Politique internationale

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS



Après le Yémen, quel autre pays ? - Jocelyn Coulon


Le Soleil au Burkina Faso...
L’Afrique veut prendre sa place dans l’économie mondiale  -  Philippe Mercure

L'Europe serait-elle en train de démontrer au monde ce que peut-être le pouvoir de demain ?...
Le premier ministre belge présidera l'Union européenne
Nouveaux visages recherchés pour l'Europe

Et notamment, l'Europe n'est-elle pas surtout en train de démontrer que l'union fait la force ?...
Une Europe fédérale ?

L'Europe face à elle-même
L'Europe contrainte à l'austérité

With rescue of Greece, Europe veers down a new path
L'UE perd patience à l'égard de l'Ukraine
La présidence ratée d'une Europe minimaliste
L’Irlande dit oui au traité de Lisbonne ; L’Union européenne n’est pas tirée d’affaire

... et pourtant...
Fragile Merkel - Le sursis

La Turquie toujours loin de l’UE


Et pourtant, la voie de l'intégration ne peut-elle pas se faire que lorsqu'on doit faire face à des défis communs ?...
Le piège de la déflation

Euro zone woes revive French-British feud
Londres est pris à partie au Parlement européen
Les Anglais dehors
Perspectives - L'Angleterre jette les amarres
Zone euro - Un pacte aux contours flous... sans les Anglais
The day Britain’s Prime Minister failed


David Cameron was right, and now has the allies to prove it - Globe editorial
David Cameron and Britain right not to join EU fiscal compact

Le couple de l’année

Les investisseurs passent un message à l’Allemagne
Éviter la catastrophe !
La zone euro en crise - La nouvelle dame de fer de l'Europe
Clarifying Europe’s choices
L’europe à deux vitesses


Perspectives - De guerre lasse
Dix-sept Prix Nobel croient à la survie de la zone euro
Merkel, Sarkozy seek euro zone economic government
La zone euro divisée face à la tentation du grand saut fédéral
Zone euro - La tentation du vide (1)
Guy Verhofstadt: «J'accuse»
Alerte sur l’euro
Quel avenir pour l’Europe?
Germany must take the wheel in the European Union
La Grèce divise l’Europe
Union européenne - L'ensemble doit avoir un droit de veto sur les parties
Un ministre européen des Finances ?

Vers une nouvelle crise financière
Crise de la dette souveraine - Un choc salvateur pour la zone euro
Pour un eurofédéralisme
LA CRISE DE LA DETTE EUROPÉENNE EN 10 QUESTIONS
Crise financière portugaise - La dislocation
Perspectives - Insoluble euro
Les Européens se mettent d’accord pour plus de discipline
L'Europe vers un véritable gouvernement économique
L'Europe révolutionne sa coordination budgétaire
Le désarroi européen
La cécité européenne
Euro: intégration ou...
The tale of two economic Europes
Only Germany can save the euro zone
La zone euro sous tension
Pas de zone euro sans solidarité
La fraude fiscale, cause et solution de la crise de la dette
John Major se dit pessimiste face à la Grèce
La fin de l'euro
Le FMI critique durement la zone euro
An ancient continental conflict that never ends
Selon le ministre italien de l'Économie - Les États risquent de s'effondrer
L'Europe au pied du mur
L'euro ne mourra pas
Il faut sauver l'euro - André Pratte
How to make Europe’s big gamble pay off
L'Europe veut serrer la vis aux fonds spéculatifs
L'Europe soulagée, en attendant l'inévitable
Les gagnants et les perdants de la crise grecque
L'Espagne se résout à une rude cure d'austérité
La Banque centrale d'Europe brise ses tabous
Europe: le vrai travail commence - Alain Dubuc
Le bateau troué - Claude Picher
Nécessité fait l'euro - André Pratte
Les investisseurs vivement soulagés
1000 milliards pour sauver l'euro
Les émois hellènes - Alain Dubuc
La ruine - Mario Roy
UE: le projet de fonds de soutien sera prêt dimanche à la mi-journée

La grève en Grèce dégénère: trois morts
Les nuages se dissipent au-dessus de la zone euro
Le Parlement grec adopte le plan de rigueur pour éviter la faillite

Aide à la Grèce: «seule façon d'assurer la stabilité de l'euro», dit Merkel
Les petits mensonges de la Grèce
Life in the German empire
Un peuple éprouvé
Athènes annonce un accord avec l'UE et le FMI
Journée sous haute tension en Grèce

La Grèce prévoit 30 milliards d'économies d'ici 2012

Thérapie de choc pour les Grecs

Crise financière : Les ravages
Greece’s survival at stake, PM warns
La Grèce prépare de nouvelles mesures douloureuses

La crise grecque pourrait toucher toute la planète

Les malheurs de la Grèce inquiètent Mark Carney
Grèce: le risque de contagion a raison des réticences de l'Allemagne
L'euro survivra-t-il à la crise grecque?
La crise de confiance menace la zone euro
L'Europe va enfin aider la Grèce
Crise grecque - Le diktat
Crise financière - La Grèce promet d'en faire un peu plus
Ceux qui parient contre la Grèce «perdront leur chemise»
La pression à un sommet en Grèce
En bref - Moody's abaisse la note de la Grèce
Grèce: le risque de contagion a augmenté

Grèce: la crise financière jour après jour

Grèce: la zone euro disposée à prêter 30 milliards d'euros
La Grèce s'entête à refuser le plan d'aide
Méfiance face au dernier emprunt de la Grèce
Europe's three-headed monster
La crise grecque - Le gain de Merkel
L'Europe approuve un plan d'aide à la Grèce
L'UE cherche la marche à suivre face à la crise grecque

La crise grecque pourrait-elle affecter les É-U?
L'Europe ne s'entend pas pour aider la Grèce

La crise grecque - Sur le fil du rasoir
La crise du crédit en Grèce pèse sur les marchés

L'Union européenne sur la crise économique en Grèce - Le soutien du FMI pourrait être requis
L'euro toujours plombé par la Grèce
Tragédie grecque

a Grèce pourrait demander l'aide du FMI
Les pays européens restent prudents
La Grèce annonce des progrès dans la lutte contre son déficit
L'Europe veut éviter de nouvelles crises
L'idée d'un Fonds monétaire européen divise la zone euro

Accrochages violents en Grèce
Grèce: adoption du plan d'austérité, le pays paralysé
Paralysée par les manifestations la Grèce adopte son plan d'austérité

Test de confiance réussi pour la Grèce
Une stratégie pour contrer le déclin économique
Greece unveils huge austerity plan
Crise budgétaire - L'Europe exige davantage de la Grèce
Crise financière en Grèce - Europe fragile
Perspectives - Pas facile
Crise financière grecque - La réponse de l'Europe laisse les investisseurs songeurs
Agonies of the euro zone

Teaching Greece and the other debt PIIGS to fly
La Grèce s'engage dans un régime sévère
Greece deal removes immediate threat
Un cadeau des Grecs - André Pratte
Les Européens prêts à soutenir la Grèce
Greek crisis shows EU’s fall from superpower to impotence

L’euro viable à long terme ?  -  Laurent Desbois


À moins que l'on ne se trouve en fait à tout simplement parler d'une mission impossible ?...
Crise de l'euro - La Dame d'acier
La crise de l'euro - Colère anglaise
Will the north pay politically for the south’s economic mess? - JEFFREY SIMPSON
Call it what you like, Europe is now a continent divided - Doug Saunders
L'Europe en deux - Fin d'un rêve
Is this the end of the euro zone?
Crise de l'euro - La contagion
Crise de l'euro - Fin de partie
Crise de l'euro - Énorme dilemme

Le retour de l’intérêt national


Et si le projet de la zone euro était en fait voué à la faillite, voire même depuis le tout début ?
The euro: a nice idea until the people got in the way - Margaret Wente

Perspectives - Subprime à l'européenne
Le temps aurait-il donné raison à un critique de l'euro?
L’EURO EN PÉRIL
L'Europe et les nations
L’EUROPE VACILLE
Les origines de la débâcle

Et s'il existait toujours un espoir pour une sortie de crise en ce qui concerne la Grèce ainsi que la zone euro dans son ensemble ?
Les éléments-clés de l'accord pour sauver la Grèce et la zone euro

Un défaut de paiement de la Grèce serait gérable

Crise de la dette en Grèce - Vers un défaut de paiement sans précédent
Un défaut de paiement pourrait être gérable, si bien préparé

Et si l'Europe s'avérait tout simplement incapable d'empêcher une crise financière de se propager, à partir du défaut de paiment de l'un ou plusieurs de ses états membres ?
Athènes risque le défaut de paiement, selon S& P


Le défi de la véritable solidarité
Crise de l'euro - Le déni

Grèce
Few players on Greece’s Wall Street today
Divorce à la grecque
Référendum surprise - Faillite possible de la Grèce en cas de «non»
Le pari de Papandréou
L’épée de Damoclès

Halloween grecque

Au chevet de l’euro ( pe )
In Greece, a can-do attitude and class war fought with lasers
Le cul- de- sac grec
Le modèle grec doit être revu et corrigé
Papandreou’s last gasp to save the Greek economy
Crise de l'euro - Tragédie grecque
Perspectives - Le cheval qui ne voulait pas parler
Restructuration de la dette grecque - Un passage obligé pour une sortie de crise?

Le rêve européen serait-il donc en train de tourner au cauchemar ?...
Mauvaise année pour l'Europe
Analyse - L'euro va-t-il tuer l'Europe?
L’EUROPE BRÛLE- T- ELLE?
Le désarroi européen

Et d'ailleurs, le berceau de l'Occident finira-t-il un jour pour retrouver la voie de la prospérité ?...
La tâche herculéenne de la Grèce
La Grèce sur la corde raide

... à moins que ce défi en particulier ne finisse par avoir raison de l'Europe dans son ensemble, ou du moins dans son ensemble actuel ?...
Analyse - Une sortie de l'euro? Rien n'est impossible désormais!
Euro et Europe - Lysiane Gagnon
The EU’s political and economic prospects look bleak
Chute de l'euro - Rien ne va plus
Nuages sur l'euro

Alors qu'en sera-t-il donc pour la suite des choses ?
Grèce: le premier ministre Papandréou cède sa place - Accord de coalition pour sortir de la crise
Greek leaders to pick PM of new government
La Grèce se coalise pour affronter la tempête
Greece ponders next PM as Papandreou’s action plan unfolds
Papandréou fait volte- face
Lagrèce et l’euro: une union en péril

La division de l'Europe - L'heure allemande
G20: l'«électrochoc» porte ses fruits
Papandréou renonce au référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce
Ultimatum européen à la Grèce

Et d'ailleurs, comment ça va, en Europe ?...
Croatie: le social-démocrate Ivo Josipovic élu président


Qui a peur de Nick Griffin?


Secrétaire ou général ?
« L’homme invisible » de l’ONU  -  Laura-Julie Perrault

Quand l'ONU ne s'avère vraiment plus qu'un cirque...
Washington est outré - L'Occident dénonce le veto sino-russe sur la Syrie à l'ONU
De la Libye à l’Iran
L'ONU élit l'«indigne» Libye au Conseil des droits de l'homme
Le feuilleton - Mario Roy
Obama appelle à la coopération  -  Richard Hétu
De Lester B. Pearson à... Tim Horton  -  VINCENT MARISSAL

« Ahmadinejad est un menteur »  -  Richard Hétu

De tout à l’ONU  -  Mario Roy

64e Assemblée générale de l’ONU Obama et Ahmadinejad en vedette

CHILI - Michelle Bachelet a la cote
Chavez célèbre les 10 ans de sa « téléprésidence »


L’Allemagne garde le cap à droite
L’extrême droite britannique a le vent dans les voiles


Et que se passe-t-il du côté de cette chère bonne vieille mère patrie ?...
Condamnation de Chirac - Trop peu, trop tard
Chirac condamné, c'est la fin d'une époque
Amour et ambition
Vers une taxe sur les « ultra- riches »
Des riches veulent payer plus d’impôts
Affaire DSK: les avocats font brutalement monter la pression

LE DÉSIR DE DOMINER
La fin du droit de cuissage
A bas le socialisme francais!-GERALD CAPLAN
LE PARI DE SARKOZY
Le PS fera sans DSK
LE POISON DSK
Troussage de volaille
Les Français, champions du monde du pessimisme
L’impasse française
La France dans la rue - Le conflit se durcit, la pénurie menace
Vers un blocage du pays ?
France's main airport warns some flights must bring fuel to return home `

Bernard Kouchner prépare sa sortie
La maladie française , Par Alain Dubuc.collaboration spéciale La Presse
France - La retraite fait recette
Des milliers de Français en grève contre les réformes de Sarkozy
Roms expulsés: les troupes de Sarkozy divisées
Fronde à l'UMP - À la hussarde !
France - Rentrée de crise pour Sarkozy
Barricades à l'horizon
Le pays des congés payés
Présidentielle française: de Villepin lance son nouveau parti
L'austérité pour tous... sauf au gouvernement?
Le déficit, priorité de Sarkozy
Présidentielle française: le président du FMI contre Sarko?
10 000 agriculteurs en colère défilent à Paris
« Fais pas le malin » - MARC THIBODEAU
Essais québécois - Les Français : incroyables mais vrais
La cote de Sarkozy à la baisse
La résurrection de «Madame 35 heures»
France - Villepin vilipende Sarkozy
Villepin, une solution de remplacement à Sarkozy pour 2012 ?
Régionales en France - Chef encerclé
Les Français ne veulent plus de Sarkozy après 2012
Un «troisième tour social»... dans la rue

La droite sarkozyste au plus bas
France: Sarkozy sanctionné au second tour
La droite tente de sauver les meubles
Calmer Sarkozy struggles to deliver reform promises
La droite de Sarkozy évitera-t-elle l'humiliation ?
Élections régionales en France - Le sursaut de Le Pen
Élections en France: «Le Pen est une bonne marque»
France: la droite de Sarkozy subit un revers cinglant
Des parents d'élèves français menacent de poursuivre l'État
La Nouvelle-France dans le Plateau-Mont-Royal
Élections régionales en France: grand chelem annoncé pour la gauche
Le Front national selon Marine Le Pen
Impossibles, les Français? - Lysiane Gagnon
Céline Duflot: l'improbable voix des Verts
Sarkozy s'attaque à la douloureuse réforme des retraites
La «galère» des mal-logés en France
Sarkozy se paie une émission
Controverse en France: élitistes, les grandes écoles ?
Où va vraiment Sarkozy?
«L'obsession Obama» de Sarkozy - Richard Hétu
Le mystère Ségolène Royal
Carla Bruni Sarkozy n'a «aucune influence politique»
Rama Yade la trouble-fête
Tony Musulin, improbable «héros» français
La mémoire sélective de Jacques Chirac
Chirac renvoyé devant les juges  -  Louis-Bernard Robitaille
Sarkozy, le pouvoir et la presse française
PARIS  Grand déballage à l’horizon  -  Louis-Bernard Robitaille
L’« omniprésident » Sarkozy tente d’éviter le naufrage   -  Louis-Bernard Robitaille
PARIS Cinq cents voitures brûlées dans la nuit du 14 juillet
Sarkozy rembourse des dépenses privées à l’État français  -  Marc Thibodeau

FRANCE  Des salariés de Nortel menacent de faire sauter les locaux de l’entreprise
Le Parti socialiste français à la croisée des chemins - Louis-Bernard Robitaille
Il faut sauver... les riches -  Marc Thibodeau

FRANCE  L’âge de la retraite n’est plus « tabou » - Marc Thibodeau

PARIS  - Carte blanche aux élus corrompus ?
Sarkozy lance un référendum sur l’autonomie de la Martinique

Le Grand Paris rêvé par Sarkozy  -  Louis-Bertrand Robitaille
Paris : Des projets pour une ville -  Mario Roy
La burqa n’est « pas la bienvenue » en France -  Louis-Bernard Robitaille


Voir aussi
Et d'ailleurs, la ''douce France'' serait-elle donc en train d'adopter une ligne un peu trop dure ?...


Belgique
Fin de la crise politique en Belgique

Avec la fin de la crise - Les «barbus» belges attendent le prochain gouvernement
Immobilisme en Belgique - Sans tête
La crise belge - L'État sans tête
Les Belges gardent la patate
Crise belge - La pagaille
Le peuple belge manifeste pour un gouvernement - «Se diviser? pas en notre nom!»
Pourquoi la Belgique n'éclatera pas
Crise politique belge - La séparation
En pleine présidence de l'UE - La Belgique s'enfonce dans la crise
Triste Belgique - André Pratte
La Belgique n'a pas disparu

La fin de la Belgique: Triste? Bravo? Bof? Vos commentaires
Belgique: percée des indépendantistes flamands
La Belgique éclatera-t-elle?
Une confédération belge?

Crise belge - Élections en vue
Le roi belge invite au dialogue pour sortir de la crise
La Belgique décapitée

Grande-Bretagne
Un « superflic » à la rescousse
No excuses for Britain’s hooligans -Globe Editorial
DERRIÈRE LA CASSE, LE DÉSESPOIR
« NOUS VOUS TRAQUERONS ET NOUS VOUS PUNIRONS »
Des citoyens à la chasse aux émeutiers

Des causes bien connues
Émeutes de la dignité

Émeutes en Angleterre - Le mensonge
Lenient justice begets yobs – and London burns
RIPOSTE MUSCLÉE, ACCALMIE À LONDRES
La tolérance des bobbies remise en question

LES ÉMEUTES SE POURSUIVENT
Émeutes en Angleterre - Le désespoir
Une génération de jeunes gens sans espoir économique - Angleterre : une longue série d'inégalités
Britain's unentitled riot at the loss of their future

British far-right leader says 1,000 to take to streets to deter rioters
The week the Yanks saved the Brits - Doug Saunders
Tabloid culture: Britain’s ‘harlot throughout the ages’ - Jeffrey Simpson
Plausible deniability's not lack of responsibility

«Je suis extrêmement désolé »
Le scandale frappe David Cameron
L'affaire Murdoch - Au tour de Cameron
Récession à la sauce Worcestershire
La croissance britannique en panne sèche
L’économie britannique replonge dans le rouge à la stupéfaction générale
LeRoyaume- Uni a consulté Paul Martin
Réforme du welfare state en Grande-Bretagne - Un «retour au travail» qui inquiète les employeurs
David Cameron serre la vis aux assistés sociaux
LES « COUPS DE HACHE » BUDGÉTAIRES SONT TOMBÉS
Blair stripped of Blairism
Tip of the coalition iceberg
La Grande-Bretagne après les élections du 11 mai - Cent jours frénétiques d'une coalition en sursis
Les Britanniques passent à la caisse
Grande-Bretagne: Cameron et Clegg, champions du peuple
Après la Grèce et l'euro, le Royaume-Uni?
Grande-Bretagne - Cameron et Clegg dévoilent leur programme
Les défis de David Cameron
GB: David Cameron et Nick Clegg promettent un gouvernement stable
Royaume-Uni - Le tandem Cameron-Clegg veut s'attaquer au déficit
Brown passe le relais à Cameron - La carpe et le lapin
Brown was a sitting duck, Cameron was potato peelings
David Cameron devient premier ministre
Gordon Brown se fait hara-kiri
Échec des négociations entre le Labour et les Lib Dems
Tribalism is back in the U.K.
G.-B.: une alliance conservatrice et libérale-démocrate en vue
GB: la majorité échappe aux conservateurs

GB: le Financial Times apporte son soutien aux Conservateurs
Mauvaise année pour être élu
Législatives britanniques: le mode de scrutin favorise le Labour
La prodigieuse ascension de Nick Clegg
Élections britanniques - La surprise
Élections en Grande-Bretagne : Éternels troisièmes, les «lib dems» sont donnés gagnants par un premier sondage
GB: les chefs des grands partis s'affrontent lors d'un débat historique
British voters and pols face the end of the 'era of free stuff'
GB: le scrutin où tout est possible
L'entrevue - La nostalgie des années Thatcher
Painting Britain's Tories Red
Gordon Brown: un tyran à Downing Street?
Notes de frais: 390 députés britanniques pris en défaut
Taking Gordon Brown at face value
David Cameron se dit prêt à diriger le pays  -  Judith LaChapelle

Grande-Bretagne : Le Parlement embarrassé

Irlande
Une île, une Irlande

Allemagne
The Wall still divides Germans after all these years

Germany’s season of angst
La réunification allemande - L'intégration
L'Allemagne, la surdouée qui dérange - Richard Dupaul
Sprechen Sie Deutsch? L'Allemagne défend sa langue
L'évasion fiscale - Le disque de Merkel
L'Allemagne 20 ans plus tard - Claude Picher

Italie
L’Italie, un « pays de merde »
Berlusconi et la droite subissent une gifle aux municipales en Italie
Une prostituée pourrait faire tomber Silvio Berlusconi
Entrevue - « Le produit Berlusconi est périmé, mais il n'y a pas de produit de remplacement »
Berlusconi, suite et fin?
Berlusconi évite la censure - Le vide
Affaires italiennes - Le délire
Italie: la droite de Berlusconi ravit 4 régions à la gauche
Berlusconi gaffe (encore)
L'Italie de Berlusconi, un pays en voie de barbarisation
L'agresseur de Berlusconi accusé de «blessures aggravées préméditées»
Les secrets de la popularité de Berlusconi  -  Mathieu Perrault

Vague conservatrice aux élections européennes
Un rêve terni par la réalité -  LYSIANE GAGNON

L’Europe se « québécise »  -   Denis St-Martin
Le « modèle » européen -  Mario Roy
Des élections ? Quelles élections ? -  Louis-Bernard Robitaille
Les ÉtatsUnis appellent à la libération du dissident chinois Liu Xiaobo

156 MORTS AU XINJIANG   Flambée de violence ethnique en Chine - Dan Martin

TROISQUESTIONS À LOÏCTASSÉ SUR L’OBJECTIF DE PÉKIN  « Tout faire pour que ça demeure un acte isolé »  - Alexandre Sirois


Espagne
Fini les corridas en Catalogne
Les corridas seront-elles interdites en Espagne?


Scandinavie
Les Lumières du Nord

En bref - Le Fonds souverain de Norvège connait sa meilleure année
Finlande: l'internet haute vitesse pour tous

Une lueur d'espoir pour l'Islande
L'Islande dans l'incertitude

L'Islande vote massivement contre l'accord Icesave


Europe de l'Est
La « yougostalgie » en vogue

Analyse - La Bosnie dans l'impasse

Kosovo
Kosovo - Le gouvernement tombe
Serbia drops disputed bid to challenge Kosovo resolution at UN
En bref - Kosovo: Belgrade lance une offensive diplomatique
La Cour internationale de Justice a conclu que la déclaration d’indépendance du Kosovo n’avait pas violé le droit international, au grand dam de Belgrade.
Les Kosovars aux urnes, participation sensible des Serbes


Russie
Déploiement de missiles russes - L'ennemi no 1
Un oligarque se lance en politique
Petits débats entre ennemis
À bas les chauffards à gyrophare !
La Russie très vulnérable
Russia admits Stalin ordered Katyn massacre of Poles
Leçons d’une guerre manipulée
Une entrée « à la Poutine » pour le nouveau maire de Moscou
Le maire de Moscou dans la mire du Kremlin
Medvedev prône la démocratisation tranquille
La moitié du PIB sert à la corruption
Sport et politique, même combat en Russie
Russie: Medvedev veut mettre la police au pas
Des portraits de Staline placardés dans Moscou
Medvedev veut faire de la place aux jeunes
Les pirates informatiques russes en toute impunité
Poutine veut contrer la suprématie américaine
Poutine affiche ses ambitions pour la présidentielle de 2012
Russie, Bélarus et Kazakhstan: lancement d'une union douanière
Medvedev veut une Russie moderne, mais pas trop...Police, mensonges et vidéo
Chute de l'URSS: pas la «catastrophe» du siècle
La corruption hypothèque l’avenir de la Russie  -  Frédérick Lavoie
Poutine défié par des partis de l’opposition
Fronde exceptionnelle contre Poutine à la Douma
MOSCOU  Poutine se présente en maître du jeu
2eme Guerre Mondiale : De la Russie et de l'art de réécrire l'histoire

Voir aussi Triturer l’Histoire  -  MARIO ROY
Comme le voisin tchétchène  -  Frédérick Lavoie
Un rêve russe aux accents américains  -  Frédérick Lavoie

Poutine fête 10 ans de pouvoir
Moscou choisit la coopération  -  FRÉDÉRICK LAVOIE
POUR UNE RELATION  « PRODUCTIVE »  -  Richard Hétu

Entente conclue sur les arsenaux nucléaires  -  Richard Hétu
Poutine moins cordial que Medvedev  -  Frédérick Lavoie

Russie : Le président à deux têtes  -  FRÉDÉRICK LAVOIE
Medvedev à l’écoute de ses opposants (même s'il ne fait rien...)

La Russie ferme ses casinos -  Frédérik Lavoie

... et ce qui peut rester de ses anciennes "colonies" !...
La Biélorussie au bord du gouffre

West decries violent Belarus election as 'seriously flawed'
Leçons d’une guerre manipulée
Le prix de la stabilité
L'Abkhazie: une nation en mode séduction
«Oui» massif au référendum kirghiz
Kirghizistan: un référendum à haut risque
Kirghizistan: une diplomate pour apaiser les tensions
Le gouvernement provisoire annule l'élection présidentielle - La violence ethnique éclate au Kirghizistan
Jets d'oeuf et gaz fumigènes au Parlement ukrainien
Le président du Kirghizistan démissionne
Le président du Kirghizistan prêt à démissionner
Une cruelle ironie de l'histoire
Les fantômes du passé - François Brousseau

Le Kirghizistan dans la peur d'une guerre civile
Les Kirghizes craignent de nouveaux troubles

Révolution ou manipulation? - Agnès Gruda
Le Kirghizistan à feu et à sang
Kirghizstan - Un gouvernement intérimaire s'installe à Bichkek
Insurrection populaire au Kirghizistan
L'Asie centrale, un enjeu de taille pour l'Occident

Ukraine's not yet lost to Europe
Les cinq travaux de Viktor Ianoukovitch
Élection en Ukraine - La paralysie
Ukraine: Ianoukovitch prend sa evanche et remporte la présidentielle

Vote sans conviction en Ukraine

Guerre des ondes en Géorgie
Ossétie du Sud : « Sans les Russes, il ne resterait rien »  -  Frédérick Lavoie
Un cocktail qui demeure explosif  -  Agnès Gruda

RUSSIE Pas d’armes à la Géorgie
Grandes manoeuvres militaires russes près de la Géorgie
LA RUSSIE INQUIÈTE SES VOISINS
OSSÉTIE-DU-SUD  Élections  controversées

La diaspora abkhaze ose un timide retour
Le pouvoir orange éconduit au premier tour
L'Ukraine a les bleus

Pologne
Poland’s boring election should be a lesson for Europe

Chine
China’s one-child policy achieved nothing. So would a two-child policy - Doug Saunders
Is China in danger of losing its wealthy class?
Putting China's people first would be a leap
The changing face of China’s Communists
Premier porte- avions chinois
The myths that bind Beijing and Washington
Chine : l'abandon de l'enfant unique ?
Which China will we see in 2011?
L’enfant- roi
Les paradoxes
Éducation ou séduction?
China looks beyond its own umbrella
La démesure chinoise - Mario Roy
The global view: China down, America up
As China turns
Pékin nie toute responsabilité dans la sécheresse du Mékong

Défendre son peuple au péril de sa famille - JUDITH LACHAPELLE
Le Canada se prépare à l'expo 2010 de Shanghai
La Chine espionne de plus en plus les États-Unis
Obama muet sur le Tibet
Émeutes de Xinjiang : Hu Jintao rentre en Chine
NOUVEAUX TROUBLES AUXINJIANG  Les Hans descendent dans la rue pour se venger
Flambée de violence au Xinjiang
Un film de propagande chinois en clôture
Le pays des enfants uniques - LYSIANNE GAGNON
Les étrangers rattrapés par la loi sur l’enfant unique  -  Tristan de Bourbon

CHINE : Frustrations et reconstruction - Stéphane Paquet
Une crainte exagérée La faible proportion de contenu local dans les exportations de la Chine rend la dégringolade moins catastrophique

Pékin un an après les Jeux   -  Tristan de Bourbon


Tibet
The West must unite to resist Chinese bullying against those who meet Tibet’s leaders
Repères - Le sacrifice
LE DALAÏ - LAMA EN SIX TRANCHES DE VIE
Un avocat de Harvard pour remplacer le dalaï- lama


Inde
Walmart, oui, mais pas tout de suite
Le nouveau mantra de Walmart : « Indiaaa... »

How India’s ‘untouchable’ entrepreneurs use capital to fight caste
« Jour historique » pour l’inde
L'esquisse
India’s culture of black money
  Un « nouveau Gandhi » enflamme la classe moyenne

La diplomatie du cricket
Ça sent le neuf
La corruption, ennemi numéro un en Inde
Relations hommes-femmes - L'Inde écartelée entre tradition et modernité
Des routes et les femmes
Les lunettes du Mahatma Gandhi
L'Inde recensera les castes
Ce collage étrange qu'est Dehli
Ne pas être la Chine
In Kashmir, water treaty means less power to the people
How India would thrive if it fixed its governance deficit
Le plancher des vaches
With a sweeping schools law, India secures its future
Un tiers pour les femmes
Relations indo-pakistanaises: le casse-tête de la paix
L'Inde tend la main au Pakistan
Mumbai: esprit de clocher dans la mégalopole
Bombay, une ville aux contrastes saisissants
Mission Inde 2010 - La folie des grandeurs
Inde mouvante
L’Inde garde le cap
NOUVEAU GOUVERNEMENT EN INDE  Le milieu des affaires célèbre - PHILIPPE MERCURE

Inde : La modération a-t-elle meilleur goût? - PHILIPPE MERCURE
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN INDE Une jeunesse désillusionnée
Le tout-à-l'anglais en Inde

Asie

Mongolie
État d'urgence en Mongolie
Mongolie: les minières canadiennes placent leurs pions

... et Asie du Sud
La course du Népal pour arriver au 21e siècle


Bangladesh
Microcrédit - Le Nobel Muhammad Yunus victime d'un règlement de comptes politique?

Amérique Latine
Chili : l’eldorado revisité

Humala, le Lula du Pérou ?
Colombie - Les FARC proposent une médiation régionale
Bogotá et Caracas ont rétabli leurs relations
Venezuela’s smoking gun
La tension continue de monter entre le Venezuela et la Colombie
La décennie latino
Strange times in Colombia
Le boeuf argentin, ce produit de luxe
Le pétrole des Malouines réveille les tensions
Colombie: pas de troisième mandat pour Uribe

Une femme à la présidence du Costa Rica
50 recours en justice pour légaliser le mariage gai en Argentine
Les fantômes de la dictature reviennent hanter l'Argentine

Enriquez-Ominami, le candidat rebelle du Chili
Lobo président? Pas pour tout le monde...
Le ranchero qui lisait Marx
Coup d'État au Honduras: la peur d'un effet domino
Raz-de-marée électoral pour Evo Morales en Bolivie
Evo Morales: populiste ou héros de la cause autochtone?
Amérique du Sud : Craintes d’une course aux armements
Lithium : L’or blanc de la Bolivie  -  Olivier Ubertalli
Le paco décime des milliers de jeunes  -  Olivier Ubertalli

Exploitation de l’Amazonie au Pérou  Les Indiens ébranlent le gouvernement
Aux armes  -  MARIO ROY
L'Uruguay, un pionnier en Amérique latine

Les records obsèdent les Mexicains  -  Emanuelle Steels

Brésil

Crédit, quand tu nous tiens

Brésil: un troisième ministre tombe
Brésil: des sans terre manifestent pour plus de sécurité
BIEN JOUÉ, LULA
Tous fanas du Brésil!
Élection au Brésil: Dilma en route pour Brasília
Brazil’s developing dilemma
Brasília donne un coup de balai dans une classe politique très corrompue
No 'culture of poverty' here
Brésil - Le coup d'envoi de campagne électorale est lancé pour la succession de Lula
Dieu est brésilien - Richard Dupaul
Rio's 2016 challenge: crime, poverty and, yes, the Games - Jeffrey Simpson
Great assets, so why hasn't Brazil done better? - Jeffrey Simpson
Don't expect Brazilian politics to shift course after Lula's departure - Jeffrey Simpson
The country of the future may finally be arriving - Jeffrey Simpson

Mexique

The lethal war on Mexico’s journalists

Abattre les « narcos » plutôt que les interroger
Le « féminicide » de Ciudad Juárez
Pactiser avec les cartels
La duplicité de Mexico dévoilée
Après la dictature, les cartels
Les Adelitas n’ont jamais repris les armes
Is Mexico a success story? Not for Mexicans - Jeffrey Simpson
Jeune maman contre narcotrafiquants
Le silence ou la mort
Le Mexique fête et boude son bicentenaire
Mexique : l'héroïne en pleine éclosion
Mexique: débat sur la légalisation des drogues
Mexique - Débat sur la légalisation des drogues
Start sweeping house, Mr. Calderon
En bref - Les narcos s'entretuent
Compter les morts
La découverte d'un charnier horrifie le Mexique
Felipe Calderon: The man who took on the drug cartels
Le Mexique, un potentiel extraordinaire
Le président Felipe Calderón en visite à Ottawa la semaine prochaine - Le Mexique, pays de toutes les déceptions
«Mexico ne combat pas les cartels»
Les Mexicains craignent l'ingérence américaine
Américains assassinés au Mexique: le FBI fait enquête
Les cartels sèment la terreur au Mexique

Critiquer les cartels mexicains: un métier dangereux

Vague de violence inouïe au Mexique
Lutte contre les narcotrafiquants: réprimer ou légaliser?

Honduras
Un an après le coup d'État - Le Honduras a perdu toute crédibilité
Le pays le plus pauvre d'Amérique centrale s'appauvrit encore
L'armée hondurienne au banc des accusés
Le dernier souffle de Wendy
Manuel Zelaya refuse de quitter le Honduras
Coup d'État au Honduras: la peur d'un effet domino
Le Honduras scindé en deux
«La démocratie hondurienne est morte»
Honduras: les partisans de Zelaya baissent les bras
Le Honduras vote dimanche sans Zelaya
Accord au Honduras pour mettre fin à la crise
Zelaya et Micheletti se disent prêts à « dialoguer »  -  Noé Leiva
Retour surprise de Manuel Zelaya au Honduras
HONDURAS Ouverture
Honduras: le retour de Zelaya ou « l’ostracisme absolu » !...
Zelaya pose le pied au Honduras dans la confusion HONDURAS Zelaya par le nord du Nicaragua

Nouveau plan pour le retour du président destitué du Honduras
HONDURAS  Le régime de facto refuse de céder à la pression internationale

HONDURAS  Zelaya lance un appel à l’insurrection
Honduras La médiation débute
HONDURAS  Grèves et « blocages » de l’économie
Le Honduras déchiré  MARIO ROY
HONDURAS  Le président déchu rate son retour
Une crise institutionnelle plus qu’une crise politique -  Alexandre Sirois
« Le gouvernement Harper doit prendre position » -  Daphné Cameron

Le président du Honduras expulsé au Costa Rica   -   Ana Fernandez


Chili

Après Bachelet - Mario Roy

1,2 milliard pour reconstruire le Chili
En bref - Chili: Bachelet a sous-évalué l'étendue des dégâts
Chili: la distribution de l'aide s'accélère
L'aide arrive au compte-gouttes
«Nous avons besoin d'aide. C'est le chaos, ici»
Pillages au Chili: trois villes de plus sous couvre-feu
Le Chili lance un appel à l'aide
Course contre la montre au Chili

Séisme au Chili: cinq cents fois plus puissant que celui d'Haïti


Et sio l'on commençait tout simplement par honorer nos promesses envers Haïti, tout comme envers le monde entier, avant que de se mettre à accuser qui que ce soit ?...
Si peu…
Donors, heed your promises to Haiti
Une coalition veut voir la couleur de l'argent canadien

Aurions-nous donc tout simplement laissé tomber Haïti, au bout du compte ?...
L'urgence permanente
Un canular fabriqué au Québec fait bondir la France
Aide française à la reconstruction d'Haïti - Un canular qui ne fait pas sourire les autorités
« Haïti ne se relève pas »
La reconstruction d'Haïti - Trois fois rien
L'insécurité continue de régner
«On commence à s'habituer»
Casse-tête économique en Haïti.
Grandiose dreams and grim realities in Haiti
Haïti: pourquoi rien ne bouge?

Haïti
Une initiative « prématurée » , selon Ottawa
Haïti ressuscite son armée
Just say no to a new Haitian army
Martelly entame la « réconciliation »

Advice for Sweet Micky of Haiti - Globe Editorial
Les cinq travaux de Michel Martelly
La victoire de Martelly - Travaux d'Hercule
Martelly l’emporte avec 67,57% des voix
Haïti - Martelly sera président

100 jours pour « changer » Haïti

Aristide, « notre roi »
De curé des pauvres à « prézidan Titid »

Le facteur Aristide

Le retour annoncé d’Aristide
Port-au-Prince attend fébrilement Aristide
The return of the polarizing Aristide - Globe editorial
Aristide pourra obtenir un passeport
Après Bébé Doc - Haïti est prêt à laisser rentrer Aristide

Des victimes de Duvalier se mobilisent

Survivors recall dark days under Haiti’s 'Baby Doc' Duvalier
Duvalier brise le silence
Haïti - Bébé Doc devant la justice
Duvalier nie viser la présidence
«Bébé Doc» se voit-il de nouveau président d'Haïti?
No mercy for a tyrant who showed none - Globe Editorial
Duvalier ou comment le faire condamner
La justice rattrape Duvalier
Baby Doc's arrest: what took them so long?

Profil de Jean Bertrand Aristide
‘Baby Doc’ Duvalier accused of corruption, embezzlement: lawyer
L’impunité
Le mystère

L’ÉLECTROCHOC

Haïti - L'inattendu
Le retour de Duvalier - Une certaine indifférence à Port-au-Prince
Les Haïtiens de Montréal sont révoltés du retour de Duvalier
Michaëlle Jean se demande comment Bébé Doc a pu rentrer au pays «sans être inquiété»
Un retour qui sème l’angoisse
La diaspora haïtienne est stupéfaite

BébéDoc rentre en Haïti

ALERTE AUX EXCRÉMENTS
Sean Penn ne joue pas les figurants
Improvisation dans le chaos
Après l'aide d'urgence, la reconstruction
Se pa fòt mwen
Pas de recette miracle

Don’t give up on Haiti

UN ABRI SUR LA LUNE
Haiti is a nation in need of relief
Amid the misery of Haiti, hope shines through

Commission de reconstruction du pays - « Vous ne devez pas vous attendre à voir des progrès remarquables d'ici peu »
Oxfam-Québec sur le terrain - La priorité est toujours accordée à un développement durable
Vision mondiale en Haïti - Comment répondre aux besoins de 500 000 personnes déplacées ?
Une illusion de souveraineté

Haïti - Début de la campagne pour le second tour
Haïti - Le long chemin vers la stabilité démocratique
« Une bonne journée » pour Haïti
Le parti de Célestin jette l’éponge
Haïti - Célestin se retirerait de la course à la présidence
Haïti - L'ONU met de la pression sur Préval
Second tour de l’élection présidentielle L’OEA recommanderait l’exclusion de Célestin

L'impasse haïtienne
L’impasse électorale
Correspondances de l’enfer
Haiti's long agony continues unabated
La catastrophe électorale
The prey: citizens of Haiti
Une femme dans la course
Chronique d’une révolte suspendue
Un verre d’eau pour éteindre un incendie
Le ciel sur la tête
Haïti - Affronter les calamités
Oxfam plaide pour l’essor agricole en Haïti
Forum des affaires Québec-Haïti - Haïti pressé d'instaurer un climat favorable aux investissements
Haïti: la république des ONG

Haïti: Wyclef Jean définitivement écarté de l'élection présidentielle
Haïti, le pays de l'exclusion
Au-delà de Wyclef Jean
Élections en Haïti: Wyclef Jean contestera sa disqualification
Après Dieu, Wyclef Jean
Le chanteur Wyclef Jean ne pourra pas se présenter à la présidentielle haïtienne

Haïti a besoin de Wyclef Jean l'homme d'action, non le sauveur
Candidat par défaut

LE DAUPHIN D’ARISTIDE

La candidature de Wyclef Jean - Embouteillage
Wyclef Jean, la «voix de la jeunesse» à l'élection présidentielle haïtienne
«Un pays, ça n'est pas un jouet!»
Wyclef Jean à la présidence L'idée ne fait pas l'unanimité
No unanimity on political run
Haïti: Wyclef Jean entre en scène

Bernard Kouchner: une erreur de favoriser Port-au-Prince

Le chaos haïtien sert le trafic de drogue
Brasser les milliards pour Haïti
Avez-vous honte parfois? -  Lise Payette
Élections législatives et présidentielles - La méfiance gagne du terrain en Haïti
Haïti a besoin d'un «boss»
«Il n'y a pas de gouvernance de la reconstruction» en Haïti
Haïti - Lourd et lent
Haïti rattrapé par ses démons


Haïti: après la pluie, les épidémies?
À la rescousse de la matière grise d'Haïti
Universités haïtiennes: beaucoup de volonté mais peu d'argent
Haïti: démolir pour mieux reconstruire
Haïti: après la pluie, les épidémies?
La souffrance des petits grands brûlés

Haïti: la reconstruction piétine
À Haïti, l'école sous la tente
Les Haïtiens craignent une dérive autoritaire
Fake encampments spring up in Haiti
Le déménagement des déplacés s'organise à Jacmel et Léogâne
Une bombe à retardement? - Vincent Marissal
Passer à autre chose - Vincent Marissal
Des t-shirts Gap made in Haïti?

La tutelle... sans le nom - Vincent Marissal
Décalages haïtiens - Vincent Marissal

Le déplacement forcé de sinistrés provoque la colère
Relocalisation des déplacés - La capitale haïtienne appelée à s'étendre

Haïti: trêve de discussions, c'est le temps de l'action - Vincent Marissal
Pas besoin d’amis - FRÉDÉRIC BOISROND
e magasinage des camps - Vincent Marissal
Haïti, trois mois après le séisme - Retrouver confiance et dignité
En bref - Des idées pour Haïti
Haïti : la course contre la montre

Les écoles rouvrent en Haïti
Help happens by any means possible

Uncertainty shades slow resumption of routine life
Des plages sur la montagne
L'aide à Haïti - Les travaux d'Hercule

Il faut se fier au leadership de l'ONU, dit Louise Arbour

Entre la générosité et la réalité

Près de 10 milliards pour reconstruire Haïti
SNC-Lavalin appliquait les normes canadiennes
Le rôle-clé des ingénieurs québécois en Haïti

Haitï: un plan pour reloger les sinistrés fait consensus
Séisme en Haïti: le génie québécois a aussi tremblé
Haïti: améliorer le sort du citoyen ordinaire

Bush et Clinton appellent à la solidarité en Haïti
Le travail des organismes humanitaires critiqué
Haïti: aide alimentaire contre dollars
Haïti : le long chemin
Colloque sur la reconstruction: invitation à faire des affaires
«Haïti est tombé, Haïti se relèvera»
Colloque Reconstruire Haïti - Le pays devra apprendre de ses erreurs
Haïti doit envisager un nouveau séisme, selon un sismologue
Is Haiti hopeless? Can we ‘fix' it?
L'économie d'Haïti est réduite en cendres
Les archives resteront au pays
Haïti secoué par une série de répliques
Une nuit avec les sinistrés
Haïti: du cinéma pour les sinistrés
Le bilan pourrait atteindre 300 000 morts en Haïti
Les esprits vaudou se sont tus
«À bas Sarkozy, à bas Préval»
Sarkozy in Haiti, once richest French colony
Now is the time to fix the inequalities in Haiti
Aide canadienne en Haïti - Le défilé
Le temps d'agir - Vincent Marissal
Haïti: par où commencer la reconstruction?

Le patrimoine haïtien sous perfusion
Le bruit est revenu  -  Philippe Mercure
Confusion de chiffres  -  Agnès Gruda

Imaginez... - Michèle Ouimet
Au-delà du «photo-op» - Vincent Marissal

Préval veut «remodeler» son pays

Charles-Henri Baker: l'entrepreneur au grand coeur

Junior Saintyl: le colosse qui ne dort jamais
L'infatigable fossoyeur
Des héros haïtiens
Deuil national: tous n'avaient pas le coeur aux cérémonies
Haïti dévasté - Le deuxième drame se prépare
Le bilan des morts est révisé à la hausse en Haïti
Après l'exode, le retour
Les tentes ne suffiront pas
Carnets haïtiens
Une mangue dans les décombres - Vincent Marissal
En attendant la secousse politique - Vincent Marissal
Quelques données pour décoder Haïti - Vincent Marissal
Some facts Stephen Harper should have on Haiti

Le cauchemar des survivants
Prochaine catastrophe: la pluie
Les sinistrés s'installent pour rester

Trop, c'est comme pas assez - Vincent Marissal
Quelque 1,5 million d'Haïtiens joints simultanément

La colère monte dans les camps

Haiti warned to brace for another big quake
What can we learn from the U.S. occupation of Haiti?
Libre opinion - Réinventer la gouvernance
A Marshall Plan for Haiti? Think again

Ils l'ont, l'affaire, les Amaricains! - Vincent Marissal
L'île oubliée
L'État crie à l'aide

Les ti zamis... et les autres - Vincent Marissal
Aide aux orphelins: la confusion entraîne de lourdes pertes

Le retour en classe devra attendre

Continuer, malgré tout - Vincent Marissal

On craint une épidémie de tétanos
L'aide arrive dans les camps

Les gangs reprennent leur guerre dans Cité-Soleil

«Aujourd'hui, nous sommes tous Haïtiens»

Défis simultanés - FRANÇOIS GÉLINEAU ET RICHARD NADEAU
Haïti, malade de ses charades - Patrick Lagacé
Haïti: une lueur d'espoir
MANQUE DE MATURITÉ -  Jean-François Labadie
Le Christ pour tous - Patrick Lagacé
Fuir à bord du Trois-Rivières
Le grand exode

Haïti essaie de se projeter dans l'avenir

Les épidémies guettent les camps
Haïti n'est pas en mesure de coordonner l'aide internationale
Un quartier de tôle et de bois

Au-delà du béton - Alain Dubuc
Pauvres, Porsche et pédicure - Patrick Lagacé

L'exil, mais pas l'exode - Rima Elkouri

«Nous sommes dans l'improvisation»
Reconstruire des maisons à l'«haïtienne»

Du riz et des fèves pour les sinistrés - Patrick Lagacé

Dix ans pour construire un pays nouveau
L'annulation de la dette d'Haïti réclamée

Après le chaos, la transparence? - Vincent Marissal

Le chaos humanitaire

Haïti a besoin d'un nouveau modèle de gouvernance
Conférence ministérielle à Montréal: reconstruire mieux
Construire Haïti - Ariane Krol

Un chantier grand comme un pays
Mes excuses, Marcellin - Patrick Lagacé

L'hôpital d'une ville frontalière est débordé

De l’argent qui dort -  Réal Barnabé

Un jardin pour Haïti - Stéphanie Bérubé
Port-au-Prince à bout de nerfs
La capitale sous tension

L'espoir en exil - Rima Elkouri

Sous les étoiles, un tap-tap - Patrick Lagacé

Les secouristes cherchent «à l'odeur»

L'eldorado dominicain

Radio Caraïbes, la voix de la détresse

Des mouches et des hommes

Le choix de Thamar

Nouveau séisme: plus de peur que de mal
«Nous sommes en train de reprendre le contrôle»
Qui doit diriger la reconstruction d'Haïti?
«Gardez-vous des sous pour la reconstruction!»

Clinton et Kouchner à Montréal le 25 janvier

L'autre cauchemar
Le deuxième souffle - Alain Dubuc
Une île, deux peuples, deux destins - Patrick Lagacé

L'occasion d'un nouveau départ pour Haïti?

Le pays plus sûr qu'on le dit

Un Carrefour que nul ne croise - Michèle Ouimet
Une espérance têtue -  Rachel Vinet
Plus jamais comme avant -  Samuel Pierre
Par où (re) commencer? - Vincent Marissal
Haïti: une île vulnérable - François Cardinal

Haïti devrait avoir son mot à dire, selon un économiste
Leadership recherché - Nathalie Collard

Où est le président? -  Samuel Laroche
«Il n'y a personne aux commandes»
Le président haïtien juge l'aide internationale mal coordonnée
Pourquoi? - André Pratte

Demain, rebâtir - Mario Roy
Les réfugiés, les toutous et les tatas - Rima Elkouri

Des enfants à sauver
La mort - Michèle Ouimet
Haïti, je me souviens... - Patrick Lagacé
Note aux sceptiques de l'humanitaire - Rima Elkouri

Le cataclysme deviendra-t-il un catalyseur? - Alain Dubuc

Une occasion de mieux reconstruire le pays?
L'élan - André Pratte

Pauvre Haïti... - André Pratte
Poussière - André Pratte
Qui donc a mangé Haïti? - Rima Elkouri
L'acharnement - Marie-Claude Lortie
Les secours commencent à arriver à Port-au-Prince
Séisme en Haïti

Quel espoir pour Haïti?
Un nouveau premier ministre nommé en Haïti
Bureaux de vote désertés en Haïti

La réponse américaine au séisme d'Haïti ne permet-elle pas d'illustrer parfaitement ce qu'on entend par leadership ?...
Le Congrès américain approuve un allégement de la dette d'Haïti

Bill Clinton n'a pas l'intention de s'arrêter
« On ne va pas vous laisser seuls »  -  Nicolas Bérubé
Obama envoie une aide massive

10 000 soldats américains en Haïti d'ici lundi


... et pourtant...
Obama renews promises to Haiti president
L'armée américaine quitte Port-au-Prince

Et d'ailleurs, la catastrophe en tant que telle ne représente-t-elle pas l'occasion parfaite pour réunir tout le monde autour d'un élan de solidarité ?...
Aide en Haïti: un record historique au Québec
La Banque mondiale efface les 36 millions de dette d'Haïti
Les orphelins haïtiens s'adapteront bien, croit le Dr Chicoine
Le Canada fournira 100 millions pour reconstruire Haïti
Bev Oda wants one last 'big push' for Haiti
3000 tentes pour Haïti
Bonjour, les nouveaux - Marie-Claude Lortie
Opération réunification
Après les dons.. - André Pratte
Le deuxième souffle - Alain Dubuc

La grande communion des artistes québécois pour Haïti
« Je me souviens que l’union fait la force »  -  Jean-Christophe Laurence

Le Québec élargit le programme de parrainage pour Haïti
L’espoir sous les décombres - Olivier Person
Obama, Bush et Clinton unis pour Haïti
Montrons-nous à la hauteur  -  Jocelyn Coulon

Le devoir d'assistance - Vincent Marissal

Voir aussi Le gouvernement Harper lui-même se montrerait-il pourtant capable d'humanité face à un drame tel que celui qui secoue Haïti ?...
et surtout
... Mais au delà des apparences, le gouvernement conservateur n'est-il pas toujours égal à lui-même, notamment en ce qui concerne son manque d'ouverture envers le reste du monde, pour le moins qu'on puisse dire ?...


L’espoir au compte-gouttes
Se tenir droit dans le vide
Haïti: des organisations s'impatientent
Canada’s ministers wait for word from Mr. Clinton - Globe Editorial

Et là encore, la réaction du gouvernement Charest peut-il vraiment prétendre être plus impressionnante que celle de Harper ?...
L’espoir au compte-gouttes
Se tenir droit dans le vide
À peine 18 Haïtiens arrivés au Québec
Speed up procedures for Haitian immigrants
Parrainage: jusqu'au 20 juillet pour faire une demande
Haïti, six mois après le séisme - Le programme spécial de parrainage a atteint ses objectifs
Haïti: rêves brisés et espoirs déçus
Retour à la case départ

Haïti: Après la destruction, l'attente - Accepter son sort
Haïti - Ottawa n'a pas versé les 400 millions promis
En bref - Haïti: pour des règles plus souple
Haïti - Salle d'attente
Deux enfants, deux mesures - Rima Elkouri
Immigration d'Haïtiens - Ottawa attend encore des milliers de demandes du Québec
Haïti: le parrainage connaît des ratés, dit le PQ


Cuba
Castro brothers still play the ‘socialist’ card

De Fidel à Raúl - Les octogénaires
En bref - Des réformes à Cuba
En bref - L'ONU demande la fin de l'embargo contre Cuba
En bref - L'UE pourrait s'ouvrir à Cuba
Cuba: le web attaque
Cuba lance des réformes sans précédent
Fin d'un modèle
Another aging tyrant admits failure
En bref - Cuba veut «actualiser» le socialisme
Cuba s'enfonce dans une grave crise économique
Cuba libérera d'autres prisonniers d'opinion
Are the brothers Castro at it again?

