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QUELQUES IDÉES VENUES D’AILLEURS


UNE ARNAQUE MONSTRE - LUC MARCIL
La solution passe par le fédéralisme
UN GOUFFRE

UN COUP DE MASSUE

A-t-on oublié l’aéroport de Mirabel ? Trop d’élus, trop de maires
La cécité européenne


Honteuse et accablante mesquinerie

Inverser le processus de consentement

De nouveau tentés par l’émigration

Après la dictature, les cartels

La participation de la Chine suscite l’inquiétude des Américains

Il n’est pas trop tard
... MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS?


Doit-on s’inspirer du modèle finlandais ?

Froid diplomatique entre la Chine et la Norvège

« Cette terre est assez grande pour tout le monde »

Des pistes pour réduire le décrochage

 La colonisation, un frein au processus de paix

Oxfam plaide pour l’essor agricole en Haïti
Spectateur de l’horreur

Les États-Unis laissent-ils filer le dollar ?

L’indignation des athlètes, le désespoir des expropriés

Le changement de l’orthographe


Une loi est insuffisante

Miser sur la productivité

Un mystère de trop


Candidat par défaut

LE DAUPHIN D’ARISTIDE


Le marché américain prend du mieux


La correction s’annonce sévère en Chine


L’avis sur le Kosovo fait avancer la souveraineté -
DANIEL TURPDANIEL TURP

Pas de quoi pavoiser - BENOÎT PELLETIER

Des négociations cruciales


À ces prix-là, je loue



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L'ACTUALITÉ

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Ces hauts dirigeants anglophones ne parviennent pas à apprendre le français parce que personne ne leur parle en français. J’ai travaillé toute ma vie en anglais parce que mes patrons étaient toujours unilingues anglais. Ils suivaient des cours de français, mais aucun ne le parlait. Les amis anglais apprendront bien plus vite lorsque tous se concerteront pour leur parler en français. Souvent, ce sont les francophones qui s’imposent l’anglais même quand ce n’est pas nécessaire. Lorsque l’anglais se parlera tout seul, il fera l’effort. — Louis De Kinder

Comme ça, le PDG Louis Vachon ne fera pas la « chasse à l’anglais » à la Banque Nationale. Tellement plus facile d’y chasser le français de la haute direction, n’est- ce pas ? Désolant, vraiment.— Pierre Cliche, Boucher ville

Plusieurs irrégularités sont déjà signalées concernant la mise en place du Plan Nord, entre autres l’utilisation de prête- noms autochtones pour l’obtention de contrats. Compte tenu des allégations de collusion et de tricherie qui rongent la crédibilité du gouvernement actuel, on en vient à penser que le Plan Nord sert de vaste écran pour un redéploiement des méthodes suspectes afin de favoriser les « amis » du PLQ. Jacques Parizeau a sûrement raison: nous sommes en train de nous faire avoir là aussi.
— Claude Courtemanche, Sherbrooke

Pendant que le gouvernement du Québec continue d’autoriser l’exportation de l’amiante dans le tiers- monde, on procède à des travaux de désamiantage à coups de millions au restaurant Hélène- de- Champlain pour raison de salubrité. Deux poids, deux mesures. Honteux. — Robert Pellerin

Tous ceux qui voyagent un peu savent qu’on peut acheter des cigarettes canadiennes détaxées, donc à rabais, avant de franchir la frontière américaine. Comment expliquer un tel privilège accordé aux fumeurs alors que la société et les services de santé se tuent à essayer de convaincre les fumeurs d’écraser ? Il faut abolir ce privilège, car pour cesser de fumer, il faut un message clair. Il en va de notre santé! — Guy Beaulieu, Montréal

Quelle bonne nouvelle que ces pouvoirs accrus aux pharmaciens. Il faut féliciter les différents intervenants d’avoir réussi à mettre de l’avant cette nouvelle façon de fonctionner. Mais pourquoi ne pas l’avoir fait il y a 10 ou 20 ans? Y a- t- il beaucoup d’autres solutions évidentes comme celle- ci qui prennent des années à être mises en place à cause du protectionnisme
malsain de certains « clans » trop conservateurs ou avides de pouvoir ?

Le ministre des Transports du Québec, Pierre Moreau, a déclaré que les normes de protection incendie nord- américaines ne s’appliquaient pas au tunnel ferroviaire du mont Royal, parce qu’il a été construit avant leur adoption. Cette réponse est aberrante. Le ministre pourrait aussi bien dire que les détecteurs de fumée n’ont pas à être installés dans les logements qui ont été bâtis avant leur invention! — Jean- Paul Béala, Blainville

Si le dénouement de l’affaire Noir Canada en désole plus d’un, il reste que les auteurs du livre et Écosociété n’offrent ni rétractation ni excuses à Barrick Gold. C’est toute une victoire, d’autant plus que le système de justice canadien surprotège le droit à la réputation. Le pouvoir de l’argent n’obtiendra pas non plus de voir ce livre disparaître totalement de l’espace public et de nos têtes. Personne n’a nui plus à la réputation de la célèbre minière qu’elle-même.

À BIEN Y PENSER— Micheline Comte, Salaberry- de- ValleyfieldMadame la mairesse Rouleau, vous êtes le genre de politicienne qui fait renaître en moi l’espoir qu’un jour, la façon de faire « des affaires » sera plus respectable. Depuis longtemps, je pense que les femmes peuvent faire de la politique autrement... comme vous êtes en train de le faire. Non, ce ne sont pas des cojones qui vous donnent ce courage. Votre audace et votre détermination vous viennent du coeur, ou plutôt du « coeur au ventre » .

Don Cherry, la grande gueule de service à CBC, délire de plus en plus. Son discours sur la crainte, selon lui, non fondée des commotions cérébrales est complètement absurde. Il est important de nous rappeler que ce sont les contribuables qui paient une fortune afin que ce clown puisse sévir sur les ondes de la société d’État. Pathétique. — Jean Chenay, Sherbrooke

La honte : les frères de Sainte-Croix verseront 18 millions en dédommagement aux victimes des confrères pédophiles au Québec. Mais d’où vient cet argent ? Des fidèles au fil des années qui destinaient leurs dons à des oeuvres charitables, la plupart du temps. Les congrégations et autres sociétés catholiques paient ainsi des millions un peu partout dans le monde pour se faire pardonner les horreurs commises sur des enfants.

En Autriche, lorsque vient le temps d’accorder un contrat pour refaire ou bâtir une autoroute, on écarte le plus haut et le plus bas soumissionnaire, on calcule la moyenne de ceux qui restent et on choisit celui qui s’approche le plus de la moyenne. Une autoroute est constituée de 25 cmde béton recouvert de 25 autres cm d’asphalte. Elles sont conçues pour durer 35 ans. Pourquoi ne peut-on pas faire la même chose ici ? — Léon Bérard, ingénieur

Les propos de Norman MacMillan à l’endroit de la députée adéquiste Sylvie Roy sont parmi les plus déplacés que nous ayons entendus à l’Assemblée nationale. Cela dénote non seulement un flagrant manque de savoir-vivre, mais aussi un mépris total de l’institution. Pourtant, tous les députés libéraux s’étaient engagés au printemps à améliorer le ton des débats dans notre parlement. Ont-ils changé d’avis, ou est-ce simplement le naturel qui est revenu au galop? — Steve Boucher, Lévis

Au Québec, on souffre du « syndrome de la répétition » . Nous avons déjà eu deux commissions d’enquête sur la construction et elles n’ont rien réglé. La population ne veut pas de commissions pour régler un problème, elle veut voir des têtes rouler à la télé. Si, en 1975, le gouvernement avait institué une escouade permanente chargée de surveiller l’industrie de la construction, les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui n’existeraient pas.

M. Charest, je comprends que votre gouvernement ait déjà entrepris des démarches d’une certaine envergure pour enrayer le fléau de la corruption. Cependant, si vous avez à coeur l’intérêt public, la transparence et la protection des fondements mêmes de notre démocratie, vous devez déclencher une enquête publique. Il en va de la confiance des citoyens du Québec envers votre gouvernement, la fonction publique et l’industrie de la construction.— Karl Bourassa, Coaticook

J’ai bien failli m’étouffer lorsque le ministre Jean-Marc Fournier a clamé haut et fort que son gouvernement favorisait la liberté de choix pour les couples. À l’entendre, le Québec serait un endroit de prédilection pour ceux qui recherchent le libre choix. Pourtant, au Québec, les parents sont jugés trop stupides pour placer leurs enfants dans l’école de leur choix, surtout s’il s’agit d’une école anglophone. Québec, terre du libre choix. Elle est bien bonne ! — André Bordeleau, Pointe- Claire

Depuis la rentrée scolaire, le métro est devenu invivable. Chaque trajet que j’effectue matin et soir est insupportable tant lemétro est bondé. Parfois, découragé, il m’arrive d’en laisser passer un. Mauvaise décision, le suivant est souvent pire. Il faut manquer de civisme et charger les gens pour ne pas arriver en retard au travail. Les citoyens sont-ils devenus des cochons pour être ainsi entassés dans de vieux wagons? Comment une société qui fait tant la promotion des transports en commun peut-elle échouer autant ? — Francis Larocque

Le député Pierre Curzi déplore les dérives du bipartisme, car ce système permet à un gouvernement d’exercer tous les pouvoirs même si la majorité de la population ne l’a pas appuyé lors d’une élection. Ainsi, les élus ne seraient pas tenus de prendre en compte la volonté d’une majorité de citoyens dans leurs décisions. Conséquemment, M. Curzi ne devraitil pas prendre en considération le fait qu’une grande majorité desQuébécois ne veut pas de la souveraineté? — Donal Archambault

Après avoir provoqué la désunion au sein du PQ, l’instigateur du NMQ, Jocelyn Desjardins, lance un appel à l’unité des forces indépendantistes. Décidément, les souverainistes ne savent plus ce qu’ils veulent et, surtout, ils n’ont pas compris le message que les Québécois leur ont lancé en balayant le Bloc québécois de la carte en mai dernier. Ils sont incapables d’admettre qu’une vaste majorité de Québécois n’adhèrent plus à leur option, pour le moment et probablement pour longtemps. — Dominique Valiquette, Laval

À la vague des sports extrêmes déjà bien ancrée dans nos moeurs s’ajoutent depuis quelque temps la politique des débats extrêmes chère à nos voisins du Sud et, maintenant, les humeurs extrêmes des marchés boursiers. Nous vivons dans l’ère de l’excès et de l’extrême. Il ne s’agit pas de montrer du doigt nos sportifs, politiciens ou spéculateurs boursiers, mais bien cette folie partagée par nous tous à vouloir pousser à l’extrême: tatouages extrêmes, jeux vidéo extrêmes, tueries extrêmes.
— Pierre Clément

Notre politique du plus bas soumissionnaire met des vies en danger. C’est connu que « la déception de la mauvaise qualité dure plus longtemps que le plaisir du bas prix » . Il faudrait adopter une politique d’appel d’offres semblable à celle de la France où la soumission doit inclure l’entretien de l’infrastructure sur une période prolongée. Ainsi, il serait dans l’intérêt des firmes sélectionnées de livrer un travail de qualité afin de ne pas passer leur temps à le réparer.
— Jean- Pierre Picard, Gatineau

Avant de mettre de l’avant le Plan Nord, il serait intéressant que nos dirigeants terminent le « Plan Sud » . La métropole est un grand chantier dont on ne semble pas voir la fin. Les infrastructures ne cessent de se détériorer. Le CHUM accuse un retard inexcusable. Mais le Plan Nord, lui, réglera tous les problèmes...— Jean Chenay

Plusieurs députés du PQ ont vu, avec horreur, leurs cousins, les députés du Bloc, être battus le 2 mai devant des inconnus du NPD. Ils ont maintenant peur de subir le même sort... Ils cherchent donc à sauver leur peau en sautant du bateau péquiste, dans un radeau ou directement à l’eau. Et ils voient
arriver le gros paquebot Sirois-Legault, tout nouveau et tout beau.
– Gilles Bousquet, St-Hyacinthe

QUELQUES IDÉES VENUES D’AILLEURS
La Presse
> Àamsterdam et dans certains quartiers de Londres, les tarifs de stationnement varient en fonction des émissions de gaz carbonique. Plus une auto est polluante, plus c’est cher. > La ville de Nottingham facture aux entreprises des frais de 400$ par an pour chaque place de stationnement offerte à un employé.
> Stockholmimpose des « frais de congestion » à toutes les autos qui entrent au centre-ville. Aumoment de son adoption, cette mesure s’est heurtée à un mur de colère. Pour faire passer la pilule, les autorités ont promis de la soumettre à un référendumaprès sixmois d’essai. Le jour du vote, laville a gagné son pari: les électeurs ont dit oui.
> Àcopenhague et à Anvers, des rues ont été aménagées de telle manière que les enfants peuvent y jouer en toute sécurité. Des obstacles physiques tels que des bancs ou des arbres forcent les voitures à rouler très, très lentement.
> Dans lemême esprit, Amsterdam a opté pour la formule des woonerf, littéralement: des rues vivantes. Les besoins des piétons passent avant ceux des autos, dont la vitesse est limitée à 30km/ h. Il s’agit en fait d’un espace partagé entre cyclistes, piétons, enfants qui jouent et... autos, qui avancent à une allure d’escargot. Ces rues suivent souvent une courbe, et le stationnement est permis tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Même les automobilistes délinquants peuvent difficilement dépasser la vitessemaximale.
 > Depuis les années 90, la ville de
Zurich a progressivement implanté dans tous les quartiers résidentiels des zones « Tempo 30 » , qui limitent à 30 km/ h la vitesse maximale permise. Le trafic est si lent qu’on a pu abolir les passages piétons: on peut traverser n’importe où sans risquer de se faire tuer.
> La villedeportland, enoregon, s’est lancée dès 1993 dans un projet audacieux visant à densifier ses villes de banlieue, à diminuer la circulation automobile et à populariser les transports en commun. Au lieu demesures dissuasives comme on en voit en Europe, Portland a opté pour la « carotte » des transports en commun. Elle a fait construire cinq lignes de train léger qui rayonnent à 40kmau-delà des limites de la ville. Le passage coûte trois fois rien: un peu plus de 2$ pour un trajet équivalant àmontréal– Saint-Jérôme! Au centre-ville, les transports sont carrément gratuits. Oui, mais d’où vient l’argent? D’une taxe de 0,7% de la masse salariale imposée aux entreprises. « Les employeurs ont tout intérêt à ce que leurs employés arrivent au boulot à l’heure et sans stress » , fait valoir David Hanna, professeur au département d’études urbaines de L’UQAM. Bilan: la part des transports publics est passée de 4% à 12% de l’ensemble des déplacements. Il faut dire que Portland partait de loin, de bien plus loin que Montréal.



UNE ARNAQUE MONSTRE -
LUC MARCIL
LUC MARCIL L’auteur est avocat, comptable agréé et spécialiste en juricomptabilité. Il réside à Lorraine.
LaPresse

Nous assistons à un transfert de richesse sans précédent du Trésor public aux coffres d’organisations criminelles
Dès maintenant, il faut faire table rase dans l’industrie de la construction et éliminer les mesures interventionnistes qui empêchent la libre concurrence.
Mes collègues et moi avons mené plusieurs enquêtes de nature financière à travers les années, autant dans le secteur privé que dans le secteur public. L’élément central qui caractérise les situations d’abus dans le secteur public est toujours le même: une stratégie concertée, mise de l’avant par des élus ou gestionnaires non élus, pour miner systématiquement de l’interne les institutions chargées de la protection des intérêts publics.
Nous sommes en plein coeur de la plus grosse arnaque de l’histoire duQuébec, et tant le gouvernement Charest que l’administration Tremblay en sont des témoins passifs, écrit Luc Marcil.
La stratégie est simple: on brandit le spectre des déficits et, sous la prétention de devoir procéder à des compressions budgétaires, on éviscère les institutions publiques de leurs compétences fondamentales et on confie le travail à « nos amis » du secteur privé, sans aucune mesure de contrôle ou de sauvegarde.
Les « conseillers externes » sont chargés d’exécuter le travail et de « s’autovérifier » . Il n’y a plus d’indépendance, on baigne dans les conflits d’intérêts. En clair, c’est l’inceste, les orgies, un « bar open » . Naturellement, les contribuables paient la note.
Il y a 50 ans, les entrepreneurs en construction sans vergogne soudoyaient les inspecteurs de chantiers et mettaient 6 pouces de pierre concassée plutôt que 24. Aussitôt le printemps venu, nos routes se mettaient à « gondoler » . Aujourd’hui, ils n’ont même plus besoin de s’adonner à desmanoeuvres si « grossières » . Le système est « pipé » d’avance.
La construction commerciale et industrielle au Québec est truffée de mesures interventionnistes qui font fi de la loi de l’offre et de la demande et qui éliminent carrément toute concurrence.
Le placement des travailleurs est sous le contrôle effectif d’un syndicat et les salaires sont fixés par décrets. La complexité de nos lois et le pouvoir syndical érigent des barrières infranchissables face aux entrepreneurs des autres provinces ou des États américains limitrophes qui ne peuvent soumissionner sur une grande partie des contrats accordés par nos administrations publiques.
Nous nous retrouvons donc avec quelques « joueurs » qui ne sont soumis à aucune concurrence et qui se liguent en cartelpour faire la pluie et lebeau temps. Ajoutons à ça les firmes de « génie-conseil » qui conçoivent les plans et devis, qui bien souvent font la surveillance de chantiers et la gestion des projets, et vous avez tous les ingrédients pour en arriver à un gros party à la dérive qui a dépassé depuis longtemps la limite de la décence et qui a sombré dans la vulgarité et la pestilence.
Nous sommes en plein coeur de la plus grosse arnaque de l’histoire du Québec et, fort probablement, du Canada. Nos administrations publiques accordent des contrats de plusieurs milliards pour rénover ou construire nos infrastructures alors que nos mesures de contrôle et de sauvegarde ont carrément été éliminées ou systématiquement amenuisées au point d’être devenues inefficaces.
Nous assistons à un transfert de richesse sans précédent du Trésor public aux coffres d’organisations criminelles. Plusieurs de nos élus, autant au niveau provincial que municipal, agissent en facilitateurs et ne sont que tropheureuxde s’adonner à un trafic d’influence éhonté.
Dès maintenant, il faut faire table rase dans l’industrie de la construction et éliminer les mesures interventionnistes qui empêchent la libre concurrence. Il faut également faire table rase au niveau de nos élus, tant au niveau provincial que municipal.
Le gouvernement Charest et l’administration Tremblay sont des témoins passifs de ce spectacle désolant. Le gouvernement Charest semble même faire tout en son pouvoir pour bloquer toute intervention qui pourrait mettre en péril de quelque manière que ce soit cette « combine » si payante. C’en est devenu indécent. Il ne faut toutefois pas se faire d’illusion, l’histoire nous enseigne que ce n’est certainement pas le parti de Pauline Marois qui changera quoi que ce soit.
Ce dont nous avons un urgent besoin au Québec, ce sont des gens de talent, caractérisés non pas par leurs convictions nationalistes ou fédéralistes, mais par leur intégrité et leur honnêteté. Des gens qui n’en ont rien à cirer d’une « carrière de politicien » mais qui sont, prêts pour le temps d’un mandat électoral ou deux, à faire le nécessaire pour éliminer cette gangrène qui nous ronge de l’intérieur.
François Legault, si vous êtes sincère dans vos intentions et votre démarche, je suis partant.



