M. Gaylard et AIDA dans un communiqué distribué à la conférence de presse.
La bande de Gaza, où s’entassent 1,5 million de Palestiniens est soumise à un strict blocus israélien depuis la prise de contrôle du territoire par le mouvement islamiste Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l’État hébreu.




Grosse crise diplomatique Suède-Israël  -  AGNÈS GRUDA

Au point de départ, il y a eu un article bâclé paru il y a une dizaine de jours dans les pages culturel les du t abloïd suédois Aftonbladet. Au point d’arrivée : de grosses turbulences diplomatiques entre Stockholm et Tel-Aviv, doublées d’un débat sur les limites de la liberté d’expression.
L’article, qui a mis le feu au x poud res , por ta it u n titre accusateur : « Les organes de nos fils pillés ». Son auteur, le journaliste Donald Bostrom, reprend des rumeurs qui remontent au début des années 90, accusant l’armée israélienne d’avoir couvert un trafic d’organes prélevés sur des détenus palestiniens.
Le journaliste profite de l’arrestation récente d’un Juif américain accusé d’avoir trempé dans une affaire de trafic de reins pour remettre à l’ordre du jour ce sujet sur lequel il avait écrit il y a plus de 15 ans. La récente arrestation devrait conduire à une enquête sur ses anciennes allégations, affirmet-il dans son papier.
Il se contente d’y citer d’anciennes sources anonymes de l’ONU et une famille palestinienne qu’il avait rencontrée à l’époque. Pas de nouveaux faits, pas de contre-vérifications pour des accusations extrêmement graves, fondées su r u ne association entre deu x faits divers éloignés autant dans l’espace que dans le temps.
Grosse commmotion
En Israël, l’affaire a causé u ne grosse com motion. Profitant d’une réunion du
Conseil des m i n istres , dimanche, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a pressé le gouvernement suédois de condamner le journal. Stockholm a refusé, au nom de la liberté de presse.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, en a alors remis, faisant un lien entre la retenue du gouvernement suédois et son silence face à l’Holocauste. Un autre ministre a remonté encore plus loin dans le temps et a compa ré l ’a r t ic le du tabloïd suédois aux légendes accusant les Juifs de faire du pain azyme avec le sang d’enfants chrétiens.
P uis l ’a mba s s ad r ice de Suède à Tel-Aviv a plié sous la pression, s’excusant au nom de son gouvernement pour l’article de Donald Bostrom. L’affaire a immédiatement rebondi en Suède, où le s médias lui sont tombés dessus, l’accusant d’avoir outrepassé les limites de la liberté d’expression.
E n I sraël , beaucoup de médias se sont rangés derr ière leu r gouver nement . Sauf le libéral Haaretz, qui l’a l’accusé d’avoir sombré dans « une réaction délirante et démagogique ».
Représailles
Après les mots, les gestes. Israël a décidé, en guise de rétorsion, de retarder l’accréditation journalistique à deux reporters du Aftonbladet. La visite prochaine du ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt a également été remise en cause. Et des milliers d’Israéliens ont signé une pétition appelant au boycottage de tout ce qui vient de Suède, à partir des meubles Ikea jusqu’à la vodka Absolut, en passant par la Volvo et les magasins H&M.
Cette chicane diplomatique a été comparée à la fameuse a f fa i re des ca ricatu res de Mahomet publiées par un journal danois il y a quatre ans et qui avaient soulevé la fureur dans le monde musulman. Là aussi, on avait appelé un gouvernement à dénoncer la décision éditoriale d’un journal.
Responsabilité
Mais les gouvernements doivent-ils porter la responsabilité des médias de leur pays lorsque ceux-ci publient n’importe quoi ? Non, estime l’organisme Reporters sans frontières. « Quel que soit le contenu de cet article, et même si nous comprenons qu’il ait pu engendrer de la colère au sein de l’opinion publique israélienne, le gouvernement israélien devrait s’abstenir de demander à son homologue suédois d’intervenir », écrit-il dans un communiqué.
Autrement dit, le journal est seul responsable de son contenu. S’il dérape, Israël peut toujours le poursuivre pour diffamation. Le gouvernement suédois n’a rien à voir làdedans. Et mieux vaut qu’il ne commence pas à distribuer des blâmes aux journaux: la pente pourrait s’avérer glissante. Le plus paradoxal dans toute cette affaire, c’est que l’article de Donald Bostrom, paru dans les dernières pages du journal suédois, a profité d’une diffusion internationale comme il n’en aurait jamais eu sans l’intervention des dirigeants israéliens.

NÉTANYAHOU MAINTIENT LE CAP  -  AGNÈS GRUDA

En tournée en Occident, le premier ministre israélien, qui s’est entretenu hier avec le premier ministre britannique Gordon Brown, a laissé savoir qu’il ne compte pas baisser les bras rapidement sur la question des colonies juives et ce, malgré les appels répétés des États-Unis. Le politicien israélien de droite, qui est attendu aux États-Unis aujourd’hui, a dit qu’il tenterait de trouver un compromis avec l’administration Obama pour permettre à Israël de poursuivre la construction de certaines colonies, tout en reprenant les pourparlers de paix avec les Palestiniens. ces derniers souhaitent qu’Israël accepte un gel des colonies avant de reprendre les discussions de paix.




Obama «irréaliste»
Le chef de la diplomatie israélienne a jugé « irréaliste » hier la vision du président américain pour la paix au Proche-Orient. « Parvenir à réaliser le rêve du président Obama en deux ans (...) est un objectif irréaliste », a déclaré Avigdor Lieberman. Un rapport publié hier par l’organisation La paix maintenant indique par ailleurs la colonisation israélienne ne ralentit pas en Cisjordanie : depuis le début de l’année, 600 nouveaux logements ont commencé à être construits dans les implantations juives en territoire palestinien, selon le rapport.




Israël se dit prêt à freiner la colonisation en Cisjordanie
JERUSALEM— Sous la pression de Washington, Israël s’est dit hier disposé à freiner temporairement la colonisation en Cisjordanie en gelant les appels d’offres à la construction de logements jusqu’au début 2010, ce qui n’empêcherait toutefois pas la poursuite des projets privés.
Le président américain Barack Obama a félicité Israël à l’issue d’une rencontre à la Maison-Blanche avec le président égyptien Hosni Moubarak pour son « geste dans la bonne direction » sur ce dossier, tout en appelant de nouveau les pays arabes et les Palestiniens à consentir à un geste envers l’État hébreu.
L e premi e r mi n i s t r e Benyamin Nétanyahou envisage de prolonger une suspension de facto des appels d’of f res en place depuis neuf moi s , y compr i s à Jérusalem-est (annexée après sa conquête en juin 1967), ont fait savoir des hauts responsables gouvernementaux.
Cette annonce survient une semaine avant une rencontre à Londres entre M. Nétanyahou et l’envoyé spéc i a l a méric a i n pour le Proche-Or ient George Mitchell, qui doit porter sur un gel de la colonisation.
La décision israélienne a été aussitôt rejetée comme une manoeuvre par l es Palestiniens qui ont fait valoir que la colonisation se poursuivait sur le terrain, via des organismes privés ou relevant de municipalités (mais largement subventionnés par l’État).
« Israël doit cesser toutes les activités de colonisation sans exception. Il ne fait que lancer des ballons d’essai et nous sommes habitués à ce genre de tromperies », a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat.



ISRAËL Expulsions dénoncées
La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, s,est jointe à l’Union européenne et à la France pour critiquer les expulsions menées par les autorités israéliennes à Jérusalem-Est. Elle a estimé que l’expulsion de deux fami l les palestiniennes dimanche afin de permettre l’installation de familles israéliennes était « profondément regrettable » et a exhorté Israël à « s’abstenir de tels actes de provocation ».



Deux familles palestiniennes expulsées
Israël a poursuivi la colonisation juive à Jérusalem-Est en expulsant hier des Palestiniens de deux maisons, s’attirant aussitôt les foudres de la communauté internationale. Dans la soirée, 13 manifestants israéliens et palestiniens, qui protestaient contre cette expulsion, ont été interpellés par la police, a rapporté la radio publique. « Je suis né dans cette maison, mes enfants aussi. Je résidais ici légalement, et maintenant, nous sommes à la rue. Nous sommes des réfugiés », s’insurge Maher Hanoun après avoir été expulsé de chez lui, à Cheikh Jarrah. « Nous déplorons totalement les ac tions i nacceptables d’Israël », a dit dans un communiqué Richard Miron, le Coordinateur spécial de l’ONU pour le processus .de paix.





ISRAËL « Paix chaude »
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prôné hier «une paix très chaude» avec ses voisins, en allusion aux relations plutôt froides entre Israël et son environnement arabe, au cours d’un discours sans précédent à la résidence de l’ambassadeur d’Égypte en Israël. «Je pense que nous pouvons avoir une paix très chaude», a déclaré M. Nétanyahou à l’occasion de cette réception à la résidence privée à Herzliya de l’ambassadeur Yasser Reda, dans des propos rapportés par la Chaîne-Dix, chaîne privée de la télévision israélienne.




ISRAËL Accord sur les colonies
Israël et les États-Unis sont parvenus à un arrangement aux termes duquel l’ État hébreu pour ra achever la construction en cours de 2500 logements dans les colonies de Cisjordanie, a affirmé le quotidien Maariv. Cet accord aurait été conclu lors d’une rencontre, lundi à Londres, entre le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak et l’émissaire spécial américain pour le Proche-Orient George Mitchell.




Deux entreprises québécoises poursuivies pour crimes de guerre en Palestine
Le conflit israélo-palestinien se transporte en Cour supérieure du Québec cette semaine. Des citoyens d’un petit village palestinien tenteront de démontrer au cours des prochains jours que deux entreprises montréalaises commettent des crimes de guerre en construisant des résidences destinées à des colons israéliens.
Le village de Bil’in et ses 1700 habitants accusent Green Mount International Inc. et Green Park International Inc. de transgresser les lois internationales (la convention de Genève et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale) qui interdisent à une force occupante de transférer sa population civile sur un territoire occupé à la suite d’un conflit. Les villageois demandent aux tribunaux québécois de forcer les entreprises à cesser immédiatement les travaux en cours à des milliers de kilomètres d’ici et réclament 2 millions de dollars en dommages et intérêts pour les préjudices causés par la vente des résidences à des colons israéliens.
Si le juge accepte d’entendre cette cause au terme des audiences préliminaires, ce sera la première fois que la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, adoptée en 2000, est évoquée dans une poursuite civile au pays.


CONSTRUCTION D’IMMEUBLES EN CISJORDANIE Deux entreprises deMontréal accusées en Cour supérieure

Le conseil de Bil’in leur réclame deux millions de dollars en dommages et la remise en état des lieux.
La Cour supérieure n’a pas juridiction pour trancher un litige qui se passe en Cisjordanie, a plaidé hier Me Ronald Levy, qui représente deux entreprises montréalaises poursuivies pour avoir construit des immeubles à Bil’in, afin d’y loger des colons juifs.
La poursuite, qui al lègue des « crimes de guerre », a été intentée par le conseil de Bil’in, ainsi que son chef, Ahmed Issa Abdallah Yassin. Bil’in est un petit village agricole d’environ 400 hectares, qui compte 1700 habitants, et est situé en territoire palestinien occupé.
Depuis le dépôt des procédures, M. Yassin est décédé, mais ses héritiers ont repris le flambeau. Les deux entreprises visées sont Green Park International et Green Mount International, enregistrées au Québec, mais qui semblent avoir des structures complexes, à partir du Panama. Annette La roche, une résidante de Deux-Montagnes, est directrice, présidente et secrétaire, du moins sur papier, des deux entreprises.
Accusa nt les ent repr i ses d’être des « agents d’Israël », le conseil de Bil’in leur reproche d’avoir violé les lois internationales et canadiennes en construisant des immeubles en territoire occupé. On leur réclame deux millions de dollars en dommages et la remise en état des lieux.
Hier, le j uge Louis-Paul Cullen, de la Cour supérieure, a donc commencé à entendre les arguments des deux entreprises, qui demandent le rejet pur et simple de la requête. Outre l’absence de j uridiction, Me Levy a avancé d’autres arguments juridiques, dont l’immunité des États, et le fait que les terrains visés ont été acquis légalement. Ce qui est évidemment démenti par la partie adverse.
Des villageois de Bil’in sont venus à Montréa l pour assister à l ’ audience. Pendant la pause du midi, ils se sont joints à des suppor t eu r s pou r mani f e s t er devant le palais de justice de Montréal.
L’audience s e poursuit aujourd’hui.




Jimmy Carter dénonce le traitement infligé aux Palestiniens
— L’ancien président américain Jimmy Carter s’est entretenu, hier, avec le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Gaza, où il a dénoncé le blocus israélien, estimant que les Palestiniens était traités comme des « animaux ».
Après ses discussions avec M. Haniyeh, il a appelé à la fin de « toutes les violences » dont sont victimes les Palestiniens et les Israéliens. M. Carter s’est rendu dans des lieux détruits par l’offensive israélienne de décembre et janvier derniers qui a fait plus de 1400 morts palestiniens, visitant une école américaine détruite dans un raid aérien israélien.
« Je suis très affecté. Je dois retenir mes larmes en voyant la destruction infligée à votre peuple », a-t-il déclaré.
« Je suis venu à l’école américaine. Elle éduquait vos enfants, elle était financée par mon pays et je constate qu’elle a été délibérément détruite par des bombes larguées par des F-16 fabriqués dans mon pays.
« Je me sens en partie responsable pour ce qui s’est passé et tous les Américains et les Israéliens doivent avoir le même sentiment », a-t-il ajouté.
« Ce n’est pas bien de voir cette destruction, mais ce n’est pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur Sdérot. Toute cette violence doit cesser », selon lui.




