Israël et ses crimes divers...


Notes sur Israël est sa DÉRIVE GÉNOCIDAIRE...


Bienvenue en Israël, nouveau pays nazi !...
À propos d'Israël, Mr. Pratte et compagnie...

Et vous, QU'EN PENSEZ-VOUS !?!...
Répondez-moi, ou donnez tout simplement votre point de vue à ce sujet sur mon BLOGUE !...



Notes sur Israël est sa DÉRIVE GÉNOCIDAIRE...

Deux terrorismes, deux mesures...

Lorsque les Palestiniens tuent des civils, on appelle cela du terrorisme. Soit. Or, lorsque les Israéliens tuent des civils, et même lorsque cela est fait d'une façon clairement intentionnelle, on semble préférer se fermer les yeux, puisque l'on n'a encore jamais réellement puni Israël pour quoi que ce soit qu'il ait jamais pu faire, alors qu'on semble pourtant loin de se gêner pour condamner et punir le "terrorisme" du moment qu'il a le malheur de provenir du côté palestinien.

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ou se trouve au juste la logique, dans tout ça ?... Ou pour être plus précis, quelqu’un pourrait-il m’expliquer au juste ce que l’on veut laisser entendre ainsi, sinon que l’un a le droit de faire ce qui est pourtant considéré comme un crime du moment que c’est l’autre qui le fait ?... Or quelle logique cela peut-il vraiment représenter, sinon celle de l’apartheid, par lesquels un groupe est soumis à des règles plus contraignantes que l’autre ?... Et lorsqu’un groupe se trouve à imposer à un autre des règles plus contraignantes, et donc à se réserver à lui-même un traitement plus avantageux, de quoi se trouve-t-on donc à parler, en bout de ligne, sinon d’opression pure et simple, tout simplement ?...


Samedi, 28 août 2010
Pourquoi le mépris des droits de l'homme serait-il donc plus drôle en Israël qu'en Chine, si ce n'est pour des raisons d'alignement politique qui datent carrément de la guerre froide ?...

Si tous ceux qui critiquent Israël ne peuvent tout simplement qu'être des anti-sémites, alors comment se fait-il donc que de plus en plus de Juifs sont maintenant les premiers à critiquer eux-mêmes Israël ?...

Jeudi, 19 août 2010
Le traitement qu'Israël réserve aux Palestiniens s'apparenterait-il donc à de la violence ethnique ?...
Voir aussi Le cynisme ordinaire, tout en n'oubliant surtout pas de tenir compte de la récente destruction de Gaza par les Israéliens...

Samedi, le 26 juin 2010
Deux poids, deux mesures...
On s'insurge dès que le président de l'Iran ose poser le pied chez nous, et c'est pourtant dans le plus grand honneur que l'on reçoit le premier ministre d'Israël, et ce, dans le même pays !... Trouvez l'erreur !...

Dimanche 18 avril 2010
Apartheid prise II
En continuant à supporter Israël, ne nous trouvons-nous pas surtout à supporter un régime d'apartheid au moins aussi inacceptable que celui que nous avions pourtant déjà dénoncé en Afrique du Sud, et que nous avions même contribué à renverser, par ailleurs ?...

Samedi 3 avril 2010
Comment accuser tout le monde d'un problème que l'on cause soi-même
Quel sens y a-t-il donc à se borner à dire que chacune des deux parties impliquées a ses torts, alors qu'on se trouve soi-même à démontrer à l'une des deux parties un soutien démesurément plus significatif que celui qu'on peut offrir à l'autre partie impliquée, ce qui en soi rend semble d'ailleurs s'avérer la raison première pour laquelle ce conflit paraît
ne jamais pouvoir se résoudre, justement ?...
Et par ailleurs, le fait de démontrer un tel soutien inconditionnel et aveugle à une seule des deux parties impliquée n'apparaît-il pas comme étant d'autat plus aberrant que la partie que nous soutenons se trouve en fait à être celle qui représente la cause même du conflit, en tout premier lieu ?...


L'apartheid israélien
Si l'on peut admettre que l'application d'un terme tel que celui de "génocide" soit peut-être un peu poussée
, ou du moins pour le moment, pour qualifier un cas comme celui de l'occupation israélienne de la Palestine, peut-on pourtant en dire autant du terme "apartheid" ?...

Et pourquoi donc êtes-vous victimes de terrorisme, justement ?...
Israël semble avoir trouvé le plus simple des prétextes pour justifier l'imposition d'à peu près n'importe quel traitement aux Palestiniens, à travers le raisonnement suivant : "ce ne sont que des terroristes !"... Et si pour un instant on pouvait mettre de côté l'aberration que pourrait représenter le fait d'appliquer un tel raisonnement pour justifier qu'on puisse soudainement bafouer tous les droits de l'homme dans le traitement qu'on inflige à un peuple en entier, du moment qu'une certaine partie de celui-ci a le malheur d'opposer une résistance armée lorsque son peuple se voit occupé, il n'en demeure pas moins que le questionnement suivant en vient alors à émerger de lui-même : "et d'après vous, comment se fait-il donc que toujours plus d'actes terroristes en viennet à être commis envers vous, justement ?"... Ou autrement dit, pourquoi ne pas se questionner, une fois pour toutes, sur l'origine de tels comportements, plutôt que de ne trouver mieux que de tirer sur le messager et sur tous ceux qui peuvent lui ressembler ?...


Novembre 2009

Un soutien inconditionnel et unilatéral à Israël... Après tout, n'est-ce pas la façon la plus claire de démontrer que l'on n'a tout simplement pas de coeur ?...


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Et voilà que nos Parlements, comme on pouvait s'y attendre, s'empressent tous de se ranger derrière Israël pour ce qui est de rejeter le rapport Goldstone, sous le prétexte qu'il serait trop "partial", puisqu'on a osé y viser surtout Israël, qui s'y trouve d'ailleurs accusé de crimes de guerre... Mais encore une fois, si à l'époque les Nazis s'étaient plaint d'être jugés de façon "partiale", pourquoi donc les aurait-on pris au sérieux ?... Pourquoi alors devrait-il en être différemment avec les Israëliens, maintenant que ce sont eux qui semblent s'amuser à repousser toujours plus loin les limites de l'inacceptables, et ce pourtant sous nos yeux ?... En fait, ne sommes-nous pas en train de reproduire exactement la même erreur que nous avons auparavant commise avec Hitler, à travers la "politique" dite de "l'appeasement", et qui justement consistait à laisser toujours plus de corde au despote, histoire de voir "jusqu'ou il ira trop loin" ?... Et comment donc se fait-il qu'un génocide n'ait pas été suffisant pour nous apprendre que non seulement ces choses-là ne se font pas, mais surtout qu'il est loin d'être plus acceptable de les laisser se faire, justement ?... Et combien de "Never Again" nous faudra-t-il écrire au dessus des fosses communes pour que les actes en viennent enfin à suivre la parole, finalement ?...

Octobre 2009

Voilà maintenant qu'Israël va jusqu'à demander à ce que soit modifiée la définition même de "crime de guerre", de façon à rendre celle-ci plus conciliante à l'égard de ses "politiques"... Autrement dit, plutôt que de prêter la moindre considération à une accusation aussi grave que celle de "crime de guerre", Israël préfère s'en prendre à la définition même de cette accusation, afin de l'adapter à son avantage...

En vérité, y aura-t-il jamais une limite à son effronterie ?...

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Israël semble considérer simpliste le fait qu'on trace une ligne entre les oppresseurs et les opprimés... Mais justement, qu'y a-t-il donc qui ne soit pas simple dans le fait que l'oppression soit tout simplement inacceptable ?... Et lorsque tel est le cas, peut-on vraiment dénoncer l'oppression autrement qu'en commençant par dénoncer ceux qui justement la perpétuent ?...

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Est-il vraiment si étonnant que tout le monde semble être "pour" les Palestiniens, dans la mesure ce sont ces derniers qui sont justement agressés ?... Les Israéliens eux-mêmes auraient-ils vraiment préféré qu'on ne prenne pas leur défense lorsqu'ils étaient eux-mêmes la cible des Nazis ?... En fait, ne devraients-ils pas plutôt être les premiers à vouloir qu'on protège les opprimés ?... Eux-mêmes ne sonts-ils pas en fait passés maîtres dans l'art de s'ériger en victimes, au point de continuer à le faire alors même qu'ils sont justement devenus les agresseurs ?...

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Il semble ne pas vraiment y avoir moyen de moindrement critiquer Israël sans se faire accuser de ne critiquer qu'Israël, en vérité... Et pourtant, si auparavant les Nazis s'étaient plaints d'être toujours les seuls à se faire accuser, qui sincèrement aurait alors accordé à leur petite complainte quelque attention que ce soit ? Pourquoi devrait-il alors en être autrement dans le cas d'Israël, justement ?...

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En fait, il semblerait bien que toute critique à l'endroit d'Israël doive-t-être interprétée par ce dernier comme s'avérant ni plus ni moins qu'un "encouragement à la haine"... Et pourtant, est-ce vraiment en dénonçant la haine qu'on peut l'encourager, ou n'est-ce pas plutôt en la passant sous silence, comme Israël semble tant le souhaiter, en s'assurant justement qu'on ne puisse rien dire à son endroit, pour commencer ?...

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Septembre 2009

Violations du droit international... Mais surtout : conflit ethnique, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et tendances pratiquement génocidaires...
 
Est-ce que ce sera tout ?
Ou faudra-t-il attendre justement qu’un véritable génocide se profile comme plat principal, après avoir été ainsi annoncé par autant d’entrées qu’on aura pu voir défiler avant qu’il ne reste justement que ce crime ultime à perpétrer ?...
 
Car après tout, il faut bien avouer qu’il ne s’agit pas encore d’un génocide, non... Non, puisqu’à date il ne s’agit SEULEMENT que de CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ !... Ce n’est quand même pas si grave, n’est-ce pas, surtout pour l’accusé, dans la mesure ce dernier ne semble avoir d’autre préoccupation que de nier toute accusation, quelle qu’elle soit, et aussitôt qu’elle peut lui être portée !...
 
Et pourtant, n’est-ce pas précisément le genre de crimes “préliminaires” dont les Nazis eux-mêmes ont pu se voir accusés, avant que d’en arriver finalement à la “solution finale”, justement ?... Et les Nazis ont-ils d’ailleurs fait alors plus de cas de ces accusations que ne le fait présentement Israël ?... Alors en quoi nos simples accusations pourraient-elles donc empêcher Israël d’aller eux-mêmes toujours plus loin sur la voie de l’inacceptable, jusqu’à ce qu’ il soit finalement trop tard ?... Et surtout, pourquoi nous faudrait-il toujours laisser l’hisoire se répéter, même lorsqu’il s’agit de la pire histoire qu’on puisse pourtant imaginer ?...

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Ne faut-il pas avouer finalement qu’il y a bel et bien un coût politique pour la paix, et un qui soit loin d’être négligeable, en réalité ?... N’est-ce pas d’ailleurs ce qui rend une telle paix si invraisemblable, voire quasi impossible, à bien y penser ?...
 








BIENVENUE EN ISRAËL, NOUVEAU PAYS NAZI !...
 
a) Suis-je un anti-sémite ?
b) Un Juif peut-il être un agresseur ?
c) Génocides pour emporter : combien en voulez-vous ?
d) Qu’est-ce qu’un génocide, au fait ?..
e) Le droit international
f) Que ne ferait-on pas au nom de la légitime défense ?
g) Le droit de la légitime attaque
h) Le dossier israélo-palestinien (enfin !...)
i) Deux poids et deux mesures
j) Qui fait le plus pitié ?
k) Israël a le droit d’être non-conventionnel... mais pas les autres, quand même !...
l) Comment poser les conditions gagnantes... pour un conflit !...
m) Lequel de ces deux groupes peut régler ce dossier ?...
 