La solution passe par le fédéralisme

LAURENT DESBOIS
L’absence de gouvernement européen conduit forcément à des problèmes structurels qui minent la viabilité de l’euro.
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a récemment proposé de créer un poste de ministre des Finances de l’Europe, afin de soutenir l’intégration fiscale dans la zone euro. Un tel ministre, s’il pouvait exercer de réels pouvoirs, permettrait assurément d’avancer dans la bonne direction, car c’est justement le manque de pouvoir européen central qui rend difficile la stabilité de l’euro et la gestion des crises liées à cette devise.
Pour l’instant l’euro est une devise sans État. Il existe bien certaines institutions européennes : Parlement, Cour des comptes, Banque centrale – la seule entité européenne qui défend l’euro. Mais l’absence de gouvernement « fédéral » , démocratiquement élu et qui pourrait défendre l’intégrité de l’euro, en imposant par exemple des transferts fiscaux, conduit forcément à des problèmes structurels qui minent la viabilité de l’euro.
Par exemple, depuis la création de cette devise, en 1999, on a vu trois développements qui causent beaucoup d’instabilité, vu l’absence de gouvernement central. Premièrement, la Grèce a pu s’endetter au point où elle se trouve maintenant au bord de la faillite. Deuxièmement, les coûts de maind’oeuvre dans les pays périphériques comme la Grèce, l’Espagne et l’Irlande se sont élevés d’environ 30% par rapport à l’Allemagne, ce qui a rendu ces États peu compétitifs.
Cela a créé du chômage, et celui-ci ne peut diminuer par des déplacements de main-d’oeuvre d’un pays européen à l’autre, puisque des barrières linguistiques et culturelles freinent la mobilité des travailleurs. Les salaires dans les pays périphériques doivent donc s’ajuster à la baisse, ce qui ne se fera pas sans générer des tensions sociales et politiques. L’absence de transferts fiscaux alimentera ces tensions.
Troisième développement négatif: le crash après l’excès de crédit dans cespays de la périphérie européenne et le règlement de la note à payer par leurs contribuables. Rappelons que l’adoption de l’euro, monnaie forte et plus sécuritaire que les diverses devises nationales européennes, avait fait baisser les taux d’intérêt de ces États périphériques. Il s’en est suivi une orgie d’emprunts publics en Grèce et privés en Espagne et en Irlande – les prêts provenant essentiellement de pays en surplus comme l’Allemagne.
Résultats: les banques des pays périphériques ont augmenté leur levier, les ménages ont obtenu les crédits pour investir dans l’immobilier, ce qui a provoqué une bulle immobilière suivie d’un crash, après 2008. L’Irlande a alors empiré les choses en se portant garante des dépôts placés dans ses banques nationales. Or, les sommes à couvrir dépassaient largement les capacités financières de l’État irlandais.
Certes, l’euro a éliminé les risques de dévaluation des anciennes devises européennes, mais en faisant apparaître de nouveaux risques, rattachés aux dettes nationales et bancaires. Le manque d’institution fédérale rend très difficile le règlement de ces problèmes souverains et bancaires. La proposition de JeanClaude Trichet de créer unministère des Finances est un pas important dans la bonne direction. Un gouvernement fédéral permettraitdedécider de la répartition de la note à régler pour recapitaliser les banques et renflouer la Grèce, autrement dit d’arbitrer le prélèvement des sommes nécessaires entre les contribuables grecs, irlandais et allemands, les détenteurs d’obligations ainsi que les banques. En l’absence d’un gouvernement fédéral, on fait face à des tiraillements nationaux qui éloignent les pays les uns des autres.

C’est ainsi que la devise européenne est devenue une source d’instabilité financière, économique et politique, alors qu’elle devait être synonyme de stabilité. « Il n’y a pas d’exemple dans l’histoire économique d’une union monétaire qui n’est pas associé à un seul État » , disait Otmar Issing, économiste en chef de la Banque centrale allemande, 10 ans avant la création de l’euro. Ou bien les Européens choisiront de fonder cet État ou l’euro disparaîtra.



UN GOUFFRE

PIERRE MARTIN
Les données de la Boussole électorale révèlent de grandes différences entre les opinions des Québécois et celles des autres Canadiens
Si le gouvernement Harper opère un net virage conservateur, sa vision du pays risque d’aliéner le Québec.
De toutes les données d’opinion recueillies lors de la dernière campagne fédérale, les plus innovatrices sont sans doute celles de la Boussole électorale, qui a permis à plus d’un million de Canadiens de s’exprimer sur des enjeux politiques fondamentaux.
Cette énorme entreprise de col lecte de données a ses faiblesses, y compris un échantillon non aléatoire qui contraint l’analyste à la prudence, mais ses résultats ne peuvent pas être ignorés.
Un premier constat saute aux yeux : pour environ 25 des 30 questions, on note une différence frappante entre les opinions exprimées au Québec et celles du reste du pays. Ces contrastes ne sont pas sans conséquence.
D’abord, si le gouvernement Harper opère un net virage conservateur, sa vision du pays risque d’aliéner le Québec que la Boussole place à gauche des autres provinces sur les enjeux économiques et sociaux – à quelques importantes exceptions près.
Quand Stephen Harper affirmait récemment que les valeurs conservatrices sont les valeurs du Canada, il donnait aux souverainistes québécois des munitions qui pourraient leur servi r, si l’idée leur venait un jour de diriger leur ardeur au combat contre leurs adversaires.
C’est encore plus vrai dans le cas des enjeux constitutionnels et linguistiques, où la Boussole électorale fait ressortir le gouffre qui persiste entre les Québécois et les autres Canadiens. Le NPD était réceptif aux positions québécoises pendant la campagne, mais il n’a rien à gagner au Canada anglais en poursuivant sur cette lancée.
Ce n’est pas le seul point de discorde potentiel entre le Québec et le NPD que nous révèle la Boussole électorale qui, au Québec, ne pointe pas toujours à gauche. Depuis longtemps, les néodémocrates s’opposent au libre-échange avec les États-Unis et tiennent pour sacré le caractère public du système de santé. Depuis 1988, les Québécois sont davantage favorables au libre-échange que les autres Canadiens. Les principaux partis politiques et les milieux d’affaires appuient solidement l’ALENA, alors que les syndicats ont depuis longtemps cessé de s’y opposer systématiquement.
La carte de la Boussole électorale sur cette question est éloquente. Les 10 circonscriptions les plus favorables à l’expansion du commerce avec les États-Unis sont toutes québécoises, y compris cinq gagnés par le NPD, alors que 8 des 10 circonscriptions hors Québec les plus hostiles au libre-échange sont des bastions néodémocrates.
Est-ce que le NPD peut prétendre représenter les intérêts du Québec tout en rejetant l’ouverture du commerce avec les ÉtatsUnis? Il serait étonnant que le parti revienne sur sa position historique dans ce domaine pour plaire aux Québécois. Il serait aussi étonnant que ces derniers soient séduits par les appels stridents au nationalisme canadien qui motivent le protectionnisme du NPD.
Sur la santé, les Québécois se distinguent du mantra néodémocrate en favorisant davantage qu’ailleurs l’ouverture vers le privé. Comme d’autres sondages l’ont déjà montré, les Québécois appuient un système de santé public, mais ils sont plus enclins que les autres Canadiens à appuyer l’illusion que représentent les solutions de marché ou la privatisation pour remédier aux maux du système.
Jack Layton aura sans doute peine à les rallier à l’orthodoxie de son parti sur ces questions, surtout si le droit chemin passe par un renforcement du contrôle fédéral dans ce domaine.
Sur bien d’autres enjeux, dont le registre des armes à feu n’est pas le moindre, on n’a pas fini de voir les contradictions mises en lumière par la Boussole électorale provoquer des tensions internes dans le caucus du NPD.
Contrairement aux divisions qui affligent le Parti québécois, d’abord liées aux personnalités, celles qui entraveront la marche du NPD vers le pouvoir seront l’expression de lignes de faille profondes dans le paysage politique canadien.
www. boussoleelectorale. ca


UN COUP DE MASSUE
MÉLANIE DUGRÉ L’auteure est avocate.
Bien sûr que j’ai confiance en notre justice. Mais son système est-il pour autant parfait? Certainement pas. Tout comme la santé et l’éducation, le système de justice québécois est confronté à plusieurs problèmes, notamment ses délais interminables, ses coûts astronomiques et son criant manque de ressources. Toutes ces brèches ont affaibli le dossier de la poursuite dans l’affaire SharQc au point où le juge Brunton a estimé que les droits fondamentaux des accusés étaient en péril. Si cette décision ne signifie pas que le Québec est incapable de lutter adéquatement contre le crime organisé, elle démontre néanmoins clairement qu’il y a un noeud sur la chaîne demontage: des moyens extraordinaires ont été fournis aux services d’enquêtes policières sans que soient proportionnellement adaptées les ressources judiciaires, négligeant ainsi le fait qu’en définitive, c’est à la justice qu’est confiée l’ultime tâche de décider du sort des accusés. Sans l’avoir lu en détail, ce jugement m’apparaît dur et impitoyable pour la poursuite. Le message envoyé a toutefois lemérite d’être clair et espérons que si la Cour d’appelmaintient les conclusions du juge Brunton, ce sera le coup de massue nécessaire pour que soient apportés les changements que commande une justice fonctionnelle et efficace.

J’espère que le gouvernement Charest appliquera la compensation de 2,2 milliards de dollars du fédéral au remboursement de la dette duQuébec plutôt qu’à de nouvelles dépenses. Il est plus que temps de s’occuper de notre dette monstrueuse afin qu’un jour, nous ne soyons plus la province la plus endettée, la plus taxée et la moins soucieuse de ses dépenses. — Eugène Marquis

André Drouin désirait être sur la sellette, il s’y est retrouvé une fois dans sa vie. Il en est ressorti tout étourdi et aimerait maintenant faire un autre tour de piste. Il n’a pas été le premier à dire des énormités, en chevauchant le canasson de la xénophobie. Qu’il n’ait pas été sérieux avec la charte de Hérouxville, je le crois entièrement. Qu’il veuille aujourd’hui se présenter comme l’auteur d’un coup fumant, c’est pitoyable !— François Brouillard

Nous sommes allés en cour en novembre 1981 pour assurer des services scolaires à notre fils autiste. Trente ans plus tard, nous sommes toujours incapables d’encadrer les enfants handicapés et en difficulté comme il se devrait. Il y a véritablement un manque de volonté politique, mais nous avons aussi peu de respect pour nos enseignants qui, de plus, sont très mal payés. L’éducation, ce n’est pas une priorité au Québec, malheureusement. — Doris et Donald McMillan, Kirkland

Le Bloc n’a plus à s’affairer à tenter d’améliorer, à Ottawa, les choses fédérales pour le Québec, alors que son but constitutionnel est de sortir le Québec du Canada. C’est un véritable conflit d’intérêts. C’est à notre gouvernement provincial de faire des démarches auprès du
gouvernement fédéral. Vingt ans de Bloc, c’est assez !— Gilles Bousquet, Saint-Hyacinthe

Je déplore que les sondages préélectoraux déterminent les résultats d’élections. Ces sondages sont d’autant plus déterminants lorsque les sondeurs prédisent sensiblement les mêmes résultats. Depuis deux semaines, on nous prédit une vague orange. Il n’est pas surprenant que les électeurs aient opté pour le NPD non pas en fonction de leurs convictions politiques, mais selon les prédictions des sondeurs.

Qui se préoccupe des plus démunis dans la campagne fédérale actuelle ? Personne. Aucun parti politique ne parle d’eux, comme s’ils n’existaient plus; ils sont rayés de la carte électorale. Pourquoi? Parce qu’ils ne sont pas rentables électoralement. En état de survie, ils ne participent plus à la société. Ils ne vont sans doute pas ou peu voter. Ils sont mis hors jeu d’une société de performance, de mondialisation, de repli sur soi. — Yves Chartrand, Montréal

En raison de la progression du NPD, quelques circonscriptions bloquistes risquent de basculer vers un autre parti, surtout libéral. La formation de Jack Layton irait chercher des appuis auprès de bloquistes, « gauchisants » mais souverainistes. Curieux, car en votant NPD, ces gens savent très bien qu’ils feront passer un candidat libéral, ou conservateur, fédéraliste. Et ces indépendantistes voteraient pour leNPD, un parti qui est réputé très centralisateur? Bizarre, pour ne pas dire absurde.

Je suis tout à fait d’accord avec l’application actuelle de la loi 101, mais exiger que les immigrants et les francophones ne puissent fréquenter le cégep en anglais est absurde. Que veulent les péquistes au juste ? Empêcher les jeunes Québécois
d’apprendre l’anglais ? L’anglais est d’une importance capitale sur le marché du travail. Croire qu’empêcher les jeunes d’apprendre une deuxième langue aidera la cause souverainiste est loufoque. — Charles Beaudet, Saint-Charles-sur-Richelieu

Comment ne pas être d’accord avec François Legault? Je n’ai jamais compris pourquoi leQuébec avait besoin de 69 commissions scolaires pour faire le boulot que 20 académies suffisent à faire en France, qui compte huit fois plus d’habitants. Au Québec, où certains déplorent les dédoublements administratifs entre le provincial et le fédéral, comment peut-on accepter d’engraisser 69 organismes identiques, qui font exactement la même chose ?

Des experts prétendent que les risques d’une catastrophe nucléaire sont faibles au Québec. C’est ce que disaient les Japonais tout récemment... Au Québec, où à peine 2% de l’électricité provient du nucléaire, ce serait très facile de fermer définitivement notre centrale de Bécancour, d’autant plus que la centrale a besoin de transformations majeures. Mais le gouvernement Charest a décidé d’y investir 2 milliards. Le comble de l’absurdité !

Comment un parti politique aussi sérieux que le PQ peut-il proposer des changements qui rendraient mon droit de vote plus faible que celui d’une personne qui habite en région? En démocratie, j’ai toujours cru que chaque électeur avait le même pouvoir. Avec la réforme de la carte électorale, c’est la grande région de Montréal au complet qui sera désavantagée. Cette réforme ne peut pas aller de l’avant, on ne peut pas avoir différents types d’électeurs au Québec. — Mathieu Filiatrault, Montréal

L’accident nucléaire au Japon nous rappelle l’importance de l’existence de chiens de garde indépendants du gouvernement pour le contrôle de la sécurité dans les centrales nucléaires. Linda Keen, ex-présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, a été congédiée par le gouvernement Harper en 2007 pour avoir refusé de remettre en service la centrale deChalk River parce qu’on n’avait pas corrigé le problème dont souffre justement les centrales en panne au Japon.

L’intégration à tout prix a totalement bouleversé le fragile équilibre en classe. Car maintenant, au lieu d’aider et de guider, nous sommes réduits à traîner et à tirer, à faire ce qu’on peut. Trop d’enfants en difficulté dans une classe entraînent inévitablement la majorité vers le bas. Nous, les profs, devons tirer 29 enfants vers le haut, tous les jours. Nous sommes fatigués et vidés. — Nathalie De Serre, enseignante

Le rapport du BAPE est rassurant. Mais il estmoins rassurant de constater que notre gouvernement continue de gérer par à-coups, alors que presque tout le monde avait compris qu’étudier et encadrer tout nouveau projet, ça se fait avant de le lancer, pas après. Mieux vaut tard que jamais, mais on reste encore avec une impression que le bien public passe après les désirs du gouvernement

Le ministre Jean-Marc Fournier fait une grave erreur en démotivant totalement les procureurs de la Couronne,
qui sont la colonne vertébrale de la justice au Québec. Il devrait plutôt reconnaître leur expertise très importante dans la défense des victimes de crimes, pour la société tout entière. Ils ne sont pas de simples employés de
l’État. Quel mépris le ministre leur a témoigné!—Gilles Jodoin, médecin

Les isotopes médicaux pour le traitement du cancer sont 20 fois plus radioactifs que l’ensemble des générateurs de vapeur qui seront transportés pour être recyclés en Suède. On les transporte chaque jour par camion, avion, bateau. Devrait-on empêcher leur transport et priver de soin les cancéreux au nom de la santé publique ?- André Michaud, Québec

Nous avons droit à un raffut du tonnerre de nos étudiants lorsqu’il est question d’acquitter des droits de scolarité comparables à ceux exigés dans les universités de Toronto ou Vancouver. Cependant, ces mêmes étudiants, devenus procureur ou médecins, s’empresseront de revendiquer des salaires identiques à ceux versés en Ontario et en Colombie-Britannique. Il serait étonnant toutefois qu’ils exigent de payer les frais de garderie ou les tarifs d’électricité qui ont cours là-bas. — RalphWhite

Voilà qu’on en apprend plus sur le copinage du premier ministre François Fillion avec les autorités égyptiennes du dictateur Moubarak. La France préfère les dictatures, comme en Afrique noire, où les dictateurs qu’elle soutient lui garantissent des monopoles d’État sur lesquels asseoir les sociétés françaises. Incapable d’assumer la mondialisation, l’économie française est friande de ces monopoles qui lui évitent toute concurrence étrangère.— Michel Gaudette, Trois-Rivières

Chassez le naturel et il revient au galop. Chevaux et chameaux viennent à la rescousse du dictateur Hosni Moubarak. Un retour au Moyen-Âge. Les casseurs envoyés par Moubarak ont sauvagement attaqué les opposants à son régime. Eux qui ont manifesté dignement et pacifiquement pendant plusieurs jours pour demander la fin de l’État policier qui dure depuis 30 ans. Ce bon peuple égyptien ne mérite pas de vivre oppressé par une dictature qui leur semble éternelle.

Je trouve enrageant de voir Stephen Harper et Lawrence Cannon se poser en donneur de leçons sur la façon dont les choses sont menées en Égypte ou en Tunisie. Qu’on ne se borne qu’à torturer un seul enfant-soldat commeOmar Khadr, ou qu’on fasse torturer une horde d’opposants n’importe guère. Ce qui est inacceptable, là où on doit tracer la ligne, c’est face à la torture ellemême. Et en matière de droits de l’homme, le Canada ne peut plus que se taire. — Sébastien Lavoie, Verdun



A-t-on oublié l’aéroport de Mirabel ?