Un bien maigre cochon  -  Agnès Gruda
Quand i ls s’y mettent, les Américains sont capables de tout, même de faire voler un cochon, a écrit un journaliste israélien dans le quotidien Haaretz, hier.
Des affiches montrant le président Barak Obama sous les traits d’un Palestinien ont fait leur apparition à Jérusalem, depuis son discours prononcé au Caire au début du mois. Elles sont l’oeuvre d’un groupe de juifs ultra-orthodoxes.
Il faisait allusion au fait que sous la pression de Barack Obama, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a fini par prononcer ces mots qui n’avaient jusqu’à maintenant jamais franchi ses lèvres : « État palestinien ».
L’événement s’est produit dimanche, dans une allocution censée donner la réponse israélienne au grand discours que Barack Obama adressait, la semaine précédente, au monde musulman.
Benyamin Nétanyahou, qui dirige une coalition de droite en Israël, s’est donc engagé à accepter qu’un État palestinien voie le jour aux côtés de l’État hébreu. Ce n’est pas rien. Pendant toute sa carrière politique, Nétanyahou s’est toujours opposé à ce projet.
Encore l’hiver dernier, en campagne électorale, il affirmait qu’il suffirait de relancer l’économie palestinienne pour régler le conflit du Proche-Orient. Comme si les aspirations nationales des Palestiniens étaient solubles dans la prospérité.
Nétanyahou a donc fait un pas. Il a mis des ailes au cochon. L’animal manque toutefois cruellement de chair...
Car rien dans les mots du premier ministre israélien ne permet d’espérer que cet objectif ait la moindre chance de se réaliser sous sa conduite. C’est d’abord une question de ton, aux antipodes de celui qui a marqué l’allocution d’Obama. Il n’y avait, chez Nétanyahou, aucune marque d’empathie pour les souffrances des Palestiniens, aucune reconnaissance de leurs liens avec le territoire qu’ils partagent avec les Israéliens. Aucune reconnaissance, non plus, d’une responsabilité israélienne dans le conflit qui oppose les deux peuples.
La faute des Palestiniens
Dans le Proche-Orient selon Benyamin Nétanyahou, les Palestiniens sont les seuls responsables de tous les maux. Et les colons juifs sont des gens de principe qui ne cherchent qu’à construire quelques garderies pour y élever leurs enfants.
Ensuite, il y avait le fond. Tout en proposant aux Palestiniens de reprendre des négociations de paix, Nétanyahou pose la barre tellement haut qu’il sabote le dialogue avant même qu’il ne soit amorcé.
Avant même de s’asseoir à la table avec « Bibi », les Palestiniens devront reconnaître le droit à l’existence de l’État juif, accepter de désarmer, abandonner leurs revendications sur Jérusalem et le droit de retour des réfugiés et, bien sûr, se débarrasser du Hamas.
Comme préalable à des négociations, ces conditions sont inacceptables, même pour les plus modérés parmi les Palestiniens. Ce discours est « patriarcal et colonialiste dans la plus belle tradition néoconservatrice », écrit d’ailleurs le journaliste Akiva Eldar, toujours dans Haaretz.
Mais là où le discours de Nétanyahou est le plus révélateur. c’est sur la question des implantations juives en Cisjordanie. Nous ne voulons pas de nouvelles colonies, mais nous voulons développer celles qui existent déjà pour les besoins de leurs habitants, a-t-il dit en gros.
C’est précisément par ce même discours que la droite israélienne a toujours accueilli les demandes de geler la colonisation. Résultat: des implantations juives qui ont grossi à un rythme largement supérieur à la croissance naturelle...
Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement israélien tente d’échapper aux pressions de Washington avec des entourloupettes. Qu’arrivera-t-il cette fois-ci ? Barack Obama peut se contenter de cette conversion un peu creuse en faveur d’un État palestinien. Ou pousser Nétanyahou à mettre un peu de viande sur son cochon.







Le « pas en avant » de Nétanyahou
Le premier ministre israélien accepte la création d’un État palestinien... démilitarisé
« Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou confisquer de terres à cette fin. Mais il faut permettre aux habitants des implantations de vivre normalement. »
Soumis à d’intenses pressions internationales, le premierministre israélien Benyamin Nétanyahou a accepté pour la première fois hier le principe de la création d’un « État palestinien », en échange de concessions importantes. Un « pas en avant » qu’a froidement accueilli l’autre camp.
Le premier ministre israélien a livré hier un discours très attendu sur l’avenir du Proche-Orient. Son ouverture envers l’État palestinien, accompagnée de nombreuses conditions, n’a pas satisfait les principaux intéressés.
Dans un discours des plus attendus à Tel-Aviv sur l’avenir du Proche-Orient, Nétanyahou a proposé la reprise immédiate et sans conditions préalables des négociations de paix. Il a toutefois imposé plusieurs conditions à l’existence d’un éventuel État palestinien. Ce dernier devra impérativement être démilitarisé.
« En cas d’accord de paix, le territoire sous contrôle palestinien doit être désarmé, et Israël avoir de solides garanties de sécurité », a-t-il dit. « À chacun son drapeau, à chacun son hymne. Le territoire alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans contrôle de l’espace aérien, sans entrée d’armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l’Iran ou le Hezbollah » libanais, a-t-il ajouté.
Les Palestiniens devront en outre reconnaître « de façon sincère et publique qu’Israël est le pays du peuple juif ».
« Si nous recevons ces garanties sur la démilitarisation et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l’État du peuple juif, alors nous parviendrons à une solution basée sur un État palestinien démilitarisé aux côtés d’Israël », a déclaré M. Nétanyahou.
Le président américain, Barack Obama, qui, dans le discours de réconciliation avec le monde musulman qu’il avait prononcé le 4 juin au Caire, avait pressé Israël d’endosser le principe de « deux États pour deux peuples » a estimé hier qu’un « important pas en avant » avait été franchi tandis. La France a quant à elle salué la « perspective tracée » par Israël, et ce, bien que M. Nétanyahou ait refusé de s’engager sur le gel de la colonisation en Cisjordanie, qui a pourtant fait l’objet de demandes répétées de la communauté internationale.
« Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou confisquer de terres à cette fin, a-t-il indiqué. Mais il faut permettre aux habitants des implantations de vivre normalement. » Il a ainsi exclu l’arrêt de la construction dans les colonies existantes pour répondre aux besoins de la croissance démographique naturelle.
M. Nétanyahou a aussi balayé la possibilité d’un retour des réfugiés palestiniens en Israël. Les Palestiniens considèrent que les millions de personnes et leurs descendants qui ont fui la guerre de 1948-1949 après la création de l’État hébreu ont le droit d’exiger la restitution de leurs logements.
Discours majeur
Quelques minutes à peine après la fin du discours, le président du comité Canada Israël, joint à Tel-Aviv par La Presse, a estimé que ce « discours majeur » permettrait enfin de faire avancer le processus de paix. « Il a lancé une invitation très claire et sincère aux Palestiniens », a déclaré Moshe Ronen.
Julien Saada, spécialiste de la question à la chaire RaoulDandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM, s’est montré toutefois nettement moins enthousiaste. « Le seul petit changement réside dans le fait qu’il a parlé d’un État – un mot important –, mais il a sans cesse nuancé avec ses conditions », a-t-il expliqué hier.
Il estime que M. Nétanyahou a sans doute préféré rester vague parce qu’il est tiraillé entre son gouvernement de coalition, plus ancré à droite, et sa volonté de préserver ses relations avec les Américains, désireux de voir débloquer le processus de paix. « Les Palestiniens seront déçus, et l’un des effets du discours pourrait être de renforcer la position du Hamas, qui affirme qu’on ne peut pas négocier avec les Israéliens. »
Inacceptable
Les conditions imposées par Benyamin Nétanyahou ont effectivement été jugées inacceptables par les principaux intéressés. L’Autorité palestinienne a aussitôt accusé M. Nétanyahou de « torpiller » les efforts de paix. « Il entrave les efforts visant à sauver le processus de paix dans un clair défi à l’administration américaine », a tranché Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien, Mahmoud Abbas.
Le Hamas, parti islamiste qui s’oppose à toute reconnaissance d’Israël, a pour sa part estimé: « Ce discours ref lète l’idéologie raciste et extrémiste de Nétanyahou et fait fi de tous les droits du peuple palestinien. »
« Benyamin Nétanyahou propose une conception inacceptable de l’État palestinien. Comment pourrait-on envisager qu’il soit démilitarisé alors que, à côté de lui, Israël est la cinquième puissance militaire mondiale ? Ce discours, c’est une déclaration de guerre », a commenté de son côté Lorraine Guay, porte-parole de la Coalition pour la justice et la paix en Palestine, à Montréal.

Un lobby juif de gauche à Washington
Une organisation pacifiste juive logée à l’enseigne d’une rue qui n’existe pas crée de l’émoi aux États-Unis. Son but : changer le visage du lobby pro-israélien à Washington.
Un nouveau lobby juif pacifiste a vu le jour à Washington. Encore jeune, mais déjà influent, le J Street est favorable à la création d’un État palestinien et opposé à la colonisation juive en Cisjordanie, comme sur cette photo, où des colons juifs dressent une charpente près de Ramallah, cette semaine.
Dans la capitale américaine, des avenues désignées par une lettre croisent des rues dénommées par un chiffre. Mais ne cherchez pas la rue J: elle n’existe pas.
« J Street », c’est le nom qu’ont choisi des Juifs américains pour faire opposition au lobby juif dominant, trop favorable selon eux à la droite israélienne.
« Nous avions l’impression que le débat sur le Proche-Orient était devenu très statique à Washington. Et que le fait que la majorité des Juifs américains soutiennent un processus de paix ne se rendait pas jusqu’aux oreilles des législateurs », explique Joel Rubin, directeur des Relations gouvernementales de J Street.
Créé au printemps 2008, ce nouveau lobby veut combler ce vide et donner une avenue à des voix qui n’atteignaient pas le Congrès, explique M. Rubin.
Les militants pro-paix à Washington ont trop souvent été dépeints comme des opposants de l’État hébreu, déplore-t-il. « J Street veut créer un espace politique pour des gens qui soutiennent fortement Israël, mais qui favorisent également une solution pacifique au Proche-Orient. »
Il y a plus d’un demi-siècle que la position des Juifs américains sur le Proche-Orient est canalisée par le Comité américain des affaires publiques d’Israël (AIPAC). Ce comité représente l’establishment pro-israélien aux ÉtatsUnis, explique James Besser, chef de bureau de l’hebdomadaire Jewish Week à Washington.
Et avec l’avènement de J Street, cet establishment se sent pour la première fois menacé, croit le journaliste.
Pour l’instant, J Street dispose encore de moyens modestes. À peine une quinzaine d’employés permanents, et une organisation un peu artisanale. Pourtant, dit James Besser, « J Street a accompli beaucoup en un an, et il a le potentiel d’exercer une grande influence à Washington ».
Ses principaux atouts: le réseautage internet, à la manière virale qui a caractérisé la campagne électorale de Barack Obama. Et son entrée sur un terrain réservé jusqu’à récemment au lobby dominant: le financement politique.
« J Street ? Mais i ls n’ont aucune pertinence, ce sont quatre gauchistes propalestiniens dans un sous-sol », s’est exclamé Josh Block, responsable des communications pour AIPAC, lorsque La Presse l’a joint, au début du mois.
« Nous refusons toute comparaison avec eux », a-t-il ajouté, avant de refuser toute entrevue officielle.
Quelles positions défendent au juste les « quatre gauchistes » de J Street ? Au moment de la guerre contre Gaza, l’organisation jugeait que cette offensive ne contribuerait pas à la sécurité d’Israël et ne ferait qu’aggraver le cycle de la violence.
Sans faire la promotion d’un scénario de paix précis, J Street favorise aussi le gel de la colonisation juive en Cisjordanie et la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. L’idée de base étant que ce ne sont pas les solutions qui manquent au ProcheOrient, mais la volonté politique de les implanter.
J Street a publié récemment un sondage qui démontre que la majorité des juifs américains soutiennent ce genre d’approche, plutôt que la position défendue par les « faucons » d’AIPAC.
Est-ce vrai ? En fait, explique James Besser, il faut éviter de diaboliser ce lobby pro-israélien, qui a tendance à s’aligner sur les gouvernements israéliens successifs.
Reste qu’en février dernier, les Israéliens ont élu un gouvernement très, très à droite. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou multiplie les autorisations de construire dans les territoires occupés. Et son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, est ouvertement anti-arabe.
« Il y a eu un virage draconien dans l’opinion publique israélienne, et cette tendance n’a pas été suivie aux États-Unis », constate James Besser.
C’est dans ce fossé qui s’élargit que J Street puise ses appuis.




Un prisonnier porteur de paix ?  -  Laura-Julie Perrault
Élu au comité central du Fatah, le Palestinien Marwan Barghouti a de nouveaux alliés en Israël
Malgré un premier congrès en 20 ans marqué par les dissensions internes, le mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas a réussi à renouveler son leadership cette semaine. Parmi les nouveaux visages élus mardi au sein du comité central du parti figure un des prisonniers les plus célèbres d’Israël, Marwan Barghouti.
« Êtes-vous certaine de ce que vous me dites? Il faudra vérifier ça. » Au bout du fil, l’ancien ministre palestinien Ghassan Khatib n’en croyait pas ses oreilles. Dans une entrevue au journal Haaretz, un ministre israélien réputé de droite a suggéré cette semaine de remettre en liberté Marwan Barghouti, condamné à cinq peines d’emprisonnement à vie il y a à peine cinq ans.
Une Palestinienne montre une affiche de Marwan Barghouti, l’un des leaders de la résistance armée palestinienne emprisonné en Israël. La photo a été prise lors d’une manifestation de solidarité avec les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, à Beyrouth, au Liban, le 3 juillet dernier.
Figure de proue de la résistance armée palestinienne et successeur potentiel au président Mahmoud Abbas, Marwan Barghouti était député quand il a été arrêté puis reconnu coupable par un tribunal israélien d’avoir fomenté des attentats terroristes qui ont tué quatre Israéliens et un moine grec. Après avoir reçu sa dure sentence, en 2004, Barghouti, loin de se résigner, avait souri aux caméras et levé ses mains menottées pour faire le V de la victoire. L’image, qui en avait scandalisé plusieurs en Israël, avait nourri sa popularité dans les territoires palestiniens.
De sa cellule de prison, Marwan Barghouti n’a jamais cessé de faire de la politique. Même si ses conditions de détention lui permettent difficilement de communiquer avec ses supporters, il a été élu mardi au comité central du mouvement Fatah, fondé par Yasser Arafat il y a plus de 50 ans.
Son élection a fait couler beaucoup d’encre. Âgé de 50 ans, Marwan Barghouti fait partie de la « jeune garde » du Fatah. Avant cette semaine, aucun des 18 membres du comité central n’avait moins de 70 ans.
Né en 1959, dans un village près de Ramallah, en Cisjordanie, Marwan Barghouti n’avait que 8 ans au début de l’occupation israélienne. À 15 ans, il rejoignait le Fatah et très rapidement, il atterrissait derrière les barreaux. Libéré, il a entrepris des études universitaires et a joué un rôle central dans la première Intifada. En 1987, il était expulsé en Jordanie.
Ce n’est qu’à la suite des accords d’Oslo que Marwan Ba rghout i est rent ré en Cisjordanie, mais déçu par l’évolution des choses, il incitait six ans plus tard ses concitoyens à utiliser la force de nouveau contre les Israéliens à l’intérieur des territoires occupés.
Pourquoi donc, malgré cette feuille de route, le ministre israélien des minorités, Avishai Braverman, plaide-t-il pour sa libération? « Barghouti peut renforcer les modérés (au sein du Fatah) qui veulent une solution diplomatique et un accord avec l’État d’Israël », a-t-il dit en entrevue.
Ghassan Khatib, qui est un ami proche de Marwan Barghouti depuis le début des années 80, est on ne peut plus d’accord. « Marwan a toujours été l’un des plus grands défenseurs du processus de paix avec Israël », se rappelle celui qui a participé aux négociations de paix avec l’État hébreu.
Dans des éditoriaux publiés par de grands journaux américains, dont le Washington Post, Marwan Barghouti a expliqué à maintes reprises qu’il reconnaît le droit d’Israël d’exister en tant qu’État mais pas son droit d’occuper les territoires palestiniens. Il prône la résistance armée à l’intérieur de la Cisjordanie et de Gaza, mais s’oppose aux attentats terroristes commis sur le sol israélien.
Dans un contexte où le Hamas, le parti islamiste, est un rival sérieux du Fatah, plus modéré, à l’intérieur des territoires palestiniens, le discours de Marwan Barghouti trouve ces jours-ci de nouveaux entendeurs, et ce, même dans les rangs de la droite israélienne.