 
BIENVENUE EN ISRAEL, NOUVEAU PAYS NAZI !...
 
a) Suis-je un anti-sémite ?
Juste avant de commencer à entrer là-dedans, une petite question, comme ça : du moment que je critique Israël, suis-je un anti-sémite ? Ne pas vouloir laisser les Israéliens terroriser et assassiner les autres, est-ce là vraiment de l’anti-sémitisme ?... Sommes-nous finalement tombés dans leur jeu ?... Irions-nous jusqu’à les laisser exterminer tout le monde, juste pour ne pas être taxé d’anti-sémite ?... Et si tel était le cas, qu’est-ce qui pourrait bien les empêcher de faire absolument tout ce qu’ils veulent ?... Tiens donc, n’est-ce pas justement ce qu’ils font, en ce moment ? Et, juste comme ça, pour ne pas être considéré anti-sémite, faudrait-il aussi se montrer anti-palestinien ?... Pourquoi la défense d’un peuple devrait-elle passer par la destruction d’un autre ?...
 
Ce n’est pas que je ne voudrais pas être pro-israélien. Je veux bien essayer. Mais j’aimerais juste qu’on me dise : comment peut-on en toute bonne foi prendre parti pour un État que tout le droit international condamne depuis des décennies ? Pour un régime qu’on compare de plus en plus à l’apartheid, pour ne pas dire pire ? Je suis certain que, comme Israël n’a jamais rien à se reprocher, la comparaison de l’apartheid de tient tout simplement pas, même si dans les faits on parle bel et bien d’une classe de citoyens a tous les droits, dont celui d’opprimer l’autre qui, après tout, n’existe même pas !... On parle donc d’un apartheid moderne, et il s’en trouve pour défendre ça ?... Et il faudrait que j’embarque là-dedans ?...
 
Sur quelle planète sommes-nous, au juste ?... Comment se fait-il qu’en 2008 on en soit encore à tolérer des génocides, et donc à les laisser se dérouler sous nos yeux ?... Combien faudra-t-il de génocides et d’apartheid pour que nous convenions une fois pour toutes que ces choses-là ne se font juste pas ? De combien de génocides aurons-nous besoin, au juste, pour décider que non, c’est non ?
 
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b) Un Juif peut-il être un agresseur ?
Tant que les Juifs n’étaient que les victimes, notamment des Nazis, ils ont pu bien sûr bénéficier de notre sympathie. Cependant, comment ce capital initial de sympathie pourrait-il donc rester toujours le même alors qu’il se fait de plus en plus clair qu’ils se comportent maintenant de façon guère plus honorable que leurs anciens bourreaux ?... Occuper d’autres nations, et faire subir des sévices à leur populations... On a déjà vu les Nazis faire cela de par le passé, et il me semble pourtant qu’on était moins tolérant envers eux à ce moment là... Pourquoi devrions-nous démontrer plus de sympathie envers les Juifs que nous n’en avions à l’époque pour les Nazis, s’ils agissent maintenant de la même façon ?... Devrons-nous donc attendre qu’il se mettent eux aussi à ouvrir les chambres à gaz pour démontrer la moindre réaction ?...
 
Et pourtant, ne semble-t-il pas virtuellement impossible de concevoir les Juifs autrement que comme d’éternelles victimes ? Le fait d’avoir été des victimes une fois ne devrait-il pas leur conférer ce titre à perpétuité ? N’est-il pas absolument impossible pour qui a été victime de devenir un jour agresseur à son tour ?... Et pour qui a déjà été victime, n’y-a-t-il pas peut-être comme une sorte de droit d’agresser les autres à son tour ? Et pourquoi pas ? Cependant, je ne me demande juste si, pour qui se fait agresser, ça fait une différence de savoir que ton agresseur a déjà été lui aussi une victime de par le passé ! La violence n’est-elle pas la violence ? Pourquoi devrait-elle donc être permise plus à certains qu’à d’autres, ou à qui que ce soit !?!...Et pourquoi serait-il donc plus acceptable de se faire maganer par les Juifs que par qui que ce soit d’autre ?...
 
 
Et pourquoi en fait n’aurions-nous donc toujours de sympathie que pour les Juifs ?... N’y-a-t-il pas d’autres peuples qui existent, et qui se font maganer, en ce moment ? N’y en a-t-il pas un, en fait, qui se fait maganer par les Juifs eux-mêmes, tant qu’à ça ? Pourquoi ne démontrierions-nous pas ne serait-ce que la plus minime goutte de sympathie envers ce peuple aussi, pour une fois ?...
 
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c) Génocides pour emporter : combien en voulez-vous ?
Franchement, là, comparer Israël aux Nazis, il faut le faire, quand même ! Oui, et si c’était précisément ce qu’il fallait faire, en effet !?!... J’imagine qu’il ne «faudrait quand même pas pousser», mais si justement on poussait un peu plus loin la comparaison ? Cela ne risquerait-il pas d’être intéressant ?...
 
Alors, regardons cela ! Ne parle-t-on pas, dans les deux cas, d’un régime pratiquement totalitaire, fermé à toute critique, et qui répond à la dissidence par une politique d’exclusion sociale pure et simple, comme les rares Juifs qui ont osé lever la voix contre ce qui se passe en ce moment ont rapidement pu s’en rendre compte ? Mais surtout, ne parle-t-on pas, dans un cas comme dans l’autre, d’un régime hyper nationaliste, massivement soutenu par la propagande, qui fait d’ailleurs appel à une réthorique raciale, et promet en fait un âge d’avènement pour sa race en particulier, et surtout qui tend à adopter des politiques en conséquences : c’est à dire notamment des politiques discriminatoires, voire excluantes (pour ne pas dire pire), à l’endroit des membres d’autres «races» qui, dans les faits, sont donc pratiquement traitées comme des «êtres inférieurs». Cela n’était peut-être pas une mauvaise idée de comparer ces deux régimes, en effet !...
 
Je dis n’importe quoi ? Regardons donc les faits. Il suffit de voir un peu ce qui se passe en Israël en ce moment, et de voir quels genre de politiciens extrémistes ils sont en train de porter au pouvoir. De quoi parle-t-on, ici, exactement ?... Ne parle-t-on pas carrément, en fait, d’ultra-nationalistes, et de surcroît racistes ?... Quelqu’un peut-il me dire au juste en quoi cela diffère-t-il du fascisme ?... Comment se fait-il que quelqu’un, ou plutôt que tout le monde n’a pas sonné l’alarme, et ce depuis très longtemps ?...
 
Et si on regardait la situation d’un autre côté ? Si l’on parlait de nous, tout à coup, et de notre façon de «dealer» avec nos nouveaux amis Nazis ? Tiens donc, comme c’est intéressant : il semble qu’avec les Israéliens, on soit toujours en train de pratiquer une sorte politique «d’apeasement», exactement comme on le faisait avec Hitler, justement !... Tu parles d’une coïncidence !... En effet, comme on l’a fait avec les Nazis avant la deuxème Guerre (ce qui nous y a d’ailleurs directement conduit), le jeu avec les Israéliens semble tout simplement de les laisser faire absolument tout ce qu’ils veulent, et de leur laisser toujours prendre un plus de corde, histoire de voir «jusqu’où ils iront trop loin»... N’est-ce pas pratique d’avoir eu l’expérience d’une certaine façon de faire, apprise par le passé : on peut ensuite la réutiliser à volonté !... Merveilleux !...
 
Il faut cependant avouer une chose. Que l’histoire se répète, ça on le savait déjà, on nous l’a déjà assez répété, merci. Mais que l’histoire des Nazis soit répétée par les Juifs, me semble donc, comme on le dit en bon Québécois, que «c’est toujours bien le bout de la marde !», n’est-ce pas !... Non, mais il faut avouer qu’il faut le faire, quand même : faire subir aux autres exactement le même crime qu’on soi-même subi et surtout dénoncé depuis un demi-siècle, et ce, en plus, à la première occasion où l’on se retrouve soi-même en position de le faire ! Se trouvant en position de force, les Juifs n’ont surtout pas cherché à démontrer au monde le genre de politiques ils auraient eux-mêmes voulu qu’on leur témoigne, non, ils ne se sont surtout pas employés à donner eux-mêmes l’exemple !.. En fait, s’il y a une chose qu’ils ont jusqu’ici démontré avoir appris, ce serait plutôt les pratiques oppressives et racistes des Nazis, dont ils semblent avoir copié l’agenda en tout point, alors même qu’ils n’ont jamais cessé de les condamner ! Disons que, dans le genre hypocrite, c’est quand même plutôt dur à battre. Et surtout, c’est doublement plus inacceptable : premièrement, parce nous savons tous maintenant ce qu’est un génocide, comment l’éviter et pourquoi cela ne doit pas être ; deuxièmement, parce que comme c’est justement eux-mêmes qui l’ont vécu, il est encore plus inacceptable que ce peuple, plus que tout autre, semble l’avoir si vite oublié, comme s’ils n’étaient pas les mieux placés pour savoir à quel point il est essentiel de ne pas aller de ce côté. Leur oubli du génocide est donc impardonnable, et ce deux fois plutôt qu’une, comme s’il ne suffisait pas au départ que ce soit absolument impardonnable en soi.
 
Une chose est claire en tout cas : personne n’a définitivement rien appris, et surtout rien compris. Et surtout pas nous, qui, comme toujours, semblons nous compaire à nous faire complice des pires crimes des autres, en les regardant passivement les commettre comme si de rien n’était. C’est à se demander si ce n’est pas pour nous un petit spectacle auquel on a pris goût.
 
Juste une petite question, comme ça : jusqu’à quand nous bornerons-nous justement à répéter les erreurs du passé ?...
 
Il y a eu l’Holocauste. Ensuite, il y a eu le Rwanda, pour ne nommer que ceux là, et passer sur tous les autres qu’il y a eu entretemps, et sans parler, bien sûr, de ceux qui se déroulent en ce moment même. Et toujours, on fait quoi ? On laisse faire, et on se ferme les yeux.
 
Et pourtant, au Rwanda, on a tracé une belle ligne sous le sol, et on a écrit, en grand lettres «Never Again». Comme si, de toute façon, on aurait du avoir à dire ça après l’Holocauste !... Et pourtant, comment se fait-il que, dix ans après le Rwanda, on en soit encore à niaiser avec ça ?... Comment se fait-il, en fait, que ce dernier continue en fait toujours, en ce moment même ? Combien de «Never again» nous faudra-t-il encore répéter, comme un lugubre refrain, pour qu’enfin on finisse par allumer qu’assez, c’est assez ?... Combien de fois nous faudra-t-il encore le dire pour qu’enfin ce soit pour de vrai ?
 
Depuis la Deuxième Guerre Mondiale, pense-t-on vraiment que les crimes à grande échelle sont-ils réellement moins répandus ?... Ou ne se font-ils que de façon plus subtile, discrète, progressive, «par en-dessous», mine de rien... De sorte que ça passe ni vu ni connu, et surtout que ça continue ?... Les génocidaires sont-ils vraiment moins nombreux, ou simplement plus habiles ?...
 
Une petite question, en passant : n’est-ce pas étrange que les deux plus gros génocides du siècle continuent de se dérouler au vu et au su de tous : l’un de façon détournée (au Rwanda), et l’autre de façon inversée (en Israël) ?... Partout où ça se passe, l’aventure est là-même : un peuple commence par en opprimer un autre, pour ensuite commencer tranquillement à l’exterminer. Et dans presque tous les cas, le fond de l’histoire est que les oppresseurs, ne pouvant pas bien sûr tout faire eux-mêmes, sont en fait supportés par une plus «grande» puissance, et donc par l’ensemble des puissances supposément «grandes». Oui, car faute de se préoccuper des opprimés, il semble en effet que les riches et puissants se fassent cependant un devoir primordial de se montrer solidaires entre eux, et ce surtout du moment qu’il est question de maintenir et de consolider leur pouvoir, c’est-à-dire celui du fort sur le faible, et ce partout à travers le monde.
 
La seule question que je aurais, par rapport à cela, serait cependant celle-ci : est-ce vraiment aussi révoltant que cela ? N’y-a-t-il vraiment, en ce monde, qu’une ligne des puissants qui ne veillent qu’à soutenir les oppresseurs à tout prix, ou qu’il soient, et quels qu’ils soient ?... Est-ce vraiment là tout ce qui se passe, ici-bas ? N’avons-nous pu trouver mieux que ça, et ce, surtout après que tant de crimes horribles se soient déroulés sous nos yeux, parce qu’on a laissés les forts se supporter entre eux, tout en regardant l’un d’eux massacrer des malheureux ?...
 
