Élections passées et présentes...
ou autrement dit, ne pourrait-on tout simplement parler de...
POLITIQUE !...



Élections passées et présentes..
Un vote pour l'union.
Honte au Canada ! (Québec inclus) !...


Élections un peu moins présentes...
Et si Dion était le vrai leader ?...
Un vote pour faire changement
Un vote pour faire un choix

Et quoi de mieux que de tout simplement parler de politque, pendant qu'on y est !...
TRUDEAU vs MULRONEY...



Honte au Canada (Québec inclus) !...
 
Ici, au Canada, on aime bien la stabilité. On l’aime tant, que pour elle, on est même prêt à tout sacrifier. Même notre démocratie. Même notre liberté, autrement dit.
 
On est prêt à laisser des incompétents commettre les pires crimes et salir notre nom, tout en jetant bien sûr notre argent par les frenêtres, et en faisant rien de ce dont nous avons vraiment besoin. Et tout ça pour quoi ? Simplement pour ne pas aller en élection. C’est qu’une élection pourrait amener quelque chose d’encore pire : un changement de gouvernement. Ouache ! Un changement !... Pas bon ça. Pas assez stable, on sait bien.
 
Et pourtant, on pourrait imaginer encore pire. À la fin de la dernière année, on a parlé d’une possible coalition. Par chance, tout a rapidement avorté, parce que rien qu’à entendre ce mot, qu’on n’avait pourtant pas etendu auparavant, on a tous paniqué. Imaginez, vous autres !... Penser sortir un tant soit peu du petit paysage politique morne et sans histoire qui a toujours été le nôtre !... C’aurait bien été le comble. On peut bien vouloir nous éviter des élections, mais nous enlever notre petitesse ?... Nous enlever notre identié, tant qu’à y être !?!... Faudrait quand même pas charrier. Car qui sait ce qui pourrait nous arriver si pour une fois on voyait notre nom dans les livres d’histoire ?...
 
Bienvenue au Canada, pays de la médiocrité !...
 
Ici , on aime mieux juste laisser les choses comme elles sont, même si on ne pourrait concevoir pire que ce qu’on a en ce moment.
 
Ici, on aime mieux voir des politiciens stupides et opportunistes bafouer la démocratie, que de lever le doigt pour contester quoi que ce soit.
 
Ici, on aime mieux se faire dire quoi faire que de décider nous-mêmes de notre sort, et ce même si
c’est pour qu’en bout de ligne la décision revienne à nulle autre que la Reine d’Angleterre.
 
Rappelons-donc un peu les faits. Un premier ministre, nommé Harper, a sous notre nez décidé de «proroger» le Parlement, ou autrement dit, de couper court à la démocratie. Pourquoi ? Parce qu’il savait bien que s’il avait à faire face au Parlement, et donc aux représentants élus de la POPULATION, il serait défait. Il savait en effet que la majorité de la Chambre, et donc la volonté populaire, était contre lui. Normalement, pour gouverner en démocratie, il faut avoir la confiance de la majorité des députés de la Chambre, et donc l’appui du peuple. Pas ici. Non, parce que tout ce que Harper a eu à faire, c’est de se dire : «La population est contre moi ? Big Deal ! Alors je vais imposer ma décision à la population. Je vais perdre le vote ? Alors il n’y aura pas de vote. Je vais tout simplement me défiler. Et je vais appeler la Reine à mon secours».
 
Et que lui a répondu sa représentante, gouverneure générale ?... Qu’elle le laisserait faire tout ce qu’il voudrait, et ce même si cela veut dire de se défiler devant la volonté de la population. Qu’elle en ferait selon SA volonté, et non selon celle du peuple. Parce qu’après tout, n’est-elle pas elle-même nommée par le premier ministre ? Donc, peu importe que le Parlement soit pour ou contre le premier ministre, elle n’en a rien à foutre : ell n’a de toutes façon de comptes à rendre qu’au premier ministre, quoi qu’il fasse.
 
 
Exit le beau principe du gouvernement responsable, sensé être à la base de notre supposée démocratie : il semble donc qu’en bout de ligne, le premier ministre n’est responsable qu’envers la gouverneure générale, qui, elle, n’est responsable qu’envers... le premier ministre. En réalité, il semble donc que le premier ministre ne soit responsable qu’envers lui-même.
 
Mais, selon ce beau principe du gouvernement responsable, sensé être à la base de notre supposée démocratie, n’est-ce pas justement que c’est devant le peuple que le gouvernenent devrait répondre d’abord et avant tout ?...
 
Mais surtout, depuis quand la Reine est-elle là pour supporter le gouvernement lorsqu’il lui prend à l’idée de passer outre la volonté de la population ?... Depuis quand l’autorité royale est-elle derrière le gouvernement, plutôt que derrière la population ?... Dans une supposée monarchie constitutionnelle, l’autorité royale n’est-elle pas censée n’avoir aucun rôle à jouer, si ce n’est n’est justement de se faire le gardien de cette démocratie, en assurant précisément que le peuple ait le dernier mot ?... Car si c’est le gouvernement qui a le dernier mot sur la population, n’est-ce pas justement ce qu’on appelle une dictature ?... Depuis quand la Reine d’Angleterre supporte-t-elle les dictatures ?...
 