Le Fatah « sorti des soins intensifs »
RAMALLAH — Plébiscité à la tête du Fatah et entouré d’une di rection rajeunie, le président palest i nien Mahmoud Abbas est sorti renforcé du congrès de son parti au moment où le dialogue avec Israël et les islamistes du Hamas est dans l ’ i mpas s e , e s t i ment des analystes.
C’était la première réunion du Fatah depuis la mort, en 2004, de son fondateur, YasserArafat, dont le portrait est tenu par une Palestinienne de Batala.
Miné par les querelles de chefs et la mauvaise gestion et mortifié par sa déroute à Gaza face au Hamas, le Fatah a réussi à afficher un semblant d’unité rien qu’en organisant son congrès général pour la première fois en 20 ans.
Cette réunion, la première aussi depuis la mort en 2004 du fondateur et chef historique du Fatah, Yasser Arafat, a permis à M. Abbas, son successeur, d’asseoi r son autorité sur une formation connue pour son manque de discipline et peinant à se transformer d’un mouvement de libération à un parti au pouvoir.
Le programme politique adopté lors du congrès a certes réitéré le « droit du peuple palestinien à la résistance » contre l’occupation israélienne, mais il a surtout apporté un soutien sans nuance au règlement négocié avec Israël que M. Abbas, 73 ans, continue de prôner en dépit de l’impasse dans les négociations.
Plusieurs caciques du Comité central, la principale instance dirigeante du Fatah, ont annoncé leur retrait lors du congrès ou cédé la place à des plus jeunes lors des élections internes.
Parmi les nouveaux dirigeants figurent notamment Marwan Barghouthi, symbole de la « résistance » emprisonné à vie en Israël mais qui a soutenu M. Abbas à l’élection présidentielle de 2005 après avoir songé courir contre lui, le négociateur Saëb Erakat, mais aussi des hommes à poigne favorables au di r igeant palest i nien comme Mohammad Dahlane et Jibril Rajoub.
« Ce congrès a été comme une bataille pour le président Abbas. Il l’a menée avec succès et en est sorti victorieux », estime l’analyste politique Abdelmajid Soweillem.
« Je pense que la nouvelle direction du Fatah est, de par sa composition, encline à soutenir les négociations politiques (avec Israël) et le dialogue avec le Hamas » , ajoute-t-il.
Samir Awad, professeur de sciences pol it iques à l’Université de Bir-Zeit en Cisjordanie, abonde dans le même sens. « La nouvelle équipe comprend un grand nombre de proches de M. Abbas, des gens qui ont été, à un moment ou un autre, ses collaborateurs », dit-il.
Il estime qu’en menant à bien la conférence en dépit de débats houleux, M. Abbas « a sorti le Fatah de l’unité des soins intensifs ».




Le Fatah lave son linge sale en famille  -  Laura-Julie Perrault
L’organisation palestinienne tient son premier congrès en 20 ans En arrivant à Bethléem, en Cisjordanie, pour assister au premier congrès du Fatah en 20 ans, plusieurs délégués ont dit aux médias qu’ils avaient l’impression d’assister à un « très grand ma
QPourquoi
Une affiche du chef historique des Palestiniens Yasser Arafat, à Bethléem, où se tient le congrès du Fatah.
le congrès que tient le Fatah à Bethléem est-il important ? R Depuis sa fondat ion en 1958 par un groupe de Palestiniens en exil, dont Yasser Arafat, le Fatah a réuni six fois ses membres. La dernière rencontre du genre a eu lieu à Tunis en 1989. Le congrès actuel, qui a débuté mardi, est le premier en 20 ans ainsi que le premier à se dérouler en territoire palestinien. Plus de 2300 personnes participent à cette rencontre, dont 500 délégués venus de l’étranger. La conférence survient alors que le Fatah, longtemps prédominant sur la scène politique palestinienne, fait face à une crise de leadership, à d’importantes dissensions internes ainsi qu’à une forte rivalité avec le Hamas, qui a remporté les élections législatives en 2006. D’ailleurs, dans un coup de force, le parti islamiste a décidé à la dernière minute de ne pas permettre à 400 membres du Fatah de la bande de Gaza de se rendre à Bethléem. QQuels
sont les objectifs de la conférence ? R Lors de son discours inaugural, l’actuel chef du Fatah et président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dit que son organisation politique a besoin d’orientations claires. En ce moment, le Fatah regroupe deux écoles: celle qui est favorable aux négociations avec Israël et celle qui prône la résistance armée. Dans son discours, Mahmoud Abbas a affirmé qu’il fallait donner la priorité au processus de paix, mais sans pour autant écarter le recours à la résistance non violente en cas d’échec.
En plus de revoir les orientations du parti, les participants au congrès doivent aussi élire de nouveaux représentants aux hautes instances du parti, soit le Comité central et le Conseil révolutionnaire. QQuelles
chances a Mahmoud Abbas de remettre sur pied son organisation ? R Hier, en début de journée, elles ne semblaient pas très bonnes alors que les modalités des élections sont devenues un point de discorde entre la vieille garde du parti, les leaders du Fatah de la bande de Gaza et les plus jeunes membres de l’organisation, tenus loin du pouvoir depuis 20 ans. Ces derniers accusaient Abbas d’avoir manipulé l’élection afin qu’ils soient de nouveau exclus des hautes sphères. Selon Associated Press, un compromis a été trouvé en fin de soirée et les élections devraient avoir lieu aujourd’hui. Les résultats seront déterminants. QQue
signifie cette conférence pour le processus de paix au Proche-Orient ? R « Si Mahmoud Abbas sort du congrès comme l’homme qui est toujours aux commandes, il va rester le seul leader palestinien capable de négocier avec Israël », croit Sami Aoun, professeur de sciences politiques à l’Université de Sherbrooke. S’il en sortait perdant, cependant, le Hamas pourrait avoir le haut du pavé pour négocier avec le gouvernement israélien de droite présentement en place. « Beaucoup de gens croient que les radicaux israéliens et palestiniens pourraient s’entendre en déclarant une trêve de 10 ou 15 ans. La création de l’État palestinien serait ainsi écartée », estime le politologue. – Avec Foreign Policy, AP, AFP,
Al-Jazeera, le New York Times.




Premier accord entre le Fatah et le Hamas
Les deux factions s’entendent pour mettre fin aux « arrestations politiques »
— Le Fatah et le Hamas se sont mis d’accord hier pour mettre fin aux « arrestations politiques » en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ont annoncé des responsables des deux partis palestiniens rivaux.
Les deux factions sont parvenues à s’entendre durant des réunions communes qui ont eu lieu pour la première fois à Ramallah (Cisjordanie) et à Gaza.
Cet accord intervient à la veille du deuxième anniversaire de la prise de la bande de Gaza par le Hamas, qui en a délogé le Fatah par la force en juin 2007.
« Le Fatah et le Hamas se sont entendus pour rejeter les arrestations politiques par principe, car elles sont contre la loi palestinienne, et pour échanger les listes de prisonniers afin d’examiner leurs conditions de détention » en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a déclaré Azzam al-Ahmad, qui dirigeait la délégation du Fatah à Ramallah.
Il s’exprimait au cours d’une conférence de presse commune avec le Hamas.
De son côté, OmarAbdelrazzak, représentant du Hamas à cette réunion, a indiqué que les deux mouvements allaient s’en remettre à la Commission indépendante ( palestinienne) pour les droits de l’homme, qui sera chargée d’établir qui a été arrêté pour des raisons politiques.
L’objectif est de préparer le climat avant la prochaine session du dialogue interpalestinien, dont l’ambition est de « lever tous les obstacles avant de parvenir à l’annonce d’un accord final » entre les deux parties, avait auparavant indiqué Ibrahim Abou Naja, représentant du Fatah à Gaza.
« Nous espérons en finir avec la division le plus tôt possible, car nous voulons la fin de l’occupation israélienne, et la division palestinienne est l’arme la plus forte dans les mains du premier ministre (israélien Benyamin) Nétanyahou », a assuré Azzam al-Ahmad.
Il a toutefois affirmé que les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie étaient politiquement neutres et que la question des détenus serait tranchée en coordination avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qui dirige aussi le Fatah.


ISRAËL « Politique de paix »
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé hier qu’il présenterait la semaine prochaine sa politique sur le processus de paix, à la suite des pressions exercées par l’allié américain. Il n’a pas précisé la date exacte à laquelle il prononcerait son discours, mais un haut responsable gouvernemental a affirmé que ce serait probablement dimanche prochain. Il s’agit des premières déclarations de M. Nétanyahou après le discours jeudi au Caire du président américain Barack Obama.


Colonies en Cisjordanie  Crispations entre Jérusalem et Washington
JÉRUSALEM— La tension a monté d’un cran hier entre Israël et les États-Unis à propos de la colonisation en Cisjordanie, que le gouvernement de Benyamin Nétanyahou refuse de geler comme le réclame le président Barack Obama.
« Je veux dire de façon très claire que le gouvernement israélien actuel n’acceptera en aucune façon que la colonisation légale soit gelée en Judée-Samarie (Cisjordanie) », a clamé le ministre des Transports, Israël Katz.
M. Katz, proche de M. Nétanyahou, a ainsi répondu aux pressions exercées par le président Obama pour obtenir un gel total de la colonisation.
Jusqu’à présent, le gouvernement Nétanyahou s’est contenté de se déclarer prêt à évacuer des colonies sauvages, tout en affirmant vouloir continuer à construire dans les 120 colonies « légales » pour faire face à la « croissance naturelle » de leur population.
Le président Obama, comme la communauté internationale, a refusé d’entériner cette distinction entre colonies.
M. Katz a également accusé le président Obama de refuser de respecter les engagements pris par son prédécesseur, George W. Bush. Dans une lettre adressée en 2004 à l’ancien premier ministre Ariel Sharon, l’ex-président américain indiquait, selon les responsables israéliens, que le tracé d’un futur État palestinien devrait tenir compte des blocs d’implantations.
Israël entend annexer ces blocs en Cisjordanie, où vivent la grande majorité des 280 000 colons.
« Cette administration n’a pas encore reconnu les arrangements conclus avec l’administration Bush. Cela ne peut que susciter des inquiétudes sur des arrangements futurs », a ajouté M. Katz.
Un haut responsable israélien, qui a exigé l’anonymat, a pour sa part regretté que « les Américains n’exigent pratiquement rien des Palestiniens alors qu’ils demandent à Israël de prendre des mesures qui équivalent à un véritable sacrifice ».
« Les Palestiniens ont adopté une approche passive. Mahmoud Abbas (le président palestinien) souhaite que les Américains fassent tout le travail », a expliqué à l’AFP ce responsable.
« Israël a pris des engagements par le passé, dont l’arrêt de la colonisation. Les Américains comprennent cela », a de son côté déclaré hier M. Abbas, en Jordanie.
Barack Obama, qui doit dans quelques jours, au Caire, adresser aux musulmans un discours de réconciliation promis de longue date, a pressé Israël d’accepter la création d’un État palestinien et de mettre fin à la colonisation lors de sa première rencontre avec Mahmoud Abbas, jeudi, à Washington.
À parti r d’aujourd’hui , le ministre travailliste de la Défense, Ehoud Barak, multipliera les entretiens à New York (ONU) puis à Washington et tentera de réduire le fossé.
« Il semble que le premier ministre ait clairement exprimé à l’administration américaine les positions et les besoins d’Israël. Le dialogue prendra du temps et il aura des hauts et des bas », a-t-il toutefois déjà prévenu avant sa visite.
Crise à l’horizon
La majorité des médias israéliens faisaient hier leurs gros titres sur la crise qui pointe avec le grand allié américain. Le quotidien Haaretz, citant des responsables politiques, titrait : « Israël critique durement les États-Unis : arrêtez de favoriser les Palestiniens ». Son concurrent Maari faisait parler le premier ministre: « Nétanyahou à l’administration Obama : que voulezvous de moi ? La chute de mon gouvernement? »
Pour le Jerusalem Post, les dirigeants israéliens sont « furieux des tentatives de Mahmoud Abbas d’af faiblir le premier ministre au cours de sa visite à Washington ».
Un rapport pourrait donner des arguments à Washington contre la colonisation. Selon le mouvement israélien anticolonisation La Paix maintenant , 44% des terres sur lesquelles ont été construites des colonies sauvages en Cisjordanie appartiennent à des Palestiniens.