Et surtout, pourquoi causons-NOUS cela ? Car, les riches et puissants, n’est-ce pas nous, après tout ?... N’en a-t-on pas assez de se faire, par notre silence, les complices des pires horreurs, quand nous ne les commettons pas nous-mêmes ? N’est-on vraiment capables d’action et de mobilisation que lorque ça vient touche directement à notre petit derrière à nous ?...
 
La race humaine est-elle si peu solidaire envers elle-même ? N’a-t-on pas de fierté, d’être humain ? Pouvons-nous vraiment accepter que d’autres humains se fassent exterminer ? Ne pouvons-nous pas refuser l’injustice et le supplice, même s’ils sont infligés à d’autres qu’à nous-mêmes ?...
 
 
***
 
d) Qu’est-ce qu’un génocide, au fait ?..
Génocide est un mot qu’il faut savoir ne pas utiliser. Encore moins en présence d’un Juif, sans même parler d’utiliser ce terme pour l’en accuser !... En fait, ce fameux terme semble ne s’appliquer avec certitude qu’à l’Holocauste et au Rwanda. Autrement, les gens n’auront été que «tués». Ce n’est pas pareil. Et ce, quand bien même ils seraient tués par milliers, voire par millions. Il ne faudrait surtout pas menacer la définition ! Pourrait-on concevoir un tel blasphème !?!... Après tout, le terme, n’est-ce pas ce qui est le plus important, dans tout ça ? Et si ce terme existe, n’est-ce pas que pour parler du passé ? Ou est-ce qu’en fait, ce terme pourrait plutôt servir surtout à empêcher que de telles horreurs ne se répètent encore une fois dans l’avenir, ou plutôt dans le présent ?...
 
Mais où est donc le vrai blashpème, justement ? À utiliser un mot qui devrait plutôt rester lettre morte ? Où à laisser des morts humaines se commettre l’une après l’autre, comme c’est d’ailleurs le cas en ce moment même ?...
 
Et surtout, qu’y-a-t-il donc de si abstrus et de si hermétique dans la définition de ce mot pour qu’on fasse ainsi tout pour ne pas l’utiliser, de peur de «se tromper» ?! Quelle définition est-il sensé avoir que je ne connais pas ? Quelle est donc l’autorité qui peut vraiment prétendre le définir plus que les autres ? Comment pourrais-je enfin obtenir une définition qui fasse moindrement concensus, de sorte que je puisse me permettre d’utiliser ce mot, une fois pour toutes ? Mais, maintenant que j’y pense, le dictionnaire n’existe-t-il pas précisément pour ça ? Qu’a donc à dire Robert, à ce sujet ?... Voyons voir...
 
«Génocide : Destruction méthodique d’un group ethnique.» (Le Petit Robert, 1993, p. 1011).
 
Commençons donc par examiner le premier élément de la définition : destruction. Combien de morts faut-il pour que ce soit trop de morts ? Et, pour commencer, n’est-ce vraiment qu’une question de quantité ?
 
Dans un tel cas, comment se fait-il qu’on parle «peut-être» de génocide au Darfour, mais pas en Palestine ? On parle en fait de quelques centaines de millers de morts au Darfour : pense-t-on sérieusement qu’un tel nombre de morts n’a pas été atteint en Palestine, et ce depuis beaucoup trop longtemps ?...
 
MAINTENANT QUE J’Y PENSE, si tout d’un coup il nous venait à l’idée de comparer le nombre de Palestinens qui ont été tués d’une façon ou d’une autre À CAUSE de l’occupation israélienne, depuis 1948, obtiendrions-nous un chiffre que serait vraiment SI différents des 6 millions de Juifs de l’Holocauste ? Au total, lequel des deux peuples s’est VRAIMENT le plus fait exterminer ?... Sur lequel des deux seriez-vous prêts à gager ?...
 
Ah, oui, mais un génocide, c’est plus que JUSTE un nombre de morts...
Et le caractère spécifiquement sauvage de l’Holocause devrait-il rendre plus «acceptable» le nombre de Palestinens qui auront été tués, quel qu’il soit ?... Cela fera-t-il vraiment une différence pour les familles de ceux qui les ont perdus, si bien sûr ces familles existent encore ?...
 
En fait, qu’est-ce qui fait qu’un génocide est un appelé un génocide ?.. Le nombre de morts ou juste la façon de tuer ?...
 
Il semble en fait que ce soit un peu des deux, à en juger, du moins, par la définition... Et celle-ci parle donc du fait que, pour qu’un génocide soit bien «réussi», il doit bien entendu être effectué «méthodiquement»...
 
Qu’est-ce qui fait donc qu’une tuerie est assez efficace pour être considérée un génocide ? Est-ce que par exemple, au Rwanda, parle-t-on d’un génocide juste parce que tout fut effectué en un court laps de temps ?... Parlerait-on moins d’un génocide si les morts étaient plus étendues dans le temps ?... Ou est-ce que ça fait juste en sorte qu’on s’en fout plus à ce moment là, parce que ça «flash» moins quand on meurt à petit feu, comme en Palestine, bien évidemment ?...
 
Mais, en fait, on sait bien que, quand on parle de «méthode», on parle plutôt d’une stratégie précise, visant directement l’élimination d’un groupe ethnique en tant que tel.
 
Est-ce vraiment si loin de ce que fait en ce moment Israël ?...
 
Bien sûr, on chercherait en vain les chambres à gaz dans l’État Juif. Mais est-ce que ce n’est qu’en recherchant les applications passées d’un terme qu’on empêchera les nouvelles de se produire, si ce n’est déjà fait ?
 
Pour commencer, il me semble assez clair qu’il ne serait pas trop exagéré que de parler en Israël d’un certain «génocide culturel». Comme au Tibet ! N’est-ce pas palpitant ?... En effet, dans les deux cas, ce qu’on semble surtout vouloir tuer, c’est le peuple, une nation en tant que tel, plutôt qu’un group ethnique. Et n’est-ce pas pire, en fait ?... N’est-ce pas clairement ce qui est visé, de par l’occupation en tant que telle, bien sûr, mais surtout avec de par des politiques d’assimilation massives et agressives telles que la colonisation, notamment, et ce surtout de la façon complètement obsessive et intrusive qu’elle peut se faire en Israël ?...
 
Par ailleurs, il faut convenir d’une chose, et c’est qu’il serait sans doute difficile de vouloir supprimer davantage l’existence d’un peuple qu’en ne le reconnaissant même pas en tant que tel au départ, sans même parler, bien sûr, de lui reconnaître un droit à un quelconque État ! Remarquez que cela offre cependant un avantage assez significatif (d’ailleurs, on s’en reparlera) : comment peut-on parler en effet d’éliminer un peuple quand on départ ce peuple n’existe même pas ! Cela sauve en effet le mal de le faire de soi-même, et j’imagine que c’est d’ailleurs assez pratique pour cela, dans une optique de génocide, tout au moins !...
 
Cependant, je crois qu’on aurait tort d’arrêter là. N’y aurait-t-il aussi évidence de vouloir détruire purement et simplement des Palestiniens en tant que tels, sans qu’on ait pourtant un «besoin» apparent de le faire ? N’est-ce pas précisément ce que semblerait suggérer une opération aussi disproportionnée que celle appelée «Plomb durci», par laquelle Israël a pu pratiquement démolir la bande de Gaza ? Pour commencer, comment ne pas voir dans une telle destruction des infrastructures de base d’un peuple en entier le but de détruire ce dernier en tant que tel, plutôt que de «simplement» vouloir écraser un «État terroriste» ? Et surtout, comment peut-on croire, ou prétendre qu’on veut éliminer un État sans pour autant en éliminer la population, d’autant plus lorsque celle-ci est autant concentrée, et sur un territoire si exigu ? Croit-on qu’elle se sera échappé comme par magie avant les bombardements, même si comme toujours elle n’était pas préalablement avertie de ceux-ci, et même si on la tenait en fait prisonnière, comme d’ailleurs depuis le début ? Et que dire, au départ, d’une mesure comme le blocus, justement, qui n’a pour effet que d’affamer la population et donc de la tuer à petit feu ? Quant aux pertes civiles en tant que telles, qui sont d’au moins 1400 et comptent en fait plusieurs centaines d’enfants, et qui furent réalisée alors qu’on visait supposément des groupes armés... Peut-on vraiment arriver à un tel nombre d’erreurs, ou cela ne faisait-il pas tout simplement partie du contrat, du moment que l’on décide de faire la guerre à un État en l’attaquant directement dans sa population en tant que telle ?
 
Mais surtout, que penser de gestes comme le bombardement pleinement intentionné d’écoles remplies d’enfants, et ce en toute connaissance de cause ? Quels que soient leur prétextes pour avoir agi ainsi, peut-on vraiment parler plus clairement, ici, de la destruction de civils de façon tout à fait intentionnée, et ce en fait à grande échelle, et de façon répétée et donc assez systématique ?... Ne peut-on pas alors commencer à parler d’un destruction qui s’avère plutôt méthodique ?... Et si on l’ajoute à cela la volonté clairement exprimée non pas de détruire l’autre peuple, mais de ne pas même lui laisser la moindre chance d’exister en tout premier lieu, alors qu’obtient-on, exactement ?... N’a-t-on pas là, en terme de “qualité”, la destruction ciblée de civils, avec en arrière-plan une intention avouée quant à la non-existence d’un peuple ? Et du côté de la quantité, ne retrouve-t-on pas une ampleur telle qu’on pourrait commencer à parler de meurtres de masse ?...Et si cela ne correspond pas à la définition de génocide, ou du moins «d’acte génocidaire» dans ce qu’elle a de plus clair, alors dans ce cas, dites-moi : «c’est quoi »?...
 
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e) Le droit international
Voilà maintenant au dessus de 40 ans qu’Israël, comme le dit si bien Rima Elkouri de LaPresse, «bafoue le droit international en toute impunité». Il est plutôt étrange, quand on y pense, que les Israéliens semblent s’en moquer si allégrement. Le droit international, n’est-ce pas précisément le genre d’avancement que l’Holocause a entre autres permis de réaliser ? Comment se fait-il que ceux qui, par leur sacrifice, ont contribué à l’émergence d’un nouvel ordre mondial soient les premiers à bafouer ce dernier ?... Le fait d’avoir été les premiers à subir les crimes au chapitre du droit international devrait-il leur donner eux-mêmes le droit de commettre de tels crimes plus que d’autres ?... S’ils ont souffert de crimes de guerres plus que quiconque, ne devraient-ils pas alors donner l’exemple plus que quiconque à ce niveau, plutôt que de se mettre à commettre les mêmes crimes que leurs anciens agresseurs ?...
 
Le fait d’avoit été victime devrait-il donner le droit d’exterminer les autres à perpétuité ?...
 
Et, juste en passant, à quoi cela sert-il donc de se doter d’un droit, quel qu’il soit, si ce n’est que pour mieux l’ignorer ? Tant qu’à ne faire des lois que pour ensuite mieux s’en moquer, pourquoi simplement ne pas en faire, au départ ?...
 
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f) Que ne ferait-on pas au nom de la légitime défense ?
Tout récemment, Israël a, comme on le sait, attaqué et pratiquement détruit la bande de Gaza. Sauf que, bien sûr, ils l’ont fait pour «bonnes raisons». Oui, parce qu’imaginez-vous donc qu’ils détenaient un prétexte en béton. C’est pourtant bien simple : «Ils ont bien le droit de se défendre !». Non, mais il fallait quand même y penser !...
 
«Ils ont le droit de se défendre»... Bien entendu !... Après tout, il faut bien qu’ils aient un bon prétexte applicable en tout temps et à tout ce qu’ils peuvent possiblement vouloir faire, puisqu’apparemment ils ont toujours raison !... Mais, juste une petite question : jusqu’à quel point auront-ils le «droit» de détruire un autre peuple au nom de la légitime défense ?...
 
Oh, mais c’est vrai, peut-on vraiment parler, ici, de «détruire un peuple», quand, dans les faits, on n’a jamais laisser à ce peuple la chance d’exister ?... Et de toute façon, de quel peuple parle-t-on ?... À les entendre, il n’y a en effet qu’un peuple et un État en question : le leur, bien entendu ! Comment parler de ce qui n’existe même pas ? Pourquoi alors parler de l’exterminer alors qu’il n’existe déjà pas !...
 