Cuba: le dissident Farinas cesse sa grève de la faim
Cuba empêche les «Dames en blanc» de défiler pour la 3e fois
Le début de la fin?
Le naufrage d'Elian - Rima Elkouri
Cuba: les «Dames en blanc» reconduites de force chez elles
Are Cuba's true martyrs a portent of a new 1989?
Cuba «refuse le chantage» d'un gréviste de la faim
Cuba: un dissident hospitalisé
Cuba: cinq autres grévistes de la faim
Raul Castro «regrette» la mort d'un prisonnier politique

Japon
See how Japan has rebuilt in the 11 months since the earthquake and tsunami

Tsunami au Japon: les conserves de l'espoir

Un nouveau premier ministre pour une « urgence nationale »
Japan’s political revolving door threatens country’s future
En bref - Japon : le PM démissionnera

Japan quake costliest ever; radiation in Tokyo water
Tokyo tap water tests two times above radioactive limits for infants

La contamination s’aggrave
Tous les scénarios à l’étude
LA VILLE BROYÉE
À Tokyo on continue… en se préparant

Power shortages in Japan jolt global energy prices, recovery plans
La patience des Japonais s'épuise
Drame au Japon - Sans précédent
Fukushima nourrit les inquiétudes
Fukushima n'est pas Tchernobyl
« Les doses reçues par les travailleurs sont toxiques »
Fidèle au nucléaire
Japon - La pire crise depuis 1945
De crise en crise
LE DÉCLIN DE L’EMPIRE DU SOLEIL-LEVANT

SÉISME MONSTRE
Le Japon contre les éléments

Prix Marcel-Vincent - Il faut en finir avec les clichés sur le Japon
De l'espoir pour le numéro deux mondial - Richard Dupaul
Le Japon menacé de paralysie
Avec le revirement sur les bases américaines à Okinawa - La coalition japonaise vole en éclats
Deuxième économie mondiale - La Chine ravira bientôt le titre au Japon
Le Japon reste de justesse la 2e économie mondiale
Le Japon a le «baby blues»
Obama rappelle au Japon l'importance des États-Unis
Les nouvelles « princesses » de la politique japonaise
Japon : Gain historique de l’opposition
« Princesses » en renfort
JAPON Coup d’envoi de la bataille électorale


Liban : Au nom de son père Rafic

Asie du Sud-Est
L'Indonésie, étoile montante: La nouvelle puissance montante de l'Asie du Sud-Est a non seulement bien traversé la crise mondiale, mais elle en sort renforcée

Thaïlande
La « clone » de Thaksin au pouvoir

La revanche de Thaksin
Crise politique en Thaïlande
Thailand reconciliation ‘very far away,’ fugitive PM says

Vers la fin de la crise en Thaïlande?
L'ombre de deux absents
Thaïlande: l'armée enfonce les barricades du camp des «rouges»
Des chemises pas si rouges que ça
Les chemises rouges hissent un bout de drapeau blanc

La Thaïlande refuse l'aide de l'ONU
35 morts à Bangkok: les «rouges» réclament en vain l'égide de l'ONU
Analyse - Comment la Thaïlande en est arrivée là
Les «chemises rouges» décapitées
Bangkok s'enfonce dans la violence

En bref - Des élections en Thaïlande?
Thaïlande : la tension baisse entre l'armée et les chemises rouges
The protesters’ true colours
Chute probable du premier ministre thaïlandais
Thaïlande - Les premières mesures de l'état d'urgence tombent
Thailand: Why the Reds Are in Revolt
Thai protesters claim symbolic victory
Thai democracy on its sickbed
Thaïlande: les manifestants refusent de négocier
Thaïlande: les «chemises rouges» versent leur sang
Thaïlande: les «rouges» vont répandre leur sang
Thaïlande: près de 100 000 «chemises rouges» manifestent
Thaïlande: les «chemises rouges» convergent vers Bangkok pour manifester
Thaïlande: Thaksin à l'heure du jugement dernier

Philippines
La terrifiante famille Ampatuan
Death in a broken country
Counting on Aquino
Philippines: présidents de mère en fils
Les Philippines sous surveillance montréalaise

Australie
LE GRAND VA- ET- VIENT DE L’INVESTISSEMENT
SI LOIN, SI PROCHE

Afrique du Sud
La délicate redistribution des terres refait surface

The ANC is losing where it matters
Le marathon de la Coupe du monde
La fête est finie, les défis restent

Après la Coupe

Chronique d'un massacre annoncé
Les immigrés craignent la fin du Mondial

Méfiez-vous des vignes qui dorment
ANC: de parti de la liberté à parti de la corruption?
Le blues des enfants de l'ANC

La colère des Noirs: les plaies de l'apartheid
Les «réfugiés» blancs d'Afrique du Sud
La rédemption d'un violeur
Afrique du Sud: la misère des Blancs
Les femmes du président Zuma
Carton rouge au sida

Quand FIFA rime avec «mafia»
Mondial: couleurs unies en Afrique du Sud
La fièvre patriotique

REDRESSER LES TORTS DU PASSÉ   -  Sophie Cousineau
Pleins feux sur l'Afrique du Sud
L'impatience de l'Afrique du Sud

La mission - Mario Roy
Vaincre l'apartheid avec un ballon rond
Le ballon sud-africain - La décrépitude

Du pain et des jeux
Le train ne passera pas qu'une fois
Bombardier: l'opération séduction du Gautrain

Afrique du Sud: la coupe de la renaissance


Afrique
L’Afrique qui gagne

L’éternel combattant
La révolution des cacahuètes
Crackdowns reflect power of African strongmen
Le putschiste déstabilisé
Un espoir pour l’Afrique
Côte d'Ivoire - L'étau se resserre sur Gbagbo
En quête de stabilité
African progress threatened by ‘democratic recession’
Africa must learn to feed itself
Le miracle africain
Une embellie durable?
Des «diamants de sang» infestent encore le marché
A new start for Kenya
L'école des Africaines (3) - La classe, un répit pour les vidomegons
L'école des Africaines (1) - «Un jour, le Burkina s'en sortira»
La sorcellerie fait un retour en force
Des musulmans attaquent un village chrétien du Nigeria
Égypte: le pari de Mohamed ElBaradei
Les 50 ans de la décolonisation - Un bilan souvent amer
Après 52 ans de répression, la Guinée se donne un régime civil - La difficile transition
L'Afrique repousse les frontières de l'investissement
Le salut d'une génération malmenée
La Coupe de tous les espoirs

Africa poised to give birth to new nation, South Sudan
La bonne étoile d'un président accidentel
Pas assez, 18$ par mois
Le monument des illusions perdues
Les «tigres» de l'Afrique sont prêts à bondir
Coup de balai pour la coupe du monde
Le gâchis des terres restituées
L'Union africaine sanctionne l'homme fort de Madagascar
Les Ivoiriens veulent des élections - Mathieu Gobeil
Coup d'État au Niger: «ce n'était pas une surprise»
Coup d'État militaire au Niger
Après les massacres, la Guinée défie les prédictions
Afrique du Sud: Zuma épouse officiellement sa troisième femme
2010: l'année de l'Afrique?
La «Gandhi du Sahara occidental» en grève de la faim
Le politicien blanc à la défense des Noirs
Jacob Zuma: de héros à zéro à héros
Guinée
Le « petit capitaine » choisi « par Dieu »
TUNISIE Ben Ali réélu... encore une fois
Bongo, de père en fils
GABON  Omar Bongo est mort
Kenya : la grève du sexe aura-t-elle atteint sa cible ?...

Sud-Soudan
Déjà un État failli

Zimbabwe
Les 50 ans d'Amnistie Internationale - Militer pour le droit de vivre
Tide of change ebbs away in Zimbabwe
Tsvangirai predicts peaceful road to office in election next year
Selling Zimbabwe's economy, at a loss
Zimbabwe: A nation with little to celebrate

Nigeria
Massacres au Nigeria - Féodalismes religieux
Nigeria : Religion, pauvreté et exclusion: un mélange explosif

Le Nigéria, un pilier de l'Afrique en péril

La Turquie secouée par un violent séisme de 6,6

Voir aussi : Moyen-Orient

Et que peut-il donc se passer du côté de l'océanie, ou autrement dit, à l'autre bout du monde ?...
For blood-on-the-floor politics, nothing beats Australia - Jeffrey Simpson



ARGENTINE  Un millionnaire défie le couple présidentiel
Équateur : Rafael Correa contre les « richards »
PÉROU  L’ancien président Fujimori condamné à la prison pour corruption

La Turquie et l’Arménie se rapprochent
RAHUL GANDHI - Le nouveau visage d’une dynastie
La victoire annoncée d’un guerrier zoulou
PANAMA - Le milliardaire Martinelli au pouvoir

Voir aussi...
Et pendant ce temps, sur la planète économique...
(un nouvel ordre mondial en vue ?...)


Voir aussi...
La place Tiananmen, une péripétie taboue en Chine - Tristan de Bourbon
La liberté n’est plus ce qu’elle était  -  AGNÈS GRUDA

MARIAGES GAIS EN RUSSIE  Début d’un combat inégal
RUSSIE Défilé gai dispersé

Sarkozy veut « sanctuariser » les écoles françaises
 

ÉTUDIANTS EN QUARANTAINE EN CHINE : OTTAWA S’EN MÊLE
Mourir de faim ou mourir de la grippe ?...
Grippe porcine : le virus paralyse Mexico

BIRMANIE  Aung San Suu Kyi nie les accusations

Procès sous surveillance en Birmanie
L’opposante birmane Aung San Suu Kyi « n’est pas en bonne santé »
BIRMANIE  - Suu Kyi clame son innocence

Parachuter des vivres ? - Gareth Evans
Malheureux Birmans - Mario Roy
La Birmanie en cinq questions - Caroline Touzin


LE DEVOIR
Les conditions de la renaissance
Urgence en Haïti - L'avenir du pays reste le plus dur défi
Haïti - Organiser le chaos
THE GAZETTE
More talk than action on Haiti's real needs
Long-term plan needed for Haiti's recovery

GLOBE AND MAIL
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L'ACTUALITÉ
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Les dictatures du XXIe siècle


Que penser de Margarett Thatcher ?...
What heritage did Thatcher leave ?
UK economy under Thatcher
How Thatcher might have actually saved the UK economy...




Après le Yémen, quel autre pays ? - Jocelyn Coulon
Le premierministre britannique Gordon Brown programme la tenue d’une réunion d’urgence sur le Yémen dans le cadre de la conférence prévue sur l’Afghanistan à Londres, le 28 janvier. Pourtant, au-delà de ces fronts, Brown pourrait élargir la discussion à l’ensemble des pays, comme le Yémen, incapables de contrôler leur territoire et où les terroristes trouvent un terreau fertile à leurs activités.
Le Yémen n’est pas un État, mais une collection d’allégeances. L’administration est faible, la démographie galopante, l’économie embryonnaire. Les armes circulent partout. Le Sud réclame son indépendance, une partie du Nord est en rébellion, le groupe Al-Qaeda y est bien implanté. Si le Yémen n’est pas encore l’Afghanistan, son président n’est en fait que le maire de la capitale, comme Karzai est le maire de Kaboul.
La fragilité des structures étatiques ou même leur quasiinexistence est un des aspects les plus dramatiques du système international depuis les 20 dernières années. Elle remet en cause la souveraineté des États affectés en les transformant en zones de conflits où plus aucune règle ne s’applique et où trafiquants de drogue, rebelles, terroristes, mercenaires, forces gouvernementales et forces d’intervention étrangères tentent de prendre le contrôle ou de rétablir la légalité.
La Somalie, dans la corne de l’Afrique, est l’exemple extrême de ce désordre. Le pays est sans gouvernement effectif depuis 1991, plusieurs régions sont de facto indépendantes, des islamistes radicaux tentent d’imposer leur pouvoir dans le Sud et alimentent les conflits au Yémen, l’Éthiopie et l’Érythrée s’y affrontent en manipulant les parties en présence et les Américains chassent les terroristes d’Al-Qaeda en bombardant à l’aveuglette.
À des échelles différentes, on retrouve des situations semblables un peu partout dans le monde, sauf en Amérique latine. Les républiques du Caucase russe, le Pakistan, le Cachemire, le sud de la Thaïlande, certaines îles de l’ Indonésie, le sud des Philippines sont secoués par des rébellions locales ou des actions terroristes. En Afrique, plusieurs États – Libéria, Sierra Leone, Guinée, GuinéeBissau, Congo démocratique, Centrafrique – restent fragiles et souvent incapables d’empêcher les rébellions ou d’éviter de servir de plaque tournante au trafic de drogue ou d’armes légères.
La région la plus préoccupante reste toutefois la bande sahélienne qui va de la Somalie à la Mauritanie, en Afrique de l’Ouest. Dans de vastes étendues désertiques, en particulier en Mauritanie, en Algérie, au Mali, au Niger, au Tchad et au Soudan, l’État est impuissant à exercer son autorité et à surveiller son territoire.
Il y a quelques semaines, la presse malienne a révélé qu’un Boeing rempli de cocaïne a atterri sans encombre dans le nord-est du pays. Trafiquants et marchandise se sont volatilisés. Les deux diplomates canadiens kidnappés au Niger à la fin de 2008 ont transité par le sud de l’Algérie et ont été libérés au Mali. Au Maghreb, Al-Qaeda frappe régulièrement, et ses leaders rêvent de fédérer les djihadistes de la bande sahélienne. Des rebelles, mais aussi de simples bandits, exercent ouvertement leurs activités dans les vastes étendues du Tchad et du Soudan.
Au Sahel, les Américains surveillent le territoire avec l ’appui des França i s e t d’autres pays occidentaux. Des exercices se déroulent périodiquement avec les forces locales. Les commandos antiterroristes interviennent régulièrement en toute discrétion. Malgré cela, les activités criminelles, terroristes ou rebelles sont de plus en plus audacieuses. C’est que les problèmes qui permettent à ces groupes de prospérer sont loin d’être résolus. Il faudrait y consacrer autant d’énergie et de ressources politiques et financières qu’à la lutte au terrorisme afin d’éviter un effet domino: après l’Afghanistan, la Somalie; après le Yémen, quel autre pays ?


L’Irlande dit oui au traité de Lisbonne ; L’Union européenne n’est pas tirée d’affaire
DUBLIN — Les Irlandais ont dit massivement « oui » vendredi au traité de Lisbonne da ns l’espoir que l’ Union européenne (UE) les aidera à sortir de la crise économique qui les frappe, offrant par ricochet un ballon d’oxygène inespéré au gouvernement de Brian Cowen à l’impopularité record. À l’échelle européenne, ce résultat a suscité un profond soulagement, mais il reste des obstacles à franchir : Polonais et Tchèques traînent les pieds et, même une fois le traité entré en vigueur, il faudra encore la volonté politique d’en utiliser tout le potentiel.
Au total, 67,13 % de « oui » : jamais depuis le référendum sur Maastricht, en 1992, les Irlandais n’avaient aussi nettement approuvé un traité européen. Mais surtout, ils l’ont fait en changeant radicalement d’avis : plus de 20 % des électeurs ont basculé du « non » au « oui » par rapport au 12 juin 2008, quand ils avaient rejeté Lisbonne à 53,4 % lors d’un premier vote sur le texte.
C’est que, en l’espace de 15 mois, une tout autre Irlande est née.
« L’an dernier, les électeurs n’avaient fait que commencer à comprendre que la situation économique était en train de changer. Cette année, la récession a complètement modifié le paysage politique », écrit le Sunday Business Post. Selon les prévisions du gouvernement, le chômage devrait tripler d’ici à la fin de l’année par rapport au printemps 2008.
Pou r le gouver ne ment du premier ministre Brian Cowen, la victoire est ample : il a réussi à i mposer u n deu xième référendu m , en dépit de la vive opposition de la population, et en le gagnant nettement, il évite la crise politique et se maintient au pouvoir malgré une impopularité historique.
Et pour l’Europe, ce « oui » vient couronner 20 années agitées d’élargissement de la taille et des pouvoirs de l’UE.
Les responsables de Bru xelles veulent pousser désormais la Pologne et la République tchèque à finaliser leur ratification d’un traité déjà approuvé par leur parlement respectif. Mais Varsovie et Prague contestent la légalité des modifications apportées au traité de Lisbonne pour obtenir l’adhésion de l’Irlande.
Hier, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé que le processus restait « fragile », faisant notamment référence aux réticences du président tchèque Vaclav Klaus à ratifier le traité.
Interrogé par ailleurs sur un éventuel retour au pouvoir au printemps prochain des conservateurs britanniques, qui pourraient organiser un référendum susceptible de faire sortir les Britanniques du traité de Lisbonne, M. Kouchner a dit qu’il prenait « très sérieusement » en compte cette possibilité.
Réticences
Même une fois les dernières réticences dépassées et le traité entré en vigueur, les 27 n’auront peut-être pas la volonté politique de tirer le meilleur parti des nouveaux atouts offerts par la réforme, selon les spécialistes.
Comme l’explique le socialiste Pierre Moscovici, autrefois ministre chargé des Affaires européennes au sein du gouvernement français, le traité à lui tout seul n’amènera pas le changement. «Que se passerat-il si les gouvernements ne sont pas d’accord sur ce qu’est le commerce équitable ? Il y a nettement beaucoup de travail à faire de la part des dirigeants politiques européens, s’ils veulent tirer parti de tout le potentiel du traité de Lisbonne. »
Ce t ra ité est con sidéré comme une étape de poids vers une Union européenne plus efficace et mieux préparée à faire face aux défis du monde actuel : changement climatique, réformes financières, commerce international... Ainsi, une UE réformée avec succès aura un président du Conseil européen, un responsable unique de la politique étra ngère, moins de bureaucratie et un Parlement européen disposant de pouvoirs renforcés en matière de législation.



La pression à un sommet en Grèce

AGENCE FRANCE- PRESSE
ATHÈNES — La pression sur la Grèce s’est brutalement renforcée hier avec u ne réévaluation par Bruxelles de son déficit public qui a entraîné une forte tension sur les marchés financiers tandis que le gouvernement continue d’exclure un possible défaut.
L’aggravation du déficit, qui signifie que la Grèce va devoir s’endetter davantage pour le résorber, a ravivé la crainte que le pays ne puisse plus honorer ses échéances et se voie contraint de restructurer sa dette. Une éventualité à laquelle le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou (au centre), a opposé un « non catégorique ». On le voit ici avec le vice-ministre des Finances Philippos Sachinidis et le secrétaire général du ministère des Finances, Ilias Plaskovitis.
L’ Office européen des statistiques a une nouvelle fois revu à la hausse le déficit grec, à 13,6 % du PIB, comparativement à 12,9 % annoncé jusqu’ici par Athènes.
Cela « ne change pas l’obj ectif que nous avons fixé pour 2 010 de r édui r e le déficit de 4 points de pourcentage, car nous avons déjà pris des décisions difficiles, qui vont même nous permettre de dépasser cet objectif », a assuré le premier ministre Georges Papandréou.
Mais l’agence de notation Moody’s a abaissé la note de la Grèce d’un cran, à A3, et prévenu qu’elle l’abaisserait sans doute de nouveau, au motif qu’elle doutait de la capacité de la Grèce à atteindre cet objectif.
Effet de cette dégradation, la monnaie européenne est tombée à son plus bas depuis près d’un an, tandis que les Bourses européennes ont terminé en baisse, celle d’Athènes cédant près de 4 % à la clôture.
Et sur le marché obligataire, l’inquiétude sur la solvabilité de la Grèce a eu des retombées sur d’autres pays de la zone euro, également lourdement endettés, comme le Portugal et l’ Irlande.
Les taux d’intérêt des obligations grecques à 10 ans ont ainsi battu leur record de la veille, dépassant les 8 , 7 %, t a ndis que l’All emagne peut s e contenter d’offrir un peu plus de 3 % à échéance comparable.
L’aggravation du déficit, qui signifie que la Grèce va devoir s’endetter davantage pour le résorber, et en payant des taux chaque jour plus prohibitifs, a ravivé la crainte que le pays ne puisse plus honorer ses échéances et se voie contraint de restructurer sa dette.
Comme l’Argentine ?
« Certains sur les marchés sont persuadés que la Grèce va se trouver dans la situation de l’Argentine », qui avait décrété un moratoire sur sa dette à la fin de 2001, « ou être obligée de rééchelonner sa dette », a expl iqué Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.
Une éventualité à laquelle le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, a toutefois opposé un « non catégorique ».
Restructurer sa dette, « c’est un concept dont non seulement nous n’usons pas, mais qui n’a pas été discuté, ni par la Commission européenne ni par le FMI (Fonds monétaire international), et qui n’est pas dans nos intentions », a-t-il dit.
« Ce n’est pas une question sur laquelle nous travaillons », a renchéri Dominique StraussKahn, le directeur général du FMI.
Selon Erik Nielsen, chef économiste de Goldman Sachs pour l’ Europe, une renégociation volontaire de la dette, couplée au « paquet » promis par l’Union européenne (UE) et le FMI, serait pourtant le « meilleur scénario » car il donnerait au gouvernement grec de « l’oxygène pendant bien plus longtemps pour entreprendre les réformes nécessaires ».
De nombreux experts estiment en effet que l’aide promise par l’UE et le FMI, soit quelque 45 milliards d’euros sur trois ans, va permettre de soulager la Grèce momentanément, sans alléger le fardeau de sa dette qui devrait pendant ce temps continuer de s’alourdir.
Encore faut-il que ce soutien financier , dont Athènes négocie les conditions depuis mercredi avec des experts européens et du FMI, ne tarde pas trop, ce que les marchés commencent à craindre.
D’autant que la Grèce doit rembourser le 19 mai une ligne de 8,5 milliards d’euros (11,3 milliards CAN).
Sur le front social, l’administration grecque était paralysée et les transports maritimes perturbés par une grève de 24 heures dans la fonction publique, la quatrième depuis le début de l’année contre l’austérité.


Les pays européens restent prudents
Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d’accord s ur l es gra ndes lignes d’ un plan d’ ai de financière à utiliser si nécess aire pour l a Grèce, qui serait sans précédent depuis le lancement de la monnaie commune en 1999.
« Nous avons clarifié les modal ités techniques qui nous permettront de prendre une ac t i on c oordonnée » pour aider la Grèce, a an noncé l u ndi s oi r le président de l’ Eurogroupe, le Luxembourgeois JeanClaude Juncker, àl ’ issue d’une réunion de ce forum des grands argentiers à Bruxelles.
C’est l a première f oi s depuis la création de la zone euro qu’un tel plan de sauvetage est mis sur pied.
Ce plan d’action doit encore faire l’objet d’une approbation par les chefs d’État et de gouvernement européens, et donc de la chancelière allemande Angela Merkel, qui s’est montrée très réticente jusqu’ici à l’idée même de sortir son chéquier.
Hier, les ministres des Finances de l’ UE ont soutenu la Grèce pour ses efforts de réduction de déficit mais s ont r estés pr udents s ur l’aide financière que la zone euro pourrait lui apporter, laissant Athènes un peu sur sa faim.
Réunis à Bruxelles, les grands argentiers ont « sout enu l ’ éva l uat i on pa r la Commis s i on eu r opéenne de la situation budgétaire de la Grèce », à savoir que grâce aux mesures récentes de rigueur, le pays « est en bonne voie » pour tenir ses promesses, a dit à la presse le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.
L e gouver nement grecs’est fixé comme objectif de réduire cette année de quatre points de pourcentage son déficit public, qui a atteint l’an dernier 12,7 % de son Produit intérieur brut.
Le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, a indiqué à Bruxelles que son pays était « en avance sur le programme » pour cette année. Fin février, le déficit budgétaire national atteignait 1 milliard d’euros, contre 4 milliards d’euros un an plus tôt, a-t-il fait valoir.
Tous les ministres se sont ef forcés hier de minimiser l’importance de l’aide, affirmant qu’il s ’agissait purement d’une mesure de précaution qui ne serait sans doute jamais utilisée.
Objectif : mainteni r la pression sur la Grèce pour les économies budgétaires, et ne pas alimenter des spéculations sur les marchés financiers.
La ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, dont le pays préside l’ UE, a déclaré : « Nous n’en sommes absolument pas au stade où nous envisageons une décision d’aide concrète. »
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé qu’« aucune décision politique » n’avait été prise concernant une aide éventuelle à la Grèce, illustrant une nouvelle fois les réticences de Berlin à payer pour Athènes.

L’euro viable à long terme ?  -  Laurent Desbois
Un défaut sur la dette de la Grèce serait désastreux pour la crédibilité de la monnaie commune
Les Grecs accepteront-ils une réforme majeure de leurs finances publiques, ce qu’ils n’ont jamais voulu auparavant?
À la suite des préoccupations créées par la montée exponentielle de la dette publique aux États-Unis et en Grande-Bretagne, l’attention se tourne maintenant vers certains pays européens. Même si, dans l’ensemble, la situation fiscale est meilleure en Europe que dans ces pays anglo-saxons, des membres de la zone euro, comme l’Espagne, le Portugal et surtout la Grèce, font face à de sérieux problèmes de financement à cause de leur dette élevée et croissante.
Lors de la création de l’euro, pour que les Allemands acceptent de s’associer monétairement avec unmaillon faible comme laGrèce, il fallait que celle-ci modère ses dépenses publiques. Depuis son indépendance, les Grecs ont été en défaut de paiement sur leur dette presque la moitié du temps. LaGrèce n’a donc pas fait partie de l’euro dès 1999 (la drachme n’a été abandonnée qu’en 2001), puisqu’elle ne respectait pas les critères fiscaux imposés essentiellement par l’Allemagne en retour de l’abandon de son bien-aimé deutsche mark. Ces critères, pour les membres de la zone euro, étaient de limiter leur déficit à 3% du PIB, et la dette à 60% du PIB.
Pourtant, les pays européens dits périphériques, soit l’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne, ont été les grands bénéficiaires de l’euro, une fois qu’ils ont adopté cette devise. Ainsi, les coûts de leurs dettes ont été réduits grâce au remplacement des monnaies nationales par l’euro, ce qui a éliminé la prime de risque reliée à la dévaluation de ces anciennes devises. En outre, l’intégration de ces États à l’Europe semblait avoir diminué aussi leur risque de défaut de paiement. Or, tout cela n’a pas empêché des pays comme la Grèce de continuer de s’endetter de façon excessive.
Aujourd’hui, si la Grèce n’est pas le seul pays à faire face à une dette élevée et des comptes extérieurs en déficit, les défis financiers qu’elle doit relever sont particuliers. Les ÉtatsUnis et la Grande-Bretagne ont aussi de grands déficits (autour de 12% du PIB), mais leur dette totale est plus faible que celle de la Grèce et ils ont eu recours à la dévaluation de leur devise, pour stimuler leurs exportations. Ces pays anglo-saxons ont la possibilité essentiellement d’avoir recours à l’inflation pour réduire le fardeau réel de la dette. Or, cela ne peut être le cas de la Grèce, qui emploie la monnaie commune qu’est l’euro et ne peut donc procéder à une telle dévaluation. De plus, l’euro est demeuré surévalué à cause de la dévaluation du dollar et de la livre sterling, ce qui rend les exportations moins compétitives.
Il ne reste alors que deux options auxGrecs: un défaut de paiement sur leur dette ou une grande réforme des finances de leur pays. Cette seconde possibilité implique évidemment des coupures de dépenses majeures dans la fonction publique et ses régimes de retraite, une réforme fiscale (mesures pour combattre l’évasion fiscale et augmentation d’impôt) ajoutée à un financement temporaire de la dette par des États comme l’Allemagne. Mais de tels choix sont-ils possibles?
Un défaut sur la dette serait désastreux pour la crédibilité de l’euro et pour les détenteurs de la dette grecque, surtout les Allemands et les Français, qui détiennent conjointement 42% de celle-ci. Le reste de l’Europe désirera éviter cette éventualité en aidant financièrement la Grèce. Par contre, on demandera aussi en retour une réforme majeure des finances publiques de ce pays afin de régler le problème. Les Grecs accepteront-ils ce qu’ils n’ont jamais accepté auparavant?
À long terme, par contre, les problèmes structurels demeurent entiers, ce qui révèle le talon d’Achille de l’euro: non seulement il n’est pas accompagné d’une union politique (et d’une union fiscale, du moins en partie comme au Canada), mais il n’a pas éliminé les barrières culturelles ou nationales entre pays européens.
L’euro demeure une très grande expérience économique, politique et sociale dont nous ne connaissons pas encore l’aboutissement. Il reste beaucoup de doutes sur la viabilité à long terme d’un tel projet, dans un contexte de souverainetés multiples et d’une hétérogénéité économique et culturelle à la grandeur de l’Europe.


La Turquie toujours loin de l’UE
Alors que la Serbie déposait hier sa candidature pour rejoindre l’Union européenne, la Turquie, elle, ruminait. Son dossier d’adhésion à l’UE avance à pas de tortue.
« Nous espérons que les négociations vont prendre de la vitesse », a déclaré en début de semaine le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu. Ce dernier a critiqué l’UE, qui vient d’accorder aux citoyens de la Serbie, du Monténégro et de la Macédoine le droit de visiter l’Europe sans visa. Ce même droit a été décliné aux citoyens turcs.
Pour la Turquie, les perspectives d’adhésion restent au mieux très lointaines en raison de la lenteur de certaines réformes internes, mais surtout de l’opposition de plusieurs pays à son entrée, comme la France, l’Autriche et l’Allemagne. Ces derniers proposent à la place un « partenariat privilégié » avec l’UE, qu’Ankara refuse.


« L’homme invisible » de l’ONU  -  Laura-Julie Perrault
À mi-mandat, le secrétaire général Ban Ki-moon essuie un torrent de critiques
Quand Kofi Annan a remis les rênes de l’ONU à Ban Ki-moon en janvier 2007, il lui a répété ce que son propre prédécesseur, Boutros Boutros-Ghali lui avait dit : c’est l’emploi le plus difficile au monde. À mi-mandat, comment s’en tire l’ex-diplomate coréen ? Il nage dans un océan de critiques.
Àla fin juin, le magazine Foreign Policy a marqué la mi-mandat du nouveau secrétaire général des Nations unies en publiant un article-bilan dévastateur intitulé « L’homme qui n’est nulle part. Pourquoi Ban Ki-moon est le Coréen le plus dangereux sur terre ».
Malgré ses problèmes de popularité, Ban Ki-moon a toujours quelques fans, comme en témoigne cette courge à l’effigie du secrétaire général de l’ONU faite par un artiste chinois en marge des festivités du 60e anniversaire de la République populaire de Chine.
Le magazine dresse un portrait peu flatteur du diplomate de carrière qui occupait le poste de ministre des Affaires étrangères de Corée du Sud quand il a entrepris son mandat de secrétaire général. « À une époque où le leadership mondial est nécessaire, (Ban Ki-moon) s’est promené dans le monde, col lec tion na nt les diplômes honorifiques, publiant des énoncés incroyablement faciles à oublier et gaspillant généralement l’influence qu’il peut détenir », écrit Foreign Policy.
Dans les semaines qui ont suivi, d’autres médias d’envergure ont ajouté leurs salves. « L’homme invisible des Nations unies », titrait le Wall Street Journal. «L’homme caméléon », qui prend la couleur de ses interlocuteurs, soient-ils dictateurs ou démocrates, a renchéri le magazine L’Express.
Bombe diplomatique
De l’extérieur, le no 1 de l’ONU n’a pas semblé affecté par ces critiques récurrentes, mais la dernière en lice, provenant d’une diplomate norvégienne, l’a obligé à briser le silence cette semaine.
Dans une note de service qu’elle a écrite à l’intention du ministre des Affaires étrangères de son pays, Mona Juul n’a pas mâché ses mots. Elle reproche au secrétaire général son manque de leadership, de charisme et de colonne vertébrale. Elle remet en question sa connaissance des dossiers chauds et note son manque de jugement lorsqu’il a décidé de se rendre en Birmanie en juillet pour se voir refuser l’accès à Aung San Suu Kyi. Elle dit aussi que des rumeurs circulent selon lesquelles la Maison-Blanche estime que Ban Ki-moon est «l’homme d’un seul mandat».
En principe, cette note de service devait rester secrète, mais elle a été publiée en entier dans le journal norvégien Aftenposten. Embarrassé, le ministre norvégien à qui était destinée la note de service a rappelé que le document n’avait rien à voir avec la position officielle du pays, mais le mal était fait.
Lundi, alors qu’il se préparait à se rendre en Norvège pou r y v isiter l ’A rc t ique, Ba n K i-moon a répliqué : il a accueilli les « critiques constructives », mais croit qu’il est nécessaire de respecter la culture et le style de divers leaders. « J’ai mon propre charisme. J’ai mon propre style de leadership », note-t-il.
Dans des entrevues accordées à de grands médias, il dit privilégier la diplomatie tranquille aux grands éclats. Il rappelle qu’il a fait des changements climatiques un de ses principaux chevaux de bataille et qu’il travaille d’arrache-pied en ce sens.
Des journaux sud-coréens se sont lancés à sa défense, dénonçant le « racisme » voilé des récentes critiques, peu sensibles à la méthode douce préconisée dans la diplomatie coréenne.
Pouvoir limité
Qui dit vrai ? Qui dit faux ? A ncien a mbassadeu r du Canada aux Nations unies, Paul Heinbecker croit que certaines critiques vont trop loin, notamment en accusant Ban Ki-moon d’inaction pendant le récent conflit au Sri Lanka. « Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le secrétaire général qui est à la tête de l’ONU, ce sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Ban Kimoon ne peut pas prendre des Casques bleus et les envoyer où il veut », note-t-il.
Pense-t-il pour autant que le huitième secrétaire général fait bonne figure à mi-mandat ? « C’est difficile de voir ce qu’il a fait jusqu’à présent, tranche l’ancien diplomate, aujourd’hui affilié au Centre for International Governance Innovation. On peut dire que Ban Ki-moon est exactement ce que le Conseil de sécurité voulait qu’il soit : ils ne voulaient plus d’un secrétaire général qui prenait de la place comme Kofi Annan.»
Selon Nicola s L emayHébert, directeur de l’Observatoire sur les missions de la paix de l’UQAM, le style de Ban Ki-moon n’est pas inconnu aux Nations unies. « Avec Ban Ki-moon, l’ONU revient un peu dans le passé. À la diplomatie tranquille que pratiquait Perez de Cuellar plutôt qu’au désir d’ingérence de Kofi Annan et de Boutros Boutros-Ghali », note l’expert. « Ban Ki-moon est plus secrétaire que général. »


De Lester B. Pearson à... Tim Horton  -  VINCENT MARISSAL
Après les Joe Louis distribués en Afghanistan pa r l’ex-ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier, la visite de Stephen Harper au siège social de Tim Horton’s en Ontario, en pleine Assemblée générale de l’ONU à New York.
Décidément, la politique étrangère du gouvernement conservateur repose sur des calories vides…
Stephen Harper était bel et bien à New York, mardi soir, en marge de l’assemblée générale de l’ONU, pour un dîner avec une trentaine d’autres chefs d’État et de gouvernement sur les changements climatiques. Son bureau a d’ailleurs envoyé au moins quatre photos officielles pour bien démontrer qu’il était présent. De toute évidence, on voulait prouver qu’il est préoccupé par les changements climatiques, contrairement à ce qu’a dit cette semaine à La Presse le président du Groupe d ’e x p e r t s i n t e r go uve r n e - mental su r l’évolution du climat (GIEC), Rajendra K. Pachauri.
M . Ha rper a toutefois promptement repris son avion pour revenir au Canada, hier matin, afin de visiter le nouveau centre d’innovation ( ?) de Tim Hortons à Oakville, en Onta rio. L e prem ier ministre a donc commenté les derniers développements à l’ONU devant un présentoir de beignets à Oakville, penda nt que le président a mérica i n Ba rack Oba ma prononçait son tout premier discours devant l’Assemblée générale.
Ça ne fait pas très sérieux : un premier ministre devant des beignets en train d’expliquer sa décision (justifiée, par ailleurs) de boycotter le discours du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.
L e geste de M . H a r per aurait eu plus de poids à New York, où il aurait pu, par ailleurs, écouter en personne l’appel du président Obama en faveur d’un nouveau multilatéralisme. Et le nouveau plaidoyer du président français Nicolas Sa rkozy pour une réforme de l’ONU.
Les absents, c’est connu, ont toujou rs tor t . Su r tout quand on préfère les Timbits au x g ra nds pou r pa rlers d iplom at iq ue s . L e ster B . Pearson va se retourner dans sa tombe…
Stephen H a r per a déjà qualifié l’ONU de « coalition de n’importe qui – du bon, de la brute et du truand ». Dans la fameuse vidéo de Sault-Sainte-Marie dévoilée il y a deux semaines, il avait aussi clairement exprimé son mépris pour l’institution.
S’il est mécontent de l’ONU, ce qui est le cas de nombreux leaders internationaux, M. Harper aurait plus d’influence et de crédibilité à l’intérieur de l’institution que chez un marchand de beignets. Rien ne l’empêche de marquer son opposition à un chef d’État en sortant de l’assemblée. Au contraire, le geste n’en aurait été que plus spectaculaire.
Au bureau de M. Harper, on affirme qu’il tenait à visiter le siège social de la célèbre entreprise canadienne parce que celle-ci a décidé de revenir au Canada grâce aux mesures fiscales du gouvernement conservateur. Soit. Mais cela aurait pu attendre après l’assemblée générale. Après tout, Tim Hortons est revenu ; le siège social sera encore là la semaine prochaine, non ?
Le porte-parole de Stephen H a r per, Di m it r i Souda s , précise par ailleurs que les discours du premier ministre devant l’ONU sont plutôt rares, cette tâche étant le plus souvent confiée au ministre des Affaires étrangères (Jean Chrétien n’y a pris la parole que deux fois en 10 ans). Si Stephen Harper avait voulu prend re la pa role, l’ON U l’avait casé cet après-midi à 17 h, heure à laquelle il sera au G20 à Pittsburgh, ajoute M. Soudas.
Tout cela est vrai. Mais cela ne règle pas le principal problème du gouvernement conservateur en matière d’affaires étrangères : l’impression profondément enracinée que Stephen Harper est en retard pour la grande photo de la communauté internationale – ou carrément absent. Au propre comme au figuré.
En affaires internationales, M. Harper est aux abonnés absents et il n’aura rien fait cette semaine pour corriger cette perception. Pour joindre notre chroniqueur :

« Ahmadinejad est un menteur »  -  Richard Hétu
Le discours du président iranien est dénoncé, à l’ONU et dans la rue
NEW YORK — Le vert était à l’honneur hier après-midi sur la place Dag Hammarksjold, face au siège des Nations unies, où des centaines de manifestants arboraient la couleur du candidat malheureux à la présidentielle en Iran, Mir Hossein Moussavi.
Plusieurs délégués ont quitté la salle lors du discours de Mahmoud Ahmadinejad, hier devant l’Assemblée générale de l’ONU. Les représentants des États-Unis, de la France et du Canada (notre photo) ont entre autres boycotté le président iranien.
Brandissant des photos de Neda, la j eune femme tuée par balle durant la contestation qui a suivi le scrutin du 12 juin, ou des pancartes aux inscriptions telles que « Libérez l’Iran » et « Non à la torture au nom de l’islam », ils ont exprimé leur opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, qui a prononcé en soirée un discours combatif à l’Assemblée générale de l’ONU.
« Ahmadinejad est un menteur », a déclaré une manifesta nte, Sa nya Avazpou r, arrivée la veille d’Orlando, en Floride, pour « dire non » au président iranien. « Il vient ici pour dire aux peuples du monde que rien n’est arrivé en Iran. C’est un mensonge. Il a volé l’élection du 12 juin. »
Commencée à 11 h 30, la manifestation aura attiré des milliers de personnes, iraniennes d’origine pour la plupart. Comme Sanya Avazpour, K a t ayou n S heiba n i é t a it venue de loin – de Montréal, en fait – pour y participer et donner un coup de main aux organisateurs.
« A hmadinejad n’est pas not re président , a - t-el le décla ré. Et j ’a i é t é très contente d’apprendre que le gouvernement du Ca nada allait boycotter son discours, ce qui signifie qu’il ne reconnaît pas sa légitimité. »
Danssonallocutionàl’ONU, Mahmoud Ahmadinejad s’est de nouveau attaqué à l’État d’Israël, qu’il accuse de mener une « politique inhumaine » dans les territoires occupés. Il a également accusé les forces armées étrangères en Irak et en Afghanistan de semer « la guerre, les tueries, l’agression, la terreur et l’intimidation » au Proche-Orient.
Le président iranien n’a cependant pas mentionné le programme nucléaire de son pays, que beaucoup soupçonnent d’avoir un objectif militaire. Et il s’est félicité du résultat contesté de la présidentielle en Iran, un scrutin qu’il a qualifié de « glorieux et pleinement démocratique ».
Le discours du président iranien ne devrait pas lui gagner la sympathie des partisans de Mir Hossein Moussavi, dont Hamed Radfar, jeune étudiant d’origine iranienne qui a lui-même voté lors du scrutin du 12 juin.
« Ses mensonges sont tellement énormes », a-t-il déclaré au cours de la manifestation. « Les gens ont dit que nous exagérions, mais tout ce que nous avons dit est arrivé. Non seulement il a triché, mais il nous a craché au visage. »
Le boycottage du Canada
Les délégués du Canada à l’Assemblée générale de l’ON U, dont le m i n ist re des A f fa i res ét ra ngères , Lawrence Cannon, n’ont pas assisté au discours du président ira nien, Ma h moud Ahmadinejad.
Le premier ministre Stephen Ha r per a j ustifié cette décision en invoquant les déclarations d’Ahmadinejad sur l’État d’Israël, le peuple j uif et l’Holocauste, déclarations qu’il a qualifiées de « répugnantes ». Il a également rappelé d’autres contentieux entre Ottawa et Téhéran, dont la détention du journaliste canadien Maziar Bahari.
Plusieurs autres délégués n’ont pas assisté au discours d’Ahmadinejad, ou ont quitté l’enceinte de l’ONU pendant que le président i ra n ien déblatérait contre Israël et ses « a mbitions rac istes », dont ceux des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France.

De tout à l’ONU  -  Mario Roy
«Il faut de tout pour faire un monde!» proclame un vieux dicton. Si c’est le cas, ce monde diversifié est bien représenté à l’ONU, dont la 64e session de l’Assemblée générale s’est ouverte, hier, dans une ambiance parfois loufoque, parfois plus chargée.
À l’une et l’autre extrémité de ce spectre, on a vu évoluer les leaders libyen et iranien, Mouammar Kadhafi et Mahmoud Ahmadinejad, dont la présence à New York n’est pas passée inaperçue.
Le second, totalement discrédité par son antisémitisme carré ainsi que par la récente élection perse, a su r tout servi de repoussoir. Ahmadinejad a été accueilli à New York, non seulement par des manifestations (notamment d’exilés iraniens) chargées de haine, mais surtout par un sentiment populaire frisant le dégoût.
Pour sa part, en lançant au bout de ses bras la charte des Nations Unies (après avoir vainement tenté de planter ici ou là sa tente bédouine!), Kadhafi s’est montré excentrique à souhait. Le Libyen, sauf erreur le plus ancien dictateur en exercice et jadis le plus prolixe des commanditaires du terrorisme, aura surtout fait grincer des dents. Lorsque, par exemple, il a parlé du Conseil de sécurité de l’ONU comme du conseil de la «terreur». Ou lorsqu’il a déterré (pour y voir un complot bâti autour de l’«israélite» Jack Ruby) les restes de John F. Kennedy. Ou lorsqu’il a dressé les continents les uns contre les autres, faisant parader le sien, l’Afrique, dans son éternelle et infantilisante défroque de victime impuissante à influer sur son propre sort – vieille scie des dictateurs autochtones.
Dans sa première et interminable prestation devant l’auguste assemblée, Kadhafi ne fut rien de moins que pathétique.
Ce défilé de potentats (ces deux-là ne sont pas les seuls) n’aide pas à faire oublier que la communauté internationale doit mieux policer sa gouvernance – Kadhafi n’est-il pas président de l’Union africaine? Et que l’ONU en pa r tic u lier a u n urgent besoin de réformes – la Libye fut présidente, et Cuba a insi que l’Arabie Saoudite sont membres, de l’institution onusienne des droits de l’homme!
Hier, livrant lui aussi sa première allocution en ce lieu, Barack Obama a exposé la vision presque communautariste des relations internationales qu’on sait être la sienne. Et s’est démarqué de George W. Bush en taisant toute réserve quant à ce monstrueux empire politicico-bureaucratique qu’est l’ONU.
On aimerait croire que cette attitude n’est pas que le produit d’une belle naïveté. Et que, dans son admirable quête de temps nouveaux, le président des États-Unis manifestera la sage prudence que devraient lui inspirer les errements des temps anciens originant de la zone internationale de l’île de Manhattan.

Dans sa quête des temps nouveaux, Obama doit se rappeler des errements des temps anciens…

64e Assemblée générale de l’ONU
Obama et Ahmadinejad en vedette
La 64e Assemblée générale de l’ONU se déroule cette semaine
L’ONU tient cette semaine à New York sa 64e Assemblée générale. Entre les discours polém istes de M a h moud A h mad i nejad et l ’e s p o i r d’u n nouvel éla n da ns le processus de paix au ProcheOrient, les 120 chefs d’État et de gouvernement discuteront aussi d’enjeu x cruciaux en environnement et en désarmement nucléaire. Survol d’une semaine diplomatiquement bien ga rnie. Q Quels
sont les thèmes à l’ordre du jour ? R Aujou rd’hui, le s d i r igeants mondiaux se réunissent pour un sommet d’une journée sur le changement climatique, sous la présidence du secrétaire général de l’ONU, Ba n K i-moon. Demain , à l’ouverture de l’Assemblée générale, le président américain Barack Obama et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad doivent prendre la parole. Jeudi, le Conseil de sécurité se penchera en session extraordinaire sur le désarmement et la non-prolifération des armes nucléaires. Et parallèlement à l’Assemblée générale se tiendra, jeudi et vendredi à Pittsburgh, une rencontre du G20. QL e
président américain Barack Obama sera très sollicité... R Des rencontres sont prévues avec son homologue chinois Hu Jintao, ainsi qu’avec le président russe Dmitri Medvedev. Il déjeunera également avec les chefs d ’ É t at a f r ic a i ns présents pour l’occasion et prendra la pa role deva nt la conférence annuelle de la Clinton Global Initiative, l’association de l’a ncien président Bill Clinton. Mais surtout, il rencontrera aujou rd’hui le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas. QL e
discours d’Obama devant l’ ONU est-il jugé important ? R Son discours doit redéfinir la relation entre les États-Unis et l’ONU et marquer un changement de ton particulièrement en direction du monde musulman. Selon l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, le président Obama doit expliquer que la coopération du plus grand nombre de pays est nécessaire pour faire face aux défis de la planète. Q Qui
sont les autres invités fort attendus ? R Pou r la prem ière f ois depu is qu’il a pris le contrôle de la Libye, il y a 40 ans, Mouammar Kadhafi sera présent à une rencontre de l’ONU et participera à la séance du Conseil de sécurité. Le chef d’ État vénézuélien Hugo Chavez pourrait aussi s’y présenter pour affronter son homologue colombien Alvaro Uribe et le président Obama, à propos des soldats a mérica i ns basés en Colombie. Et, bien sûr, le président iranien Mahmoud A h mad i nejad , repor té au pouvoir à l’issue d’un scrutin controversé, doit prendre dema i n la pa role deva nt l’Assemblée. QÀ
quoi s’attendre du sommet tripartite d’aujourd’hui Obama-Abbas-Nétanyahou?
R« Nous n’avons pas de g ra ndes attentes », a averti hier le secrétaire de la Maison-Blanche, Robert Gibbs. L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, George M itchell, vient d’effectuer une visite de quatre jours à Jérusalem et Ramallah sans obtenir aucun progrès sur des négociations de pa i x. Mais les choses sont perçues autrement au Proche-Orient. « Le sommet de New York, écrit le quotidien israélien Ha’Aretz, peut faire avancer les choses ou provoquer leur ef fond rement , ma is l’i mmobilisme est exclu. » Chez les P a lesti n iens , pou rsu it le quotidien, tout échec du camp pragmatique est une victoire pour le camp extrémiste. « Si Obama renvoie [ M a h moud A bba s] c hez lui les mains vides, cela ne pourra que rendre service à ses grands rivaux à Gaza et à Damas. Le Hamas ne passera pas à côté d’une telle occasion de présenter le sommet comme une nouvelle preuve de ce qu’il avance, à savoir que, depu is les accords d’Oslo, le soutien envers le Fatah est peu solide. »

Des Montréalais partent protester à New York
  -  Agnès Gruda
Les pancartes de Bijan Jalali sont prêtes. « Relâchez tous les prisonniers politiques », dit l’une d’elles. « Démocratie pour l’Iran », clame une autre.
Cet après-midi, ce Québécois d’origine iranienne montera à bord d’un autocar, avec ses pancartes et une quarantaine de compatriotes. Direction : New York.
L e président Ma h moud Ahmadinejad doit y prendre la parole demain, à l’occasion de l’Assemblée générale des l’Organisation des Nations unies.
« Je veux dire à tous les dirigeants de la planète que Mahmoud Ahmadinejad n’est pas le président de l’Iran », ex plique Bija n Jalali. Cet informaticien, qui a quitté son pays natal il y a 16 ans, veut clamer haut et fort que l’homme qui parlera au nom de l’Iran ne représente pas vraiment son peuple. « Ce type a volé les élections, puis il a arrêté des milliers de personnes. » M. Jalali fait allusion à la présidentielle du 12 juin dernier qui a donné la victoire à Mahmoud Ahmadinejad. Du moins selon les résultats officiels qui lui accordent 63 % des votes, contre 33 % pour son principal opposant, Mir Hossein Moussavi.
Estimant que ces résultats sont frauduleux, les partisans de Mir Hossein Moussavi ont protesté pendant plusieurs semaines, l’été dernier, dans les rues de Téhéran. Le régime iranien a écrasé ce mouvement de révolte et des milliers de personnes ont échoué derrière les barreaux.
Amnistie internationale et Human Rights Watch dénoncent les arrestations arbitraires et le recours à la torture qui a mené à de nombreux aveux publics. Des centaines de détenus ont été relâchés depuis, mais la répression se poursuit.
L a semaine dernière, le régime a procédé à de nouvelles arrestations, s’en prenant cette fois aux enfants de leader s pol it ique s ou religieux associés à l’opposition. Les protestations ne sont pas éteintes pour autant. Vendredi, des milliers d’Iraniens sont descendus dans la rue pour protester contre le régime de Ma hmoud Ahmadinejad.
Ce dernier continue à défier le monde. Ce week-end, il a accusé une fois de plus l’Occident d’avoir inventé le « mythe » de l’Holocauste.
Son passage à New York sème donc la controverse. Un hôtel a déjà annulé un banquet auquel il devait assister. Et selon le New York Times, tout est ca lc u lé pou r éviter que le président Barack Obama ne le croise dans les couloirs de l’ONU.
L es protestata i res qu i convergent vers New York savent que l’ONU n’empêchera pas Mahmoud Ahmadinejad de prendre la parole.
« Au moins, nous voulons que le monde sache qu’il y a toujours des protestations en Iran », dit la Montréalaise Katayoun Sheibani, qui part elle aussi pour la métropole américaine.

En se joignant aux manifestations, elle souhaite ébrécher la légitimité du chef d’État iranien. « Plus le monde saura ce qu i se passe v ra i ment en Iran, moins Mahmoud Ahmadinejad sera accepté. »





CHILI - Michelle Bachelet a la cote

La cote de popularité de la présidente du Chili dépasse les 65%.
Tandisquel’économiechilienne entre en récession et que le chômage grimpe, la cote de popularité de la présidente Michelle Bachelet dépasse les 65%. Il s’agit de son plus haut score dans les sondages depuis son arrivée au pouvoir il y a trois ans.
« C’est dû à notre gestion économique, souligne la présidente, qui fait aujourd’hui son discours annuel au Congrès. Nous avons économisé en période de prospérité, nous dépensons maintenant en temps de vaches maigres. »
En janvier, le gouvernement a lancé un plan de soutien à l’économie de plus de 4,5 milliards de dollars CAN. Cela représente 2,8% du PIB, soit la dépense publique le plus élevée au monde réalisée en ces temps de crise après l’Arabie Saoudite. Une grande partie a été distribuée sous forme d’aide directe aux familles.
Débuts difficiles
Cette socialiste charismatique, chaleureuse et proche des Chiliens n’a pourtant pas toujours joui de ce soutien. Si elle a été élue en 2006 avec plus de 53% des voix, la pédiatre aura vécu deux premières années difficiles.
Les manifestations étudiantes en mai et en juin de la même année, puis la mise en marche catastrophique et extrêmement onéreuse, l’année suivante, du système de transports publics de la capitale lui ont valu des salves de critiques.
« Si elle s’est sortie de ce marasme, c’est parce qu’elle a bénéficié d’un prix record du cuivre, l’or rouge sur lequel reposent l’économie chilienne et les finances de l’État », explique Tomas Mosciatti, directeur de la radio nationale Bio-Bio.
Elle a utilisé ces fonds pour renforcer le système de protection sociale chilien, ce qui a constitué la marque de son gouvernement. Elle a fait tripler le nombre de garderies gratuites, afin de permettre aux femmes de travailler, a mis en place la loi sur la soustraitance, qui met fin aux abus des grandes entreprises, et, surtout, elle a réformé les retraites. Désormais, tous les Chiliens ont droit à une retraite, même les femmes au foyer.
Sa popularité pourrait ne pas suffire à assurer la victoire de sa coalition à l’élection présidentielle de décembre prochain. Le candidat de droite, le millionnaire Sebastian Pinera, est en tête des sondages depuis des mois. Après 20 ans de pouvoir de la même coalition, les Chiliens réclament du changement.