CHRISTIAN LERAY
L’auteur est président de Prisme Média, compagnie d’analyse de presse. Depuis que La Presse a dévoilé les conclusions de deux rapports affirmant que le pont Champlain pouvait s’effondrer « partiellement » , tout le monde s’accorde pour que les travaux de construction du nouveau Champlain débutent le plus rapidement possible. Pourtant, il est essentiel de se « hâter lentement » .
En effet, si l’on revient quelques années en arrière, on constate qu’il serait bon de ne pas répéter les erreurs du passé et d’en tirer les leçons. Une des principales est la construction de l’aéroport de Mirabel, qui a couté à l’époque 500 millions de dollars… et qui est aujourd’hui fermé! La raison: les deux chocs pétroliers des années 70 qui ont stoppé net le développement du trafic aérien. Alors que tout le monde pensait que celui-ci allait exploser et que Dorval serait très rapidement débordé.
Aujourd’hui, le cours du pétrole ne cesse d’augmenter. Le prix de l’essence est à son plus haut niveau historique. Il frôle les 1,50$ le litre à Montréal. Les ressources pétrolières étant limitées, ce prix ne fait que commencer à grimper. Lorsque le litre d’essence dépassera les 2$, ce qui ne devrait tarder, la circulation automobile fléchira immanquablement.
Non seulement l’impact sur notre économie sera majeur, car nous ne serons pas prêts à faire face à une telle hausse, mais en plus, nous nous retrouverons avec des infrastructures désuètes alors qu’elles nous auront couté les yeux de la tête. On parle déjà de 6 milliards de dollars pour bâtir le nouveau Champlain. Et il ne s’agit que des études préliminaires. Rappelons-nous les coûts du métro à Laval, qui ont presque triplé, passant des 300 millions prévus à plus de 800 millions!
Bref, nous nous apprêtons à payer très cher pour des infrastructures qui dans 10 ans ne répondront peut-être plus aux besoins. Car ces besoins, quels seront-ils avec le litre d’essence à plus de 2$ le litre? Il s’agira de transporter au moindre coût passagers et marchandises alors que la voiture et le transport routier seront devenus exorbitants. Et la solution sera le rail.
La plupart des gens qui empruntent le pont sont les banlieusards. L’AMT ( Agence métropolitaine de transport) va donc avoir une grosse commande au cours des prochaines années, notamment si le pont doit être fermé pendant plusieurs semaines ou mois à cause de travaux d’entretien. Les stratèges de l’AMT doivent déjà plancher sur des plans d’urgence et sur les besoins dans 10 ans, lorsque le prix de l’énergie forcera le public à emprunter massivement les transports en commun.
Car il est faux de croire que la voiture électrique résoudra le problème. En effet, il faudra toujours produire de l’énergie pour la propulser. Ensuite, les batteries sont constituées de minerais appelés « terres rares » . Leur nom est justement dû au fait qu’ils sont très rares. Cela signifie qu’il y aura une pénurie de ces minerais dès que la voiture électrique se démocratisera. Cette fausse solution n’est donc pas viable à long terme.
Autre importante préoccupation: le transport de marchandises. Les gens d’affaires nous répètent que Montréal risque l’asphyxie si un nouveau pont n’est pas construit rapidement. Là encore, la solution doit passer par le rail. C’est le moyen le plus écologique, économique et efficace dans un contexte de pétrole cher de transporter les marchandises. Avec un système bien rodé, Montréal ne craindrait aucune pénurie.


La réforme électorale est-elle dans la bonne voie ?
La réforme électorale est-elle dans la bonne voie ?
La multiplication des circonscriptions et les acrobaties pour la
préservation de celles qui sont sacrées nous rapprochent très peu d’un équilibre de la représentation démocratique à l’Assemblée nationale. Ne serait-il pas opportun de revoir la carte électorale sans égard aux
acquis passés de certaines régions, ni au souci des partis de préserver des bastions ?
— Denis Laplante, Morin-Heights


Trop d’élus, trop de maires

Trop d’élus, trop de maires, les fonctionnaires les mieux payés de toute la fonction publique. Quand nous serons convaincus que la direction de la Ville de Montréal fait des efforts pour réduire ses dépenses, alors ce sera plus acceptable de voir notre compte de taxes augmenter.



La cécité européenne
GUY SORMAN
Les Étatsmalades de l’eurozone sont victimes de leurmauvaise gestion et de leur manque d’audace
L’Europe est tirée vers le bas par des raisons qui exigeraient plus que du raccommodage.
Les dirigeants européens, tels des pompiers pyromanes, courent d’un feu à l’autre, en oubliant qu’ils avaient euxmêmes allumé l’incendie.
La détresse financière de la zone euro est, en effet, le résultat d’erreurs de gestion publique: dans les temps prospères, les gouvernements adoptaient des budgets en déficit, persuadés que la croissance à venir épongerait les dettes. Quand la crise fut venue, le libéralisme fut déclaré coupable; et c’est au nom de la relance, dite keynésienne, que les déficits furent aggravés. Au déficit de la prospérité s’est ainsi ajouté le déficit de la stimulation, qui n’a rien relancé du tout.
Les marchés financiers, c’est-à-dire les épargnants, s’en inquiètent : ils exigent avec raison des taux d’intérêt à la mesure des risques qu’ils prennent. Contrairement à ce que l’on entend ici ou là, ce n’est pas l’euro qui génère leur scepticisme, mais la capacité ou non de certains pays de croître suf f isamment pour rembourser leurs dettes: la preuve en est que l ’ euro al lemand se porte bien et l’euro grec fort mal. Un même euro, mais pas les mêmes perspectives de croissance : les États malades de l’eurozone ne sont donc pas victimes d’un complot, mais de leur mauvaise gestion et de leurs idées courtes.
Il est faux aussi d’imaginer une sortie de crise par de seules mesures de sauvetage financier. L’Europe est, en vérité, tirée vers le bas par des raisons qui exigeraient plus que du raccommodage. Tout d’abord, les États-Providence ne sont plus viables parce qu’ils furent initialement conçus sur la redistribution des classes jeunes vers les classes âgées. Or, les jeunes deviennent moins nombreux que leurs aînés et vivent moins bien qu’eux.
Couper dans les avantages de l’État providence permet de gagner du temps, c’est impopulaire et, surtout, ce n’est pas un programme : les fondements du système luimême devraient être repensés en le fondant, pour l’avenir, sur l’épargne personnelle et en introduisant des innovations radicales. On suggérera, par exemple, « l’impôt négatif » ( un projet de Milton Friedman) pour tous, qui remplacerait à terme les programmes d’aide sociale.
La sortie de crise exigerait aussi de restaurer l’avantage comparatif de l’Europe. Il est maintenant acquis que les économies émergentes ne vont plus disparaître et qu’elles seront capables de produire ce que les Européens produisent, mais à moindre coût. Dans cette concurrence mondialisée, l’avenir appartient à ceux qui innovent, se spécialisent et entreprennent. On voit que la Suisse ou l’Allemagne l’emportent déjà pour ces raisons, tandis que l’Espagne, faute d’avantages comparatifs, hormis le soleil, est menacée de déclin.
Restaurer l’esprit d’entreprise prend plus de temps que de sauver les banques irlandaises ou le budget grec, mais c’est possible: la Grande-Bretagne dans les années 80, l’Allemagne dans les années 90, la Pologne au présent, partant d’un juste diagnostic, ont su créer ou recréer leur avantage comparatif sur le marché mondial par des dispositions légales, fiscales et monétaires adéquates.

La crise européenne est donc sérieuse en raison de la pauvreté de l’analyse et de l’absence de projet à long terme : ce n’est pas l’euro qui est menacé, mais l’intelligence économique ou l’audace politique qui font défaut.



Honteuse et accablante mesquinerie
En reconnaissant sa culpabilité sous pression, Omar Khadr témoigne d’une honteuse et accablante mesquinerie de la mensongère histoire des prisonniers de Guantánamo. Faiblesse de Barack Obama et hypocrisie du gouvernement canadien, soumis à la fourberie de ses voisins. Cet enfant-soldat n’a agi que par obéissance à sa propre famille, les circonstances de sa responsabilité dans la mort d’un soldat américain n’a jamais pu être prouvées hors de tout doute.

Inverser le processus de consentement

On devrait inverser le processus de consentement sur la carte d’assurance maladie pour les dons d’organes.
Toute personne qui décède devrait être un donneur automatique. Et si, pour une raison religieuse ou autre, elle ne le veut pas, elle n’aurait qu’à signer sa carte. Cela compenserait tous ceux qui oublient de signer leur carte présentement. On sauverait ainsi beaucoup de vies.



De nouveau tentés par l’émigration

MARC THIBODEAU ENVOYÉ SPÉCIAL DUBLIN
Comme des milliers de jeunes Irlandais, Polly Dennison entend quitter son île natale. Le plan d’austérité annoncé la semaine dernière par le gouvernement est venu renforcer sa détermination.L’émigration était depuis longtemps la voie d’avenir pour les Irlandais désireux de fuir lamisère économique. Les années de prospérité ont renversé la tendance jusqu’à ce que le krach économique change encore une fois le flux migratoire.
« Avec les coupes prévues, la qualité de vie ne va pas s’améliorer ici » , souligne l’étudiante en histoire de 21 ans qui entend terminer sa formation au Trinity College de Dublin avant de tenter sa chance à l’étranger.
« C’est triste que je n’aie pas l’impression de pouvoir rester ici si je veux. Mais il est clair que les perspectives d’emploi sont meilleures ailleurs » , note la jeune femme, qui rêve de partir aux États-Unis, où son frère s’est exilé il y a un an.
La mère de l’étudiante, qui vit en Irlande depuis 30 ans, songe pour sa part à retourner en Grande-Bretagne. « Elle a perdu son emploi l’année dernière. Elle se dit que c’est maintenant ou jamais » , explique Mme Dennison.
Rhys Evans, qui étudie la littérature dans le même établissement, veut aussi vivre un temps à l’étranger. Mais il ne compte pas s’établir définitivement hors de l’Irlande.
« Beaucoup de gens pensent à émigrer, mais ils n’ont pas une idée très juste de la situation dans les autres pays. Ce n’est plus comme avant, c’est difficile partout » , relate le jeune homme de 22 ans.
Deux amis partis il y a quelques mois en Californie sont « toujours joyeusement sans emploi » , ironise-t-il.
Pendant des décennies, l’émigration était la voie d’avenir pour les Irlandais désireux de fuir la misère économique. Les années de prospérité ont renversé la tendance jusqu’à ce que le krach économique change encore une fois le flux migratoire.
Selon le Bureau central des statistiques, le nombre d’émigrants a excédé de 34 500 le nombre d’immigrants pour la période de 12 mois se terminant en avril 2010, le solde négatif « le plus élevé depuis 1989 » .
Le nombre d’immigrants a sensiblement baissé au cours de la dernière année, ce qui témoigne de l’attrait réduit du pays pour les étrangers. La détérioration de l’économie rend l’intégration beaucoup plus difficile.
« Avant, on se voyait offrir l’emploi dès qu’on appelait pour une annonce, presque sans présenter de CV. Maintenant, on ne trouve plus d’emploi » , relate un chauffeur de taxi d’origine ghanéenne qui peine à joindre les deux bouts.
Certains immigrants sont aussi tentés par le départ. C’est le cas de Beta Bajeartova, Tchèque mère de deux jeunes enfants.
« On pense rentrer chez nous » , souligne la femme de 36 ans, qui s’inquiète de l’impact du plan d’austérité annoncé la semaine dernière.
« Avant, c’était gérable mais à peine. Avec les nouvelles taxes qui s’annoncent, j ’ ai bien peur que ça ne le sera plus du tout » , souligne Mme Bajeartova, qui se réjouit de ne pas avoir acheté d’appartement durant la période de frénésie immobilière.
« J’ai des amis qui ont acheté et qui sont pris aujourd’hui avec un appartement trop petit qu’ils ne peuvent vendre » , relate-t-elle.
Fintan O’Toole, chroniqueur du Irish Times qui a écrit un livre de référence sur la crise économique irlandaise, ne s’étonne pas que l’option de l’émigration redevienne alléchante pour nombre de ses compatriotes et pour les ressortissants étrangers établis au pays.
Le gouvernement, par ses mesures d’austérité, envoie le message que ceux qui restent devront payer « les dettes de jeu » des personnes « incroyablement irresponsables » à l’origine du déclin du pays, dit-il.


Après la dictature, les cartels
AGENCE FRANCE- PRESSE
MEXICO— La révolution mexicaine de 1910 a fait plus d’un million de morts et ouvert une ère de stabilité, troublée aujourd’hui par l’explosion de la violence meurtrière des cartels de la drogue.
Le soulèvement, lancé le 20 novembre 1910 par Francisco Madero, fut le premier à être popularisé en direct dans lemonde par la photo et le cinéma, et grâce à des personnalités devenues légendaires comme Emiliano Zapata ou Pancho Villa.
La révolution a mis fin à 34 ans de « dictature douce » de Porfirio Diaz, mais débouché sur 70 ans de « règne » du Parti révolutionnaire institutionnel ( PRI). Étiqueté progressiste, il a de fait maintenu le pays sous sa coupe, assurant l’ordre au prix de compromissions avec les cartels. La façade mexicaine de stabilité démocratique a contrasté pendant des années avec les dictatures et les coups d’État qui ont caractérisé l’Amérique latine.
Cette « paix intérieure » a permis au pays de développer son économie, la deuxième en Amérique latine après le Brésil, mais elle a aussi aidé les cartels mexicains à prendre le relais de ceux de Colombie dans le contrôle du trafic de la cocaïne à destination des États-Unis, premier client mondial.
Aujourd’hui, la concurrence entre trafiquants se transforme en massacres: cadavres décapités, torturés, suspendus à des ponts sur les routes, en signe d’avertissement aux concurrents et pour terroriser la population.

La participation de la Chine suscite l’inquiétude des Américains

AGENCE FRANCE-PRESSE
PÉKIN — SAIC Motor, premier constructeur automobile chinois qui collabore avec GM depuis les années 90, a confirmé qu’il avait acheté pour 1% du capital du constructeur.
« Nos 10 coentreprises avec SAIC sont à l’origine de certains des plus gros succès en Chine en matière automobile. La participation de Saic dans GM à l’occasion de son introduction en Bourse représente une nouvelle étape clé dans notre partenariat » , s’est félicité, dans un communiqué, Tim Lee, président des opérations internationales chez General Motors.
Shanghai Automotive Industry Corp ( SAIC) s’est porté acquéreur d’un total de 15,2 millions d’actions pour un montant de 500 millions de dollars, ce qui représente 0,97% de GM, selon Dow Jones Newswires.
La prise de participation de sociétés chinoises pourrait heurter les sensibilités à Washington, où la proportion de la dette publique détenue par la Chine est devenue un thème politique, tout comme le déséquilibre du commerce avec l’empire du Milieu.
« Politiquement, le climat n’est pas très accueillant pour des acquisitions chinoises aux États-Unis » , a relevé Evan Feigenbaum, directeur pour l’Asie du cabinet de conseil Eurasia Group.
Pourtant la participation d’investisseurs étrangers, y compris chinois, est logique, car les marchés émergents sont à la recherche d’investissements rentables.
La participation chinoise dans l’OPV ( offre publique de vente) de GM « n’est pas surprenante, la Chine a tout l’argent. Elle investit lourdement dans les bons du Trésor américain, elle maintient les États-Unis à flots, franchement » , pour l’analyste Michelle Krebs, chez Edmunds. com.
« Ce qui est sans doute surprenant pour les Américains, c’est qu’on leur parle beaucoup des Chinois qui vendraient des voitures ici. Cela n’est pas arrivé, mais ce que l’on voit, c’est que les constructeurs chinois et d’autres sociétés chinoises viennent par la petite porte » , a ajouté Mme Krebs dans un entretien avec l’AFP.
« C’est la mondialisation du secteur » , a-t-elle précisé. « Cela suscite plus d’intérêt parce que la Chine est devenue tellement puissante » .
En l’occurrence, vu le développement de GM en Chine, où il a été le premier à vendre plus de deux millions de voitures en un an, il est logique que les investisseurs de ce pays s’y intéressent.
La Chine est déjà le premier marché automobile au monde, et « une grande part de la croissance de l’industrie automobile dans les 10 ans à venir se réalisera hors des États-Unis » , ajoute Jesse Toprak, analyste chez TrueCar. com.

GM et son associé SAIC ont déjà annoncé qu’ils prévoyaient de développer leurs activités dans d’autres marchés asiatiques, notamment en Inde.

Il n’est pas trop tard 

ALAINDUBUC
Les événements récents pourraient aider M. Charest à changer d’idée sans perdre la face.
Les obsèques de Nicolo Rizzuto, celui qui était le parrain de la mafia montréalaise, auront lieu aujourd’hui. Bien des Québécois suivront ce rituel funéraire, son cortège de limousines, les innombrables couronnes de fleurs, les gardes du corps, avec une curiosité morbide. Ce folklore mafieux fait partie de nos vies. Comme si nous étions tous, malgré nous, des figurants dans un film de série B.
Voilà pourquoi l’assassinat du vieux parrain jouera peut-être un rôle utile. En soulignant en quoi il n’est pas du tout normal que la mafia puisse être si confortablement installée. Ce pourrait être la goutte qui fera déborder le vase, qui amènera les Québécois à exprimer leur écoeurement, à vouloir qu’on s’attaque avec plus de vigueur au crime organisé, surtout quand celui-ci a un impact sur nos vies. Ce qui est particulièrement le cas dans l’industrie de la construction.
Les enquêtes policières ne pourront pas venir à bout de ce cancer. Elles pourront sans doute permettre d’identifier et de condamner des coupables d’actes criminels. Mais il faudra beaucoup plus que cela pour exposer les rouages de ce qui est un véritable système, établir ses ramifications, décrire ses pratiques, pour en venir à bout. On n’y arrivera pas sans commission d’enquête.
Le premier ministre Jean Charest continue très fermement de s’y opposer. On devine que ce refus s’explique par la peur qu’une telle enquête n’éclabousse les libéraux, notamment à cause des liens historiques entre le Parti libéral, la communauté italienne et le monde de la construction. On sait par contre que ce refus a fait un tort considérable au premier ministre Charest et à son gouvernement.
Jean Charest s’est donc peinturé dans le coin. Mais les événements récents – la crise interne de la mafia, les révélations de La Presse et de RadioCanada qui s’accumulent sur l’étendue de son influence dans le monde de la construction – pourraient l’aider à changer d’idée sans perdre la face et à réduire les dommages politiques d’une commission d’enquête.
Ce qu’on découvre graduellement dépasse ce qu’on pouvait imaginer. Il y a assez de révélations et de faits nouveaux pour justifier le fait que le gouvernement change son fusil d’épaule et décide de prendre les grands moyens pour s’attaquer à ce fléau.
Ce virage souhaitable pourrait être facilité par le fait que ces nouvelles révélations ont aussi pour effet de réduire les risques politiques que craignent les libéraux. Et ce, pour trois raisons. D’abord, elles changent la donne, en modifiant les priorités d’une éventuelle commission, qui devra d’abord et avant tout se pencher sur la présence du crime organisé et ses pratiques – la violence, la collusion, la corruption –, ce qui aura pour effet de reléguer au second plan des questions comme le favoritisme dans l’attribution de contrats.
Par ailleurs, la présence de la mafia dans la construction n’est certainement pas un phénomène récent, qui aurait comme par hasard explosé en 2003 quand les libéraux ont pris le pouvoir. Nous sommes en présence d’une réalité bien enracinée qui ne permet pas une lecture partisane. S’il y a responsabilité gouvernementale, elle est partagée.
Enfin, on voit que le système de corruption et lespratiques condamnables ne se limitent pas à certains entrepreneurs. Lemonde syndical, notamment la FTQ, est lui aussi touché par les métastases du cancer, ce qui risque davantage de mettre le Parti québécois dans l’embarras, dont les complicités avec cette centrale sont bien connues. Assez pour imposer à l’opposition officielle une certaine retenue dans ce dossier.
Voilà autant de raisons qui devraient convaincre le premier ministre Charest de changer d’idée. Il n’est pas trop tard.


... MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS?

— Hélène Baril
« C’est comme être le plus gros producteur mondial de calèches, quand il ne s’en vend plus, ça sert à rien. » — Luc Bouthillier, professeur à l’Université Laval
On devrait savoir assez vite si Abitibi peut faire concurrence aux meilleurs producteurs de papier journal de la planète.
Ce ne sera pas facile, estime Luc Bouthillier, spécialiste de l’industrie et professeur à l’Université Laval. Le problème, selon lui, c’est qu’Abitibi n’a jamais été très présente sur ces marchés. « Les Scandinaves sont là depuis longtemps alors qu’Abitibi doit bâtir quelque chose à partir de rien. »
Le marché du papier journal ne disparaîtra pas demain matin, estime pour sa part Pierre Vézina, directeur du Conseil québécois de l’industrie forestière. Les prévisionnistes les plus crédibles, dont ceux de RISI, la bible de l’industrie, prévoient que la demande arrêtera de baisser vers 2015, souligne-t-il.
Une fois ce plancher atteint, « il y aura de la place pour quelques joueurs, dit-il. Ceux qui auront les coûts de production les plus bas survivront » .
Est-ce qu’AbitibiBowater, que son ancien président John Weaver a déjà comparée à un tank, peut maintenant faire partie de ces producteurs à bas coûts? La question ne dépend pas seulement de l’entreprise, explique Pierre Vézina. Le coût de la fibre et le taux de change, entre autres, pèsent lourd dans le bilan d’un producteur de papier journal, souligne-t-il.
Le nouveau régime forestier du Québec, qui risque de faire grimper encore le coût de la fibre, ne facilitera certainement pas la tâche d’Abitibi, croit Pierre Vézina.
Même après sa cure d’amaigrissement, AbitibiBowater reste un des plus importants producteurs mondiaux de papier journal et le plus gros en Amérique du Nord. Il n’y a pas de quoi se vanter, selon Luc Bouthillier. « C’est comme être le plus gros producteur mondial de calèches, quand il ne s’en vend plus, ça sert à rien. »
L’entreprise doit absolument profiter des quelques années qui restent avant que le marché du papier journal disparaisse pour se reconvertir dans la production d’autres produits, estime le professeur. « Si elle ne le fait pas, AbitibiBowater est seulement en sursis. »
L’avenir des entreprises forestières est dans les nouvelles technologies et les papiers intelligents, pas dans les produits de base comme le papier journal, conclut le Conseil québécois de l’industrie forestière dans une étude publiée cette semaine.
Ces avenues nouvelles sont déjà explorées par des entreprises comme Cascades avec son papier essuie-main antibactérien et Domtar, qui investit dans la nanocellulose cristalline, un matériau qui pourrait lui ouvrir d’autres marchés, comme l’aérospatiale et l’automobile.
De plus en plus, l’avenir des entreprises forestières est dans la chimie. La meilleure chose qui aurait pu arriver à AbitibiBowater, c’est qu’une entreprise de produits chimiques s’y intéresse, croit d’ailleurs Luc Bouthillier, parce que ça aurait pu lui faire prendre un virage d’avenir.
« Ça prend des gens convaincus et convaincants parce que ce genre de virage coûte cher, dit-il. Il faut investir. »
Les principaux actionnaires d’AbitibiBowater restructurée sont ceux qui ont racheté sa dette et l’ont empêché de faire faillite. Le professeur doute que les firmes d’investissement aient la vision nécessaire pour entreprendre un virage, quel qu’il soit.
« Ce sont des gens qui sont dans la business de récupérer leur argent le plus rapidement possible, pas dans celle de transformer des entreprises. »
« On aime mieux croire que cette compagnie va passer au travers, mais à moins que ses dirigeants aient un autre plan de match, ce drame va se rejouer dans quelques années, craint-il.
Si ça arrive, il s’en trouvera sûrement pour dire qu’on aurait dû laisser AbitibiBowater faire faillite en 2009.



Doit-on s’inspirer du modèle finlandais ?

MARTINE LETARTE COLLABORATION SPÉCIALE
Vieillissement de la population, coûts de la santé en hausse, faible productivité au travail, taux de décrochage scolaire élevé : les défis que les Québécois ont à relever sont nombreux. La Presse Affaires publie tous les mardis, pendant six semaines, une
« En Finlande, les enseignants sont très bien formés et très respectés. Beaucoup de jeunes veulent devenir enseignants. Il faut arriver à ça au Québec, et bien des choses suivront, comme l’autonomie professionnelle. »
— Henry Milner, chercheur à l’Université de Montréal
Le taux d’obtention d’un diplôme à la fin d’études secondaires est de 95 % en Finlande. Au Québec, il est de 88%.
 L’économiste Claude Montmarquette, qu’on aperçoit ici lors d’un point de presse en 2008, n’est pas prêt à condamner le système privé. Il y voit plutôt un concurrent qui peut servir le système public.
Les élèves finlandais trônent aussi en première place du classement PISA de l’OCDE en ce qui a trait aux compétences des jeunes de 15 ans en lecture, en sciences et en mathématiques.
Une question de gros sous? La dépense par élève du secondaire a été de 7533$US en 2006 en Finlande, soit 5,8 % de leur PIB. Au Québec, on parle plutôt de 8300$US, soit 7,4 % du PIB.
Une question d’heures d’enseignement ? De tous les pays de l’OCDE, c’est en Finlande que les élèves ont le moins d’heures de cours.
La recette du succès
La structure administrative des écoles finlandaises est très légère, apprend-on dans une étude de Secor. Le directeur d’école est un enseignant libéré de la moitié de sa tâche. C’est lui qui est responsable de l’encadrement et de la coordination pédagogique. L’administration des finances est assurée par la municipalité.
L’enseignant, qui a un niveau de maîtrise, est très valorisé dans la société finlandaise, et le recrutement est sélectif.
« Le recrutement sélectionne dès le début les candidats sur des compétences disciplinaires et théoriques, mais aussi sur leur concept i on du métier et leu rs connaissances de l’enfant. Avant de postuler à la faculté d’éducation, les Finlandais doivent avoir travaillé pendant trois ans comme assist ants » , peut-on l i re dans l’étude.
L’enseignant a une grande liberté pédagogique, pourvu qu’il respecte le c urriculum. Les enseignants ont en moyenne 15 heures d’enseignement par semaine, plus les temps de garde et la participation aux activités parascolaires.
Et l e pr i vé ? Il a été fusionné avec le réseau public en 1966. L’enfant n’a pas le choix de son école : il va à celle qui est près de chez lui et il n’y a pas de sélection.
L’école est complètement gratuite : même les fournitures scolaires et les repas sont fournis. Le Québec pourrait-il importer des stratégies finlandaises ?
Pour Henry Milner, cherc heur à l’ Université de Montréal, le succès de la Finlande ne s’explique pas que par son système d’éducation.
« Historiquement, le pays a traversé des difficultés importantes, ce qui fait que les gens accordent beaucoup d’importance à l’éducation. La population est aussi beaucoup plus homogène. Ce n’est pas la même chose au Québec », indique le professeur joint en Suède.
Le spécialiste croit tout de même que le Québec pourrait s’inspirer d’un i ngrédient essentiel au succès du système d’éducation finlandais : la valorisation de la profession d’enseignant.
« En Finlande, les enseignants sont très bien formés et très respectés. Beaucoup de jeunes veulent devenir enseignants. Il faut arriver à ça au Québec, et bien des choses suivront, comme l’autonomie professionnelle. »
L’économiste Claude Montmarquette croit aussi que l’enjeu des enseignants est capital. « Pour aller chercher la crème de la crème, il faut d’abord payer les enseignants comme l es autres professionnels, dit-il. Mais on devrait y aller selon le mérite, parce qu’il y a des bons profs et des mauvais. »
Pour faire l’évaluation, il suggère de mettre en place des examens standardisés pour évaluer la progression des élèves.
« C’est essentiel, si non les enseignants qui se forcent finissent par se tanner pui s qu’ils n’ont auc u ne reconnaissance », dit-il.
M. Montmarquette croit aussi que l’aspect administratif gagnerait à être allégé. « Ici, on a la ceinture et la bretelle ! Il faudrait couper et laisser une plus grande latitude aux établissements pour qu’ils s’adaptent à leur réalité. »
Et le privé ?
Claude Montmarquet t e affirme qu’il préfère toujours la concurrence au monopole.
« Les deux systèmes sont importants, et je crois plutôt qu’on devrait s’inspirer de la Suède, où les écoles privées sont complètement subventionnées, précise-t-il. On verrait donc des écoles pr i vées s ’ installer dans les quartiers défavorisés. Comme ça, la concurrence serait plus forte et les écoles publiques seraient poussées à s’améliorer. »
Henry Milner croit plutôt que le Québec devrait se concentrer à valoriser au maximum l’enseignement dans les écoles publiques pour attirer les meilleurs professeurs.

« Comme ça, on rehausserait le niveau et, éventuellement, les parents ne verraient plus l ’avantage d’envoyer leurs enfants au privé. Ensuite, graduellement, on pourrait réduire les subventions. »


Froid diplomatique entre la Chine et la Norvège

AGENCE FRANCE-PRESSE 
OSLO — La Chine a annulé des rencontres officielles et une manifestation culturelle avec la Norvège hier, quatre jours après l’attribution du prix Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo.
Selon le gouvernement norvégien, une rencontre prévue aujourd’hui à Pékin entre la ministre de la Pêche, Lisbeth Berg-Hansen, actuellement en visite en Chine, et les Autorités chinoises de contrôle alimentaire a été annulée in extremis.
«Selon les motifs que nous avons reçus, nos interlocuteurs avaient d’autres obligations », a déclaré à l’AFP Ragnhild Imerslund, por te-pa role du ministère des Affaires étrangères.
Une première rencontre entre Mme Berg-Hansen et le viceministre chinois de la Pêche, également prévue aujourd’hui à Pékin, avait déjà été déprogrammée lundi en réaction, selon Oslo, à l’attribution du Nobel de la paix à Liu Xiaobo vendredi. Condamné à 11 ans de prison pour «subversion du pouvoir de l’État», cet ex-professeur de littérature de 54 ans s’est vu attribuer le Nobel de la paix «pour ses efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine».
Les autorités chinoises ont aussi annulé les représentations d’une comédie musicale norvégienne mettant en scène le vainqueur de l’Eurovision 2009, le chanteur violoniste Alexander Rybak, a annoncé le compositeur Thomas Stanghelle hier.
« D’après ce que l’on nous a dit, il s’agit d’une sanction après l’attribution du prix Nobel de la paix à un opposant chinois », a déclaré Thomas Stanghelle à la chaîne TV2 Nyhetskanalen.
« Je trouve très dommage qu’on annule une représentation qui traite des possibilités et des droits des personnes handicapées », a-t-il ajouté, se disant « extrêmement triste ».
Vendredi, peu après l’attribution du prix Nobel de la paix, la diplomatie chinoise avait prévenu que le choix du comité norvégien allait « nuire aux relations entre la Chine et la Norvège ».
Les membres du comité Nobel sont désignés par le Parlement norvégien, mais ils sont indépendants du gouvernement et de la chambre.
Les échanges économiques ont fortement progressé entre les deux pays ces dernières années.
Selon les chiffres officiels norvégiens, les exportations de la Norvège vers la Chine ont été multipliées par 6,5 entre 2000 et 2009 pour atteindre 15,2 milliards de couronnes (2,63 milliards CAN) tandis que ses importations ont quasiment quadruplé sur cette période, à 32,6 milliards de couronnes (5,63 milliards CAN).


« Cette terre est assez grande pour tout le monde »

STÉPHANE AMAR
Loin des tractations politiques, un petit groupe de colons juifs et de villageois palestiniens de Cisjordanie redéfinissent les relations entre les deux communautés. Notre collaborateur est allé à leur rencontre.
GOUSH ETSION — Eliaz Cohen n’a que quelques centaines de mètres à parcourir pour se rendre de Kfar Etsion, sa colonie, à Beit Zakaria, le village palestinien voisin. Les deux localités sont situées dans le Goush Etsion, des implantations juives entre Jérusalem et Hébron. Autant dire au coeur du conflit israélo-palestinien. Pourtant, M. Cohen est accueilli chaleureusement à Beit Zakaria, surtout par Mohammed Ibrahim Atalala, le mouktar (maire), avec qui il s’est lié d’amitié.Colons et Palestiniens sont convaincus que la création d’un État palestinien dans la seule Cisjordanie est impossible.

Après lui avoir donné l’accolade, M. Atalala entraîne son ami vers la petite mosquée du village. «Je n’ai toujours pas reçu l’autorisation de poursuivre la construction du minaret», se plaint M. Atalala. «Je suis très gêné, j’ai demandé plusieurs fois aux autorités, ils m’ont promis que cela allait bientôt arriver», répond M. Cohen.
Scène de la vie quotidienne dans le Goush Etsion. Les deux hommes sont à l’origine d’Eretz Shalom (Terre de paix), une association qui regroupe colons israéliens et Palestiniens de Cisjordanie. Ils se rencontrent régulièrement pour tenter de régler à l’amiable les problèmes de voisinage et aussi rêver d’une autre paix que celle des diplomates.
Pour un État binational
«Nous avons créé cette organisation parce que nous pensons que cette terre est assez grande pour tout le monde», explique Eliaz Cohen. «Il faut en finir avec les fantasmes. Les Arabes ne nous jetteront pas à la mer, et nous, nous ne les expulserons pas de l’autre côté du Jourdain. Nous sommes tous très attachés à ce pays. Il faut donc que nous apprenions à vivre ensemble dans un seul et même État où chacun aura les mêmes droits, qu’il soit juif, musulman ou chrétien.»
L’idée d’un État binational est au coeur du combat d’Eretz Shalom. Colons et Palestiniens sont convaincus que la création d’un État palestinien dans la seule Cisjordanie est impossible. Les implantations juives y sont désormais trop nombreuses et le partage de Jérusalem relève de la quadrature du cercle. « Si nous avons tous les mêmes droits, alors chacun pourra s’installer où il le souhaite. L’essentiel, c’est que nous bâtissions une paix authentique entre nous. Que cela vienne du coeur », renchérit Mohammed Ibrahim Atalala.
Pour avancer sur ce périlleux chemin, les militants d’Eretz Shalom étudient ensemble des extraits de la Bible et du Coran, échangent sur leurs traditions, confrontent leur vision du monde. Un enseignant juif, membre du groupe, emmène ses élèves visiter des mosquées pour souligner les parallèles avec le judaïsme et montrer qu’un musulman pieux n’est pas forcément un islamiste en puissance.
«Notre démarche est parfois mal comprise chez les Juifs et chez les Palestiniens, déplore Eliaz Cohen. Beaucoup n’osent même pas dire qu’ils participent à notre initiative. Mais nous avons reçu le soutien de nombreuses personnalités politiques. Sur le terrain, nous arrivons à faciliter concrètement la vie des Palestiniens en les aidant à obtenir des laissez-passer, des permis de construire, etc.»
Les militants d’Eretz Shalom ne se font guère d’illusions: ils savent que leur démarche suscite ricanements et scepticisme chez la plupart de leurs concitoyens, juifs ou arabes. Mais ils savent aussi que toutes les tentatives de partage ont échoué, souvent dans le sang. Un jour, ils en sont persuadés, s’ouvrira une ère nouvelle où Juifs et Arabes vivront paisiblement dans un grand État qui deviendra la «perle» du Proche-Orient.