On pensait que les Nazis avaient poussé l’art du génocide à des sommets d’efficacité : c’était compter sans les Juifs eux-mêmes, bien entendu !... Avec eux, l’autre peuple n’est pas sur la carte en partant, ça leur sauve donc le sale boulôt d’avoir à l’en rayer par eux-mêmes !...
 
Et de toute façon, pourquoi se donner le mal d’exterminer les gens, en partant : on n’a qu’à mettre un mur, et à faire comme s’ils n’étaient pas là !... Pourquoi se donner le mal de créer un camp de concentration : pourquoi ne pas les concentrer chez eux, et les enfermer là, tant qu’à ça !... Bienvenue à la bande de Gaza : le premier camp de concentration qu’on peut voir à partir de l’espace !... Encore plus dur à manquer que la Grande Muraille de Chine !... Entrée gratuite pour le show de l’année, intitulé «bulldozers et enfants qui meurent !» Il faut pourtant avouer que c’est un aller simple seulement, mais ça en vaut tellement la peine : vous n’en reviendrez jamais, et c’est le cas de le dire !... HAHAHA !!!... Mais comme c’est amusant !...
 
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g) Le droit de la légitime attaque
«Ils ont bien le droit de se défendre». Je veux bien le croire : s’ils ont le droit d’attaquer, ils doivent bien avoir le droit de se défendre aussi, après tout !... Mais, juste une petite question, comme ça, justement : depuis quand peut-on dire d’un OCCUPANT qu’il «se défend» ?... L’occupation n’est-elle pas au départ une agression ?... Alors, depuis quand c’est l’agresseur qui se défend, et non l’agressé ?... Et lorsqu’on occupe un territoire, ne devrait-on pas s’attendre à ce que certaines personnes tentent de résister, à un moment donné ?... Depuis quand devrait-on réserver le pire des châtiments à ceux qui ont l’audace de résister ? Est-ce un crime de vouloir protéger sa liberté ? Ou le crime n’est-il pas plutôt celui de justement vouloir occuper le territoire des autres, et d’ainsi contraindre leur liberté ?...
 
Depuis quand utilise-t-on ce genre d’argument bidon qu’Israël semble si facilement parvenir à nous faire avaler ? Dans le monde fabuleux d’Israël, il semble être leur droit d’envahir les autres, mais ceux-ci feraient mieux de se laisser faire gentiment, car Israël n’hésiterait pas à faire usage de «légitime défense» (!?!...) si par hasard sa légitime opération de conquête devrait rencontrer la moindre opposition. Autrement dit, Israël a le droit d’envahir, mais personne n’a le droit de riposter. La guerre parfaite, quoi !... Mais, juste une question : depuis quand, justement, les guerres et les occupations se déroulent-elles de cette façon ? Quand Jules César a conquis la Gaule, pensez-vous vraiment qu’il s’attendait à se la faire offrir sur un plateau ? Mais qu’est-ce que ces Israéliens ont mangé, ou bu, au juste, pour sortir des arguments aussi incensés ?... Et surtout, du moment qu’ils déclarent une telle absurdité, qu’ils «défendent leur occupation», comment se fait-il qu’on puisse leur répondre autrement qu’en les remettant à leur place avec une belle punition ?...
 
Et si l’on s’étendait encore un peu sur ce sujet savoureux ?... Quoi de mieux qu’un coup d’oeil à l’histoire, histoire de se divertir !... Qu’aurions-nous dit des Nazis, en effet, s’ils s’étaient plaints de devoir «se défendre» de la résistance des Français, ou de tout autre peuple qui les a occupés ? Ou s’il s’étaient lamentés de se voir attaqués de toute part sur les territoires qu’ils avaient eux-mêmes occupés ?.. Comme au débarquement de Normandie : non, mais ça a du vraiment être dur pour eux, ces pauvres petits !...
 
Est-ce vraiment ce qu’on leur aurait dit ?...
 
On aurait sans doute commencé par leur dire qu’ils avaient un peu beaucoup couru après, mais en réalité, on leur aurait surtout sacré une volée, comme c’est justement ce qu’on a fait en Normandie, et ainsi de suite. Pourquoi DONC cela devrait-il être moindrement différent dans le cas de l’occupation israélienne ?...
 
Bien entendu, si les Israéliens occupent la Palestine, ils doivent bien avoir raison, comme toujours, de toute façon. Qu’importe si toute la planète et le droit international pense autrement ? Et au fond, pourquoi se soucieraient-ils de quoi que ce soit, du moment qu’on sait que tout ce beau monde peut bien parler mais n’agit tout simplement pas ?... Après tout, si on ne fait que parler sans jamais agir le moindrement, peut-on vraiment leur reprocher de ne jamais nous écouter ?...
 
À entendre les Israéliens, il semblerait qu’Israël soit en autorité, et qu’on devrait donc lui obéir, partout en Palestine. Et pourquoi pas partout où ils veulent, tant qu’à y être ?... Mais, juste comme ça, de quelle espèce d’autorité jouit-on, au juste, lorsqu’on occupe un autre peuple ?... Normalement, lorsqu’on a une autorité, c’est qu’on est justifié de l’avoir, non ?... Mais justement : depuis quand justifie-t-on l’occupation d’un peuple par un autre, en partant ?...
 
Habituellement, quand un peuple en occupe un autre, ne le laisse-t-on tout simplement PAS faire, jusqu’à preuve du contraire ? A-t-on hésité une seconde lorsque Saddam a envahit le Koweit ? Bien sûr que non ! Ah, mais sauf que c’est vrai ! J’oubliais !... C’est que c’était dans notre intérêt, allons donc !... Tout comme il est sans doute dans notre intérêt de ne pas trop brusquer des géants tels que la Chine et la Russie dans l’occupation qu’ils font respectivement du Tibet et de la Tchétchénie, et donc de les laisser écraser ces peuples sans trop parler... Mais ça, c’est sans parler bien sûr de quand NOUS-MÊMES nous occupons un territoire, comme nous le faisons présentement en Afghanistan, ce qui doit être bien correct, bien entendu, puisque nous le faisons... Donc, autrement dit, où est la morale dans tout ça ? On n’a pas le droit d’envahir, à moins d’être riche est puissant ? Ça a bien l’air que c’est ça !...
 
Or, on sait qu’Israël est un État riche, ce qui leur confère donc sans doute un droit naturel à occuper, ou plus généralement à faire chier... Mais ne sont-ils pas pourtant loins d’être «grands» comme la Chine ou la Russie ? Devrait-on alors vraiment craindre pour nos fesses s’il nous prenait à l’idée de botter les leurs ? Qu’est-ce qui peut donc bien nous empêcher de le faire ?...
 
C’est que dans ce cas précis, quelque chose de plus semble être à l’oeuvre. On sait, en effet, qu’Israël se trouve à être aussi pour nous, jusqu’à preuve du contraire, un «État ami», et ce bien sûr depuis sa création. Donc, si l’on reformule la règle, il semblerait donc qu’on peut occuper des territoires à condition d’être riche et puissant, ou tout simplement à moins de faire partie de «nos petits amis» ! Autrement dit, tu peux faire ce que tu veux, du moment que tu es «du bon bord», celui, bien sûr, des riches et puissants ! Notre monde peut-il vraiment être aussi pourri ?... Il semblerait bien que oui !...
 
Quelqu’un s’est-il plaint qu’Israël ne respectait pas le droit international ? Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre, du droit international, quand la réalité est, comme on le voit, qu’on vit dans une sorte de système féodal planétaire, ou l’important semble surtout de faire partie du camp des plus forts ?... Pensons-nous vraiment que nous-mêmes, ainsi que tous les autres «grands», respectons vraiment quelque droit que ce soit, en partant ? C’est que si on se mettait à punir ceux qui sont en tort, mettons qu’il ne resterait plus grand monde ! À bien y penser, on est aussi bien de s’en tenir à la règle du «fort qui punit le faible», c’est beaucoup moins compliqué, et comme ça on peut tous garder les yeux fermés ! Yé !...
 
 
 
h) Le dossier israélo-palestinien (enfin !...)
 
Je n’apprends sans doute pas grand chose à qui que ce soit en disant qu’Israël et nous-mêmes sommes dans le même camp. Une chose que j’aimerais bien qu’on m’explique, cependant, c’est comment on peut justement être dans le même camp, et ensuite prétendre avoir la moindre impartialité, et donc la moindre crédibilité, dans le dossier israélo-palestinien. Comme si l’arbitre portait déjà le gilet d’une des deux équipes. Peut-on vraiment concevoir un sport où on accepterait ça ? Sauf qu’ici, le sport, c’est celui de la force, alors c’est plus facile d’accepter, puisque justement, tu n’as juste pas le choix !...
 
Le dossier israélo-palestinien !... On parlerait donc d’un dossier impossible à régler !... De la crise du siècle !... De la farce plate du siècle, plutôt ! Comme si ce n’était en fait pas nous qui le faisions traîner depuis le début. Comme s’il n’en tenait pas à nous, justement, d’y mettre fin d’un seul mot, si seulement on le voulait.
 
Alors même qu’on se plaint ainsi de la façon supposément la plus sincère, on continue d’appuyer inconditionellement un seul des deux camps impliqués, comme on le fait d’ailleurs depuis le début, et on se demanderait comment ça se fait qu’on se retrouve toujours en conflit ? On fait depuis toujours pencher démesurément la balance d’un seul côté, et on se plaindrait ensuite qu’elle ne peut pas retrouver l’équlibre ? Allons donc !...
 
Si on pouvait au moins espérer de nos politiciens un minimum de sincérité, on pourrait alors simplement blâmer leur stupidité pour ainsi continuer de faire la même chose, et d’espérer un résultat différent, comme le reprochait Einstein... Sauf qu’on sait qu’ils sont en fait tout à fait conscients de ce qu’ils font, ou plutôt de ce qu’ils ne font pas : c’est-à-dire qu’ils savent bien qu’ils ne peuvent reprocher, ni ne reprocherons jamais en fait quoi que ce soit à Israël, et ça s’arrête là. Pourquoi ? Parce qu’Israël fait partie de nos «petits amis», et il semble qu’entre «petits amis» on ne puisse se reprocher quoi que ce soit, et c’est aussi simple que ca ! Et comme on ne peut donc rien leur reprocher et qu’ils le savent, ils peuvent donc techniquement faire tout ce qu’ils veulent, et c’est justement ce qu’ils font. Et nous le savons et ça n’a pas l’air en fait de nous déranger plus que ça. Nos politiciens sont-ils moins conscients du désespoir et des souffrances du peuple Palestinien ? Pas le moins du monde, c’est pourquoi on ne peut plaider la stupidité : on ne peut qu’invoquer la cruauté pour supporter un génocide depuis plus de 40 ans. Et cela, en passant, c’est inacceptable.
 
Non, mais sérieusement, pensons-nous vraiment qu’il y aurait un quelconque dossier à régler si, depuis le début et jusqu’à ce jour, on n’avait pas toujours laissé notre ami aller aussi loin qu’il pourrait possiblement le souhaiter ?... On prétend vouloir régler le dossier, tout en démontrant plutôt qu’en fait, du moment qu’on est dans la «cour des grands», on peut faire absolument tout ce qu’on veut sans jamais être imputable de quoi que ce soit... En fait, est-il vraiment possible de régler quoi que ce soit en partant avec une prémisse telle que celle-là ?... Pensons-nous vraiment que l’on peut appuyer un oppresseur sur toute la ligne et tout en se moquant éperdumment de l’opprimé, et se retrouver soi-même, en bout de ligne, avec autre chose qu’un paquet de problèmes ? Non, justement, on ne le pense pas vraiment, car personne en fait ne peut être stupide à ce point. Ce qui revient à mon point : nous savons bien ce qui se passe, nous savons qui est le coupable, et que c’est notre ami, et on soutient donc le coupable, et ce n’est pas plus compliqué que ça !... Remarquez, cependant que du moment qu’on supporte un criminel, fut-il notre ami, il est surtout clair qu’on devient alors soi-même tout aussi criminel que lui. C’est ça, en fait, le vrai problème du dossier israélo-paliestinien : c’est qu’on est tous criminels, car on est tous complice d’un grave crime à grande échelle. Or, il se trouve que ce crime, dont nous sommes tous coupables, justement, c’est ni plus ni moins qu’un génocide. C’est ça, en fait, le problème.
 