Chavez célèbre les 10 ans de sa « téléprésidence »
CARACAS — Quatre jours à l’antenne: Hugo Chavez s’offre un marathon radiotélévisé pour le 10e anniversaire d’Allô président, une émission hebdomadaire que le chef d’État vénézuélien a transformée en redoutable outil de communication.
Hugo Chavez se lance dans un marathon télévisé à la barre de son émission Allô président, sur les ondes de la télé d’État.
Le tonitruant dirigeant socialiste a promis à ses concitoyens une véritable telenovela, du nom de ces interminables séries sentimentales qui passionnent le public latino-américain.
« Ça va commencer jeudi. Nous ferons une parenthèse et ça reprendra le vendredi, le samedi et ça se terminera dimanche dans l’aprèsmidi ou la soirée. Il y aura différents épisodes, comme dans une telenovela. Nous parlerons de tout: chansons, critiques », a-t-il déclaré.
Émission phare de la vie politique locale, Allô président est née un an après l’élection, en 1998, de cet ancien officier putschiste, admirateur déclaré de la révolution cubaine, à la tête de ce géant pétrolier des Caraïbes.
Loin des allocutions traditionnelles, on y découvre chaque dimanche M. Chavez, 54 ans, en train de régler, en toute décontraction, ses comptes avec l’opposition comme avec son ex-femme, ou discourir durant des heures sur l’histoire, l’amour et la gastronomie.
Après une chanson romantique ou quelques anecdotes sur sa vie privée, il peut aussi à l’antenne annoncer la nomination ou la destitution d’un ministre, présider une inauguration ou encore joindre au téléphone des citoyens anonymes, abasourdis par l’appel présidentiel.
« C’est un téléprésident. Sa voix est devenue la musique de fond qui accompagne en permanence le pays », explique à l’AFP l’historien Alberto Barrera, auteur de la biographie de référence Chavez sans uniforme.
« Le président a proposé aux Vénézuéliens une nouvelle idée de la politique, irrémédiablement liée à la télévision: un bon politicien doit d’abord être un showman », poursuit-il.
Selon M. Barrera, ce programme télévisé constitue la « métaphore parfaite de la conception qu’a Chavez de son travail » : un lien direct avec les classes pauvres, la moitié de la population, où ses programmes sociaux financés par la manne pétrolière ont forgé sa popularité.
Les journalistes sont rarement invités à l’émission hebdomadaire de M. Chavez, mais ils le suivent toujours avec une grande attention à la télévision, car le président vénézuélien n’accorde que de rares entretiens à la presse.
Le sociologue Tulio Hernandez admet que le gouvernement de M. Chavez est devenu « probablement le plus médiatique d’Amérique latine », grâce au charisme personnel du président.
« Un programme de quatre jours alimente l’idée mythique que c’est un homme doté d’une grande force et de volonté, qui ne se fatigue pas. Quelque chose d’héroïque », décrypte-t-il.



L’Allemagne garde le cap à droite

L’Allemagne vire à droite
Merkel obtient un deuxième mandat grâce à la victoire de la coalition conservatrice-libérale
BERLIN — Angela Merkel peut crier victoire. Les électeurs allemands l’ont reconduite hier à la chancellerie pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête de la coalition de centre droit de son choix, tandis que les sociaux-démocrates (SPD) encaissent un cuisant revers. Mais ce gain n’a rien d’un triomphe, au vu du score de son parti et de l’influence qu’aura son partenaire libéral, estiment plusieurs observateurs.
Angela Merkel, tout sourire : « Je veux être la chancelière de tous les Allemands, afin d’améliorer la situation de notre pays. »
Avec leurs alliés libéraux du F DP, les conservateurs (CDU/CSU) de Mme Merkel ont remporté une majorité confortable des sièges, 332 sur les 622 que comptera finalement le Parlement, selon les résultats officiels communiqués aujourd’hui à l’aube, heure locale.
La chancelière venue de l’ex-RDA, âgée de 55 ans et immensément populaire, a annoncé elle-même une heure après la clôture du scrutin la formation de cette nouvelle coalition qu’elle appelait de ses voeux pour gouverner la première puissance économique européenne, frappée par une récession sans précédent.
«Nous pouvons ce soir (hier) célébrer la victoire, a déclaré Mme Merkel au quartier général de son parti à Berlin. Nous avons réussi à obtenir une majorité solide, pour former un nouveau gouvernement de la CDU/CSU (les Unions conservatrices) et du FDP, et c’est bien. Je veux être la chancelière de tous les Allemands, afin d’améliorer la situation de notre pays. »
Les législatives d’hier ont toutefois consacré le déclin des deux grands partis allemands, conservateurs et sociaux-démocrates, face aux « petits partis », auteurs de scores historiques.
A insi, les conservateu rs (CDU/CSU) de Mme Merkel enregistrent leur plus mauvais résultat depuis 1949, avec 33,8% des voix.
De leur côté, les sociauxdémocrates (SPD), qui gouvernaient avec Mme Merkel depuis quatre ans dans une «grande coalition » et dont le candidat à la chancellerie était le ministre des Affaires étrangères sortant Frank-Walter Steinmeier, 53 ans, réalisent leur plus bas score historique, à 23 %.
Le social-démocrate Steinmeier, 53 ans, a concédé une «défaite amère», relevant qu’un «nouveau rôle (l’)attend, celui d’opposition ». Le SPD avait recueilli 34,2 % des suffrages il y a quatre ans et recule de plus de 10 points. Durant la campagne, il n’est pas parvenu à se présenter comme un véritable rival des conservateurs avec lesquels il avait gouverné.
«Le SPD est sonné, c’est une crise identitaire », explique à l’AFP Étienne François, historien et universitaire à Berlin.
Trois « petits » devenus grands
Face à ces deux formations, trois « petits » partis devenus grands : le FDP libéral (14,6 %), Die Linke (extrême gauche, à 11,9 %) et les Verts (10,7 %) ont chacun réalisé le mei l leu r score de leu r histoire.
Le bond est spectaculaire pour les libéraux, qui s’affichent comme un allié indispensable pour Mme Merkel, laquelle a besoin de leurs voix pour être réélue chancelière par la chambre basse du Parlement allemand. Le chef de la formation libérale, Guido Westerwelle, s’est félicité de « ce résultat excellent» et a promis de faire en sorte que l’Allemagne ait un «système fiscal équitable, d’améliorer les chances en matière d’éducation et de défendre les libertés individuelles».
«Le FDP n’est plus un parti d’appoint», constate l’historien Étienne François, tandis que « la CDU/CSU n’est plus un grand parti rassembleur, mais de plus en plus un parti au profil clairement conservateur.Certains de ses électeurs ont donné leur première voix à un candidat à la CDU, et la deuxième au FDP, pour durcir leur vote à droite», explique-t-il.
Le système électoral allemand dote chaque électeur de deux voix : l’une pour élire directement un candidat dans sa circonscription, et l’autre pour un parti.
Seuls cinq des partis en l ice f ra nch issent la ba r re des 5 % requise pour entrer au Bu ndestag , selon les projections.
La participation atteint un niveau historiquement bas : 70,8 % contre 77,7 % il y a quatre ans.
Campagne atone
Mme Merkel, la « femme la plus puissante de la planète » pou r la quat r ième a n née consécutive, selon le magazine Forbes, plaidait pour la fin de la coalition avec les sociaux-démocrates.
« Demain , i l s ’a g i r a d e donner la force à l’Union de former un nouveau gouvernement en Allemagne, dans une nouvelle constellation », avaitelle lancé samedi lors de sa dernière réunion, à Berlin, à l’issue d’une campagne atone où elle s’est gardée de faire la moindre promesse.
La CDU a battu campagne en misant tout sur la popularité record de la chancelière, quitte à éviter les débats de fond.
La sécurité avait été renforcée dans le pays, singulièrement dans les gares et les aéroports, alors qu’à l’approche du scrutin des menaces de militants islamistes ont circulé sur l’internet, dont un message sous-titré en anglais et en allemand du chef d’AlQaeda, Oussama Ben Laden.
De nombreux dossiers économiques attendent le gouvernement Merkel II, dont l’accroissement annoncé du chômage, l’augmentation des déficits et les difficultés du système éducatif et de santé, alors que le pays commence à sortir de la récession.
L’engagement de l’Allemagne en Afghanistan figurera aussi à l’ordre du jour.
CDU et FDP ont déjà dit vouloir revenir sur l’abandon programmé de l’énergie nucléaire.



L’extrême droite britannique a le vent dans les voiles
Une révolution tranquille serait-elle en cours au Parlement britannique ? Mis à genoux par le scandale des notes de frais, les grands partis ne savent plus à quel saint se vouer. Leurs candidats aux élections européennes seront sans doute punis par l’élec
COLLABORATION SPÉCIALE LONDRES— C’était jour de porteà-porte vendredi dernier pour Richard Barnbrook, un membre du British National Party, élu au conseil municipal de Londres. L’homme svelte avait revêtu un complet beige pour l’occasion. Et la rosette du BNP aux couleurs de l’Union Jack, le drapeau britannique, à la boutonnière.
« Allez-y, prenez des photos » , a-t-il dit aux journalistes qui le suivaient à Hornchurch, dans l’est de Londres.
Pendant britannique du Front national en France, le BNP défend un programme politique controversé : halte à l’immigration, mesures incitatives pour le départ de familles immigrantes, retour de la peine de mort pour les meurtres prémédités.
Or, quelques candidats du BNP pourraient bien être élus aux élections européennes cette semaine (les Britanniques votent demain). La crise de confiance des électeurs face aux partis traditionnels – travailliste et conservateur – est telle que beaucoup se tournent vers les partis indépendants comme le BNP.
Scandale et colère
D’ai l leurs, peu de portes ont claqué au nez de Richard Barnbrook, vendredi dernier. « Je voterai pour la première fois de ma vie jeudi. J’en ai marre de Brown et de sa clique. Le BNP est un parti raciste, mais ils ont raison » , dit Mick Smith, un ouvrier de la construction de 60 ans.
« Je veux envoyer un message au Parlement. Les députés sont tous corrompus », dit de son côté Gary Anderson, un camionneur qui votera aussi pour le BNP.
Pourquoi cette colère ? En raison du scandale des notes de frais qui dure depuis presque un mois. Les révélations au comptegouttes du Daily Telgraph ont empoisonné les relations entre les Britanniques et leurs élus.
Le remboursement de dépenses douteuses aux députés, comme un îlot pour canards, et les stratagèmes utilisés pour exploiter les failles du système ont réduit en poussière la confiance de l’électorat.
Des têtes ont roulé, dont celle du président de la Chambre des communes, Michael Martin. Du jamais vu en plus de 300 ans. La ministre de l’Intérieur, Jacqui Smith, qui a été éclaboussée par le scandale, a annoncé sa démission, hier. Selon les observateurs politiques, Gordon Brown prévoyait l’expulser du cabinet ministériel lors d’un remaniement prévu pour vendredi.
Une douzaine d’autres députés travaillistes et conservateurs ont déjà annoncé qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections générales, prévues pour juin 2010.
Trop peu trop tard
Flairant l’occasion, le chef du Parti conservateur, David Cameron, a lancé un appel à tous pour du sang neuf dans ses troupes. « Je veux dire aux gens, aujourd’hui, que si vous voulez nous aider à nettoyer le système politique, devenez un candidat conservateur » , a affirmé en entrevue à la BBC, le populaire chef de l’opposition qui s’évertue à réclamer de Gordon Brown la tenue d’élections générales anticipées, mais sans succès.
Le premier ministre a été plutôt lent à réagir. Il a promis, hier, un nouveau code de conduite pour les députés. Trop peu, trop tard.
Des rumeurs de coups d’État ont repris. Le Parti travailliste semble au bord de l’implosion. Même le quotidien The Guardian, un traditionnel allié, ne lui apporte plus son soutien. Et les sondages n’augurent rien de bon pour jeudi.
Le parti de Gordon Brown récolte seulement 17% des intentions de vote. Les partis indépendants en recueillent 30%, dont 4% pour le BNP. Pour être élu au Parlement européen, un candidat du BNP devra obtenir un résultat de 8,5% dans sa circonscription.
Un score qui ne relève pas de l ’ exploit , selon Richa rd Barnbrook, lui-même le premier membre du BNP élu à la Chambre des communes, à Londres. « Je serais très étonné qu’on ne gagne pas deux ou trois sièges » , dit l’homme de 48 ans.

Un rêve terni par la réalité -  LYSIANE GAGNON
Depuis son extension à l’Est, l’Europe est devenue un assemblage hétérogène, sans personnalité autre que géographique.
Bilan des élections européennes : la montée généralisée de la droite, de même qu’une inquiétante percée de l’extrême droite, notamment aux PaysBas, en Hongrie et en Grande-Bretagne... et un taux d’abstention record, qui va de 60% en France à 80% en Slovaquie.
Cela confirme, si besoin était, que l’Europe, ce rêve magnifique devenu réalité (on va maintenant de l’Estonie au Portugal sans traverser une seule frontière!), ne fait pas encore partie de la vie quotidienne des citoyens. Sauf exception, les députés élus au parlement de Strasbourg proviennent souvent de l’équipe B – ceux qui seraient incapables de faire carrière en politique nationale, ou qui préfèrent l’agitation et les tractations stériles d ’ un pa rlement sans pouvoir réel à l’action directe au sein d’un gouvernement national. (Ce n’est pas sans raison que le parlement européen, qui tolère les corridas, s’est énamouré des bébés phoques , une cause futile s’il en est une, mais qui a le mérite de n’entraîner aucune retombée politique, puisque c’est surtout au Canada que ça se passe !).
Il est vrai aussi que la bureaucratisation extrême des superstructures bruxelloises, qui engendrent des tonnes de règlements superflus, est un repoussoir… et que depuis son extension à l’Est, l’Europe est devenue, moins qu’un ensemble cohérent, un assemblage hétérogène, sans personnalité autre que géographique. L’Europe de l’Ouest avait des institutions, des sensibilités et un niveau de développement relativement analogues, mais les pays récemment sortis de l’URSS feront encore longtemps figure de vagues cousins très éloignés. Rien d’étonnant à ce qu’à mesure qu’elle s’élargit, l’Europe soit de moins en moins capable de se donner une politique étrangère commune.
Mais à entendre le compte rendu de ces élections, dimanche dernier à la télévision française, on n’aurait jamais cru qu’elles concernaient l’Europe ! Exception faite de Daniel Cohn-Bendit, les politiciens invités sur les plateaux, parfaitement indifférents au reste de l’Europe, n’avaient d’yeux que pour ce que signifiaient les résultats en regard de la politique française. Un peu comme si, lors d’une élection fédérale, on n’analysait les performances du Bloc et du PLC qu’en fonction de ce qu’elles annonçaient pour le PQ et le PLQ.
Cette campagne européenne a chambardé le paysage français. François Bayrou voit s’évanouir ses espoirs pour les présidentielles de 2012, et les socialistes sont en déroute, le groupe Europe Ecologie (Cohn-Bendit, l’ancienne juge Eva Joly et José Bové) se hissant en troisième place, presque à égalité avec le PS, pendant que l’UMP du président Sarkozy triomphe avec 28%.
Une étoile montante: Rachida Dati, qui a brillamment animé la liste UMP avec l’ancien ministre Michel Barnier, transformant en tremplin son exil du gouvernement – une brillante revanche sur l’humiliation subie aux mains du président qui l’a laissé tomber après l’avoir adoubée. Une étoile tombante : Martine Aubry, l’austère cheffe du PS qui devra probablement céder sa place à l’un des jeunes loups qui trépignent en coulisse… encore que Ségolène Royal, sa rivale vaincue qui rit aujourd’hui dans sa barbe, n’ait pas dit son dernier mot. Au PS, la bataille pour le pouvoir reprendra avec une férocité décuplée.
Finalement, le héros de la soirée aura été Daniel Cohn-Bendit, l’ancien contestataire de Mai 68, ce Franco-Allemand qui est le parfait prototype de l’Européen…Une bonne bouille, qui ne parle pas la langue de bois, et qui fut le seul à prendre ces élections au sérieux et à parler durant toute la campagne d’enjeux européens plutôt que nationaux. Il faut dire que sa formation avait été bien servie par la sortie planétaire, deux jours avant le vote, de Home, la superproduction sentimentale et alarmiste de Yann ArthusBertrand, qui a été vue par neuf millions de Français… Un fameux coup de pouce!


David Cameron se dit prêt à diriger le pays  -  Judith LaChapelle
Les conservateurs britanniques, confinés à l’opposition depuis l’arrivée triomphale des travaillistes en 1997, ont tenu leur congrès cette semaine. Leur chef, David Cameron, n’a pas fait dans la dentelle : pour sortir la Grande-Bretagne de la crise, il faudra sabrer les dépenses publiques. Sa franchise ne semble pas encore faire peur aux électeurs. L’été prochain, il pourrait bien être le prochain premier ministre du Royaume-Uni.
Les Britanniques n’aiment pas les conservateurs. En tout cas, ils ne les aiment pas comme ils se sont passionnément épris des travaillistes en 1997. Pour gagner le coeur – mais surtout le vote – des électeurs, les conservateurs doivent leur prouver qu’ils ont changé.
Depuis son élection comme chef en 2005, David Cameron, 42 ans, s’est appliqué à dépoussiérer l’image de « vieux parti » qui colle aux conservateurs.
C’est ce qu’on disait tout haut cette semaine à Manchester, au congrès annuel de la vénérable formation politique. Las des travaillistes, au pouvoir depuis 12 ans, les électeurs britanniques semblent séduits par l’idée que le Parti conservateur revienne au pouvoir l’an prochain. Et s’il faut en croire les sondages publiés cette semaine, les tories et leur chef charismatique, David Cameron, voguent allègrement vers la victoire, avec 14 points d’avance sur le Labour.
Mais attention, prévient l’auteure Judith Ba ra , qui enseigne à l’ Université de Londres. « Rien n’est encore joué », dit cette observatrice de la scène politique britannique, que La Presse a jointe hier. Pour gagner la majorité des sièges, « ils devront travailler plus fort pour que les gens votent davantage en faveur des conservateurs plutôt que contre les travaillistes ».
Depuis son élection comme chef en 2005, David Cameron s’est appliqué à dépoussiérer l’image de « vieux parti » qui colle aux conservateurs.
Le bon père de famille
Ancien cadre du groupe média Ca rlton , David Ca meron, 4 2 a ns, se présente comme un bon père de famille, adepte du vélo, préoccupé par la santé et l’écologie, prêt à soutenir les couples homosexuels. Il diffuse des photos de ses vacances avec femme et enfants, et la mort en février dernier de l’un de ses enfants gravement malade a ému l’opinion publique.
Mais les Britanniques restent méfiants. De fait, un autre sondage a montré que 68 % d’entre eux croient que le Parti conservateur n’a pas changé depuis l’a rrivée de David Cameron. Son entourage est aussi perçu comme composé de « v ieu x tories » fa isa nt partie d’un club sélect issu des collèges huppés du pays. « Une majorité de gens doute toujours que Cameron puisse comprendre ce que vit la classe moyenne», dit Mme Bara.
Cette sema ine, le c hef con ser vateu r a la ncé u n message clair : il est « prêt » à piloter le pays mais avertit que la Grande-Bretagne t r ave r s e r a « u n e p é r io de difficile ». Coupes dans les dépenses de l’État, hausse de l’âge d’admissibilité à la pension de vieillesse et gel des salaires des fonctionnaires sont à prévoir.
Les récents sondages indiquent que l’appui aux conservateurs, malgré les intentions radicales du chef, n’aurait pas faibli. « Mais les gens commencent à se dire : nous en avons assez des travaillistes, mais sommes-nous prêts à ça ? » dit Mme Bara.
David Cameron doit aussi surveiller sa droite : en flirtant avec le centre, il risque de perdre des votes au profit de partis résolument à droite qui ont constamment gagné en popularité ces dernières années.
Les élections ne devraient pas avoir lieu ava nt j uin. D ’ici là , d it Jud it h B a ra , tout peut a rriver. « Ha rold Wilson (NDLR : ancien premier ministre travailliste) a déjà dit qu’une semaine, en politique, c’est une longue période... »

Grande-Bretagne : Le Parlement embarrassé
Films pornos, barres de chocolat, canapé-lit remboursés aux députés de Grande-Bretagne
Plusieurs ministres semblent avoir fait des déclarations abusives ou avoir exploité le système à leur avantage.
COLLABORATION SPÉCIALE
Le scandale fait mal au parti de Gordon Brown. Dimanche, le Parti travailliste ne recueillait plus que 23% des intentions de vote en Grande-Bretagne.
— Une c r i s e de confiance se creuse entre les Britanniques et leurs élus depuis vendredi. Le dévoilement des notes de frais douteuses de députés ternit la réputation de toute la classe politique du pays. Même le premier ministre travailliste Gordon Brown a été éclaboussé par cette affaire, le forçant à s’excuser hier « au nom de tous les partis politiques ».
Le scandale a éclaté au grand jour vendredi lorsque le quotidien de droite, le Daily Telegraph, a révélé en primeur les dépenses professionnelles que les députés ont tenté de se faire rembourser. Plusieurs ministres semblent avoir fait des déclarations abusives ou avoir exploité le système à leur avantage.
Cette histoire a poussé Gordon Brown à exprimer de rares excuses. « Nous avons la responsabilité de prouver que nous sommes là pour servir l’intérêt public et non nos propres intérêts », a-til déclaré à une conférence hier matin.
Dans certains cas, des parlementaires ont exigé des remboursements difficilement justifiables. Par exemple, des barres de chocolat, un bouchon de bain, un canapé-lit et... des films pornos. En effet, la ministre de l’Intérieur, Jacqui Smith, avait admis avoir déclaré deux films adultes « par erreur » en mars dernier.
D’autre part, le système de défraiement permet aux députés de déclarer des dépenses pour une seconde résidence, soit dans leur circonscription, soit à Londres. Or, la ministre Hazel Blears a identifié trois propriétés différentes comme résidence secondaire dans une même année.
« C’est une clause qui prête le flanc à des abus, expl ique le pol itologue David Jarvis, de l’Université de Cambridge. Des députés ont rénové des maisons aux frais des contribuables puis ont empoché les profits de leur vente. »
Même l’honnêteté de Gordon Brown a été mise en doute. Le premier ministre, qui navigue de crise en crise depuis mars, a versé 11 500 $ canadiens en frais de travaux domestiques à son frère Andrew, entre 2004 et 2006.
La bel le-soeur de Gordon Brown, Clare, est intervenue hier en expliquant dans le Guardian comment les deux frères se partagent des services de ménage.
Le tollé dans la presse britannique est à son apogée. Un ancien vice-président de la Chambre des communes, Lord Naseby, a même suggéré que la dissolution du Parlement était la seule façon de laver la réputation de ses membres.
Pourtant, tout le monde se défend d’avoir mal agi . Les ministres insistent qu’ils ont respecté les règles du système de remboursement. Un système jugé maintenant désuet par Gordon Brown et le chef de l’opposition, le conservateur David Cameron.
Un organisme indépendant de vérification se penchera sur cette affaire, a promis hier le président de la Chambre des communes, Michael Martin.
Toutefois , le mal semble être fait. Dimanche, le parti de Gordon Brown ne recueillait plus que 23% des intentions de vote, du jamais vu depuis 1943.
Cette crise pourrait bouleverser l’échiquier politique, prédit David Jarvis. « Nul ne sait ce qui va arriver. La grogne des électeurs pourrait donner des ailes aux partis d’extrême droite. »


« Fais pas le malin » -
MARC THIBODEAU
— Nicolas Sarkozy à un jeune homme lors d’un bain de foule
PARIS — Les politologues avertis qui collectionnent les sorties cinglantes du président français Nicolas Sarkozy comme autant de perles seront ravis.
Hier, le coloré chef d’État a rappelé à l’ordre un jeune homme alors qu’il prenait un bain de foule à Chambéry en lui disant à plusieurs reprises : « Fais pas le malin. »
Bien qu’on entende clairement les propos du politicien ulcéré sur les vidéos et les enregistrements diffusés par les médias présents, l’incident à l’origine de son courroux n’est pas clair.
Le quotidien Libérat ion affirme que Nicolas Sarkozy n’a pas apprécié que le jeune homme lance à la ronde que le président ne lirait jamais un courrier qu’une femme présente dans la foule se proposait de lui transmettre.
France Inter rapporte pour sa part que l’homme – qui n’a pas été identifié – se serait essuyé «ostensiblement» la main après avoir serré celle du chef d’État.
Nicolas Sarkozy, venu marquer le 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France, avait été accueilli à la fois par des huées et des applaudissements à son arrivée.
Selon l’envoyé du Monde, l’incident vient « écorner un peu plus encore » le style présidentiel.
Il rappelle un accrochage survenu au Salon de l’agriculture en 2008. Le chef d’État avait alors lancé « Casse-toi, pauv’ con» à un homme qui refusait de lui serrer la main. La vidéo de l’accrochage est devenue un succès monstre sur l’internet. Et la phrase ne cesse depuis d’être reprise dans les manifestations par des critiques du chef d’État qui l’invitent, à leur tour, à «se casser».
L’incident à Chambéry survient alors que la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est au plus bas. Selon un récent sondage, les deux tiers des Français estiment que sa présidence est un échec.
Ses difficultés ont relancé les ambitions de plusieurs ténors de la droite, comme celles de l’ex-premier ministre Alain Juppé, qui n’écarte pas de se présenter à la présidence si l’actuel occupant du poste ne sollicite pas de second mandat en 2012. Une hypothèse jugée peu probable par les analystes.


Chirac renvoyé devant les juges  -  Louis-Bernard Robitaille
L’ancien président devra s’expliquer sur les « emplois fictifs » à la mairie de Paris avant 1995
PARIS — À un mois de son 77e anniversaire, Jacques Chirac a appris hier matin la mauvaise nouvelle à la Gazelle d’or, ce palace marocain où il passe quelques jours de vacances, en compagnie de sa femme Bernadette et de son petit-fils Martin. L’ancien président de la République, de 1995 à 2007, sera traduit en justice dans les mois qui viennent pour « détournement de fonds » et « abus de confiance ».
L’ancien président de la République française Jacques Chirac sera traduit en justice dans les mois qui viennent pour « détournement de fonds » et « abus de confiance ». C’est la première fois en France qu’un ancien président est jugé devant les tribunaux.
En théorie, l’accusé risque jusqu’à 10 ans de prison pour ces délits. Mais la juge d’instruction chargée de son dossier, Xavière Siméoni, n’a pas retenu le chef d’accusation de « faux en écriture », qui l’aurait automatiquement conduit devant la cour d’assises. Au vu des très nombreuses « affaires » qui ont entaché sa gestion de la mairie de Paris de 1977 à 1995, Jacques Chirac a échappé au pire. Mais c’est tout de même une première en France que de voir un ancien président devant les tribunaux.
Longtemps épa r gné pa r l e s e nquêtes j ud i c i a i r e s , le Rassemblement pour la République ( RPR) avait été finalement pris dans la tourmente à la fin des années 90, alors que son chef était déjà installé à l’Élysée et bénéficiait de ce fait d’une quasi totale i mmunité. Les révélations embarrassantes s’étaient succédé. Sur les emplois de complaisance à la mairie. Sur le système de pots-de-vin payés lors de l’attribution de contrats publics. Sur de lu xueuses vacances au soleil réglées avec des liasses de billets.
Au passage, certains proches ont été inquiétés ou condamnés par la justice, parmi lesquels l’ancien chef de cabinet du maire, Michel Roussin, et surtout l’ancien adjoint aux Finances de la mairie, un certain Alain Juppé, condamné à 14 mois de prison avec sursis.
Intouchable jusqu’à la fin de son second mandat, en mai 2007, Jacques Chirac avait alors été entendu à cinq reprises par la juge d’instruction entre novembre 2007 et juillet 2008.
De toute évidence, la magistrate n’a pas opté pour la sévérité : sur 481 emplois suspects, elle n’en a retenu que 21 dans l’acte d’accusation contre l’ancien maire, considérant que tous ceux datant d’avant 1992 tombaient sous le coup de la prescription. Contrairement à l’avis du Parquet qui souhaitait classer la totalité du dossier, la magistrate a eu le « courage » – disent ses pairs – de renvoyer un ancien président devant ses juges. Une première historique.
Mais il n’y aura sans doute pas d’acharnement judiciaire contre le vieux retraité de la politique. Même à gauche, la plupart, comme Ségolène Royal, souhaitent qu’il puisse « vivre en paix » et ne souhaitent pas un grand déballage. Quant à l’opinion publique, elle a tranché: Jacques Chirac est aujourd’hui, avec 76% d’opinions favorables, l’homme politique le plus populaire du pays.

Les « séances d’exorcisme » de Sarkozy dénoncées
PARIS — Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a construit sa carrière politique en affichant sa fermeté sur les questions d’ordre et de sécurité publique, n’hésite pas à légiférer dans la foulée de faits divers spectaculaires. Même au risque de se voir accusé de démagogie.
Nicolas Sarkozy a assisté à une cérémonie officielle le 6 octobre dernier au Kazakhstan. Ce voyage, le premier d’un président français depuis 1993, a permis de relancer les relations économiques entre les deux pays.
Le chef d’État a donné une nouvelle illustration de cette tendance la semaine dernière en réaction à la mort de MarieChristine Hondeau, 42 ans, étranglée alors qu’elle faisait son jogging dans une forêt au sud de Paris.
L’affaire a pris une portée politique importante après que les forces de l’ordre eurent révélé que le responsable du meurtre avait bénéficié d’une libération conditionnelle en mars 2007. L’homme avait été condamné cinq ans plus tôt à 11 ans de prison pour le viol et l’enlèvement d’une adolescente.
Comme il l’a souvent fait par le passé, le président a reçu la famille de la victime à l’Élysée jeudi dernier. Il a demandé à cette occasion au ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, de lui présenter en moins d’une semaine des suggestions pour minimiser les risques de récidive. Il a précisé qu’elles devraient être rapidement soumises pour adoption à l’Assemblée nationale.
Il a demandé notamment de «veiller... par une modification de notre législation, à une implication plus forte des services de police et de gendarmerie dans la surveillance» des condamnés ayant purgé leur peine.
Castration chimique
M. Hortefeux et son homologue à la Justice, Michèle Alliot-Marie, ont évoqué, en écho au président, la possibilité d’élargir l’usage de la « castration chimique», voire de la rendre obligatoire pour certains détenus j ugés dangereux au moment de leur libération.
Le ministre de l’Intérieur a ajouté que le meurtrier présumé de la joggeuse n’aurait jamais dû être libéré, suscitant une levée de boucliers dans les milieux judiciaires. «Les déclarations de M. Hortefeux portent en germe la remise en cause du principe de l’aménagement des peines, avec son corollaire absurde et inhumain: l’enfermement perpétuel des personnes condamnées», a dénoncé le Syndicat de la magistrature.
L’organisation a demandé au chef d’État de rappeler à l’ordre le gouvernement pour faire cesser ces attaques «obscènes» contre les magistrats. Sans obtenir de réaction du chef d’État, qui a souvent lui-même lancé des salves similaires alors qu’il était ministre de l’Intérieur.
Violences physiques en hausse
Réagissant sur le meurtre de Marie-Christine Hondeau, le Parti socialiste a attaqué le chef d’État en l’accusant de «répondre à l’émotion d’un drame par l’annonce d’une énième réforme du droit pénal».
«En sept ans, il a fait voter 14 lois et 115 modifications du Code pénal... Dans le même temps, les violences physiques non crapuleuses ont crû de 48%. Cela démontre l’inefficacité d’une politique qui privilégie l’agitation sur l’action, l’affichage sur les résultats », dénonce la formation, qui propose une meilleure prise en charge psychologique des délinquants sexuels.
Le Monde, dans un éditorial paru hier, s’inquiète des «séances d’exorcisme à grand spectacle» orchestrées pas le président français après des meurtres ou des viols particulièrement sordides. «Jusqu’où... pousser la surenchère pénale et la relégation des 8000 délinquants sexuels emprisonnés sa ns verser dans une République qui ne serait plus seulement compassionnelle mais vengeresse, plus seulement protectrice mais démagogique ? » demande le quotidien.

PARIS  Grand déballage à l’horizon  -  Louis-Bernard Robitaille
Procès Clearstream Sarkozy c. de Villepin
L’ancien premier ministre français de Villepin est accusé d’avoir utilisé des documents bancaires falsifiés pour couler Sarkozy. Celui-ci fait partie des plaignants.
PARIS — Le procès Clearstream, qui s’ouvre aujourd’hui à Paris et durera un mois, c’est d’abord un étripage public entre deux stars de la politique française. Du côté de l’accusation, Nicolas Sarkozy, le président de la République en personne, malgré son rôle de chef suprême de la magistrature et le conflit d’intérêts qui en découle.
Janvier 2007 : l’ex-premier ministre français Dominique de Villepin (à droite) en compagnie de son rival de longue date, le président Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur.
Sur le banc des accusés, une vedette déchue, mais vedette tout de même, Dominique de Villepin, 55 ans, ancien premier ministre de juin 2005 à mai 2007. Il a été à ce titre le « patron » de Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Mais aussi son meilleur ennemi, chargé par Jacques Chirac de « tuer » ce candidat encombrant à la présidence.
En politique française, comme le faisait remarquer un ancien confident du président Chirac, les grands chefs ont toujours évité, même lorsqu’ils étaient victimes de « coups tordus », ce genre d’affrontement public. Sur le terrain judiciaire, cela peut mener à un déballage que personne ne maîtrise plus. Situation d’autant plus étrange que, de par sa fonction, non seulement Sarkozy est le « patron » des juges, mais encore, il bénéficie de l’immunité. Une situation étrange que les avocats de Dominique de Villepin devaient tenter d’exploiter dès ce matin pour « sortir » Sarkozy du procès. Et donner ainsi une première victoire « morale » à l’ancien premier ministre de Chirac.
Affaire rocambolesque
Entre les deux hommes, le dossier Clearstream, une affaire à la fois ténébreuse et rocambolesque. Au mois de juillet 2004, alors que Nicolas Sarkozy est déjà candidat déclaré à la succession de Chirac, et contre lui au besoin, des journaux publient des « révélations » sur « un scandale qui fait trembler la classe politique ». De nombreuses personnalités de premier plan – dont on ne dévoile pas le nom – disposeraient de comptes chez Clearstream, un établissement bancaire du Luxembourg à la réputation sulfureuse. Il s’agirait de sommes importantes provenant des commissions occultes touchées à l’occasion de la vente de frégates de guerre françaises à Taiwan.
On saura par la suite que sur ces listes bancaires figurent les noms de Paul de Nagy et Stéphane Bocsa, autrement dit Stéphane-Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. Une affaire qui pouvait, si elle prenait consistance, mener à la mise en examen de Sarkozy, ce qui l’aurait automatiquement écarté de la course à la présidence pour 2007.
Mais ces listes sont des faux grossiers. Et même surréalistes. On y trouve les noms de dizaines de personnalités, depuis les anciens ministres socialistes Chevènement et StraussKahn jusqu’aux fils de Charles Pasqua et Simone Veil, en passant par la comédienne Laetitia Casta, la chanteuse Alizée et le patron du Nouvel Observateur.
Faux documents
L’affaire tourne court. Le problème, c’est que Dominique de Villepin apparaît au début de l’histoire. À la toute fin de 2003, il a reçu les documents de son ami Jean-Louis Gergorin, ancien haut dirigeant d’Airbus à la personnalité manifestement agitée. Le 9 janvier 2004, Villepin a transmis à son tour « pour enquête » les listes au général Rondot, ancien patron des services secrets à la retraite. Rondot émet rapidement des doutes sur l’authenticité des documents. Villepin insiste et le pousse (selon Rondot) à pousser les recherches du côté de Sarkozy. Au mois de mars, dit aujourd’hui Gergorin, Villepin lui aurait demandé de transmettre les listes à un juge. Finalement, c’est le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, spécialisé dans les affaires politico-financières, qui recevra les documents de source anonyme. Lui aussi en conclura rapidement qu’il s’agit de faux. Mais, dans les semaines suivantes, selon le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, Villepin aurait « poussé » à la publication dans les journaux. Ce qui fut fait au mois de juillet, alors que le caractère trafiqué du dossier ne faisait plus de doute pour personne.
Dominique de Villepin est donc aujourd’hui poursuivi pour « complicité de dénonciation calomnieuse et usage de faux » aux côtés, notamment, d’Iman Lahoud, informaticien au chômage, qui reconnaît aujourd’hui avoir trafiqué les listes, et de Jean-Louis Gergorin, ancien grand patron de l’aéronautique aujourd’hui quelque peu délirant, qui dit avoir agi sur ordre de Villepin.
Celui-ci aurait pu décider de plaider la bonne foi et la naïveté : oui, il avait cru jusqu’au bout à l’authenticité des documents. Il a choisi au contraire de tout nier en bloc : les documents lui ont été montrés, mais il n’a jamais ordonné d’enquête au général Rondot ni demandé à Gergorin de faire parvenir les papiers à un juge. Et surtout : il est désormais victime d’un règlement de compte de Sarkozy. Et celui-ci abuse de son pouvoir en se portant plaignant.
Une bien mauvaise affaire, tout de même, pour Dominique de Villepin... et pour son image.


L’« omniprésident » Sarkozy tente d’éviter le naufrage   -  Louis-Bernard Robitaille
Deux ans après son élection Nicolas Sarkozy promettait de rompre avec le « roi fainéant » Chirac : il temporise. On le disait ultralibéral : il est devenu interventionniste. Les réformes piétinent et, en matière de rigueur, la France aura une dette équiva
D’une certaine manière, la crise économique a été pour lui une bouée de sauvetage: au milieu de la panique générale, les promesses du candidat Sarkozy ont été reléguées à l’arrière-plan.
COLLABORATION SPÉCIALE
Pour célébrer le deuxième anniversaire de sa victoire à la présidentielle, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy s’est empressé de... ne rien fêter du tout. Les services de l’Élysée ont fait savoir qu’il n’y avait rien à signaler: « Le bilan de Nicolas Sarkozy se jugera sur cinq ans, et pas avant », répète-t-on dans l’entourage présidentiel.
— Nicolas Sarkozy aura été le premier président français depuis trois ou quatre décennies à se faire élire sur un programme qui, à première vue, n’était pas démagogique.
Sans aller jusqu’à promettre, comme Churchill, « du sang, de la sueur et des larmes », il annonçait le temps des sacrifices pour certains et des réformes douloureuses, notamment pour les fonctionnaires et les enseignants.
Certes, les Français allaient « gagner plus », mais à condition de « travailler plus ». Dans ce pays qui bat tous les records européens en matière de dépenses publiques – environ 54% du PIB –, un homme s’est fait élire avec un programme relativement clair de rigueur budgétaire et de réformes libérales de l’État et de l’économie.
Pour célébrer le deuxième anniversaire de sa victoire à la présidentielle – le 6 mai 2007 –, il s’est empressé de ne rien fêter du tout. Et s’est contenté de tenir mardi soir une grande réunion publique à Nîmes en vue des élections européennes de juin. De leur côté, les services de l’Élysée ont fait savoir qu’il n’y avait rien à signaler: « Le bilan de Nicolas Sarkozy se jugera sur cinq ans, et pas avant », répètet-on dans l’entourage présidentiel.
Et en effet, il n’y a pas matière à pavoiser. Non pas que le bilan de Sarkozy, après deux ans au pouvoir, soit désastreux: il est insaisissable.
À l’image d’un sondage publié mercredi par Le Parisien. Les Français jugent Sarkozy « dynamique » (85%) « courageux » (73%), « sachant prendre des décisions difficiles » (66%). Ce qui est plus que flatteur. Mais 55% (près des deux tiers de ceux qui déclarent avoir une opinion) jugent qu’il « ne fait pas un bon président » !
Pour ajouter à la confusion, un autre sondage, concernant d’hypothétiques intentions de vote à un scrutin présidentiel, accorde 30% à Nicolas Sarkozy (autant autonomie des établissements, fin du diplôme national unique, partenariat avec le privé et le mécénat. De justesse, la réforme a été adoptée, mais amputée des deux tiers de son contenu.
Un scénario qui s’est répété par la suite: les régimes spéciaux de retraite, qui ont été supprimés mais au prix de concessions qu’en avril 2007), très loin devant Ségolène Royal (21%).
Presque à mi-mandat, Sarkozy apparaît lui-même insaisissable. Le soir de son élection, il promettait de réformer la France en profondeur et à un rythme accéléré.
Deux ans après, le bilan est plus que mitigé. Dès juillet 2007, le gouvernement a décidé de réformer en profondeur l’université : financières majeures, un service minimum dans les transports publics imposé aux syndicats, mais qui ne sera jamais appliqué. Sarkozy se présentait comme un libéral pur et dur, sur le modèle Thatcher : on a constaté qu’il savait louvoyer et battre en retraite aussi bien que Chirac.
D’une certaine manière, la crise économique a été pour lui une bouée de sauvetage: aumilieu de la panique générale, les promesses du candidat Sarkozy ont été reléguées à l’arrière-plan. Plus personne ne fait attention au fait que le déficit public dépassera cette année les 5% du PIB, et que la dette publique devrait frôler les 80% à la fin du quinquennat, en 2012. Et personne non plus ne reproche au président d’avoir renoncé à ses réformes libérales.
Mais, sur le fond, rien ne va vraiment : les annonces de fermetures d’usine tombent chaque semaine, les universités sont partiellement bloquées depuis quatre mois à propos d’une énième réforme… qui finira dans les oubliettes.
Dans le contexte ac tuel , Nicolas Sarkozy n’a certes plus les moyens d’envisager quelque grande réforme que ce soit. Et doit se contenter de naviguer à vue en tentant d’éviter le naufrage. Le bateau résiste un peu mieux que prévu dans la tempête. Mais sans plus. Et il n’y a pas d’éclaircie en vue.


PARIS
Cinq cents voitures brûlées dans la nuit du 14 juillet
« Je déplore cette tradition malsaine qui s’est instaurée chaque week-end du 14 juillet. »
PARIS — Au moins 500 véhicules ont été brûlés, en France, au cours de la nuit du 13 au 14 juillet, veille de la célébration de la fête nationale, selon un bilan définitif du ministère de l’Intérieur.
Le communiqué du Ministère ne fournit aucun élément de comparaison avec des chiffres de l’année précédente.
« Je déplore cette tradition malsaine qui s’est instaurée chaque week-end du 14 juillet avec, au total, quelque 500 véhicules incendiés cette nuit », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux.
Le nombre de voitures brûlées dans la nuit du 13 au 14 juillet 2009 est « supérieur » à celui de 2008, selon des sources policières, qui se sont toutefois refusées à révéler le nombre précis.
Hier matin, la police faisait état de 317 voitures brûlées au cours de la nuit, contre 297 pendant la même période de 2008, soit une hausse de 6,73%. Ces violences sont devenues habituelles en France dans les grandes villes où les jeunes des banlieues défavorisées expriment leurs frustrations ce jour-là.


Sarkozy rembourse des dépenses privées à l’État français  -  Marc Thibodeau
Le président français Nicolas Sarkozy a dû rembourser plus de 20 000$ cette semaine après que les dépenses du chef d’État eurent été passées au crible, chose qui n’avait pas été faite depuis plus de deux siècles.
Le remboursement a été achevé à la veille du dévoilement du rapport de la Cour des comptes, qui avait entrepris cet exercice à la demande du président lui-même, soucieux de montrer que les dépenses de l’Élysée sont gérées « de la manière la plus rigoureuse et la plus économe possible ».
Le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, a précisé, en guise de préambule, que le dernier chef d’État français à avoir subi un tel contrôle était Louis XVI, les régimes subséquents n’ayant jamais jugé utile de remettre en question « l’exemption des règles » tacite qui prévalait jusqu’à aujourd’hui.
La question des dépenses personnelles du président est reléguée pratiquement à la toute fin du rapport.
M. Séguin y relève, pour expliquer la nécessité d’un remboursement de la part de Nicolas Sarkozy, que le personnel d’intendance « avait pris l’habitude, par commodité et souvent dans l’urgence, de régler certaines dépenses privées en même temps que d’autres dépenses relatives à la fonction présidentielle » en profitant d’une avance imputée au budget de l’Élysée.
Nicolas Sarkozy, qui n’avait pas connaissance de cette pratique au dire de la Cour des comptes, a demandé que les factures liées aux dépenses privées de sa famille lui soient remises à l’avenir pour qu’il puisse les régler lui-même.
Contrat sans appel d’offres
Le rapport s’attarde aussi à l’attribution sans appel d’offres à un cabinet non identifié d’un contrat d’une valeur de près de deux millions de dollars. La firme retenue, qui devait décider de l’opportunité de mener des sondages pour l’Élysée et procéder aux commandes, a facturé à plusieurs reprises la présidence pourdes études qui étaient publiées dans les médias.
Hier, Marianne a indiqué que la présidence et la Cour des comptes refusaient de divulguer l’identité du cabinet, qui pourrait appartenir, au dire du magazine, à un proche collaborateur du président.
Le Parti socialiste a accusé hier l’Élysée de vouloir « instrumentaliser » l’opinion publique en payant pour la production de sondages qui sont ensuite repris dans les médias sans précision sur leur origine.
La Cour des comptes relève par ailleurs que les nombreux déplacements du président, très actif en France et à l’étranger, ont coûté plus de 20 millions de dollars en 2008, une sommequi pourrait être réduite en accordant une attention « particulière » à la taille des délégations qui accompagnent le politicien. Elles se composent parfois de plusieurs centaines de personnes, en incluant les invités et le personnel.
Le manque de transparence entourant les dépenses de l’Élysée est critiqué depuis des années par un député de gauche, René Dosière, qui appelait de ses voeux une vérification comme celle qui vient d’être terminée par la Cour des comptes.
En juin, il avait fustigé l’augmentation globale du budget de dépenses de la présidence, parlant d’un bond de plus de 20% en un an, une analyse que conteste l’Élysée. M. Dosière critique particulièrement la hausse de la rémunération du président, aujourd’hui supérieure à 350 000$ par année.

La Cour des comptes souligne que la présidence sera désormais soumise chaque année à une vérification de même nature, ce qui en fera « l’une des institutions de l’État les plus contrôlées, pour ne pas dire la plus contrôlée ».



FRANCE  Des salariés deNortel menacent de faire sauter les locaux de l’entreprise

— Des salariés en grève de Nortel France, une entreprise de la région parisienne placée en liquidation judiciaire, menacent de la faire sauter à l’aide d’une dizaine de bouteilles de gaz qu’ils ont installées dans les locaux, a constaté hier une journaliste de l’AFP.
C’est la deuxième fois en deux jours que des grévistes français menacent de faire sauter leur entreprise.
« Les gens n’ont plus rien à perdre, ils vont aller jusqu’au bout », a averti un des quatre représentants des grévistes de Nortel France SA, à Châteaufort.
L’entreprise, filiale française de l’équipementier en communication canadien Nortel, et centre de recherche sur les technologies sans fil, a été placée en liquidation judiciaire le 28 mai.
« Si les administrateurs ne prennent pas leurs responsabilités, le site risque d’exploser », a averti le représentant des grévistes, qui a requis l’anonymat.
« Si jamais la réunion (avec les administrateurs judiciaires français et leurs homologues britanniques chargés de la procédure pour Nortel Europe) n’a pas lieu demain, si elle n’est pas constructive, il n’y aura plus de contrôle », a-t-il ajouté.
Le comité d’entreprise doit donner le 20 juillet son avis sur un plan de licenciement, a déclaré un autre représentant. « Si pour nous c’est fini le 20, ça sera fini pour tout le monde », a-t-il affirmé.
Il est « tout à fait possible que les salariés fassent exploser les bonbonnes de gaz », a assuré un troisième représentant.
Les bouteilles de gaz ont été installées à l’initiative de salariés grévistes et non de syndicalistes, a indiqué l’un de ces salariés.
Compensation exigée
Un représentant des salariés de Nortel a indiqué qu’ils demandaient 100 000 € par personne licenciée.
La méthode est identique à celle des employés du fabricant de pièces automobi les New Fabris, à Châtellerault, dans le centre-ouest de la France, qui ont menacé dimanche de faire sauter leur usine le 31 juillet s’ils n’obtenaient pas chacun 30 000 €.




Le Parti socialiste français à la croisée des chemins - Louis-Bernard Robitaille

— Arnaud Montebourg, vedette du Parti socialiste, a été l’un des rares à plaisanter en pénétrant dans ce grand hôtel où se tenait le conseil national de la formation politique : « Dernière station de service avant le désert! »
C’était hier, en début de soirée. Deux jours après ce que tout le monde appelle la Berezina du PS aux élections européennes : 16,48% des voix. Au moins trois points en dessous des prévisions les plus pessimistes.
Presque 12 points derrière l’ UMP de Nicolas Sarkozy. Presque à égalité avec Europe Écologie de Daniel Cohn-Bendit (16,28%).
Un désastre comparable à celui qu’avait connu aux européennes de 1994, Michel Rocard, alors chef du PS et tête de liste pour les élections. Avec 14% des voix à peine, il avait dû laisser sa place et renoncer à se présenter à la présidentielle de 1995.
La configuration est bien différente aujourd’hui: il y a trois ans à courir avant l’élection présidentielle de 2012. Et la première secrétaire du PS, Martine Aubry, reste pour l’instant un chef de transition. Tous les courants hostiles à Ségolène Royal, candidate malheureuse de 2007, avaient fini par se mettre d’accord sur son nom au congrès de Reims, justement parce qu’elle apparaissait comme la moins menaçante pour 2012.
Sa mission : tenter de faire oublier le psychodrame du congrès de Reims en novembre dernier, où le parti s’était violemment et précisément coupé en deux. Essayer de recoller les morceaux en faisant travailler ensemble les deux clans ennemis. Obtenir contre la droite et Sarkozy des succès pour créer une dynamique nouvelle.
Déception
Martine Aubry jouait donc tout simplement sa capacité à remettre le Parti socialiste sur les rails. Les sondages lui accordaient un peu plus de 20% des voix. Cela paraissait déjà un très mauvais résultat pour un parti qui prétend incarner l’opposition et rassembler autour de lui les autres partis de gauche. Cinq à six points derrière l’UMP, alors que normalement les élections intermédiaires en France sanctionnent durement le gouvernement.
Le résultat qui est tombé dimanche soir a estomaqué tout le monde. Alors que les verts ont fait moins de 2% à la présidentielle, Europe Écologie aura finalement le même nombre de députés que le PS: 14.
Après ce coup de massue, on pouvait penser que les heures de Martine Aubry étaient comptées. Même si les sondages de popularité ne sont pas trop mauvais pour la mairesse de Lille, sur un plan personnel, le moins qu’on puisse dire c’est qu’après six mois à la tête du PS, elle n’a pas du tout convaincu. Le fait qu’elle ne soit même pas députée au Parlement – pas plus que Ségolène Royal d’ailleurs – n’arrange rien.
Refonder le PS
Hier soir à Paris, dans une ambiance lugubre, le Conseil national du PS s’est empressé de ne rien décider, si ce n’est de « refonder » le parti. À quoi bon pousser Martine Aubry à la démission puisqu’aucun chef indiscutable ne se présente à l’horizon? Il y a toujours Ségolène Royal, qui contrôle une petite moitié du parti, mais que l’autre moitié rejette catégoriquement. Mais de ce côté, s’il y a une bonne demi-douzaine de candidats valables au leadership, jeunes ou moins jeunes, aucun ne se détache.
Tant que le PS ne se sera pas donné un vrai chef, le marasme risque de se prolonger. Face à un Nicolas Sarkozy critiqué de toute part, mais qui, avec près de 28% pour l’UMP, a brillamment réussi à unifier la droite.


Il faut sauver... les riches -  Marc Thibodeau
Las de défiler dans les rues pancarte à la main, de plus en plus de militants français cherchent des voies plus novatrices pour faire entendre leurs doléances au gouvernement. C’est le cas des membres du collectif Sauvons les riches, qui dénoncent, par l’
Derrière ces interventions burlesques se cache un groupe de jeunes Français qui dénonce les inégalités de richesse existantes dans le pays.
Les clients attablés il y a quelques semaines au restaurant du Bristol, un établissement de luxe de la capitale française où le président Nicolas Sarkozy a ses habitudes, ne savaient pas qu’ils avaient besoin d’être « sauvés ». Jusqu’au moment où un singulier contingent de militants a fait irruption sur les lieux.
Armés de baguettes de pain et de fromage à tartiner bon marché, les membres du collectif Sauvons les riches ont annoncé, avec un haut-parleur, qu’ils souhaitaient persuader les personnes présentes, pour leur propre bien, de « revenir sur terre » en adoptant un mode de vie plus modeste.
Le personnel de sécurité, qui n’a guère prisé l’invitation, a entrepris d’évacuer manu militari les singuliers intrus.
Quelques jours plus tard, nouvelle opération « commando ». Des membres du collectif font irruption au conseil municipal de Corbeil-Essonnes, que chapeaute Serge Dassault, quatrième fortune de France.
« Votez Serge Dassaul t » , crient-ils en lançant à la ronde plusieurs mi l l iers d’euros en billets de Monopoly, une manière de rappeler à l’audience que l’avionneur et politicien a été condamné pour « don d’argent avec contrepartie électorale » et de dénoncer l’influence exagérée de la classe aisée sur la démocratie.
Pour un salaire maximum
Autre opération, ciblant cette fois Jacques Séguéla, un publicitaire qui s’est illustré en déclarant que toute personne qui n’a toujours pas de montre Rolex à 50 ans a « raté sa vie ». Le collectif lui offre une montre Casio d’une valeur de quelques euros... qui ne fonctionne pas.
Derrière ces interventions burlesques se cache un groupe de jeunes Français qui dénonce les inégalités socio-économiques au pays. Ils réclament l’introduction d’un salaire « maximum » qui serait fixé à 30 fois le salaire médian, ce qui représente une somme d’environ 44 000€ par mois, ou quelque 70 000$.
Une revendication « modeste », souligne Manuel Domergue, journaliste et ex-attaché politique de 27 ans qui a lancé Sauvons les riches avec quelques amis en mars dernier.
« L’idée est de réussir à faire accepter le principe », souligne le porte-parole, qui dit recevoir des réponses très partagées de la part de la population.
« Il y a même des gens payés au salaire minimum qui sont carrément opposés à cette revendication. Ça peut être pour des raisons idéologiques, parce qu’ils croient que l’État n’a pas à s’occuper de la répartition des richesses ou parce qu’ils s’imaginent qu’ils vont gagner un jour à la loto », indique M. Domergue.
Un tremblement de terre
La crise économique actuelle, qui met tout sens dessus dessous, est propice à l’introduction de pratiques fiscales qui auraient été considérées comme impensables il y a six mois, souligne-t-il.
« Voyez General Motors qui est nationalisé aux États-Unis. C’est un tremblement de terre qui est en train de se produire », déclare le jeune homme.
Le collectif n’a guère espoir d’être entendu par le président français, qui a réduit les impôts des classes les plus aisées à son arrivée au pouvoir.
Pour l’heure, seule une formation écologiste candidate aux élections européennes du week-end dernier a introduit cette revendication dans son programme électoral. M. Domergue souligne qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que ce parti parle de fiscalité puisque le mode de vie des plus riches menace l’environnement.
« Les gens qui gagnent des milliards consomment de manière disproportionnée et offrent leur modèle de vie comme un idéal à atteindre pour tout le monde... Ils entraînent le reste de la société dans une course à la consommation », accuse-t-il.
Le caractère inusité et humoristique des actions de Sauvons les riches a reçu jusqu’à maintenant une grande attention des médias français, et le collectif espère bien continuer à en profiter à la rentrée d’automne.
« Je vais prendre des vacances à Saint-Tropez (lieu de villégiature de l’élite française) et on va reprendre après », ironise M. Domergue.