Nétanyahou juge non-négociable la poursuite de la colonisation
Nétanyahou prêt à négocier la paix avec les Palestiniens
— Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a rejeté, hier, la demande américaine de geler la colonisation en Cisjordanie.
Insouciant quant à l’ultimatum que les Américains ont lancé à Israël concernant l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie, ce jeune Palestinien profite du vent dominant qui vient de l’ouest pour s’amuser avec un cerf-volant rudimentaire de son cru.
« Nous ne pouvons pas geler la vie dans les implantations », a affirmé M. Nétanyahou, selon une source du bureau du premier ministre, qui s’exprimait devant la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense.
« Il y a des demandes raisonnables et d’autres inacceptables. Le sort définitif des implantations sera décidé à l’occasion d’un accord final sur le statut » de la Cisjordanie, a-t-il ajouté, selon la même source.
Il a répété que le gouvernement ne construirait pas de nouvelles colonies et détruirait les avantpostes illégaux, mais n’empêcherait pas l’expansion naturelle des colonies existantes.
« Sur la question des constructions à l’intérieur des colonies existantes, nous ne sommes pas encore arrivés à un accord avec les Américains », a indiqué le premier ministre.
M. Nétanyahou a par ailleurs réaffirmé qu’il était prêt à reprendre immédiatement et sans conditions préalables des négociations de paix avec les Palestiniens, « pas seulement sur des questions économiques et sécuritaires, mais aussi diplomatiques ».
« Je suis prêt à leur donner tous les pouvoirs souverains leur permettant de se gouverner euxmêmes, à l’exception de ceux qui mettent notre sécurité en danger », a-t-il précisé.
« À la fin du processus de paix, ils devront reconnaître l’État d’Israël comme l’État du peuple juif », a-t-il toutefois ajouté.
Washington a demandé ces dernières semaines à Israël de geler toutes les constructions dans les colonies juives de Cisjordanie, y compris dans les implantations existantes.



Le triple non d’Israël
État palestinien, colonisation, frontières de 1967
— Israël a opposé hier un triple non à la création d’un État palestinien souverain, à un retour aux frontières de 1967 et à un gel delacolonisation, tout enaffichant une volonté d’ouverture, après la récente rencontre entre son premier ministre et le président américain.
Le chef du gouvernement, Benyamin Nétanyahou, a réaffirmé ses « réserves » à la création d’un État palestinien indépendant alors qu’il s’oppose à ce que cet État dispose d’une armée et ait le contrôle de ses frontières.
M. Nétanyahou refuse toujours d’apporter son soutien à la solution de deux États (israélien et palestinien) vivant côte à côte, comme le prévoit la Feuille de route, le plan de paix lancé en 2003 par le quartette États-Unis, UE, Russie et ONU, et accepté par Israël. Mais pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le 31 mars, le premier ministre, qui a rencontré lundi dernier le président Barack Obama à Washington, a évoqué un « État palestinien ».
« Clairement, nous devons avoir certaines réserves concernant un État palestinien dans un accord sur le statut final » des territoires palestiniens, a déclaré M. Nétanyahou au conseil des ministres. « Ces choses ont été clairement exprimées devant le président Barack Obama à Washington. »
Le chef de la diplomatie israél ienne, Avigdor Lieberman, a écarté pour sa part hier le retour d’Israël sur ses frontières d’avant la guerre israélo-arabe de juin 1967.
« Aujourd’hui, un retour aux frontières de 1967, comme on nous presse de le faire, ne mettrait pas fin au conflit et ne garantirait ni la paix, ni la sécurité », a déclaré M. Lieberman. « Cela reviendrait simplement à déplacer le conflit à l’intérieur des frontières de 1967. »
Lors de la guerre de juin 1967, Israël avait occupé Jérusalem-Est et la Cisjordanie, le plateau syrien du Golan, la bande de Gaza et le Sinaï égyptien. L’État hébreu s’est retiré du Sinaï en 1982 et de la bande de Gaza en 2005.
Aucun gouvernement israélien ne s’est prononcé jusqu’à ce jour pour un retour pur et simple aux frontières de 1967, mais certains ont envisagé des retraits de plus grande partie de la Cisjordanie et du plateau du Golan.
Colonies
À propos de la colonisation, le premier ministre a indiqué que son gouvernement entendait poursuivre l ’ accroissement des colonies existantes en Cisjordanie, mais sans en créer de nouvelles.
« Je n’ai pas l’intention de créer de nouvelles implantations, mais ce n’est pas logique de nous demander de ne pas trouver de réponses à la croissance naturelle et d’interdire toute construction en JudéeSamarie (Cisjordanie, ndlr) », a-t-il déclaré.
C’est la position traditionnelle des gouvernements israéliens, qui s’est traduite sur le terrain par une forte expansion des implantations existantes et une augmentation spectaculaire du nombre des colons, à près de 300 000, sans compter les résidants israéliens de JérusalemEst annexée.
En revanche, le gouvernement apparaît disposé à démanteler des colonies sauvages.






Obama invite Arabes et Israéliens à Washington
PAIX AU PROCHE-ORIENT
— Le président Barack Obama a commencé à s’investir pleinement dans le conflit israélo-palestinien en invitant les dirigeants arabes et israélien à Washington et en appelant toutes les parties concernées à des gestes de bonne volonté.
« J’espère que dans les prochains mois, nous commencerons à voir des gestes de bonne volonté de toutes les parties », a déclaré M. Obama à l’issue d’entretiens à la Maison-Blanche avec le roi Abdallah II de Jordanie.
« Je n’ai pas l’intention de dire plus précisément ce que ces gestes pourraient être, mais je pense que toutes les parties concernées dans la région savent probablement assez bien quelles mesures on pourrait prendre pour instaurer la confiance », a-t-il ajouté.
La Maison-Blanche a annoncé peu après les visites prochaines, probablement avant début juin, du premierministre israélien Benyamin Nétanyahou, du président palestinien Mahmoud Abbas et du président égyptien Hosni Moubarak.
« Le président discutera avec chacun d’eux des moyens pour les États-Unis de renforcer et d’approfondir notre partenariat, ainsi que les mesures que toutes les parties doivent prendre pour contribuer à la paix entre Israéliens et Palestiniens et entre Israël et les États arabes », a dit le porte-parole de la MaisonBlanche, Robert Gibbs.
En recevant le roi de Jordanie, un des deux seuls pays arabes (avec l’Égypte) à avoir signé un accord de paix avec Israël, M. Obama a affirmé son engagement à travailler à la paix entre Israéliens et Palestiniens « avec un certain sentiment d’urgence ».
Le processus semble cependant encore plus mal en point depuis l’investiture, le 31 mars, du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Si l’ancien premier ministre Ehoud Olmert s’était engagé à rechercher une paix menant à terme à la création d’un État palestinien, M. Nétanyahou écarte aujourd’hui une telle option. Il se dit prêt à parler de paix avec les Palestiniens sur la base d’un plan privilégiant leur développement économique.
M. Obama a r épété au contraire, hier, qu’une résolution du conflit passe par la création d’un État palestinien.
« Je suis un fervent partisan d’une solution à deux États. Je l’ai dit publiquement et je le redirai en privé », a remarqué M. Obama.
Le président américain a noté que le gouvernement israélien était très récent et qu’il était encore trop tôt pour exiger de lui des mesures concrètes.
« Mais je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas attendre éternellement et qu’à un moment, il faudra prendre des mesures », a-t-il ajouté, soulignant que la paix exigera des « choix difficiles ».

Nétanyahou envisage une solution « à deux peuples », selon Barak
— Au cours de son passage aux États-Unis, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, se prononcera vraisemblablement en faveur d’une solution à deux États, israélien et palestinien, s’il faut en croire le ministre de la Défense, Ehoud Barak.
« Je crois que Nétanyahou va dire à Obama que son gouvernement est prêt à s’engager dans un processus politique qui aboutira à deux peuples vivant côte à côte dans la paix et le respect mutuel », a-t-il affirmé hier en entrevue à la télévision israélienne. Il n’a toutefois pas utilisé explicitement le mot État dans ses propos, laissant ouvertes d’autres options pour Jérusalem.
Ehoud Barak a en outre estimé qu’un accord avec les Palestiniens serait possible d’ici trois ans. Selon lui, le présent gouvernement de droite « serait prêt à prendre des décisions difficiles » en vue d’un compromis, le jour venu.
Deux des proches collaborateurs du chef du Likoud ont toutefois fait entendre un tout autre son de cloche. Le premier ministre « ne s’engagera pas à Washington à la création un État palestinien qui sera voué à devenir un "Hamastan" », a dit Ophir Akunis, député du Likoud, cité par la radio publique. Il faisait référence au mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et prône la poursuite de la lutte armée contre Israël.
Unautre responsableduLikoud, le ministre des Transports, Israël Katz, a lui aussi écarté l’option d’une souveraineté palestinienne. « Nétanyahou s’opposera à toute création d’un État palestinien armé aux côtés d’Israël, car cela mettrait en danger la sécurité d’Israël », a-t-il dit à la presse.
Selon lui, le chef du gouvernement va proposer à Washington la « constitution d’une commission mixte israélo-palestinienne en vue d’une initiative de paix au ProcheOrient », dont il n’a pas précisé la nature. Il a écarté toute possibilité de « conflit ou de polémique avec l’administration Obama ».
La rencontre-clé entre MM. Obama et Netanyahu, qui doit arriver aujourd’hui en sol américain, se déroule sur fond de désaccords sur le règlement du conflit au Proche-Orient et sur la manière de contrer le programme nucléaire de l’Iran.





 
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES AU LIBAN  Revers du Hezbollah
« La spécificité du Liban réside dans sa diversité, il n’y a ni majorité ni minorité. » _ Un responsable du Hezbollah
— Les Libanais ont confortéaupouvoirhier la coalition pro-occidentaleetantisyriennedans des élections législatives âprement disputées qui laissaient pourtant présager la victoire des chiites du Hezbollah et du Amal, associés au parti chrétien de Michel Aoun.
Un véhicule blindé patrouillait hier dans les rues de Saïda (sud du Liban). À l’arrière-plan, des affiches géantes du camp victorieux aux législatives : au centre ainsi qu’à l’extrême gauche, l’ex-premier ministre assassiné Rafic Hariri en compagnie de son successeur, Fouad Siniora.
« C’est un grand jour pour l’histoire du Liban démocratique », a lancé devant ses partisans le chef de la majorité parlementaire antisyrienne sortante, Saad Hariri, bien que les résultats officiels ne fussent pas encore connus. « Félicitations à vous, félicitations à la liberté, félicitations à la démocratie. Il n’y a ni vainqueur ni perdant dans ces élections. Les seuls vainqueurs sont la démocratie et le Liban », a poursuivi M. Hariri, fils de l’ex-premier ministre assassiné Rafic Hariri.
Selon la chaîne de télévision Future TV de Saad Hariri, sa coalition devrait obtenir 70 des 128 sièges du Parlement, contre 58 au camp du Hezbollah, soutenu également par le voisin syrien. Cette situation de quasi-blocage est comparable à celle qui existait dans le précédent Parlement.
À l’annonce de la victoire, des tirs de joie ont retenti dans Beyrouth, alors que des feux d’artifice ont illuminé le ciel de la capitale. Arborant des drapeaux libanais et des bannières bleues, couleur du courant de M. Hariri, des habitants ont sillonné les rues en criant « Nous avons gagné ! ».
Le principal allié chrétien du Hezbollah a reconnu la défaite de son camp aux législatives, par ailleurs marquées par une très importante participation.
Il s’agit d’« une victoire pour la coalition du 14 mars (nom donné à la majorité sortante), mais aussi d’une défaite pour les Libanais qui aspiraient au changement », a déclaré Michel de Chadarevian, membre du Courant patriotique libre, dirigé par Michel Aoun. Il a ajouté que son mouvement respecterait les résultats des élections et travaillerait avec la coalition de M. Hariri en vue de former un gouvernement d’union nationale. « Le Liban peut seulement être gouverné par un cabinet d’union. »
Le Hezbollah prudent
Un responsable du Hezbollah, Hassan Fadlallah, attendait les résultats définitifs pour se prononcer, mais il a aussi jugé nécessaire la coopération entre les formations politiques en vue de diriger le pays. « La spécificité du Liban réside dans sa diversité, il n’y a ni majorité ni minorité », a dit M. Fadlallah, dont le mouvement est considéré comme une organisation terroriste par Washington. Les 11 candidats du Hezbollah ont été élus, selon lui.
Si le Parti de Dieu l’avait emporté avec ses alliés, le Liban aurait pu se retrouver au ban de la communauté internationale et en conflit avec son voisin Israël. La guerre de l’été 2006 au Liban avait commencé avec l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah libanais.
En Israël, le ministre des Finances, Youval Steinit z , avait prévenu qu’une victoire du Hezbollah créerait « une nouvelle entité iranienne au Moyen-Orient après celle du Hamas » à Gaza. En revanche, en Syrie, le journal officiel AlBaas avait exprimé l’espoir que le Hezbollah l’emporte.
Les deux camps rivaux au Liban sont engagés dans un bras de fer depuis les dernières législatives de 2005, qui a failli plonger le pays dans une nouvelle guerre civile en 2008.
Participation élevée
Le taux de participation a atteint 54,08% des 3,2 millions d’électeurs, un record depuis 20 ans, selon le ministre de l’Intérieur Ziad Baroud. Certains électeurs ont patienté plusieurs heures vu l’affluence et des isoloirs ont été ajoutés dans certains bureaux.
Près de 50 000 soldats et policiers ont été déployés sur le territoire. Selon l’armée, 123 i ncidents mineurs ont été enregistrés lors du scrutin supervisé par 200 observateurs internationaux venus notamment du Centre Carter.
L’ancien sénateur américain John Sununu, de l’Institut démocratique national, a dit ne pas avoir noté de « violations flagrantes » des élections, que suivaient de près les voisins du Liban et la communauté internationale.
Les 128 sièges du Parlement sont répartis à parité entre chrétiens et musulmans. Chaque communauté se voit attribuer un nombre de sièges dans 26 circonscriptions en fonction de son poids démographique.