Ce dossier là ne se règle donc pas, parce qu’on n’en est pas capable, mais parce qu’on ne le veut pas. On ne veut pas dire à Israël d’arrêter d’être méchant. Ou plutôt, on ne veut pas leur dire pour de VRAI, c’est-à-dire avec nos actions, et plus précisément avec des sanctions qui soient dignes de ce nom. Mais ça, justement, on ne le veut pas. Et ça s’arrête là !...
 
Ce qui ne nous empêche pas, pourtant de reprocher aux à un camp comme à l’autre que le dossier n’avance pas. Car, après tout, ne sont-ils pas les premiers concernés ? Et qu’est-ce que l’argent et l’appui des grandes puissances peuvent bien avoir là dedans : ne s’agit-il pas de facteurs négligeables, de toute façon ? Et qu’importe si ces facteurs là, c’est nous qui les détenons, et qu’on les dispose tous d’un seul côté de l’équation ? Après tout, ce n’est pas parce qu’on fait tout ce qu’on peut pour mettre tout ce qui est en notre pouvoir d’un seul côté de la balance que celle-ci sera moins équilibrée ! C’est donc ultimement leur responsabilité, ce qui nous réserve en plus le luxe de leur faire la morale, et ainsi de garder ne serait-ce qu’un minimum de crédibilité ! N’est-ce pas tout ce dont on a besoin pour remporter des élections, anyway ?
 
Et pourtant, quel sens y a-t-il au juste à se borner à dire que les deux côtés ont leur torts ? Cela est-il sensé faire avancer quoi que ce soit ? Et si vraiment on trouve regrettable que ces deux camps ne savent faire mieux que de s’accuser entre eux, alors pense-t-on pourtant faire nous-mêmes mieux qu’eux, en les accusant en fait les deux à la fois ? Et surtout, quel sens peut-il donc y avoir à reprocher quoi que ce soit à l’un ou l’autre des deux camps, alors qu’en réalité le conflit n’est maintenu par nul autre faute que la nôtre ? Avant de reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit, ne pourrions nous pas d’abord assumer nos propres responsabilités, en commençant peut-être par cesser d’être nous-mêmes ceux qui causons ce conflit, comme nous le sommes en fait depuis le début ?
 
Comment, en effet, peut-on prétendre au rôle d’arbitre impartial qui se permet de donner des leçons aux deux côtés, quand on ne fait depuis le début que soutenir un seul des deux camps, en l’occurence l’occupant et donc l’agresseur, ou en d’autre termes celui des deux camps qui fait qu’il y a justement un conflit, en tout premier lieu ? Car pensons-nous vraiment que les Palestiniens qui se trouvent à être occupés, chassé de chez eux et en plus dominés et opprimés, puissent en fait être tenus responsables de quelque injustice que ce soit, ou qu’ils soient davantage en mesure de changer quoi que ce soit à leur triste réalité ?
 
Et peut-on pourtant reprocher à un peuple de refuser d’être opprimé ? Et si l’on suggère ainsi à un peuple de bien se soumettre, comment peut-on nous-mêmes prétendre être davantage que des agresseurs ? Et pire, si l’on sous-entend qu’un peuple devrait se soumettre à un autre, alors que cet autre n’a de pouvoir que de par le soutien qu’on lui accorde nous-mêmes, alors comment peut-on en fait prétendre être nous-mêmes autre chose que les seuls véritables agresseurs, et donc la seule véritable source du conflit ?
 
Alors juste une petite suggestion, comme ça : plutôt que de nous borner à leur dire quoi faire alors que c’est précisément nous qui les empêchons de le faire, pourquoi ne pas d’abord faire notre part, pour une fois, en commençant peut-être par cesser de faire avorter d’avance toute tentative de paix comme nous le faisons en ne favorisant toujours qu’un seul des deux côtés, et celui là même qui fait qu’il y a un conflit, pour commencer ?... Ou en bref, plutôt que d’accuser les autres ne pas surmonter les obstacles démesurés qu’on aura mis sur leur chemin, pourquoi ne pas d’abord arrêter de nier nos propres responsabilités, et voir plutôt comment on pourrait faire avancer le dossier, en commençant peut-être par justement cesser de le bloquer ?...
 
i) Deux poids et deux mesures
Et pourquoi pas un petit exemple de notre totale partialité dans ce dossier ? Peut-être cela pourrait-il nous aider à en saisir toute l’absurdité ? Soit.
 
Alors voilà. On sait que nos gouvernements occidentaux ont unaniment refusé de reconnaître l’élection, pourtant démocratique du Hamas, et ceci, bien sûr, pour un paquet de motifs tous plus idéologiques et vertueux que les autres, à commencer bien sûr par la brillante idée d’éviter à tout prix le dialogue avec tout groupe que nous définissons nous-mêmes comme étant des terroristes. Soit.
 
Mais quelqu’un peut-il bien me dire, pour l’amour du Ciel, comment se fait-il alors que la reconnaissance du gouvernement israëlien actuel, elle, doive comme toujours aller de soi, même s’il est de plus en plus clair que ce gouvernement s’avérera en fait AU MOINS aussi radical, intolérant et même raciste que le Hamas, en plus bien sûr d’être infiniment plus puissant et donc dangereux ? Peut-on m’expliquer où est supposée se trouver la moindre parcelle de sens, du moins officiellement, dans tout ça ?
 
Comment se fait-il que l’intolérance est inadmissible, mais seulement pour un des deux camps ? Qu’elle en coûte la reconnaissance du gouvernement lui-même, mais seulement dans un des deux cas ?
 
L’absurdité devient encore plus évidente lorsque l’on considère une clause en particulier. Il s’agit de la non-reconnaissance, au départ même, de l’État Hébreu par le Hamas. Cela semblait s’avérer une disposition si grave, ce que je peux à la limite comprendre, qu’elle devait discréditer le Hamas en partant en tant que gouvernement. Or, devinez-quoi ? Il se trouve qu’aux dernières nouvelles, il semble clair que le gouvernement israélien ne reconnaîtra justement aucune possiblité qu’il y ait jamais un état palestinien. Or, dans ce cas, où sont les violons ? Où est la grande indignation ? Et surtout, comme toujours, où sont les grandes sanctions, qui semblent pourtant s’être posées si instantanément, et si unaniment dans le cas du Hamas ? Nulle part, bien évidemment. D’un côté, c’est donc la fin du monde, de l’autre, ça ne pose aucun problème. En fait, de quoi parle-t-on, au juste ? Je ne souviens même pas qu’il y ait qui que ce soit qui ait même soulevé ce point. C’est dire comment l’incohérence semble aller de soi.
 
Comment se fait-il que la non-reconnaissance de l’État d’un des deux peuples est un crime fondamental, absolu et non-négotiable, alors que personne ne semble voir le moindre problème à ce que l’autre peuple n’ait pas d’État, ni même qu’on en mentionne la simple possibilité, même si c’est pourtant tout ce que réclame ce peuple de façon claire, nette et précise, et ce depuis plus de 60 ans ?...
 
 Jusqu’à quel point cette situation de «deux poids, deux mesures» deviendra-t-elle toujours plus ridicule ?... N’y-a-t-il pas longtemps que ce l’est déjà trop ?...
 
 
Juste une dernière petite question, comme ça : et après cela, on se demande comment se fait-il donc qu’on en vienne détruire les 2 tours du World Trade Center en plein coeur de la métropole américaine ? Et on se demande aussi sans doute comment donc se fait-il que tous les symboles occidentaux soient attaqués aux quatres coins du monde ?... Et on se demande peut-être aussi, tant qu’à y être, comment se fait-il donc que, bien sûr, notre présence militaire qu’on impose au au coeur même du monde Arabe, soit elle aussi la cible d’attentats terroristes, et que ceux-ci ne semblent devoir être que toujours plus nombreux ?... On se demande donc comment ça se fait, tout ça ?
 
Ma vraie question, en fait, c’est plutôt celle-ci : se le demande-t-on vraiment ?
 
Passe encore qu’on oublie les génocides, qui après tout ne nous concernent même pas. Qu’est-ce qu’on en a à foutre !... Mais les attentats du 11 septembre ? Se peut-il vraiment que, 8 ans après, nous ne semblions pas en avoir encore tiré la moindre leçon ? N’est-ce pas là pourtant notre derrière à nous qui est menacé directement ? Cela ne mériterait-il pas qu’on s’ouvre un peu les yeux, pour une fois ?...
 
Et juste une autre question, en passant... En ce qui concerne le peuple Juif, va-t-il vraiment falloir que s’épuise complètement le capital de sympathie que l’Holocause aura généré à son égard, afin qu’il en vienne enfin à réaliser la nécessité de ne pas répéter les erreurs de ses anciens agresseurs, ne serait-ce que dans son propre intérêt ? Et en ce qui nous concerne, allons-nous vraiment perdre notre propre combat contre l’anti-sémitisme en ne faisant qu’alimenter toujours plus ce dernier de par notre autoritarisme ?... Et encore là, comment pouvons-nous nous faire complices d’actes génocidaires précisément d’un combat contre le génocide ? Sommes-nous vraiment en train de tenter de répondre au génocide par le génocide ?...
 
Et ma dernière question, en réalité, serait surtout celle-ci : n’a-t-on rien compris, en fait, à quoi que ce soit ?...
 
 
j) Qui fait le plus pitié ?
J’aimerais revenir à un point évoqué précédemment, à savoir qu’Israël devrait sans doute conquérir le monde, et que l’on devrait sans doute tous plier l’échine si on ne veut pas qu’ils usent de leur redoutable argument de «légitime défense». Si l’on en croit leur argumentaire déconcertant, les Palestinens ne devraient donc surtout pas chercher à riposter à leur occupation, s’ils ne veulent pas bien sûr être punis. Il semble donc qu’ils devraient plutôt se résigner à être dominés, et ce bien sûr sans dire un mot. Sauf que je me demande simplement : qui ne réagirait pas à l’occupation de son pays et de sa nation ?... Qui ne chercherait pas d’abord à recouvrer la liberté pour soi-même et pour les siens ? Ferions-nous différemment, nous-mêmes, en de telles circonstances ? Et surtout, est-ce qu’Israël ferait différemment, lui-même ? A-t-il fait différemment, de par le passé, comme lorsque la Ligue Arabe a menacé de le pulvériser ? Ou n’a-t-il pas plutôt effectué un revirement des plus spectaculaires, lors de la Guerre des 6 Jours, et qui s’avère en fait à l’origine même de l’occupation telle qu’on la connaît aujourd’hui ? Comment les Israéliens peuvent-ils donc reprocher aux autres ce qu’ils sont les premiers à faire lorsque leur territoire se trouve menacé, à savoir riposter ?...
 
J’imagine que des Israéliens dignes de ce nom me répondraient sans doute qu’on peut bien vouloir retrouver sa liberté, à la limite, mais ce «seulement de façon pacifique». Bien oui, facile à dire. Facile à dire à un peuple après que 60 d’interminables efforts de négotiation qui semblent n’avoir jamais rien donné. Facile à dire, quand le dalaï-lama lui-même se rend maintenant compte que la voie de la négotiation semble n’avoir «rien donné» !... Facile à dire à des, et ce SURTOUT de la part de ceux-là mêmes qui leur ont pris leur liberté, et encore maintenant les gardent emprisonnés dans la plus totale cruauté. Facile à dire, surtout, de la part de ceux qui sont les premiers à utiliser la force armée, et qui manifestement n’hésitent pas à l’employer à plein régime sur des civils à la première occasion, sans moindrement se gêner du moment qu’il s’agit d’enfants.
 
Oups ! Oui, et si on parlait un plus, justement, de massacrer des enfants !...
 