FRANCE  L’âge de la retraite n’est plus « tabou » - Marc Thibodeau

S’il n’en tient qu’au gouvernement, les Français devront travailler plus longtemps avant de pouvoir se retirer du marché du travail avec une pension conséquente.
Les aînés de l’Hexagone ont l’un des taux d’activité les plus faibles du continent européen. Ils peuvent prendre une pleine retraite à 60 ans, alors qu’en Allemagne, l’âge légal est maintenant fixé à 67 ans !
Le premier ministre, François Fillon, a déclaré lundi, lors de son passage au Salon aéronautique du Bourget, qu’un rehaussement de l’âge légal de la retraite, actuellement fixé à 60 ans, n’était pas « tabou ».
« C’est une question qui mérite un grand débat national », a déclaré le politicien, en précisant qu’elle devrait idéalement être traitée dans le cadre d’une campagne électorale présidentielle ou lors des législatives.
Le sujet sera remis sur le tapis en février 2010, lorsque le Conseil d’orientation des retraites déposera un rapport sur les voies à suivre pour remettre à flot le régime public, confronté cette année à un manque à gagner de plus de 10 milliards de dollars.
Dimanche, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, avait évoqué une telle réforme en entrevue à France Inter.
« Comme on sait que si on ne fait rien, on va dans le mur, il n’y a pas aujourd’hui à ma connaissance 36 solutions; il y en a trois : diminuer les pensions, augmenter la durée de cotisation ou reporter l’âge de départ à la retraite comme l’ont fait les Allemands, sur une trentaine d’années, à 67 ans », a-t-il déclaré.
Une diminution des pensions serait particulièrement embarrassante pour le président Nicolas Sarkozy, qui avait fait de l’augmentation du pouvoir d’achat un des thèmes centraux de sa campagne en 2007.
Sévère tour de vis ?
Le gouvernement a par ailleurs déjà décidé d’augmenter la durée de cotisation requise pour bénéficier d’une pleine pension. De 37,5 ans en 1994, elle doit progressivement croître jusqu’à 41 ans en 2012.
L’âge légal de la retraite varie entre 57 et 67 ans à l’échelle européenne, comparativement à 60 ans en France. Les aînés de l’Hexagone ont l’un des taux d’activité les plus faibles du continent, soit 37,6% alors que la moyenne est de 42,5%.
L’ouverture du gouvernement sur l’âge de la retraite a été saluée hier par Laurence Parisot, présidente du MEDEF.
La principale organisation patronale du pays estime, en écho à M. Hortefeux, qu’il est urgent de changer les paramètres du régime de retraite public pour éviter d’aller « dans le mur ».
Le Parti socialiste a pour sa part fustigé les déclarations du gouvernement en l’accusant de vouloir faire porter uniquement aux travailleurs le poids du manque à gagner du régime.
« Les projets de la droite de démantèlement des droits sociaux des salariés sont toujours à l’ordre du jour », souligne le porte-parole de la formation, Benoît Hamon, qui soupçonne le parti au pouvoir de vouloir tirer profit de sa victoire aux élections européennes pour imposer « un sévère tour de vis » à la population.
Place aux jeunes
Les principaux syndicats sont rapidement montés au front, arguant qu’il était « particulièrement déplacé » d’envisager de rehausser l’âge légal de la retraite alors que se multiplient les mises à pied dans les entreprises.
« Il va être très difficile de dire aux jeunes: désolé, il n’y a pas de place pour vous, ceux qui ont déjà du travail vont devoir rester », a ironisé Bernard Thibault, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT).
L’intervention du gouvernement sur la question des retraites survient alors que les syndicats peinent à mobiliser leur base pour obtenir de l’État des concessions susceptibles d’amortir les effets de la crise.



PARIS  -
Carte blanche aux élus corrompus ?
PROJET D’ABOLIR LE POSTE DE JUGE D’INSTRUCTION EN FRANCE
Les élus corrompus risquent de festoyer si le président français Nicolas Sarkozy va de l’avant avec l’abolition du poste de juge d’instruction, sorte de super magistrat chargé de traiter les dossiers les plus complexes.
Le président de la France, Nicolas Sarkozy, veut abolir le poste de juge d’instruction et le remplacer par un procureur relevant directement du ministère de la Justice.
C’est du moins la crainte de plusieurs ONG spécialisées qui s’inquiètent de l’impact de la réforme projetée sur l’indépendance du système judiciaire et des abus qui pourraient en découler.
« Le risque est grand que l’action de la justice ne soit même plus initiée dans des dossiers de corruption, de trafic d’influence ou d’abus de biens sociaux susceptibles de gêner des dirigeants politiques et économiques » , déplore dans un nouveau rapport la section locale de Transparency International ( TI).
Au cours des années 90, les juges d’instruction avaient semé l’émoi jusqu’aux plus hauts échelons politiques lorsqu’ils avaient mis au jour nombre d’affaires de corruption en utilisant, parfois de manière jugée abusive, les larges pouvoirs d’enquête associés à leur fonction.
C’est notamment en invoquant ces abus que le président Sarkozy a avancé, en janvier, son projet de réforme qui prévoit conférer la responsabilité de l’enquête à un procureur qui relève directement du ministère de la Justice
Cette structure risque de faciliter les cas d’ingérence puisque, en France, les procureurs n’ont pas l’indépendance des juges d’instruction face au pouvoir exécutif, souligne TI. Pour contourner le problème, l’organisme réclame qu’ils soient placés sous l’autorité d’un « procureur général de la République » élu à long terme par le Parlement.
« Il ne faut pas que le procureur soit l’homme du gouvernement », a souligné le vice-président de la section française de l’organisation, Jacques Terray, qui a cité une récente procédure intentée contre des potentats africains pour illustrer son propos.
Des associations ont tenté, à quelques reprises, d’obtenir que la justice française accepte d’ouvrir une enquête pour détournement de fonds contre trois chefs d’État qui disposent d’importantes ressources en sol français.
Dictateurs africains
Dans chaque cas, le procureur au dossier a refusé d’aller de l’avant, évitant l’ouverture d’une enquête potentiellement embarrassante pour des dirigeants « amis » de la France. Finalement, une procédure détournée a permis de saisir du dossier un juge d’instruction qui a rendu une décision favorable.
L’ex-ministre de la Justice, Robert Badinter, a récemment écrit, dans une lettre ouverte au quotidien Le Monde, que la disparition du juge d’instruction permettrait au pouvoir politique de « renforcer son emprise sur la justice pénale et les libertés individuelles ».
Tous les élus « pourris »
Même son de cloche de l’exjuge d’instruction Eva Joly, qui s’inquiète de la forte diminution du nombre d’enquêtes pour corruption en France.
« À de rares exceptions, en matière financière, il n’y a plus que des requêtes préliminaires et des dossiers bouclés qui dorment dans les tiroirs », a-t-elle dit.
Les journaux satiriques font aujourd’hui régulièrement leurs choux gras de la rapidité avec laquel le la justice française classe des plaintes touchant des élus bien placés.
L’indice de corruption produit par Transparency International, qui est basé sur des sondages d’opinion, a classé la France au 23e rang en 2008, entre le Chili et l’Uruguay.
Le problème n’est pas pour autant plus grave que dans les autres pays occidentaux, a jugé M. Terray, qui a souligné, à titre indicatif, le récent scandale des notes de frais des députés anglais.
La population française, a-t-il dit, se distingue cependant par l’indifférence qu’elle manifeste envers les élus corrompus.
« Il existe dans le pays une forte tradition antiparlementaire qui veut que tous les élus soient pourris. Quand l’un d’eux se fait prendre, les gens se disent qu’il est comme les autres et ils n’en font pas de cas », a souligné le vice-président de TI.


Sarkozy lance un référendum sur l’autonomie de la Martinique
— Nicolas Sarkozy a annoncé hier l’organisation d’un référendum sur un statut d’autonomie pour la Martinique, avant de mettre le cap sur la Guadeloupe, quatre mois après les troubles sociaux qui ont secoué les deux îles des Antilles françaises.
Nicolas Sarkozy a annoncé hier, lors de sa visite en Guadeloupe, son intention d’organiser un referendum sur l’autonomie des Antilles, mais refuse la question de l’indépendance.
Le chef de l’État a pris soin de préciser les limites de l’exercice: « Il ne s’agit pas d’organiser, à mes yeux subrepticement, un je ne sais quel largage de la République. Le débat qui est ouvert est celui du juste degré d’autonomie », a-t-il expliqué.
Le président français s’est rendu ensuite en Guadeloupe, qui s’était embrasée pendant l’hiver dans un mouvement de grève générale de 44 jours.
Le mouvement, qui s’était achevé par des promesses de hausses de salaire, s’était propagé en Martinique.
Les habitants des deux îles se plaignaient du coût de la vie, et plus généralement de la répartition des richesses qui, selon eux, est encore massivement aux mains des descendants blancs des colons. En Martinique, et plus encore en Guadeloupe, le mouvement social révélait aussi des tensions raciales.
Nicolas Sarkozy, qui a baptisé l’aéroport de Fort-de-France du nom du poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, a précisé qu’il consulterait la population martiniquaise, selon des modalités et un calendrier qui devraient être précisés d’ici « fin septembre, début octobre ».
Il a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’octroyer auxdeux îles unstatut d’indépendance. « Tant que je serai président de la République, la question de l’indépendance de la Martinique, c’est-à-dire de sa séparation d’avec la France, ne sera pas posée », a-t-il insisté.
Consultés en 2003 par référendum, les électeurs de Martinique, tout comme ceux de la Guadeloupe, avaient refusé à une courte majorité (50,48%) l’instauration d’une collectivité unique. « Je pense que, depuis, les esprits ont évolué », a jugé hier Nicolas Sarkozy.
La Guadeloupe et la Martinique sont actuellement deux départements d’outremer distincts. Le taux de chômage est d’environ 22% à la fois pour la Guadeloupe (450 000 habitants) et la Martinique (environ 400 000 habitants).




Le Grand Paris rêvé par Sarkozy  -  Louis-Bertrand Robitaille
Dix équipes d’architectes ont dessiné les plans futuristes d’une capitale inchangée depuis le Second Empire ou presque. Nicolas Sarkozy, comme tous ses prédécesseurs, désire laisser un héritage pharaonique aux Parisiens.
Un des 10 projets architecturaux qu’on peut admirer cet été au Palais de Chaillot, celui du fougueux – et ancien gauchiste – Roland Castro, qui propose de créer autour du grand parc de la Courneuve, qui est actuellement une zone déshéritée, une sorte de Central Park entouré de gratte-ciel et destiné à accueillir un quartier d’affaires et le ministère de l’Économie et des Finances.
— Si vous allez à Paris dans les mois qui viennent, voici une activité intéressante – et gratuite. À l’intérieur du Palais de Chaillot, face à la tour Eiffel, la Cité de l’architecture et du patrimoine vous propose jusqu’au 22 novembre une passionnante exposition sur le « Grand Paris » – virtuel – XXIe siècle.
Plus exactement sur les projets futuristes de 10 célèbres architectes français ou étrangers, de Richard Rogers à Jean Nouvel ou Christian de Portzamparc.
Le Grand Paris, c’est LE projet de Nicolas Sarkozy qui, comme tous ses prédécesseurs, a l’ambition de laisser une trace pharaonique de sa présidence. Après le Grand Louvre et la Bibliothèque de France de Mitterrand, le Musée des arts premiers de Chirac – entre autres –, voici sans doute le projet architectural le plus ambitieux de tous.
Car il s’agit de redessiner pour le XXIe siècle une métropole de quelque 10 millions d’habitants, dont les grandes structures sont inchangées depuis le Second Empire et les travaux du baron Haussmann.
Pour les architectes, un peu mégalomanes par nature, c’était un cahier des charges de rêve : pendant une année, ils ont planché sur cette grande capitale qui aura 12 ou 15 millions d’habitants au milieu du siècle. Sans d’ailleurs se poser la question du financement de ces travaux gigantesques. Petit détail…
Paris sur mer!
Le projet qui, à l’heure actuelle, a le plus frappé les imaginations est signé par l’équipe d’Antoine Grumbach. Il s’agit tout simplement de relier Paris à la mer, en développant sur 200 kilomètres un grand couloir de développement et de communication qui suivrait le cours de la Seine jusqu’au Havre.
Le fougueux – et ancien gauchiste – Roland Castro veut créer autour du grand parc de la Courneuve, qui est actuellement une zone déshéritée, une sorte de Central Park entouré de gratteciel et destiné à accueillir un quartier d’affaires et le ministère de l’Économie et des Finances. Sur l’étang de Gennevilliers – autre banlieue glauque – un nouvel Opéra sur le modèle de Sidney en Australie.
Un autre veut recouvrir de verdure les immeubles et les voies ferrées, créer autour de Paris plusieurs centres urbains attractifs d’un demi-million d’habitants. Un autre encore propose de doubler la superficie des forêts de la région parisienne, de manière à contrebalancer un processus de « densification » de la banlieue, que beaucoup suggèrent.
Le problème de Paris reste cette barrière infranchissable matérialisée par le boulevard périphérique et qui sépare Paris intra-muros – neuf kilomètres sur 15, plus de deux millions d’habitants – du reste de l’Île de France, avec plus de sept millions de personnes.
Cet te vaste banl ieue est aujourd’hui traversée d’autoroutes récentes et reliée à Paris par un Réseau express régional. Mais sur le fond, elle n’a pas changé depuis un siècle: on y trouve encore aujourd’hui 1280 municipalités, dont beaucoup sont microscopiques.
Réunir Paris et la banlieue
Chacun a fait ses petites affaires dans son coin, et il n’y a pas de plan d’ensemble.
Les cinq « villes nouvelles » créées de toutes pièces dans les années 70 n’ont pas été les pôles attractifs qu’on espérait.
L’ensemble constitue le plus souvent une sorte de no man’s land, d’une succession de petites villes-dortoirs pavillonnaires ou couvertes de cités HLM. « Malgré quelques regroupements municipaux, estime Patrick Braouzec, l ’ ancien mai re communiste de Saint-Denis, en banlieue nord, aucune banlieue ne peut rivaliser avec l’attractivité de Paris. » Aucune enseigne ou institution prestigieuse n’a envie, aujourd’hui, de s’installer « de l’autre côté du périphérique ».
La plupart des projets du grand Paris visent donc à combler ce fossé entre Paris et la banlieue. La couverture définitive du périphérique à quatre voies avec l’implantation d’espaces verts est un premier pas dans cette direction. Après quoi, il s’agit de « densifier » la banlieue, de la transformer en véritable espace urbain vivant et compact, entouré d’espaces verts.
Pour avancer dans cette direction, il faut d’abord beaucoup d’argent : et la crise actuelle n’arrange pas les choses. Il faut également arriver à un minimum de consensus politique.
En mars dernier, la commission sur la réforme des institutions dirigée par l’ancien premier ministre Édouard Balladur proposait entre autres de créer un « Grand Paris » politique, en fusionnant purement et simplement Paris et les centaines de municipalités des trois départements de la « petite couronne », avec une population de 6 millions d’habitants.
Levée de boucliers chez les innombrables élus locaux: le gouvernement s’empressait de remiser cette proposition aux oubliettes.
Ambitieux plan de transport
La situation actuelle, où la mairie de Paris, les assemblées de trois départements, des centaines de conseils municipaux et le Conseil (élu) d’Île-de-France se partagent les pouvoirs et les budgets, ne favorise pas vraiment l’élaboration de vastes et ambitieux plans d’aménagement urbain.
Ce qui reste de sûr dans ce grand brassage d’idées, c’est pour l’instant le projet plus terre-à-terre d’un ambitieux réseau de t ransport rapide autour de Pa r is : un mét ro entièrement souterrain, roulant à grande vitesse et reliant l ’aéroport de Roissy et une demi-douzaine de pôles de développement. Cette superligne de métro courrait sur 131 kilomètres et serait en forme de huit. Coût estimé des travaux, qui débuteraient en 2012 et dureraient une dizaine d’années : 35 milliards d’euros. Ce qui semble à peu près faisable.
Quant aux projets globaux sur le Grand Paris du XXIe siècle, on en reparlera l’automne prochain lorsque Nicolas Sarkozy et les 10 architectes se rencontreront à nouveau pour faire le point. Ce qu’on sait seulement, c’est que le président Sarkozy y accorde beaucoup d’importance. Alors peut-être…




Paris : Des projets pour une ville -  Mario Roy
Vue de Montréal, l’affaire est presque comique. Débordant de projets pour un « Grand Paris » qui ferait entrer la métropole française dans le XXIe siècle, Nicolas Sarkozy a commencé par tenter de... fusionner les villes périphériques. Ça ne s’est pas fait et ne se fera pas, bien sûr, parce que élus locaux concernés ne veulent rien entendre.
Un pet i t a i r de déjà-vu, peut-être? ...
Cependant, Sarkozy a bien d’autres choses en tête. Depuis un an, à sa demande, 10 groupes d’architectes (l’un d’eux a même embauché un philosophe!) ont en effet planché sur un Paris nouveau. Dans celui-ci seraient résolus les problèmes de transport, de logement, d’environnement et même de sécurité.
Ces projets sont de toutes natures. L’un d’eux consisterait à étendre la ville jusqu’au Havre et donc à la mer. Un autre prévoit la création d’une « forêt urbaine » d’un million d’arbres à Roissy. Plusieurs s’intéressent aux transports en commun: extension du métro ou monorail périphérique. Un autre montre des tours d’habitation confites dans le verdure, sur leurs flancs et à leur sommet. On trouve aussi une nouvelle gare centrale de chemin de fer, des liaisons rapides avec les aéroports, la création de toutes pièces de nouveaux quartiers, des parcs linéaires.
Certes, toutes et chacune de ces flamboyantes esquisses livrées par les artistes de l’architecture et de l’urbanisme ne deviendront pas réalité.
Mais, pour l’instant, on en a retenu suffisamment pour présenter à l’État un devis de 35 milliards d’euros (55 milliards de dollars). L’apport du privé est encore indéterminé, d’autant plus qu’est survenue entre-temps une telle chose que la crise économique. Mais il devra être considérable: dans le domaine du logement, par exemple, l’initiative du secteur privé est cruciale. De plus, des projets sont conçus pour être réalisés en partenariat public-privé.
En France, contrairement à ici, on ne sort pas les accessoires d’exorcisme lorsqu’on entend parler de PPP.
Bien sûr, il y aura débats autour de certains de ces projets. Par exemple, à cause de la tour Montparnasse, vue comme une erreur (et en effet choquante, là où on l’a plantée), il y a beaucoup de résistance à la construction d’immeubles en hauteur, même en dehors des quartiers du centre.
Mais on peut être sûr que Paris saura se renouveler dans le respect de l’histoire et de la beauté, comme il l’a toujours fait.
Car Paris est une ville façonnée à la fois par la certitude de sa grandeur et son goût pour l’audace, par le baron Haussmann et Gustave Eiffel. La France est un pays où on se montre encore capable de bâtir: elle n’occupe pas toutes ses énergies, comme c’est le cas ici, à lutter avec acharnement pour que rien ne se fasse. Enfin, aucun président de la République n’a jamais quitté l’Élysée sans laisser derrière lui de grandes oeuvres.
De sorte qu’on peut présumer que Nicolas Sarkozy réussira à faire voir le jour à une partie importante des projets qu’il a mis sur la table.

La burqa n’est « pas la bienvenue » en France -  Louis-Bernard Robitaille
Sarkozy à Versailles L’omniprésident règne et gouverne
On se demandait si le président Sarkozy aborderait le sujet qui fait polémique depuis une semaine. Il l’a fait: « Je veux le dire solennellement, la burqa ne sera pas la bienvenue en France. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. »
Le président Sarkozy a été catégorique : « Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. »
Marginal, mais peut-être en plein essor, le port de la burqa (et du niqab, autre voile intégral), dans des banlieues à forte population immigrée, suscite ces jours-ci une forte opposition en France.
Une soixantaine de députés ont demandé la tenue d’un débat parlementaire sur son interdiction pure et simple. Sarkozy est donc allé dans leur sens au nom de la « laïcité ».
Une première depuis un siècle
Le décor monarchique et solennel du château de Versailles, où Nicolas Sarkozy était, hier, le premier président de la République à s’adresser à l’ensemble des parlementaires depuis un siècle et demi, était-il le lieu adéquat pour traiter de questions aussi particulières ?
Mais Nicolas Sarkozy, qui avait fait récemment modifier la Constitution pour permettre au chef de l’État de s’adresser au Parlement et au Sénat, n’avait pas l’intention de faire de ce premier « discours sur l’état de l’Union », version française, une simple cérémonie protocolaire.
« Il s’agit d’abord d’une vaste opération de communication, ironisait hier matin le sénateur socialiste Robert Badinter, d’ailleurs chère puisqu’elle est estimée à 400 000 euros pour une heure de séance. »
Du protocole et de lourds symboles, il y en avait pourtant beaucoup dans cet événement. Il est de tradition que le « Congrès » – députés et sénateurs totalisant quelque 930 élus – se réunisse dans la plus grande solennité au château créé par Louis XIV, essentiellement pour voter en une heure sur des amendements à la Constitution.
À l’arrivée du président, hier, tous les députés et sénateurs se sont levés, mais seuls les élus de droite ont applaudi. Les élus communistes et les verts, ainsi que quelques socialistes – une cinquantaine au total – avaient décidé de boycotter la séance. Estimant qu’il s’agissait d’une manifestation supplémentaire de la « présidentialisation à outrance du régime ».
Habilement dosé
Dans un discours de 45 minutes habilement dosé, le président Sarkozy, comme le dit le politologue Olivier Duhamel, « a alterné les coups à gauche et les coups à droite ». Un plaidoyer en faveur de la sécurité et de la répression suivi d’un mea-culpa sur « nos prisons qui sont la honte de la France ». La promesse de s’attaquer au problème des retraites, notamment en reportant à 65 ou 67 ans l’âge du départ, mais aussi celle de prendre en compte la « pénibilité du travail ».
En somme, un discours de politique générale qui a pour effet de réduire encore un peu plus la portion congrue de pouvoir dont dispose le premier ministre depuis l’élection de Sarkozy. On annonce d’ailleurs que François Fi l lon n’aura même pas l’occasion de faire ce grand discours programmatique devant le Parlement, comme c’est la coutume après un changement majeur au gouvernement. Mais, plus encore que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy est un monarque républicain qui non seulement règne, mais gouverne. Hier l’ « omniprésident » était sacré à Versailles.



Les secrets de la popularité de Berlusconi  -  Mathieu Perrault
Depuis le printemps dernier, le premier ministre italien Silvio Berlusconi reçoit une tuile après l’autre. Les médias ont fait leurs choux gras de sa présence au 18e anniversaire d’une jeune femme soupçonnée d’avoir eu une liaison avec lui et de révélatio
Cette semaine, Silvio Berlusconi a ajouté un nouveau nom à la longue liste de ses ennemis : Giorgio Napolitano, le président italien.
Depuis un an, l’indice de confiance du premier ministre italien Silvio Berlusconi est descendu de 60% à 47 %, selon les sondeurs. Mais il s’agit d’une baisse modérée compte tenu des nombreux scandales qui l’affligent.
Son attaque verbale contre l e président ( « on s a i t de quel côté il est », a-t-il lancé, fa i sa nt référence au passé communiste de Napolitano) constitue un nouveau sommet da n s l a c r oi s a de de Berlusconi contre les institutions italiennes.
« La base de Berlusconi lui est fidèle envers et contre tout parce qu’elle est d’abord anticommuniste », explique Franco Pavoncello, politologue et recteu r de l ’ Université John Cabot à Rome. « Mais son attaque contre le président montre qu’il est nerveux. Je vois mal ce que ça peut lui apporter, et c’est une première dans ce pays. »
Depuis un an, l’indice de confiance du premier minist r e i t a l i en est cer t es descendu, de 60 % à 47 % selon les sondeurs. Mais il s’agit d’une baisse modérée compte tenu des nombreux scandales : inaction après le tremblement de terre de L’Aquila, affaires de moeurs avec une mineure et des prostituées, puis, cette semaine, la levée de son immunité judiciaire, qui aura pour effet la reprise de procès à son encontre.
« B e r l u s c o n i d e me u r e u ne f i g u r e de modernité dans ce pays, explique M. Pavoncello. C’est lui qui est responsable de l ’ i ntroduction de la télévision commerciale en Italie, voire même en Europe. Avant les années 8 0, l a télévision publique ét a it d’un ennui t ota l . Je m’en souviens parce que j ’ai fait toutes mes études aux États-Unis, à Chicago. »
L’un des thuriféraires de Berlusconi, l’éditeur du petit quotidien romain I l Foglio, Giuliano Ferrara, expliquait récemment que Berlusconi correspond exactement à la tendance de l’« individualisme expressif », inventée par un chroniqueur du New York Times pour expliquer la vogue de l’autoglorification.
« Si Berlusconi a parfois un ego digne de l’asile, ce n’est pas parce qu’il est fou, mais moderne » , concluait M. Ferrara.
L’autre raison de la fidélité de son électorat, selon M. Pavoncello, c’est qu’il donne des garanties cruciales à des clientèles bien ciblées. « Les autonomistes de la Lega Nord ( Ligue du Nord) sont gagnés par ses mesures populistes anti-i mmigration, même si elles risquent d’être annulées par l’ Europe. Et les petits entrepreneurs de la droite n’ont qu’un objectif, tenir les communistes loin du gouvernement, parce qu’ils les voient comme les inventeurs de la bureaucratie qui paralyse tout en Italie. »
L’hebdomadaire britannique The Economist, qui est très critique envers Berlusconi, a proposé une autre explication cet été : les Italiens votent pour lui parce qu’ils savent qu’il assouplira les lois fiscales. Justement, une loi d’amnistie fiscale vient d’être votée, qui permet aux citoyens ayant caché des revenus à l’étranger de ne payer que 5 % d’impôt, près de dix fois moins que le taux normal.
« L es gouver nements Berlu s c on i ont fa it t r oi s a mnisties f i s c a l es depuis 2001 », tonne Elio Lannutti, un sénateur de l’opposition du parti Italia dei Valori (L’Italie des valeurs), fondé par le juge a nticorruption Antonio di Pietro. « Il est au pouvoir parce que les Italiens ne veulent pas payer leurs impôts. »

Cela dit, l’ère Berlusconi pourrait t oucher à sa f i n. Même s’il blaguait récemment qu’il se sentait de l’âge de 37 ans plutôt que de 73, il sera probablement trop vieux pour mener l a droite au x élections de 2013, selon M. Pavoncello. « La question des escortes signifie qu’il doit faire une croix sur la présidence, un poste honorifique mais réservé aux personnes à la moralité hors de tout doute. Et son style de personnalité politique convient mal à un octogénaire. »

Une opposition en proie à des luttes intestines
À la fin du mois de septembre, l’opposition italienne a eu une occasion en or de gagner une bataille. Au moment du vote sur une amnistie fiscale controversée, une soixantaine des 330 députés des deux partis au gouvernement étaient absents. Mais le projet de loi a été adopté par seulement 20 voix, parce qu’une trentaine de députés de l’opposition étaient eux-mêmes absents.
Cette anecdote illustre bien pourquoi l’opposition à Silvio Berlusconi ne parvient pas à prendre une forme politique. « La gauche ne parvient pas à s’unir derrière des idées fortes », déplore Elio Lannutti, un sénateur d’opposition qui dirige aussi une association de consommateurs. « Il y a des luttes intestines parce que personne ne veut que son voisin succède un jour à Berlusconi. Et à la base, le système économique et bancaire profite aussi à la gauche. C’est ainsi que les principales critiques contre Berlusconi prennent maintenant la forme d’histoires de sexe. »
C’est pourquoi l’unité de la gauche, qui a remporté les élections de 1996 et de 2006, s’est révélée fragile. Le candidat Romano Prodi n’a pu gouverner que par périodes de deux ans. À partir du départ de Prodi en 1998, et jusqu’en 2001, une succession de premiers ministres de gauche ont ouvert la voie au retour triomphal de Berlusconi au pouvoir. En 2008, la gauche a permis encore une fois à Berlusconi de renaître de ses cendres, après avoir fait échouer les réformes que voulait Prodi. L’ex-porte-parole de ce dernier, Rodolfo Brancoli, a publié en début d’année un livre, Fine corsa, où il prédit que la gauche s’est condamnée à passer un long moment loin du pouvoir.
« Walter Veltroni a jeté les bases de la renaissance de la gauche en excluant l’extrême gauche, Rifondazione comunista ( Parti de la refondation communiste), de l ’a l l ia nce électorale de 2008 », estime quant à lui Franco Pavoncello, politologue et recteur de l’ Université John Cabot. « Pour la première fois depuis 194 4, l’extrême gauche n’est plus représentée au Parlement. Mais ce faisant, la gauche s’est affaiblie et Berlusconi a gagné. Il lui faudra longtemps pour revenir au pouvoir. »




Vague conservatrice aux élections européennes
BRUXELLES — Les partis de droite ont remporté une victoire sans appel lors des élections européennes d’hier, à l’issue d’un scrutin marqué par un nouveau record d’abstention. Incapable de proposer une stratégie de rechange crédible face à la crise financière et économique, la gauche a pour sa part connu une véritable débâcle dans la quasitotalité des pays de l’UE.
Selon des chiffres provisoires, pas moins de 56,45% des électeurs ont renoncé à leur droit de vote, contre 54,6% en 2004, un comportement alimenté par l’absence d’enjeu clair.
D’après des est i mat i ons publiées par le Parlement européen hier soir, les conservateurs du Parti populaire européen ( PPE) devraient remporter 267 sièges sur un total de 736, contre 288 élus sur 785 dans l’hémicycle sortant. Ce qui représente une très légère baisse en pourcentage (36,28% contre 36,69%).
Sans compter les conservateurs britanniques et tchèques, qui ont annoncé qu’ils faisaient sécession, le PPE arrive malgré tout loin devant les socialistes (159). Ces derniers pourraient cependant regagner un peu de terrain grâce à la vingtaine d’élus du Parti démocrate italien qui devraient rejoindre le groupe.
Derrière conservateurs et socialistes viennent les libéraux, quasi stables avec 81 élus, et les verts, qui font une percée avec 51 élus, contre 43 dans l’hémicycle sortant.
Autre point saillant : la progression de partis d’extrême droite, quoique cela ne devrait pas chambouler l’équilibre politique de l’hémicycle strasbourgeois. Selon des analystes, ces petits partis pourront désormais donner plus facilement de la voix au Parlement.
En France, le parti de droite UMP du président Nicolas Sarkozy (27,9% selon des résultats partiels) l’a emporté contre les socialistes (16%), rattrapés par les écologistes de Daniel CohnBendit, qui créent la surprise.
En Allemagne, pays qui envoie le plus gros contingent d’eurodéputés au Parlement européen (99), les conservateurs de la chancelière allemande Angela Merkel et leurs alliés sont largement en tête avec 37,9% des suffrages, devant les sociaux-démocrates, qui essuient une défaite historique (20,8%).
La droite s’est également illustrée en Italie, en Espagne et au Portugal.
Déconvenue du Labour
En Grande-Bretagne, le Labour du premier ministre Gordon Brown a subi de son côté une humiliante défaite (15%), relégué à la troisième place derrière les conservateurs (29%) et le parti europhobe Ukip (17%), selon des calculs de la BBC.
Ce bon score de Ukip est à l’image des quelque 18% glanés en Autriche tant par l’eurosceptique Hans Peter Martin que par les deux listes d’extrême droite.
D’autres formations extrêmes ont progressé lors de ce scrutin, notamment aux Pays-Bas, en Hongrie, en Slovaquie et en Roumanie. Pour la première fois, la Grande-Bretagne a élu un eurodéputé issu d’un parti d’extrême droite, le BNP.
Même si les prérogatives du Parlement se sont renforcées au cours des dernières années et devraient s’élargir encore avec l’entrée en vigueur espérée du traité de Lisbonne d’ici à 2010, les eurodéputés ne désignent pas la Commission européenne. Ils ne font qu’entériner le choix des capitales.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a implicitement jugé les responsables politiques nationaux de l’UE coresponsables du faible intérêt de leurs citoyens pour l’Europe. « Les hommes politiques nationaux, dont les débats restent trop souvent centrés sur des questions nationales, doivent davantage se présenter comme acteurs à la fois nationaux et européens », a-t-il déclaré dans un communiqué.


L’Europe se « québécise »  -   Denis St-Martin
L’UE est devenue l’objet d’un jeu de surenchère nationaliste
De plus en plus de partis voient le jour pour défendre la souveraineté nationale face à une Europe que l’on prétend tentaculaire.
Directeur, Centre d’excellence sur l’Union européenne, universités de Montréal et McGill Les résultats des élections européennes de dimanche dernier et le faible taux de participation (43% en moyenne dans l’Union) sont vus, dans plusieurs milieux, comme autant d’indicateurs de la « crise de l’Europe » et du déclin de la légitimité du projet inventé par Jean Monnet au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.
L’Europe reste l’otage de la politique partisane des États membres. Les grands partis nationaux se servent des institutions européennes comme d’un bouc émissaire.
Rien ne saurait pourtant être plus éloigné de la réalité. Ce n’est pas l’Union européenne ( UE) qui est en crise – et encore moins l’idéal européen – mais plutôt la politique nationale au sein des États membres de l’UE. Un sondage effectué la semaine dernière montrait que près de 45% des citoyens veulent « plus d’Europe » et que l’idée d’une Europe fédérale recueille l’assentiment de majorités dans plusieurs pays.
Malgré cela, l’Europe reste l’otage de la politique partisane des États membres. Les grands partis nationaux, devenus de plus en plus des machines électorales sans véritable projet de société, se servent des institutions européennes comme d’un bouc émissaire sur lesquelles ils font porter le blâme de leur propre incapacité à répondre adéquatement aux aspirations de leurs sociétés.
L’Europe n’est rien d’autre que ce que les politiciens des États membres veulent bien en faire. Or, depuis quelques années, ceux-ci ont surtout choisi de se replier sur eux-mêmes et de diaboliser l’Europe, accusée d’être le cheval de Troie d’une mondialisation néolibérale et d’un cosmopolitisme menaçant les cultures nationales.
De plus en plus de partis voient le jour pour défendre la souveraineté nationale face à une Europe que l’on prétend tentaculaire, mais dont la bureaucratie n’est pourtant pas plus grosse que celle de la ville de Montréal, et ce, même si l’UE veille à la destinée du plus grand ensemble politique de l’histoire de l’humanité.
C’est comme si l’Europe se « québécisait » de plus en plus: ce qui s’y passe n’est pas sans rappeler le type de politique que nos représentants provinciaux pratiquent depuis longtemps à l’endroit du fédéral. Après tout, l’euroscepticisme et le « canadospecticisme » des élites politiques québécoises ne sont pas des phénomènes radicalement différents l’un de l’autre.
Dans un contexte où l’UE est ainsi devenue l’objet d’un jeu de surenchère nationaliste, il n’est pas surprenant que les partis de droite populiste soient les grands gagnants. Car au jeu de la défense de la « nation » et des traditions, ce sont eux qui détiennent la médaille d’or. Cette façon de faire de la politique n’est pas sans rappeler la montée de l’ADQ au Québec et l’apparition du débat sur les « accommodements raisonnables ».
Dans ce débat, relancé récemment par une décision de la Fédération des femmes, plusieurs voix dénoncent la menace que le multiculturalisme des institutions canadiennes ferait peser sur le Québec. Pourtant, qu’elle soit ou non à l’intérieur du fédéralisme canadien, la société québécoise sera toujours multiculturelle. C’est là un des traits fondamentaux de son américanité.
Dans son extraordinaire discours prononcé au Caire la semaine dernière, le président Obama a tenu des propos qui nous concernent directement. Parlant de la liberté religieuse, il a dit qu’il était « important que les pays occidentaux évitent d’empêcher leurs citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils l’entendent – par exemple en dictant la manière dont une musulmane doit s’habiller. On ne peut pas déguiser l’hostilité à l’égard d’une religion sous le couvert du libéralisme ».
Comme l’indiquait un titre du journal Le Monde du week-end dernier, les Français ont senti cette partie du discours du président américain comme une « critique à mots couverts » de leur loi sur le port des signes religieux. Les élites nationalistes québécoises, dont la France est en toute matière l’unique référence, devraient également se sentir interpellées. Le Québec n’est pas la France. Interdire le port du voile dans les institutions publiques est une idée qui n’a absolument rien à voir avec notre contexte historique, démographique et social.
Étrangement, les plus coriaces adversaires de l’idée fédérale au Québec sont souvent les mêmes qui rêvent de faire de notre société une sorte de mini-réplique de la France en Amérique du Nord.



Le « modèle » européen -  Mario Roy
Aux yeuxdes électeurs, il y a des scrutins qui comptent, et d’autres moins. Passion ou indifférence: le fossé était net et profond, hier, entre les élections parlementaires tenues, d’une part, dans le plus grand ensemble économique du monde, l’Union européenne ; et d’autre part dans un tout petit pays, le Liban, déchiré entre ses allégeances à l’Est et à l’Ouest, littéralement occupé à assurer sa survie.
Même chez les Européens, si on se fie à l’image-miroir donnée par les médias d’outreAtlantique au quatrième jour du scrutin continental, les regards étaient davantage tournés vers les Libanais. Ceux-ci sont d’ailleurs allés aux urnes en nombre record : 20% de votants de plus qu’en 2005 (les résultats seront connus aujourd’hui).
Par opposition, les 736 députés élus au Parlement de Strasbourg auront une légitimité limitée par le je-m’en-foutisme généralisé sévissant chez les électeurs des 27 pays de l’union. Le taux de participation aux élections européennes n’a en effet cessé de dégringoler depuis 1979, passant de 63% il y a 30 ans à un maigre 43% en 2009. En France, on a tout juste atteint les 40%. Dans certains pays comme la Pologne (où, pourtant, on est plutôt europhile), il est inférieur à 30%.
Au surplus, la droite, celle de Nicolas Sarkozy en France, d’Angela Merkel en Allemagne ou de Silvio Berlusconi en Italie, a remporté la victoire. Or, l’électeur type de droite (à distinguer des porte-parole officiels) est plutôt méfiant vis-à-vis de la « continentalisation » de la politique européenne.
Pire encore, des Pays-Bas à l’Autriche en passant par l’Italie, la Hongrie et la Roumanie, l’extrême droite, souvent ultranationaliste et hostile au... beau risque de l’« ouverture » à la mode de Bruxelles et de Strasbourg, a sensiblement progressé.
Les verts ont également gagné du terrain, peut-être aidés par la retentissante diffusion dans 134 pays du film écologiste Home (vu par 8,3 millions de personnes en France seulement) du cinéaste Yann ArthusBertrand ! C’est peut-être bien, mais ça a peu à voir avec le défi politique du continent... Tout ça n’est pas anecdotique. Le « modèle » européen, première expérience du genre dans l’Histoire, tortueux compromis entre fédéralisme et supranationalisme, affligé de structures labyrinthiques et d’une bureaucratie kafkaïenne, souffre de défauts de conception majeurs.
En clair, les citoyens ne voient pas très bien ce que l’Europe politique leur apporte dans la vie de tous les jours... sauf les tracas générés par une réglementation pléthorique. Ils ne comprennent pas un processus décisionnel écartelé entre une douzaine de conseils, commissions et autres comités , pa rmi lesquels le Parlement n’est qu’un rouage à la vocation nébuleuse. Ils ne distinguent pas d’enjeux proprement européens qui les pousseraient vers l’isoloir, de sorte que ceux qui votent le font pour régler des comptes locaux ou nationaux...
Au total, c’est d’une sorte de crise d’identité qu’il s’agit. La crise d’une identité qui n’existe pas encore.




Des élections ? Quelles élections ? -  Louis-Bernard Robitaille
Indifférence générale à l’aube du scrutin de dimanche pour choisir les députés européens
Le Parlement de Strasbourg, c’est une sinécure sans grand intérêt, mais sans contrainte, où beaucoup ne siègent à peu près jamais. Pas de quoi enthousiasmer les électeurs.
COLLABORATION SPÉCIALE PARIS — Il y a eu le Festival de Cannes. Il y a maintenant, pendant deux semaines et jusqu’à dimanche, le tennis à Roland-Garros, à raison de 12 heures de retransmission par jour à la télé. Autant dire que la plupart des Français n’ont plus guère de temps pour s’intéresser à ce que certains appellent pour s’encourager « le deuxième scrutin démocratique au monde » (après l’Inde).
Selon des instituts de sondage, l’abstention aux élections européennes pourrait atteindre ou dépasser les 60% en France. Ailleurs, comme en Pologne, elle pourrait frôler les 80%. Pas d’abstention du côté des graffiteurs bruxellois cependant, quand vient le temps d’apposer des nez de clown sur les affiches électorales.
Il s’agit de l’élection, dimanche, des 736 députés au Parlement européen de Strasbourg: le même jour, 375 millions d’électeurs sont appelés aux urnes dans les 27 pays membres, de la GrandeBretagne à la Lituanie, de la Suède jusqu’au Portugal.
Cela pourrait ressembler à un événement historique: ça n’intéresse personne. Ou presque. Il y a des gens qui ne savent même pas que les élections auront lieu. D’autres qui n’iront pas voter. Selon des instituts de sondage, l’abstention pourrait atteindre ou dépasser les 60% en France. Ailleurs, comme en Pologne, elle pourrait frôler les 80%.
En France, les grands partis politiques ont attendu le plus tard possible pour démarrer une campagne qui fait fuir les téléspectateurs. Les rares débats télévisés ont été programmés en fin de soirée, à la sauvette et dans l’indifférence générale. Malgré quelques louables efforts pour remplir leur devoir civique, les grands journaux font le service minimum.
Le mode de scrutin n’arrange rien: en France, on vote à la proportionnelle sur sept grandes listes régionales, et les candidats ne font aucune campagne de terrain. D’ailleurs, c’est tout juste si on sait qui se présente, y compris pour les principaux partis. On a noté au passage la présence de la ministre de la Justice Rachida Dati à la deuxième place sur la liste de droite: mais on en a surtout parlé parce que cela signifiait son éviction du gouvernement. Et si le leader centriste François Bayrou mène la liste du MoDem, c’est parce qu’il prépare la présidentielle de 2012 en France. Au-delà de ces deux noms, c’est l’anonymat quasi total.
Comment pourrait-il en être autrement? Une fois de plus, en France, l’élection européenne est d’abord l’occasion de caser des sinécure sans grand intérêt, mais sans contrainte, où beaucoup ne siègent à peu près jamais. Pas de quoi enthousiasmer les électeurs.
Cela fait exactement 30 ans que les députés européens sont élus au suffrage universel. À l’époseconds couteaux: des « jeunes » qui n’ont pas encore réussi à se faire élire au suffrage universel, des « vieux » qui ont perdu leur siège de député, des ministres dont on veut se débarrasser en douceur. Le Parlement de Strasbourg, c’est une que, certains craignaient que ce nouveau Parlement ne se pose en rival des Parlements nationaux. Craintes bien injustifiées. Certes le Parlement de Strasbourg légifère à longueur d’année. Et surtout, il avait fortement contribué, en mars 1999, à faire tomber la Commission de Bruxelles présidée par Jacques Santer par un vote de défiance. Mais, en droit, le Parlement ne nomme ni ne démet l’influent président de la Commission. Dans ce domaine comme dans tout ce qui a de l’importance, c’est le conseil des ministres de l’Union (les représentants des 27 pays membres) qui prend toutes les décisions importantes. Et c’est la puissante Commission, aujourd’hui di rigée par le Portugais José Manuel Barroso, qui les applique. L’électorat français, comme les autres en Europe, ne s’y trompe pas: le Parlement de Strasbourg ne décide pas grand-chose.
Du coup, ces élections européennes sont d’abord et avant tout l’occasion de manoeuvres de politique intérieure: l’opposition tente de faire sanctionner le gouvernement, et réciproquement, dans la perspective des prochaines échéances électorales. La question numéro un qui agite le petit monde politique français: quel est l’état réel du Parti socialiste après deux ans de déchirement à propos de Ségolène Royal? Et quel est le rapport de force entre la gauche et la droite?
Accessoirement, ces élections sans grands enjeux et au scrutin proportionnel sont une occasion en or pour les petites formations, généralement extrémistes, de faire campagne à peu de frais: quelques « trotskistes » élus en France, poussée d’extrême droite en Suède ou en Grande-Bretagne. Les élections du 7 juin constituent un gigantesque sondage à l’échelle du continent. Mais guère plus. Donc on peut continuer à suivre ce qui se passe à Roland-Garros.




Défendre son peuple au péril de sa famille - JUDITH LACHAPELLE
Rebiya Kadeer ne se tait pas. Le gouvernement chinois a beau avoir mis ses enfants en prison et lui interdire tout contact avec les autres restés au pays, elle continue à se battre pour la liberté du peuple ouïgour. Héroïne ou sans coeur?
La militante ouïgoure Rebiya Kadeer est de passage à Montréal dans le cadre du Festival de films sur les droits de la personne.
La réalité apparaît de façon beaucoupplus complexedans le documentaire The 10 Conditions of Love, du cinéaste australien Jeff Daniels. Sa décision de favoriser la liberté des Ouïgours au détriment de celle de sa famille est sévèrement critiquée par sa fille aînée. D’où la question posée au tout début du film: jusqu’où la lutte pour la liberté de son peuple doit-elle être plus importante que sa propre famille?
La vie de Rebiya Kadeer, 63 ans, a de quoi inspirer 1000 scénaristes. Née dans la province chinoise du Xinjian, anciennement le Turkestan oriental, mariée à 14 ans, mère de 11 enfants, femme d’affaires accomplie, elle a dévoué sa vie à la défense de son peuple, les 21 millions de Ouïgours musulmans sunnites turcophones du nord-ouest de la Chine.
Un peuple qui habite une province autonome sur papier, mais qui n’a pas le pouvoir de la diriger, nid’yprotéger sa langue ou sa religion. L’immigration de la majorité chinoise han s’est intensifiée dans la province; elle représente maintenant 45% de la population. «Et les filles ouïgoures âgées de 14 à 25 ans qui ne sont pas mariées sont envoyées ailleurs en Chine pour trouver un mari », dit Rebiya Kadeer, aujourd’hui exilée aux États-Unis.
Un combat difficile pour un peuple musulman que la Chine fait passer pour terroriste. Malgré tout, elle continue. «Si j’arrête de parler pour que mes enfants soient libérés, mon bonheur deviendra le sang de mon peuple. Mes enfants comprennent que je dois faire quelque chose. C’est mon choix», dit-elle dans le film. Sa fille Ray, qui fait office d’interprète, ne cache pas son désaccord. «Moi, en tout cas, je ne l’ai pas choisi.»
En entrevue hier, le ton de la voix de Rebiya Kadeer a changé selon les sujets abordés. Elle a été ferme et passionnée quand elle a évoqué le sort de son peuple. Mais sa voix a tremblé quand elle a parlé de ses enfants, dont deux sont toujours en prison. «Ma fille, Ray, a été très fâchée quand ses frères ont été arrêtés, dit-elle. Mais aujourd’hui, elle m’a pardonné.»

Les Chinois sévères face au régime  -  Tristan de Bourbon
La Chine célébrera demain le 60e anniversaire de la proclamation de la République populaire par Mao Zedong. D’importantes festivités couronnées par le plus grand feu d’artifice au monde, a-t-on déjà annoncé. Pourtant, en jetant un regard sur son passé, la
PÉKIN — Ses yeux en brillent encore. « J’en ai pleuré. La place Tianan’men était noire de monde. J’y suis restée toute la matinée un drapeau à la main, puis j’y suis retournée le soir pour la fête organisée pour les jeunes. Je portais une nouvelle robe pour l’occasion. »
Il y aura 60 ans demain, la Chine s’éveillait libre et indépendante. Pour le meilleur pour les uns, pour le pire pour les autres. À Pékin, hier, ce jeune Chinois a immortalisé son image sur fond de drapeau national fleuri.
Mei Xian (son nom a été changé à sa demande, comme celui des autres personnes interrogées) est aujourd’hui âgée de 96 ans. Elle garde pourtant des souvenirs très nets de cette journée du 1er octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire de Chine.
Àdes centaines de kilomètres de là, Liu Song travaillait dans une usine d’équipements ferroviaires de la province duHenan. Engagée en 1948 à 23 ans dans l’armée communiste avec son mari, elle était partie combattre les forces du Kuomintang, du maréchal Chiang Kai-shek. Elle a « écouté le discours de Mao Zedong à la radio, comme tous les gens autour de nous ».
Pour ces deux femmes alors proche du pouvoir, la fin des années 40 et la moitié des années 50 paraissent idylliques. « Nous allions pouvoir reconstruire le pouvoir de nos propres mains », se souvient Mei Xian. « Nous travaillions tous comme des fous, nous ne comptions pas nos heures, car nous faisions cela pour le pays. Ce sont vraiment les 10 plus belles années de ma vie. »
Ce tableau des premières années de la Chine communiste ne peut cependant pas être extrapolé à l’ensemble de la population, comme le prétend la propagande officielle.
Avec son mari, Wang Qin, alors âgée de 26 ans, cultivait et vendait des légumes à six ou sept kilomètres du centre de la capitale.
« Je ne me souviens pas du tout du 1er octobre, » avoue-telle. Nous n’avions pas assez d’argent pour acheter une radio, nous étions donc coupés du monde. La vie était dure et nous devions nous concentrer sur nos récoltes, surtout à cette période de l’année. D’ailleurs, la libération, comme on l’appelle en Chine, n’a rien changé à notre vie. Si ce n’est que nos terres ont été collectivisées de force et que l’intégralité de nos récoltes était envoyée à Pékin. »
Rapidement, les paysans ne seront plus les seuls à faire des reproches au Parti. À partir de 1957, le ciel va également s’assombrir pour les élites. Quelques années plus tard, le mari de Liu Song sera tué, pendant la révolution culturelle, durant laquelle les intellectuels sont devenus les ennemis de la nation et de la révolution.
Cette terrible époque et l’entrée dans le capitalisme qui l’a suivie n’ont pourtant pas mis fin au programme communiste. « Dans l’idéologie officielle, les préceptes du marxisme-léninisme et la pensée de Mao Zedong sont extrêmement présents depuis l’arrivée au pouvoir de Hu Jintao, en 2003, » analyse Jean-Philippe Béja, chercheur au centre d’études français sur la Chine contemporaine, situé à Hong Kong.
« Dans les faits, la démocratie nouvelle promise par Mao Zedong en 1949, avec des partis politiques bourgeois qui auraient le droit d’exister, est loin d’être réalisée. »
Ainsi, depuis longtemps, les yeux de Mei Xian ne brillent plus. « Nous avions beaucoup d’espoirs, nous avions des idéaux nobles. Le président Mao a fait l’erreur d’opter, à ce moment, pour la dictature. Or, la dictature est ce qu’il a de pire pour une nation, mais la plus grosse erreur des dirigeants est d’avoir copié la Russie en effaçant le passé. La tradition millénaire du pays. La Chine et les Chinois sont désormais plus riches, mais ils ont perdu leurs racines et ne savent plus très bien où aller. »

Mao, icône pop
Ce n’était pas écrit dans le petit livre rouge. Et pourtant, c’est bien arrivé. Soixante ans après la Révolution, Mao est devenu une véritable icône de la culture pop. En Chine, l’image de l’ancien président est désormais visible sur des montres, des calendriers, des briquets, des t-shirts, des bibelots et des porte-clés. Ce phénomène commercial n’aurait sûrement pas plu au principal intéressé. Mais la propagande doit aussi s’adapter aux tendances. Or, comme l’a rapporté récemment le site de nouvelles Global Times, ce sont surtout les jeunes Chinois, déconnectés de l’histoire récente, qui consomment ces produits pour leur valeur hip. Cette réinterprétation du grand personnage, qui n’est pas sans rappeler celle de Che Guevara à Cuba, plaît cependant beaucoup moins à ceux de l’ancienne génération, qui déplorent la « distorsion » du mythe.