LIBAN : SCRUTIN SOUS TENSION -  Agnès Gruda
PLUS DE TROIS MILLIONS DE LIBANAIS IRONT VOTER DEMAIN DANS UN SCRUTIN À HAUT RISQUE, QUI MET À L’ÉPREUVE LA DÉTERMINATION DE BARACK OBAMA DE CHANGER LA DONNE AU PROCHE-ORIENT.
ANALYSE
Le sort des élections se joue dans une quinzaine de circonscriptions chrétiennes. Quel que soit le vainqueur du vote de demain, sa majorité sera famélique. Ce qui promet des lendemains périlleux.
Barack Obama n’aura peutêtre pas à attendre longtemps la première occasion de traduire en gestes l’appel à la réconciliation qu’il a lancé, jeudi, au monde musulman.
Des partisans du leader chrétien Michel Aoun, allié du Hezbollah, ont manifesté hier à Beyrouth.
Cette occasion pourrait se présenter dès la semaine prochaine, dans un petit pays déchiré qui tient demain des élections cruciales. Où donc ? Au Liban.
Le scrutin met en scène deux grandes coalitions. La première, au pouvoir depuis quatre ans, est regroupée autour de Saad Hariri – fils de l’ex-premier ministre Rafiq Hariri, assassiné en 2005. Dominée par les musulmans sunnites, cette formation est antisyrienne et pro-occidentale.
La seconde, actuel lement dans l’opposition, est dominée par le Hezbollah, le mouvement chiite armé qui domine le sud du pays. Pro-syrienne, soutenue par l’Iran, elle est associée au Courant patriotique libre du leader chrétien Michel Aoun.
Les derniers sondages donnent une infime avance à la coalition de l’opposition. Le Hezbollah, parti que plusieurs pays, dont le Canada, considèrent comme une organisation terroriste, pourrait donc remporter avec ses alliés le scrutin de demain.
Cette perspective rappelle le scénario qui s’est joué il y a trois ans, à quelques centaines de kilomètres au sud, quand les Palestiniens ont voté majoritairement pour le Hamas. La communauté internationale avait rejeté ce résultat, qui donnait le pouvoir à un mouvement islamiste responsable de dizaines d’attentats terroristes en Israël.
Le Canada avait alors été le premier à cesser toute aide au gouvernement du Hamas, suivi par la plupart des pays occidentaux. Ce scénario pourrait se répéter au Liban si jamais la coalition du Hezbollah devait gagner, craignent les analystes.
De passage à Beyrouth deux semaines avant le scrutin, le viceprésident américain, Joe Biden, a lui-même évoqué cette possibilité. « Les électeurs ont le droit de choisir, mais le partenariat américain dépendra de leur engagement en faveur de la liberté », a-t-il averti. Traduction: votez comme vous voulez ; au pis aller, on vous coupera les vivres.
Pourtant, l’expérience palestinienne montre que ce genre de punition collective ne règle rien, au contraire. « À Gaza, cette attitude a contribué aux dissensions internes », souligne la politologue Marie-Joëlle Zahar.
Le Liban n’a vraiment pas besoin qu’on exacerbe ses dissensions, déjà assez vives, merci. Les deux grands courants politiques avaient frôlé la guerre civile avant de conclure une trêve, il y a un an. Cette trêve demeure ultrafragile. Et les sujets délicats ne manquent pas. Au premier plan: le désarmement du Hezbollah, prévu par les résolutions internationales mais rejeté, comme on l’imagine, par ce mouvement qui s’appuie sur une véritable armée.
Le sort des élections se joue dans une quinzaine de circonscriptions chrétiennes. Quel que soit le vainqueur du vote de demain, sa majorité sera famélique. Ce qui promet des lendemains électoraux périlleux.
Pas étonnant que l’International Crisis Group (ICG), groupe de recherche sur les conf lits, qualifie ces élections de « rendezvous piégé ».
Selon un responsable américain cité par l’ICG, le Liban se trouve déjà en situation de « guerre civile froide ». L’impasse se prolongera, peu importe l’issue du vote. « À terme, tout cela peut finir par une nouvelle guerre chaude. »
En ostracisant un éventuel gouvernement du Hezbollah, Washington contribuerait à exacerber les tensions. Or, le Liban n’est pas Gaza. Le pouvoir y est savamment réparti entre les nombreuses factions de la mosaïque libanaise. Et il y a longtemps que le Hezbollah fait élire des députés au Parlement.
Les Libanais auraient donc le droit d’envoyer le Hezbollah dans l’opposition, mais pas celui de le faire siéger du côté du pouvoir? Il y a là comme une contradiction, loin, très loin des beaux discours de Barack Obama. Le scrutin de demain se joue sur un champ de mines. Son issue aura des conséquences internes et externes importantes. « Une victoire de l’opposition renforcerait la position de l’Iran et de la Syrie », prévoit le politicologue Sami Aoun.
Si les États-Unis mettent leur menace à exécution, ils ajouteront une goutte d’huile à un cocktail explosif. Au risque de tracer une première égratignure sur la surface lisse des belles paroles de leur président.

Le Hezbollah en position de force

— Symbole de l’importance des élections législatives de demain au Liban, à Beyrouth, ces jours-ci, la campagne électorale s’af fiche partout. Sur les pare-brise des voitures, les bretelles d’autoroute et jusque dans les moindres petites ruelles obscures.
L’une des publicités, conçue par le mouvement des Forces libanaises, s’étale sur bon nombre de panneaux. Elle représente deux drapeaux. Le premier est celui du Liban. Le second est une bannière jaune, emblème du Hezbollah, le Parti de Dieu. Au beau milieu de cette bannière, le cèdre vert du Liban a été remplacé par un arbre couleur orange, symbole de l’allié chrétien du parti: le général Aoun.
Le message, volontairement provocateur, a le mérite d’être sans équivoque. Les électeurs chrétiens devront choisir entre le respect de la souveraineté libanaise – portée par l’actuelle majorité « antisyrienne » et soutenue par l’Occident – ou un modèle appuyé par la Syrie et l’Iran dans lequel le Hezbollah tout-puissant dominera son allié chrétien.
Car c’est bien la communauté chrétienne, profondément divisée en deux camps, qui va décider de l’issue du scrutin, en vertu d’une nouvelle loi électorale adoptée en 2008.
Si le général Aoun remporte la majorité des 64 sièges chrétiens en jeu, alors le Parti de Dieu et son allié chiite, Amal, formeront la majorité.
« Dans ce cas, le Liban va peu à peu devenir un pays musulman. Une partie des chrétiens risque de quitter le pays. Le général Aoun, qui a besoin du Hezbollah pour devenir président, est aveuglé par ses ambitions et ne voit pas le danger que représente cette alliance », affirme Georges, la quarantaine.
Gouverner ou pas
Ce discours irrite pourtant au plus haut point les partisans du général Aoun. « Quand le Hezbollah est entré au gouvernement en 2005 avec ceux qui sont aujourd’hui dans la majorité, personne n’a dit que le Liban risquait de se transformer en République islamique d’Iran! C’est de la pure propagande », soutient Tony, 33 ans, militant du Courant patriotique libre (CPL), le mouvement du général chrétien.
« Le Hezbollah, en raison du système confessionnel libanais, ne disposera que d’une dizaine de sièges au Parlement, tandis que le général pourrait en avoir 40. Comment peut-on dire que le Hezbollah mènera la danse ? » s’exclame-t-il.
Les sondages donnent jusqu’ici une légère avance au Hezbollah et à ses alliés. Mais de nombreux analystes croient que la victoire de cette alliance, dite du « 8 mars », ne modifierait pas profondément le visage du pays.
Le Parti de Dieu, en effet, n’entend pas gouverner, mais avant tout garder au sein du futur gouvernement la minorité de blocage, afin de pouvoir opposer son veto à toute décision qui menacerait son bras armé et donc ses ambitions régionales.
Ne pas faire peur
« Le Hezbollah ne souhaite pas avoir une place trop importante au gouvernement, ce qui impliquerait des responsabilités et aussi une plus grande vulnérabilité à l’égard de l’État hébreu, qui aura moins de complexes à attaquer le Liban », estime Paul Salem, directeur du Centre Carnegie pour le Proche-Orient à Beyrouth.
Mais pour certains intellectuels chiites, comme Lokman Slim, qui a ouvert un centre culturel au coeur de la banlieue sud de Beyrouth – véritable fief du Hezbollah –, la stratégie du Parti de Dieu, pernicieuse, s’inscrit davantage dans le long terme.
« Le Hezbollah ne mène jamais d’attaques frontales pour ne pas faire peur, affirme-t-il. Il est beaucoup trop intelligent pour ça. Mais il infiltre, il grignote le pouvoir petit à petit. Il est passé maître dans sa conservation " modérée" du pouvoir institutionnel, pour ensuite servir ses objectifs. »









Mahmoud Abbas en visite au Canada

— En marge de sa rencontre avec son homologue américain Barack Obama, à Washington, le président de l ’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, sera de passage au Canada la semaine prochaine, a appris La Presse.
M. Abbas est attendu dans la capitale américaine le 28 mai, mais devrait passer par Ottawa auparavant, soit le mardi 26 mai , ont conf i rmé di f férentes sources à La Presse. Il doit notamment assister à l’inauguration des nouveaux bureaux de l a Délégat ion généra le palestinienne au Canada, rue Driveway, à Ottawa. Il sera, à cette occasion, reçu par le délégué général de la Palestine au Canada, Amin Abou-Hassira.
Le président de l’Autorité palestinienne devrait par ailleurs rencontrer des représentants du gouvernement canadien, possiblement le premier ministre Stephen Harper, ou encore son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, peut-être même les deux, a soutenu une source gouvernementale.
Au bu r e au du mini s t r e Cannon, on refuse toutefois de confirmer d’éventuelles rencontres officielles. Des annonces devraient être faites d’ici la fin de la semaine, a-t-on rétorqué.
En prévision d’un important discours qu’il prononcera à l’intention du monde musulman, le 4 juin, en Égypte, le président Obama a rencontré lundi dernier le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Il rencontrera aussi le président égyptien Hosni Moubarak le 26 mai et terminera sa série d’entretiens liés au Proche-Orient avec la visite, le 28 mai, du président de l’Autorité palestinienne en sol américain.
En ma i 20 05, Mahmoud Abbas avait rencontré le premier ministre libéral de l’époque, Paul Martin, lors d’une visite éclair à Ottawa.
Les relations entre le Canada et l ’Autorité palest i nienne se sont toutefois détériorées par la suite, avec l’élection au scrutin législatif de janvier 2006 du mouvement islamiste Hamas, considéré comme une organisat ion ter roriste par le ministère canadien de la Sécurité publique.
Ottawa avait alors i nterrompu son aide financière au gouvernement Abbas, pour ne la reprendre qu’en juillet 2007, après la formation d’un nouveau cabinet et l’accession au poste de premier ministre de Salam Fayyad, considéré comme beaucoup plus modéré que son prédécesseur, Ismaïl Haniyeh.
Au cours d’une mission au Moyen-Orient, le ministre Lawrence Cannon a rencontré le président Abbas en Jordanie, le 28 février dernier, et a réitéré la volonté du gouvernement canadien de venir en aide au peuple palestinien.


La grippe qatariote: Al-Jazira
Co m pr i s d a n s la location d’un chalet, l’hiver dernier : un téléviseur. Câblé, en plus. Je sais que c’est drôle à dire, dans un pays où le citoyen moyen regarde près de 30 heures de télé par semaine, mais je regarde assez peu la tivi. Ne me fusillez pas, de grâce.
Au chalet, j’avais du temps. Du temps pour niaiser. Donc, pour bien m’assommer, les fois où je n’arrivais pas à m’endormir, je m’amusais à zapper sans arrêt, du Canal-ceci au Canal pour les chats en passant par le canal Historia, le History Channel et Super Écran...
Et? Et c’est quand même incroyable les chaînes qui survivent en diffusant niaiseries et marde en spray...
Il y a quoi, 700 chaînes, au Canada?
Des centaines, en tout cas. Mais pas Al-Jazira.
C’est ma marotte télévisuelle de 2009, désolé. L’absence d’AlJazeera English du paysage télévisuel canadien. On apprenait récemment que le CRTC, l’organisme réglementaire qui arbitre le terrain de jeu des télévisions, radios et câblodistributeurs canadiens, va se pencher bientôt sur l’entrée d’Al-Jazeera English sur ce terrain de jeu.
Et s’il faut se fier au sort réservé à Al-Jazira, version arabe, il y a de quoi être inquiet. Le CRTC, il y a quelques années, a autorisé les câblodistributeurs à offrir la chaîne du Qatar, le CNN arabe, selon l’expression consacrée, aux Canadiens.
Mais à une condition, grotesque. En obligeant les Bell Express Vu, Vidéotron, Shaw et autres Rogers à éditer eux-mêmes le contenu potentiellement offensant d’Al-Jazira.
Ce qui est à peu près aussi ridicule qu’obliger l’imprimeur d’un journal à stopper les presses si un article dudit journal est susceptible d’offenser quelqu’un.
Le OUI du CRTC était dans les faits un NON. Et les câblodistributeurs canadiens ont donc refusé d’offrir la version arabe d’Al-Jazira.
C’était en 2004. Deux ans plus tard, Al-Jazeera English, AJE pour les intimes, voyait le jour.
Al-Jazira fait peur à bien des gens, en Occident.
La chaîne couvre le globe, selon un point de vue différent de CNN ou de la BBC. Dans la foulée du 11 septembre 2001, c’est à Al-Jazira que ben Laden envoyait ses messages à l’univers.
Déjà, c’était suffisant pour rendre suspect de collaboration islamiste ce nouvel acteur médiatique. Puis, vint l’Afghanistan et l’Irak. Al-Jazira a montré l’« autre » côté des invasions de ces deux pays. D’un point de vue différent de celui de CNN, FOX et cie.
Le côté que ne pouvaient pas voir les correspondants « embeddés » dans les blindés de l’armée américaine.
Pour l’administration américaine, Al-Jazira est devenue, dès lors, un ennemi à abattre. Littéralement, ou presque.
Le journaliste d’enquête Ron Suskind, dans le formidable livre One Percent Doctrine (1), affirmait que le missile tombé sur le bureau d’Al-Jazira à Kaboul, fin 2001, après la chute des talibans, n’était pas une bavure militaire...
Al-Jazira fait peur à bien des gens, en Occident. Et quand l’Occidental que je suis s’est retrouvé en Israël, au début de l’année, il était un peu suspicieux, en regardant Al-Jazeera English. La seule chaîne, par ailleurs, à diffuser en direct de Gaza.
Rapidement, j’ai été séduit. Je l’ai écrit : du bon travail journalistique, pas d’hystérie, pas de bêtise, pas de point de vue bêtement pro-palestinien. Et les porte-parole israéliens, militaires et politiques, y défilaient.
Sur CNN, on pouvait voir les hélicoptères israéliens tirer, les soldats se déployer à côté de leurs chars. Al-Jazira, elle, montrait les dégâts de ces missiles. Les blessés arrivant à l’hôpital en civière. Les enfants morts sous les décombres. L’« autre » côté, quoi. Un excellent apport à son buffet de sources d’information quotidien.
Le CRTC va-t-il donner le feu vert à AJE, cette fois-ci ? Ma camarade Agnès Gruda, la semaine dernière, a pris le pouls des groupes d’intérêts qui voient d’un mauvais oeil la venue d’AlJazira dans nos salons. Dont le B’nai Brith.
Michael Mostyn, porte-parole de l’organisme, a déclaré à Agnès: « Cette télévision a une histoire de glorification du terrorisme et même si la chaîne anglaise est différente, les deux appartiennent à la même organisation. »
Ah, ce cher B’nai Brith. Toujours aussi délicat et nuancé dans ses prises de position, qu’il s’agisse des nationalistes québécois ou d’Al-Jazira!
Ce qui est fascinant, c’est que les Israéliens, eux, peuvent regarder AJE. Les porte-parole de l’État hébreu donnent des entrevues à la chaîne.
Mais le B’nai Brith a peur que les Canadiens soient exposés à Al-Jazira. Je veux bien mesurer mes mots et éviter de dire que cela est hystérique, mais avouez que c’est dur.
Ce soir, l’Université McGill sera l’hôtesse d’une conférence portant sur Al-Jazira (2). Une des invitées s’appelle Catherine Cano, ancienne directrice de l’info à Radio-Canada, désormais adjointe au direc teur de l’information de Al-Jazira English.
« C’est Tony Burman, ancien rédacteur en chef de CBC, qui m’a demandé, un jour: Veuxtu venir vivre dans le désert ? » explique Cano, pour expliquer son déménagement à Doha, au Qatar, qui abrite un des centres de diffusion d’Al-Jazira.
Pour Cano, Al-Jazira n’est pas la voix tant « arabe » que la voix du « Sud ». La chaîne couvre ce que les autres couvrent peu, ou pas, dit-elle: Amérique du Sud, Sri Lanka, Afrique, Asie du Sud-Est.
« Le public est assez intelligent, à la fin, pour décider si c’est bon ou pas bon. »
Al-Jazeera English rejoint plus de 140 millions de personnes, dans plus de 100 pays. J’aimerais décider moi-même si son produit est bon ou pas, comme un grand. Dans un monde complexe, où il faut s’abreuver à plusieurs mamelles pour comprendre, ce n’est pas un luxe.
Mais c’est le CRTC qui décide. Le même CRTC qui a accordé une licence de diffusion à AnneMarie Losique pour qu’elle fasse entrer dans nos salons une chaîne de contenu cochon, euh, pardon, il faut dire « osé » (3). En français et in english.