Parlons d’abord du Hamas. On sait qu’Israël n’aime pas trop le Hamas, qui pour commencer ne devrait même pas exister, n’est-ce pas, puisqu’après tout, ne devrait-il pas se trouver en Palestine que des gens qui louangent Israël pour avoir daigné les envahir ?... Bon, ceci étant dit, on sait aussi que parmi les méthodes «non-conventionnelles» qu’utiliserait le Hamas, il y aurait notamment celle de se loger dans des établissements comme des écoles, et d’ainsi prendre la population en otage. Laissons d’abord de côté le fait que plusieurs organisations indépendantes ont déclaré qu’il arriverait souvent, semble-t-il, à Israël de faussement lancer de telles accusations de façon à détenir un meilleur prétexte pour bombarder des civils, et concentrons-nous plutôt sur l’essentiel. Advenant que cette accusation soit parfois fondée, alors voici juste une question pour Israël : s’il est inadmissible que des civils soient ainsi exposés à la mort, comment pourrait-il être plus acceptable que ces immeubles remplis de civils soient pourtant bombardés et anéantis, comme le fait Israël ? Autrement dit, s’il est condamnable que l’on utilise la la menace de possibles morts civiles, comment pourrait-il être plus acceptable de carrément mettre ces menaces à exécution, comme le font eux-mêmes les Israéliens, et ce de surcroît en toute connaissance de cause !?!..
 
Et pourtant, si l’on donnait à un civil un choix aussi inqualifiable, qui, plutôt que d’être exposé à la mort, préférerait encore se faire TUER ?...Car au fond, qu’est-ce qui est pire : la perspective de la mort, ou la mort en tant que telle ? L’un risque, l’autre TUE. Dans un cas, on reproche de faire de la mort une possibilité, et de l’autre, on reproche d’en faire une réalité, et ce en plus de sang froid. Alors qui, en vérité, commet le pire crime ?...
 
Et pour que les Israéliens osent reprocher au Hamas de mettre des vies en danger pendant qu’eux mêmes raflent ces vies, purement et simplement, quel message comptent-ils passer, exactement ? Qu’eux-mêmes préféreraient peut-être se faire tuer plutôt que de simplement se voir mis en danger ?... Ou que s’il est inadmissible de mettre des vies en danger, il est cependant correct de tuer, qui plus est lorsqu’il s’agit de civils ? Ou peut-être bien sûr veulent-ils surtout dire que ce qui est inacceptable envers eux, en l’occurence tuer, est certainement plus acceptable du moment que ce sont eux qui le font !...Disons qu’un certain nombre de choses pourraient alors au moins commencer à s’expliquer, pour une fois...
 
Ainsi, on sait par ailleurs qu’Israël reproche au Hamas d’être un gouvernement terroriste. Et pourtant, ces enfants morts dans les écoles, l’ont été selon l’ordre souvent OFFICIEL de l’armée israélienne. Aux dernières nouvelles, l’armée est supportée par le gouvernement, non ? Alors de quoi parle-t-on, ici, sinon d’un État qui a sciemment ordonné la mort de civils, et plus précisemment d’enfants ? C’est quoi, ça, si ce n’est pas un état terroriste ? Ah, mais c’est vrai, il y une petite distinction à apporter : c’est un état terroriste bien autrement plus dangereux, parce que sa puissance de feu est incomparablement plus élevée, et qu’elle semble être employée, si l’on se fie au dernier conflit, de façon SYSTÉMATIQUE sur sa cible, c’est à dire, pour le répéter, sur des CIVILS, à commencer par des enfants. Une puissance occidentale qui extermine SYSTÉMATIQUEMENT des civils au vu et au su du reste de l’Occident complice, est-ce vraiment SEULEMENT du terrorisme ? Ou cela ne rappelle-t-il pas plutôt un exemple bien plus troublant ?... N’est-ce pas en effet EXACTEMENT ce qui se produisait à Auschwitz ainsi qu’à tous les camps d’extermination !... Ah ! Dieu que la mémoire des hommes est courte, surtout dans le cas des Juifs, apparemment ! Ne devraient-ils pas pourtant être les premiers à s’en rappeler ?...
 
La possibilité et la réalité. Lequel est le plus important ? Ça me semble pourtant bien simple.
 
E c’est pourtant une distinction qu’Israël semble avoir bien de la difficulté à faire.
 
En effet, la raison de la récente destruction de Gaza n’était-elle pas que le Hamas leur envoyait...des roquettes ? Et de quelle genre de roquettes parle-t-on ? De bombes nucélaires ? Pas exactement, mais plutôt du genre de truc artisanal qui aurait fait, pendant l’étendue du conflit, de 7 à 10 morts parmi les Israéliens, si ma mémoire est exacte. 7 à 10 morts. Et pendant ce temps, combien de morts du côté des Palestiniens ? Un grand total de plus de 1400 morts, je crois, dont 200 ou 300 enfants. Mais ça, bien entendu, c’est sans parler du blocus qui emprisonne, affame et saigne donc à blanc la population depuis je ne sais trop combien de temps. Au fait, qui parle ici de prendre la population en otage ?... Et surtout, depuis quand on reproche aux autres ce qu’on fait soi-même à grande échelle ?...
 
10 à 1000 MORTS ET PLUS, disons que c’est un bon score pour les Israéliens, pour ainsi dire ! Pour des roquettes qui peuvent couter la vie à environ 10 personnes dans un certain laps de temps, les Israéliens ont infligé une «punition» de plus de 1000 à l’autre camp durant la même période. Selon quelle autorité pouvaient-ils les punir, de toute façon ? Ça, c’est une autre question, mais ce qui compte, c’est peut-être d’abord la façon dont les Israéliens calculent leurs proportions. André Pratte a a d’ailleurs soulevé disons quelques doutes quant à leur capacité à mener un tel exercice avec un minimum de raison. 10 pour 1000, ça fait, cela donne, si je ne m’abuse, un ratio d’environ 1 pour 100, n’est-ce pas ?... Qu’est-ce qui sous-tend alors leur calcul, exactement ? Que pour 1 Israélien de tuer, ils ont le «droit» d’en tuer 100 fois plus ? Est-ce qu’un Israélien vaut 100 Palestiniens, ou quoi ? Ce serait peut-être bon à savoir, pour une fois !...
 
En effet, pourquoi la vie d’un Juif vaudrait-elle plus que celle d’un autre être humain ?
 
Mais le pire, c’est que ce n’est même pas là ce qui est le plus intéressant. Ce qu’il est vraiment intéressant de comparer, c’est la souffrance RÉELLE des deux peuples. Si l’on compare NE SERAIT-CE que le dernier conflit, on voit que lorsque d’un côté on se plaint d’un mort, de l’autre côté, on est déjà en train d’en plaindre 100 fois plus. Pendant que l’un souffre, l’autre souffre donc au moins 100 fois plus . Et on voudrait, à près ça, mettre les deux sur un pied d’égalité ? Et on voudrait accorder autant d’attention à une plainte qu’à l’autre ? Est-ce vraiment ce qu’on appelle la justice ? Mais surtout : est-ce que quelqu’un, en ce monde, a appris à compter ?...
 
Et pourtant, je suis sûr que, pour les Israéliens, c’est «beaucoup plus qu’une simple question de nombre de morts». Oui, sûrement, je veux bien croire que les morts cent fois plus nombreux des Palestiniens ne sont rien en comparaison de tout ce que peuvent vivre les Israéliens... Ils ont surement raison, comme d’habitude, mais je voudrais bien qu’on me dise, alors : qu’est-ce qui peut bien être pire que la mort ?
 
La réponse a cela, les Israéliens semblent pourtant l’avoir bien trouvé : ce qui est pire que la mort, c’est sans doute la peur. Ils ont peut-êter raison. Oui, parce qu’il faut bien avouer que ça ne doit pas être trop drôle de ne jamais savoir si une roquette va te tomber dessus. Mais surtout, il faut avouer une chose : ce doit en effet être beaucoup plus dur pour les Israéliens, parce que pendant qu’ils se plaignent qu’ils ont peur, les Palestiniens, eux, ne se plaignent plus de rien : ils sont MORTS !... Remarquez que c’est peut-être mieux ainsi pour eux, car la mort pourrait sans doute être difficilement être pire que la vie de merde qu’on leur fait endurer. Mais, si c’est le cas, est-ce donc la seule forme de compassion dont les Israéliens sont capables : comptez-vous chanceux qu’on vous aie tués ? Eux qui sont si parfaits, faudrait-il aussi se mettre à les remercier quand ils vous tuent ?...
 
Comment peut-on donc comparer la souffrance de ceux qui ont peur de la mort avec la souffrance de ceux pour qui c’est une réalité ?... Comment comparer l’expérience de ceux qui ont PEUR d’un événement à ceux qui VIVENT à grande échelle cet événement en tant que tel ?...Comment peut-on donc se plaindre qu’on a peur de la mort alors même qu’on la cause à d’autres, et ce cent fois plus qu’il ne soit jamais arrivé ?... Qu’est-ce que la petite peur des Israéliens peut bien faire en comparaison de ce qu’ils peuvent faire endurer aux autres ?... Quel intérêt y-a-t-il à considérer leur petite peur, alors qu’au moment même où ils s’en plaignent, ils font en sorte que les pires peurs de tout un peuple deviennent en fait leur réalité ?... Pauvres petits Israéliens ! Ils ne sont apparemment pas capables d’endurer le centième de ce qu’ils font endurer aux autres !... Il faudrait bien les prendre en pitié, une fois de plus ! Car après tout, n’y-a-t-il pas qu’eux qui puissent être pris en pitié ?...
 
Les Israéliens peuvent bien se féliciter, comme ils semblent le faire, que leur peur de la mort est telle qu’elle justifie qu’ils tuent cent fois plus de gens chez leur adversaire que celui-ci ne pourrait jamais en faire chez eux. Maintenant, tant mieux pour eux, mais dans le monde des gens normaux, j’aimerais bien qu’on me dise, vraiment, qu’est-ce qui est pire, dans la vie ? Avoir peur ? Ou mourir ?
 
Ou plutôt : avoir peur, ou être tué, ainsi que tous les siens ? Ou, encore pire : avoir peur, ou que quelques uns des siens seulement soient tués (ou mutilés) histoire que les souffrances des autres soient exacerbées ? Ou, encore pire : que l’on ait depuis le début tout fait pour tuer ton peuple en entier, auquel on a, en fait, jamais permis d’exister ?... Autrement dit, qu’est-ce qui est pire : avoir peur ? Ou être victime d’un génocide ?
 
Je veux bien qu’on dise que le Hamas et les Palestiniens ont aussi leurs torts. Mais de quoi parle-t-on, ici ? Quels sont donc leurs crimes respectifs, et surtout quels sont-ils en proportion l’un de l’autre ? Comment peut-on mettre dans la même balance le crime de faire peur avec celui de commettre un génocide ? Du moment qu’il se passe un génocide, qu’est-il besoin d’ajouter ? Comment se fait-il, qu’encore maintenant, on parle dans ce dossier d’autre chose que d’un génocide ?
 
Quel intérêt y-a-t-il à parler de ce que peut bien faire la population qui, bien malgré elle, se trouve aux prises avec un génocide ? Quel intérêt y-a-t-il à regarder, ou pire encore, à juger de ce que le peuple victime d’un génocide peut bien tenter de faire, tant bien que mal, pour y faire face ? Qu’y a-t-il d’autre à dire, lorsqu’un peuple est victime de génocide, que ceci «on s’en vient vous tirer de là» ?
 
 
k) Israël a le droit d’être non-conventionnel... mais pas les autres, quand même !...
Pour en revenir à ce que je disais (...), Israël reproche donc au Hamas d’utiliser des tactiques de guerre non-conventionnelles. Je veux bien, mais encore une fois, j’aimerais juste qu’on me dise : quels moyens au juste voudrions-nous que les Palestiniens utilisent, dans l’état pathétique où ils sont ? Peut-on vraiment leur reprocher d’utiliser les moyens qu’ils ont ? Y-a-t-il une autre manière de faire la guerre, de toute façon ?...
 
Israël semble donc reprocher à une nation en état de chronique infériorité, et ce d’ailleurs par sa faute, de ne pas «oser» lui livrer une guerre conventionnelle. Or, comment les Palestiniens pourraient espérer autre chose d’une bataille conventionnelle contre Israël que d’être totalement et automatiquement exterminés ? Les Israéliens sont-ils vraiment en train de reprocher aux Palestiniens de ne pas se laisser exterminer d’un seul coup, qu’on en finisse ? On voit bien que ça semble être assez clairement le but d’Israël, mais est-il besoin de tant de psychologie pour comprendre que ce n’est peut-être pas exactement celui des Palestiniens eux-mêmes ?...
 