Émeutes de Xinjiang : Hu Jintao rentre en Chine
— Le président chinois, Hu Jintao, a quitté l’Italie prématurément, tôt ce matin, où il devait participer au sommet du G8 qui se tient jusqu’à vendredi, en raison des émeutes meurtrières qui ont éclaté dans la province de Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, ont rapporté les autorités chinoises.
Hu Jintao sera remplacé par le conseiller d’État chinois Dai Bingguo et il ne se rendra pas non plus au Portugal, comme prévu initialement, les 10 et 11 juillet, a expliqué le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, sur son site internet.
Aujourd’hui, les cinq plus grandes puissances émergentes doivent se retrouver en marge du sommet officiel. La Chine, grand exportateur et détenteur de vastes réserves en devises étrangères, participera à ces discussions sur la crise économique internationale.


NOUVEAUX TROUBLES AUXINJIANG 
Les Hans descendent dans la rue pour se venger
— Malgré une sécurité omniprésente, de nouveaux troubles ethniques ont éclaté, hier, à Urumqi, où des milliers de Hans armés de bâtons, de pelles et de machettes ont envahi les rues pour se venger des violences sanglantes de dimanche.
En fin de journée, plusieurs milliers de Hans parcouraient toujours les rues de la capitale régionale du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, tenus à distance des quartiers ouïgours par les forces de sécurité.
Un haut responsable du Parti communiste du Xinjiang, Wang Lequan, a annoncé qu’un couvrefeu serait en vigueur à Urumqi de 21h hier jusqu’à 8h aujourd’hui, pour éviter la répétition des violences. Il a aussi lancé un appel au calme aux communautés en présence. Les médias officiels n’avaient fait état d’aucune victime dans la soirée.
Esprit revanchard
Quelque 10 000 Hans, selon un correspondant de l’AFP, étaient descendus au début d’après-midi dans les rues d’Urumqi, dans un esprit manifeste de revanche après avoir été la cible des Ouïgours, musulmans turcophones, lors des émeutes qui ont fait 156 morts et plus d’un millier de blessés dimanche.
Alors que l’agence ChineNouvelle faisait état de « chaos » dans plusieurs quartiers de la ville, la police est intervenue pour disperser la foule dans le centre avec des gaz lacrymogènes. Elle n’a pas réussi à faire fuir les manifestants, qui poursuivaient leur marche tout en suffoquant et en toussant, et dont certains portaient le drapeau national chinois.
Les manifestants Hans, l’ethnie majoritaire en Chine, ont crié leur colère d’avoir été victimes des violences commises par les Ouïgours, principale communauté musulmane du Xinjiang, une région de fortes tensions ethniques qui compte 20 millions d’habitants.
« Les Ouïgours sont venus dans nos quartiers pour tout casser. Maintenant, nous allons chez eux pour les battre », a déclaré un Han qui tenait un tuyau métallique.
Une heure auparavant, un premier groupe de manifestants Hans avait tenté de rejoindre la place du Peuple avant d’être arrêtés par la police.
Panique
Urumqi, cité de plus de deux millions d’habitants, a été le théâtre de scènes de panique, avec des gens qui couraient se réfugier dans des bâtiments, a rapporté Chine-Nouvelle.
La colère couvait aussi du côté ouïgour. Dans la matinée, 200 Ouïgours, dont de nombreuses femmes, avaient profité de la présence de journalistes étrangers pour appeler à la libération de leurs proches, arrêtés après les émeutes.
Depuis dimanche soir, 1434 personnes « liées aux émeutes d’Urumqi » ont été arrêtées, selon les autorités.
Un porte-parole des dissidents en exil du Congrès mondial ouïgour a affirmé, dans un communiqué, que leurs familles n’avaient pas pu récupérer les corps des victimes ouïgoures « emmenés par les militaires » en un lieu inconnu.



156 MORTS AU XINJIANG   Flambée de violence ethnique en Chine - Dan Martin

URUMQI — Pékin a annoncé hier qu’au moins 156 personnes ont été tuées dans des émeutes ethniques qui ont éclaté dimanche à Urumqi, capitale du Xinjiang majoritai rement peuplée de musulmans, les plus meurtrières en Chine depuis des décennies.
Les violences ont semblé faire tache d’huile avec l’annonce, dans la nuit de d’hier à aujourd’hui, par l’agence officielle Chine-Nouvelle de la dispersion par la police de « plus de 200 émeutiers » à Kashgar, la deuxième ville du Xinjiang, à l’extrême nord-ouest de la Chine.
La dispersion a eu lieu lundi vers 18h, heure locale, alors que les émeutiers tentaient de se rassembler devant la principale mosquée de la ville, a ajouté l’agence.
Au lendemain de ces violences gravissimes, orchestrées, selon Pékin, par la dissidence ouïgoure en exil, les autorités ont renforcé la sécurité dans la région autonome, située aux confins de l’Asie centrale.
Des centaines de personnes ont été arrêtées, dont « plus de 10 personnalités-clés qui ont attisé les troubles », a indiqué la Sécurité publique.
Urumqi s’est embrasé dimanche soir, quand des milliers d’émeutiers sont descendus dans les rues et ont attaqué des Hans, l’ethnie majoritaire en Chine, selon les témoignages d’habitants.
Discours musclé
La télévision chinoise a montré, hier, des blessés couverts de sang, des carcasses de véhicules incendiés et des foules jetant des pierres sur les forces de l’ordre ou retournant des voitures de police.
Des groupes exilés ouïgours ont affirmé que les forces de l’ordre avaient tiré sur des manifestants pacifiques. Ces violences ont fait 156 morts, selon le nouveau bilan officiel diffusé dans la nuit d’hier à aujourd’hui par ChineNouvelle. Le précédent bilan faisait état de 140 morts et 828 blessés. L’appartenance ethnique des victimes n’est pas précisée.
Le Xinjiang, peuplé notamment de 8,3 millions d’Ouïgours, des musulmans turcophones, est régulièrement la proie de troubles séparatistes. Des habitants dénoncent aussi la répression politique et religieuse menée selon eux par la Chine, sous couvert de lutte antiterroriste, et s’insurgent contre la sinisation de leur terre.
« Le Xinjiang prendra les mesures les plus fortes pour empêcher la situation de s’étendre à d’autres régions et pour préserver la stabilité », a dit Nur Bekri, le président de la région, dans un discours musclé.
Comme au Tibet?
Cette vaste région aride constitue l’une des deux zones, avec le Tibet, où Pékin redoute particulièrement l’instabilité.
A Lhassa, capitale régionale du Tibet, des émeutiers tibétains avaient attaqué des Hans et leurs commerces en mars 2008, tuant, selon les autorités, 18 civils et un policier.
Urumqi, où la présence des forces de l’ordre était massive hier, présentait l’allure d’une ville morte, avec ses commerces fermés et un couvre-feu prévu en soirée, selon l’un des journalistes de l’AFP sur place.
Près du grand marché, des forces de l ’ ordre casquées, munies de boucl iers et de matraques, étaient garées à chaque coin de rue. Des véhicules patrouillaient les rues bordées de bon nombre de commerces fermés. « Les boutiquiers ont peur », a expliqué une propriétaire de bar han.
L’internet a été interrompu et les communications mobiles également, ont indiqué des résidants. Le renforcement de la sécurité avait gagné jusqu’à l’extrême ouest de la région. Joint par téléphone, un commerçant de Kashgar a signalé une présence policière inédite.

Interrogé sur ces troubles, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé, à Genève, que « tous les différends, qu’ils soient à l’intérieur (d’un pays) ou au niveau international, doivent se résoudre par le dialogue ».

Twitter et YouTube contre la censure
Pas plus que l’Iran récemment, la Chine n’a pu totalement fermer le robinet des informations ni des images en provenance du Xinjiang, après les violentes émeutes de dimanche, dont certaines ont pu être diffusées sur Twitter ou YouTube.
Les autorités chinoises ont tenté de retirer de la Toile des vidéos, photographies ou commentaires d’internautes affichés sur les sites chinois sur ces violences. Mais ces éléments supprimés ont souvent resurgi, non expurgés, sur des sites basés hors de Chine, tandis que Twitter, notamment, transmettait des images à toute la planète.
Le site internet de socialisation gratuit et YouTube étaient inaccessibles hier après-midi en Chine. Comme en Iran le mois dernier, les nouvelles d’Urumqi ont continué d’affluer sur l’internet et ses sites de socialisation et de partage d’images, tels que YouTube, Flickr et Twitter.


TROISQUESTIONS À LOÏCTASSÉ SUR L’OBJECTIF DE PÉKIN  « Tout faire pour que ça demeure un acte isolé »  - Alexandre Sirois

Les violences ethniques de dimanche dans le Xinjiang ne sont pas une surprise. Cette province du nord-ouest de la Chine est depuis longtemps le théâtre de tensions entre les Ouïgours et les Hans. La Presse a demandé à Loïc Tassé, spécialiste de la Chine qui enseigne à l’Université de Montréal, de décrire les sources de ces tensions. Et de prédire si le régime chinois arrivera une fois de plus à tuer la contestation dans l’oeuf.
QLa
province du Xinjiang compte au total 20 millions de personnes, dont 8,3 millions d’Ouïgours, des musulmans turcophones. Que revendiquent-ils ?
RIl y a d’abord un groupe indépendantiste de musulmans turcophones, à l’intérieur du Xinjiang, qui revendique l’indépendance. Par ailleurs, chez les autres Ouïgours, il y a un sentiment de mécontentement très fort à l’égard des Hans, l’ethnie majoritaire en Chine, soit environ 92% des Chinois. Parce que les Hans ont, au cours des dernières décennies, petit à petit, commencé à aller s’établir au Xinjiang. Le gouvernement chinois, qui a dépeint le Xinjiang comme une région où il fait bon vivre, y est pour beaucoup dans ce mouvement. Avec comme résultat que les Ouïgours, qui formaient jadis environ 90% de la population de cette région, ne comptent maintenant que pour 40% de la population.
QPourquoi
le gouvernement chinois a-t-il encouragé cette migration des Hans vers le Xinjiang?
RIl s’agit très certainement d’arriver à maîtriser cette minorité très embêtante pour le gouvernement chinois. Car elle accepte mal, en général, la domination des autorités chinoises sur son ter ritoi re. C’est aussi une minorité très liée au fondamentalisme musulman, assez proche de certaines tribus qu’on trouve au Pakistan et en Afghanistan. Les Ouïgours se définissent souvent comme faisant partie de la grande famille turque et rêvent, pour plusieurs, de l’établissement d’une grande Turquie. Un territoire qui irait de la Turquie jusqu’à la Chine.
QLe
calme était revenu hier dans la capitale du Xinjiang, mais on signalait des manifestations à Kashgar, la deuxième ville de cette province chinoise. Le mouvement de contestation peut-il durer malgré la répression ? Doit-on plutôt s’attendre à un scénario similaire à celui de l’Iran, où la méthode forte aura raison de l’ardeur des manifestants ?
RIl faut savoir que l’armée est très présente dans cette province. Elle contrôle à peu près tout. Alors, je ne pense pas que ça va durer. Le gouvernement chinois va tout faire pour que ça demeure un acte isolé. Cependant, il faut quand même ajouter que les troubles causés par les Ouïgours durent depuis de très nombreuses années. Il faut donc s’attendre à ce qu’il y en ait d’autres.



Flambée de violence au Xinjiang
EN BREF
Une flambée de violence a fait trois morts, Chinois de souche, et plus de 20 blessés hier à Urumqi, capitale du Xinjiang, une région à population majoritairement musulmane du nord-ouest de la Chine, a annoncé l’agence Chine Nouvelle. Ces troubles sont les plus graves depuis plus d’un an au Xinjiang qui, aux confins de l’Asie centrale, compte environ 8,3 millions de Ouïghours, dont certains dénoncent la répression politique et religieuse menée par Pékin sous couvert de lutte contre le terrorisme. « Trois personnes ordinaires de l’ethnie han ont été tuées », a annoncé l’agence officielle, citant des sources du gouvernement de la Région autonome duXinjiang. Plus de 20 personnes ont été blessées et de nombreux véhicules ont été incendiés, a ajouté Chine Nouvelle. « Le gouvernement régional n’a pas dit combien de personnes étaient impliquées, mais a expliqué qu’elles s’étaient illégalement retrouvées dans plusieurs quartiers du centre et avaient battu (des gens), cassé, pillé et incendié », explique l’agence qui ne précise par leur ethnie.



Un film de propagande chinois en clôture  - Marc-André Lussier
Bien entendu , person ne ne s’attendait à ce que The Everlasting Flame : Beijing Olympics 2008 aborde de plein fouet les différentes controverses ayant marqué la préparation et la tenue des Jeux olympiques de Pékin. De là à tomber dans le révisionnisme historique, il y a un pas que la réalisatrice Gu Jun, à qui le FFM a remis un Grand Prix spécial des Amériques hier soir, franchit allègrement.
L’entrée en matière de ce film de propagande est carrément choquante. Le passage de la flamme olympique dans les différentes villes du monde est montré comme autant de célébrations pendant lesquelles tout s’est évidemment déroulé « dans la plus grande harmonie ». Même à San Francisco et à Londres, où les protestations furent pour le moins virulentes, tout ne fut apparemment que joie et allégresse. Et que dire de ce magnifique athlète tibétain, choisi pour porter la flamme de l’espoir au sommet de l’Everest ?
Le plan d’urbanisme, qui a permis la construction de toutes ces installations miraculeuses, est bien entendu présenté ici comme une merveille d’ingéniosité. Qu’importent alors les malheurs des anciens habitants du quartier ?
C’est une chose de taire certains éléments pour servir un propos. C’en est une autre de mentir pour travestir une réalité.
Pour le reste, le film s’atta rde à déc r i re, à g ra nds coups de narration lobotomisée et de violons sirupeux, les parcours de quelques athlètes. À cet égard, ce film ressemble à tous les autres films « officiels » de même nature.
Dans sa présentation, Serge Losique n’était pas peu fier d’évoquer ses « liens étroits » avec la Chine, tout en souligna nt le gra nd privilège de pouvoir montrer ce film officiel en grande première mondiale. Il a aussi déclaré avoir voulu, à travers ce prix spécial remis à la réalisatrice, rendre hommage au pays dont elle est issue.
Dans les corridors du Hyatt, certaines rumeurs laissaient entendre que Gu Jun était nerveuse à l’idée de présenter son film hier soir devant plusieurs représentants de l’ambassade de Chine au Canada, venus expressément d’Ottawa pour l’occasion. Qu’elle se rassure, elle n’a strictement rien à craindre. Les autorités chinoises seront très fières d’elle.
On peut en revanche se questionner sur le bon jugement d’une organisation qui, en sélectionnant ce film pour sa clôture, se trouve à cautionner pareille mascarade. Un scandale.



Les ÉtatsUnis appellent à la libération du dissident chinois Liu Xiaobo
— Les États-Unis sont « profondément préoccupés » par les informations faisant état de l’arrestation du dissident chinois Liu Xiaobo, et appellent à sa libération, a déclaré un porte-parole de l’ambassade américaine en Chine.
Mi l itant inlassable d’une démocratisation en Chine, Liu, 53 ans, écrivain et ancien professeur d’université, détenu depuis début décembre, a été formellement arrêté mardi pour activités subversives.
Liu, figure de proue du mouvement démocratique de Tiananmen de 1989, était un des signataires en décembre dernier de la Charte 08 appelant à des réformes démocratiques.
« Le gouvernement américain est profondément préoccupé par les informations selon lesquelles Liu Xiaobo a été formellement arrêté et accusé de crimes sérieux », a déclaré à l’AFP Richard Buangan, porte-parole de l’ambassade des États-Unis en Chine. « Nous appelons le gouvernement chinois à relâcher M. Liu et à respecter les droits de tous les citoyens chinois qui expriment pacifiquement leur désir de libertés internationalement reconnues », a-t-il ajouté.
« Le gouvernement américain est préoccupé par les informations faisant état de détentions ou de harcèlement de citoyens chinois directement dus au fait qu’ils ont exercé leur liberté d’expression en signant la Charte 08, appelant au respect des droits de l’homme et à des réformes démocratiques », a encore dit le porte-parole.
Après l’interpellation de M. Liu, le 8 décembre, survenue en même temps que celle de plusieurs militants qui s’apprêtaient à célébrer le 60e anniversaire de la déclaration des droits de l’homme, les ÉtatsUnis, l’Union européenne et des intellectuels tels le Britannique Salman Rushdie ou l’ Italien Umberto Eco avaient appelé à sa libération.
Détenu plus de six mois sans raison officielle, il a finalement été formellement « arrêté mardi pour des activités telles que la propagation de rumeurs et la diffamation du gouvernement, visant à la subversion et au renversement du système socialiste ». Une telle accusation pourrait lui valoir jusqu’à 15 ans de prison, selon son avocat Mo Shaoping.


Le pays des enfants uniques - LYSIANNE GAGNON
D’ici à 2030, le nombre de Chinois de plus de 65 ans va doubler.
Un seul enfant pour deux parents, quatre grandsparents et huit arrière-grands-parents. Rien d’étonnant à ce qu’il soit gâté… et gavé au-delà du raisonnable.
L’embonpoint, conséquence physique des gâteries dont tous ces adultes en mal d’enfant comblent l’enfant unique, est très visible. Mais qu’en est-il au niveau moral et émotionnel? Le coefficient d’égoïsme et d’égocentrisme a dû monter en flèche, on s’en doute. Effectivement, alors que traditionnellement, les enfants chinois étaient disciplinés et tenus de bien réussir à l’école, on voit de plus en plus des enfants-rois qui font leurs quatre volontés sous le regard adorateur de leurs parents. Comme chez nous, direz-vous. Oui, mais pour la Chine, c’est une rupture radicale avec la tradition.
Ces enfants uniques grandissent sans soeur ni frère, et n’auront jamais de neveux. La famille élargie sur laquelle reposait la société chinoise a été littéralement atomisée.
La politique de l’enfant unique avait évidemment pour but de limiter l’accroissement démographique. Elle a empêché, calcule-t-on, de 300 à 400 millions de naissances, et engendré d’effroyables souffrances: avortements forcés pour les femmes enceintes d’un second enfant, abandon des filles au profit du fils convoité… Rien d’étonnant à ce que presque tous les enfants adoptés en Chine aient été des petites filles rejetées par des parents qui espéraient qu’un enfant mâle leur succéderait. Tant qu’à n’avoir qu’un enfant, il fallait que ce soit un garçon.
C’était un choix économiquement rationnel, d’ailleurs. Faute d’un système de sécurité sociale, c’est au fils qu’il revient de faire vivre ses parents vieillissants, alors que la fille, une fois mariée, se retrouve au service de sa bellefamille. Aujourd’hui, dans une ville prospère comme Shanghai, on voit beaucoup de parents se promener fièrement avec leur petite fille bien pomponnée et manifestement adorée, mais dans les campagnes et dans les classes démunies, le fils reste l’assurance-vieillesse de ses parents. Les abandons de filles sont plus rares aujourd’hui… mais c’est en partie parce qu’on dispose maintenant de la technologie permettant de connaître le sexe du foetus.
La politique de l’enfant unique a peut-être aidé la Chine à relever le niveau de vie moyen, mais au prix de nombre d’effets pervers. Selon le British Medical Journal, le pays compte un excédent de 32 millions de garçons de moins de 20 ans. En 2005, il naissait 120 garçons pour 100 filles. Beaucoup d’hommes ne pourront trouver de femme. Ceux qui peuvent se le permettre vont « s’acheter » une femme au Vietnam…
Autre nuage noir à l’horizon, la société chinoise est en train de vieillir à un rythme exponentiel. Comme le signalait récemment Marcus Gee, le chroniqueur international du Globe and Mail, d’ici à 2030, le nombre de Chinois de plus de 65 ans va doubler…, et ce, dans un pays où il n’existe pas de système de retraite généralisé et dont la prospérité repose sur une main-d’oeuvre jeune et active!
La Chine est la plus grande puissance émergente, c’est vrai, mais elle a aussi bien des problèmes devant elle. pectacle courant dans toute grande ville chinoise: disséminés parmi une foule d’adultes, des enfants rares et trop gros… Il serait exagéré de parler d’obésité précoce, mais beaucoup, parmi ces enfants issus d’un peuple généralement svelte et délicat, sont grassouillets à 6 ans et seront gras à 40 ans. Cette mutation quasi génétique est l’une des conséquences de la politique de l’enfant unique imposée aux Chinois par Deng Xiaoping.
Les bouleversements que cet édit a causés dans un pays qui raffolait de ses enfants sont en effet incalculables. Désormais, il y aurait un seul enfant pour deux parents, pour quatre grandsparents et pour huit arrière-grands-parents. Rien d’étonnant à ce que cet enfant précieux soit gâté… et gavé au-delà du raisonnable, tant il est vrai que l’amour, surtout dans les pays qui ont connu de terribles famines, s’exprime souvent par le don de nourriture.


Les étrangers rattrapés par la loi sur l’enfant unique  -  Tristan de Bourbon
À la naissance de leur deuxième enfant en Chine, des couples mixtes – dont l’un des parents est chinois – ont été informés qu’ils contrevenaient à la loi sur l’enfant unique. Ils sont aussitôt mis à l’amende ou forcés de quitter le pays, nous explique not
Quelques jours après la naissance de son fils, un Européen que nous appellerons Michel se rend au bureau de la sécurité publique de la municipalité de Pékin afin de lui obtenir un visa. Résidant en Chine depuis de nombreuses années, il a déjà eu un autre enfant avec sa femme chinoise. Cet enfant est lui aussi né en sol chinois.
Jusqu’à présent, les étrangers n’étaient pas inquiétés par la loi sur l’enfant unique, instaurée en 1979.
La procédure est normalement très facile : les autorités délivrent aux enfants détenteurs d’un passeport étranger un visa de même durée que celui de leur père ou mère étranger. Pourtant, le responsable des visas inspecte le passeport du père de famille, celui de son nouveau-né, puis lui assène: « La procédure va être très simple, votre enfant n’a en effet pas besoin de visa pour résider en Chine puisqu’il est chinois. Allez donc l’enregistrer dans votre quartier puis revenez nous voir afin que nous établissions un passeport chinois à son nom. »
Michel est sonné. Il n’a pas encore tout entendu.
« Je vois d’ailleurs sur votre visa que vous avez déjà eu un enfant né en Chine avec votre femme chinoise; il est donc également chinois, » lui apprend le fonctionnaire.
« Vous êtes donc en contravention avec la loi chinoise sur l’enfant unique. Une fois que vous aurez enregistré vos deux enfants auprès des autorités locales, vous devrez donc vous acquitter de l’amende qui s’y rapporte. »
Salaire annuel
À Pékin, le montant de l’amende est calculé selon la moyenne annuelle du salaire des habitants du quartier dans lequel sont enregistrés les parents. Comme la plupart des étrangers, Michel vit à Chaoyang, où l’amende dépasse les 200 000 yuans (32 000$). À Shanghai, celleci peut s’élever à l’intégralité du salaire annuel réel du couple concerné.
La loi sur l’enfant unique a été instaurée en 1979. Aujourd’hui, les Chinois issus de minorités ethniques et les paysans ayant eu une fille comme premier enfant ne doivent plus s’y plier. Ainsi, un officiel chinois avait révélé en 2007 que seulement 35,9% de la population reste concernée par la loi. Jusqu’à présent, les étrangers n’étaient pas inquiétés.
Si le nombre de mésaventures de ce type reste limité, plusieurs milliers de couples et d’enfants sont sous le coup de la mise en application rétroactive de la loi. « Nous prévenons toujours verbalement les couples mixtes qui viennent nous voir pour attribuer la nationalité de notre pays à leur enfant: "Selon la loi chinoise, votre enfant est considéré comme chinois et vous devrez donc respecter les lois en vigueur en Chine!" » indique sous le couvert de l’anonymat un fonctionnaire d’une ambassade étrangère.
Quitter la Chine?
À ce propos, la loi chinoise est sans équivoque. L’article 3 de la loi sur la nationalité du 10 septembre 1980 affirme que « la République populaire de Chine ne reconnaît la double nationalité pour aucun c itoyen chinois » . L’article 4 précise que « toute personne née en Chine, dont les parents sont tous deux des citoyens chinois ou dont l’un des parents est citoyen chinois, doit avoir la nationalité chinoise ».
Les contrevenants comme Michel se trouvent alors face à un choix difficile: s’acquitter de l’amende, qui équivaut dans son cas à six mois de son salaire d’expatrié, ou quitter la Chine.




CHINE : Frustrations et reconstruction  - Stéphane Paquet
« Je m’en allais au court de tennis quand j’ai senti la terre vibrer, comme si des chars d’assaut passaient à côté de moi. Le bruit est devenu de plus en plus fort et les édifices se sont mis à trembler. »
Un an après le tremblement de terre qui a fait 87 000 morts et disparus dans le sud-ouest de la Chine, Wang Dongbo, qui étudiait à l’Université de Chengdu, se rappelle encore ses nuits de sommeil interrompu en mai dernier, les secousses faisant trembler la terre de longues semaines après le séisme du 12 mai.
Dans les cinq jours qui ont suivi le séisme, il s’est transformé en volontaire de la Croix-Rouge, en attendant l’arrivée de vrais médecins et infirmières.
« Plusieurs blessés devaient transiter par Chengdu, j’aidais à désinfecter les plaies », raconte-t-il.
S’il poursuit maintenant ses études de génie à Pékin, de nombreux Chinois et étrangers sont encore dans les zones affectées, en train de reconstruire des villages dont il ne subsistait que ruines et désolation. « La construction va rondement », souligne Yunhong Zhang, de la Croix-Rouge canadienne, qui rentre de Hanwang, un des hameaux les plus durement touchés par le séisme d’une intensité de 8 sur l’échelle de Richter.
Le gouvernement chinois a promis que, d’ici l’hiver, tous les sinistrés des régions rurales pourront quitter leur maison de fortune et réintégrer un véritable logis. Jusqu’à présent, la Chine a dépensé l’équivalent de quelque 60 milliards de dollars canadiens pour reconstruire la région, soit le tiers de la somme prévue.
Mais ce blitz de coups de marteaux et de rétrocaveuses ne répare pas tout. « On voit encore de la frustration », constate Mme Zhang.
En effet, de nombreux parents qui ont perdu leur enfant n’acceptent toujours pas la conclusion de Pékin selon qui il n’y a aucune preuve de négligence humaine dans l’effondrement de milliers d’écoles.
Des parents soutiennent depuis un an que la corruption a mené à l’érection de bâtiments de piètre qualité, qui se sont effondrés plus vite que d’autres. Sur place, dans les petits villages au nordouest de la capitale provinciale Chengdu, il était d’ailleurs frappant de voir des écoles écroulées à côté d’autres édifices qui ont résisté au séisme.
En plus, des parents qui ont voulu aller se recueillir là où le béton des écoles a tué leur enfant se plaignent du harcèlement de policiers, qui les en empêcheraient.
Conscient de cette « frustration », Pékin a tout récemment rendu public le nombre d’écoliers qui ont péri le 12 mai : 5335. Un chiffre en deçà de la réalité, selon plusieurs critiques, qui notent que le gouvernement n’a pas révélé les noms ni les lieux précis où les jeunes sont morts.
Le mois dernier, le gouvernement central a lancé un programme d’examen des écoles publiques pour que celles-ci soient renforcées, au besoin, dans les régions à risques et qu’elles puissent résister à un tremblement de terre de 8 sur l’échelle de Richter.
Pékin a aussi profité hier de cette veille d’anniversaire pour rendre public un livre blanc sur les situations d’urgence en Chine. Il prévoit que, pour réagir plus vite dans de pareils cas, le nombre d’entrepôts abritant tentes, médicaments et autre matériel de secours passe de 10 à 24 dans le pays.



Pékin un an après les Jeux   -  Tristan de Bourbon
Un an après des Jeux olympiques « verts », la pollution a fait un retour en force à Pékin. Ce qui n’empêche toutefois pas les habitants de la capitale de profiter de bien d’autres façons de l’héritage des Jeux.
COLLABORATION SPÉCIALE
Des enfants ont assisté à un concert hier sur la plage d’un parc d’attractions, à deux pas du stade qui a accueilli les compétitions de volleyball des Jeux de Pékin, l’année dernière. Un an après les JO, les principales installations olympiques attirent les touristes, tandis que les Pékinois tirent profit de nouvelles infrastructures publiques. Seule ombre au tableau: la pollution...
— « Je suis venue visiter avec mes parents les lieux symboliques de la capitale. Et c’est aujourd’hui le tour des installations olympiques » raconte, émerveillée, Wang Xingyi, 21 ans, jeune étudiante originaire du centre du pays.
Comme cette famille, de 20 000 à 30 000 touristes, majoritairement chinois, visitent chaque jour le stade olympique, moyennant 50 yuans (7,8 dollars). À la fin d’avril, date des plus récentes statistiques officielles, on dénombrait 3,5 millions de visiteurs.
Les travaux de transformation de certaines de ses arcades en un centre commercial ne commenceront pas avant de trois à cinq ans. La fédération italienne en profite donc pour y organiser, demain, la Super Coupe d’Italie entre la Lazio et l’Inter de Milan.
À la fin juin, 3,25 millions de personnes avaient par ailleurs dépensé 30 yuans pour entrer dans le Cube, cadre des épreuves de natation.
Avec le même billet, les visiteurs peuvent se baigner pendant deux heures dans le bassin d’entraînement de la piscine. En octobre, le centre de natation sera fermé pendant neuf mois afin d’agrandir la partie accessible au public.
La population profite aussi quotidiennement de l’accélération des travaux d’agrandissement du réseau municipal du métro. La mise en service de deux nouvelles lignes et d’un train jusqu’à l’aéroport en 2007 et 2008 a désormais rendu ce moyen de transport pratique à utiliser – il n’existait jusqu’alors que trois lignes.
D’ici à 2015, le métro couvrira 561 km contre 198,2 km aujourd’hui. C’est sans compter qu’avant les Jeux, le prix d’un billet, qui était de 3 à 5 yuans selon le trajet, est passé à un tarif unique de 2 yuans, soit environ 0,30$.
Le trafic automobile a également été allégé par la mise en place d’une circulation alternée, qui persiste depuis les compétitions.
Point noir
Le principal point noir concerne la pollution. À la fin du mois de novembre 2008, les autorités claironnaient que leur objectif annuel de « jours clairs » avait été dépassé un mois avant la fin de l’année.
L’un des éditorialistes du très officiel China Daily a pourtant rappelé : « La capitale aurait-elle obtenu une telle réussite sans l’accueil des JO? La réponse est assurément négative. »
Une étude sino-américaine publiée récemment a remis un peu plus les choses en place : la pollution pékinoise en août 2008 – alors que se déroulaient les Jeux « verts » – était en fait 30% supérieure à ce qu’avaient annoncé l’an dernier les experts gouvernementaux chinois et dépassait les niveaux jugés comme excessifs de l’Organisation mondiale de la santé.
Et cette année, depuis un printemps très clément, la capitale amoncelle les jours gris, voire noirs. Un retour à l’ère où tous les logements de la capitale se chauffaient au charbon, à l’époque où Pékin cherchait à obtenir l’organisation des Jeux.

DISPARUS DES RADARS...
Où sont passés les athlètes chinois ? Ils monopolisaient les écrans de télévision et les affiches publicitaires du pays. Aujourd’hui, ils n’apparaissent plus que dans de rares reportages. Le champion du monde du 400 m haies Liu Xiang, le plus grand échec de ces Jeux à la suite de son forfait avant la première course de la spécialité, est longtemps resté sans donner de nouvelles et a dû repousser son retour à la compétition. Seul le pivot de l’équipe nationale de basket, Yao Ming, est finalement demeuré en haut de l’affiche sportive. Il ne le doit pourtant qu’à la saison de NBA à laquelle il participait avec sa formation des Rockets de Houston.




L’Inde garde le cap
Le parti du Congrès de Sonia Gandhi et Manhoman Singh remporte une nette victoire
Après un mois de scrutin, l’Inde était prête pour une course de tous les instants et un verdict serré. Mais c’est finalement une victoire claire du parti au pouvoir et du premier ministre sortant, Manhoman Singh, qui attendait plus d’un milliard d’Indiens hier matin.
Les électeurs indiens ont choisi de donner un appui solide au parti du Congrès de Sonia Gandhi et du premier ministre sortant, Manhoman Singh.
« Ils sont tellement loin derrière! Tellement loin! » Mahesh Purohit, 28 ans, a accusé le coup, les yeux rivés sur les écrans de télé. Ses écrans de télé.
Mahesh Purohit est propriétaire d’une minuscule boutique de téléviseurs dans une rue encombrée du centre-ville de Bangalore, dans le sud de l ’ I nde. Hier matin, comme une dizaine de badauds venus suiv re le dévoi lement des résultats sur ses écrans, il vu son parti favori – le Bharatiya Janata Party ( BJP), nationaliste hindou– encaisser une dure défaite.
La lutte annoncée n’a jamais eu lieu. La plus grande démocratie du monde a choisi de donner un appui solide au Parti du Congrès de Sonia Gandhi et du premier ministre sortant, Manhoman Singh.
Au moment de mettre sous presse, on comptait que le Parti du Congrès et ses alliés avaient remporté 260 sièges, contre 160 pour le BJP. La défaite est aussi amère pour la « reine des Intouchables », Mayamati Kumari, devenue la figure de proue d’une nouvelle coalition regroupant une myriade de partis de gauche et de partis régionaux.
La « troisième voie » de Mme Kumari n’a récolté que 80 sièges, loin des 111 que lui prédisaient les sondages.
Les coudées franches
Même si le Congrès et ses alliés obtiennent moins de 272 sièges, le chiffre magique pour détenir la majorité, tout le monde s’accordait à dire hier que leur avance est telle qu’ils n’auront aucune difficulté à convaincre une douzaine de députés de se joindre à eux pour gouverner.
« Nous acceptons le verdict du peuple », a d’ailleurs dit Arun Jaitley, le secrétaire général du BJP.
Manmohan Singh, 76 ans, devrait donc demeurer premier ministre.
« J’exprime ma profonde reconnaissance aux gens du pays pour le mandat clair qu’ils ont donné à notre coalition », a dit hier M. Singh.
Oubliez les manifestations d’exubérance: à Bangalore, la Mecque technologique du pays et l’une des villes qui croît le plus vite au monde, on a accueilli hier le verdict avec un stoïcisme mêlé d’indifférence.
Devant la boutique de télés de M. Purohit, bien malin qui aurait pu deviner qui se réjouissait de la victoire du Congrès et qui déplorait la défaite du BJP. Femmes en sari ou en tchador, hommes en chemise ou en tunique musulmane, tous affichaient un visage résolument neutre. Dans ce pays où les temples hindous sont érigés à deux pas des mosquées et des églises, et qui a connu son lot de tensions au fil des ans, on ne parle souvent politique que du bout des lèvres.
On a bien vu quelques étudiants en vélo brandir d’immenses drapeaux. Mais sinon, la métropole n’a pas interrompu son rythme d’enfer – vaches sacrées et rickshaws qui jouent dans le trafic, mendiants et hommes d’affaires qui se faufilent sur des trottoirs encombrés, bric-à-brac et hyperactivité généralisés– qui bat son plein même le samedi.
« Je suis soulagé, dit tout de même Saj jad Ahmed Shariff, 48 ans, un musulman qui craignait la ligne pro-hindoue du BJP comme plusieurs membres des minorités du pays.
« Encore cinq ans d’inaction », a quant à lui soupiré Mahesh Purohit en retournant à sa boutique… une fois les badauds partis et sûr que personne ne pouvait entendre son opinion.

NOUVEAU GOUVERNEMENT EN INDE  Le milieu des affaires célèbre - PHILIPPE MERCURE

À la surprise générale, la plus grande démocratie du monde s’est donné un gouvernement stable il y a une semaine aux 15es élections législatives indiennes. Et de Montréal à Bombay en passant par Bangalore, le milieu des affaires a le sourire aux lèvres.
La victoire franche de Manmohan Singh aux élections change la donne en Inde. Lundi dernier, la Bourse de Bombay a littéralement explosé.
Les manchettes économiques des j ournaux i ndiens sont balayées par un véritable vent d’optimisme depuis une semaine. Monnaie qui prendra de la valeur, Bourse lancée sur une nouvelle trajectoire, réformes économiques qui arriveront en accéléré: dans la boule de cristal, les plus beaux rêves sont permis.
« Nous prévoyons que le nouveau gouvernement déclenchera un grand nombre de réformes qui permettront de revenir à un taux de croissance de 9% », a dit HP Singhania, président de la Fédération des chambres de commerce et de l’industrie de l’Inde, au lendemain du résultat des élections (on estime que la croissance de l’Inde a chuté à 7,1% pour l’année fiscale qui vient de se terminer à cause de la crise économique mondiale).
Cet enthousiasme a un nom: Manmohan Singh. M. Singh est l’ancien ministre des Finances de l’Inde qui a instauré une pléiade de mesures économiques pendant les années 90, permettant au pays d’afficher l’une des croissances économiques les plus spectaculaires du globe.
Manmohan Singh est premier ministre de l’Inde depuis 2004. Et le 16 mai dernier, son parti, le Parti du Congrès, a complètement écrasé ses adversaires pour rafler un nombre de sièges beaucoup plus important que prévu aux élections générales.
Cette victoire franche, une surprise pour les observateurs qui prédisaient un Parlement fragmenté, change la donne. Lors de son premier mandat, le Parti du Congrès était à la tête d’une fragile coalition de partis et devait gouverner par compromis, notamment en négociant avec des partis de gauche peu ouverts au libéralisme économique.
Mais cette fois, les 262 sièges remportés par le Congrès et ses alliés lui permettront d’avoir les coudées franches. Le Congrès pourra gouverner sans l’appui des partis de gauche, qui sont passés de 61 à 24 sièges.
Lundi dernier, la Bourse de Bombay a littéralement explosé, gagnant 17% en une seule journée. L’euphorie a été tellement vive qu’il a fallu suspendre les transactions deux fois pendant la journée. Le Sensex a redescendu depuis, les investisseurs encaissant leurs profits. Mais l’optimisme demeure.
Morgan Stanley prédisait jeudi que la monnaie indienne, qui a connu la semaine dernière sa plus forte hausse depuis 13 ans, pourrait franchir le seuil de 46 roupies pour 1$ US d’ici à la fin de l’année (elle est actuellement a 47,2 roupies après sa récente hausse, et Morgan Stanley prédisait avant l’élection qu’elle terminerait l’année à 53). Parmi les réformes envisagées, Rashesh Shah, chef de la direction d’Edelweiss Capital Ltd., a affirmé à l’agence Bloomberg que le gouvernement indien pourrait privatiser jusqu’à 20 milliards US d’actifs publics.
L’enthousiasme s’est fait sentir jusqu’à Montréal, où sont établies plusieurs entreprises qui font des affaires en Inde.
« Nous pensons que l’optimisme actuel en Inde permettra au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour faire avancer les réformes économiques », dit Circé Labelle, chef de service aux communications pour la montréalaise CGI.
CGI , spécialisée dans les technologies de l’information, possède des centres d’excellence à Bombay, Bangalore et Hyderabad.
« En général, les multinationales, y compris CGI, sont en faveur des réformes, et nous croyons que le gouvernement fera d’importants investissements dans les infrastructures et l’éducation, ce qui sera directement favorable à nos membres en Inde et indirectement à notre entreprise », continue Mme Labelle.
« Je pense que, pour la première fois, nous aurons en Inde un gouvernement libre de barrières idéologiques. Il n’y aura pas d’entrave aux réformes. Ce verdict électoral signifie que le gouvernement peut décider de son programme très rapidement », a aussi dit Nandan Nilekani, cofondateur du fleuron local Infosys et véritable légende vivante à Bangalore, la capitale techno du pays.




Inde : La modération a-t-elle meilleur goût? - PHILIPPE MERCURE
LE PREMIER MINISTRE INDIEN SORTANT MANMOHAN SINGH À 76 ans, Manmohan Singh, premier ministre de l’Inde, se bat pour conserver la tête de son pays. Avec sa barbiche blanche et ses grosses lunettes, l’homme a l’air d’un bon grand-papa sur les publicités qui
— Demandez à Goutham, 26 ans, ce qu’il pense de son premier ministre et il se lance dans un concert d’éloges. Honnête, droit, compétent sur le plan économique : « C’est un bon premier ministre », tranche-t-il.
Pourtant, le jeune technicien en informatique n’a pas donné son vote à la formation de M. Singh, le Parti du Congrès. Il a plutôt choisi d’appuyer la formation rivale, le Bharatiya Janata Party (BJP) – le parti nationaliste qui prône l’hindouisme, religion de 80% des Indiens.
Pourquoi ? « La sécur i t é était meilleure avec le BJP », répond-il.
On pourrait appeler ça le paradoxe Manmohan Singh. À peu près tout le monde à qui vous parlez le décrit comme un politicien « propre », qui a su éviter la corruption qui contamine souvent la politique indienne. Sauf que ses détracteurs voient dans sa modération le signe d’une incapacité à s’imposer.
« Un bon gars »
« C’est un bon gars ( a good fellow), dit A. K. Babu, 68 ans, ingénieur à la retraite natif d’Hyderabad. Mais il est faible! Il est complètement dirigé par cette femme qui vient de l’étranger et qui ne comprend rien à rien. »
La femme à qui M. Babu fait allusion, c’est Sonia Gandhi. Née en Italie, elle est chef du Parti du Congrès. C’est elle qui, à la suite de sa victoire aux élections de 2004, a refusé à la surprise générale le siège de première ministre pour le céder à Manmohan Singh, ancien ministre des Finances et fonctionnaire au CV bien garni.
Né en 1932 dans la province du Punjab, Manmohan Singh est le premier sikh à occuper le poste de premier ministre. Après des études en économie à l’étranger (il a enseigné à Cambridge et détient un doctorat d’Oxford) il est revenu en Inde pour entreprendre une longue carrière dans la fonction publique.
Son passage comme ministre des Finances au début des années 90 a été remarqué. Simplification du système de taxes, abolition des contrôles, ouverture à l’entrepreunariat : Manmohan Singh est considéré comme l’architecte de la réforme économique qui a permis à l’Inde d’afficher l’un des taux de croissance économique les plus rapides de la planète.
Manque de vigueur
En tant que premier ministre, Manmohan Singh a toujours gardé un profil bas, peut-être parce qu’il n’a jamais été élu à la Chambre basse du Parlement indien et doit son poste à Sonia Gandhi. Son passage a été marqué par l’accord signé avec les États-Unis qui permet à l’Inde de développer son secteur nucléaire à des fins énergétiques.
Décrit comme pragmatique et comme un homme de consensus, Manmohan Singh peut généralement compter sur l’appui des minorités musulmanes et chrétiennes du pays, qui craignent la ligne plus dure et pro-hindou du BJP.
« Manmohan Singh gouverne pour tout le monde. Le pays a besoin de lui actuellement. L’Inde doit conserver un gouvernement non religieux », dit Shirley Bangera, 61 ans, résidante de Bangalore qui fait partie des 2,3% de chrétiens que compte le pays.
Mais plusieurs lui reprochent son manque de vigueur à la suite des attentats terroristes de Bombay de novembre dernier et de ne pas avoir suconserver le rythme de sa réforme économique. Il a récemment dû prendre un congé de six semaines pour subir une chirurgie cardiaque.

 
ÉLECTIONS EN INDE : Les jeux sont faits - PHILIPPE MERCURE
 Les élections indiennes – carrément le plus gros exercice démocratique de l’histoire – ont pris fin hier. Mais bien malin qui peut prédire l’issue de cette course extrêmement serrée. Alors que les derniers électeurs indiens ont fait la f
Les sondages montrent que la course est extrêmement serrée.
— Dans la cour d’école du village de Pothinayanapalli, dans le sud de l’Inde, les vaches sacrées aux cornes décorées côtoient les chèvres et les enfants qui jouent pieds nus dans le sable brûlant.
Le vote s’est déroulé dans l’ordre malgré les longues files d’attente que l’on pouvait voir devant les différents bureaux de scrutin. Pas moins de 714 millions d’électeurs étaient inscrits pour ces législatives.
Mais hier, l’endroit était aussi plein d’adultes qui attendaient sous un soleil de plomb pour participer à la toute dernière étape du plus grand exercice démocratique que la planète n’ait jamais connu: les 15es élections législatives de l’Inde.
Le marathon électoral que court l’Inde depuis un mois est maintenant terminé. Les 714 millions d’Indiens inscrits à la liste électorale ont pu voter en cinq phases. Le verdict final? Il est attendu pour samedi.
Les sondages montrent que la course est extrêmement serrée. Il est prévu qu’aucune formation ne remportera de majorité, si bien que les partis devront former des alliances pour gouverner.
Le dernier coup de sonde du Times of India donne 152 sièges au Parti du Congrès de Sonia Gandhi et de l’actuel premier ministre, Manmohan Singh, contre 145 pour son principal adversaire, le parti nationaliste hindou – le Bharatiya Janata Party, ou BJP.
En ajoutant les alliés sûrs de chacun des camps, le sondage donne 195 sièges à une alliance dirigée par le Congrès, contre 187 à celle dirigée par le BJP. La « Troisième Voie », une nouvelle coalition qui regroupe une pléiade de partis de gauche et de partis régionaux qui ne trouvent pas leur compte au sein des deux coalitions principales, récolterait quant à elle 111 sièges.
Des violences plus sérieuses ont fait un mort à Kolkata (Calcutta) et des incidents ont aussi été rapportés à Chennai.
Il faut dire que Pothinayanapalli et Chennai sont situés au Tamil Nadu. Cet État à majorité tamoule ressent les effets de la situation au Sri Lanka, où les Tigres de libération de l’Eelam tamoul ont été poussés dans leurs derniers retranchements par les forces du pays.
Plusieurs analystes croient aussi que l’issue du scrutin de l’ Inde se décidera au Tamil Nadu, où la politique est dominée par les partis régionaux. Les cinq derniers gouvernements de l’Inde ont été formés avec l’appui des gagnants de l’État.
Ces considérations ne semblent toutefois pas avoir inf luencé Ravi Ganabathi, 26 ans. Après avoir fait la file, le jeune homme a tendu son index à une vieille femme en sari, qui l’a marqué Cette tension s’est reflétée hier d’encre pour s’assurer qu’il ne dans le village de 4000 âmes de vote pas deux fois. Pothinayanapalli. Un long « bip » a résonné quand
Installés à l’ombre des arbres, M. Ganabathi a appuyé sur l’une une cinquantaine de partisans des 16 touches de la machine portant des foulards aux couleurs électronique qui a enregistré son de différentesvote.formations ont passé la journée à confronter leurs opiLaquelle? L’homme a confié nions. Le ton a monté plus d’une avoir donné son vote à une fois et on a vu un peu de bouscustar bollywoodienne d’origine lade. Rien de bien sérieux, mais tamoule. six policiers armés de fusils et de « Je l’aime beaucoup », a explibâtons sont tout de même arrivés qué le jeune homme en baissant en jeep pour calmer le jeu. les yeux.
Dans tous les cas, personne n’atteint le chiffre magique de 272, la clé pour obtenir la majorité de la Chambre basse du Parlement indien. De nouvelles alliances devront donc être formées ; tractations et négociations postélectorales en vue.
Tensions aux bureaux de vote




ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN INDE Une jeunesse désillusionnée
Sur les 714 millions d’électeurs appelés à voter ces jours-ci en Inde, 210 millions ont moins de 35 ans. Mais ils ont beau être incités à voter, les jeunes sont désabusés par l’alternance des deux principaux partis politique
— « Je ne vais pas aller voter car à 21 ans, j’ai déjà perdu toutes mes illusions : que ce soit le Congrès, le Bharatiya Janata Party (BJP) ou un autre parti qui l’emporte, cela ne fait absolument aucune différence », s’exclame Sudhir Kumari, qui trie des ordures, alors que défilent devant lui les membres du Shiv Sena, un parti d’extrême droite.
Le jeune homme travaille 10 heures par jour pour 2$. Alors, il n’a pas l’intention de « gaspiller son temps en se rendant aux urnes ».
Sapna Makné, elle, croit qu’elle ira voter, mais elle ne sait toujours pas pour qui. « Sur 62 ans d’indépendance, le Parti du Congrès a gouverné pendant plus de 50 ans, mais nous devons encore faire face à des problèmes de base comme la malnutrition et l’illettrisme », déplore cette militante de 24 ans, membre d’une association de défense de l’environnement.
Le BJP, parti nationaliste hindou, qui a dirigé la coalition au pouvoir en 1998 et 2004, n’est pas épargné. « Eux, c’est diviser pour régner. Ils font peur à notre minorité musulmane. En outre, aucun parti ne s’adresse à moi, jeune femme moderne de Bombay », soupire-t-elle.
Fait rare dans l’histoire de la démoc rat ie i ndienne, le « Troisième front », une coalition de plusieurs partis, menée par Mayawati, la reine des intouchables, représente une sérieuse solution de remplacement aux deux grands partis. Ce qui inquiète Ankur Chandra, étudiant en sciences politiques de 26 ans, pour qui « l’Inde a besoin d’un gouvernement fort, pas d’une myriade de petits partis incapables d’avoir une vision globale et de prendre des décisions marquées ».
C’est également l ’ avis de Nayan Gupta, qui déplore « ne pas avoir réussi à obtenir la carte d’électeurs ». La complexité des démarches administratives est venue à bout de la volonté de ce banquier de 28 ans, un résidant de Bombay, mais né dans une ville à plusieurs centaines de kilomètres de là. « Les autorités ont tenté de simplifier les procédures et ont même créé un site internet. J’y suis allé plusieurs fois, mais je n’ai jamais réussi à m’inscrire. »
Conscients du risque de forte abstention chez les moins de 35 ans, près du tiers des électeurs, des organes de presse et des grandes marques, tentent de les sensibiliser. Quelques personnalités populaires montent également au créneau. Juhi, une des présentatrices de Channel V, une chaîne musicale destinée à la jeunesse, répète dans la vie comme à l’écran: « Vote ya Vaat », un jeu de mots mélangeant anglais et hindi, qui signifie « Vote ou paie le prix ». « Ce n’est qu’une voix, mais c’est la mienne, ma seule chance d’être entendue, assènet-elle. Voter est un droit à la base même de la démocratie. »



Poutine veut contrer la suprématie américaine
« Pour garder l’équilibre sans développer un système de défense antimissile comme le font les États-Unis, nous devons développer les systèmes offensifs », a déclaré M. Poutine, en déplacement à Vladivostok (Extrême-Orient russe), sans préciser de quel type d’armes il est question.
Pour la première fois depuis des mois, Moscou a évoqué le système antimissile américain, par la bouche de son premier ministre Vladimir Poutine. Ce dernier a pris part hier à la cérémonie d’inauguration du pipeline SibériePacifique, à Vladivostok.
« Avec un "parapluie", nos partenaires se sentiront en sécurité et feront tout ce qu’ils voudront, l’équilibre sera brisé et il y aura plus d’agressivité dans la politique et dans l’économie », a-t-il poursuivi.
C’est la première fois depuis des mois que la Russie mentionne le système antimissile américain, alors que le président Barack Obama avait annoncé en septembre renoncer au bouclier en Europe de l’Est élaboré par son prédécesseur, George W. Bush, et que Moscou considérait comme une menace pour sa sécurité.
Les États-Unis ont troqué ce projet, qui était centré sur les missiles de longue portée, contre un système plus flexible visant des armes de courte et moyenne portée, une position en principe satisfaisante pour la Russie.
M. Poutine a remis le sujet sur le tapis hier. Il revendique le droit de connaître tous les détails de ce nouveau bouclier.
« Si on veut un échange d’informations, alors que les États-Unis nous donnent toute l’information sur le bouclier antimissile, et nous serons prêts à communiquer des informations sur les armes offensives », a-t-il lancé.
Sans mentionner les ÉtatsUnis, M. Medvedev avait, lui, dit le 24 décembre que la Russie allait assurer sa sécurité en poursuivant la modernisation de son arsenal nucléaire, notamment en développant de nouveaux missiles, dont un grand nombre, fabriqués sous l’URSS, arrivent en fin de vie.
Ces déclarations i nterviennent alors que Russes et Américains négocient depuis de longs mois un nouveau traité de désarmement nucléaire pour succéder à l’accord START, datant de 1991 et qui a expiré le 5 décembre.
À ce sujet, le chef du gouvernement russe a jugé hier que les pourparlers, interrompus fin décembre en raison des fêtes de fin d’année, se déroulaient de manière « positive », avant de se fendre d’un truisme.
Quant aux « règles sur la limitation des armements comprises uniformément, facilement vérifiables, transparentes, l’existence de telles règles est mieux que leur absence », a-t-il glissé.
En s’exprimant sur ces thèmes, M. Poutine s’est engagé sur un terrain généralement réservé au président Medvedev, qui, avec son homologue américain, tentent de parvenir à un compromis sur le désarmement.