Al-Jazira refait une demande au CRTC - Agnès Gruda
Le Congrès juif et Bnai Brith sont méfiants
Cinq ans après une première tentative infructueuse, le réseau de télévision AlJazira revient à la charge et demande une licence de diffusion au Canada.
C’est la deuxième fois qu’Al-Jazira demande au CRTC une licence de diffusion. Cette fois, par contre, c’est pour sa chaîne anglaise.
Cette fois, c’est sa chaîne anglaise, considérée comme plus « fréquentable » par ses critiques, qui frappe à la porte des salons canadiens. Avec, à sa tête, un atout de taille : Tony Burman, un Canadien qui a longtemps travaillé comme patron de l’information à la CBC. « Pour moi, c’est naturel de vouloir faire accéder les Canadiens à cette chaîne dont je suis très fier et qui est déjà diffusée dans 110 pays », a dit M. Burman lorsque La Presse l’a joint au Qatar, hier.
La chaîne anglaise d’Al-Jazira a donc présenté une demande de licence au CRTC qui pourrait déclencher des consultations publiques dès cette semaine. Le débat s’annonce houleux. Car, même s’ils n’ont aucun reproche précis à formuler à l’égard de la chaîne anglaise qu’ils suivent depuis deux ans, les opposants s’inquiètent. Pour eux, Al-Jazira reste synonyme d’une télévision militante qui donne le micro à « des racistes et des antisémites ».
« Pendant ses deux premières années, la chaîne anglaise n’est pas tombée dans le type de racisme qu’on peut voir sur la chaîne arabe », reconnaît Bernie Farber, directeur du Congrès juif canadien. « Mais les deux réseaux ont la même image de marque », fait-il valoir. Encore tout récemment, une des chaînes d’Al-Jazira donnait le micro à un imam qui faisait l’apologie de l’Holocauste, note M. Farber.
Si le Congrès juif n’a pas encore fait son lit sur la demande d’Al-Jazira, une autre organisation juive, le Bnai Brith, ne mâche pas ses mots. « Cette télévision a une histoire de glorification du terrorisme, et même si la chaîne anglaise est différente, les deux appartiennent à la même organisation », dit Michael Mostyn, porte-parole du Bnai Brith.
Cet organisme n’a rien contre la venue d’Al-Jazira au Canada, mais à une condition: que le CRTC la surveille de près et s’assure qu’elle ne laisse rien passer qui soit « contraire aux valeurs canadiennes ».
Surveiller le contenu
Le hic, c’est qu’il y a cinq ans, une exigence semblable avait suffi à faire dérailler le projet canadien d’Al-Jazira. À l’époque, le CRTC avait accepté de donner une licence à la chaîne arabe à la condition que son câblodiffuseur se porte garant de son contenu. La perspective d’une surveillance continue et coûteuse avait fait reculer les compagnies de câble. Le projet a avorté. A-t-il plus de chance d’aboutir cette fois-ci ?
Tony Burman en est convaincu. « Nous avons fait une véritable percée pendant la guerre de Gaza, souligne-t-il. Nous étions la seule télévision internationale à pouvoir couvrir autant ce qui se passait à Gaza que ce qui se passait en Israël. » La guerre de Gaza a servi de rampe de lancement à la chaîne anglaise d’Al-Jazira, un peu comme la guerre du Golfe avait lancé CNN, note-t-il.
Tout en volant à la défense du réseau arabe, qui fait preuve de neutralité selon lui, Tony Burman fait valoir que les deux chaînes sont bien différentes, ne serait-ce qu’à cause de leur public. Al Jazira anglais répond aux intérêts de ses téléspectateurs dans 69 pays, et ne porte donc pas un intérêt particulier au monde arabe. Hier, par exemple, son bulletin d’information s’ouvrait avec un reportage sur la guerre civile au Sri Lanka. « Nous allons là où sont nos téléspectateurs, c’est-à-dire en Asie, en Amérique latine ou en Afrique, nous avons relativement peu d’auditeurs au Moyen-Orient » , explique Tony Burman.
Il insiste aussi pour dire que les dirigeants du Qatar, qui fournissent 80% du financement d’Al-Jazira, n’interviennent pas dans les décisions éditoriales.
« À mon avis, la chaîne anglaise d’AlJazira est comparable à CNN et BBC », dit Marc Raboy, expert des médias à l’Université McGill. Il dit comprendre les préoccupations du Congrès juif et du Bnai Brith, mais ne pas les partager. « Al-Jazira est la seule chaîne d’envergure internationale à être basée dans le Sud, elle fait du journalisme classique, mais avec une fraîcheur et une énergie particulières », dit-il.
Marc Raboy, qui organise d’ailleurs un débat sur la demande de licence d’AlJazira mardi prochain à l’Université McGill, ne voit tout simplement aucune raison pour que cette chaîne ne soit pas offerte aux Canadiens.



NOUVEAUX HEURTS ENTRE FATAH ETHAMAS
Trois policiers palestiniens ainsi que deux membres du Hamas et un civil palestinien ont été tués hier lors d’échanges de tirs à Qalqilya (nord de la Cisjordanie), suscitant une nouvelle tension entre le Fatah et le mouvement islamiste. Les policiers ont été tués alors qu’ils tentaient d’arrêter Mohammad Samman, un membre des Brigades Ezzedine al-Qassam, le bras armé du Hamas, qui était retranché dans une maison, selon la police palestinienne. Samman ainsi qu’un autre membre des Brigades ont également trouvé la mort, de même que le propriétaire de la maison. Dans un communiqué publié à Gaza, le Hamas a condamné « un crime commis par des bandes qui opèrent pour le compte des sionistes (Israël, ndlr) », affirmant que « Mahmoud Abbas, son autorité et ses services de sécurité ont dépassé les lignes rouges et assument l’entière responsabilité de ce crime abject ».





Ahmadinejad au coeur d’une tempête diplomatique
CONFÉRENCE DE L’ONU SUR LE RACISME
Seul chef d’État présent à la conférence de l’ONU sur le racisme, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’avait pas prononcé deux phrases de son discours, hier, que déjà il soulevait une tempête diplomatique. Outrés par ses propos sur Israël, une quarantaine de diplomates européens ont quitté la salle en cortège pendant son allocution.
Dans la salle, trois manifestants étaient déguisés en clown et criaient « raciste, raciste » à l’intention du président iranien.
Connu pour ses positions extrêmes – il a déjà menacé de « rayer Israël de la carte » –, Mahmoud Ahmadinejad a profité de la tribune qui lui était offerte hier matin à Genève pour faire le procès du gouvernement israélien, « un régime cruel, d’oppression et raciste dans la Palestine occupée », a-t-il lancé.
Le président iranien a aussi envoyé une salve contre les alliés occidentaux d’Israël. « Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, (les alliés) ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive », a ajouté le chef d’État iranien.
Malgré les imprécations de trois manifestants déguisés en clown qui criaient « raciste, raciste » à son intention et le coup de théâtre des diplomates européens, Mahmoud Ahmadinejad, impassible, n’a pas interrompu son discours, le tout premier prononcé dans le cadre de la deuxième Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance des Nations unies. Il n’y avait pas que de la désapprobation dans l’air : plusieurs personnes dans la salle de conférence ont applaudi et crié leur soutien au président iranien.
Dans les minutes qui ont suivi le discours contesté, des réactions ont fusé de partout dans le monde. L’ambassadeur adjoint des États-Unis à l’ONU a qualifié « d’exécrable » et de « honteux » les propos d’Ahmadinejad. Le président français Nicolas Sarkozy a dénoncé ce qu’il considère « un appel intolérable à la haine raciste ».
Le secrétai re général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déploré pour sa part l’intervention du politicien iranien qui, selon lui, « accuse, divise et provoque ».
Cette conférence, baptisée Durban II par plusieurs, en référence à la première rencontre houleuse du même genre qui a eu lieu en Afrique du Sud en 2001, était déjà partie du mauvais pied. Plusieurs pays, dont le Canada, l’Australie, l’Italie et Israël l’ont boycotté bien à l’avance. Juste avant son ouverture, les ÉtatsUnis et les Pays-Bas, ont signifié qu’ils n’y participeraient pas. Des parties de la déclaration finale de la conférence visant Israël sont au coeur du litige.
« Certains croient que les pays occidentaux auraient dû être impliqués dès le début pour obtenir de meilleurs résultats, mais je suis loin d’en être convaincu » a dit hier à La Presse l’ancien ambassadeur canadien aux Nations unies, Paul Heinbecker. Ce dernier avait claqué la porte de Durban I après que le Canada y fut accusé « d’esclavage ».
Schisme Orient-Occident
Selon Sami Aoun, le discours d’Ahmadinejad et l’approbation qu’il a suscité dans une partie de l’audience, est symptomatique d’un malaise plus profond au sein des Nations unies.
« Ahmadinejad exprime en quelque sorte la volonté de beaucoup de pays qui veulent désoccidentaliser les grandes institutions internationales. Il y a beaucoup d’antiaméricanisme et de mécontentement dans ces pays à l’égard de la politique israélienne », explique le professeur de science politique de l’Université de Sherbrooke. Si au sein du G20, les pays du Sud sont peu représentés, dans les instances de l’ONU, ils sont grandement majoritaires.




Conflit de Gaza: Israël responsable de six incidents graves
La responsabilité d'Israël est engagée dans six incidents ayant causé des morts, blessures ou dégâts dans les installations de l'ONU lors de l'offensive à Gaza en décembre/janvier, selon un rapport publié mardi à l'ONU et contesté par l'Etat hébreu.
«Dans six des neuf incidents (ayant fait l'objet de l'enquête), les morts, blessures et dégâts ont été causés par des actions militaires des Forces de défense d'Israël (IDF), usant de munitions lancées ou larguées depuis les airs ou tirées du sol», affirme ce rapport dont un résumé a été remis au Conseil de sécurité et communiqué à la presse.
Un septième incident, moins grave, est également attribué à des tirs israéliens, d'armes légères. Un huitième est en revanche attribué à «une faction palestinienne, probablement le Hamas» et aucune responsabilité certaine n'a pu être établie pour le neuvième.
Le rapport émane d'une commission d'enquête indépendante mise sur pied par l'ONU pour enquêter sur neuf incidents lors desquels les locaux de l'ONU dans la bande de Gaza avaient subi des bombardements ou des tirs, attribués pour la plupart à Israël et qui avaient fait des morts, des blessés et d'importants dégâts matériels.
Avant même sa publication, le gouvernement israélien a rejeté le rapport de la commission, affirmant qu'il était biaisé en faveur du groupe islamiste Hamas.
«L'Etat d'Israël repousse les critiques formulées dans ce rapport et estime qu'elles sont biaisées, déséquilibrées et ignorent les faits tels qu'ils ont été présentés (par Israël) à la commission d'enquête, et induisent donc l'opinion mondiale en erreur», a indiqué le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.
«Il est stupéfiant que le rapport de l'ONU ne fasse pas porter la moindre responsabilité au Hamas qui s'est pourtant installé à proximité des installations de l'ONU pour lancer des attaques contre Tsahal», l'armée israélienne, dit encore le ministère.
Le quartier général de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) et plusieurs de ses écoles avaient été endommagés dans des attaques israéliennes lors de l'offensive qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens.
«Aucune activité militaire n'était menée à partir des locaux de l'ONU au moment de ces incidents», ajoute le rapport, contredisant les affirmations d'Israël à l'époque.
Il accuse le gouvernement d'Israël de n'avoir «pas fait suffisamment d'efforts et pris assez de précautions pour remplir sa responsabilité de respecter l'inviolabilité des installations de l'ONU et protéger les civils dans ces lieux».
«Les actes des forces israéliennes impliquent des degrés variés de négligence ou d'imprudence» vis-à-vis de ces installations «ayant eu pour conséquences des morts, des blessures et d'importants dégâts matériels», poursuit le rapport.
La commission d'enquête recommande à l'ONU de demander à Israël «une reconnaissance formelle du fait que ses affirmations publiques selon lesquelles des Palestiniens avaient effectué des tirs à partir de l'école Jabalia de l'UNRWA le 6 janvier et du bureau de l'UNRWA le 15 janvier étaient fausses et qu'Israël les regrette».
Elle recommande aussi que l'ONU entame des démarches pour obtenir d'Israël des réparations financières pour les dépenses en conséquence de ces incidents.
Lors d'une conférence de presse peu après la diffusion du rapport, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué son intention de «demander réparations pour les dommages subis par l'ONU».
Soulignant le «caractère indépendant» de la Commission, il a démenti des informations de presse selon lesquelles il aurait édulcoré le rapport sous la pression des autorités israéliennes.
Il a remercié le gouvernement d'Israël pour sa coopération à l'enquête, ainsi que l'Autorité palestinienne.
Par ailleurs, depuis Genève, le Comité anti-torture de l'ONU a dénoncé mardi l'utilisation par le Service général de sécurité israélien d'un centre secret de détention et d'interrogatoires.