À entendre Israël, on ne devrait jamais répliquer à leur occupation, et si on le fait, ce ne devrait être qu’en essayant en vain de négotier, ou enfin, en se laissant vaincre militairement aussi vite que possible. Quelle genre de guerre les Israéliens voudraient-ils qu’on fasse pour eux ? Une guerre qui se fait toute seule, et où l’ennemi se laisse écraser, idéalement d’un seul coup ? Ils semblent avoir bien appris les méthodes des anciens Nazis, mais de là à espérer qu’un peuple en entier demande lui-même à être exterminé, cela ne pourrait-il pas être un peu trop demander ?... Ne poussent-ils pas l’art du génocide peut-être un peu trop loin ?
 
S’ils la veulent tant, leur guerre, ne sont-ils pas alors prêts à la faire comme des hommes, et donc à devoir s’attendre à subir des pertes eux aussi, à un moment donné, ces pertes ne fussent-elles que le centième de celles qu’ils font eux-mêmes subir aux autres, plutôt que de paniquer et de se croire encore une fois victimisés ! Vous la vouliez, votre guerre ? Vous l’avez ! Alors encaissez donc, pour une fois, plutôt que de chialer !...
 
Le Hamas utiliserait donc des stratégies non-conventionnelles. Encore une fois, il nous faudrait sans doute pleurer un peu plus sur le sort de ce pauvre Israël. Mais pourtant, les guerillas n’ont-elles pas toujours existé, elles qui sont pourtant l’archétype même de la guerre non-conventionnelle ? Est-ce vraiment si surprenant qu’il existe d’autres tactiques que la bataille rangée, et donc d’autres moyen pour un adversaire plus faible de se battre, et de gagner ? N’est-ce pas selon une stratégie «non-conventionnelle», en l’occurence celle dite de la «terre brûlée», que Vercingétorix a pu tenir tête à César, et que Koutouzov a pu vaincre Napoléon ?... Et encore une fois, Israël est-il lui-même en meilleure posture pour ainsi parler ? Les Israéliens ont-ils été plus «conventionnels» quand ils ont envahi les pays arabes lors de la Guerre des 6 Jours, durant la nuit et sans crier gare ?...
 
Doit-on déduire, encore une fois, que dans le cas d’Israël, tout est permis, alors que leur adversaire n’a d’autre choix que de se laisser faire, ou être exterminé ?...Mais, juste comme ça, pourquoi tout devrait toujours leur être permis, à eux, et jamais rien aux autres ? Et surtout, comment peuvent-ils justement croire que tout est permis mais seulement dans leur cas à eux, et ensuite prétendre aller faire la morale à qui que soit ? Comment se fait-il, en fait, qu’il s’en trouve encore, en ce monde, pour leur prêter la moindre crédibilité ?...
 
l) Comment poser les conditions gagnantes... pour un conflit !...
Voici une “bonne” blague concernant Arafat (...) : il s’agit en fait que d’honorables dirigeants occidentaux en viennent à accuser des dirigeants comme Arafat d’avoir été corrompus jusqu’à l’os, ce qui s’avérait être vrai, par ailleurs. Mais la blague, ou plutôt la véritable question n’est-elle pas ce que cela n’est aucunement la question, justement ? Et pour commencer, qui sommes-nous au juste pour accuser les autres d’être corrompus ? De qui parle-t-on, au fait ? Des Libéraux canadiens et de leurs Commandites ? Ou encore des États-Unis qui font affaire avec des régimes bien autremenet plus corrompus que celui-là, du moment que cela peut leur rapporter, justement ?... Mais surtout, qu’est-ce que cela peut bien venir faire là dedans, exactement ?... Le but est-il de faire la paix, ou de jouer à la police financière, en commançant bien sûr par nous exclure nous-mêmes de la liste des suspects potentiels ?... Et si notre but est de faire avancer la paix, alors à quoi cela pourrait-il avancer de commencer par imposer des conditions, en partant ?... Depuis quand on juste atteint-on un but en commançant par mettre des obstacles sur notre route ?... Procède-t-on pourtant d’une façon qui soit moindrement similaire lorsqu’on tente par exemple d’établir une relation commerciale entre deux pays ? Ou ne cherche-t-on pas à faciliter les échanges, plutôt que les différends, du moment qu’il est question d’argent, tout au moins ?... Alors pourquoi ne devrait-on aller droit au but que lorsqu’il est question d’argent, mais plutôt multiplier les conditions, et donc les obstacles, sitôt qu’il est question de paix ?... N’est-ce pas d’abord par nos actions que nous démontrons ce que nous voulons vraiment ?... Alors quel objectif démontre-t-on vouloir atteindre en posant des obstacles, sinon la guerre, justement ?...
 
Et pour en revenir à cette bonne vieille question de corruption, si l’on suggère d’attendre que les autorités palestiniennes ne soient plus corrompues pour les aider, pense-t-on vraiment que les Palestiniens recevront jamais la moindre aide de notre part ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un parfait prétexte pour ne pas les aider, justement ? Et par ailleurs, le même raisonnement ne tient-il pas pour ce qui est des orientation politiques du groupe en question ?... À quoi cela rime-t-il au juste que d’attendre de notre interlocuteur qu’il adopte les mêmes vues que nous afin d’engager un dialogue avec lui ? N’est-ce pas cette différence de points de vue qui rend justement un tel dialogue nécessaire, en tout premier lieu ? Et quel sens devrait-il y avoir à demander d’emblée le résultat ultime que l’on recherche, avant même de s’engager dans le processus devant y mener ? N’est-ce pas surtout un geste qui consiste à boycotter ce processus en tant que tel, en réalité ?... Depuis quand, au juste, attend-on que la paix nous soit livrée dans nos seules conditions, avant même de lever le doigt pour la faire arriver ?... Ou autrement dit, depuis quand demande-t-on que le but soit atteint avant même de chercher à l’atteindre ?... N’est-ce pas surtout une façon de dire qu’on ne veut rien faire pour arriver à un tel but, et que ce dernier se trouve à ne pas vraiment en être un, justement ?...
 
Et pourtant, dans le cas de la corruption comme de l’allégeance politique, n’a-t-on pas pensé qu’il y a peut-être une ou deux raisons pour que ces phénomènes soient justement apparus ?... Sans même parler du conflit en tant que tel dont on peut sans doute qu’il ai pu entraîner une certaine radicalisation au niveau politique, est-il pourtant si surprenant, au niveau économique, que la corruption apparaisse chez un des peuples qui s’avère sans doute les plus ravagés par la misère, et de surcroît sous toutes ses formes ? Et comment peut-on penser qu’un tel état de chose pourrait moindrement évoluer si l’on ne fait pas d’abord quoi que ce soit afin de soulager d’abord cette misère ? Et justement, comment pourrait-on soulager cette misère sans d’abord régler au moins en partie le conflit qui est à sa source ?... D’ailleurs, cela ne constitue pas en fait la question de départ et donc, encore une fois, la seule question qui devrait être considérée comme étant en question, du moins pour autant que l’on veuille réellement y apporter une réponse, justement ? Et en attendant, comment peut-on au juste se permettre d’imposer des conditions concernant une corruption, qui émane en fait d’une misère causée par un conflit que nous-mêmes maintenons, et ce précisément en imposant d’abord nos brillantes conditions ?... Comment au juste pouvons-nous donc imposer des conditions concernant des problèmes qui ne sont au bout du compte causés par nul autre que nous-mêmes ?... Ne peut-on pas, pour une fois, cesser d’opprimer les gens plutôt que d’ajouter l’insulte à l’affront en allant jusqu’à oser dicter la conduite de leurs vies ?...
 
 
m) Lequel de ces deux groupes peut régler ce dossier ?...
Lequel des deux groupes serait donc le plus en mesure de faire avancer ce dossier ?... Lequel devrait donc logiquement faire «les premiers pas» ?...
 
Serait-ce les Palestiniens ? Une question, dans ce cas : de quel pouvoir disposent-ils, au juste, pour améliorer la situation ? De quel pouvoir disposent-ils tout court, en fait ?... Ne sont-ils pas réduits à un état de totale indigence, et ne sont-ils totalement dominés et occupés par une autre puissance, en plus bien sûr de souffrir de la désorganisation résultant du fait de n’avoir jamais pu avoir droit à un État digne de ce nom... Disons que s’ils avaient pu changer quoi que ce soit à leur position, il y a plutôt longtemps qu’ils l’auraient fait ! N’est-ce pas d’ailleurs ce qu’ils tentent de tous les moyens, et ce depuis des années, et ce sans succès !... Il semblerait en fait ne plus leur rester que la violence, sauf que du moment qu’ils osent l’utiliser, on la leur renvoie au à force décuplée, de façon telle qu’ils se retrouvent à avoir perdu tout ce qui pouvait leur rester, déjà qu’ils n’avaient rien ! Et ça, bien sûr, c’est en plus de subir les petites remontrances de tout le monde, à commencer par les petits éditorialistes de LaPresse, qui trouvent eux, qu’ils sont en position pour leur donner des leçons, eux qui supportent leurs agresseurs qui, de leur côté, n’ont justement pas daigné remettre en question leur position d’agresseur depuis maintenant 60 ans !...
 
Mais justement, si les Israéliens, de leur côté, ne font rien, est-ce que c’est vraiment parce qu’ils n’ont pas plus de pouvoir de faire quoi que ce soit, cependant ?... Israel n’est-il pas en position de force, dans ce conflit ? Ne détient-on pas plus de pouvoir de changer les choses lorsqu’on détient le pouvoir tout court, en partant ?... D’autant plus qu’il semble surtout que le problème d’Israël en soit plutôt un de surplus, pour ne pas dire d’abus de pouvoir, puisqu’il se trouve tout simplement à occuper le territoire d’un autre peuple, et d’avoir donc à gérer, en conséquence, les réactions plus ou moins positives du peuple en question.
 
Un surplus de pouvoir : a-t-on déjà vu un problème qui soit plus facile à régler ? Ils ont pris du pouvoir à d’autres, et sont donc aux prises avec ces derniers ? Quoi de plus simple ! Le pouvoir qu’ils leur ont pris, ils n’ont justement qu’à le redonner ! Et comment ? En se retirant des territoires occupés, tout simplement !... Et, bien sûr, en laissant à l’autre peuple la chance d’exister, à un moment donné, et pourquoi pas en leur laissant avoir un État, eux aussi, tant qu’à ça !... Et après, on ne parle même pas de tout le pouvoir dont peuvent disposer les Israéliens pour faire avaner la résolution du conflit, puisqu’ils ont déjà tout à leur disposition : il ne leur suffirait que de partager le moindrement avec leurs voisins !... Et au départ, n’est-ce pas justement la resonsabilité première de toute majorité que de respecter et protéger ses minorités plutôt que de les renier et les opprimer ?... Mais, ceci dit : se retirer, partager, responsabilité... Israël est-il vraiment en mesure de comprendre ces mots pourtant simples, et qui représentent pourtant la base du comportement de tout être humain moindrement sain ?... Il est permis d’en douter fortement, sutout que c’est plutôt le contraire qu’on a pu voir jusqu’ici.
 
Mais ceci étant dit, peut-on pour autant affirmer que les Palestiniens n’ont eux-mêmes aucun pouvoir sur leur propre salut ?...Disons plutôt qu’en temps que peuple occupé et sans État, et surtout en tant que peuple soumis par la force et sans capacité ne serait-ce que de se comparer à son rival, du moins au niveau matériel, il faut avouer qu’il lui est pratiquement impossible d’arriver à quelque progrès que ce soit tant qu’Israël ne démontre pas d’abord son ouverture à aller en ce sens, commme il s’en est d’ailleurs montré capable de par le passé. À partir de ce moment, et bien de ce moment seul, pourrait-on vraiment commencer à parler d’une “responsabilité palestinienne” digne de mention, puisque c’est alors seulement que la balle se retrouverait enfin dans leur camp. Et en fait, il faut bien avouer que les Palestininens n’auront pas trop su démontrer beaucoup d’initiative lorsqu’ils se sont eux-mêmes retrouvés dans une telle situation, comme on a pu le voir lorsque Arafat a splendidement fait déraper les accords du Camp David en 2000. Cependant, comme il se trouve qu’on ne vit pas dans le passé mais bien dans le présent, force est de constater que depuis Camp David, la position israélienne s’est disons passablement durcie, notamment à travers les frappes aériennes punitives de Sharon... Et en reprenant ainsi sa position de force, et plus même que jamais auparavant, Israël reprend aussi nécessairement la responsabilité première du conflit, non seulement à cause de son occupation fondamentale du pays, mais aussi et surtout parce qu’aucune résolution ne peut avoir de chance d’être envisagée tant qu’Israël ne s’y montre lui-même disposé.
 