Des pistes pour réduire le décrochage

MARTINE LETARTE

à partir de la page 1 Vieillissement de la population, coûts de la santé en hausse, faible productivité au travail, taux de décrochage scolaire élevé: les défis que les Québécois ont à relever sont nombreux. Alors que la communauté d’affaires tiendra une journée d’échanges le 9 novembre dans le cadre de la démarche Focus stratégique Québec 2010 sur l’avenir du Québec, La Presse publie tous les mardis une page consacrée à un enjeu. Cette deuxième chronique, d’une série de six, porte sur le système d’éducation.
  «La classe doit être un lieu de joie alors que trop souvent, c’est une corvée pour les enfants», remarque Paul Gérin-Lajoie, premier ministre québécois de l’Éducation.
Les critiques fusent sur le système d’éducation du Québec, mais les progrès accomplis depuis les années 60 sont gigantesques.
«Notre système d’éducation francophone est très jeune si on le compare à celui de la France, des États-Unis et des autres provinces canadiennes. Il s’est bâti dans les années 60. À l’époque, le taux de d’obtention des diplômes en 11e année était de 13% chez les francophones catholiques», indique Claire Lapointe, professeure au département des fondements et pratiques en éducation à l’Université Laval.
Homme derrière la grande réforme des années 60, Paul Gérin-Lajoie a été le premier ministre de l’Éducation du Québec. Aujourd’hui, que pense-t-il du système? «J’en suis plutôt satisfait. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de choses à corriger. Le plus grand défi à l’heure actuelle, c’est le décrochage.»
Et le décrochage scolaire coûte cher. On a appris dans le rapport du Groupe de travail sur la persévérance et la réussite scolaires, sorti en 2009, qu’une cohorte de décrocheurs représente unmanque à gagner pour le gouvernement de 1,9 milliard. Pour l’individu, avoir un diplôme secondaire signifie un salaire annuel en moyenne de 40 000$ au lieu de 25 000$ et deux fois moins de chômage.
Voici quelques pistes de solution proposées par des experts pour améliorer la réussite scolaire et continuer à faire évoluer le système d’éducation.
1. Développer le parascolaire
« Un moyen de susciter de l’intérêt pour l’école chez les enfants est de développer des activités parascolaires et des matières facultatives. Il ne devrait pas y avoir une école qui n’a pas son projet», affirme Paul Gérin-Lajoie.
Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier et du Groupe de travail sur la persévérance et la réussite scolaires, est du même avis. «Fusion Jeunesse, par exemple, envoie dans des écoles de milieu défavorisé des étudiants universitaires pour mettre en oeuvre des projets choisis par les élèves. Souvent, jamais personne n’avait demandé à ces élèves ce qu’ils avaient envie de faire!»
Musique, journaux étudiants, sport, création de jeux vidéo: l’éventail de projets est large.
«Des chercheurs évaluent les résultats de ce projet et ils ont constaté qu’il améliore le taux de réussite et qu’il diminue l’absentéisme. Les gens de Fusion Jeunesse deviennent aussi des modèles et les jeunes développent un sentiment d’appartenance à l’école », affirme M. Ménard.
2.Renforcer la surveillance de la qualité de l’enseignement
«Je me demande si les commissions scolaires ou les directions d’école font tout ce qu’elles devraient faire pour suivre la qualité de l’enseignement de leurs professeurs», questionne M. Gérin-Lajoie.
Il considère qu’un enseignement de qualité, c’est l’art de susciter l’intérêt. «Le professeur ne devrait pas se contenter de donner le contenu du livre. Il devrait avoir une culture suffisante et une capacité de communication qui rendent son enseignement très satisfaisant pour les élèves de façon à ce qu’ils sentent qu’ils apprennent quelque chose et de façon amusante. La classe doit être un lieu de joie alors que trop souvent, c’est une corvée pour les enfants.»
3. Encourager les parents à jouer leur rôle
Paul Gérin-Lajoie croit que le rôle des parents demeure essentiel. «Même si les deux travaillent, ils doivent trouver du temps pour soutenir l’intérêt de leurs enfants pour l’école.»
4. Encourager les initiatives citoyennes
C’est une des grandes solutions préconisées par Jacques Ménard. «Je suis optimiste, parce que je vois une mobilisation dans la société. Fusion Jeunesse, c’est ça. De plus en plus d’entreprises aussi refusent de faire travailler des jeunes du secondaire 35 heures par semaine puisque ça les condamne à l’échec.»
5. Valoriser la formation professionnelle
«Le ministère de l’Éducation est en train de redonner des lettres de noblesse à la formation professionnelle et il doit continuer. Ça doit être vu comme un choix qu’une personne peut faire qui ne l’empêchera pas de continuer à progresser», affirme Claire Lapointe.
6. Rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans
« Ça enverrait un message important », indique M. Ménard.
7. Cesser de subventionner le système privé d’éducation
«Le financement des écoles privées est un des facteurs principaux qui affaiblissent le système d’éducation public. Les études démontrent que la mixité sociale est bénéfique pour la réussite de tous les élèves. Et un État démocratique a l’obligation de fournir une éducation de haute qualité à tous», affirme Mme Lapointe.
8. Augmenter les droits de scolarité des universités

« Le sous-financement est très inquiétant parce qu’on ne pourra plus maintenir la qualité. Il faudrait se donner cinq ans pour ramener les droits de scolarité du baccalauréat à la moyenne canadienne en instaurant un système de bourses, car toute personne qui souhaite aller Jacques Ménard, président de BMOGroupe financier et du Groupe de travail sur la persévérance et la réussite scolaires. à l’université et qui en a les capacités devrait pouvoir le faire. »



 La colonisation, un frein au processus de paix

AGENCE FRANCE PRESSE
La Ligue arabe soutient la position palestinienne à la suite de la reprise de la colonisation juive
SYRTE, Libye— La Ligue arabe a décidé hier de se réunir à nouveau dans un mois pour étudier des solutions de rechange proposées par le président palestinien Mahmoud Abbas en cas d’échec des négociations avec Israël. Les ministres des Affaires étrangères des 13 pays arabes réunis hier à Syrte (Libye) ont également appelé Washington «à poursuivre ses efforts destinés à réunir les conditions nécessaires pour remettre le processus de paix sur les rails, notamment par un arrêt de la colonisation».
Selon le communiqué publié à l’issue de la réunion, la Ligue arabe a réaffirmé qu’il ne pouvait pas y avoir de négociation directe avec Israël sans arrêt de la colonisation.
LaLigue soutient «laposition de M. Abbas appelant à l’arrêt total de toutes les activités de colonisation, en préalable à la reprise des négociations». Elle «fait porter la responsabilité de l’arrêt des négociations directes à Israël en raison de sa politique de colonisation illégale» et appelle la communauté internationale à «prendre les mesures nécessaires permettant de mettre fin au blocus israélien sur la bande de Gaza».
La position exprimée constitue «un énorme soutien arabe à la position du présidentAbbas», a déclaré à l’AFP le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina. La Ligue «se réunira dans un mois pour examiner les alternatives, ce qui donne à l’administration américaine une chance pour tenter d’ici là de trouver une solution au problème de la colonisation», poursuit-il.
Les négociations de paix relancées le 2 septembre à Washington après 20 mois de suspension sont menacées par la reprise fin septembre de la construction dans les colonies juives de Cisjordanie occupée, après un moratoire de dix mois.
Interrogé sur ce que pourraient être les options en cas d’échec, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a évoqué de « nombreuses alternatives, notamment d’aller au Conseil de sécurité ». Pour les Palestiniens, la colonisation vide de son sens la négociation sur les frontières d’un futur État palestinien, en créant des faits accomplis qui risquent d’être irréversibles.
LepremierministreBenyamin Nétanyahou a renvoyé la balle dans le camp palestinien. «Israël manifeste son intérêt dans la poursuite des négociations directes», et espère que les Palestiniens «ne quitteront pas les négociations», avait déclaré à l’AFP l’un de ses porte-parole avant la réunion à Syrte.
L’ambassadeur d’Israël à Washington a confirmé jeudi que Washington avait offert des «incitations» en échange d’un gel de la colonisation. M. Nétanyahou, qui n’a pas encore répondu à cette offre considérée comme particulièrement favorable à Israël, exigerait que le président Barack Obama entérine les engagements pris en 2004 par son prédécesseur George W. Bush qui avait appuyé l’annexion par Israël des grands blocs de colonies dans le cadre d’un accord final.
Washington aurait promis à Israël des armes sophistiquées et de bloquer toute tentative de discuter de la proclamation d’un État palestinien à l’ONU, selon les médias israéliens.


Oxfam plaide pour l’essor agricole en Haïti

DAPHNÉ CAMERON
Le séisme à Haïti a majoritairement ravagé les zones urbaines du pays, mais une reconstruction durable passe par le développement des zones agricoles, conclut un rapport de l’ONG Oxfam diffusé hier dans le monde entier.
« À moyen et long terme, tout plan de reconstruction doit accorder la priorité à l’agriculture», écrit l’auteur du rapport Marc Cohen. «Dans les pays pauvres où il y a un grand nombre de petits agriculteurs, la croissance agricole tend à avoir un effet de réduction de la pauvreté beaucoup plus important que la croissance dans d’autres secteurs de l’économie.»
Le rapport intitulé « Planter maintenant : défis et occasions pour l’agriculture dans le cadre de la reconstruction de Haïti » recommande notamment de décentraliser l’administration publique. Cela permettrait la création de comités de développement locaux qui s’occuperaient de gérer des initiatives agricoles régionales. Oxfam suggère aussi que la langue créole, parlée par environ 90% de la population, soit utilisée dans le système judiciaire, qui opère principalement en français. Les agriculteurs pourraient donc plus facilement défendre leurs droits fonciers et leurs revendications territoriales devant les tribunaux.
Pour Philippe Mathieu, responsable du volet haïtien d’Oxfam-Québec et ministre de l’Agriculture en Haïti de 2004 à 2006, des emplois dans le secteur agricole doivent être par ailleurs créés dans les campagnes pour freiner l’exode vers les bidonvilles de Port-au-Prince.
« La plupart des gens qui se retrouvent dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince sont des gens qui avaient quitté la campagne pour trouver du travail », a-t-il expliqué lors d’une entrevue avec La Presse hier.
M. Mathieu considère que les bailleurs de fonds internationaux doivent faire des efforts pour acheter davantage de produits locaux plutôt que d’importer des vivres.
« Fondamentalement, la seule manière de faire face à l’insécurité alimentaire, c’est d’être moins dépendant de l’extérieur. Les gouvernements étrangers doivent également comprendre qu’en subventionnant l’exportation de leurs produits agricoles, comme ce fut le cas par exemple pour le riz américain il y a quelques années, ils agissent comme des agresseurs. »



Spectateur de l’horreur
PIERRE PELCHAT LE SOLEIL

La Presse vous présente un extrait du deuxième livre de Gilbert Lavoie, Blessures de guerre.
Témoins impuissants des atrocités de la guerre, les Casques bleus vivent la colère et, pire encore, la culpabilité de ne pas avoir porté secours.
Chypre, Haïti, Bosnie, Afghanistan, Normand SaintHilaire (nom fictif) a fait le tour: il a connu toutes les facettes des missions de l’armée canadienne à l’étranger et il enpaie le prix. Il a fallu que sa femme l’accule au mur, en 2006, pour le convaincre d’aller consulter. «C’est difficile de faire les premiers pas. La première idée qui vous passe par la tête quand vous entendez le mot “psychologue”, c’est de dire: “Je ne suis pas fou! Je n’ai pas de problème, je suis correct.” On ne veut pas admettre qu’on a un problème.»
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas de la guerre en Afghanistan que Saint-Hilaire a ramené son traumatisme. C’est de la Bosnie. C’est là qu’il a vu des atrocités qui se sont gravées à jamais dans son cerveau.
Tout comme au Rwanda, les règles d’engagement des Casques bleus en Bosnie leur commandaient d’utiliser leurs armes seulement si leur vie était en danger. «Tu ne peux pas intervenir, parce que si tu le fais, l’un des belligérants va t’accuser d’avoir un parti pris pour l’autre. Donc il faut être neutre. Mais, en étant neutre, on vit des situations où l’on ne peut rien faire.»
Témoins impuissantsdes atrocités de la guerre, les Casques bleus vivent la colère et, pire encore, la culpabilité de ne pas avoir porté secours. Normand Saint-Hilaire n’y a pas échappé. Il est encore mal à l’aise et tente de se justifier lorsqu’il raconte le viol terrible dont il a été témoin lors d’une patrouille avec un de ses collègues.
«On est arrivé là, la fille se faisait violer par trois Serbes. C’était à flanc de montagne. La question que tu te poses, c’est combien y a-t-il de Serbes derrière eux? Impossible de savoir. Si j’avais décidé d’intervenir et que mon collègue s’était fait tuer, on aurait exigé des explications, on nous aurait demandé si notre vie était en danger. On a reculé et on a décidé d’attendre qu’ils aient fini pour aller donner des soins à la victime, mais ils ont attendu qu’on revienne. Lorsqu’ils nous ont vus, l’un d’entre eux s’est acharné sur la fille avec sa baïonnette. Notre première réaction a été de dire: on va tirer sur eux. C’est sûr qu’à Québec on verrait ça et on porterait secours à la victime. Mais on n’était pas dans notre pays. Alors on a dû se contenter de lui donner les premiers soins.»

NormandSaint-Hilaire estime aujourd’hui qu’il n’avait pas le choix et qu’il a pris la décision qui s’imposait dans les circonstances, «sauf qu’en revenant c’est l’image de mes soeurs qui m’est apparue. Je trouvais que je n’en avais pas assez fait…»

Les plaies de l’âme des militaires
Le chroniqueur du SoleilGilbert Lavoie évoque les blessures des soldats canadiens dans un livre
« Le but était de permettre à la population civile de comprendre ce que ces gens-là vivent », résume Gilbert Lavoie.
Gilbert Lavoie récidive. Le chroniqueur du Soleil lancera demain son deuxième livre après celui sur ses entretiens avec l’ex-maire de Québec, Jean Pelletier, qui a été le directeur de cabinet du premier ministre du Canada Jean Chrétien.
  Âgé aujourd’hui de 91 ans, l’ex-maire de Québec Gilles Lamontagne lève le voile sur les affres de ses deux années de captivité dans les camps nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
Le nouvel ouvrage porte sur les blessures de guerre des militaires canadiens, plus particulièrement sur ce qu’on appelle le syndrome de stress post-traumatique ou les blessures psychologiques profondes qui, malheureusement, peuvent amener des militaires à mettre fin à leurs jours. Des extraits sont publiés ci-dessous. «Le but était de permettre à la population civile de comprendre ce que ces gens-là vivent», résume Gilbert Lavoie.
Des années de captivité
D’entrée de jeu, i l fa it parler un autre ex-maire de Québec, Gilles Lamontagne, sur les tourments, les angoisses des soldats qui reviennent de la guerre, d’un conflit. Âgé aujourd’hui de 91 ans, M. Lamontagne, qui a été ministre de la Défense dans le cabinet de Pierre Elliott Trudeau, lève le voile sur les affres de ses deux années de captivité dans les camps nazis durant la Seconde Guerre mondiale. L’avion qu’il pilotait lors d’un vol de nuit a été abattu en 1943 au-dessus des Pays-Bas.
Pendant plus de 50 ans, il a gardé pour lui ces tristes souvenirs. Il ne pesait que 105 livres lorsqu’il a été libéré, alors que son poids était de 160 livres lorsqu’il s’était engagé. «Tu ne peux pas comprendre ce que c’est que d’être sale tous les jours, d’avoir faim tous les jours et de ne pas savoir si tu seras vivant le lendemain », avait-il répondu à Gilbert Lavoie pour expliquer son premier refus de dévoiler ce passé douloureux.
Le journaliste du Soleil est revenu à la charge lorsqu’il a été invité l’an dernier par M. Lamontagne à une collecte de fonds – la Criée – à Valcartier pour le centre des familles de militaires. « Ça m’a impressionné de constater qu’il allait encore à Valcartier pour aider et c’est là que l’idée du livre est venue. Je lui ai dit que s’il continue d’aider les militaires encore aujourd’hui, il pourrait raconter son expérience dans le cadre d’un livre pour faire connaître les problèmes de nos militaires qui sont revenus de Bosnie ou d’Afghanistan. Il a alors accepté dans le cadre d’un livre. C’est ça, l’histoire du livre.»
Pourtant, l’intérêt du chroniqueur politique pour les militaires n’était pas à son plus haut avant de commencer les entrevues, les recherches et la rédaction de l’ouvrage de 148 pages. «Il n’y a personne dans ma famille qui est militaire. Je n’ai pas d’amis militaires. Je ne connaissais pas ce monde-là, mais vraiment pas.»
En assistant à la Criée, le journaliste a pu établir des premiers contacts en vue de recueillir des témoignages, des informations. « J’ai rencontré des gens, surtout des gens des services de santé, les gens qui traitent lesmilitaires, le soutien par les pairs. C’est ce monde-là qui m’a ouvert les portes», indique Gilbert Lavoie.
L’histoire qui l’a le plus ému, «pas bouleversé», est celle de Normand Saint-Hilaire, qui n’est pas le vrai nom du militaire. «C’est un grand jack, un gars fort qui a vécu la Bosnie et qui a été témoin d’un viol, d’atrocités. Plusieurs années plus tard, lorsqu’il m’a raconté ça, il se sentait obligé de se justifier devant moi de ce qu’il avait vu, de situations où il n’a pas pu intervenir parce qu’il y avait les règles d’engagement qui faisaient qu’il n’avait pas le droit d’intervenir.» Le chroniqueur politique a également été « saisi » par l’histoire de Bob Danis et de l’enfant à la grenade.
Le livre publié par les éditions du Septentrion se lit facilement, comme une série de reportages sur un même thème. L’auteur a conservé son style d’écriture journalistique.


Les États-Unis laissent-ils filer le dollar ?
HUGUES HONORÉ AGENCE FRANCE-PRESSE
WASHINGTON — La politique monétaire des États-Unis et le peu d’empressement de l’exécutif à soutenir sa monnaie donnent l’impression que Washington s’accommode parfaitement de la baisse du cours du dollar.
Le dollar fort pourrait difficilement être considéré comme une priorité du gouvernement depuis que le président américain Barack Obama a lancé, en janvier, l’objectif de doubler les exportations américaines en cinq ans.
« Un dollar fort est dans l’intérêt des États-Unis»: cette phrase rituelle des secrétaires au Trésor américain, Timothy Geithner ne l’a pas prononcée en public depuis maintenant un an. C’était au sommet des pays riches et émergents du G20, à Pittsburgh.
Depuis, la Banque centrale a injecté beaucoup de monnaie dans le système économique, afin de stimuler une croissance trop poussive pour faire baisser le chômage. Et mardi, son comité de politique monétaire s’est dit prêt à s’y remettre «si nécessaire».
Plus de dollars en circulation, donc chaque billet vert risque de valoir un peu moins: la logique des cambistes est très simple. Mercredi, ils ont acheté des euros, poussant le cours de la monnaie unique à son plus haut niveau depuis cinq mois.
Cité par un blogue du Wall Street Journal, un analyste de Guggenheim Securities, Andy Brenner, a évoqué une «liquidation du dollar assortie à des stratégies antidollar» à l’oeuvre sur le marché des changes.
Le blogue financier Zero Hedge, connu pour ses commentaires corrosifs, a parlé de «la dernière syncope en date du dollar, qui est en baisse (...) par rapport à toutes les monnaies possibles, même vraisemblablement le dollar zimbabwéen».
« Il n’est guère étonnant qu’une devise s’affaiblisse si une banque centrale s’engage dans une politique d’impression de monnaie (...) Difficile de ne pas remarquer que le début de la glissade du dollar en 2009 a coïncidé exactement avec l’introduction» de la politique d’achats d’actifs qui augmentent la masse monétaire, rappelle Simon Derrick, de Bank of New York-Mellon.
Entre mars et juin de cette année-là, l’indice de la valeur du dollar pondérée en fonction du poids des partenaires commerciaux des États-Unis avait plongé de près de 6%. Et il n’a jamais renoué avec les pics atteints en mars 2009.
Le dollar fort pourrait difficilement être considéré comme une priorité du gouvernement depuis que le président américain Barack Obama a lancé, en janvier, l’objectif de doubler les exportations américaines en cinq ans.
Aux États-Unis, cette faiblesse du billet vert n’attire que des critiques marginales, comme celle de Joseph Trevisani, analyste chez FX Solutions: «Aucun pays dans l’histoire n’a jamais trouvé son chemin vers la prospérité dans la dévaluation.»
Car à un mois et demi d’élections législatives, le créneau politique le plus porteur est de se ranger, au nom de l’emploi, avec les industriels qui luttent contre l’Asie ou l’Europe.
Unanimement, le monde des affaires appelle à l’affaiblissement du dollar face à la monnaie chinoise, le yuan. Une façon de dire que face à la faiblesse de la consommation intérieure, il ne veut pas d’une monnaie trop forte face aux concurrents.
« Le Congrès et le président devraient permettre aux victimes américaines de la manipulation des devises – principalement des entreprises industrielles dont les prix se maintiennent à des niveaux artificiellement élevés quand nos partenaires commerciaux maintiennent leurs monnaies sous-évaluées – d’obtenir des droits de douane compensatoires», écrivaient dans les pages du New York Times début septembre deux dirigeants d’une organisation patronale, le US Business and Industry Council.