La corruption hypothèque l’avenir de la Russie  -  Frédérick Lavoie
De la garderie à la fin de l’université, le système d’éducation russe est corrompu jusqu’à la moelle. Une situation qui met en péril l’avenir de ce pays, où une attestation spécialisée s’achète pour quelques centaines de dollars. MOSCOU — Dans un passage souterrain entre deux stations de métro, une dame tient une petite affiche en vieux carton où il est inscrit « Diplômes ». La scène n’a rien d’étonnant en Russie, où quelque 500 000 faux diplômes seraient vendus chaque année.
Sur l’internet, les vendeurs ne font montre d’aucune gêne. « Acheter un diplôme est plus avantageux, puisqu’en étudiant quelques années, on n’obtient pas toujours la formation nécessaire pour décrocher un bon emploi. En plus d’économiser du temps, vous dépenserez beaucoup moins d’argent et userez moins vos ner f s en c ommandant u n diplôme », peut-on l i re sur l e s i t e ky plu-diplom. c om (« j acheteundiplome. com ») , l ’u n des nombreux sites à offrir un service du genre.
Pour une somme variant entre 350$ et 1000$ US, le client devient ainsi comme par magie ingénieur nucléaire, médecin, ou comptable en moins de quelques jours ouvrables.
Parmi ces fausses attest a t i ons , quelque 10 0 0 0 0 seraient délivrées annuellement par des employés des institutions d’éducation. Un diplôme avec la signature du recteur, les sceaux officiels et une inscription dans les dossiers de l’université coûte entre 20 000 $ et 50 000 $.
Aliments avariés
Sergueï Komkov, directeur du département de la lutte contre la corruption du centre « Sécurité complexe de la patrie », rattaché au Parlement, est persuadé que la multiplication des faux diplômes n’est que la pointe visible d’un problème qui gangrène tout le système d’éducation russe. « La corruption, elle commence lorsque l’enfant entre à la garderie et se termine au doctorat », soutient-il.
À Moscou, la liste d’attente pour une place en garderie compte 16 000 noms. Mais en fournissant une « aide » de 30 000 à 100 000 roubles (1100 $ à 3700 $ CAN) à un fonds privé très proche des fonctionnaires municipaux, le problème s’arrange rapidement, explique M. Komkov.
À l’école primaire, « l’alimentation des enfants, c’est le Klondike » pour les firmes privées et les fonctionnaires, poursuit cet ancien directeur d’école sous l’ Union soviét ique. La municipalité de Moscou, par exemple, octroie une somme colossale pour les repas des enfants, censés être offerts gratuitement à la plupart. « En réalité, très peu ont droit à la gratuité. Et nos enfants sont nourris avec des aliments avariés pris dans les réserves d’ État et revendus aux f i r mes par la Ville de Moscou pour des kopecks ! »
Selon ses recherches, environ 30% des sommes allouées pour l’alimentation finissent dans les poches des fonctionnaires.
Tâche colossale
Depuis son entrée en fonction en début d’année, Sergueï Komkov et sa douzaine de subordonnés ont fait les comptes : chaque année, environ 5,5 milliards de dollars américains seraient détournés ou versés en pots-de-vin dans le système d’éducation russe.
Enrayer la corruption est une tâche colossale, reconnaît M. Komkov. Surtout en Russie, où elle n’a fait qu’augmenter depuis le début de la décennie, malgré les promesses du président Vladimir Poutine, puis de son successeur Dmitri Medvedev.
Mais Sergueï Komkov promet de la « détruire de l’intérieur » en s’attaquant à quelques institutions et fonctionnaires corrompus qu’il pourra ensuite brandir en exemple. « Les étudiants sortent du système à moitié compétents, se désole-til. Vous imaginez quel malheur ça représente pour le pays! »

Poutine défié par des partis de l’opposition
Ils dénoncent de prétendues fraudes aux élections locales
MOSCOU — Le premier ministre russe Vladimir Poutine a pris de haut la fronde hier de trois formations politiques à la Douma, d’ordinaire soumises, qui ont quitté l’hémicycle pour dénoncer des fraudes électorales en faveur de son parti, Russie unie.
«Si quelqu’un a des doutes (sur l’honnêteté des élections), alors il faut aller devant la justice et le prouver », a déclaré de Pékin, M. Poutine, jugeant que les perdants étaient «toujours mécontents » mais que les gagnants ne devaient pas « verser dans l’euphorie ».
Le président russe Dmitri Medvedev ne s’est pas montré plus concilia nt avec le Parti communiste, le Parti libéra l-démoc rate ( L DP R , ultranationaliste) et Russie juste, rejetant leur demande de rencontre.
« Aucune rencontre de ce type n’est prévue pour les 10 jours à venir », a déclaré Nata lia T i ma kova , por teparole du Kremlin citée par l’agence Ria Novosti.
Pourtant, un porte-parole de LDPR a affirmé qu’une telle rencontre aurait lieu prochainement. Le chef du parti, Vladimir Jirinovski, «s’est entretenu par téléphone avec le président (Medvedev) qui lui a promis une rencontre dans les plus brefs délais», a-t-il déclaré hier à la radio Écho de Moscou.
Les trois partis, qui contrôlent 135 sièges à la Chambre basse du Parlement, ont abandonné hier matin leurs 315 collègues, tous membres de Russie unie. Les frondeurs n’ont cependant pas précisé si ce boycottage était ponctuel ou s’il se poursuivrait à la prochaine séance demain.
Motif du coup de sang: les résultats des élections locales de dimanche, marquées par une victoire écrasante de Russie unie. Exemple le plus flagrant de fraude selon les trois partis : l’élection de l’assemblée municipale de Moscou, où le parti de M. Poutine a raflé 32 des 35 sièges.
Les États-Unis ont réagi en se disant « préoccupés des informations d’observateurs indépendants sur des irrégularités » lors de ce scrutin.
Cette fronde parlementaire constitue, selon les observateurs, un événement sans précédent depuis la disparition à la fin de 2003 de l’opposition libérale à la Douma, dernier bastion de la contestation contre le président d’alors, Vladimir Poutine.
Pour l’analyste indépendant Dmitri Orechkine, le niveau de fraude électorale a été tel cette fois-ci que même ces partis dépendants du Kremlin « ne ferment plus les yeux » car « il en va de leur survie ».
« Il est très intéressant de voir que les autorités ont cru à tort que ces gens allaient avaler la couleuvre », souligne-til, « qu’il y ait une solidarité entre ces partis signifie que le niveau de ce qui est acceptable a été dépassé ».


MOSCOU 
Poutine se présente en maître du jeu
MOSCOU — Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, s’est présenté en maître du jeu en annonçant qu’il désignerait le candidat à l’élection présidentielle de 2012 , en accord avec le président Dmitri Medvedev.
« En 2008, avons-nous été en concurrence ? En 2012, il n’y aura pas de concurrence non plus », a-t-il déclaré en évoquant la présidentielle de 2008 remportée par Dmitri Medvedev dès le premier tour.
La Constitution russe interdisant trois mandats successifs à la tête de l’État, Vladimir Poutine n’avait pu être candidat. Mais il avait organisé sa succession en désignant comme dauphin M. Medvedev, souvent considéré pour cette raison comme une simple figure de transition, soumise à M. Poutine et chargée de permettre son retour au Kremlin.
En recevant tour à tour les membres du groupe de Valdaï, une cinquantaine d’experts d’Europe, d’Asie et des ÉtatsUnis, souvent consultés par leurs gouvernements respectifs et donc susceptibles de relayer le message, les deux leaders se sont employés à montrer que chacun assumait le rôle qui est le sien.
Mais c’est Vladimir Poutine et non M. Medvedev qui a annoncé qu’ils décideraient d’un commun accord lequel des deux serait candidat à la prochaine présidentielle.
Pour la plupart des experts présents, il ne fait guère de doute que M. Poutine sera le prochain candidat, et même le prochain président.
« Nous nous mettrons d’accord parce que nous sommes du même sang et partageons la même vision des choses », a insisté M. Poutine en soulignant de manière imagée sa proximité avec M. Medvedev.
«Pour le sang, je ne sais pas, je ne connais pas le groupe sanguin de Poutine, mais pour la même vision des choses, c’est exact », a répondu mardi le président Medvedev lors d’une rencontre avec ces experts.
M. Medvedev a annoncé qu’il n’excluait pas d’être candidat et il a approuvé le mode de désignation proposé quelques jours auparavant par M. Poutine.


2eme Guerre Mondiale : De la Russie et de l'art de réécrire l'histoire - Agnès Gruda
Qui donc a déclenché la guerre ?
1er SEPTEMBRE 1939 70 ANS PLUS TARD
Le 1er septembre 1939, Adolf Hitler lance ses troupes contre la Pologne. Soixante-dix ans plus tard, des voix s’élèvent en Russie pour dire que la Pologne l’avait bien cherché. Et qu’elle est donc responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Même si Vladimir Poutine tente de faire la part des choses, son gouvernement n’en cherche pas moins à faire oublier le rôle trouble que l’Union soviétique a joué dans la genèse du conflit le plus meurtrier de l’histoire.
Vous croyez tout savoir sur la Seconde Guerre mondiale. Vous pensez qu’elle a été causée par les visées expansionnistes d’Adolf Hitler, en quête de ce qu’il appelait « un espace vital ». Et vous jugez que le sort de ce conflit a été scellé le 23 août 1939, quand l’Allemand Joachim Von Ribbentrop et le Russe Viatcheslav Molotov ont conclu leur fameux pacte de non-agression, s’entendant sur le partage de la Pologne tout juste une semaine avant que les troupes du IIIe Reich n’attaquent ce pays.
Adolf Hitler salue ses troupes qui paradent à Varsovie, la capitale de la Pologne, quatre jours seulement après avoir envahi le pays.
Eh bien! si l’on se fie à un article affiché récemment sur le site internet du ministère russe de la Défense, vous avez tout faux. La vraie responsable de l’invasion nazie est sa première victime : la Pologne.
C’est elle qui, en refusant de céder aux prétentions «modérées» de son voisin allemand, dont les visées territoriales « peuvent difficilement être décrites comme non j ustifiées », a allumé la mèche de la guerre. À partir du moment où la Pologne a refusé de céder son « corridor » sur la côte de la mer Baltique, il était naturel que l’Allemagne déclenche son offensive.
Cette thèse surprenante, signée par l’historien russe Sergueï Kovalev, est passée inaperçue sur le site du gouvernement russe pendant plusieurs semaines. Quand elle a été remarquée, elle a causé le brouhaha que l’on imagine. Particulièrement en Pologne, où elle a été reçue avec indignation. Mais aussi avec une bonne dose de sarcasme.
Thèses isolées ?
«Les Polonais ont donc causé la plus tragique guerre de l’Histoire parce que, menés par une mégalomanie et des ambitions impériales incompréhensibles, ils n’ont pas saisi les justes raisons d’Adolf Hitler et ont eu la légèreté de ne pas l’écouter», ironise un journaliste polonais dans un article publié en juin.
L’article de Sergueï Kovalev a été retiré du site web dès que la polémique a éclaté, mais cet historien n’est pas seul. En juin, un documentaire de la chaîne de télévision Rossia accusait la Pologne d’avoir proposé un soutien militaire à Berlin et d’avoir offert au Japon d’ouvrir un deuxième front contre la Russie.
Et ces jours-ci, le Service russe de renseignement extérieur prévoit diffuser à Moscou des documents sur des «plans secrets » que la Pologne aurait nourris à la veille de la guerre.
S’agit-il de thèses isolées ou d’un courant qui gagne en i n f luence ? « L a v ision de Kovalev est partagée de façon marginale par d’autres historiens russes », tranche Macha Lipman, de la fondation Carnegie, à Moscou.
N’empêche: les thèses qu’il défend n’en sont pas moins significatives, car elles s’inscrivent dans le cadre d’une opération politique visant à réécrire l’Histoire de la Russie, estime Mme Lipman.
Un pacte « immoral »
L’armée soviétique a été cruciale dans la défaite d’Hitler, mais la Russie a joué un rôle trouble au début du conflit, en signant le pacte MolotovRibbentrop, qui lui a permis d’annexer une large partie du territoire polonais.
Les dirigeants russes ont remis ce pacte en question une première fois en 1989, pendant les réformes de Mikhaïl Gorbatchev.
Hier, le premier ministre Vladimir Poutine l’a critiqué pour la première fois, le qualifiant d’«immoral» dans une lettre ouverte publiée dans la presse polonaise. Mais en même temps, il a reproché à la France et à l’Angleterre d’avoir signé, en 1938, le traité de Munich à la suite duquel Hitler a conclu qu’il jouissait d’une «impunité absolue».
En Pologne, sa lettre a été accueillie favorablement, mais avec un brin de scepticisme, Et le porte-parole du gouvernement polonais a indiqué qu’il allait attendre ce que M. Poutine allait dire aujourd’hui, à l’occasion de la commémoration du 1er septembre 1939, avant de juger s’il avait tendu la main à la Pologne.

Réhabiliter Joseph Staline
Le gouvernement russe souhaite que l’Histoire retienne son combat contre Hitler, mais efface les aspects plus troubles de son rôle dans la Deuxième Guerre mondiale, affirme l’analyste Macha Lipman. Et les dirigeants russes y tiennent tant qu’ils ont mis sur pied une commission censée «corriger les tentatives de falsifier l’Histoire pour nuire aux intérêts de la Russie.»
Vladimir Poutine reçoit, en 2000, un livre des mains d’un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, le maréchal de l’armée de l’Air, Alexandre Yefimov.
Cette commission a ouvert ses travaux la semaine dernière, à quelques j ours du 70e anniversaire de l’invasion de la Pologne. « Ceux qui blâment la Russie, en tant que successeur historique de l’ Union soviétique, pour des événements et des tragédies de cette époque, préparent la base pour des revend ications politiques , fi na ncières et ter ritoria les contre notre pays », a alors affirmé Sergueï Naryshkin, président de cette commission et chef de cabinet du président Medvedev.
Quel est le but de cet exercice de réinterprétation de l’ H istoi re ? Réhabi l iter le régime de Joseph Staline, pour préserver l’image de celui de Poutine, croit Macha Lipman. Selon elle, « toute critique de la dictature soviétique soulèverait immanquablement des questions trop délicates sur le gouvernement actuel. »

Un expert russe prédit la dislocation des États-Unis
MOSCOU — Les États-Unis cesseront d’exister en juillet 2010, a affirmé hier un politologue russe en présentant son livre sur ce sujet, où il compare le président américain Barack Obama au dernier leader soviétique M ikhaïl Gorbatchev. « L a probabilité que les États-Unis cesseront d’exister en juillet 2010 est supérieure à 50 % », a déclaré lors d’une conférence de presse Igor Panarine, professeur de l’Académie diplomatique du ministère russe des Affaires étrangères.
« Les résultats de l’exercice financier qui se termine le 30 septembre vont choquer les investisseurs », a-t-il déclaré en ajoutant que le processus de désintégration commencerait en novembre.
Cita nt pêle-mêle l’ou raga n Katrina , la v iolence des m i neu rs, les fa m illes monoparentales, les prisons surpeuplées et l’abondance d’homosexuels, l ’a u t e u r conclut que la société américaine est au seuil d’u ne « catastrophe psychologique ».
M. Panarine dresse aussi des parallèles entre l’Amér iq ue a c t uel le e t l’ Un ion soviétique ava nt sa chute. « L a dette a méricaine a été multipliée par sept en onze ans. Sous Gorbatchev la de t te s ov ié t iq ue a é té multipliée pa r souligne-t-il.
Vladimir Mamontov, rédacteur en chef du quotidien proche du Kremlin, Izvestia, a expliqué qu’il publiait les opinions de Panarine parce que les « versions insolites (des événements) aident les lecteurs à surfer entre des informations monotones ».
cinq »,


Comme le voisin tchétchène  -  Frédérick Lavoie
Dans le Caucase russe, la guerre fait rage entre les forces de l’ordre et les combattants islamistes, qui veulent l’instauration d’un émirat dans toute la région. Notre collaborateur s’est rendu dans la petite république d’Ingouchie, voisine de la Tchétch
NAZRAN, Ingouchie — Sur un petit kiosque abandonné de Nazran, plus grande ville d’Ingouchie, une inscription visiblement rédigée par des fossoyeurs : « Nous creusons des trous », suivie d’un numéro de téléphone.
Le premier ministre russe Vladimir Poutine a rendu visite, en juillet dernier dans un hôpital de Moscou, au président ingouche Iounous-Bek Evkourov, visé par un attentat à la voiture piégée qui l’a gravement blessé le 22 juin.
Sur d’autres murs du centre-ville, la famille de Magomed-Bachir Tcherbiev a placardé la photo du jeune homme de 19 ans, parti acheter des souliers un mardi matin et jamais revenu.
La mort et les disparitions n’ont plus rien d’étonnant en Ingouchie, autrefois plutôt calme comparativement à sa voisine tchétchène, ravagée par deux guerres.
Cette semaine, le ministre de la Construction a été tué dans son bureau. Le cinquième attentat contre un officiel ingouche de haut rang en moins de deux mois. Le 22 juin, c’est le président lui-même qui a failli y passer lors d’un attentat suicide à la voiture piégée.
Durant la première moitié de l’année, 166 personnes ont été tuées en Ingouchie, selon un décompte de l’organisation de défense des droits de l’homme Memorial. Le total se divise en trois catégories à peu près égales : policiers, combattants islamistes et citoyens pacifiques.
Erreurs de la Russie
Si les racines de la violence étaient uniques dans cette république du Caucase russe de moins de 450 000 habitants, elle serait peut-être plus facile à enrayer. Mais entre la menace de la guérilla islamiste, les crimes des forces l’ordre commis au nom de la lutte antiterroriste, les règlements de compte mafieux et la tradition caucasienne de « vengeance du sang », le journaliste local Vakha Tchapanov s’y perd.
« Les autorités accusent les wahhabites de tout et de rien, mais il n’y a pas de schéma clair pour expliquer cette violence. »
Pourtant, encore en 2001, rien ne laissait croire que la situation dégénérerait de la sorte, note Timour Akiev, analyste au bureau de Memorial à Nazran.
Il y avait bien à l’époque quelque 300 000 réfugiés tchétchènes entassés en Ingouchie, mais la lutte pour l’indépendance menée par les combattants cachés parmi eux trouvait peu d’écho parmi les Ingouches, historiquement plus fidèles à Moscou.
Selon M. Akiev, l’une des erreurs de la Russie aura été de donner carte blanche aux forces de l’ordre pour en finir avec la menace séparatiste tchétchène. Plus les exécutions extrajudiciaires – parfois d’innocents – se multipliaient, plus la solidarité entre musulmans se consolidait contre les « infidèles ».
Jusqu’à ce que l’idée d’indépendance se transforme en projet islamiste de grand émirat. La guérilla n’a désormais plus de frontières dans le Caucase. « Lorsqu’on analyse la situation aujourd’hui, on ne peut plus séparer la Tchétchénie, l’ Ingouchie et le Daguestan », souligne Timour Akiev.
Islamisme rassembleur
Dans un Caucase agraire, sans industrie et dépendant des subsides de Moscou, rejoindre la guérilla est devenu une perspective d’avenir pour plusieurs jeunes hommes. Ou un moyen d’échapper au harcèlement des policiers, qui enlèvent et parfois tuent ceux soupçonnés de sympathies islamistes. En toute impunité.
« À ma connaissance, au cours des huit dernières années, aucun agent n’a jamais été jugé pour ce genre de crime », souligne Vakha Tchapanov.
L’idéologie islamiste devient ainsi un élément rassembleur pour une partie de la résistance, alors que de plus en plus de jeunes prennent le maquis.
Malgré la situation, un espoir est né en octobre 2008: Iounous-Bek Evkourov, nouveau président ingouche nommé par Moscou pour remplacer le très impopulaire Mourat Zyazikov, accusé d’encourager l’impunité des forces de l’ordre.
« Evkourov a compris que tous nos problèmes ne sont pas seulement liés auxactionsdes combattants islamistes », dit M. Akiev. Il souligne toutefois que les mesures prises n’auront d’effets qu’à long terme. « Elles devront être jumelées à la création de nouveaux emplois, sinon elles seront inefficaces. »

LES « MEURTRES POLITIQUES » DÉNONCÉS
Le président russe Dmitri Medvedev a dénoncé hier les « meurtres politiques » visant à déstabiliser le Caucase, et a appelé l’homme fort pro-Kremlin de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, à tout faire pour retrouver les coupables. « Toute la série de meurtres politiques et de tentatives de meurtre a pour objectif de déstabiliser la situation dans le Caucase », a dit M. Medvedev, évoquant les récents assassinats de défenseurs des droits de l’homme en Tchétchénie et l’attentat contre le président de l’Ingouchie. Élucider ces crimes « est une tâche commune pour toutes les autorités, et pas seulement les autorités fédérales », a souligné le président russe.


Un rêve russe aux accents américains  -  Frédérick Lavoie
Il y a quatre ans, craignant d’être renversé par une révolution prodémocratique comme le furent ses alliés en Ukraine voisine, le régime autoritaire de Vladimir Poutine a créé des groupes de jeunes patriotes prêts à le défendre contre tout mouvement populaire. Aujourd’hui, la menace est passée. L’opposition russe est en lambeaux. Le Kremlin veut maintenant mobiliser sa jeunesse pour développer le pays, leur promettant un rêve russe aux accents américains, nous explique notre collaborateur.
RÉGION DE TVER, Russie — Il est 8h du matin, sur les bords du pittoresque lac Seliger, à 340 km au nord-ouest de Moscou. Des haut-parleurs crachent l’hymne national russe. Des centaines de participants du camp Seliger se massent devant une scène décorée de portraits et de citations du président Dmitri Medvedev et du premier ministre Vladimir Poutine pour la séance matinale d’exercice.
Le premier ministre russe Vladimir Poutine a fait un passage remarqué le 25 juillet dernier au camp Seliger. D’abord conçu comme un camp politique proKremlin pour les jeunes, Seliger a désormais une autre vocation: le capitalisme et le développement économique du pays.
Les quatre années précédentes, le camp était organisé par Nachi (« Les nôtres »), groupe jeunesse pro-Kremlin fondé au début de 2005, tout juste après la vague de révolutions colorées pro-occidentales dans trois républiques ex-soviétiques.
Cet été, l’Agence fédérale pour les affaires de la jeunesse, dirigée par l’ancien chef des Nachi, a reçu 3 millions de dollars de fonds publics pour prendre en main le camp. Quelque 50 000 j eunes au total ont passé une semaine ou plus dans le village de tentes aux abords de Seliger, soit 10 fois plus que l’an dernier.
«Allez! Dmitri Anatolevitch (Medvedev) doit voir que nous sommes pleins d’énergie ! » lance un animateur aux jeunes en train de se dégourdir. En après-midi, ils s’entretiendront avec le président par vidéoconférence.
Quelques centaines de mètres plus loin, une série de croix plantées au sol forment le «Cimetière des inventions qui auraient pu appartenir à la Russie ». Les épitaphes relatent l’histoire de l’ampoule électrique, de la radio, de l’hélicoptère ou encore du jeu Tetris, que les Russes auraient été les premiers à mettre au point, mais qu’un Américain ou, pire, un Russe immigré, ont breveté à l’étranger.
Soutenir la jeunesse
Evgueni Kourkine, 23 ans, s’assurera que ça ne se reproduise plus. Dans l’une des tentes du camp, l’étudiant de l’Université aérocosmique de Samara règle les détails d’une entente commerciale avec le directeur innovation d’Onexim Group, Mikhaïl Rogatchev. Ce dernier est prêt à investir 1 million de roubles (36 000$ CAN) dans le développement de la turbine éolienne conçue pour le milieu urbain par Evgueni et son équipe.
«Appuyer ces projets est pour nous un moyen de former une demande pour l’innovation en Russie,expliqueraM. Rogatchev. Nous croyons qu’il est important que notre jeunesse énergique soit soutenue.»
Dans un pays où les mots durs de Poutine envers un chef d’entreprise peuvent faire chuter du tiers la valeur de ses actions en une journée, c’est aussi une façon pour les gens d’affaires d’assurer leurs bonnes relations avec le pouvoir.
Au moment de la vidéoconférence, Dmitri Medvedev se félicitera d’ailleurs qu’Onexim Group, qui appartient à Mikhaïl Prokhorov, l’homme le plus riche de Russie selon le magazine Forbes, appuie ces projets.
Sous un autre chapiteau, de jeunes inventeurs en sont encore à convaincre des investisseurs potentiels. «Vous devriez mieux montrer votre avantage concurrentiel», suggère l’un des hommes d’affaires à une jeune fille après sa présentation. Celle-ci aurait peut-être dû se procurer l’une des dizaines de traductions de livres américains qui promettent de révéler la recette miracle pour devenir millionnaire, en vente dans la tente voisine.
Plus de capitalisme
Seliger est maintenant plongé dans le capitalisme. «Nous commençons un nouveau cycle», explique Ilia Kostounov, l’énergique directeur du camp. «Les premières années, il n’y avait qu’une thématique: la politique. Nous devions préparer de jeunes politiciens», rappelle-t-il.
Résultats: cinq anciens campeurs de Seliger sont devenus députés à la Douma (Parlement russe), près d’une trentaine siègent dans les parlements régionaux, sans compter la multitude d’entre eux qui sont devenus fonctionnaires.
« Par analogie, nous voudrions avoir, dans trois ans, cinq multinationales et une trentaine d’entreprises régionales » issues de Seliger, rêve déjà Ilia Kostounov.
Il assure qu’il y a désormais « zéro politique » dans l’orga nisation du ca mp et dans le choix des participants. « Le fait d’avoir ou non une carte de membre d’un parti ne change en rien la capacité d’une personne à inventer. »
Gleb Pavlovski, conseiller de tous les présidents russes et l’un des idéologues derrière la création de Nachi, confirme le changement de fonction de la jeunesse poutinienne.
«Il y a quatre ans, il y avait sans l’ombre d’un doute une menace réelle (contre le pouvoir) et son rôle était de contenir les mouvements antiétatiques.» S elon M . P avlovsk i , c ’est «l’existence même» des groupes de jeunes pro-Kremlin qui a permis de «régler» le cas de l’opposition. «Aujourd’hui, le problème sonne différemment: il faut moderniser le pays.»
En ce cas, les forces vives de la jeunesse patriotique russe seront toujours mobilisées. Ilia Kostounov n’hésitera pas à délaisser momentanément sa chaise de fonctionnaire pour reprendre la rue. « J’ai prêté serment en tant que commissaire (de Nachi) que je ne laisserais jamais se produire un événement anticonstitutionnel dans le pays.»





Poutine fête 10 ans de pouvoir
Les Russes se réjouissent de voir le standing de leur pays sur la scène internationale renforcé par la politique étrangère agressive de Poutine.
— Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a fêté hier ses 10 ans de pouvoir à la tête du pays. L’ex-agent du KGB devenu homme fort du Kremlin ne semble pas près de la retraite.
Il y a 10 ans, le 9 août 1999, un président Boris Eltsine mal en point a nommé le directeur du FSB, successeur du KGB, à la tête du gouvernement. Après la démission surprise d’Eltsine peu après, Poutine, qui occupait l’intérim, a été officiellement élu en 2000. En 2008, il a cédé la présidence à celui qu’il avait choisi comme dauphin, Dimitri Medvedev, sans pour autant renoncer à son pouvoirpuisque lui-même est redevenu premier ministre.
La quasi-totalité de son entourage est toujours aux manettes, et Poutine serait quant à lui toujours le véritable maître du Kremlin.
Et à 56 ans, le natif de SaintPétersbourg semble à des annéeslumière de la retraite. Il a encore montré ses muscles et son torse dénudé cette semaine pendant ses vacances en Sibérie, plongeant dans une rivière glacée ou escaladant des falaises...
Pendant ses deux présidences, Poutine a en tous cas nettoyé le paysage politique de toute opposition. Il a aboli l’élection au suffrage direct des gouverneurs des régions, marginalisé l’opposition libérale et, selon ses détracteurs, instauré un régime d’impunité pour ceux qui font taire ses rivaux, quels que soient les moyens employés.
Les observateurs s’accordent à dire qu’il est parti pour durer. « Poutine peut tout à fait régner jusqu’en 2012 (les prochaines élections, NDLR) voire plus longtemps », estime Lilia Chevtsova, du centre Carnegie de Moscou.
La presse aussi a été mise au pas, entre contrôle étatique et intimidation. Depuis que Poutine est au pouvoir, 16 journalistes ont été assassinés selon le décompte de la Maison des libertés. Le cas le plus connu est celui de la journaliste spécialiste de la Tchétchénie Anna Politkovskaïa. Un seul de ces assassinats a été élucidé.
Mais beaucoup portent au crédit de Poutine la reconstruction d’une économie en lambeaux dans les années 90 et se félicitent d’une qualité de vie bien meilleure que pendant les années Eltsine. Moscou et Saint-Pétersbourg regorgent de milliardaires, même si la crise actuelle leur a porté un coup.
Et les Russes, toujours patriotes, se réjouissent de voir le standing de leur pays sur la scène internationale renforcé par la politique étrangère agressive de Poutine, qui a connu son apogée avec l’intervention militaire en Géorgie à l’été 2008. Cette attitude a sérieusement refroidi les relations avec Washington mais vaut à Poutine, 10 ans après, 78% de popularité.



Russie : Le président à deux têtes  -  FRÉDÉRICK LAVOIE
Les Russes apprécient que le pays soit dirigé par Medvedev et Poutine Il y a un an, un juriste peu charismatique de 42 ans, Dmitri Medvedev, devenait troisième président de la Russie. Le lendemain, il nommait premier ministre son populaire prédécesseur, V
COLLABORATION SPÉCIALE MOSCOU— « Je lui donne cinq sur cinq! » Même en ces temps de crise, Nina Spodarets n’a rien à redire sur le travail de son jeune président, Dmitri Medvedev.
Le président de la Russie, Dmitri Medvedev, au cours d’une visite d’une école militaire, le 22 avril dernier.
« Il est jeune, énergique et intelligent », énumère la retraitée de 65 ans, ancienne technicienne de cinéma. « Il a augmenté nos chèques de retraite et lutté contre l’inflation », ajoute-t-elle, lorsqu’on lui demande concrètement ce que le président a fait pour elle. Elle semble toutefois oublier que, selon la Constitution, ces deux décisions relèvent... du gouvernement, dirigé par Vladimir Poutine, et non pas de la présidence.
En Russie, un an après la prestation de serment de Medvedev, personne ne sait vraiment qui du président ou du premier ministre est aux commandes. Sauf peut-être les deux principaux intéressés. La Constitution prévoit bien une présidence forte, mais les jeux de coulisses comptent beaucoup plus dans la répartition des pouvoirs réels que la loi suprême.
Un sondage mené en avril par le Centre Levada révèle que la majorité des Russes estiment que Medvedev et Poutine se partagent les responsabilités plus ou moins également. Le tiers des répondants affirment que Poutine reste l’homme fort du régime, contre seulement 12% qui misent sur Medvedev.
« Nous ne pouvons que spéculer », constate ainsi la dissidente Lioudmila Alexeeva, qui dénonce depuis des décennies l’arbitraire des pouvoirs soviétique, puis russe.
Selon elle, Dmitri Medvedev, qui a promis à son élection de lutter contre le « nihilisme légal », a démontré au cours de l’année ses bonnes intentions pour en finir avec la corruption et le contrôle politique du système judiciaire.
« Mais dans un même temps, il a signé une loi limitant la possibilité de procès avec jury [dans les cas d’accusation pour extrémisme ou terrorisme], alors que ces procès sont beaucoup plus équitables et sérieux que ceux avec juge », relève-t-elle.
Medvedev a aussi profité de l’allégeance sans faille des deux chambres du Parlement et des assemblées régionales pour faire adopter en vitesse en décembre des changements constitutionnels faisant notamment passer de quatre à six ans le prochain mandat présidentiel.
L’indomptable militante de 81 ans estime que durant ses huit années au Kremlin, l’ex-agent du KGB Vladimir Poutine a « porté atteinte » au pays. « Medvedev, pour l’instant, n’a rien empiré, mais il n’a pas non plus corrigé la situation créée par Poutine », souligne Mme Alexeeva, qui a rencontré le président il y a deux semaines pour lui exposer ses doléances en matière de violation des droits de l’homme.
Gleb Pavlovski, politologue et conseiller de tous les présidents depuis Boris Eltsine, reconnaît que la justice n’est toujours pas indépendante du pouvoir politique en Russie.
Paradoxalement, il cite la libération de l’avocate de l’ex-pétrolière Ioukos, Svetlana Bakhmina, comme preuve de la volonté de Dmitri Medvedev d’en finir avec l’arbitraire.
Le mois dernier, la mère de famille s’est vue accorder une libération anticipée qui lui avait été longtemps refusée, vraisemblablement en raison de l’acharnement de la justice russe contre les anciens dirigeants de Ioukos, dont le patron Mikhail Khodorkovski avait défié Vladimir Poutine en démontrant des ambitions politiques.
« Je suis certain que si le juge avait eu le sentiment que Medvedev ne voulait pas la libération [de Bakhmina], il ne l’aurait pas permise », admet celui qui est considéré comme l’une des têtes pensantes du Kremlin.
Gleb Pavlovski juge que le pouvoir russe a atteint « une nouvelle phase » avec l’avènement de Dmitri Medvedev. « Ce n’est certainement pas une cassure avec l’époque Poutine, mais le président a une nouvelle série d’objectifs à remplir. »
« Durant ses deux mandats, Poutine a dû s’assurer de gagner la loyauté de la classe politique. Il a donc dû fermer les yeux sur certaines choses » comme la corruption de certains haut placés, analyse M. Pavlovski.
« Medvedev estime que le temps est venu de faire fonctionner la Constitution en "régime normal". Et il le fera dès que la crise économique sera terminée », assure son conseiller.



Medvedev à l’écoute de ses opposants (même s'il ne fait rien...)
RUSSIE Le président russe Dmitri Medvedev a passé une bonne partie de la semaine dernière attablé avec ses critiques les plus farouches. Certains y ont vu le symbole d’une possible démocratisation du pays sous ce président, qui se présente volontiers plus
« À quoi bon répéter sans cesse des vérités politiques évidentes à un président qui comprend tout, mais ne fait rien ? »
COLLABORATION SPÉCIALE
— Le lundi 13 avril, Dmitri Medvedev a donné sa première entrevue à un journal russe depuis son élection, en mars 2008. Et le choix n’était pas anodin. Novaïa Gazeta est la publication la plus critique du Kremlin. Quatre de ses journalistes – dont la plus célèbre, à l’étranger, Anna Politkovskaïa –, ont été assassinés au cours de la dernière décennie.
Le rédacteur en chef du journal, Dmitri Mouratov, a abordé plusieurs thèmes sensibles comme la liberté de parole et le contrôle du système judiciaire du pays par le pouvoir politique. Fidèle à son habitude, le juriste Medvedev a offert des réponses techniques, niant un manque de liberté en Russie, tout en notant qu’il reste beaucoup à parachever.
Le lendemain, il s’est entretenu avec les membres de l’Institut du développement contemporain. Considéré comme l’institut de recherche officieux de Medvedev, il lui permet d’avoir un aperçu de la situation dans le pays à l’extérieur de l’appareil de l’État.
« Le pouvoir n’a pas besoin de compliments ni de léchage de la part de la communauté d’experts », a prévenu le président. Les chercheurs n’ont d’ailleurs pas manqué de critiquer la politique en matière d’emploi du gouvernement.
Mercredi dernier, troisième symbole. Dix-huit des plus importants défenseurs des droits humains et militants de la société civile russe ont franchi les portes du Kremlin pour une rencontre de plus de trois heures avec le président.
« Il nous a écoutés » , croit Aleksei Simonov, président de la Fondation pour la défense de la Glastnost. « Je n’ai toutefois pas l’impression qu’on lui a dit quoi que ce soit qu’il ne savait déjà », ajoute-t-il.
Medvedev a écouté, mais il n’a rien promis. Si ce n’est de rendre plus fréquentes qu’une fois par année les réunions du Conseil sur la collaboration pour le développement des institutions de la société civile et des droits de l’homme, « parce qu’il y a trop de problèmes [à discuter] ».
D’où les critiques d’autres militants, opposés à ce type de collaboration avec le pouvoir. « À quoi bon répéter sans cesse des vérités politiques évidentes à un président qui comprend tout, mais ne fait rien? » s’est interrogé lundi le dissident Aleksandr Podrabinek dans l’Ejednevny Journal.
Selon lui, les défenseurs des droits de l’homme qui ont participé à la rencontre sont devenus les « fous du roi » d’un président qui voulait embellir son image de démocrate.
« Je ne me sens pas fou du roi, rétorque Aleksei Simonov. Mais je ne vois rien de mal de toute façon dans ce rôle. Tant qu’on ne le fait pas rire. »
Selon Aleksei Simonov, il est probable que le président Medvedev souhaite réellement plus de libertés en Russie.
« Mais d’y croire, c’est une chose. D’y travailler, c’en est une autre », souligne-t-il, rappelant qu’audelà des mots, la première année de présidence de Medvedev ne s’est pas traduite par une libéralisation effective.

« Tant que l ’ appa r e i l de l’État considérera les dissidents comme une menace à la sécurité du pays, il n’y aura pas de liberté de parole. »



Ossétie du Sud : « Sans les Russes, il ne resterait rien »  -  Frédérick Lavoie
Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, à la suite de plusieurs semaines d’escarmouches frontalières, l’armée géorgienne bombarde Tskhinvali, la capitale de la région sécessionniste de l’Ossétie du Sud appuyée par Moscou. Suit une confrontation éclair au cours
Les indépendantistes ossètes sont bien conscients de servir de pion géopolitique à la Russie contre la Géorgie pro-occidentale, souligne la journaliste de l’opposition Maria Lipy.
COLLABORATION SPÉCIALE — Dans une cour du centre de Tskhinvali, des drapeaux sudossète et russe sèchent côte à côte sur une corde à linge. « Sans les Russes, il ne resterait plus rien », lance Zemfira, assise quelques mètres plus loin.
Des soldats russes nettoyaient leurs armes, hier, à la base militaire de Tskhinvali, en Ossétie du Sud. Les incidents se sont multipliés à la frontière au cours des derniers jours, alors que la région indépendantiste souligne le premier anniversaire de la guerre éclair de l’été dernier.
Cette femme de 35 ans est reconnaissante envers la Russie d’avoir chassé l’armée géorgienne, qui a lancé une offensive sur Tskhinvali dans la nuit du 7 au 8 août 2008, cherchant à rétablir sa souveraineté sur ce territoire qui lui échappe de facto depuis la chute de l’URSS.
Les immeubles à logements qui entourent sa cour ont pour la plupart été frappés par les violents bombardements géorgiens. Ils ont tout de même eu plus de chance que quelque 420 autres édifices de Tskhinvali, qui doivent être totalement reconstruits.
Seules les façades extérieures des immeubles moins endommagés de Tskhinvali ont été rénovées pour l’instant et de nouvelles fenêtres ont été installées sur la plupart. Mais à l’intérieur, les rénovations promises se font attendre.
C’est que tout est entre les mains des Russes, qui financent entièrement la reconstruction de la petite république rebelle qu’ils ont défendue. Les premiers travaux d’envergure n’ont commencé que le 15 juillet dernier, près de 600 projets attendant l’approbation de Moscou.
Aux crochets de la Russie
Il faut dire que même avant la guerre de l’été dernier, l’Ossétie du Sud, qui compte entre 40 000 et 60 000 habitants selon les estimations, n’a jamais été très développée.
C’e s t pou r quoi Z ou r ab Kabi s ov, d i r e c t eu r de la Commission de reconstruction, parle surtout de « construction » . Selon lui, au-delà de son indépendance politique, la petite république doit se bâtir une indépendance économique. « Nous n’avons jamais eu une production de biens de première nécessité », souligne M. Kabisov.
Pour l’instant, l’Ossétie du Sud vit aux crochets de Moscou. En deux ans, la Russie aura investi 10 milliards de roubles (360 millions de dollars) pour les projets de reconstruction. Elle prévoit dépenser la même somme l’an prochain.
Longtemps, le seul souhait de Tskhinvali a été un rattachement à la Fédération de Russie, afin de rejoindre les frères d’Ossétie du Nord dans une même entité. En entrevue à La Presse cette semaine, le président sud-ossète Edouard Kokoïty a toutefois laissé entendre que l’idée devait être abandonnée, Moscou n’ayant jamais montré d’intentions en ce sens.
« Oui, il y a une volonté de notre peuple de s’unir. Mais les détails sur la forme de cette union, en prenant compte des réalités actuelles, peuvent être multiples » , a-t-il expliqué, citant l’exemple de l’ Union européenne. Selon Edouard Kokoïty, la Russie n’a jamais eu l’intention d’annexer l’Oss é t ie du Sud, comme l ’ en accuse Tbilissi.
Récentes provocations
Les indépendantistes ossètes sont bien conscients de servir de pion géopolitique à la Russie contre la Géorgie pro-occidentale, souligne la journaliste de l’opposition Maria Lipy. « La Russie a combattu à nos côtés pour défendre ses propres intérêts. Mais heureusement, nos intérêts coïncident avec les siens », souligne-t-elle.
Ru s s e s , Os s è t e s e t Géorgiens assurent tous vouloir éviter une nouvelle guerre, accusant l’ennemi de se prêter à des « provocations ». Les incidents se sont multipliés à la frontière au cours des derniers jours. Frontière actuellement bien protégée par l’armée russe. Du même coup, le spectre d’un conflit armé, qui n’avait jamais vraiment quitté les habitants de Tskhinvali, a resurgi de plus belle.


Un cocktail qui demeure explosif  -  Agnès Gruda
Escarmouches, avertissements, troupes en état d’alerte : le scénario ressemble à celui qui avait précédé la guerre éclair de l’an dernier.
La Russie et la Géorgie vont-elles repartir en guerre, comme en août 2008? Un an après cet été meurtrier, les signaux de tension se multiplient à la frontière entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, la région sécessionniste appuyée par Moscou.
Cette semaine, les Géorgiens ont accusé les Sud-Ossètes d’avoir déplacé leurs bornes frontalières. Les Russes, eux, ont soutenu que les Géorgiens tirent des grenades sur l’Ossétie.
« Nos troupes en Ossétie du Sud infligeront une cuisante défaite aux agresseurs géorgiens avant même que ceux-ci n’atteignent le territoire sud-ossète », a déclaré mardi le ministère russe de la Défense.
Cette déclaration pourrait faire partie d’un plan visant à préparer « une séquence d’événements pour justifier une intervention militaire », suppose un des grands spécialistes de la politique de défense russe, Pavel Felgenhauer.
Esca rmouches, aver tissements, troupes en état d’alerte: le scénario ressemble à celui qui avait précédé la guerre éclair de l’an dernier.
« Des incidents violents et l’absence de mécanismes de sécurité efficaces créent un climat dangeOssétie du Sud et en Abkhazie – l’autre région sécessionniste de la Géorgie.
Plus troublant : Moscou a obtenu le départ de tous les observateurs internationaux postés dans les régions sécessionnistes. Résultat: il n’y a plus aucun regard neutre pour rapporter ce qui s’y passe, un « vacuum d’information potentiellement dangereux » selon le représentant du ICG à Tbilissi, Lawrence Sheets.
En même temps, la situation a évolué depuis un an. Et plusieurs chef du bureau caucasien de Radio Free Europe.
Le 7 août 2008, prenant pour prétexte les provocations des Sud-Ossètes, la Géorgie avait lancé ses troupes contre la région rebelle, avant d’être repoussée en quelques jours par l’armée russe.
Il est peu probable que le président Mikheïl Saakachvili, dont le régime a miraculeusement survécu à ce fiasco, ait envie de remettre ça.
De leur côté, les Russes n’ont pas intérêt à reprendre une reux où des combats importants pourraient éclater », concluait déjà en juin l’International Crisis Group (ICG).
Depuis, rien n’a changé. La Russie ne respecte toujours pas les termes du cessez-le-feu et maintient ses troupes en analystes estiment que si une nouvelle guerre est possible, l’hypothèse reste peu probable, du moins dans l’immédiat.
« Le danger d’une guerre est présent, mais les chances qu’elle éclate maintenant ne sont pas élevées », croit David Kakabadze, guerre qu’ils ont déjà, en bonne partie, gagnée. Car même si elles n’ont été reconnues que par Moscou, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie sont déjà, de facto, séparées de la Géorgie.
Les dirigeants russes avaient une autre raison de pousser leurs tanks au coeur de la Géorgie : réaffirmer que celle-ci fait partie de leur zone d’influence où l’OTAN n’est pas bienvenue. Le message a passé : l’organisation militaire ne montre plus aucun empressement à accueillir la Géorgie...
Enfin, depuis le changement de garde à la Maison-Blanche, Washington a multipl ié les mises en garde tant aux Russes qu’aux Géorgiens.
Reste que la Géorgie a une grande importance stratégique, avec le projet de construction du gazoduc Nabucco, par exemple, que Moscou voit d’un mauvais oeil.
Et il y a le f acteur humain. Vladimir Poutine avait juré de pendre le président géorgien par vous savez quoi, et pourrait avoir envie de mener son projet à terme. En d’autres termes: même si les tensions actuelles pourraient n’être qu’une salve d’anniversaire, le cocktail caucasien demeure explosif.






RUSSIE Pas d’armes à la Géorgie
La Russie prendra des sanctions à l’égard des entreprises étrangères qui livreront des armes à la Géorgie, a déclaré hier l’ambassadeur de Russie auprès de l’OTAN, Dmitri Rogozine. Ses déclarations interviennent au lendemain d’une visite en Géorgie du vice-président américain, Joe Biden, qui a réaffirmé le soutien des États-Unis à cette ancienne république soviétique. À Tbilissi, M. Biden a défendu l’intégrité territoriale de la Géorgie et son aspiration à rejoindre l’OTAN, indiquant que Washington coopérait avec le pays «pour maintenir ses forces armées, (l’aider) à s’entraîner et s’organiser ».



Grandes manoeuvres militaires russes près de la Géorgie
MOSCOU — La Russie a entamé, hier, d’importantes manoeuvres militaires près de la frontière avec la Géorgie, théâtre d’une guerre éclair avec Moscou en août 2008, des exercices condamnés par Tbilissi qui redoute un accroissement des tensions dans la région.
Environ 8500 hommes, 200 chars, 450 blindés et 250 pièces d’artillerie doivent participer à ces opérations comparables à celles organisées « du temps de l’Union soviétique », selon le premier vice-ministre de la Défense, le général Alexandre Kolmakov.
L’objecti f des manoeuvres Kavkaz-20 09 est « d’établi r l’état des capacités de combat et la mobilisation des troupes déployées dans le sud-ouest de la Russie », a déclaré un porteparole de l’armée.
« Les militaires vont perfectionner un large éventail d’opérations destinées à assurer la sécurité des citoyens russes, des principaux itinéraires de transport et d’acheminement d’énergie, ainsi que des infrastructures stratégiques », a ajouté un responsable du district militaire du Caucase du Nord, cité par RIA-Novosti.
La Géorgie a condamné la tenue de ces exercices qui auront lieu jusqu’au 6 juillet, accusant la Russie de « jouer avec le feu ».
« Il est dangereux d’organiser des exercices d’une telle ampleur dans la région, y compris dans les territoires géorgiens occupés », a déclaré à l’AFP le vice-ministre géorgien des Affaires étrangères, Alexander Nalbandov.
Tbilissi affirme que des manoeuvres auront également lieu dans ses deux régions séparatistes prorusses, l’Ossétie-duSud et l’Abkhazie, dont Moscou a reconnu l’indépendance après le conflit armé en août dernier.
Ces deux territoires ne figurent pas dans la liste des régions concernées par les manoeuvres, a assuré pour sa part le ministère russe de la Défense. Des troupes russes basées en Ossétie-du-Sud et en Abkhazie participeraient aux exercices.
Pendant l ’été 2008, environ 8000 militaires avaient été mobilisés pour ces exercices annuels, peu avant la guerre qui opposa début août le Géorgie à la Russie pour le contrôle de l’Ossétie-du-Sud.



LA RUSSIE INQUIÈTE SES VOISINS
La Géorgie et l’Ukraine ne sont pas les seuls pays à s’inquiéter de l’influence russe. Hier, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a déclaré que son pays ne devait plus « s’incliner » devant la Russie, mais « chercher son bonheur » en se rapprochant d’autres partenaires, dans une allusion à l’Union européenne. La Roumanie a été attaquée par le président russe Dmitri Medvedev, qui a dénoncé les « tentatives d’ébranler » la Moldavie, une république roumanophone soutenue par Moscou qui a connu de violentes manifestations après des élections controversées en avril. Même l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, des territoires géorgiens, osent des critiques envers leur protecteur russe. L’opposition abkhaze a dénoncé une série de décisions favorables à la Russie. D’abord, le président abkhaze a brusquement annoncé que la gestion de l’aéroport et du chemin de fer, tous deux en piteux état, serait confiée pour 10ans à la Russie, et que la loi interdisant aux non-citoyens abkhazes d’acquérir des biens immobiliers serait prochainement amendée, ce qui favorisera là encore les Russes. Un accord a également été signé, attribuant l’exploitation des futurs gisements pétroliers d’Abkhazie au groupe public russe Rosneft. EnOssétie du Sud, des accusations de corruption sont portées par l’opposition contre le gouvernement, à cause de la lenteur de la reconstruction.

OSSÉTIE-DU-SUD  Élections  controversées

TSKHINVALI— Le parti Unité, partisan résolu du président d’Ossétiedu-Sud, Edouard Kokoïty, était en tête aux élections parlementaires hier dans cette région géorgienne séparatiste prorusse, scrutin qualifié d’« illégal » par l’opposition. Les résultats définitifs devaient être annoncées la nuit dernière
L’enjeu du scrutin, outre la reconstruction de ce petit territoire de 50 000 habitants, est l’avenir de son président, ancien champion de lutte qui cherche à s’assurer une large majorité au Parlement afin de pouvoir amender la Constitution et briguer un nouveau mandat en 2011. « Je vais rester à la maison. Rien ne dépend de nous », a lancé Alan Gassiev, dirigeant de l’opposition pour qui le scrutin est « complètement illégal ».
« S’il veut modifier la Constitution, c’est une très mauvaise chose », laisse tomberGrigory Dzassokhov, 55 ans, ancien professeur d’histoire. C’est un non-sens. Est-ce une démocratie? »
Interrogé par l’AFP, M. Kokoïty n’a pas exclu une telle possibilité tout en soulignant qu’il était trop tôt d’en parler. « Il nous reste deux ans et demi et beaucoupde choses à faire. Je n’y pense pas encore. Après ce qui s’est passé en août, nous avons besoin de trois à quatre ans pour tout reconstruire. »
L’opposition locale, également prorusse, accuse le président de détourner les fonds envoyés par Moscou pour reconstruire la république. La Russie a budgété plus de 10 milliards de roubles (près de 355 millions de dollars) d’aides pour l’Ossétie-du-Sud, mais les autorités ossètes affirment n’avoir dépensé que 1,5 milliard de roubles, et les habitants vivent toujours dans les ruines.
M. Kokoïty rejette ces accusations comme étant de la propagande géorgienne.
Le Kreml i n semble aussi montrer des signes d’impatience devant une situation qui pourrait devenir embarrassante pour Moscou. Le chef de l’administration présidentielle, Sergueï Narychkine, a ainsi jugé que l’Ossétie-du-Sud ne devait pas amender da Constitution pour permettre à une même personne de faire plus de deux mandats.
« Farce » électorale
Le minist re géorgien de l a Réint ég r at i on , Temour Iakobachvili, interrogé hier par l’AFP a qualifié ces élections de « farce » et de « clownerie ». « Comment une élection peutelle être organisée sur un territoire où un nettoyage ethnique a eu lieu récemment? » s’est-il interrogé.
« Kokoïty fait tout ce qu’il peut, mais nous attendons quelque chose de mieux », selon Anjela Tedeïeva, institutrice de 32 ans. Le jardin d’enfants, où elle a travaillé, a été détruit pendant la guerre et n’a jamais été reconstruit.
Plus de 80 observateurs étrangers ont surveillé le déroulement du scrutin, selon la Commission électorale centrale. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe n’a pas envoyé d’observateurs enOssétie-du-Sud, la république n’étant pas reconnue neuf mois après la guerre russo-géorgienne, sauf par la Russie et le Nicaragua.