Alors dans un tel cas, pourquoi même aborder la question du comportement à adopter par les Palestiniens, puisque celui-ci ne change rien au fait qu’au départ, la porte est maintenue fermée par Israël, de toute façon ?... Et surtout, comment pouvons-nous, à ce moment, oser nous mettre du côté du membre dominant de l’équation, du moment que celui-ci impose ses conditions à l’autre sans pourtant démontrer lui-même la moindre ouverture à entreprendre un processus de réconciliation ?...
 
Par ailleurs, il serait sans doute tout aussi juste de mentionner que des “tendances génocidaires” sont au moins tout aussi présentes du côté Palestinien, de par sa fameuse prédilection pour le terrorisme et donc la destruction de civils, tout comme de par son propre refus de reconnaître l’État Hébreu, et donc le droit à Israël de lui aussi exister pleinement en tant que peuple, notamment à travers un État-nation. Cependant, encore là, sans excuser aucunement de tels comportements, à quoi cela peut-ils servir d’insister sur le fait de leur reprocher, du moment que l’on considère que leur propre violence n’a aucune commune mesure avec l’ampleur de celle des Israéliens, sans parler du fait que ces derniers disposent justement d’un État, à la différence bien sûr des Palestiniens, ce qui constitude justement l’injustice à la base même du conflit ?.. Et surtout, pourquoi déclarer comme étant préalable une modification de la violence palestinienne, alors que seule un revirement israélien peut affecter la nature même du problème fondamental, à savoir l’occupation et surtout le caractère oppressif et structurellement destructeur qu’implique cette dernière, sinon de changer quoi que ce soit à ce malheureux scénario ? Et surtout, pourquoi chercherions-nous alors à influencer d’abord le comportement de qui que ce soit d’autre que celui qui a le plus de pouvoir de faire débloquer le problème, ne serait-ce que parce qu’il en cause au départ la plus grande partie ?...
 
Il semblerait donc qu’Israël, de par sa puissance et son contrôle incomparablement plus grands qui constituent en fait la base du problème, soit de par ce fait même le seul membre de l’équation qui soit en position de vraiment régler ce dernier, en acceptant justement de laisser à l’autre ne serait-ce qu’une partie de tout ce pouvoir qu’il a de plus que lui. Il semblerait donc aussi que rien, dans les faits, n’empêcherait Israël de régler ce dossier, à part bien sûr la volonté de le faire, ce qui semble bien sûr cruellement lui manquer. Mais ça, fort heureusement, on peut nous-mêmes les forcer à le faire, du moment qu’on ait nous mêmes un tant soit peu de cette même volonté, qui semble pourtant nous manquer tout aussi tragiquement, puisque depuis plus d’un demi siècle on continue d’appuyer Israël inconditionnellement malgré la barbarie de ses agissements. Et le cycle de l’absurdité humaine continue.
 
 
Ceci dit, bonne journée !
 
Charles-Olivier Tremblay


À propos d’Israël, Mr. Pratte et compagnie...
 
À l’intention de MM. André Pratte, Yves Boisvert et Mme Lysianne Gagnon,
 
J’aimerais ici répondre, quoique plutôt tardivement, aux articles que vous avez écrits (et qui sont, respectivement intitulés «Le sens des proportions» et «Des responsabilités partagées», pour M. Pratte, et «Israël et le Hamas» et «Une riposte démesurée ?» dans le cas de Mme Gagnon, et finalement “Tant qu’à manifester pour la paix” de Mr. Boisvert.) au sujet de l’opération «Plomb Durci» qu’Israël a mené contre la bande de Gaza, au moment où celle-ci se déroulait en janvier. Je dois avouer que je vous m’avez profondément déçu. Il m’a en effet semblé que, de par le ton que vous avez employé tout comme par la teneur même de vos supposés arguments, vous tendiez à relativiser, et donc à minimiser, la portée de ce qui se passe en ce moment en Israël. Or, comme il semble de plus en plus clair que les actes qu’Israël a pu alors poser révélait un caractère tout si génocidaire, je ne peux donc que vous témoigner je puis être choqué de constater que les principaux rédacteurs du journal auquel je suis abonné, de par leur soutien tacite à l’agresseur et l’aveuglement idéologique que cela implique, ne sont ni plus ni moins que les complices d’un génocide.
 
Peut-être auriez vous pu commencer par examiner un peu plus attentivement les faits en tant que tels, comme bien sûr votre profession le demande avant toute chose. Peut-être vous aurait-il été utile, à ce niveau, de commencer par lire votre propre journal. Peut-être auriez vous ainsi pu vous questionner un peu plus en relisant les articles de votre collègue Patrick Lagacé, qui pourtant écrivait avec l’autorité de celui qui est directement confronté à la réalité, alors qu’il se trouvait lui-même à ce moment sur le terrain. Peut-être aussi auriez vous simplement pu découvrir, encore une fois dans vos propres pages, un article peut-être encore plus intéressant, en l’occurence celui de Mr. Rachad Antonius (intitulé «Israël est l’agresseur», du 31 décembre) qui démentait pourtant une on ne peut plus clairement une des informations avancées par M. Pratte. Il semblerait ainsi que ce soit bel et bien Israël, et non le Hamas, qui aurait en fait brisé la trêve entre les deux camps (par un bombardemment effectué le 4 novembre et qui aurait tué 6 Palestiniens), ce qui non seulement enlèverait à Israël tout prétexte pour avoir lancé sa cruelle opération, mais ajouterait en plus à ce crime celui d’avoir menti à ce sujet. Honnêtement, je ne peux pas croire que, sur une information d’une telle importance, vous n’ayiez tous pas d’abord pris le temps de savoir de quoi vous parliez.
 
Ce qui me désole le plus dans le fait qu’on écrive ainsi des faussetés, ce n’est pas tant qu’on trahisse en soi la vérité, mais surtout qu’on trahisse toute la population, en l’induisant en erreur sur un sujet pourtant aussi sérieux qu’un génocide. Les effets que cela risque d’avoir sont pourtant des plus pervers, car en détournant ainsi l’attention publique des crimes qui sont commis, et en minimisant ces derniers, on crée bien sûr les conditions idéales pour que ceux-ci continuent à se perpétrer, sinon à augmenter. N’est-ce pas là pourtant la plus importante leçon qu’on pourrait tirer du passé ?
 
Au temps de la deuxième Guerre Mondiale, le monde ne regorgeait-il pas pourtant de pseudo-intellectuels pour dénicher des arguments toujours plus éloquents pour collaborer avec les Nazis, et surtout pour justement tout relativiser les crimes qu’ils pouvaient commettre, et ainsi mieux se fermer les yeux sur le génocide qui prenait pourtant place ? Si pourtant le génocide israélien devenait un jour pleinement réalisé et surtout révélé, et que soudain l’opinion public se retournait, comme par le passé, envers tous ceux qui, de près ou de loin, auraint pu y contribuer, pensez-vous qu’alors leur jugement serait plus clément ? Pensez-vous vraiment que le verdict qui tomberait alors serait alors différent qu’il n’a pu l’être envers les «collaborateurs» de l’époque d’Hitler ?... Pensez-vous qu’il serait moins sans appel ?... Alors, comme disait le Christ, «que ceux qui ont des oreilles entendent», et, tant qu’à y être, que ceux qui ont des yeux se les ouvrent donc, pour commencer !...
 
Ainsi donc, vous me semblez non seulement avoir pris à la légère des questions aussi graves que des crimes génocidaires, mais vous avez en plus induit la population à vous suivre dans votre erreur, ce qui s’avère encore plus impardonnable. Des excuses seraient bien entendu appréciées, envers vos lecteurs, mais surtout, envers le peuple Palestinien que vous avez osé néglier sur une question aussi grave que sa propre destruction.
 
P.S. Dans son texte du 30 décembre 2008, intitulé «Des responsabilités partagées», Mr. André Pratte semble prendre un grand soin à établir certaines «nuances» à l’effet qu’on peut reprocher des torts autant à un camp qu’à l’autre, dans ce conflit. Un tel constat peut sembler l’évidence même, et pourtant, où est le sens à vouloir parler «des deux camps», quand en fait on parle plutôt d’actes pratiquement génocidaires commis par un État infiniment plus puissant que le peuple qui en est victime, et ce de surcroît avec le soutien des puissances occidentales, à commencer par nous-mêmes ? Et pourtant, du moment qu’un génocide semble être en question, quel place y a-t-il, vraiment, pour les nuances ? Devant la menace d’un génocie, qu’y a-t-il à dire d’autre, en vérité, que «non» ?...
 
Par ailleurs, dans l’article «Le sens des proportions» Mr. Pratte, semble aller jusqu’à tourner en dérision l’euphémisme selon lequel la «riposte» d’Israël pourrait être quelque peu «disproportionné». Ceci, bien sûr, en admettant, qu’il s’agisse justement d’une riposte, alors que l’évidence tend plutôt à indiquer qu’Israël aurait en fait lui-même initié le conflit. Mais de toute façon, pour qu’on qualifie une attaque de simplement «disproportionnée», ne faudrait-il pas qu’elle soit d’abord reconnue comme étant légitime, pour commencer ? En quoi une attaque massive dirigée dès le départ vers une population majoritairement civile est-elle seulement «disproportionnée», et non pas tout simplement terroriste ? Depuis quand le bombardemment d’écoles peuplées d’enfant n’est-elle que «disproportionné», et non tout simplement inacceptable ?... Et depuis quand une armée en occupation peut-elle effectuée une attaque qui ne serait que «disproportionnée» ?
 
Une armée d’occupation aurait-elle donc droit d’utiliser la force envers la population civile qu’elle occupe, du moment que cette force soit utilisée dans une «proportion» raisonnable ? Un armée d’occupation aurait-elle le droit de «punir» la population civile qu’elle occupe de ne pas se soumettre assez docilement à cette occupation ? En fait, depuis quand une occupation en soi n’est-elle pas tout simplement illégitime, pour commencer ?... Le droit international et, du moins en principe, la communauté internationale, ne condamne-t-ils pas d’ailleurs précisément l’occupation israélienne depuis des années ? Comment se fait-il donc que ce ne soit pas la première chose qui soit mentionné, dans ce dossier ? Depuis quand y a-t-il vraiment quoi que ce soit d’autre, dans ce dossier, qui vaille en fait la peine d’être mentioné ?...
 
Dans tout le texte d’André Pratte, je ne me souviens même pas, en fait, avoir vu une seule fois le mot «occupation». Comment peut-on écrire sur un tel sujet sans pourtant jamais aborder le coeur de la question ? Pour Mr. Pratte, le fait d’être fédéraliste rend-il plus acceptable, à ses yeux, l’occupation d’un peuple par un autre ?...
 
P.P.S. Si Mr. Pratte semble si préocuppé par le sens des «proportions», pourquoi alors ne pas considérer d’abord celles-ci ? Dans toute l’étendue du conflit, les terrifiantes roquettes du Hamas n’auraient donc, somme toute, pu causer qu’une dizaine de morts. L’opération «Plomb Durci», elle, pourrait plutôt se féliciter d’un score de 1400 et plus, dont plusieurs centaines d’enfants. Pour un Israélien qui tombe, il s’en fait donc tuer cent fois plus du côté des Palestiniens. C’est bien beau de blâmer le Hamas pour ses roquettes et tout. Mais une fois passée cette petite crise de moralité, et du moment qu’on regarde plutôt la réalité, quel sens y-a-t-il a tirer, justement, de telles proportions, ou plutôt de telles disproportions ? Quelle conclusion peut-on en tirer, sinon qu’un des deux peuples s’avère démesurément plus puissant, et ne semble employer cette puissance qu’à la destruction pure et simple de l’autre peuple ?... Et surtout, qu’y-t-il à dire, après un tel constat, sinon que c’est tout simplement inacceptable ?
 
 
Charles-Olivier Tremblay