L’indignation des athlètes, le désespoir des expropriés
ANDRÉE-MARIE DUSSAULT
« Sans même nous donner le temps de prendre nos biens, ils ont détruit nos habitations. »
à partir de la page A1 Quelque 7000 athlètes et officiels de 71 nations et territoires de l’ancien Empire britannique sont attendus du 3 au 14 octobre à Delhi pour les Jeux du Commonwealth. Mais à 12 jours du coup d’envoi, le fiasco est à craindre : l’effondrement d’un pont hier près d’un stade et les commentaires désastreux d’équipes sur l’hygiène du village sportif s’ajoutent au désespoir des expropriés chassés de leur bidonville. Notre collaboratrice en Inde a rencontré certains d’entre eux.
  Des tentes de fortune sont alignées le long du mur qui délimite le village des athlètes, à Dehli. Des travailleurs s’y reposaient hier. Les autorités n’ont pas lésiné sur les moyens pour refaire une beauté à la capitale, quitte à exproprier 300 000 personnes, dont le tiers seulement auraient été relogées.
DELHI — D’un rire gêné, Dinesh Kumar montre son abri de deux mètres cubes fait de bric et de broc. « Il y a des jours où j’aurais envie de tuer ma femme et mes trois enfants, avant de me flinguer » confie-t-il. Le jeune quarantenaire n’a pas toujours été suicidaire. Son enfer a commencé il y a 21 mois.
Sans préavis, le 12 janvier 2009, 12 bulldozers et des centaines de policiers sont arrivés à l’aube dans le bidonville de Prabhu Market. « Sans même nous donner le temps de prendre nos biens, ils ont détruit nos habitations », se rappelle l’ancien président de l’Association des résidants de la colonie. Du coup, plus de 600 petits travailleurs se sont retrouvés sans toit, par 7 ºC.
Avec la tenue imminente des Jeux du Commonwealth, les évictions – généralement forcées et sans compensation– pour construire des infrastructures ou pour « enjoliver » la ville ont monté en flèche. L’objectif : montrer aux touristes et aux téléspectateurs que Delhi est une ville de « classe mondiale».
« Près de 350 agglomérations logeant quelque 300 000 personnes ont été détruites entre 2003 et 2008 à cause des Jeux », estime Miloon Kothari, directeur d’un organisme qui s’occupe du droit à l’hébergement. Malgré les promesses et les obligations légales, seul un tiers de ces gens ont été relogés, fait-il valoir. Le plus souvent en périphérie de la ville, loin de leur lieu de travail.
De surcroît, l’eau, l’électricité, les installations sanitaires et les écoles font cruellement défaut dans ces endroits, souligne-t-il. Mais tout le monde n’a pas la chance d’être relogé. Selon le gouvernement, Delhi compte environ 80 000 sans-abri. Quant aux ONG, elles estiment leur nombre à 140 000, l’équivalent d’un peu plus que la population de Trois-Rivières.
Investissements pharaoniques
En revanche, les autorités n’ont pas lésiné sur les moyens pour refaire une beauté à la capitale. Le budget initialement fixé lorsque Delhi a remporté l’appel d’offres en 2003 était de 422 millions de dollars. Selon l’estimation qui circule, le total aurait atteint la somme pharaonique de 1,6 milliard de dollars.
À Prabhu Market, les habitants ont dû débarrasser la place pour la construction d’un stationnement. Là où s’entassaient depuis 45 ans 250 habitations de fortune ingénieusement organisées et un solide tissu social, s’étend désormais une surface de 1,2 kilomètre sur 50 mètres de beau ciment lisse. Cinq cents bus pourront se garer à deux pas du stade Jawaharlal Nerhu pour les cérémonies d’ouverture et de fermeture des Jeux.
Depuis, les résidants expropriés se sont dispersés dans la nature. Certains sont retournés dans leur village d’origine, d’autres ont rejoint des membres de la famille ailleurs dans la ville. Certains passent la nuit au temple, plusieurs dorment à la belle étoile.
C’est le cas de Shanti Devi, petite femme ratatinée d’une soixantaine d’années. Elle est devenue veuve peu après janvier 2009. «Mon mari n’a pas survécu au froid », lâche-t-elle le regard fixé sur son seul sari, usé à la corde. Ses maigres possessions sont réunies sous un sac de plastique et une brique sur le pavé où elle dort.



Le changement de l’orthographe
Le changement de l’orthographe, c’est scandaleux. Cela dénature notre belle langue, qui s’écrit de cette façon depuis plusieurs siècles. Ce n’est pas une langue évidente, mais elle est si belle. Son origine vient du grec et du latin, alors si nous modifions la façon dont nous l’écrivons, elle n’aura plus aucun sens. Les jeunes devraient se forcer un peu, dès que c’est un peu difficile, ils décrochent.
— Mireille Proulx, Québec

Une loi est insuffisante

SERGE DANEAULT
La complexité d’une demande d’euthanasie exige davantage
Si j’avais accepté de l’aider à mourir, j’aurais donné raison
à tous ceux qui l’avaient injustement fait souffrir, à commencer par les membres de sa famille, puis par les soignants
qui le regardaient avec dédain.
Médecin depuis 30 ans, Serge Daneault exerce la médecine palliative à domicile à Montréal et à l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Notre-Dame du CHUM. Ce texte est tiré d’un échange de lettres entre le Dr Daneault et son collègue Marcel Boisvert, médecin en soins palliatifs à l’hôpital Royal Victoria. Cet échange est publié sous le titre Être ou ne plus être – Débat sur l’euthanasie, aux Éditions Voix Parallèles. Le livre sera en librairie à compter de jeudi. L’objet de l’euthanasie est un être vivant à part entière chez qui on provoque la mort intentionnellement. La personne en fin de vie n’est pas l’équivalent d’un foetus de quelques semaines. C’est, comme nous l’a appris Dame Cicely Saunders, que tu cites en fin de lettre, un humain à part entière jusqu’à la toute fin. Je crois qu’il ne faut pas avoir peur des mots. La définition du dictionnaire est claire sur ce point : l’euthanasie est bel et bien un procédé qui provoque la mort. Notre société est à présent agitée par cette question cruciale: le fait de provoquer la mort doit-il devenir une réponse à la souffrance des grands malades?

Mourir est-il un geste individuel? Meurt-on seul? Je suis un peu embarrassé de manifester mon désaccord face à ce qu’en pense Pascal. Mourir me paraît un acte social, communautaire, parce que mourir, essentiellement, c’est cesser de façon définitive de tisser des liens avec les vivants; mourir, c’est ne plus être en relation avec les autres dans l’espace concret de la vie. On meurt aux autres comme on vit en fonction des autres. J’ai relu au complet le bel éditorial sur l’euthanasie que signait en 2002 le DrDavid J. Roy dont tu parles dans ta lettre. Il réitère le fait que la demande d’euthanasie est complexe «parce que, dans bien des cas, elle n’est pas essentiellement le résultat des stress immédiats et des détresses, des douleurs, des inconforts ou de l’immense fatigue apportés par la maladie terminale, mais plutôt d’une constellation de facteurs personnels, familiaux et sociaux qui font la valeur, ou l’absence de valeur, de la vie de la personne mourante à chaque moment» (traduction libre).
Je n’oublierai jamais le premier cas d’euthanasie auquel j’ai été confronté. C’était au tout début de ma pratique palliative à domicile dans laquelle la majorité de mes patients se mouraient de sida. Pour les besoins de la cause, donnons à cet homme en question le nom de Benoit. Celui-ci était au milieu de la trentaine et il se savait atteint du VIH depuis sept ou huit ans. Il avait vu beaucoup de ses amis mourir du sida dans des conditions absolument catastrophiques. Tu te souviens sans doute qu’à cette époque, dans nos hôpitaux de Montréal, plusieurs soignants refusaient de toucher à ces malades par crainte injustifiée de contagion. Benoit abordait la fin de sa jeune vie avec un lourd bagage de rejets répétés, d’ostracisme, de dépressions récurrentes. Une triste vie. Il était particulièrement terrifié à l’idée de développer un sarcome de Kaposi, cette dégradante manifestation cutanée de la maladie qui avait déformé de façon monstrueuse et dégradante ses amis décédés. Lorsqu’il a aperçu cette tache violacée sur sa jambe droite, il a demandé l’euthanasie en me disant: « Pas ça en plus ! Après tout le reste. Je ne pourrai jamais vivre ça. »
Je ne peux évidemment pas en quelques mots faire ressortir toute la complexité de la demande à laquelle nous étions confrontés, mais on voit tout de suite que la souffrance de Benoit était une souffrance d’anticipation (parce qu’il se voyait aussi monstrueusement défiguré que ses amis décédés), en même temps qu’une souffrance de cumul. Après s’être fait lancer des pierres dans la cour d’école parce qu’il était homosexuel, après avoir été abandonné par sa famille qui avait été incapable d’accepter sa nature propre, après avoir vécu une longue série d’amours déçues, il se disait: « Pas ça en plus ! »

Je n’ai pas accepté de l’aider à mourir. Je n’ai pas accepté non pas parce que je niais sa souffrance, mais parce qu’il me semblait que si j’avais accepté, j’aurais donné raison à tous ceux qui l’avaient injustement fait souffrir, à commencer par les membres de sa famille, puis par les soignants qui le regardaient avec dédain. Comme David Roy, j’estime que la complexité de la demande d’euthanasie exige infiniment plus qu’une loi pour la permettre. Il se trouve peut-être que la question fondamentale à laquelle nous tenterons de répondre est celle-ci : la fin de la vie vaut-elle la peine d’être vécue?
Accompagner le «plus que souffrant»
Que serait-il arrivé si, dans les années 60 ou 70, l’euthanasie avait été mise à la disposition desmalades affligés de symptômes à cemoment-là sans soulagement? Comment aurions-nous pu améliorer nos approches?
(…) Nous ne savons rien de la mort, et par surcroît de la mort d’autrui, affirmes-tu. J’accepte avec toi cette part de mystère. Je ne sais rien de la mort des autres, c’est vrai, mais je sais quelque chose de leur vie jusqu’au dernier souffle. Seul cela m’importe, à vrai dire. Je reçois une infinité du mourant que j’accompagne jusqu’à la fin et c’est principalement cela qui explique mon engagement. Mais tu me demandes : « Que sais-tu de mes sentiments quand j’écoute mon quatuor préféré de Beethoven? » Nous nous connaissons peu, à vrai dire. Mais quand Émile, mon fils avec qui j’habite, me parle des Sonates
pour piano et violoncelle de Chopin ou quand je lui parle du Requiem de Rutter, j’ose croire que nous échangeons vraiment quelque chose, que son sentiment devient un peu mon sentiment et que mon émotion devient un peu la sienne. Ce qui fait notre humanité est précisément ce partage auquel nous travaillons sans relâche. C’est ce partage qui fait ce que nous sommes. (...)
Que serait-il arrivé si, dans les années 60 ou 70, lors des premiers balbutiements des soins palliatifs, l’euthanasie avait été mise à la disposition des malades affligés de symptômes à ce moment sans soulagement? Comment aurions-nous pu améliorer nos approches?
L’une des personnes qui a fondé le mouvement des soins palliatifs au Québec m’a expliqué que, durant ces années, une visite dans une unité d’oncologie ou de soins palliatifs nous mettait en contact avec quantité de malades qui faisaient sans cesse des efforts insupportables pour vomir, avec le bruit et l’odeur que cela causait. Or, me disait-elle, aujourd’hui, ça n’existe plus. Les malades sont soulagés. Si l’euthanasie avait été légale, n’aurait-il pas alors été tentant d’offrir l’euthanasie à ces malades non soulagés plutôt que de chercher comment les soulager ?
Soulager est parfois difficile. Dans certains cas, nous n’y arrivons pas, je l’avoue avec modestie. Mais je ne peux pas adhérer à la notion qui veut que supprimer le souffrant retranche la souffrance de l’expérience humaine. Je suis de ceux qui n’arrivent pas à baisser les bras devant la souffrance, je suis de ceux qui acceptent d’accompagner le « plus que souffrant », même si je dois confirmer mon impuissance dans certains cas, même si je dois la vivre à côté du malade non soulagé. Pour revenir à Camus, je suis d’accord avec lui quand il oppose absurdité et espoir. N’est-ce pas le coeur du débat?


La moitié du PIB sert à la corruption

OLGA NEDBAEVA AGENCE FRANCE-PRESSE
MOSCOU — En Russie, la moitié des richesses vont dans la poche de fonctionnaires corrompus, selon un rapport publié lundi. Récemment, Vladimir Poutine a même dû promettre de surveiller de chez lui la reconstruction des maisons détruites par le feu pour que les fonds ne soient pas détournés.
Le parquet russe a estimé en 2006 – il s’agit des derniers chiffres officiels connus – que le marché des pots-de-vin en Russie était «comparable aux revenus du budget russe» et s’élevait alors à 240 milliards US.
Un poste dans la police routière s’achète pour environ 55 000$ et une décision de justice favorable pour 35 000$, selon une enquête de l’Association des avocats pour les droits de l’Homme, qui a recueilli 6589 plaintes entre juillet 2009 et juillet 2010.
En se basant sur les statistiques officielles et les témoignages des plaignants, le rapport conclut que « le marché de la corruption représente 50% du PIB» et que le montant moyen d’un bakchich a doublé depuis le début 2010 pour atteindre 44 000 roubles (1500$).
«Ces chiffres correspondent à nos estimations», a déclaré à l’AFP Ivan Nenenko, responsable de Transparency International, rappelant que la Russie occupe la 146e place dans un classement de 180 pays allant du moins au plus corrompu.
Le parquet russe a estimé en 2006 – il s’agit des derniers chiffres officiels connus – que le marché des pots-de-vin en Russie était « comparable aux revenus du budget russe» et s’élevait alors à 240 milliards US.
«Selon les hommes d’affaires, les frais liés à la corruption représentent 50 % de leurs frais. Et dans 90% des cas, l’accès à des services publics doit se faire à travers des intermédiaires, ce qui constitue une corruption dissimulée», a indiqué à l’AFP Evgueni Arkhipov, l’un des auteurs du rapport.
Dans les tribunaux, il faut payer les services d’avocats qui servent d’intermédiaires et s’engagent à « régler l’affaire» avec le juge.
Selon le témoignage d’Alexandra Belovinskaïa, secrétaire d’un tribunal à Kizliar, au Daguestan, l’une des républiques les plus pauvres du Caucase russe, les pots-de-vin peuvent atteindre 1000$ dans les affaires civiles et jusqu’à un million de roubles (environ 35 000$) dans les affaires criminelles.
Pour les infractions administratives, « les juges prennent ce qu’on leur donne», selon Mme Belovinskaïa, qui dit avoir été limogée après avoir protesté contre ces pratiques.
«La fusion du monde criminel et des forces de l’ordre a un caractère universel», selon le rapport.
Métiers prestigieux
En Russie, où le salaire moyen mensuel est inférieur à 800$, le poste d’assistant du procureur dans un parquet de district coûte 10 000$ et un poste dans la police de la route au moins 50 000$.
«Les métiers les plus prestigieux sont ceux où la corruption est stable», souligne le rapport.
Les responsables de la police censés lutter contre le crime organisé et qui protègent des affaires criminelles gagnent jusqu’à 20 000$ par mois et les procureurs 10 000$ pour le même service, selon le rapport.
Grâce à la corruption, les revenus des inspecteurs de la police de la route atteignent environ 5000$ par mois, selon la même source.
Les Russes estiment que la lutte contre la corruption est l’un des principaux échecs de Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008, puis premier ministre depuis, selon un récent sondage du centre indépendant Levada.
L’homme fort de Russie a lui-même reconnu l’ampleur du problème en ordonnant au début du mois d’août d’installer des caméras sur des chantiers pour contrôler personnellement la reconstruction des maisons détruites par le feu. Les images seront retransmises au gouvernement, sur l’internet et « chez moi à la maison», a assuré M. Poutine à ses concitoyens.
« Les gens craignent que l’argent ne soit volé», avait-il expliqué au président Dmitri Medvedev, après avoir rencontré les habitants d’un village ravagé par les flammes.

Premier signe encourageant depuis 2006
WASHINGTON — Les banques américaines se sont mises à assouplir les conditions de leurs prêts aux petites entreprises pour la première fois depuis 2006, a annoncé hier la banque centrale (Fed), dont il s’agissait de l’un des objectifs prioritaires.
 «Environ le cinquième des grandes banques américaines ont indiqué avoir assoupli les conditions de prêt pour les petites entreprises», ont indiqué la Fed et son président Ben Bernanke.
«C’est la première enquête qui montre un relâchement des conditions des prêts industriels et commerciaux aux petites entreprises depuis la fin de 2006», a indiqué la Fed dans la livraison de juillet de son sondage trimestriel auprès des prêteurs du pays.
Ces entreprises sont définies comme celles ayant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions US.
La Fed attendait depuis longtemps ce succès, sachant que les PME (moins de 500 salariés) créent 60 % des emplois aux États-Unis, et que leur croissance dépend très étroitement du crédit bancaire.
L es ba nques qui ont prêté à des conditions plus avantageuses ont presque toutes évoqué « une concurrence plus pressante d’autres banques ou de prêteurs non bancaires», et la moitié d’entre elles « des perspectives économiques plus favorables ou moins incertaines».
Dans l’immédiat, l’amélioration reste modeste. Sur les 57 banques interrogées par la Fed dans son enquête, 80% ont indiqué ne pas avoir changé les conditions de prêts aux petites entreprises.
Mais « environ le c i nquième des grandes banques américaines ont indiqué avoir assoupli les conditions de prêt pour les petites entreprises, ce qui a compensé un durcissement des conditions d’une petite part des autres banques », a détaillé la banque centrale.
Par ailleurs, «la demande de prêts industriels et commerciaux des entreprises, qu’elles soient grandes, moyennes ou petites, a peu changé » par rapport à trois mois auparavant, a-t-elle expliqué.
Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion de politique monétaire du 10 août, la Fed avait déploré que les crédits bancaires (aux ménages et aux entreprises) « continuent de se contracter ».
Les plus grandes entreprises du pays ont en revanche un accès abondant aux prêts, sur un marché obligataire florissant qui profite de l’abondance des liquidités injectées dans le système financier par la Fed.
Le Wall Street Journal a cité hier le record de 15,4 milliards US d’obligations peu cotées (classées dans la catégorie risquée dite « spéculative» par les agences de notations) placées sur les marchés en une semaine, en plein mois d’août.
Le Sénat doit examiner un projet de loi, adopté par la Chambre des représentants en juin, qui permettrait au Trésor de consacrer 30 milliards US pour aider directement les banques régionales qui prêteraient davantage aux PME, et prévoit 3,5 milliards US d’exonérations fiscales.