Le parapluie perdu  -  PATRICK LAGACÉ
Youssef Ismail, 51 ans, apatride, est un parapluie qui poireaute au comptoir des objets perdus des nations. C’est inhumain, c’est indigne, c’est absurde.
En 1992, I mmigration Canada a émis un ordre d’expulsion contre le P a l e s t i n i en Yous s e f Ismail. Refusée, sa demande de réfugié politique au Canada. Ça arrive. Mais la justesse de cette décision n’est pas le but de cette chronique.
Le hic, c ’est que Youssef Ismail est encore au pays. Il vit dans un petit appartement, sur Crémazie.
Youssef Ismail, 51 ans, aimerait bien retourner dans son village, en Cisjordanie.
Mais Ismail n’a pas de pays. Les Palestiniens vivent sur un territoire enclavé dans l’État d’Israël. Et c’est Israël qui contrôle les entrées et sorties des Palestiniens sur ces territoires.
Or, depuis 1994, I sraël refuse de délivrer les papiers de voyage qui permettraient à Youssef Ismail de quitter le Canada, monter dans un avion qui se poserait à l’aéroport de Tel-Aviv, transiter par le territoire israélien pour arriver à Qalqilya, le village où vivent encore sa soeur, sa mère, son frère.
Pourquoi ? Je n’ai pas de réponse . Per sonne n ’ a de réponse.
À l’Agence des services frontaliers du Canada, un porteparole m’a lu une déclaration : « Pour procéder, on doit obtenir des documents de voyage du pays en question. Mais je ne peux vous demander de renseignements sur une tierce partie. »
J’ai donc appelé le consulat israélien à Montréal. On m’a renvoyé à l’ambassade israélienne à Ottawa. J’ai laissé des messages. Pas de réponse.
Mon ami et collègue Fabrice de Pierrebourg a fouillé le volumineux dossier de Youssef Ismail, pour RueFrontenac. com. Il a trouvé des traces à propos de fonct ionnaires exa spérés qu’ I sraël , dans ce dossier, traîne les pieds. Une note de service, datée de 1992, est claire : la solution est « diplomatique ».
Stéphane Handfield est avocat en immigration. Ce qui, entre vous et moi, n’est pas exactement la meilleure façon de devenir riche. Représenter pro bono un Palestinien sans le sou non plus, coincé dans un vide juridique digne de Kafka non plus.
« Je n’ai jamais rien vu comme ça », me dit Me Handfield, alors que Youssef Ismail est assis bien sagement à côté de moi, f lottant dans ses vêtements pêchés dans les coffres d’un organisme d’aide aux pauvres.
Et moi , j e n’avais j amais vu d’apatride. Un apaquoi ? Apatride: sans patrie. C’est ce qui est écrit sur le document officiel d’Immigration Canada, le seul document qui confère une existence juridique à ce petit chauve : apatride. Stateless. Sans État, quoi.
Ismail baragouine l’anglais. Comprend un peu le français. Ne peut pas travailler, ne peut pas étudier. Et il est en train de devenir fou. Peut-être est-ce déjà fait, remarquez...
Ismail a fait des conneries. faux passeport italien, habite rue Créma z ie, à Montréa l , Québec, Canada, parce que quelqu’un, quelque part, en Israël, pour une raison inconnue, ne veut pas lui émettre de papiers officiels pour transiter de l’aéroport Ben-Gourion à son village.
Pourquoi ? Raisons de sécurité, fort probablement.
Il a frayé avec l’Organisation de libération de Palestine, à la fin des années 70, au Liban. Puis, en Italie, où il a vécu, les flics l’ont arrêté, après le drame de l’Achille Lauro, un bateau de croisière détourné par des terroristes du Front de libération de Palestine, qui ont bravement tué un Américain handicapé pendant le siège.
Ismail a été interrogé, puis relâché. Aucune accusation.
Mais comme je vous dis : personne n’a de réponse. On Exaspéré d’attendre, de flotter dans ce vide juridique, depuis 17 ans, il a fait des menaces dans des bureaux fédéraux. Genre, je vais me faire sauter ! Il a déjà brisé une vitre dans un bureau. Des bêtises du genre. Tout pour attirer l’attention.
Ma i s ça ne ma r che pas . Youssef Ali Ismail, né en 1958 dans un village jordanien qui a cessé d’être jordanien en 1967, après la guerre des Six Jours, « et pas au Liban, comme c’est écrit sur le papier d’Immigration Canada », arrivé ici avec un ne sait pas pourquoi, en vérité, Israël refuse de laisser atterrir Ismail à Ben-Gourion.
Est-il un dangereux terroriste ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas l ’ a r rêter ? Pourquoi les Israéliens ne veulent-i ls pas l ’ i nterroger ? Pourquoi le Canada le laisse-t-il vivre dans son appar tement , rue Crémazie ?
C’es t i ncompréhens i ble. Chaque année, des Palestiniens sont expulsés de pays occidentaux vers les Territoires occupés. Il faut bien qu’ils passent, à un moment donné, par Israël : les villages palestiniens sont enclavés dans le pays
Donc, des Palestiniens expulsés, et il y en a pas mal puisque les Palestiniens forment 50% des 8 millions d’apatrides de la planète, ça existe. Israël les accommode. Mais pas Youssef Ismail. Pourquoi ? Parce que. Dans cette affaire, Israël fait la sourde oreille, le Canada ne fait pas de vagues et le Québec, lui, paie. Ben oui : l’aide sociale, c’est provincial. Et Ismail reçoit le strict minimum que l’État québécois consent aux pauvres : 580$.
Youssef Ismail, 51 ans, attend donc, rare demandeur de statut de réfugié qui veut être retourné dans son pays au pc...
J’ai bien peur, mon pauvre Ismail, que ça n’arrivera pas.
On d i r a i t bien que quelqu’un vous a oublié dans l’équivalent humain du comptoi r des objets perdus.
Youssef Ismail, 51 ans, apatride, est un parapluie qui poireaute au comptoir des objets perdus des nations.
C’est inhumain, c’est indigne, c’est absurde.
Et c’est, semble-t-il, le destin de M. Ismail. Encore plus absurde ? La distance entre l ’ aéro - port Ben-Gourion de Tel-Aviv et Qalqilya, le village de la famille de Youssef Ismail, est de 35 kilomètres ; 34 minutes en voiture, selon Google Map.



Entre peste et choléra  PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE

On semet à la place des Palestiniens et, vraiment, il y a de quoi être envahi par la sympathie. En ces journées terribles du début de 2009, ils étaient coincés entre le choléra et la peste.
Vous dire, d’abord, à quel point j’haïs écrire sur le conf lit israélo-palestinien. C’est immanquable: chaque fois, ça attire un tas d’excités, les plus casse-pieds qui soient : ceux qui lisent votre chronique avec une loupe.
Oui, oui, il y a des lecteurs qui lisent le journal avec une loupe.
Ce n’est pas qu’ils soient myopes. Enfin, si, ils sont myopes, mais au sens figuré seulement...
Ils lisent avec une loupe, ils voient une virgule suspecte et, Ah-HA! , ça y est, vous êtes pour eux un agent sioniste, un sympathisant terroriste, un pantin de la CIA, un naïf pro-islam ou un anti-arabe à la solde du Mossad.
Toutes ces étiquettes pour la même virgule, remarquez.
Bon, petit détour pour vous dire que Human Rights Watch, une ONG basée à New York, qui défend les droits de l’homme, est allée constater sur le terrain les exactions commises et/ou tolérées par le Hamas, pendant le pilonnage de Gaza par Israël.
D’où le nom du rappor t : « Sous couvert de la guerre: La violence politique exercée par le Hamas à Gaza ».
Assassinats, intimidation, mutilations : le Hamas a profité des bombes d’Israël pour continuer sa guerre avec le Fatah, son rival politique. Et pour persécuter les Gazaouïs soupçonnés de collaboration avec Israël.La tactique préférée des goons du Hamas ? Estropier les hérétiques à coups de balles de AK-47 dans les jambes.
Pendant les bombardements israéliens, des hommes agissant au nom du Hamas auraient ainsi exécuté 18 Palestiniens, rapporte HRW. Puis, depuis la fin des combats, 14 autres Palestiniens ont été tués par le Hamas.Il n’y a là rien de neuf sous le soleil de la Méditerranée. Depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza, en 2007, les détentions arbitraires, les passages à tabac, les balles dans les jambes et la torture sont pratiquées par le Hamas contre ses opposants.Et le mot « opposant », comme chaque fois avec les fêlés, a une définition élastique. À preuve : HRW documente le cas d’un Palestinien d’une vingtaine d’années qui, selon son propre aveu, « a fait une erreur ».
L’erreur? Eh bien, le type était avec des amis, à la mi-janvier, dans la rue, parlant des événements du jour. Difficile de parler d’autre chose que du bombardement israélien, n’estce pas…
Et le type a passé une remarque désobligeante envers le Hamas.
Juste ça. Une remarque pas gentille.
Ce soi r-là, une douzaine d’hommes armés et masqués l’ont kidnappé chez lui, ils l’ont traîné dans un terrain vague, et lui ont tiré trois balles dans les jambes.
Notons ici qu’une balle dans les jambes n’a pas le même effet à Gaza qu’à Laval. Traduction: la médecine accomplit moins de miracles dans ce coin du monde qu’ici. On boite plus longtemps, après être passé sous le bistouri, à Gaza…
Le rapport de HRW se lit comme un petit traité de banditisme. À côté, les Hells Angels sont des enfants de choeur.
On se met à la place des Palestiniens et, vraiment, il y a de quoi être envahi par la sympathie. En ces journées terribles du début de 2009, ils étaient coincés entre le choléra et la peste.
D’un bord, Israël qui lance des missiles Hellfire d’hélicoptères sur des zones résidentielles.
De l’autre, le Hamas qui utilise la population civile pour se cacher de ces bombardements.
D’un bord, des snipers israéliens qui tirent sur des civils, en toute connaissance de cause, selon des témoignages de soldats (témoignages désavoués par une enquête de… l’armée).
De l’autre, des miliciens du Hamas qui tirent dans les jambes des civils soupçonnés d’être des agitateurs du Fatah ou des espions d’Israël. Évidemment, le Hamas n’enquête pas sur ces exactions.
Au final, 1400 Gazaouïs sont morts pendant le bombardement israélien.
Le Hamas a tué 10 soldats israéliens pendant les semaines de l’opération Plomb durci. Et trois citoyens israéliens, avec les roquettes des Brigades alQassam. Total : 13 Israéliens tués par la « résistance ».
En tuant 18 résidants de Gaza pendant cette opération, le Hamas a donc réussi à éliminer plus de Palestiniens que d’Israéliens.
Parlez-moi d’une « résistance » conséquente!

On va me dire, c’est sûr, qu’Israël est à blâmer. Qu’Israël a fait tomber sur Gaza tout ce que le génie militaire moderne a de mieux à offrir.
Que le combat était inégal. C’est vrai.
Mais c’est précisément l’exaspérant piège de ce maudit con f l i t : tomber da ns une concurrence des victimes.
Il y a des gens qui vont dire: Ah, voyez, le Hamas, c’est une bande de barbares, il faut ce qu’il faut…
Ah oui ? Même des bombes au phosphore ?
Je soul igne le rapport de HRW parce qu’il y a vraiment des salopards des deux bords. Je ne sais même plus qui l’est davantage.
Quand je suis allé en Israël, en janvier, c’est ce que j’ai trouvé de plus dur: faire comprendre qu’il n’y a pas les bons d’un bord et les méchants de l’autre. C’est plus compliqué.
Et, chaque fois qu’Israël est critiquée, ici, c’est ce qui me déprime: cette tendance qu’ont bien des gens à avoir des sympathies pour le Hamas (ou le Hezbollah), puisque Israël est le « méchant » désigné.
Notez aussi que lesmanifs antiHamas ne paralysent pas souvent le centre-ville.
On lit ce rapport de HRW et on voit l’ampleur du banditisme islamique à Gaza.

Solidarité avec les Palestiniens? Évidemment, toujours. Avec le Hamas? No way, jamais.


UNE VILLE EMMURÉE  -  Agnès Gruda
Qalqilya est une ville palestinienne de 45 000 habitants, adossée à la « ligne verte », la frontière reconnue d’Israël. Ici, le maire est islamiste et le Hamas a la cote.
Les agriculteurs de la région de Qalqilya doivent passer par des «portes agricoles» pour rejoindre leurs lopins de terre. Parfois, l’attente peut prendre des heures.
Aujourd’hu i , cet te vil le de Cisjordanie est presque complètement encerclée par huit mètres de béton. Les agriculteurs qui possèdent des terres au-delà du mur doivent passer par une « porte agricole » ouverte à peine quelques heures par jour.
Tous les matins, ils se rassemblent dès l’aube devant une grille métallique surmontée de barbelés. L’attente est longue. Les paysans doivent exhiber les bons papiers et traverser un détecteur de métal.
Abed Arabas, horticulteur, vit à Qalqilya. Pour aller travailler chez Shquarro, une pépinière située dans une zone tampon de l’autre côté du mur, il emprunte un tunnel qui passe sous une route réservée aux Israéliens. Pour passer, il doit montrer patte blanche. Ça peut prendre jusqu’à deux heures.
Les Israéliens, eux, entrent dans la zone tampon sans s’arrêter aux points de contrôle. Et voyant leurs plaques d’immatriculation jaunes, les soldats leur font signe de passer.
« Une zone tampon ici ? Je ne savais pas », dit une cliente de la pépinière qui habite la colonie juive voisine d’Alfe Menache.
Les clients de Shquarro sont presque tous israéliens. Ils adorent Abed et viennent de loin pour acheter ses fleurs. Sont-ils conscients du temps qu’il perd chaque jour pour traverser le mur?
« J e ne c r oi s pas » , dit l’horticulteur.
« Abed est très gentil, mais c’est la situation, je n’y peux rien et il n’y peut rien », résume Dani Lévy, fleuriste israélien venu chercher des fleurs pour sa boutique.
D’autres cultivateurs palestiniens ont abandonné l’idée de vendre leurs produits à l’extérieur du mur.
Eux qui, autrefois, écoulaient leurs légumes dans toute la Cisjordanie doivent maintenant poireauter des heures aux points de passage. Leurs tomates pourrissent. Ils ont de la peine à atteindre le village palestinien voisin. Alors ils se rabattent sur la clientèle locale.
Et la construction du mur n’est pas encore terminée. Sur la carte, le pointillé qui indique où passera la barrière pointe deux doigts au coeur de la Cisjordanie, à la hauteur de Qalqilya et de Salfit.
Pour Ray Dolphin, du Bureau des Nations unies pour les Affaires humanitaires (OCHA) à Jérusalem, une fois que ce plan sera réalisé, « la vie dans ces villes deviendra impossible ».