La diaspora abkhaze ose un timide retour
Reconnaissance de l’Abkhazie par la Russie
SOUKHOUMI — Plusieurs générations d’Abkhazes ont vécu sur le sol turc, depuis leur exil au XIXe siècle sous la pression des Russes : aujourd’hui, certains veulent croire que l’heure du « retour » a sonné.
Une jeune Abkhaze participe à une cérémonie pour le 145e anniversaire de la fin de la guerre du Caucase. Certains descendants d’Abkhazes exilés en sol turc à cette époque tentent aujourd’hui un retour au pays.
Avec à peine 250 000 habitants, dont environ 100 000 de souche ethnique abkhaze, la région géorgienne séparatiste d’Abkhazie, dont l’indépendance unilatéralement proclamée n’a à ce jour été reconnue que par la Russie et le Nicaragua, a une conscience aiguë de sa faiblesse démographique.
Les autorités de la capitale, Soukhoumi, misent beaucoup sur un retour de la diaspora de Turquie, évaluée à près d’un demi-mi l l ion de personnes, regroupées dans des villages aux environs d’Istanbul.
L’idée n’est pas nouvelle, et un Comité de rapatriement avait été mis en place peu après la guerre qui a opposé l’Abkhazie à la Géorgie en 1992-1993.
Mais elle a trouvé un nouveau souffle lorsque le grand voisin russe a reconnu l’indépendance de l’Abkhazie en août 2008 dans la foulée de la guerre russo-géorgienne, faisant naître l’espoir d’une stabilité retrouvée sous la protection du puissant voisin.
Le mouvement reste pour le moment modeste, avec une cinquantaine d’arrivées depuis le début de l’année 2009 et « une centaine » attendue sur l’ensemble de l’année, indique à l’AFP Anzor Moukhba, directeur du Comité de rapatriement. Le nombre total des arrivants reste difficile à évaluer car certains, revenus après la guerre de 19921993, sont repartis entre-temps.
Mais il est clair que le processus « s’est accéléré » après la reconnaissance de l’indépendance par la Russie, indique-t-il. « Beaucoup veulent entamer une activité ici », dit M. Moukhba.
Le Comité, après avoir certifié l’origine abkhaze des demandeurs, les aide à s’installer, que ce soit financièrement, par des cours d’abkhaze ou en leur allouant une terre.
De l’aveu de M. Moukhba, ses ressources sont très limitées. Et les résultats sont « globalement piteux » faute de moyens et d’une organisation adéquate, considère Assida Chakril, une militante locale des droits de l’homme.
Les officiels eux-mêmes ne font pas mystère de la précarité de la situation économique et sociale. Le territoire demeure quasi coupé du monde, privé d’aéroport et de liaison ferroviaire fiable, aux prises avec un taux de chômage élevé, sans compter des problèmes de santé publique comme la tuberculose.
L’adaptation des arrivants peut aussi s’avérer ardue: certains, s’étant longtemps nourris de légendes, éprouvent un « grand choc » en découvrant une société « russifiée et soviétisée » jusque dans son langage, dit Hayri Kutarba, 50 ans, qui produit une émission de télévision visant à rapprocher les deux communautés. Or, pour beaucoup d’Abkhazes de Turquie, la Russie est encore associée à des souvenirs pénibles liés à l’exil.
« Après 150 ans de vie à l’écart, le principal problème est de nous connaître et de nous comprendre », explique-t-il.
Takha Guetchba, récemment diplômé en relations internationales à Ankara, est arrivé en décembre et espère se voir prochainement attribuer un terrain dans le nord de l’Abkhazie, dans la région même d’où ont fui ses ancêtres au XIXe siècle. Ce solide jeune homme brun « ne s’est jamais senti turc » et dit se sentir déjà « à la maison » en Abkhazie.
Il est bien décidé à y faire sa vie, même si ses projets sont encore flous car, pour l’instant, ils sont freinés par sa méconnaissance du russe, langue qui semble actuellement encore prédominer sur l’abkhaze. « Je sens que je dois être utile à mon pays. Je suis prêt à travailler dur », témoigne-t-il.


La Russie ferme ses casinos -  Frédérik Lavoie
COLLABORATION SPÉCIALE
— La rue Nouvel Arbat, au coeur de Moscou, a perdu son éclat. Mardi soir, les lumières de sa demi-douzaine de casinos, frappés par l’interdiction des jeux de hasard dans le pays, se sont éteintes. Désormais, les parieurs devront soit se rendre dans quatre « Las Vegas » russes à des milliers de kilomètres de Moscou, soit miser en ligne.
Irina Ioureva ne croyait pas que Vladimir Poutine était sérieux lorsqu’il a signé en 2006 une loi interdisant les jeux de hasard dès le 1er juillet 2009. L’industrie, qui rapporte un milliard de dollars en recettes fiscales par année, était trop lucrative pour que l’État ose s’y attaquer.
Mais Poutine, alors président, voyait plutôt le jeu comme une forme « d’intoxication de la population » aumême titre que l’alcool, et une industrie idéale pour le blanchiment d’argent par le crime organisé.
« Nous avons pris conscience seulement au début de l’année que nous devrions fermer », a confié la directrice du Super Slots hier matin. La veille à 19h, les derniers clients avaient quitté l’établissement. « C’est dommage. Tellement de gens perdent leur emploi », dit Mme Ioureva. Selon le gouvernement, ils sont environ 11 000 croupiers et autres employés à se retrouver à la rue, dont près de la moitié dans la capitale. Les représentants de l’industrie parlent plutôt de 400 000 personnes.
Pour éviter une vague de mécontentement, les autorités se sont empressées de proposer des emplois aux nouveaux chômeurs. Mais bien peu sont prêts à devenir serveur ou gardien de sécurité après avoir perdu un emploi mieux rémunéré. Les salaires les plus bas oscillaient entre 800 et 2000$ par mois dans les casinos, alors qu’ils dépassent rarement 600$ dans la restauration.
En dépit de la grogne chez les ex-croupiers, plus de 70% des Russes se disent favorables à cette interdiction, selon un sondage mené par la firme Profi Online Research.
Près de la moitié des répondants ont pourtant indiqué avoir joué au moins une fois à un jeu de hasard au cours des six derniers mois. Pour assouvir leur soif du jeu, 60% d’entre eux affirment qu’ils pourraient se tourner vers les sites de pari en ligne.
Les plus mordus pourront toujours se rendre dans l’une des quatre zones spéciales où les jeux de hasard seront permis. Mais bien peu de riches Moscovites risquent de préférer les casinos de l’Altaï (Sibérie), de Rostov, de Kaliningrad ou encore de Vladivostok ( Extrême-Orient), à ceux des capitales européennes...
D’autant plus que ces zones ne sont pas prêtes à accueillir un afflux de parieurs. Des investissements estimés à 40 milliards de dollars seraient nécessaires pour en faire de vrais « Las Vegas » russes, mais l’industrie n’envisage pas pour l’instant pas de miser sur la rentabilité de ces projets.




Craintes d’une course aux armements  -  Marc Gallichan
SÃO PAULO — « Nous sommes encore un pays misérable où les favelas pullulent. Comment, dans ces conditions, concevoir l’achat de tant d’armes sophistiquées qui coûtent la peau des fesses? »
Le président vénézuélien Hugo Chavez à l’occasion d’une parade militaire à Caracas en 2005.
L e m ilita nt brésilien Alexandre Sammogini est en colère. C’est que son pays, ces jours-ci, s’arme comme jamais auparavant.
Porte-parole de la Marche mondiale pour la paix au Brésil, il se dit préoccupé. « Nous sommes habitués à monter au front contre la prolifération des armes nucléaires, de guerres lointaines ou autres trucs du genre. Cette fois, la course aux armements est dans notre cour et le Brésil est un des principaux protagonistes », dénonce-t-il.
Le militant reconnaît au Brésil le droit de s’armer, surtout avec Hugo Chavez dans le voisinage. « Seulement, nous devons nous poser la question si nous en avons besoin d’autant et si elles sont si nécessaire. »
Chavez, le provocateur
C’est Hugo Chavez qui a donné le ton à la hausse des dépenses militaires dans la région lorsqu’il a investi des milliards pour faire face à la « menace » des bases américaines en Colombie, explique le professeur et consultant en politique i nternationale Marcelo Suano.
Ses provocations sont plutôt « un mélange de fierté nationale et de coups d’épée dans l’eau, mais font tiquer les autres gouvernements », dit le professeur.
Si bien qu’en 10 ans, les investissements militaires de l’Amérique du Sud ont augmenté de 50% pour atteindre 34 milliards de dollars en 2008, d’après l’Institut de recherche pour la paix de Stockholm.
Le Venezuela et le Chili ont été parmi les 15 plus importants acheteurs de matériel de guerre. Sans compter la Colombie, qui maintient ses troupes à la fine pointe pour affronter le narcotrafic et combattre la guérilla depuis plus de 30 ans.
Modernisation avant tout
Certes, il existe certaines sources virtuelles de conflit, notamment d’anciennes disputes territoriales entre le Pérou et le Chili et l’accès à la mer que la Bolivie réclame au Chili, mais les nouvelles acquisitions ne signifient pas nécessairement qu’on assiste à une véritable course aux armements, poursuit M. Suano. « La hausse des matières premières a grossi les caisses et certains en profitent pour moderniser leur matériel. » L’analyste Thiago de Aragão abonde dans le même sens. « Le Brésil réarme une armée laissée à l’abandon depuis plus d’une décennie. »
Derrière l’objectif non avoué de neutraliser la puissance croissante de Caracas, Brasília se remilitarise pour mieux protéger l’Amazonie et ses réserves de pétrole. Et pour affirmer sa puissance montante.
Les récents achats de sousmarins et d’hélicoptères à la France montrent que le Brésil est sérieux, selon M. Aragão, qui rappelle que 36 avions de chasse s’ajouteront bientôt au compte.
« Pou r u ne nation qu i rêve d’être un acteur mondial i mportant, des forces modernes et un sous-marin nucléaire sont un passeport pour êt r e r econ nu et une excellente forme de dissuasion », souligne-t-il.




Les records obsèdent les Mexicains  -  Emanuelle Steels
Dans un pays sur lequel s’acharnent la crise, la grippe A et la violence, de plus en plus de Mexicains s’épanouissent en battant des records. Que ce soit le plus grand hot-dog du monde ou une chorégraphie de 13 000 personnes, la réalisation d’exploits hors du commun est en vogue, nous explique notre collaboratrice.
MEXICO — Deux heures et 50 minutes suspendu en l’air par des crochets perforant son dos : c’est le tour de force réalisé par le Mexicain Jorge Castro, artiste tatoueur de profession et détenteur du record de suspension corporelle.
Le 29 août dernier, Hector Jackson a fait danser sur une chorégraphie de sa création 13 567 personnes au rythme de la chanson Thriller en plein centre de Mexico.
Cet homme qui a huit piercings dans le visage et la langue coupée en deux dans le sens de la longueur avoue être en permanence « à la recherche de l’extrême ».
« Je bats des records pour repousser les limites de mon corps », explique-t-il dans son petit atelier de tatouages, en montrant une vidéo où il tire une camionnette de plusieurs tonnes à l’aide de tiges de métal plantées dans ses bras.
L’histoire de Jorge Castro relèverait de l’anecdote s’il n’y avait de plus en plus de Mexicains obsédés par les records. « Il y a un véritable boom dans ce pays », affirme Carlos Martinez, qui travaille à titre de juge pour l’organisation Guinness. Il homologue des records dans toute l’Amérique latine, mais il admet passer la plupart de son temps au Mexique.
De mémoire, il cite quelques exploits auxquels il a récemment assistés au sud du Rio Grande : un tournoi de football avec 172 692 joueurs répartis en 10 457 équipes, un défilé de mode sur un podium de plus d’un kilomètre, ou encore le plus long marathon de discours, soit 3 jours et 45 minutes de palabres.
Les Mexicains se sont aussi spécialisés dans les performances culinaires : le plus grand gâteau au fromage, le plus grand sandwich, la plus grande boulette de viande et, bien sûr, le plus grand taco, emblème de la gastronomie nationale...
Da n s « le pays le plu s su r réa liste du monde », disait André Breton, chaque prouesse contient une dose d’excentricité. Hector Jackson, par exemple, est devenu le plus célèbre imitateur mexicain de Michael Jackson après avoir, le 29 août dernier, jour de l’anniversaire de feu son idole, fa it da nser su r u ne chorégraphie de sa création 13 597 personnes au rythme de la chanson Thriller en plein centre de Mexico.
« L e record m’a apporté une notoriété que je n’aurais jamais osé espérer. On m’appelle constamment pour des spectacles privés », raconte le jeune Hector, alors qu’il enseigne à un groupe d’adolescents à danser comme Michael.
« C’est une grande ville où se passent de grandes choses : c ’est le message que nous voulons envoyer au monde entier », indique Alejandro Rojas, secrétaire du tourisme à la mairie de la capitale, qui s’est directement engagé dans l’organisation de plusieurs records. Y compris celui de Thriller et, avant cela, le baiser collectif qui avait réuni 39 879 p e r s o n n e s s ’e m b r a s s a n t simultanément le jour de la Saint-Valentin sur le Zocalo, l’immense place de Mexico.
C’est aussi là que le photographe américain Spencer Tunick avait réuni plus de 18 0 0 0 personnes nues en 2 0 0 7. L a deu x iè me plu s grande place du monde devrait être rebaptisée « la place de tous les records » : un espace hors norme où tous les excès sont permis.

L’or blanc de la Bolivie  -  Olivier Ubertalli
LE LITHIUM Alors que le pays andin détient la moitié du métal utilisé par la nouvelle génération de voitures électriques, les investisseurs étrangers courtisent La Paz.
Pour Evo Morales, il s’agit d’en finir avec l’histoire tragique de la Bolivie, pillée durant des siècles par les étrangers.
— Voilà des heures que la jeep glisse sur le désert blanc tel un patineur artistique. Impossible de se repérer dans l’immensité cristalline. De la glace? Non. Du sel ! C’est ici, sous ce paysage lunaire du Salar d’Uyuni, au coeur de l’Altiplano bolivien, que gisent près de la moitié des réserves mondiales de lithium, l’énergie propre du futur.
Le désert d’Uyuni, en Bolivie, recèle près de la moitié des réserves mondiales de lithium, métal qui pourrait propulser la voiture du futur.
Au bord du lac fossile salé, des ouvriers en cagoules s’activent pour bâtir la première usine de lithium de Bolivie avant la fin de l’année. À côté du drapeau national rouge-jaune-vert, une grande bannière multicolore à damiers surplombe le chantier. « C’est la Whipala qui symbolise les siècles de luttes des Indiens des Andes », précise Marcelo Castro.
Visage bronzé et cheveux frisés, l’homme orchestre les travaux de construction lancés par Evo Morales. Pour le premier président du pays d’origine indienne, par ailleurs ancien syndicaliste, il s’agit d’en finir avec l’histoire tragique de la Bolivie, pillée durant des siècles par les étrangers.
Des milliers d’Amérindiens de la région de Potosi, où se situe le historique pour les prochaines générations, car nous avons à la fois un trésor et un président ami qui va réinvestir l’argent pour la population », analyse-t-il.
Employé dans les antidépresseurs et les appareils électroniques, le lithium sera à la voiture électrique ce que le pétrole est au moteur à explosion, prédisent les experts. À la veille du lancement de nouveaux modèles, trois sociétés se disputent les faveurs de La Paz pour s’implanter rapidement.
Le Français Bolloré, qui prévoit de lancer sa « Blue Car » électrique dès 2010 et les mastodontes désert de sel d’Uyuni, n’ont-ils payé de leur vie l’exploitation des mines d’argent par les colons espagnols? Marcelo Castro a donc conscience de mener une mission symbolique. « Ce moment est japonais Mitsubishi et Sumitomo. Le temps presse, car les prix du métal flambent.
Depuis le palais présidentiel de la place Murillo, à la Paz, Evo Morales joue son va-tout. Décrétée il y a trois ans, la nationalisation du gaz, l’autre grande richesse du pays, affiche un piètre bilan. Elle a fait fuir la plupart des sociétés concessionnaires étrangères. Cette fois, Evo Morales a fixé les règles du jeu dès le départ.
« La Bolivie ne cédera jamais le contrôle du lithium. L’État doit recevoir 60% des revenus générés par l’activité », scande-t-il à tout-va.
Pas facile, pourtant, de convainc re les habitants du village d’Uyuni de l’importance de l’industrie du lithium. Le lac salé représente la principale attraction touristique de la région.
Sur la terrasse de l’hôtel-restaurant Cactu, Sonia termine de servir le petitdéjeuner à un groupe d’Israéliens. Le lithium ? La gérante aux yeux d’amandes plisse le front. « Les camions risquent de souiller le blanc pur du lac et l’exploitation industrielle va venir polluer notre eau » s’inquiète-t-elle. « S’ils détruisent nos magnifiques paysages, il ne nous restera plus rien au final. »


Le paco décime des milliers de jeunes  -  Olivier Ubertalli
FLÉAU DE LA DROGUE EN ARGENTINE
Le qu’on surnomme la drogue du pauvre, est devenu un véritable fléau en Argentine. Depuis la crise économique de 2001, des dizaines de milliers de jeunes se sont mis à en consommer. Si bien qu’on en parle aujourd’hui comme d’une pandémie et que des mères manifestent publiquement pour sauver leurs enfants de l’enfer de cette drogue.
— Sur la place de Mai, face au palais présidentiel argentin, des mères tournent. Comme les fameuses Mères de la place de Mai, qui ont lutté pour retrouver leurs enfants disparus durant la dictature, les « Mères contre le paco » protestent.
Selon les autorités, il existe environ 100000 personnes dépendantes du paco, une «pâte base» à partir de laquelle est fabriquée la cocaïne. Cette drogue tuerait 10 personnes par semaine dans la seule province de Buenos Aires.
Différence de taille: leur foulard n’est pas blanc, mais noir, « en signe de deuil, car le paco nous vole nos enfants », témoigne Anita, l’une d’entre elles. « Le gouvernement ne fait rien pour en finir avec les trafiquants qui vendent à chaque coin de rue. »
Le « pâte base » à partir de laquelle est fabriquée la cocaïne, est un fléau en Argentine. Vendu 1,50$ ou 3$ la dose, ce sulfate de cocaïne mélangé à divers solvants toxiques attaque en quelques secondes le cerveau. L’effet ne dure que cinq minutes, d’où une grande dépendance des consommateurs.
À partir de la crise économique de 2001, des dizaines de milliers de jeunes, notamment dans les bidonvilles de Buenos Aires, se sont mis à consommer du paco, d’où son surnom de « drogue du pauvre ». Elle concerne désormais toutes les classes sociales.
Selon les autorités, il existe environ 100 000 dépendants au paco. Il tuerait 10 personnes par semaine dans la seule province de Buenos Aires. « C’est comme la grippe porcine, une vraie pandémie. Il faut lui déclarer la troisième guerre mondiale », s’insurge Eduardo Ramos, un ancien dépenda nt de l ’ héroï ne aujourd’hui engagé dans la lutte contre le paco.
Jean délavé et bouille légèrement enflée, Max* raconte qu’il a plongé dans le paso, « pour la frime ». À 13 ans, il volait ses propres parents pour acheter sa dose.
Cheveux roux frisés, Janina est déjà maman bien qu’elle ne soit encore qu’une enfant. Elle balance nerveusement les jambes, séquelle de la drogue qu’elle a prise pendant des années. « Je fuyais mes problèmes », dit-elle. Janina tente aujourd’hui de s’en sortir. « Je veux récupérer mon fils dont on m’a enlevé la garde pour lui donner la mère dont il a besoin. »
Max, Janina et une vingtaine d’autres mineurs suivent un traitement contre les dépendances à Casa Puerto, à Buenos Aires. « Casa Puerto » signifie la « Maison port » en espagnol. Le seul port d’attache de la capitale argentine pour des mineurs à la dérive, qui sont « d’abord en situation d’abandon et de désenchantement », s’attriste Claudio Orguelt, directeur du centre de réhabilitation.
Les jeunes y découvrent la vie en communauté. Ils y mangent, dorment et suivent des cours d’informatique, des ateliers de peinture et de boulangerie. Ils restent au centre le temps qu’il faut pour se sentir assez forts, parfois jusqu’à deux ans. Déjà condamné pour vol armé, Matias vient d’arriver. Fasciné par l’atelier boulangerie, il caresse désormais un rêve: « Devenir chef cuisinier une fois sorti d’ici. »



Exploitation de l’Amazonie au Pérou  Les Indiens ébranlent le gouvernement

— En une semaine sanglante au Pérou, quelques milliers d’Indiens armés de lances ont fait chanceler un des gouvernements les plus stables et économiquement performants d’Amérique latine et remis en question l’exploitation de l’Amazonie.
Agua r unas , Coc amas et Candoshis, depuis fin avril, des Indiens organisaient dans l’indifférence quasi générale des blocus routiers et fluviaux ponctuels. Ils protestent contre des décrets de 2007-2008 qui, selon eux, laissent la bride sur le cou de l’industrie extractive dans le nord et l’est amazonien.
Une levée policière de blocus mal gérée, une réaction guerrière démesurée : le sang a coulé en 24 heures d’affrontements et d’émeutes, vendredi et samedi derniers à Bagua, faisant 34 morts (dont 25 policiers) et 169 blessés. Les violences sont les plus meurtrières en 17 ans au Pérou.
Les conséquences politiques n’ont pas tardé. Une ministre a démissionné, l’opposition et la presse ont demandé la tête du premier ministre, Yehude Simon, et le Parlement, sous pression, a fait marche arrière : il a suspendu un décret forestier controversé et promis aux Indiens de renouer le dialogue.
Et à l’extérieur, d’Amnistie internationale au rapporteur spécial de l’ONU sur les peuples indigènes, James Anaya, le Pérou a dû faire face aux critiques internationales, les premières depuis les pires heures du conflit interne des années 1980-2000.
Le gouvernement va subir « un énorme discrédit, car la question indigène est très délicate aux Nations unies et dans d’autres organismes internationaux » , prédit Eduardo Toche, sociologue au centre de Promotion du développement.
La crise porte aussi un coup au credo pro-business du président de centre droit, Alan Garcia, qui n’a jamais caché sa conviction que l’Amazonie péruvienne était sous-exploitée économiquement en raison « de tabous, d’idéologies dépassées, par oisiveté ou indifférence ».
C’est « le syndrome du chien couché sur la mangeoire », qui ne touche pas lui-même au fourrage mais ne laisse personne y toucher, a-t-il écrit dans une lettre ouverte en 2007, en allusion aux populations amazoniennes.
Rien ne dit, bien sûr, qu’une semaine de crise va altérer à terme le cours des investissements miniers (or, argent, zinc, cuivre) et pétroliers, dont le rythme soutenu ces dernières années a contribué à la spectaculaire croissance du Pérou (9,84% en 2008, 8,99% en 2007).
Mais dans un pays souvent perçu comme avant tout « andin », la crise a donné aux 400 000 indigènes amazoniens (sur 28 millions d’habitants) une fenêtre médiatique et politique que cette minorité n’a peut-être jamais eue, tant elle fut « invisible » pour les pouvoirs successifs depuis la conquête espagnole, au XVIe siècle.
« La vision de l’Amazonie n’a pas changé. C’est celle d’un lieu vide d’où il faut extraire les richesses et déloger ceux qui s’y trouvent, qui n’ont, eux, aucune valeur », se désole Ada Chuecas, directrice du Centre amazonien d’anthropologie et d’application de Lima.
Le conflit actuel « n’est pour les indigènes qu’une partie d’une lutte contre le même adversaire qui les menace depuis des siècles », analyse Roger Rumrril, historien de l’Amazonie.


Aux armes  -  MARIO ROY
La der n ière région au monde où on s’attendrait à voir se profiler une nouvelle course aux armements est certainement l’Amérique latine. Elle a d’autres chats à fouetter. Elle n’est pas excessivement riche. Et, surtout, on y trouve peu de conflits territoriaux, ou tribaux, ou religieux, ou quasi mafieux, qui expliqueraient des achats massifs de quincaillerie militaire.
Pourtant, c’est bel et bien ce qui se produit.
Au moins deux États latinoa méricains, le Brésil et le Venezuela, font actuellement des emplettes d’une ampleur inédite. Et si le Brésil n’a pas d’agenda axé sur l’offensive, le gouvernement d’Hugo Chavez, lui, inquiète par son prosélytisme et ses attitudes belliqueuses, notamment à l’endroit de la Colombie. Ce dernier État (qui, lui, combat les cartels de la drogue et les FARC) ainsi que le Chili affichent également des dépenses importantes en équipements militaires.
Chez les vendeurs, la France est le plus important fournisseur d’armes et de technologies connexes en raison du carnet de commandes (sous-marins, dont l’un à propulsion nucléaire, hélicoptères, chasseurs) du Brésil de Lula da Silva. Celuici a investi 24,6 milliards$US dans l’armement en 2008.
Sinon, les États-Unis vendent à la Colombie; la Russie équipe le Venezuela.
L’inquiétude, donc, naît surtout du magasinage de Chavez dans les boutiques russes, où il aura dépensé plus de 6,6 milliards – portés sur carte de crédit moscovite – lorsque ses emplettes seront complétées. À ce moment, le Venezuela se sera fait livrer des sous-marins, des hélicoptères, des chasseurs, des chars, des transports blindés, des missiles de courte portée, des systèmes de DCA et, bien sûr, des kalachnikovs.
Le président vénézuélien travaille en outre sur des échanges de technologie nucléaire (à des fins civiles, bien entendu) avec son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad.
Certes, on peut estimer que celui qui se voit comme le Castro du XXIe siècle a le droit de collectionner ces jouets: il est loin d’être le seul, ni le plus boulimique, à cultiver cette passion. Mais Chavez ne cherche pas à dissimuler que sa politique intérieure, le réarmement de son pays, l’utilisation politique de son pétrole ainsi que le jeu d’alliances qu’il développe (avec la Russie, l’Iran, la Syrie, la Lybie, le Bélarus) sont expressément destinés à se construire une position de «leader mondial» et à «briser l’hégémonie impériale en Amérique».
Vaste programme, bien sûr, qui peut faire sourire.
Néanmoins, Hugo Chavez augmente bel et bien, et de façon systématique, sa capacité de nuire. Nuire en Colombie, où il s’oppose violemment à la présence américaine. Nuire en brouillant le jeu diplomatique au niveau international, surtout par rapport à l’Iran.
L’Histoire enseigne qu’il vaut mieux prendre au sérieux les chefs d’État qui se donnent des missions. Et qui s’arment en conséquence.


Vers un accord de sortie de crise
TEGUCIGALPA — Les représentants du président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, et du gouvernement putschiste de Roberto Micheletti sont parvenus à un accord hier sur la restitution du dirigeant évincé par le coup d’État du 28 juin, a annoncé l’un des délégués.
Le président déchu Manuel Zelaya, actuellement réfugié à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, a célébré un but de l’équipe hondurienne de soccer le 10 octobre 2009 dans les matchs de qualification à la Coupe du monde de la FIFA 2010.
Ce compromis doit cependant encore être accepté par MM. Zelaya et Micheletti.
« Nous avons approuvé un document sur le point numéro six, qui est le point portant sur la restitution des pouvoirs de l’État tels qu’ils fonctionnaient avant le 28 juin 2009 », a déclaré l’un des négociateurs du président déchu, Victor Meza, lors d’une conférence de presse.
L e retou r à la situation précédant le coup d’État du 28 juin implique le retour de M. Zelaya au pouvoir, hypothèse jusqu’ici rejetée par M. Micheletti.
Le point numéro six était le dernier des huit points clés du plan de sortie de crise qui restait à approuver.
« Je su is opti m iste pa r nature », a ajouté le négociateur avant de se diriger vers l’ambassade du Brésil, où M. Zelaya a trouvé refuge depuis son retour clandestin au pays le 21 septembre.
M. Meza, ministre du gouvernement au sein de l’exécutif déchu, a en revanche refusé de dévoiler les termes de l’accord « pour ne pas violer un pacte » conclu par les représentants des deux équipes de négociateurs.
M . Meza a pa r ailleu rs rappelé que M. Zelaya avait donné jusqu’à ce soir 00 H 00 (demain 06 H 00 GMT) pour arriver à un accord de sortie de crise. Le dirigeant déchu n’a cependant pas précisé ce qu’il comptait faire en cas de statu quo.
Mardi soir, les négociateurs avaient annoncé être tombés d’accord sur sept des huit points clés du plan de sortie de crise en discussion, parmi lesquels la formation d’un gouvernement d’unité nationale, le rejet d’une amnistie ou le renoncement de M. Zelaya à convoquer une assemblée constituante.
Manuel Zelaya a été renversé et expulsé du pays par un coup d’État le 28 juin, le jour où il avait organisé contre l’avis de la Cour suprême une consultation populaire sur un éventuel changement de la Constitution, qui interdit à un président de briguer un deuxième mandat.
Il est réfugié à l’ambassade du Brésil depuis son retour clandestin au Honduras le 21 septembre.


Le retour de Zelaya est évoqué
TEGUCIGALPA — Le gouvernement putschiste du Honduras a annoncé, hier, l’abrogation d’un décret qui a restreint les libertés pendant une semaine, accédant à une condition posée par le président déchu Manuel Zelaya pour l’ouverture d’un dialogue. Il a par ailleurs évoqué pour la première fois un retour de M. Zelaya au pouvoir.
« Nous avons abrogé le décret en Conseil des ministres, le décret dans son intégralité est abrogé », a déclaré le président putschiste Roberto Micheletti, au cours d’une conférence de presse à Tegucigalpa, la capitale du pays d’Amérique centrale.
Le gouvernement issu du coup d’État, qui a renversé M. Zelaya, avait signé le 27 septembre un décret contesté, limitant les libertés de circulation, de réunion et de la presse et autorisant les arrestations sans mandat.
Le président déchu demande la levée du siège militaire et policier contre l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, où il est réfugié depuis son retoursu r prise et cla ndesti n au Honduras le 21 septembre.
Un pas en avant

M. Micheletti avait fait un premier pas en avant plus tôt dans la journée en laissant entendre qu’il admettait un retour au pouvoir de M. Zelaya, mais uniquement après les élections législatives et présidentielle du 29 novembre. M. Zelaya a été renversé le 28 juin et expulsé du pays le jour où il avait organisé une consultation pour changer la Constitution et briguer un deuxième mandat.
Zelaya appelle l’ONU à restaurer l’État de droit au Honduras
NEW YORK — Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya , a appelé hier soir l’ON U à restaurer l’État de droit dans son pays et à assurer sa sécurité.
M. Zelaya, qui est réfugié à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa assiégée par les forces du gouvernement putschiste, s’est adressé brièvement à l’Assemblée générale des Nations unies par le truchement d’un téléphone cellulaire que sa ministre des Affaires étrangères, Patricia Isabel Rodas Baca, a tenu près d’un micro.
« J’appelle les Nations unies à restaurer l’État de droit et la liberté que le Honduras mérite », a dit M. Zelaya. Il a également appelé l’ONU à assurer sa sécurité et celle de ceux qui sont avec lui.
Renversé et ex pulsé du Honduras en juin par un coup d’État, M. Zelaya est retourné clandestinement le 21 septembre dans son pays, où il est depuis réfugié à l’ambassade du Brésil.
Médias muselés
Plus tôt dans la journée, les principaux médias qui s’opposent au gouvernement putschiste du Honduras ont été fermés et le président déchu, Manuel Zelaya, a appelé la communauté internationale à réagir « immédiatement », trois mois jour pour jour après sa destitution, le 28 juin.
Mais les États-Unis ont rappelé M. Zelaya à l’ordre, marquant un changement de ton. Son retour clandestin au Honduras est « irresponsable », a déclaré un des représentants des États-Unis à l’Organisation des États américains (OEA), Lewis Amselem.
Hier, vers 5 h 30, les émissions de Radio Globo se sont tues. Des policiers ont investi les locaux de la station située dans le centre de Tegucigalpa. Non loin, les locaux de la chaîne 36 de télévision ont été aussi investis par la police.

Libertés restreintes
Le gouvernement putschiste du Honduras a annoncé hier avoir signé un décret restreignant la liberté de réunion, autorisant le brouillage d’émissions incitant à l’insurrection et permettant les arrestations sans mandat. Le gouvernement dit agir ainsi en raison des appels à l’insurrection du président déchu Manuel Zelaya, retranché dans l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa. Selon le décret qui doit encore être ratifié par le Congrès, ces mesures seraient en vigueur pendant 45 jours.

Zelaya et Micheletti se disent prêts à « dialoguer »  -  Noé Leiva
TEGUCIGALPA — Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, et celui qui l’a renversé par un coup d’État le 28 juin, Roberto Micheletti, ont déclaré être prêts à « dialoguer », faisant progresser l’espoir d’un règlement de la crise dans ce petit pays d’Amérique centrale.
Entre 10 000 et 15 000 manifestants ont profité d’une levée du couvre-feu pour exprimer leur appui au président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, dans les rues de Tegucigalpa, hier.
L’ON U, qui pousse à ce dialogue, a donné un avertissement supplémentaire à M. Micheletti en suspendant son assistance technique électorale au Honduras, à deux mois de la présidentielle prévue le 29 novembre.
C’est une réponse claire à l’appel de M. Zelaya, qui a exhorté hier les chefs d’État et de gouvernement réunis pour l’Assemblée générale de l’ONU de ne pas « laisser seul le peuple hondurien ».
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, « ne croit pas que les conditions soient remplies pour l’organisation d’élections crédibles qui installent la paix et la stabilité », a-t-il expliqué dans un communiqué.
M. Micheletti avait donné un premier signal d’ouverture mardi soir en se disant prêt à « dialoguer » avec M. Zelaya, « pour autant qu’il accepte explicitement l’élection présidentielle » prévue le 29 novembre.
Une ouvertu re t outefois li m itée, ca r le président déchu est toujours assiégé dans l’ambassade du Brésil à Tegucipalga où il est arrivé lundi par surprise, et où il a dit à l’AFP se sentir « comme en prison », souffrant notamment du manque de vivres avec une centaine de personnes restées avec lui.
M. Micheletti affirmait aussi exclure toute intention de forcer l’entrée de l’ambassade.
De l’intérieur, M. Zelaya a répondu hier, dans une conversation téléphonique avec l’AFP, qu’il souhaitait « dialoguer en personne» avec son rival.
L a proposition de M . Micheletti implique cependant le maintien du mandat d’arrêt contre M. Zelaya pour « haute trahison », et l’impossibilité pour le président déchu de se présenter à la présidentielle.
Le coup d’État du 28 juin, conda mné pa r la communauté internationale, avait été déclenché alors que M. Zelaya préparait une consultation populaire pour pouvoir briguer un second mandat de président, ce qu’interdit la Constitution.
À l’ONU, hier, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a plaidé sa cause devant l’Assemblée générale: «la communauté internationale exige que M. Zelaya soit immédiatement rétabli à la présidence de son pays et elle doit s’assurer de l’inviolabilité de la mission diplomatique brésilienne ».
« Sans volonté politique, nous assisterons à d’autres coups d’État comme celui qui a renversé le président constitutionnel du Honduras, José Manuel Zelaya », a-t-il ajouté.
L’Union européenne (UE) a appelé elle aussi au respect de « l’intégrité physique de M. Zelaya ».
M. Micheletti a donné un autre signe de bonne volonté en relâchant le blocus de l’ambassade du Brésil : 200 de ses occupants, dont beaucoup de partisans de M. Zelaya qui s’y étaient réfugiés mardi après des charges de la police et de l’armée, ont pu sortir sans être arrêtés, selon le président déchu.
L’eau potable et l’électricité ont été rétablies dans l’ambassade, dont les occupants continuent néanmoins de souffrir du manque de nourriture et d’objets d’hygiène personnelle, dentifrice, etc., selon des témoignages recueillis par un photographe de l’AFP à l’intérieur.
Le couvre-feu a été suspendu plusieurs heures hier, le temps pour une grande manifestation de 10 000 à 15 000 « Zelayistes » de parcourir les rues de Tegucigalpa.
La police a lancé des grenades lacrymogènes sur quelques centaines de manifestants réunis dans le grand parc central de la capitale à l’issue du défilé, et a arrêté plusieurs d’entre eux, selon ces journalistes.

Retour surprise de Manuel Zelaya au Honduras
TEGUCIGALPA — Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a réussi à la surprise générale à rentrer hier à Tegucigalpa, où il a trouvé refuge à l’ambassade du Brésil, un peu moins de trois mois après avoir été chassé en pyjama de son pays par les militaires.
M. Zelaya est resté discret sur les modalités de son retour dans son pays, où il avait déjà tenté en vain de rentrer à deux reprises depuis le coup d’État du 28 juin, condamné par l’ensemble de la communauté internationale.
Le 5 juillet, il avait dû se contenter de survoler en avion la piste de l’aéroport de Tegucigalpa bloquée par l’armée. Le 24 juillet, il avait brièvement franchi à pied la frontière entre le Honduras et le Nicaragua, avant de retourner dans son pays d’asile depuis le coup d’État.
Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a assuré que son pays n’avait «joué aucun rôle» dans le retour du président déchu et s’était contenté de répondre favorablement à sa demande d’asile dans son ambassade.
Appel à l’armée
M. Zelaya a immédiatement appelé «le peuple hondurien» à se réunir autour de l’ambassade, au cours d’une conférence de presse dans les locaux de l’ambassade. «Les forces armées doivent tourner leurs fusils contre les ennemis du peuple, pas contre le peuple», a-t-il lancé aux militaires.
Dans une interview à la chaîne de télévision internationale CNN en espagnol, il a assuré que ses intentions étaient «pacifiques» et qu’il voulait établir «le dialogue».
Son retour survient à un moment où le dialogue avec le gouvernement de facto était justement dans une impasse depuis l’échec de la médiation internationale du président du Costa Rica, Oscar Arias.


HONDURAS
Ouverture
Le président par intérim du Honduras, Roberto Micheletti, est prêt à négocier un retour au pouvoir du président déchu Manuel Zelaya sous certaines conditions, a rapporté hier un ancien responsable gouvernemental en contact avec les nouveaux dirigeants du pays. Roberto Micheletti l’a fait savoir au médiateur en chef dans la crise hondurienne, le président du Costa Rica Oscar Arias. Toutefois, le président par intérim a souligné que plusieurs conditions devaient être réunies pour convaincre les milieux d’affaires et d’autres secteurs de la société de ne pas s’opposer à un retour au pouvoir de Manuel Zelaya, selon ce proche de M. Micheletti.

Honduras: le retour de Zelaya ou « l’ostracisme absolu » !...
Le Congrès du Honduras doit examiner aujourd’hui la proposition de règlement de la crise avancée par le médiateur, le président du Costa Rica, Oscar Arias, et d’ores et déjà rejetée par le gouvernement de facto parce qu’elle implique le retour au pouvoir de Manuel Zelaya, le président chassé le 28 juin. Après l’étude en commission, le Congrès doit examiner en séance plénière cette proposition d’un « accord de San José » basé sur un gouvernement d’union nationale présidé par M. Zelaya, une amnistie générale et une présidentielle anticipée. Si le gouvernement de facto persiste à refuser le retour au pouvoir de M. Zelaya, il sera frappé d’un « ostracisme absolu », a averti M. Arias en ouvrant hier à Guanacaste, au Costa Rica, le sommet du Mécanisme de dialogue et de concertation dit de Tuxtla, qui réunit des chefs d’État d’Amérique centrale, du Mexique et de la Colombie. – Agence France-Presse

Zelaya pose le pied au Honduras dans la confusion
LAS MANOS, Honduras — Le président déchu du Honduras Manuel Zelaya a foulé le sol de son pays hier pour la première fois depuis son éviction par la force le 28 juin, mais la situation restait extrêmement confuse concernant son sort immédiat. M. Zelaya, entouré d’une meute de journalistes et de partisans, est entré à pied au Honduras vers 14h25, heure locale (15h25, heure de Montréal), avant de revenir côté Nicaragua puis de franchir de nouveau la frontière.
Le tout sous les yeux des dizaines de policiers et militaires lourdement armés qu’avait mobilisés le gouvernement de facto du Honduras pour garder l’entrée du territoire hondurien.
Les autorités de Tegucigalpa ont en effet ordonné l’arrestation du président évincé pour trahison et corruption.
Mais les forces de l’ordre ont fait quelques pas en arrière quand M. Zelaya a pénétré sur le sol hondurien. Le président déchu, téléphone à la main et son emblématique chapeau sur la tête, a même pu s’entretenir brièvement avec le colonel du poste-frontière de Las Manos, un passage situé à une centaine de kilomètres au sud-est de Tegucigalpa.
Contact avec l’armée
« Mettez-moi en contact avec le chef d’état-major » de l’armée, le général Romeo Vazquez, a demandé M. Zelaya à l’officier, après lui avoir serré la main.
Selon le président déchu, le militaire lui aurait dit : « Nous n’avons rien contre vous. »
Peu de temps avant, M. Zelaya avait demandé aux autorités de fait du Honduras de laisser passer ses « amis et proches » pour qu’il puisse parler avec eux.
Les militaires ont cependant empêché sa femme, ses enfants, sa mère et sa belle-mère de venir à sa rencontre, a raconté sa femme à la chaîne latino-américaine Telesur, établie à Caracas.
Les forces de l’ordre ont également fait barrage aux milliers de partisans du président déchu, qui souhaitaient se rendre sur la frontière pour l’accueillir.
Des incidents ont éclaté vers midi, heure du début du couvrefeu décrété dans la région par le gouvernement de facto. La police a lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants à El Paraiso, à une dizaine de kilomètres de la frontière, et certains ont riposté en jetant des pierres.
Les États-Unis, qui ont fermement soutenu cette médiation, ont jugé la tentative de retour au Honduras du président Zelaya « imprudente », par l’intermédiaire de leur secrétaire d’État Hillary Clinton.
« Elle ne contribue pas à l’effort général engagé pour rétablir la démocratie et l’ordre constitutionnel au Honduras », a estimé la chef de la diplomatie américaine, appelant M. Zelaya à « accepter » les dernières propositions du médiateur costaricien Oscar Arias, présentées mercredi.
Un porte-parole du département d’État a par ailleurs indiqué que le président évincé avait l’intention de se rendre une nouvelle fois à Washington mardi pour des discussions avec l’administration américaine.
Près d’un mois après le coup d’État unanimement condamné par la communauté internationale, M. Zelaya a par ailleurs reçu hier le soutien des présidents du Mercosur.

Ils ont réaffirmé qu’ils ne reconnaîtraient « aucun gouvernement issu de cette rupture constitutionnelle » , lors d’un sommet de cette union douanière sud-américaine à Asunción.


HONDURAS Zelaya par le nord du Nicaragua
Le président dest itué du Honduras Manuel Zelaya a entamé hier les préparatifs pour son retour au pays via le Nicaragua, alors que des organisations internationales ont accusé ses adversaires de « violations graves et systématiques » des droits de l’homme. Une mission de 15 experts envoyée à Tegucigalpa a dénoncé des exécutions illégales pendant le couvre-feu. Le coup d’État a eu lieu le 28 juin.


Nouveau plan pour le retour du président destitué du Honduras
— Le président du Costa Rica Oscar Arias, qui conduit la médiation pour sortir le Honduras de la crise politique, a présenté hier un nouveau plan, qui propose le retour du président du Honduras destitué Manuel Zelaya demain, sous conditions.
Oscar Arias espère que le gouvernement intérimaire du Honduras et Manuel Zelaya signeront aujourd’hui cette proposition, en 11 points et incite le président déchu, s’il reprend ses fonctions, à affaiblir son intention de réformer la Constitution du Honduras, un projet à l’origine du coup d’État du 28 juin.
En cas d’échec, les deux parties en conflit devront se tourner vers l’Organisation des États américains (OEA), en vue de la désignation d’un nouveau médiateur, a précisé le président costaricain.
Dimanche, la proposition de conciliation, soumise la veille par le médiateur costaricain, avait été jugée « inacceptable » par Carlos Lopez, qui représente le président de facto du Honduras, Roberto Micheletti.
Ce plan prévoyait le retour de Manuel Zelaya à son poste, la formation d’un gouvernement d’unité nationale, l’organisation d’élections présidentielles fin octobre, soit un mois plus tôt que prévu, ainsi que l’amnistie de tous les délits politiques, commis avant et après le coup d’État du 28 juin.
Toujours selon ce plan, Manuel Zelaya devait abandonner le contrôle de l’armée à un tribunal électoral, un mois avant le scrutin, pour en garantir son impartialité. Le président en exil devait en outre renoncer à son projet de référendum sur la réforme de la Constitution, en vue de se faire réélire. Actuellement, la Constitution hondurienne interdit au président d’être candidat à sa réélection, consécutive ou non.

HONDURAS  Le régime de facto refuse de céder à la pression internationale

— Le nouveau président de facto du Honduras, Roberto Micheletti, a persisté, hier, à rejeter la possibilité que le président destitué Manuel Zelaya revienne au pouvoir, malgré la pression croissante de la communauté internationale.
De son exil, M. Zelaya, s’est dit prêt à poursuivre le dialogue mais a prévenu qu’il organisait « la résistance intérieure » pour préparer son retour.
« Nous formons un bloc contre toute injonction que nous fera quelque pays que ce soit dans le monde », a déclaré M. Micheletti lors d’une conférence de presse à Tegucigalpa.
Dimanche, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, lui avait passé un coup de téléphone « très ferme » pour le prévenir que Washington suspendrait son aide au Honduras si la médiation entreprise par le président du Costa Rica, Oscar Arias, échouait, selon le département d’État.
Le week-end dernier, M. Arias, Prix Nobel de la paix 1987, a tenté sans succès de réconcilier les deux camps autour d’un « gouvernement d’union nationale » dirigé par M. Zelaya et de la perspective d’une élection anticipée.
Il a toutefois demandé aux deux camps 72 heures de plus pour essayer encore de « parvenir à un accord », afin d’éviter « une guerre civile et un bain de sang ».
Installé à la tête du pays par le Congrès à la suite d’un coup d’État le 28 juin, M. Micheletti a affirmé qu’il était impossible de rétablir au pouvoir celui qui avait « violé la Constitution de la République, non pas une fois, mais à plusieurs reprises ».
Élu fin 2005 pour un mandat unique de quatre ans, M. Zelaya a été expulsé par les militaires le 28 juin, pour avoir tenté d’organiser un référendum lui permettant de se représenter pour un deuxième mandat, malgré l’opposition de la Cour suprême.


HONDURAS  Zelaya lance un appel à l’insurrection

— Manuel Zelaya, le président destitué du Honduras, a appelé, hier, depuis le Guatemala, la population de son pays à « l’insurrection » pour le rétablir dans ses fonctions après le coup d’État qui l’a chassé du pouvoir le 28 juin.
« Le peuple du Honduras a le droit à l’insurrection et l’insurrection est un droit légitime qui fait partie des concepts les plus élevés du sens de la démocratie face à un gouvernement usurpateur et des militaires putschistes », a déclaré M. Zelaya en conférence de presse, au côté du président du Guatemala, Alvaro Colom.
« Je veux lui dire (au peuple) de ne pas quitter les rues, le seul espace qu’ils ne nous ont pas enlevé, de ne pas abandonner les espaces qui appartiennent au peuple », a-t-il ajouté.
M. Zelaya a appelé à « la grève, la manifestation, la désobéissance civile », qui constituent « un processus nécessaire quand l’ordre démocratique est violé dans un pays », selon lui.
M. Zelaya avait lancé la veille un « ultimatum » au gouvernement de facto de Roberto Micheletti, chef de l’État désigné le 28 juin, le sommant de lui rendre le pouvoir au prochain rendez-vous prévu en principe samedi au Costa Rica, chez le président Oscar Arias. Le premier rendez-vous, vendredi dernier, n’avait pas donné de résultat concret.
« Nous, nous ne menaçons pas », avait répondu le ministre des Affaires étrangères de M. Micheletti, Carlos Lopez, en réponse à cet ultimatum, peu avant l’appel de M. Zelaya à « l’insurrection ».

Honduras La médiation débute
Une première réunion de médiation sur la crise au Honduras est programmée pour demain au Costa Rica, a annoncé le président chassé du pouvoir le 28 juin, Manuel Zelaya, reçu hier à Washington par la secrétaire d’État, Hillary Clinton. Le processus demédiation a été entamé avec un consensus sur le choix comme médiateur du président du Costa Rica, Oscar Arias, Prix Nobel de la paix.

Le régime refuse de négocier


HONDURAS  Le président déchu rate son retour

— L’armée hondurienne a bloqué hier la piste à l’aéroport de Tegucigalpa pour empêcher l’atterrissage de l’avion transportant le président déchu Manuel Zelaya.
Des milliers de partisans du président Zelaya attendaient hier son retour à l’aéroport de Tegucigalpa, protégé par l’armée.
Plusieurs véhicules militaires ont été disposés sur l’unique piste au moment où se présentait l’appareil, qui a été contraint de faire plusieurs boucles dans le ciel, avant de repartir.
Au sol, deux personnes ont trouvé la mort lors de heurts avec les forces de l’ordre.
Les autorités du Honduras, qui ont destitué il y a une semaine M. Zelaya, avaient averti qu’elles n’autoriseraient pas l’atterrissage de son avion à Tegucigalpa.
L’avion a atterri plus tard hier à Managua, capitale du Nicaragua, a annoncé la présidence du Salvador. « Le président Zelaya n’est pas venu (au Salvador). Il s’est rendu à Managua », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la présidence du Salvador, David Rivas.
M. Zelaya, interrogé en direct par des chaînes internationales de télévision, avait auparavant déclaré que l’avion se dirigeait vers le Salvador, après s’être vu refuser l ’ at ter rissage au Honduras.
Deux morts
Des heurts ont éclaté vers 16h locales devant l’aéroport entre des partisans du président hondurien et les forces de l’ordre, qui ont lancé des gaz lacrymogènes. Les manifestants, plus de 30000 selon les estimations de l’AFP, attendaient le retour de M. Zelaya.
L’armée a tiré pendant ces confrontations, faisant deux morts et deux blessés par balle, at-on appris auprès de la police.
« Il y a deux morts et deux blessés. La police n’a pas tiré, c’était l’armée, parce que les manifestants tentaient d’envahir les pistes », a indiqué à l’AFP un commissaire de police.
M. Zelaya a bravé ses adversaires qui l’ont destitué voici une semaine en s’envolant de Washington pour le Honduras et en « ordonnant » à l’armée de lui ouvrir l’aéroport international de Tegucigalpa, puissamment gardé par l’armée.
Ses adversaires ont menacé M. Zelaya d’une « arrestation immédiate » à son arrivée et ont interdit l’atterrissage de son avion, qui a reçu l’ordre de se diriger vers le Salvador, a précisé la direction de l’Aviation civile à Tegucigalpa.
Pendant le voyage deM. Zelaya, les nouvel les autor i tés du Honduras ont, quasi-simultanément, dénoncé des mouvements de troupes au Nicaragua en direction de la frontière commune, et proposé un « dialogue de bonne foi » à l’Organisation des États américains (OEA), qui les avait exclues de ses rangs dans la nuit.
« Nous avons été informés de mouvements de troupes du côté du Nicaragua en direction de la frontière », a déclaré le nouveau chef de l’État désigné, Roberto Micheletti lors d’une conférence de presse télévisée.
Les nouvelles autorités proposent à l’OEA « la mise en place d’un dialogue de bonne foi entre une délégation de la République du Honduras (...) et une délégation de représentants d’États membres et de fonctionnaires de moindre rang du secrétariat général », a indiqué leur vice-ministre des Affaires étrangères, Martha Lorena Alvarado.
Cette proposition vaut pour autant que « pendant le déroulement du dialogue de bonne foi il ne survienne pas d’actes ou de situations qui puissent mettre en danger la paix sociale de la République », a-t-elle ajouté.
Appuis
De leur côté, les présidents de l’Équateur, de l’Argentine et du Paraguay Rafael Correa, Cristina Kirchner et Fernando Lugo devaient se rendre au Salvador, a indiqué M. Correa.
« Si M. Zelaya réussit à atterrir au Honduras et estime notre venue opportune, nous irons », a précisé M. Correa. « S’il n’y parvient pas, nous l’attendrons à San Salvador, d’où il fera des déclarations au monde entier », a-t-il ajouté.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a quant à lui rappelé hier aux autorités du Honduras qu’elles seraient tenues pour « responsables devant le monde entier » de la sécurité du chef de l’État déchu, Manuel Zelaya, lors de son retour à Tegucigalpa.
« M. Zelaya n’atterrira peutêtre pas à l ’ aéroport international, peut-être à la base américaine à 80 km de la capitale », a avancé un diplomate étranger encore en poste à Tegucigalpa, contrairement à nombre d’ambassadeurs latinoaméricains et européens.
Poursuivi pour « haute trahison », M. Zelaya reste sous la menace d’une arrestation « dès qu’il posera le pied au Honduras », a répété samedi soir M. Micheletti. Au pouvoir depuis 2006, M. Zelaya avait été renversé pour avoir tenté d’organiser une consultation populaire sur la possibilité de briguer un second mandat, démarche déclarée illégale par la Cour suprême.
Les nouvelles autorités de Tegucigalpa ont également été condamnées par l’ONU et l’Union européenne, et le Venezuela a annoncé qu’il leur « coupait » ses envois de pétrole.