Miser sur la productivité

Il y a des limites à faire augmenter les déficits gouvernementaux pour stimuler la demande
Les chances des États-Unis et de l’Europe d’éviter une « décennie perdue » à la japonaise dépendront de leur capacité à entretenir la vitalité de leurs économies.
KENNETH ROGOFF
Des experts craignent que les économies européennes et américaines traversent en ce moment une « décennie perdue ».
L’auteur est un ancien chef économiste au Fonds monétaire international et professeur de sciences économiques et de politique publique à l’Université Harvard.
Alors que les économies américaine et européenne en arrachent encore, beaucoup s’inquiètent du fait qu’elles traverseraient une « décennie perdue » à la japonaise. Malheureusement, les débats se sont trop focalisés sur ce que les gouvernements peuvent faire pour stimuler la demande par des déficits budgétaires et une politique monétaire. Ce sont des problèmes majeurs à court terme, mais ainsi que le savent tous les économistes, c’est l’amélioration de la productivité qui porte principalement la croissance économique à long terme.
Il n’y a aucun doute sur le fait que la crise financière japonaise massive de 1992 fut un vrai coup de massue, dont le pays ne s’est pas encore relevé, et les parallèles avec les États-Unis et l’Europe sont aujourd’hui inquiétants. Ces deux économies se préparent à une longue période de croissance lente du crédit, compte tenu à la fois de la nécessité d’une régulation financière plus stricte et du lourd surendettement de leurs économies. Le rétablissement ne sera pas simple.
Pourtant, la chute du Japon n’était pas seulement due à la crise financière. Le Japon avait aussi souffert de plusieurs chocs de productivité, davantage liés à ses problèmes à long terme. Le Japon n’aurait-il jamais connu de bulles de l’immobilier et des marchés boursiers, l’ascension fulgurante de son géant de voisin, la Chine, aurait tout de même représenté un énorme défi. De plus, sans crise financière, le Japon aurait tout de même été frappé par une situation démographique défavorable, compte tenu du vieillissement et de la baisse de sa population.
Enfin, les années d’hypercroissance du Japon étaient bâties sur un taux d’investissement phénoménal. Mais, dans la mesure où la productivité doit en fin de compte se construire sur l’innovation, et pas seulement en construisant toujours plus de bâtiments et d’équipements, il était inévitable que les retours sur investissement diminuent à un moment ou à un autre.
La grande dépression américaine des années 30 est un autre cas exemplaire. En élargissant le rôle de l’État d’une manière souvent chaotique et imprévisible, les mesures économiques du New Deal ont probablement posé, du moins temporairement, un frein à la croissance de la productivité.
Aujourd’hui, les États-Unis semblent évoluer vers un État de plus en plus de style européen, avec une fiscalité plus forte et possiblement une plus grande régulation. Mais si les ÉtatsUnis connaissent une croissance lente dans la décennie à venir, peut-on uniquement blâmer la crise financière? La toute dernière crise existentielle de l’Europe crée encore énormément d’incertitude et d’imprévisibilité politiques. S’il y a des effets négatifs sur la croissance dans la prochaine décennie, ils ne peuvent tous être reprochés à la crise financière.
À court terme, il est important que la politique monétaire aux États-Unis et en Europe combatte la déflation de style japonais, qui ne ferait qu’exacerber le problème de la dette en faisant baisser les revenus par rapport aux dettes. Il serait bien mieux d’avoir deux ou trois ans d’une inflation modérément élevée, pour réduire l’ensemble des dettes, surtout si les systèmes politiques, juridiques et de régulation demeurent trop paralysés pour réaliser les réductions nécessaires.
Avec des marchés du crédit mis à mal, des mesures quantitatives supplémentaires pourraient encore s’avérer nécessaires. Pour ce qui est de la politique budgétaire, elle est déjà sur la bonne voie et nécessite un resserrement graduel sur plusieurs années, à moins que les niveaux de dettes déjà inquiétants ne se détériorent plus rapidement. Ceux qui croient que nous avons besoin d’encore plus de relance budgétaire keynésienne, et que nous devrions ignorer la dette publique me semblent être en pleine panique.
Il est cependant important d’essayer de préserver le dynamisme dans les économies américaine et européenne par des mesures de stimulation de la productivité – en étant par exemple vigilant sur la politique antitrust, et en rationalisant et en simplifiant les systèmes d’imposition.
En fin de compte, les responsables politiques ne doivent pas oublier que les chances des États-Unis et de l’Europe d’éviter une «décennie perdue » dépendront de leur capacité à entretenir la vitalité productive de leurs économies, pas seulement par des mesures de stimulation de la demande à court terme.


Un mystère de trop
ARIANE KROL
Onco Petroleum n’est pas la fraude boursière la plus coûteuse du Canada, mais c’est la plus abracadabrante.
Onco Petroleum n’est pas la fraude boursière la plus coûteuse du Canada, mais c’est sûrement la plus abracadabrante. La Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) n’a vraiment pas servi l’intérêt public en concluant une entente secrète avec son mystérieux fondateur.
Robert Vanier a passablement enjolivé la réalité lorsqu’il a déposé sa demande initiale de prospectus, en octobre 2007. Il s’est bien gardé de dire qu’il s’appelait auparavant Carl Gagnon, et qu’il avait un épais dossier criminel au Québec. Il a aussi prétendu que sa société d’exploration pétrolière et gazière disposait de près de 22 millions de fonds.
Inscrit à la Bourse de petites capitalisations CNQ (aujourd’hui CNSX) le mois suivant, le titre d’Onco s’est négocié durant moins d’un an. Les transactions ont été suspendues parce que la direction n’avait pas fourni ses rapports financiers. L’action, cotée à l’origine autour de 5$, ne valait plus que 0,15$. La société est désormais entre les mains d’un syndic de faillite, il ne restera rien pour les actionnaires. Un beau gâchis pour les investisseurs ontariens et québécois, dont plusieurs de Rimouski.
L’exploration pétrolière et gazière a été un investissement risqué, mais Vanier inspirait confiance en s’entourant de gens crédibles. Par exemple, l’ex-joueur étoile de la LNH Luc Robitaille, et l’ex-président d’Uniforêt Michel Perron, qui siégeaient au conseil d’Onco lors du lancement en Bourse.
Cependant, rien de tout cela n’aurait été possible si sa véritable identité, et son passé, avaient été connus. Cette dissimulation lui a valu une réprimande et diverses pénalités de la CVMOcette semaine. Hélas, le secret entourant cette décision lui enlève beaucoup de sa force. L’audience, l’entente et les pièces justificatives sont sous scellés pour quatre mois. Et la CVMO n’a pas voulu nous confirmer qu’elles seront accessibles ensuite.
Cette cachotterie va à l’encontre de l’intérêt public. Comment prévenir la répétition d’une telle imposture si on en camoufle les détails ? Comment savoir si la CVMO a été négligente et devrait améliorer ses procédures ? Et il y a pire.
Carl Gagnon aurait, selon plusieurs médias, témoigné contre des Hells en 1999. Il est réapparu en Ontario sous le nom de Robert Vanier au début des années 2000. A-t-il fabriqué cette identité, ou lui a-telle été fournie par les autorités pour le protéger? La Sécurité publique refuse de nous dire s’il a bénéficié, ou non, d’un tel programme.
Il va falloir tirer ça au clair. Gagnon, selon la CVMO, avait accumulé aumoins 70 condamnations au criminel. Si Québec lui a fourni une virginité qui lui a permis d’escroquer des investisseurs (sans parler de ses frasques aux États-Unis), il y a un grave problème.
La Sûreté duQuébec enquête aussi sur l’un de ses officiers de haut rang qui aurait investi dans Onco et aurait souvent été vu avec Vanier.
La CVMO aurait dû nous aideràyvoir clair, au lieud’obscurcir encore plus l’affaire.



Candidat par défaut

FRÉDÉRIC BOISROND
Wyclef Jean a démontré son incompréhension de la politique haïtienne et des enjeux du pays
L’éventuelle accession deWyclef Jean à la présidence fera perdre à Haïti son plus grand ambassadeur de tous les temps.
En quelques minutes sur les ondes de CNN, Wyclef Jean a démontré son incompréhension de la politique haïtienne et des enjeux pour l’avenir du pays.
PHOTO THONY BÉLIZAIRE, AGENCE FRANCE-PRESSE Wyclef Jean a vécu quelques bains de foule au cours des deux derniers jours qu’il a passé à Port-au-Prince cette semaine.
Il a raison quand il dit qu’il ne peut pas faire pire que ceux qui ont dirigé Haïti depuis 200 ans. Mais ça ne peut pas être une raison valable pour se lancer en politique.
Il a raison de dire qu’il y a une occasion de reconstruire sur de nouvelles bases. Être président d’Haïti n’est pas l’unique façon de contribuer à la reconstruction et c’est probablement le moyen le moins efficace pour lui.
Après le départ desDuvalier, Haïti s’est doté d’une constitution qui a enlevé beaucoup de pouvoir au président pour barrer la route aux éventuels dictateurs. De plus, la crise actuelle a officialisé la participation des instances internationales aux affaires de l’État, ce qui fera du prochain président un collaborateur au sein d’une coalition internationale. Il devra entre autres garantir aux pays donateurs que les 10 milliards promis pour la reconstruction sont un investissement rentable aux mains de gens fiables dans un pays qui ne représente pratiquement aucun intérêt géopolitique.
Si Wyclef Jean se sent interpellé au point d’abandonner sa prolifique carrière internationale au risque de tout perdre, c’est parce qu’aucun parti, aucun leader n’a été capable de s’imposer comme une solution de rechange crédible au gouvernement de René Préval. Si la classe politique haïtienne n’a pas encore fait front commun pour sortir le pays du marasme créé par les événements du 12 janvier, c’est parce que le mieux-être des Haïtiennes et des Haïtiens ne fait pas partie de ses priorités. C’est le genre de vide qui permet à des candidats sans expérience, sans vision et sans programme de se faufiler sur la seule base de leurs capacités à mobiliser les foules et à créer de l’espoir pour les jeunes et les démunis. Ça, Wyclef Jean l’a compris. Cependant, cette recette a un air de déjà vu et rappelle le parcours de JeanBertrand Aristide.
Si sa candidature est confirmée par le comité électoral, Wyclef Jean a la popularité nécessaire pour remporter les élections. En misant sur l’éducation, l’agriculture, la sécurité et les soinsde santé, il a démontré son manque de préparation et sa capacité d’improviser. Ce sont des points élémentaires de tout programme politique dans n’importe quel pays. Dans le cas d’Haïti, il faut plus que ça pour sortir les gens de la misère abjecte.
Outre l’aide directe de sa fondation, Wyclef Jean a déjà fait beaucoup pour Haïti. Il a été le premier artiste international à affirmer ses origines. Il a permis à des jeunes artistes de faire progresser leur carrière et il a lancé des collaborations avec les plus grands noms de la scène artistique pour faire connaître et découvrir Haïti. Il a redonné le goût aux jeunes de la diaspora d’affirmer leur appartenance à cette culture. Voilà une façon efficace de contribuer et qui est à l’intérieur des ses compétences.
En déposant sa candidature, Wyclef Jean a rallumé les projecteurs sur Haïti. Ainsi, il aura fait la démonstration que son éventuelle accession à la présidence fera perdre à Haïti son plus grand ambassadeur de tous les temps.
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Le marché américain prend du mieux 

BLOOMBERG
Les ventes de titres de dette ont atteint 90,1 milliards US le mois dernier. C’est le mois de juillet le plus actif de tous les temps, d’après des données de Bloomberg.
S’il subsiste des c raintes quant à une autre récession, il reste que les perspectives touchant l’économie américaine s’améliorent sur le marché obligataire où les investisseurs acceptent les plus bas taux de rendement depuis 2004 pour prêter de l’argent aux entreprises.
En règle générale, les prêteurs demandent des t aux d’intérêt plus élevés lorsque l’économie refroidit et que les risques de défaillance augmentent. Las emaine dernière, les i nvestisseurs ont plutôt fait en sorte que les taux de rendement des obligations de sociétés américaines ont été ramenés à une moyenne de 4,98 %, le niveau le plus bas depuis mars 2004. Cela se compare au sommet de 5,75 % atteint le 4 janvier cette année, selon un indice de Bank of America Merrill Lynch.
Les ventes de titres de dette ont atteint 90,1 milliards US le mois dernier, juillet le plus actif de tous les temps, d’après des données de Bloomberg.
Vendredi dernier, les autorités américaines ont annoncé que l e produit i ntérieu r avait ralenti à une cadence annuelle de 2,4 % au dernier trimestre par rapport à 3,7 % à la période précédente, ce qui n’a pas empêché Prudential I nvestment Management Inc., Loomis Sayles & Co. et Invesco Ltd., qui gèrent des actifs de 1420 milliards US, d’y voir de la vigueur. Ainsi, des données du Département américain du commerce ont indiqué que les investissements des entreprises avaient augmenté au rythme le plus vif depuis 1997 dans un contexte de hausse des bénéfices.
« Le marché semble penser que la probabilité d’une récession à double creux a diminué de manière marquée », soutient Michael Collins, principal responsable des placements de Prudential, qui compte environ 693 millions US sous gestion. « Les investisseurs regardent tous ces profits, ajoute-t-il, et ils font l’hypothèse que la bonne posture des corporations sur le plan des bénéfices et des liquidités finira par propulser l’économie encore plus vers l’avant. »
Depuis le 12 j uillet dernier, plus de 77% des entreprises qui forment l’indice Standard & Poor’s 500 ont fait état de bénéfices au deuxième trimestre qui se sont avérés supérieurs à la moyenne des estimations des analystes, selon des données compilées par Bloomberg. Les profits bondiront de 35% cette année, un sommet depuis 1988, indiquent des prévisions. À la suite de la récession de 2001, la croissance des bénéfices n’a jamais dépassé 20%.
Enjuin, le tauxdedéfaillance à l’échelle mondiale a reculé à 6,1 % comparativement à 12,1 % un an plus tôt, et il diminuera à 2,4 % d’ici la fin de l’année, prévoit Moody’s Investors Service.
La bonne tenue du marché des obligations des sociétés a fait en sorte que le rendement des obligations à risque a été supérieur à celui des bons du Trésor américain le mois dernier, une première depuis avril dernier. Les titres de dette à haut risque présentaient un taux de rendement de 3,46%, un sommet depuis les 5,98 % atteints en septembre 2009. Pour leur part, les bons du Trésor offraient 0,68%.
« Le c rédit des sociétés apparaît t rès attrayant en particulier », avance Kathleen Gaffney, qui assure la cogestion du fonds d’obligations Loomis Sayles Bond Fund. Ce fonds de 19 milliards US a fait mieux que 95 % de ses pairs au cours des cinq dernières années.

La correction s’annonce sévère en Chine
BLOOMBERG
Les prix des maisons en Chine, qui ont plus que triplé dans les grandes villes au cours des 10 dernières années, subiront une « importante correction » d’ici un an ou deux, selon un document qu’a publié le U.S. National Bureau of Economic Research.
Dans 35 grandes villes chinoises, les prix des propriétés ont plus que triplé au cours des 10 dernières années en termes réels, et plus de la moitié de cette hausse est survenue depuis 2007.

Les prix des terrains de qualité semblable offerts lors de ventes aux enchères ont bondi de près de 800% entre 2003 et cette année, ont fait observer l es économistes Jing Wu, Joseph Gyourko et Yongheng Deng dans le travail publié par l’organisme de Cambridge, au Massachusetts. Selon les calculs de ces économistes, les prix pratiqués à Pékin pourraient chuter de 40 % si les investisseurs perdent confiance dans le marché.
« Il semble plus probable qu’il y aura une i mport a nte correction des prix des maisons en Chine d’ici un an ou deux », a souligné M. Gyourko, qui est aussi professeur au Wharton School of Business, à l’Université de Pennsylvanie. « Il est virtuellement impossible de savoir quand cela se produira, a-t-il ajouté. Des baisses modestes dans les prévisions d’appréciation pourraient être suffisantes pour déclencher la dégringolade. »
Dans 35 grandes vi l les chinoises, les prix des propriétés ont plus que triplé au cours des 10 dernières années en termes réels, et plus de la moitié de cette hausse est survenue depuis 2007, ont indiqué les chercheurs. Cette année, le gouvernement chinois a imposé à trois reprises une hausse des réserves de dépôts dans les banques du pays et il a mis en place des conditions de prêts plus sévères pour les achats de deuxième et de troisième résidences pour l i miter la spéculation. La semaine dernière, le China Daily a écrit qu’une t a xe i mmobilière pourrait être imposée bientôt.
« Adopter une taxe immobilière a une grande import a nce potentielle , a dit M. Gyourko. Son absence actuelle fa it en sorte que la spéculation est moins chère puisque le fait de ne pas avoir à payer une taxe annuelle abaisse le coût de l’investissement. »
Les i nit i at i ves gouvernementales pour contrer la spéculation ont déjà donné des r ésultats et l es pri x vont c ontinuer à baisser dans la deuxième moitié de la présente année, a écrit le 16 j uillet dernier Zhou Jiang, du centre de recherc he du ministère c hinois de l’ Habitation. Les baisses dans les villes où les prix avaient grimpé rapidement seront « relativement import antes » , a ajouté M. Zhou dans China Finance, publication de la banque centrale de Chine.
Zhigang Li, économiste de l’ Université de Hong-Kong, avance pour sa part d’autres explications pour les hausses de prix.
« Une explication pour les prix des maisons qui grimpent rapidement et pour les bas loyers à Pékin veut que les gens s’attendent à un grand afflux de personnes dans la capitale – ce qui est parfaitement possible – et à une offre limitée de terrains dans l’avenir, a dit M. Li. Je ne crois pas que les prix chuteront brutalement en raison de l’éclatement d’une bulle immobilière. »


L’avis sur le Kosovo fait avancer la souveraineté -
DANIEL TURP
DANIEL TURP

L’avis sur le Kosovo fait avancer la souveraineté -
DANIEL TURPDANIEL TURP
Les juges ont refusé de faire dire au droit ce qu’un État, en l’occurrence la Serbie, voulait lui faire dire pour contrer la volonté du Kosovo d’accéder à la souveraineté et à l’indépendance.
Depuis la formulation par la Cour internationale de justice (CIJ) d’un avis sur la conformité au droit international de la declaration unilatérale d’indépendance relative au Kosovo le 22 juillet dernier, plusieurs opinions ont été exprimées sur la portée de cet avis, et notamment sur les enseignements qui peuvent en être tirés pour le Québec.
Ce qu’illustre vraiment l’avis de la CIJ sur le Kosovo, c’est non pas, comme l’a prétendu dans ces pages l’instigateur de la Loi sur la clarté, le député Stéphane Dion, qu’il est « difficile d’obtenir la reconnaissance internationale dans le cadre d’une secession unilatérale » (il n’est d’ailleurs aucunement question d’obtention de reconnaissance dans l’avis), mais plutôt le fait que les juges ont refusé de faire dire au droit ce qu’un État, en l’occurrence la Serbie, voulait lui faire dire pour contrer la volonté du Kosovo d’accéder à la souveraineté et à l’indépendance.
Ainsi, en refusant de dire qu’une déclaration d’indépendance unilatérale était contraire au droit international général et en précisant que la pratique, à la fois des États et du Conseil de sécurité des Nations unies, ne révélait aucune interdiction générale des déclarations unilatérales d’indépendance, la Cour internationale de justice a refusé à l’État « parent » serbe un argument d’autorité fondé sur le droit. L’attitude de la CIJ n’a pas été très différente en cela de celle de la Cour suprême du Canada qui avait non seulement omis de répondre par oui ou non aux deux questions l’invitant à nier le droit de sécession du Québec, mais avait plutôt affirmé que le Québec détenait, sur la base de principes constitutionnels, « le droit de chercher à réaliser la secession ». « L’arroseur arrosé », pourrait-on affirmer à l’égard de la Serbie et du Canada qui croyaient, à tort, que les tribunaux conforteraient leurs arguments et qui, au contraire, les ont refutés.
Pas très loin du Kosovo
Dans cette perspective, l’avis de la Cour internationale de justice fait avancer la cause de ceux et celles qui plaident, aux quatre coins du monde, pour que les nations puissant choisir librement leur statut politique et accéder, si telle est leur volonté, à la souveraineté et à l’indépendance. Une telle volonté doit être exprimée par les nations et leurs institutions et ne devrait d’ailleurs pas être assujettie à celle de l’État « parent ». C’est pourtant là l’objet inavoué de l’inique Loi sur la clarté adoptée à l’encontre de la volonté de majorité des deputés québécois de la Chambre des communes et que tous les partis politiques du Québec ont récusée.
La volonté des peuples d’accéder à la souveraineté et à l’indépendance résulte souvent, et généralement, du refus pour les États souverains de donner suite à des demandes légitimes d’autonomie politique et de respect des identités nationales en leur sein. En ce sens, mais avec les distinctions qui s’imposent et les exactions en moins, le Québec n’est pas très loin du Kosovo.