SEULS ENTRE LES BARBELÉS
Les Palestiniens l’appellent al djeddar – le mur. En hébreu, on dit gader, la barrière. Érigée pour empêcher les attentats suicide qui ont fait plus d’un millier de victimes israéliennes au début des années 2000, cette construction s’enfonce par endroits
CISJORDANIE MASHA— Hani Amir a la tête presque aussi dure que le mur de béton qui domine sa maison. Ni les pressions, ni les barbelés ne lui feront quitter l’endroit où il vit avec sa femme, Mounira, et les plus jeunes de leurs six enfants.
Hani Amir vit derrière ce portail dont il possède la clé. En principe, il lui est interdit de recevoir des visiteurs.
Pour se rendre chez les Amir, il faut traverser Masha, village palestinien situé à un peu plus d’une heure de route au nord de Jérusalem.
Avec ses fenêtres placardées et ses rues désertes, Masha a des airs de village abandonné. Au bout d’une rue cahoteuse, nous débouchons sur une zone militaire encerclée par des clôtures métalliques et 37 panneaux de béton gris. C’est à l’intérieur de cette zone qu’habitent les Amir.
Terre rocailleuse, rosiers secs, maison aux murs écaillés. Les Amir vivent coupés de Masha, leur village palestinien. Mais ils sont aussi séparés d’Elqana, la coquette colonie juive qui se déploie derrière leur maison. De l’autre côté des barbelés.
Masha se trouve en pleine Cisjordanie, à l’est de la « ligne verte » – la frontière reconnue d’Israël. Au loin, on aperçoit des villages palestiniens et leurs minarets. Mais Hani Amir habite un no man’s land militaire, ni tout à fait en Palestine ni tout à fait en Israël.
Ennui
Averti de notre visite par un coup de fil, Hani descend d’un pas lourd vers la porte grillagée pour nous faire entrer.
Théoriquement, seuls les résidants de sa maison sont autorisés à traverser cette porte. En pratique, les militaires israéliens surveillent distraitement l’endroit. Mais cet environnement de béton et de fer décourage les visiteurs.
« Je m’ennuie, ici, il n’y a personne avec qui jouer », se plaint Sheddad, un gamin de 9 ans, le cadet de la famille.
« Nous sommes très isolés, nos proches craignent de nous exposer à des représailles israéliennes en venant chez nous », soupire sa mère, Mounira.
L’idée d’ériger une barrière protectrice entre Israël et les territoires occupés remonte à plus de 15 ans. C’est l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin qui l’avait évoquée pour la première fois, à la suite d’un attentat terroriste dévastateur.
Mais c’est un autre premier ministre, Ariel Sharon, qui a fait voter en 2002 les crédits pour la construction de la barrière.
Tantôt mur massif, tantôt clôture métallique surmontée de barbelés, la barrière suit une ligne accidentée, piquant à l’intérieur de la Cisjordanie pour englober des colonies juives. ÀMasha, les Israéliens ont voulu assurer un tampon de sécurité aux colons juifs d’Elqana. Mais pour cela, il fallait exproprier Hani Amir. Il a dit non, malgré l’offre de compensation. « Je ne partirai jamais », clame-t-il encore aujourd’hui. Pourtant, la barrière a détruit sa vie.
Plus de citronniers
Il y a encore cinq ans, Hani Amir vendait ses citronniers et ses pots en grès dans la pépinière adjacente à sa maison. Il avait aussi un petit restaurant où ses clients, Juifs et Palestiniens, pouvaient discuter autour d’un thé à la sauge.
Quand il a appris que la barrière de protection charcuterait son terrain et détruirait ses serres, Hani Amir a voulu se battre contre le mur. Dans plusieurs causes semblables, les tribunaux ont forcé Israël à déplacer la barrière. Mais pas à Masha.
En regardant par la fenêtre de sa maison, les Amir ne voient plus de pépinière, mais des panneaux de béton gris. Leur maison se dresse seule au milieu des barbelés.
Cette histoire unique a fait le tour de la planète. Des militants internationaux sont venus chez les Amir. Ils ont peint des fleurs et des oiseaux sur « son » mur. Mais même décorée, la paroi reste oppressante.
Coincés dans leur bulle militarisée, les Amir sont aussi coupés des terres qu’ils possèdent dans un village voisin, Azzun Atma. Autrefois, pour y aller, Hani Amir n’avait qu’à traverser Elqana et à filer cinq minutes vers le sud.
Cette route est désormais réservée aux Israéliens. Et la terre de Hani Amir tombe en plein entre le mur et la « ligne verte » – une zone tampon assujettie à la loi militaire. Pour y accéder, il faut mille détours et un permis. Hani Amir en possède un. Mais pas les hommes qu’il voudrait employer…
« Je ne peux pas tout faire tout seul », dit-il quand nous le retrouvons sur ses terres par une journée de bruine froide. À 51 ans, Hani a le visage buriné et un teint de cendre. Il a l’air vieux.
« Je suis incapable de travailler ma terre. Je viens ici simplement pour la regarder. »
Le voisin
Rahamim Ashwal est le voisin des Amir depuis 20 ans. Il jure qu’il aime bien Hani, même s’il le trouve un peu têtu.
Les deux familles ont vu naître et grandir leurs en f a nt s . Les Ashwa l à Elqana, une ville j uive coquette avec des toits orange et des amandiers en fleurs. Les Amir à Masha, village palestinien moribond depuis qu’il ne fait plus affaire avec ses voisins juifs.
Avant, les Ashwal et les Amir s’invitaient parfois à prendre le thé. « Hani Amir nous donnait des plantes en échange de vêtements », se souvient Rahamim Ashwal.
Mais un jour, un gars d’Elqana a été assassiné à Masha, où il était allé faire réparer son auto. Depuis, les colons juifs ont peur.
Plus personne ne va faire réparer son auto à Masha. Des enseignes y pendent de guingois sur les murs d’ateliers abandonnés. Et une clôture métallique sépare désormais les maisons des deux voisins.
« Personne n’aime les barrières mais, pour moi, elle représente la sécurité », dit Rahamim. Ce comptable croit que Hani aurait dû accepter l’offre de compensation israélienne. Et que s’il l’a rejetée, c’est par crainte de représailles palestiniennes.
Pour un Palestinien, laisser sa maison aux Israéliens, c ’ est assez pour passer pour un « collabo », un statut à haut risque. Pourtant Mounira, la femme de Hani, quitterait volontiers cette maison de malheur étranglée de toutes parts.
Mais c’est Hani qui décide. Et il n’a qu’une phrase à offrir à ceux qui lui demandent pourquoi il continue de vivre au milieu des barbelés. « Ici, c’est chez moi. »



La conférence internationale sur le racisme vouée à l’échec?

GENÈVE— DurbanIIvouéeàl’échec avant même d’avoir commencé ? Après le fiasco de la première réunion du genre, la deuxième conférence des Nations unies sur le racisme s’ouvre aujourd’hui à Genève sur fond de défections de plusieurs pays occidentaux et de craintes de dérapages liés à la venue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a qualifié hier Israël de « porte-drapeau du racisme ».
Après avoir fait planer le doute jusqu’à la dernière minute, les États-Unis, l’Australie et les PaysBas ont finalement annoncé qu’ils ne participeraient pas à la conférence, qui doit assurer le suivi de celle, houleuse et très controversée de Durban, il y a huit ans en Afrique du Sud. Le Canada et Israël ont, quant à eux, fait savoir de longue date qu’ils ne seraient pas présents et l’Italie leur avait emboîté le pas début mars.
Les Pays-Bas et l’Australie redoutent ouvertement que la réunion ne soit l’occasion d’attaques antisémites du type de celles qui avaient gravement entaché la réunion de 2001, avec le départ fracassant des États-Unis et d’Israël. Le président iranien, connu pour ses diatribes antisémites, doit prononcer un discours aujourd’hui au siège des Nations unies de Genève, lieu de la conférence.
« La conférence est trop importante pour qu’elle fasse l’objet d’un détournement à des fins politiques et d’attaques contre l’Occident », s’est expliqué le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxim Verhagen.

De son côté, le Congrès juif européen a appelé les pays européens à « tirer les leçons du passé et à se retirer » de la conférence.
Inquiets et divisés, la majorité des pays de l’UE n’avaient toujours pas tranché hier soir sur leur participation à la réunion, hormis la Grande-Bretagne, qui a annoncé la présence de son ambassadeur à l’ONU.
Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères avait indiqué plus tôt dans l’après-midi que son pays essayait de « convaincre (ses) partenaires européens d’y aller en plus grand nombre ».
Outre les craintes liées à M. Ahmadinejad, la plupart des pays occidentaux butent encore sur le projet de déclaration finale produit par les diplomates vendredi à Genève et qui semblait avoir obtenu un consensus, s’inquiétant d’atteintes à la liberté d’expression.

Le document, entériné vendredi par le comité préparatoire de la conférence, ne fait pourtant plus mention d’Israël ni de la diffamation des religions, deux « lignes rouges » pour les Occidentaux, tandis que le paragraphe sur la mémoire de l’Holocauste était maintenu contre l’avis de l’Iran.
Reconnaissant les « progrès » accomplis, les États-Unis ont pour leur part déploré qu’y figure la réaffirmation de la Déclaration et Programme d’action de Durban (DDPA) de 2001, qu’ils n’ont pas adopté.
La DDPA comporte en effet deux paragraphes traitant du conflit israélo-palestinien que Washington conteste. Celui sur le « sort du peuple palestinien vivant sous occupation étrangère » figure qui plus est au chapitre des « victimes du racisme », ce qui revient de facto à assimiler l’occupation à du racisme.

Pas si prioritaire
Le conflit au Proche-Orient n’est pas le plus meurtrier de la planète - Frédéric Ensel
De grâce, cessons de faire de cette région et de ce conflit l’épicentre des malheurs de la planète.
BL’auteur est directeur de recherches à l’Institut français de géopolitique et maître de conférences à Sciences-Po et à l’ESG Paris. Il vient de publier « Horizons géopolitiques » aux éditions Le Seuil. arack Obama souhaite que s’apaisent rapidement les tensions au Proche-Orient, et il a raison. Pour autant, en quoi cette question serait-elle prioritaire à l’échelle de la planète?
Le constat peut surprendre; il est pourtant irréfutable. Si l’on s’en tient aux victimes tombées de mort violente (hors crimes de droit commun, s’entend) sur le sol des États et territoires libanais, israélien, syrien, jordanien, égyptien et palestinien, on doit concéder que la zone est mortifère. Sans tomber dans une comptabilité macabre, on peut estimer à environ 75 000 le nombre de victimes des différents conflits du Proche-Orient sur un siècle, depuis l’effondrement de l’Empire ottoman en 1917.
Dans l’absolu, ce chiffre est important, mais relativement à d’autres chiffres correspondant à des zones qui furent ou demeurent en conflit ouvert ou latent, il s’inscrirait plutôt au bas de l’échelle.
Les guerres et/ou guérillas de Corée (1950-53), d’Algérie (1954-62), d’Indochine puis du Vietnam (1946-75), du Sri Lanka (1983-2009) du Caucase (1991années 2000), d’Amérique latine (années 1970) ou encore d’Afrique noire (années 1990-2000 surtout), ont chacune provoqué un nombre bien supérieur de morts au combat que l’ensemble des affrontements militaires israélo-arabes et interarabes du Proche-Orient.
Encore convient-il absolument de distinguer les guerres (globalement) conventionnelles d’une part, les massacres d’autre part. Toute vie humaine fauchée est certes à déplorer. Mais en droit international, comme dans la moralité qu’il traduit et protège en principe, on ne confond heureusement pas la violence du choc des armées conventionnelles sur le champ de bataille et la violence sans foi ni loi des meurtriers assassinant des civils.
Or au Proche-Orient, aussi surprenant que cela puisse paraître au regard des affrontements de moins en moins interétatiques, on déplore depuis 1945 davantage de victimes militaires que de victimes civiles.
On y massacre globalement moins qu’ailleurs en temps de montée aux extrêmes, y compris pendant des guerres civiles finalement assez rares et localisées ( Liban 1975-1991 surtout). Une très épaisse couverture médiatique a « permis » à des crimes contre l’humanité (Septembre noir en Jordanie, Damour ou Sabra et Chatila au Liban, attentats terroristes en Israël) de se faire connaître davantage que d’autres drames survenus ailleurs, mais joue ainsi le prisme déformant et dénaturant.
En outre, puisqu’on ne constate jamais vraiment d’accalmie totale dans la région du fait de cette espèce de constance d’une conflictualité dite de « basse intensité », elle nous apparaît à feu et à sang, dévoreuse de civils. Or là encore, si l’on compare la situation des civils procheorientaux en temps de guerre (ouverte ou larvée) à celle qui a prévalu au Biafra, au Cambodge, en Tchétchénie, dans les Balkans ou, très récemment, dans l’Afrique des Grands Lacs, on constate l’absence de génocides et de crimes de masse, et même la relative rareté des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Spontanément, on pense à la rivalité israélo-palestinienne en entendant le vocable composé « Proche-Orient ». Pourtant, cette région du monde n’a pas connu, comme par soudaine malédiction, un état de guerre endémique à partir du conflit entre Israël et les Arabes de Palestine ou des alentours. Dans bien des cas, le conflit israélo-palestinien ne « joue » pas ou alors comme simple instrument de propagande, et souvent ne représente-t-il qu’une toile de fond, mais pas la cause directe de ces violences. Croit-on sérieusement que si Israël disparaissait comme État souverain, le Proche-Orient se stabiliserait? Illusoire!

On admettra sans risque, à l’instar de Barack Obama, qu’un apaisement de la confrontation au Proche-Orient contribuerait évidemment à éviter certaines montées aux extrêmes. Mais de grâce, cessons de faire de cette région et de ce conflit l’épicentre des malheurs de la planète.