« SI J’AVAIS EUUNPARACHUTE, J’AURAIS SAUTÉDE L’AVION »
Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a promis de tenter de nouveau de revenir rapidement au Honduras, affirmant avoir renoncé hier à atterrir à Tegucigalpa pour ne pas être « intercepté » par l’armée. M. Zelaya, interrogé par la chaîne internationale Telesur alors que son avion survolait l’aéroport de la capitale hondurienne, a affirmé qu’il risquait d’être « intercepté par les appareils de la force armée ». « Si on ne peut pas maintenant, on le fera demain ou après-demain », a-t-il insisté, dénonçant la « barbarie » du nouveau gouvernement hondurien, qui n’a pas été reconnu par la communauté internationale. « Si j’avais eu un parachute, j’aurais immédiatement sauté de l’avion », a déclaré M. Zelaya à Telesur. « Je fais tout ce que je peux et les pilotes aussi », a-t-il ajouté, avant que l’appareil ne rebrousse finalement chemin. Le président déchu, qui doit s’entretenir avec une délégation de l’Organisation des États américains (OEA), a souligné qu’il lui « fallait rentrer au pays », malgré l’interdiction des nouvelles autorités. « À partir de demain (aujourd’hui), la responsabilité revient aux grandes puissances, notamment les États-Unis » pour prendre « des actions immédiates contre ce régime putschiste », a-t-il affirmé.
Coup d’État au Honduras L’OEA lance un ultimatum de 72 heures
— Des milliers de Honduriens ont manifesté, hier, à Tegucigalpa, pour le retour du président déposé Manuel Zelaya, qui a exprimé le souhait de rentrer au pays en dépit d’un mandat d’arrestation contre lui.
Une supportrice du président destitué Manuel Zelaya a manifesté hier dans la capitale du Honduras, Tegucigalpa. Le nouveau pouvoir a décidé de suspendre plusieurs libertés, comme la liberté d’association ainsi que le droit à la libre circulation.
Des milliers d’autres manifestants ont pour leur part témoigné, dans d’autres villes, de leur appui au nouveau gouvernement soutenu par les militaires. Aucun incident de violence n’a été rapporté.
Le nouveau président désigné, Roberto Micheletti, a déclaré qu’il faudrait une invasion étrangère pour rétablir son prédécesseur, en ajoutant qu’il mandatait une délégation à Washington pour tenter de contrer l’isolation croissante du nouveau régime, même si son ministre des Affaires étrangères l’a démentie.
Après la condamnation par l’Assemblée générale de l’ONU du coup d’État contre le président Manuel Zelaya, l’Organisation des États américains (OEA) a lancé un ultimatum aux auteurs du putsch, tandis que la France et l’Espagne ont rappelé hier leurs ambassadeurs respectifs dans le pays. Le Chili, l’Italie et la Colombie ont aussi rappelé leur ambassadeur.
Le département de la Défense américain a par ailleurs suspendu toutes les opérations conjointes États-Unis– Honduras, tandis que la Banque mondiale a gelé les prêts consentis au Honduras. Aussi, trois pays limitrophes ont suspendu les échanges commerciaux transfrontaliers.
Inflexibles
Pour l’heure, les nouveaux dirigeants du Honduras se montrent toutefois inflexibles. Désigné président intérimaire par le Parlement après le coup d’État, le président du Congrès Roberto Micheletti a exclu catégoriquement de rendre le pouvoir à Manuel Zelaya.
« Personne ne peut me forcer à démissionner si je n’enfreins pas les lois du pays », a-t-il déclaré mardi soir à l’Associated Press dans une posture de défi envers l’ONU, l’OEA, les États-Unis et les autres gouvernements qui ont condamné le coup de force des militaires.
Manuel Zelaya a été renversé par l’armée et expulsé de son pays dimanche avant l’aube, quelques heures avant la tenue d’un référendum constitutionnel, jugé illégal par la Cour suprême, le Parlement et l’armée, destiné à l’autoriser à briguer un second mandat. Le président déchu, dont le mandat de quatre ans s’achève normalement en janvier, a annoncé mardi qu’il renoncerait à organiser la consultation s’il était rétabli dans ses fonctions.
M. Micheletti , qui appartient au même Parti libéral que M. Zelaya, estime que ce dernier « a déjà commis des crimes contre la Constitution et la loi ». « Il ne peut plus revenir à la présidence de la République à moins que le président d’un autre pays d’Amérique latine ne vienne l’imposer par les armes », a-t-il prévenu.
L’OEA a donné hier trois jours aux auteurs du coup d’État pour rendre le pouvoir au président Zelaya, faute de quoi le pays « risque d’être suspendu » de l’organisation régionale, a précisé son secrétaire général, José Miguel Insulza, évoquant un « ultimatum » adressé à Tegucigalpa. « Nous devons montrer clairement que les coups d’État militaires ne seront pas acceptés », a-t-il ajouté au cours d’une session de l’OEA à Washington.
Ce délai de 72 heures, qui ouvre la possibilité de négociations, a conduit Manuel Zelaya a différer à ce week-end son retour au Honduras, qu’il comptait initialement faire jeudi. Roberto Micheletti prévient qu’il sera arrêté s’il rentre au Honduras, bien que la présidente argentine Cristina Kirchner-Fernandez, le président équatorien Rafael Correa et les patrons de l’OEA et de l’Assemblée générale de l’ONU aient promis de l’accompagner.
Les États-Unis soutiennent Manuel Zelaya, estimant qu’il n’y a pas d’autre solution acceptable que son retour au pouvoir. Washington envisage de suspendre son aide au Honduras, a précisé Ian Kelly, porte-parole du département d’État américain

Une crise institutionnelle plus qu’une crise politique -  Alexandre Sirois
QPourquoi
Manuel Zelaya a assisté hier au Nicaragua à la réunion d’un bloc de neuf pays, l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), qui ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs au Honduras tant qu’il ne serait pas rétabli dans ses fonctions. On voit ici le président du Honduras (à gauche) en compagnie de celui du Nicaragua, Daniel Ortega, et de celui du Venezuela, Hugo Chavez.
ce coup d’État, le premier en Amérique centrale depuis le début des années 90, a-til eu lieu? R Le président Manuel Zelaya avait décidé d’organiser un référendum très controversé pour modifier la Constitution de l’État. Celle-ci, au Honduras, limite les présidents à un seul mandat de quatre ans. Or, M. Zelaya, élu en 2005, voulait pouvoir se présenter à nouveau. La Cour suprême du pays s’opposait à ce référendum. Tout comme les membres du Congrès et l’armée, qui a décidé d’intervenir. QQuel
genre de président était Manuel Zelaya ? R Lorsqu’il a été élu, il se pré s ent a i t comme u n conservateur. Au pouvoir, il s’est plutôt comporté comme un émule d’Hugo Chavez, président du Venezuela et fils spirituel de Fidel Castro. « Zelaya a fait une conversion idéologique assez remarquable. Il vient du Parti libéral. De la droite. Au Honduras, c’est la droite qui gouverne depuis toujours. Mais il a fait un virage à gauche à la Chavez », indique le directeur de l’Observatoire des Amériques de l’UQAM, Victor Armony. QDans
la capitale, plusieurs manifestants défiaient hier les militaires. Un appel à la grève a été lancé par des organisations syndicales. Que pensent les habitants du Honduras de ce coup d’État ? R « Je suis sûr qu’entre 80 et 90% de la population du Honduras est heureuse de ce qui s’est passé aujourd’hui », a soutenu hier le président désigné, Roberto Micheletti, ancien président du Congrès. « Je me méfierais hautement de ces déclarations », affirme pour sa part Stéphanie Rousseau, spécialiste de l’Amérique latine qui enseigne la sociologie à l’Université Laval. « Il n’a pas donné de preuves tangibles. S’il était aussi sûr de l’appui populaire, je me demande pourquoi il déclarerait un couvre-feu pendant 48 heures », lance-t-elle. QLa
situation pourrait-elle dégénérer ? R Le mot d’ord re , hier , était « dialogue ». Tant le président américain que les représentants de l’Union européenne ont signalé leur désir de favoriser des discussions pour résoudre la crise. Jusqu’ici, sur le terrain, la situation ne s’est pas encore envenimée. « C’est une crise institutionnelle plus qu’une crise politique au sens large », estime le directeur de l’Observatoire des Amériques de l’UQAM, Victor Armony. QComment
a réagi le président déchu? R « Je suis président du Honduras », a-t-il lancé, peu de temps après avoir été déporté aux Costa Rica par l’armée de son pays. M. Zelaya s’est dit « victime d’un kidnapping ». Il s’est ensuite rendu au Nicaragua où il a participé, hier, à un sommet des présidents d’Amérique centrale. Aujourd’hui, il devrait prendre la parole aux Nations unies. Il espère toujours être en mesure de reprendre la tête du Honduras. QOn
a entendu hier aux quatre coins du monde des appels pour que le président déchu soit rétabli dans ses fonctions. Y compris aux États-Unis où le président Obama a dit que Washington considère toujours M. Zelaya comme le président du Honduras. Quelles sont ses chances de faire un retour? R Un retour est possible, mais pas certain, affirme Stéphanie Rousseau de l’Université Laval. Cette spécialiste rappelle qu’en 2002, à la suite d’un scénario « relativement similaire » au Venezuela, Hugo Chavez était revenu au pouvoir rapidement. « Les militaires et le Congrès au Honduras sont dans une position extrêmement précaire, dit-elle. Ils vont être très isolés au sein de la communauté internationale. Ils devront à tout prix être ouverts à un dialogue important qui va inclure le président Zelaya lui-même. Il restait environ six mois à son mandat. Ce sera difficile pour le régime en place de le tenir à l’écart. Mais ce n’est pas impossible. »

« Le gouvernement Harper doit prendre position » -  Daphné Cameron
Une soixantaine de manifestants se sont rassemblés devant le complexe Guy-Favreau hier soi r pour dénoncer le coup d’État survenu dimanche au Honduras. Les protestataires – la plupart d’origine latinoaméricaine – ont également demandé au gouvernement Harper de dénoncer le caractère antidémocratique de l’expulsion du président Manuel Zelaya.
« Les pays du G8, l’ONU et l’ambassade américaine se sont tous prononcés contre l’expulsion du président alors que le gouvernement Harper n’a pas encore pris position », a expliqué Rafael Marroquina, organisateur de la manifestation et membre du Comité contre le coup d’État au Honduras.
« Nous demandons au Canada non seulement de se prononcer contre le coup d’État, mais également d’entreprendre des mesures économiques, diplomatiques et sociales pour faire pression sur la nouvelle autorité politique », a-t-il poursuivi.
Hondurien d’origine, Alonso Galindo était présent au rassemblement d’hier dans l’espoir que la pression internationale prévienne un affrontement armé.
« L’expulsion du président par l’armée démontre une attitude rétrograde qui est contraire à tous les changements positifs que nous avons vécus dans les dernières années en Amérique latine, a expliqué celui qui a immigré au Québec il y a deux ans. Le président Zelaya doit terminer son mandat. Par la suite, ce sera au peuple de décider démocratiquement de la suite des choses. »
Avant d’être escorté au Costa Rica dimanche, le président Zelaya était sur le point d’organiser un référendum pour prolonger son mandat. Cette mesure a été jugée illégale par la Cour suprême.
« Je ne suis ni du côté du président, ni du côté des militaires, a dit une manifestante, Judith Chafoya. C’est la façon dont cela s’est produit que je dénonce. Même s’il voulait prolonger son mandat, il voulait le faire à la suite d’un processus de consultation publique. Ce coup d’État envoie le message que les groupes armés peuvent se débarrasser des chefs d’État dès qu’ils ne défendent pas leurs intérêts. On ne peut pas déloger quelqu’un qui a été élu par le peuple. »
Dimanche, à Ottawa, le ministre d’État des Affaires étrangères (Amériques), Peter Kent, a condamné le coup d’État et demandé à toutes les parties de faire preuve de « retenue » et de « rechercher une solution pacifique » à la crise qui respecte les « normes démocratiques ».


HONDURAS  Grèves et « blocages » de l’économie

— Environ 3000 partisans de Manuel Zelaya, le président déchu du Honduras, ont manifesté hier matin dans le centre de Tegucigalpa et appelé à multiplier les « blocages » de routes et d’activités économiques.
« Nous avons donné pour instructions aux syndicats et aux organisations sociales d’intensifier les blocages de routes et la paralysie de secteurs clés de l’économie », a déclaré le coordonnateur du Bloc populaire, qui organise les manifestations proZelaya, Juan Barahona.
Le Bloc populaire réclame le retour au pouvoir de M. Zelaya, expulsé du pays par l’armée le 28 juin et remplacé par le président du Congrès, Roberto Micheletti.
« Nous allons poursuivre la résistance pacifique malgré la répression subie hier », a poursuivi M. Barahoma. Deux partisans de M. Zelaya ont été tués dimanche par l’armée, selon la police, tandis qu’ils attendaient à l’aéroport le retour finalement avorté de « leur » président.

Le président du Honduras expulsé au Costa Rica   -   Ana Fernandez
— Des mi l itaires agissant sur ordre de la justice ont arrêté hier matin puis expulsé au Costa Rica le président du Honduras, Manuel Zelaya, sur le point d’organiser une consultation populaire pour prolonger son mandat, jugée illégale par la Cour suprême.
La résidence présidentielle où Manuel Zelaya a été arrêté hier par l’armée.
Le président du Congrès, Roberto Micheletti, a été désigné quelques heures plus tard nouveau chef de l’État du Honduras par le Parlement, et a décrété un couvre-feu de 48 heures dans ce pays d’Amérique centrale.
« Nous reconnaissons Zelaya comme étant le président constitutionnel régulièrement élu du Honduras. Nous n’en voyons pas d’autre », a réagi peu après un responsable du gouvernement américain qui a requis l’anonymat.
Le président américain Barack Obama s’était précédemment dit « profondément préoccupé » par la situation au Honduras et sa secrétaire d’État Hillary Clinton avait condamné des actions qui « violent les principes de la Charte démocratique interaméricaine ».
L’assemblée générale des Nations unies se réunira en urgence aujourd’hui pour examiner la situation politique dans le pays, et le secrétaire de l’ONU, Ban Ki-moon, a d’ores et déjà demandé que le président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions.
Condamnations
Partout dans le monde, les condamnations de cette éviction se sont multipliées et notamment dans les rangs de la gauche radicale latino-américaine, dont M. Zelaya s’était rapproché ces dernières années après avoir été élu en 2006 sous l’étiquette de conservateur.
À Tegucigalpa, des centaines de manifestants ont réclamé son retour devant le palais présidentiel, entouré par des dizaines de soldats et des chars.
Les retransmissions des chaînes de télévision et de radio ont été interrompues, l’aéroport international a été fermé, l’électricité et les communications ont été coupées dans la capitale.
« Si les États-Unis ne sont pas derrière ce coup d’État, les putschistes ne pourront pas conserver le pouvoir », a déclaré le président Zelaya, encore vêtu du pyjama dans lequel il a été expulsé, à son arrivée à San José.
Huit de ses ministres ont aussi été arrêtés par les forces armées, a indiqué à l’AFP un fonctionnaire du gouvernement.
L’ambas s adeu r de Cuba au Honduras , Juan Ca rlos Hernandez, a également déclaré avoir été brièvement arrêté et frappé par des militaires, alors qu’il essayait de protéger la ministre hondurienne des Affaires étrangères, Patricia Rodas, avec l’aide de ses homologues du Venezuela et du Nicaragua.
L’armée n’a pas commis de « coup d’État », a affirmé M. Micheletti au cours d’une conférence de presse. Les militaires se sont limités à « exécuter une décision de justice », prononcée parce que M. Zelaya « enfreignait les lois du pays », a-t-il expliqué.
Consultation illégale
La Cour suprême du Honduras avait auparavant jugé illégale la consultation populaire que le chef de l’État, élu pour un mandat de quatre ans non renouvelable, voulait organiser hier pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution lui permettant de briguer un deuxième mandat le 29 novembre.

ZELAYA ARRIVE AU NICARAGUA
Le président du Honduras expulsé de son pays, Manuel Zelaya, est arrivé hier soir au Nicaragua pour un sommet extraordinaire de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et du bloc centro-américain, qui appellent à le rétablir dans ses fonctions, a constaté un photographe de l’AFP. M. Zelaya a été accueilli à l’aéroport de Managua par le président du Nicaragua Daniel Ortega et le président vénézuélien Hugo Chavez. M. Ortega assure la présidence tournante du Système d’intégration centraméricaine (SICA), et M. Chavez avait appelé à un sommet urgent de l’ALBA. À Mexico, le président Felipe Calderon s’apprêtait à se rendre à Managua pour la réunion du SICA, ont annoncé ses bureaux dans la soirée.



Pas besoin d’amis - FRÉDÉRIC BOISROND
L’aide de 10 milliards ira à des ONG qui ne font pas de transfert de compétences auxHaïtiens
Et après la reconstruction? Une fois que les Haïtiens seront hébergés, les enfants retournés à l’école… Rien.
Un pays se construit en développant des mécanismes de participation à l’économie mondiale. Dans cette optique, il n’y a pas de place pour l’amitié. Depuis 1801, les pays amis d’Haïti ont tout fait pour empêcher le pays de participer à l’économie mondiale. Les résultats de la réunion du 31 mars 2010 à l’ONU s’inscrivent dans une succession d’obstacles pour maintenir les Haïtiens dans la pauvreté.
L’indépendance d’Haïti a été réalisée parce que Napoléon Bonaparte a refusé le projet de constitution élaboré en 1801 par Toussaint Louverture. L’article 3 de cette première constitution disait que sur le territoire, tous les hommes naissent, vivent et meurent libres et Français. La constitution de 1801 n’était rien d’autre qu’un projet de souveraineté-association avec la France qui prévoyait des mécanismes d’échanges économiques avec la métropole. Toussaint Louverture était le premier et le dernier chef d’État haïtien à avoir eu une vision qui positionnait le pays pour une participation dans l’économie mondiale.
Le refus de Bonaparte est le premier obstacle qui a provoqué en 1804, une guerre qui a ruiné toutes les chances d’Haïti. Cette victoire spectaculaire est aussi un fardeau au développement puisque Haïti est devenu indépendant 50 ans avant la révolution industrielle avec une imposante dette de guerre. Deuxième obstacle: Les présidents américains Jefferson, Madison et Monroe n’ont pas reconnu la république haïtienne. C’est en 1862 que le gouvernement de Lincoln l’a fait. Trop tard. Isolé du marché américain, des développements techniques et des innovations de l’époque, Haïti prendra un retard irrécupérable et ratera le rendez-vous avec la révolution industrielle de 1850 et avec tous les autres changements structurels qui s’en suivront.
Troisième obstacle: le pays a connu des crises successives de leadership dont la conséquence est une absence de vision. Depuis les années 50, Haïti forme des professionnels qu’elle est incapable d’intégrer dans des structures économiques et sociales. Ce sont les pays amis d’Haïti qui ont profité de l’exode de ses cerveaux. Ce sont les pays amis d’Haïti qui ont organisé l’exil des gouvernants qui se sont succédé au pouvoir empêchant ainsi de les juger pour leurs malversations. Les amis ont ainsi régularisé l’impunité et empêché cette société de renforcer ses règles de gouvernance. Résultats: les Haïtiens votent pour les gens qui leur paraissent les moins menaçants. Ils ont élu des politiciens sans programme, sans projet de société et sans vision. Ne soyons pas étonnés que la classe politique haïtienne soit incapable de saisir les opportunités de cette crise pour développer et structurer l’économie du pays.
Le dernier obstacle au développement d’Haïti vaut 10 milliards de dollars. Cette somme, promise lors de la réunion du 31 mars, ira en grande partie à des ONG dont la grande majorité ne font pas de transfert de compétences aux Haïtiens, ce qui place le pays dans une situation de dépendance. Des centaines d’ONG sont présentes en Haïti depuis plus de 30 ans et le pays était encore le plus pauvre de l’hémisphère Nord. On ne construit pas un pays avec des petites coopératives de travailleurs, ni en donnant des biscuits achetés en Suisse, ni avec des ateliers demisère, ni en parrainant des enfants. Ça ne fait que soulager la conscience de l’un et nourrir la misère de l’autre.
Le 31 mars, les amis d’Haïti ont promis d’investir 10 milliards pour financer la reconstruction. Et après? Une fois que les Haïtiens seront hébergés, les enfants retournés à l’école… et après? Rien. La stratégie des pays amis d’Haïti ne prévoit pas de création de travail pour les Haïtiens et les Haïtiennes ni des mesures pour permettre la production de biens qui respectent les standards internationaux et ainsi favoriser la participation du pays à l’économie mondiale.
Haïti n’a pas besoin d’amis. Le pays a besoin de partenaires économiques. Il faut des leaders capables d’identifier et de mettre en perspective les atouts du territoire et de développer les ressources humaines pour concurrencer avec le marché international. L’amitié ne pourra que redonner à Haïti que la place qu’elle occupait avant le 12 janvier, le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord.

Le bruit est revenu  -  Philippe Mercure
Dans certains coins de la ville, on croirait presque que rien n’est arrivé. On pouvait même acheter des fleurs, hier, dans les rues de Port-au-Prince.
Rue Saint-Honoré, à Port-au-Prince. Un homme transporte de larges plaques de tôle tordues sur sa tête. Des adolescents vêtus de t-shirts des Nations unies chargent des débris dans un camion. Une vieille dame qui n’a qu’une jambe rampe dans la rue poussiéreuse en s’aidant de ses bras, tirant péniblement deux lourds sacs de riz.
Unmois après le séisme du 12 janvier, ce qui frappe à Port-au-Prince, c’est l’activité qui l’anime. Une activité chaotique, soutenue par une aide internationale qui s’empêtre encore et qui s’attaque à des problèmes qui semblent insurmontables. Mais une activité tout de même.
Des progrès? Il y en a eu. La quasi-totalité des rues ont maintenant été dégagées des débris. Les stations-service sont ouvertes et on n’attend plus pour l’essence.
« Il y a trois semaines, le plein coûtait 290 $ US. Aujourd’hui, il coûte 50$ US », dit Rodney Goby, le chauffeur qui conduit des journalistes de La Presse depuis un mois dans son tacot où joue toujours à tue-tête la même cassette de reggae.
Conséquence : un trafic infernal assaille aujourd’hui Port-au-Prince, davantage compliqué par les opérations de distribution de nourriture. Le bruit des klaxons ne s’estompe que la nuit, laissant place aux aboiements des chiens et aux coups de feu occasionnels.
« Les premiers jours, les Haïtiens marchaient sans parler. Là, le bruit est revenu », constate Jean-François Labadie, un Québécois installé ici.
Dans certains coins de la ville, on croirait presque que rien n’est arrivé. Des filles superbes circulent entre les voitures en vendant des bananes frites. Les marchands ont étalé fruits, chaussures et téléphones cellulaires dans la rue. On pouvait même acheter des fleurs, hier, dans les rues de Port-au-Prince.
Reste que les problèmes sont partout, criants, immenses. Dans la nuit de mercredi à hier, une brève mais forte averse – l’une des rares depuis le séisme – a rappelé à quel point la situation des centaines de milliers de sans-abri est précaire.
« Tout était mouillé. On a eu froid. On a très peur qu’il pleuve encore », dit Yolène Tercine, rencontrée dans le stade transformé en camp de déplacés. Sa maison se résume à quatre bouts de bois surmontés d’une nappe de cuisine. Elle s’y entasse avec ses trois enfants et trois autres qu’elle a recueillis.
Avec la saison des pluies qui menace, impossible de surestimer l’ampleur du désastre qui point.
Partout dans la ville, des affiches « We need help » tentent d’attirer l’attention des secouristes sur les camps plus petits et plus difficiles à trouver.
Le palais présidentiel et la cathédrale, les grands symboles de la ville, gisent toujours, béants et à demi écrasés. Sur d’autres bâtiments aplatis comme des galettes, on a écrit « À démolir » à la peinture rouge – on voit mal comment on pourrait en faire autre chose.
« On ne fait pratiquement plus d’opérations et d’amputations », dit Wordy Nicolas, un médecin venu de Floride. Malaria, tétanos, diarrhées, maladies de peau et infections urinaires sont maintenant au programme.
Les morts, eux, ont été enterrés, et il faut chercher longtemps pour voir un cadavre à Port-au-Prince.
Même à Titanyen, une fosse commune à l’écart de la ville où plus de 70 000 morts ont été enterrés, rien ne paraît. Que du sable retourné, plein de cailloux et une croix tendue vers le ciel.
Le port rempli de navires a des allures de zone de guerre, les routes qui conduisent à la campagne sont bordées des débris de la ville qu’on y a jetés, les hélicoptères bourdonnent dans le ciel. Et les Haïtiens, eux, prient jour et nuit avec ferveur.

Confusion de chiffres  -  Agnès Gruda
Un mois après le séisme, le bilan du tremblement de terre est constitué d’une série de chiffres dont la plupart demeurent approximatifs. Les statistiques reconnues proviennent généralement du gouvernement. Mais les dirigeants haïtiens ne s’entendent même pas entre eux sur le nombre de victimes.
Au cours des derniers jours, des estimations contradictoires, variant entre 170 000 et 270 000 morts, ont été diffusées tour à tour par le président, René Préval, et la ministre des Communications, Marie-Laurence Lassègue. « Elle ne sait pas de quoi elle parle », a lancé René Préval à une conférence de presse à laquelle assistait également sa collègue!

Défis simultanés - FRANÇOIS GÉLINEAU ET RICHARD NADEAU
La reconstruction des infrastructures en Haïti passe par la consolidation de la démocratie
Au moment du tremblement de terre du 12 janvier, Haïti se préparait à tenir des élections législatives. Prévues pour le 28 févr ier, elles devaient être suivies quelques mois plus tard de l’élection présidentielle. Plusieurs observateurs internationaux avaient signalé que ces scrutins allaient fournir l’occasion de démontrer que la démocratie haïtienne pouvait maintenant voler de ses propres ailes.
Personne ne s’imaginait qu’elle allait être confrontée à un tout autre test, celui de se relever d’une catastrophe naturelle sans précédent. Quel sera l’effet de ce séisme sur l’évolution du processus démocratique émergent en Haïti? Les avis sont partagés sur cette question. Une chose semble claire cependant. Après l’urgence viendra la reconstruction. Et une reconstruction viable en Haïti passe par la consolidation de la démocratie.
La situation actuelle en Haïti est exceptionnelle. L’ampleur du désastre est telle qu’il est plutôt difficile de reprocher au gouvernement d’avoir eu de la difficulté à réagir avec rapidité et cohérence au lendemain du tremblement de terre. À un moment donné, les équipes d’urgence quitteront Haïti et les travaux de reconstruction débuteront. Tout est à refaire. Et comme si cela n’était pas assez, l’instabilité politique dans ce pays a miné avec le temps la confiance de la population envers la classe politique.
Une fois l’urgence passée, les Haïtiens devront donc s’atteler à deux tâches colossales : consolider un processus démocratique fragile, difficilement restauré lors des élections de 2006, et reconstruire pour l’essentiel les infrastructures de leur pays. Ces deux tâches devront être relevées simultanément.
Le défi est de taille et les embûches sont nombreuses. D’un point de vue constitutionnel, le mandat des 99 représentants de la Chambre des députés et de 10 des 30 sénateurs viendra à échéance dans les prochains mois, après quoi il ne restera plus que 20 sénateurs en guise de législature. Il en va de même pour le mandat de la totalité des élus régionaux. Pour sa part, le mandat du président expirera le 7 février 2011. C’est donc dire que d’ici quelques mois, l’État haïtien sera presque entièrement dépouillé de représentants élus.
Cette situation rend diff icile l’exercice d’un leadership fort et légitime. Sans Parlement, le gouvernement dirigera seul, isolé par l’absence de mécanismes de représentation populaire. Le déploiement de l’effort de reconstruction est susceptible d’être entravé par cette situation. On a beaucoup évoqué par exemple l’idée que cette reconst ruct ion devait passer par la décentralisation, le développement régional et la participation citoyenne. Or, comment mettre en pratique ce développement régional en l’absence d’autorités gouvernementales régionales légitimes et dotées de ressources suffisantes ? Comment inclure les citoyens dans ce processus et restaurer la confiance envers la démocratie sans mécanismes de représentation adéquats ?
Il est évidemment irréaliste de croire qu’il soit possible et nécessaire de tenir toutes ces élections ( présidentiel, législatives et locales) rapidement. Le pragmatisme s’impose dans l’immédiat. Mais c’est au nom de ce même pragmatisme, en ayant à l’esprit l’objectif d’une reconstruction viable d’Haïti qu’il faudra consolider et relancer le processus électoral dans ce pays.
Il convient sans doute que le leadership du gouvernement actuel soit réaffirmé durant l’actuelle situation d’urgence que traverse Haïti. Mais il faut aussi commencer à prévoir dès maintenant les moyens qui seront mis en place pour relancer le processus démocratique lorsque s’amorcera la phase de reconstruction du pays.
Les Haïtiens devront participer de plain-pied aux débats qui façonneront l’avenir de leur pays. Seul un processus électoral clair et transparent permettra à la population haïtienne de faire entendre sa voix et de confier à des représentants qui jouiront de sa confiance le mandat de rebâtir leur pays dans le sens de ses intérêts. Voilà pourquoi la reconstruction d’Haïti passe par la consolidation des assises démocratiques et du processus électoral dans ce pays.

MANQUE DE MATURITÉ -  Jean-François Labadie
Haïti n’est pas en mesure de coordonner l’aide internationale… elle-même désorganisée
Nous sommes plusieurs sur le même chantier et comme de mauvais danseurs, on se marche souvent sur les pieds.
On souligne les deux premières semaines de la nouvelle vie post-tremblement de terre. En venant travailler à Haïti, ma conjointe et moi, nous étions préparés aux crises sociales marquées par la violence, à une criminalité importante ou encore aux ouragans. Aucune préparation pour faire face aux tremblements de terre. Peuton vraiment s’y préparer ? Logistiquement, c’est certain, humainement, moins sûr.
  Haïti a besoin d’être pris en charge par une communauté internationale sensible. L’État n’a ni les moyens ni les pratiques pour accueillir de manière minimalement coordonnée l’aide internationale.
On a bien évidemment vécu toutes les formes de secousses possibles, à un degré moindre sur l’échelle de Richter que les familles haïtiennes, toutefois. Notre statut de coopérant blanc (étranger) nous donnait accès à des conditions de vie inégalables dans le contexte, pour ne pas dire inconfortables...
La poussière tombe lentement à la suite du choc initial même si les sources de frustration continuent de s’accumuler. L’aide n’arrive pas rapidement, et pas partout. Les employés qui travaillent au sein de notre projet et qui vivent dans les camps n’ont pas encore vu un casque bleu leur remettre un petit sac de provisions, de l’eau… Les camps où ils vivent sont-ils sur une liste? Est-ce qu’une liste existe?
Lors de la crise du verglas, les monteurs de lignes américains ont été accueillis par la direction d’Hydro-Québec. Carte du réseau de distribution en main, on leur a attribué des zones d’intervention et du personnel de liaison francophone pour coordonner le travail avec les équipes locales. Je ne faisais que regarder M. Caillé de mon téléviseur à l’époque, mais j’imagine que les choses se sont déroulées de la sorte.
Ici, l’État n’a ni les moyens ni les pratiques pour accueillir de manière minimalement coordonnée l’aide internationale. En fait, l’État est sous les décombres depuis le tremblement de terre, et dans le ciment avant ! Le fonctionnement de l’État haïtien fait l’objet depuis plusieurs années d’intervention internationales (celle dans laquelle je baigne depuis plus d’un an, entre autres) visant à améliorer la gouvernance, nouveau «buzzword». on pouvait observer certaines améliorations dans les pratiques de gouvernance, le défi restait toujours titanesque.
Je me répète, on ne retrouve ni les moyens ni les pratiques (donc les connaissances) pour se doter minimalement de moyens de gérer l’intervention publique. Ce constat a été amplement documenté par les organisations internationales.
En fonction des différents champs d’action, l’amélioration de la gouvernance était l’une des trois priorités de l’action canadienne à Haïti avant le séisme. Beaucoup de nos comparses des autres organisations internationales aussi. Même si Entre le constat et le changement, il y a quelques étapes (minimalement méthodologiques!) à mettre en place. Appui technique, formation, soutien logistique, et j’en passe.
Nous sommes plusieurs sur le même chantier et comme de mauvais danseurs, on se marche souvent sur les pieds. Le ministre haïtien de la Santé nous lançait très souvent cette critique : le manque de coordination des interventions internationales dans son ministère, en plus de rendre l’aide en partie inefficiente, pouvait même avoir un effet déstructurant sur les pratiques de ses fonctionnaires. Quand ton collègue médecin, qui travaille dans le même hôpital, gagne trois fois plus que toi parce qu’il a été recruté par une organisation internationale afin de prendre en charge certains types de pathologies… Pour avoir vu ce genre de situation de mes propres yeux depuis plus d’un an, je partage tout à fait l’opinion de mon ministre. Cette coordination ne repose bien évidemment pas que sur les acteurs en place, mais également sur des politiques d’aide définies dans les capitales des pays riches ou aux sièges des organisations internationales.
Ces deux constats très généraux ne décrivent pas totalement une réalité nettement plus complexe, mais ilsme semblent délimiter un terrain d’analyse pour la suite. Pensons à la corruption qui s’installe plus facilement dans une structure étatique désorganisée où les conditions de travail ne permettent pas de survivre, et qui est entretenu pas des pratiques salariales «destructurantes» de la part des organisations internationales. Pensons au manque de formation des fonctionnaires de l’État, pensons à la culture organisationnelle…
La reconnaissance de ses propres limites me semble être le défi des prochaines semaines. Reconnaissance par l’État haïtien d’un urgent besoin d’une prise en charge par une communauté internationale intelligente, donc sensible. Même si la tutelle est un mot banni du vocabulaire dans certains cercles intellectuels et même si certains pays aidants ont la tutelle musclée, la communauté internationale doit pouvoir offrir un encadrement formateur à la fonction publique haïtienne afin que cette dernière soit en mesure de soutenir le développement de sa population.
Cet appui ne peut pas être que de béton et d’équipement, il devra viser l’amélioration des pratiques. La communauté internationale doit quant à elle reconnaître l’inadéquation de plusieurs de ses stratégies, mais surtout, elle devra sortir dumode «compétition internationale » dans laquelle elle peut facilement glisser et qui rend impossible toute coordination et cohérence d’action. La guerre du drapeau sur la devanture des édifices neufs ne mène nulle part.
Ils sont près de neuf millions d’Haïtiens à attendre que leur gouvernement et la communauté internationale gagnent en maturité. Ne perdons pas l’occasion que nous offre ce grand tremblement de terre pour relever le défi.


De l’argent qui dort -  Réal Barnabé
Il est temps que la diaspora haïtienne s’implique
L’auteur dirige Réseau Liberté International, une ONG qui, depuis 1997, mène des programmes d’appui aux médias haïtiens. Selon la Banque interaméricaine de développement ( BID), les Haïtiens vivant à l’étranger expédient à leurs proches en Haïti presque 2 milliards de dollars américains par année. Plus de 30% des Haïtiens restés au pays bénéficient de ces transferts (en moyenne dix versements de 150$ par année). Cet argent va essentiellement à la consommation – achats de biens de première nécessité, nourriture, vêtements, logement, gaz, eau et électricité – et au paiement des droits de scolarité (l’enseignement primaire et secondaire est généralement payant en Haïti).
Des membres inquiets de la communauté haïtienne de Montréal se sont rassemblés dans les jours suivant le séisme. Le tiers de la population haïtienne vit à l’extérieur du pays.
Il y a dans la diaspora de l’argent qui dort et qui pourrait être consacré au développement économique du pays. Plusieurs Haïtiens aimeraient investir dans leur pays d’origine mais hésitent à le faire pour des raisons diverses, dont la crainte de perdre cet argent. D’où l’idée de la création d’un fonds d’investissement et de développement géré de manière rigoureuse et qui aurait des préoccupations de rentabilité. Cette idée a été évoquée à Montréal, le 11 décembre 2004, au cours de la Conférence de la diaspora haïtienne. Depuis, plusieurs groupes, dont la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne (CCIHC), se sont activés dans ce dossier. La CCIHC s’est assurée de l’appui d’institutions financières canadiennes qui sont prêtes à mettre à sa disposition leur expertise et leurs conseils. Il est temps que ce fonds soit mis sur pied.
En vertu de la constitution haïtienne, une personne qui prend une nouvelle citoyenneté renonce implicitement à la citoyenneté haïtienne. Ce refus de la double citoyenneté est un obstacle qui nuit à l’engagement de la diaspora dans le développement du pays. Le président, René Préval, a promis, il y a plus de quatre ans, de modifier la constitution pour autoriser la double citoyenneté. Il n’a pas pu tenir sa promesse.
Mais il faut aller plus loin. Il faut autoriser le vote des Haïtiens de la diaspora et, comme le font maintenant plusieurs pays, permettre l’élection de députés les représentant. Ce serait une excellente façon de faire comprendre aux Haïtiens de l’étranger qu’on les attend pour reconstruire le pays.
Selon le géographe Georges Anglade, mort à Port-au-Prince la semaine dernière au cours du tremblement de terre, les principales communautés haïtiennes à l’étranger se retrouvent (relevé daté de janvier 2009) aux États-Unis (2,5 millions de personnes), en République dominicaine (750 000), à Cuba (400 000), au Québec (132 000) et en France (100 000). Ces communautés sont divisées entre elles. Il est temps qu’elles mettent de côté leurs divergences et qu’elles s’unissent dans une sorte de lobby international pour défendre Haïti et contribuer à son développement.
L’État haïtien est trop faible pour gérer un éventuel plan de reconstruction. Paul Collier, l’ancien conseiller du secrétaire général de l’ONU sur Haïti, l’a encore affirmé cette semaine. Une tutelle internationale est impensable pour Haïti. La cogestion proposée par Collier (pays donateurs, organismes internationaux, État haïtien) serait un mécanisme lourd, proche de la tutelle.
Pour des raisons historiques, des protectorats américains ou français ou même une cogestion avec ces pays relèvent de l’utopie. J’ai proposé cette semaine un partenariat haïtiano-canadien qui serait sollicité par Haïti et négocié dans le respect de sa souveraineté pour gérer le pays et son plan de reconstruction, le temps qu’il faudra. Pourquoi ne pas bonifier cette proposition en y incluant comme partenaires le Brésil, déjà très impliqué en Haïti, et la diaspora (selon un mécanisme à inventer) qui, après tout, représente plus ou moins le tiers de la population haïtienne mondiale?


Une espérance têtue -  Rachel Vinet
L’auteure est soeur du Bon Conseil de Montréal.
En 1988, je suis arrivée en Haïti avec deux compagnes. Au fil des ans, nous avons implanté avec les Haïtiens un centre communautaire appelé Sant Sosyal la Konbit (Centre social la Corvée), où il y a divers groupes : groupes de jeunes, de femmes, d’enfants, de voisinage.
Ce centre est maintenant dirigé de main de maître par les Haïtiens. Lors de mes voyages d’amitié et de solidarité à Jacmel, j’ai pu constater leur grande créativité et leur dynamisme. Le fait de partager la même culture les rend plus efficaces et plus pertinents. Leur crédibilité dans la population est évidente.
Ces années d’expérience m’auront appris que les Haïtiens sont des gens qui, étonnamment, rebondissent toujours, ils ont une capacité de résilience incroyable, un courage à toute épreuve, et j’ajouterai une espérance têtue. Leurs conditions de vie sont si précaires que je me demande souvent où ils puisent cet espoir. Probablement dans la foi. Cette foi a toujours constitué pour eux un moyen de se tenir debout.
Autrefois, cette foi était habitée par la superstition et une telle catastrophe aurait été interprétée par la majorité comme une punition du ciel, mais aujourd’hui, les Haïtiens sont plus ouverts, l’éducation a fait petit à petit son chemin. Ils savent maintenant arriver à leurs propres conclusions et trouver des solutions dans la réflexion.
Mais cette fois, si ce pays si fragile a été frappé par une telle force, le coup est si dur, le désastre est si grand que je ne saurais dire comment ils réagiront. Toutefois, il me semble que dans quelques semaines ils auront encore le courage de dire : pa pè n’ap kenbe nou pap lage (N’ayez pas peur, nous tiendrons, nous ne lâcherons pas).

Plus jamais comme avant -  Samuel Pierre
Deux spécialistes avaient prédit le violent séisme
Il faudra une reconstruction, non pas des seuls édifices publics, mais d’une véritable société moins inégalitaire fondée sur le droit, le partage, la solidarité et l’éducation.
« Port-au-Prince est construite sur une grande faille qui part de Pétion-Ville, traverse toute la presqu’île du Sud, pour aboutir à Tiburon. En 1751 et en 1771, cette ville a été complètement détruite par un séisme. Je parie mes yeux que cela se reproduira. La science peut aisément le confirmer », avait déclaré Patrick Charles, 65 ans, géologue et ancien professeur à l’Institut de Géologie appliquée de La Havane au quotidien haïtien Le Matin, édition du 25 septembre 2008, dans un article intitulé « Haïti/Menace de catastrophe naturelle/Risque sismique élevé sur Port-au-Prince », paru sous la plume de Phoenix Delacroix.
Et voilà! La catastrophe annoncée s’est réalisée mardi en fin de journée, entraînant dans son sillage un cortège de malheurs dont Haïti, pays déjà très meurtri, n’avait pas besoin. Une nouvelle fois, la nature a décidé de donner le coup de grâce, comme si la fatalité dont ce peuple est victime avait besoin d’augmenter d’intensité. La nature a décidé de détruire de façon aveugle et sans discrimination, s’attaquant à tout ce qui restait de symboles et de repères à un pays déjà exsangue.
On savait déjà que Port-au-Prince était une ville vulnérable, très vulnérable, avec une exploitation très anarchique de l’espace urbain et des normes déficientes de construction qui ne tiennent pas assez compte de l’occurrence de secousses sismiques. Pourtant, celles-ci ont frappé à plusieurs reprises certaines régions du pays. En effet, les trois dernières secousses, somme toute mineures, ont été enregistrées dans la grande région de Port-au-Prince entre le 1er et le 12 septembre 2008 à Pétion-Ville, Delmas, Croix-des-Bouquets, plaine du Cul-de-sac. « Ces secousses mineures sont inquiétantes. Elles annoncent généralement des séismes de plus forte intensité », avait alors déclaré le directeur du Bureau des Mines et de l’Énergie (BME), l’ingénieur Dieuseul Anglade, qui avait ajouté : « Durant deux siècles, aucun séisme majeur n’a été enregistré dans la capitale haïtienne. La quantité d’énergie accumulée entre les failles nous fait courir le risque d’un séisme de 7,2 d’amplitude sur l’échelle de Richter… ce serait une catastrophe. » Le séisme de mardi avait 7,0 d’amplitude!
Maintenant que Port-au-Prince, la capitale du pays, est détruite, que de nombreuses personnes en sont mortes ou portées disparues, que le patrimoine immobilier est démoli, que les familles sont en deuil, l’urgence réside dans le secours à porter à la population frappée physiquement, psychologiquement et matériellement par cette calamité sans précédent. La population est sous le choc et le restera pour longtemps encore, avec les traumatismes que l’on peut imaginer. Haïti ne sera plus jamais comme avant. C’est la nature qui en a décidé ainsi.
Mais, une fois que le temps de l’urgence sera révolu, il faudra passer à une nouvelle phase plus laborieuse de réparation des dégâts que l’Homme et la nature se sont faits l’un à l’autre, il faudra passer à la reconstruction sur des bases plus solides, non pas des seuls édifices publics dont on regrette la disparition, mais d’une véritable société moins inégalitaire fondée sur le droit, le partage, la solidarité, l’éducation, le respect de l’environnement et le culte du bien commun. Société qui ne saurait se construire dans l’urgence, mais dont la situation actuelle favorise l’émergence!
Oui, Haïti en est capable, si la solidarité internationale peut aller au-delà des promesses, se préoccupe aussi des problèmes de fond et ne se borne pas à traiter l’urgence, comme cela a été trop souvent le cas. Oui, Haïti le pourra s’il arrive à articuler une planification stratégique et une approche participative fondées sur une utilisation efficace des ressources disponibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

« On ne va pas vous laisser seuls »  -  Nicolas Bérubé
Obama débloque une aide de 100 millions et met à contribution les anciens présidents Clinton et Bush pour diriger une collecte de fonds
LOS ANGELES — Le président Barack Obama a débloqué hier une aide de 100 millions de dollars pour Haïti, dans la foulée de ce qui sera « le plus grand effort de secours de notre histoire récente ».
Le président Barack Obama était accompagné du vice-président Joe Biden lorsqu’il a annoncé hier à la Maison-Blanche l’important effort de secours que les États-Unis s’engagent à faire pour le peuple haïtien.
« On ne va pas vous laisser seuls, on ne vous oubliera pas, a lancé le président américain au peuple haïtien. Vous avez connu l’esclavage et lutté contre des désastres naturels. Et malgré tout, vous n’avez pas perdu espoir. Aujourd’hui, sachez que l’aide arrive. »
À Port-au-Prince, le personnel américain du département d’État s’est chargé du contrôle aérien à l’aéroport ToussaintLouverture. L’arrivée massive des secouristes et des vivres a saturé l’espace aérien durant plusieurs heures, entraînant des retards importants.
« Nous avons pris la responsabilité du contrôle aérien, a déclaré aux médias le porteparole du département, Philip Crowley. La bonne nouvelle est que l’aéroport fonctionne maintenant 24 heures sur 24. La mauvaise nouvelle, c’est que l’aéroport est très limité : il n’y a qu’une seule piste et peu d’espace. »
La secrétaire d’État Hillary Clinton a noté que l’engagement américain en Haïti allait être « de longue haleine ».
Bush et Clinton sollicités
À la demande du président Obama, les anciens présidents Bill Clinton et George W. Bush feront équipe pour diriger une collecte de fonds.
L’équipe dirigée par Clinton et Bush a pour objectif de consolider l’engagement financier international à long terme envers Haïti. Bill Clinton signe d’ailleurs aujourd’hui un texte passionné sur Haïti dans le magazine Time, dans lequel il appelle à « rebâtir cette île à la culture si unique ».
Barack Obama a souvent critiqué son prédécesseur pour la lenteur de sa réaction après le passage de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en 2005. À ce jour, le site web de la Maison-Blanche proclame que le président Obama « va honorer la promesse brisée de rebâtir La Nouvelle-Orléans et la côte du Golfe ».
Le matériel arrive
Hier soir, du matériel en provenance de Chine, d’Espagne, de Norvège et d’Israël a pu être déchargé des avions-cargos à Port-au-Prince.
Des équipes de secouristes spécialisés en tremblements de terre en provenance de Virginie et de Los Angeles, de même que des équipes françaises et vénézuéliennes, étaient à pied d’oeuvre hier. Des dizaines de chiens pisteurs fouillaient les décombres à la recherche de survivants.
Un navire d’assaut américain, le Bataan, était en route vers Haïti hier avec 2000 marines à son bord. Le navire, équipé d’un bloc opératoire, doit arriver aujourd’hui. Deux autres navires militaires étaient également en route.
Le porte-avions nucléaire USS Carl Vinson, un des plus grands navires militaires du monde, devait arriver ce matin au large de Port-auPrince, avec une vingtaine d’hélicoptères à son bord. Les médias américains signalent que l’équipage du navire travaille d’arrache-pied afin d’être en mesure d’offrir une aide immédiate aux sinistrés aujourd’hui.
Les collectes de fonds se sont poursuivies. La CroixRouge américaine a déjà récolté 5 millions de dollars au moyen de sa campagne de textos, où un don de 10$ est ajouté à la facture de cellulaire des personnes donatrices, un résultat que l’organisme qualifie d’« incroyable ».



L’espoir sous les décombres - Olivier Person
Le malheur est meilleur diplomate que tous ces gouvernements qui s’efforcent de ramener la paix
L e vent de solidarité qui souffle sur les ruines haïtiennes est un ballon d’oxygène dans un monde miné par les conflits.
Le drame haïtien a suscité une vague de solidarité internationale. Hier, des secours français s’organisaient à partir de la ville de Lyon.
Pourquoi faut-il toujours des catastrophes pour se donner la main? C’est la réflexion que m’inspire le séisme qui vient de frapper Haïti. Je parcours un journal qui relate la tragédie. Vingt-quatre pages où rôde la mort, qui détonnent à côté de mon café au lait et de mon confortquébécois. J’aperçoisdes ruines, des cadavres et un titre énorme qui écrase les lignes d’un article: « Désolation ». Moi aussi, je suis désolé. Désolé de constater que le malheur est meilleur diplomate que tous ces gouvernements et ces nations qui s’efforcent de ramener la paix à leur table, ou à tout le moins de l’inviter.
Donc, quand une ville s’écroule, quand les morts s’entassent et s’enlacent, la résistance s’organise. Les collectes spontanées d’argent, de vivres et de matériel en tous genres prouvent qu’on peut encore avancer dans la même direction sur cette Terre. Les colères de la nature, qu’elles viennent du sol, des océans ou du ciel, nous rappellent une criante évidence : que c’est pas bien compliqué d’aider son prochain, qu’une main tendue est plus réconfortante qu’un fusil, et qu’une armée de bénévoles sera toujours plus puissante que la plus technologique des armées.
Haïti, c’est triste, c’est horrible..., ce sont tous ces sentiments mêlés qui vont pousser entre les décombres. Mais une fois encore, il faut mettre la race humaine devant le fait accompli pour lui enseigner que sa nature première n’est pas belliqueuse. Si l’homme pouvait être un loup pour l’injustice, nous en sortirions tous grandis.
Ce qui est triste dans ce genre d’histoire, c’est la mort programmée des bons sentiments qu’on va balayer sous le tapis du temps. L’oubli va encore nous donner bonne conscience et garder notre morale intacte en nous rappelant que la vie continue. C’est aussi un paradoxe gravé dans notre écorce: nous avons besoin du malheur des autres pour maintenir l’espoir dans un monde qui en manque cruellement . La solidarité internationale qui déploie ses ailes et plane sur les cicatrices béantes d’une catastrophe fait un bien fou, car nous ne faisons alors plus qu’un, nous regardons dans la même direction.
Il y aura d’autres tremblements de terre et d’autres malheurs sans frontières pour secouer les amnésiques que nous sommes, et décréter la mobilisation des coeurs et des esprits. Dommage que cette capacité à dépasser les différences, les races et les langues soit moins coriace que tous ces conflits larvés et incompréhensibles où l’être humain apparaît sous son plus mauvais jour.
Alors oui, je suis désolé...


Montrons-nous à la hauteur  -  Jocelyn Coulon
L’ampleur de la catastrophe haïtienne impose une action rapide et un engagement de longue durée
Haïti a besoin d’aide. Un plan Marshall? Peut-être. Pour l’instant, il faut prendre tous les moyens afin d’acheminer les secours d’urgence. Dans les prochains jours, la communauté internationale devra aussi produire un plan visant à assurer une aide spéciale à la reconstruction. C’est le sens de l’appel lancé par le président français Nicolas Sarkozy pour la convocation d’une conférence sur Haïti. Entre temps, il y a déjà 9000 militaires et policiers civils de l’ONU sur place : ils peuvent beaucoup pour le pays.
L’aide humanitaire internationale s’organise pour tenter de répondre aux besoins immédiats de la population haïtienne.
L’ampleur de la catastrophe haïtienne impose une action rapide et un engagement de longue durée. Lors du tsunami de 2004 en Asie, la mobilisation mondiale avait été prompte et exceptionnelle. Deux anciens présidents américains, Bill Clinton et George Bush père, s’étaient rendus sur place et avaient été les points focaux de l’aide internationale. Ce fut un très grand succès. Clinton est l’envoyé spécial pour Haïti depuis un an. Il peut mobiliser le monde.
Avant le tremblement de terre de mardi soir, la situation économique du pays était fragile, mais montrait des signes d’amélioration. Les bailleurs de fonds avaient annoncé des contributions d’un montant de 350 millions de dollars au titre de l’aide sur une période de deux ans, et toute la dette bilatérale et multilatérale d’Haïti avait été annulée, dégageant ainsi des ressources de 40 millions par an jusqu’en 2014 pour le budget de l’État.
Sur le terrain, la création de plusieurs milliers d’emplois temporaires grâce au lancement de projets nécessitant une main-d’oeuvre nombreuse a permis de répondre aux besoins immédiats. Au début de l’année 2009, l’économiste Paul Collier avait dévoilé un plan pour l’ONU visant à utiliser les atouts du pays, qui le place en bien meilleure position que d’autres États fragiles dans le monde. Le plan de l’économiste s’articule autour de quatre idées fortes : créer des emplois par la reconstruction de certaines infrastructures et la multiplication des zones franches pour y développer l’industrie de l’habillement et l’exportation de mangues; assurer les services de base en associant l’État, le secteur privé, les ONG et la diaspora au sein d’un office de prestation de services indépendant; garantir la sécurité alimentaire en investissant dans la productivité agricole des régions à fort potentiel de production vivrière et en développant les infrastructures routières; enfin, protéger l’environnement en favorisant le reboisement, en établissant clairement les droits de propriété, et en remplaçant le charbon de bois par des bouteilles de gaz. Ce plan reste toujours valable et l’ONU devrait l’appliquer après la période d’urgence que nous connaissons.
I l est de bon ton chez plusieurs observateurs de critiquer l’inaction et l’inefficacité des Casques bleus. L’accusation a été entendue à quelques reprises, mais elle relève du mythe. Partout où des Casques bleus sont déployés et où une catast rophe naturel le f rappe, ils répondent rapidement et efficacement aux appels de détresse. La tragédie en Haïti est le baptême du feu pour la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH). Tout indique que son leadership a été décapité lors de la destruction du quartier général de la mission. Il y a toutefois 7000 militaires et 2000 policiers civils (l’ONU est sans nouvelle de certains d’entre eux) actuellement déployés dans l’ensemble du pays et ceux-ci peuvent assurer avec la police haïtienne les premiers secours et le maintien de la sécurité. Faut-il augmenter leur nombre ? Le Conseil de sécurité en jugera. Pour l’instant, il faut surtout dépêcher des unités militaires spéciales (équipes de secours, ingénieurs pour la reconstruction, hôpitaux de campagne, etc.) afin de parer au plus pressant. Le Canada vient de montrer l’exemple en annonçant que son Équipe d’intervention en cas de catastrophe (DART), composée de 200 personnes hautement entraînées et spécialisées pour ce genre de catastrophe, est prête à être déployée.
Le peuple haïtien mérite toute notre solidarité. La catastrophe est d’une telle ampleur qu’il ne faudra pas chipoter sur l’aide. Montronsnous à la hauteur.



Où est le président? -  Samuel Laroche
Depuis le tremblement de terre, René Preval s’est signalé par l’insignifiance de son impact sur la réalité haïtienne
Oui, je sais b