Le Canada refuse non seulement de satisfaire les attentes constitutionnelles du Québec, mais il continue de porter atteinte à son autonomie en réclamant des compétences exclusives dans le domaine des valeurs mobilières et en exerçant un pouvoir de dépenser dans plusieurs matières d’importance fondamentale pour la nation québécoise. C’est la raison pour laquelle le combat pour l’indépendance nationale du Québec continue pour que le Québec puisse accéder au statut d’État souverain et ainsi agir en toute liberté.



Pas de quoi pavoiser -
BENOÎT PELLETIER
BENOÎT PELLETIER L’auteur est professeur titulaire à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa et avocat chez Noël et associés. «UNECARTEMAÎTRESSE», SELONLOUISBERNARD cyberpresse.ca/place-publique
Kosovo: ni les souverainistes ni les fédéralistes ne peuvent crier victoire
En aucun moment, la Cour internationale de justice n’insinue que le droit international doit l’emporter sur le droit constitutionnel interne des États existants.
Le 22 juillet dernier, la Cour internationale de justice a donné un avis consultatif relativement à la conformité au droit international de la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. Comme il fallait s’y attendre, il s’en est trouvé dans le camp souverainiste québécois pour crier victoire. De leur côté, certains fédéralistes ont cherché à limiter la portée de cet avis au seul cas du Kosovo. Toutefois, me semble-t-il, souverainistes comme fédéralistes n’ont pas de quoi pavoiser.
En effet, il me semble clair que, dans cet avis, la Cour énonce des principes qui vont bien au-delà du cas du Kosovo et qui sont susceptibles de s’appliquer à d’autres contextes indépendantistes ou sécessionnistes. Je ne prétends toutefois pas que, dans l’interprétation de l’avis, on ne doive pas tenir compte du contexte particulier dans lequel il est rendu, soit celui du Kosovo. Ce que je soutiens simplement, c’est que, dans cet avis, la Cour énonce des principes qui constituent des fondements du droit international actuel et qui, de ce fait, s’appliquent internationalement.
Bien que la Cour énonce certains principes en termes généraux et universels, elle dit sur ces principes peu de choses que les experts ne savaient déjà. Somme toute, elle rappelle que le droit des peuples à disposer d’euxmêmes, reconnu par maints instruments internationaux, ne peut être exercé sur le plan externe que par les peuples des territoires non autonomes et par ceux qui sont soumis «à la subjugation, à la domination ou à l’exploitation étrangères ».
La Cour ajoute que la pratique des États n’indique pas la formation, en droit international, d’une nouvelle règle interdisant que soient faites des déclarations unilatérales d’indépendance, et ce, même lorsque le peuple concerné ne possède pas le droit strict de disposer de lui-même.
En d’autres mots, selon la Cour, un peuple donné pourrait très bien faire une déclaration unilatérale d’indépendance même s’il ne dispose pas, en vertu du droit international, du droit formel de s’autogouverner sur le plan externe. Une telle déclaration demeurerait conforme au droit international en tout état de cause.
En aucun moment, la Cour ne dit ou n’insinue que le droit international doit l’emporter sur le droit constitutionnel interne des États existants. De plus, rien dans l’avis ne contredit l’opinion émise par la Cour suprême du Canada en 1998 à l’occasion du Renvoi relatif à la sécession du Québec. Au contraire, dans ce renvoi, notre cour suprême a elle-même reconnu qu’une sécession de facto demeurait une option pour le Québec, mais que les chances que celle-ci réussisse dépendraient de la reconnaissance de la communauté internationale.
Je me permets d’ajouter que la réussite d’une telle sécession dépendrait aussi de l’appui que lui donneraient les Québécois eux-mêmes, appui qui devrait d’ailleurs être maintenu pendant la période dite transitoire, c’est-à-dire pendant la période menant à l’acquisition par le Québec du statut d’État souverain.
Enfin, on chercherait en vain dans l’avis de la Cour internationale de justice quoi que soit qui remette en question, directement ou indirectement, la « Loi sur la clarté » dont s’est doté le Parlement canadien en juin 2000, et ce, peu importe ce qu’on peut penser de la pertinence de cette loi sur le plan politique ou de sa conformité au renvoi de 1998.
En effet, la Cour ne nie pas qu’il puisse être légitime de la part d’un État de chercher à faire obstacle à une démarche sécessionniste ou indépendantiste ou de baliser celle-ci. La Cour ne garantit pas non plus le succès d’une sécession qui reposerait sur le principe de l’effectivité, ni ne remet-elle en question le principe de l’intégrité territoriale des États existants. Toutefois, cet avis ne bénéficie pas de la même autorité que les décisions rendues dans l’ordre interne canadien.

On ne peut traiter d’un tel sujet sans apporter toutes les nuances qui s’imposent. Je dirai, à la décharge de mes amis politiciens qui ont commenté cet avis récemment, que la politique s’accommode malheureusement mal de pareilles nuances.

LE DAUPHIN D’ARISTIDE
D’origine haïtienne, l’auteur a immigré au Canada en 1983. Après avoir enseigné la finance à l’UQAM, il termine présentement un doctorat en droit international. WILSON SAINTELMY
Éventuel candidat à la présidence, le rappeurWyclef Jean serait perçu comme unmessie en Haïti
La vedette du hip-hop causerait une révolution culturelle qui verrait le créole émerger comme langue officielle prédominante, avant l’anglais. Exit le français.
Selon toute vraisemblance, la pop star américaine d’origine haïtienne Wyclef Jean s’apprête à déposer sa candidature aux prochaines élections présidentielles en Haïti, fixées pour le 28 novembre. Si les rumeurs étaient fondées, un tel geste aurait une portée beaucoup plus considérable qu’il n’y paraît à première vue.
  Le rappeurWyclef Jean apparaît aujourd’hui comme la réincarnation du rêve aristidien d’un lendemain meilleur pour la majorité bossale du pays.
La recevabilité de sa candidature risque d’être le principal obstacle sur son parcours vers la magistrature suprême de l’État haïtien. Son éventuelle participation aux joutes présidentielles semble avoir été accueillie avec le même scepticisme que celle de Barack Obama à l’investiture démocrate. Erreur. Il ne faut pas sous-estimer une telle initiative.
René Préval est de plus en plus assimilé à l’avatar haïtien de George W. Bush. Le tremblement de terre du 12 janvier dernier est à M. Préval ce que le 11 septembre 2001 et l’ouragan Katrina furent à M. Bush. De plus, Wyclef Jean a le potentiel d’être à la génération hip-hop en Haïti ce que M. Obama est à la génération « nexus » aux États-Unis. D’autant plus que Port-auPrince a de plus en plus l’allure du Bronx des Antilles.
Jusque-là, rien pour donner des migraines à l’élite créole d’Haïti. Lorsque les médias et elle réaliseront queWyclef Jean risque d’être davantage l’avatar de Jean-Bertrand Aristide ou de Hugo Chavez, ils anticiperont à sa juste mesure l’impact de son éventuelle élection à la présidence d’Haïti.
Un tel scénario serait la deuxième humiliation infligée par un outsider à l’élite politique haïtienne. Ce serait également un deuxième Waterloo politique, après celui de 1990, pour la communauté internationale face à la mouvance populiste haïtienne, telle qu’incarnée jadis par Jean-Bertrand Aristide.
Wyclef Jean est porteur de la même symbolique messianique que ce dernier. Il émerge comme son dauphin potentiel, du moins dans l’imaginaire des déshérités d’Haïti. Tout commeM. Aristide, il est d’origine modeste, issu de la majorité bossale. Tout comme M. Aristide en 1990, Wyclef Jean est en 2010 l’Haïtien le plus populaire. À l’étranger, en raison de sa célébrité artistique; et en Haïti, davantage pour son militantisme social.
Avocats de la cause des pauvres, les deux hommes font désormais partie de la gauche progressiste de la diaspora haïtienne. Les deux auront fait le saut en politique dans la trentaine avancée. Les deux sont des virtuoses de l’irrationnel ; l’un par la théologie de la libération, l’autre par celle du hiphop. À l’instar de M. Aristide, qui demeure un rescapé salésien devenu millionnaire, Wyclef Jean est un miraculé du Bronx new-yorkais, béatifié au panthéon mondial du hiphop. Il apparaît aujourd’hui comme la réincarnation du rêve aristidien d’un lendemain meilleur pour la majorité bossale du pays.
Les deux hommes sont porteurs d’un double messianisme : judéo-chrétien et socioéconomique, que l’on trouve au coeur de la théologie de la libération et celle du hip-hop. Tous deux demeurent le produit de la faillite spectaculaire de l’élite créole haïtienne. Faillite matérialisée par l’incapacité avérée d’une telle élite à combler le vide de leadership observé notamment dans l’Haïti post-séisme.
Wyclef Jean sera, dans l’imaginaire populaire, la rançon politique de la trahison et du comportement fratricide de René Préval envers JeanBertrand Aristide, son exfrère jumeau. Voilà qui fait de Wyclef Jean le dauphin non désiré du patriarche déchu.
Si Wyclef Jean réussit son pari, nous risquons d’assister à une double révolution en Haïti. Culturelle, la première révolution verrait la langue créole émerger, pour la première fois dans l’histoire du pays, comme langue officielle prédominante avant l’anglais, question d’accommoder l’hypothétique nouveau chef d’État. Ultime forfait à l’oncleNapoléon. Exit le français comme instrument bicentenaire de domination de la majorité bossale par la minorité créole.
Politique, la deuxième révolution s’ouvrirait sur deux avenues opposées. La première risque de conduire Haïti vers un statut factuel de 51e État américain. La seconde l’engagera it sur l’autoroute bolivaro-chévariste, en tant qu’expression du populisme et de la mouvance néo-progressiste latino-américaine.

Plausible, ce dernier scénario serait une catastrophe politique pour l’Oncle Sam.

Des négociations cruciales

SYLVAIN CHARLEBOIS L’auteur est vicedoyen aux études supérieures et à la recherche à l’Université de Guelph.
La conclusion d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe relancerait la libéralisation du commerce mondial
Le Canada et l’ Union Eu ropéen ne ( UE) se sont rencontrés récemment à Bruxelles pour une quatrième séance de négociations dans le cadre d’un accord économique et commercial global.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy.
Ces discussions sont d’une importance inouïe pour le Canada. D’abord, l’Europe représente le deuxième partenaire commercial d’importance du Canada, après les ÉtatsUnis. Les échanges commerciaux entre le Canada et l’UE avoisinent les 120 milliards de dollars canadiens et le total des investissements s’élève à près de 420 milliards.
De plus, les plus récentes statistiques en matière d’exportation démontrent que l’économie canadienne dépend de moins en moins de l’économie américaine. Selon Statistique Canada, nos exportations vers les pays autres que les ÉtatsUnis ont augmenté de 4,4 % cette année, propulsées par une augmentation de 25,2 % des exportations vers nulle autre que l’Union européenne, malgré les difficultés financières éprouvées par le vieux continent dans les derniers temps.
En somme, notre stratégie commerciale avec nos voisins transatlantiques est à la croisée des chemins et un tel accord avec l’UE peut sans doute réformer l’image du Canada en matière de commerce international.
Cet accord bilatéral relancerait les négociations sur la libéralisation du commerce international, un pas en avant qui arriverait à point. D’abord, étant donné les impacts économiques potentiels, cet accord de libre-échange est considéré comme la plus importante des ententes économiques et commerciales depuis l’accord nordaméricain entre le Canada, les États-Unis et le Mexique signé en 1992. De plus, le fameux cycle de Doha, que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) peine tant à conclure, a été mis en veilleuse depuis quelque temps.
Dans ces négociations avec l’Union européenne, l’agriculture, les droits de propriété intellectuelle et l’accès aux contrats gouvernementaux représentent trois sources de divergence possibles. Pour finaliser un accord entre les deux parties, le Québec aura irrévocablement un rôle déterminant. Comparativement aux autres régions du pays, le Québec a toujours eu un rapport singulier avec l’Europe, une relation qui peut rassurer certains membres de l’UE. Surtout, en révisant sa position politique sur certains dossiers sujets à controverse, notamment sur les OGM et sur la gestion de l’offre, le pouvoir politique du Québec peut faire pencher la balance.
Bien qu’une validation définitive de l’accord d’ici l’automne et une signature officielle annoncée en 2011 soient plus que probables, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Les étapes les plus délicates restent à venir, comme c’est toujours le cas lors de négociations comme celles-ci. Surtout, ces pourparlers devront se démocratiser davantage. Les deux parties doivent offrir une tribune aux citoyens canadiens et européens ainsi qu’aux groupes d’intérêts qui devront se prononcer sur cet accord. Les conséquences économiques probables sur les partenaires de l’ALENA ainsi que sur plusieurs industries canadiennes ne seront pas négligeables.

La portée de ce projet risque de transformer l’agenda géopolitique et économique de notre pays. L’ambition d’établir un vaste espace économique entre l’Europe et nous comporte aussi des risques considérables. Mais en constatant les vertus de la mondialisation et de ses bienfaits, les bénéfices d’un accord avec les Européens outrepassent de façon significative les risques appréhendés. Espérons que 2011 offrira au Canada une première entente de libre-échange d’envergure en presque 20 ans. Pour y arriver, le Canada et l’Europe devront vraisemblablement hypothéquer certains acquis, surtout dans le domaine agricole. Le Québec, pour sa part, aura le choix de faire partie de la solution ou du problème.

À ces prix-là, je loue

PIERRE-YVES McSWEEN
Dans le marché immobilier actuel, ce sont les acheteurs de maisons qui jettent leur argent par les fenêtres
L’auteur est comptable à Montréal «Je ne suis pas locataire parce que payer un loyer, c’est jeter de l’argent par les fenêtres. » Voilà une phrase exaspérante pour quelqu’un qui a quelques minimes connaissances en finance. Dans le marché immobilier actuel, une telle phrase tend vers l’ineptie.
Prenons un exemple classique. En 2010, Rodrigue décide d’acheter un 4 et demi d’une valeur de 225 000$ avec une superficie de 750 pieds carrés dans HoMa avec une mise de fonds de 5% (11 250$). À ce prix, il obtient de belles moulures en «MDF», des portes de plastique, du plancher flottant et un comptoir ne résistant pas à un plat sortant du four à micro-ondes : le luxe ! Ses paiements seront de 1277$ par mois (avec un taux de 5% sur un horizon de 25 ans). À cela, ajoutons hypothétiquement des taxes municipales mensuelles de 188$ et des frais de condo de 75$ par mois. Son paiement mensuel est donc de 1540$ pour vivre dans un appartement.
Isabelle décide de louer un appartement équivalent. Elle paie un loyer de 700$ mensuellement. Le constat est évident : Isabelle a un déboursé inférieur de 840$ par mois par rapport à Rodrigue, sans compter le rendement qu’elle peut obtenir avec ses placements. Au bout d’une année, Isabelle aura 10 000$ enplacements. Pour sa part, Rodrigue aura remboursé que 4300$ de capital, et aura fait un don à la banque de la majorité de la différence. Évidemment, chaque cas diverge, mais il vaut la peine de faire des calculs.
Ce qui a fait mentir l’analyse précédente au cours des dernières années a été l’envol des prix de l’immobilier qui a permis à plusieurs de faire un gain en capital appréciable. Cet envol des prix s’explique par plusieurs facteurs, dont la crise du logement, un rattrapage des prix de l’immobilier, une panique des acheteurs et la baisse fulgurante des taux d’intérêt.
Baisse des taux
La baisse des taux d’intérêt a été un élément déterminant, car chaque baisse de taux multipliait la capacité d’endettement des acheteurs. Donc, dans le présent marché, les acheteurs profitent de la meilleure capacité d’emprunt de leur existence, car les taux ne peuvent plus descendre significativement. La baisse des taux d’intérêt ne pourra plus expliquer la hausse des prix de l’immobilier au cours des prochaines années. Malgré tout, certains agents d’immeubles affirment que la hausse continuera, car Montréal n’a pas rattrapé le prix de l’immobilier des autres grandes villes canadiennes comme Toronto ou Vancouver. Voici ce qui me semble être une autre lubie : comparer le marché immobilier de Montréal avec celui de deux villes dont la réalité économique est fort différente de la nôtre.
Personnellement, j’ai tenté à quelques reprises d’acheter un duplex au cours de la dernière année. Chaque fois que le prix était acceptable, un quidam se présentait et payait une somme à vous jeter par terre pour un immeuble construit avant 1950, non isolé et négligé par ses propriétaires antérieurs. En attendant un retour à la logique, je vais suivre l’exemple d’Isabelle, prendre mon mal en patience et laisser les autres appeler un agent d’immeubles pour les conseiller dans l’achat le plus important de leur vie.



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