Il semble surtout que la gouverneure actuelle, Michaëlle Jean (car c’est bien d’elle qu’il est question), en aie décidé autrement. Qu’elle ait décidé d’abdiquer le seul rôle qu’elle avait, le seul qui donnait pourtant le moindre sens à son poste, de même qu’au système de monarchie constitutionnelle en tant que tel, à savoir de protéger la démocratie, au moment précis où elle se trouvait menacée. Elle a donc choisir de se réduire à l’état de pantin du premier ministre, à ne faire d’elle-même qu’un serviteur du pouvoir, que celui-ci soit ou non au service de la population. Elle n’est donc plus, somme toute, qu’un instrument de plus qui permet au pouvoir, quel qu’il soit, de se maintenir en place. Et qui permet au premier ministre, avec l’acord de la Reine, de passer outre la volonté du peuple.
 
Je tiens donc à le rappeler : il semble bien qu’au Canada, en bout de ligne, ce n’est pas le peuple qui décide, mais bien la Reine, en donnant son accord au premier ministre quoi que le peuple puisse bien y penser. Et donc que le premier ministre peut donc, grâce à elle, gouverner sans avoir à répondre de la population, comme dans toute bonne dictature.
 
Pouvons-nous vraiment concevoir une démocratie digne de se nom où cela pourrait ne serait-ce qu’être envisagée ? Non, car une dictature ne peut justement se prétendre digne du nom «démocratie», pas plus qu’on ne peut désigner quoi que ce soit par le terme représentant son contraire. Et une telle aberration pourrait-elle vraiment se produire au XXIeme siècle ? Et en Amérique, de surcroît ? Oui, apparemment, pourvu que ce soit au Canada.
 
Et pourquoi donc ? Pourquoi la gouverneure générale s’est-elle vue de toute part enjointe de se plier au premier ministre, quoi qu’en pense la population ?... Mais c’est que, voyons donc !... S’il fallait que la gouverneure générale force le premier ministre à faire quoi que ce soit, alors à quoi aurions-nous alors droit ?... À une «guerre constitutionnelle» !!... Une guerre qui ne fait pourtant aucun mort, ni même un blessé, qui ne se passe que dans les idées, et nous force à décider de ce qu’on veut faire avec les vieilles structures dont on a héritées... Eille, si c’est pas la fin du monde, je me demande bien c’est quoi, ça !... À part une ronde constitutionnelle, je ne vois pas vraiment plus grand drame !... Discuter ensemble et régler les problèmes, peut-on imaginer pire, dans la vie ?... A-t-on déjà vu une telle menace à la stabilité ?... Non mais, à quoi il ne faut pas penser ?!!... C’est bien beau la démocratie, mais à quoi bon s’il faut se mettre debout et parler, et encore moins décider nous-mêmes de ce qu’on veut faire de ce sacro-saint système que la Reine a jugé bon de nous laisser ?... Après tout, notre soumission à la Reine, n’est-ce pas cela même qui nous définit en tant que Canadiens ?... Et n’y-a-t-il pas de meilleure gage de stabililité que lorsqu’on est confortablement dominé par un autre ?...
 
C’est qu’ici, on est prêts à tout avaler, tout enterrer, du moment qu’on n’ait pas de chicanes, et qu’on ait pas à se prendre en main. Et au diable la souveraineté populaire, s’il faut pour cela la mériter, en disant non lorsque quelqu’un nous impose sa volonté.
 
Comme un vrai petit peuple de SOUMIS. Pas surprenant que ce pays soit formé d’un peuple de conquis, et d’un autre qui a fui les États-Unis du moment qu’ils ont osé se gouverner eux-mêmes !... Et voyez donc là où ça les aura menés, alors qu’ils sont aujourd’hui en train de CHANGER !... Ça montre bien à quel point ça peut être dangereux, une VÉRITABLE démocratie !...
 
Qui s’insurge, ici, qu’on gouverne à notre place ? Personne. Qui ne s’insurgerait pas si une telle chose devait se produire dans les États-Unis d’Amérique ?... Personne. Il y a quand même toujours bien cela qui nous distingue d’eux.
 
Il y a là vraiment de quoi faire vomir.
 
Ceci dit, bonne journée !...
 
 
 
P.S. En passant, j’inclus comme vous avez pu le voir le Québec dans cette ode au pays des Soumis, car lorsque l’épisode de la coalition a pris place, les critiques ont presque autant fusé autant de la Belle Province que d’ailleurs au Canada, et les raisons qu’elles invoquaient étaient d’ailleurs presque aussi bidon. En effet, les commentaires, de la Presse à la rue, se résumaient essentiellement, me semblait-il, à quelque chose «mais ça a donc pas de bon sens», ce qui, en teneur comme en niveau d’argumentation, me semblait bien digne de ce qu’on pourrait qualifier comme «le Petit Peuple». Par ailleurs, je ne me souviens pas avoir observé une quelconque réaction quelconque lorsque s’est produit le «véritable» coup d’État, celui par lequel Harper a fait fi du Parlement et donc de la population. Car c’est bien là le plus fou, dans tout cela : c’est qu’on se fait faire une passe de dictature, et que, justement, ça passe dans le beurre. La réaction, je l’attends toujours. Je viens d’en faire une, en tout cas, alors c’est toujours bien ça !.... Et un pour le Québec !... Yé !...
 
P.P.S. Je voudrais profiter de cette missive intempestive pour chialer quelque peu sur un sujet connexe. Il s’agit encore de ce pauvre Dion, qui bien entendu s’est en fait avéré le grand perdant de tout ce beau mélodramme.
 
Ne trouvez-vous pas ça drôle ? Dion avait les idées, et il était clairement pour l’environnement. Et donc, naturellement, on l’a lynché. Maintenant, on a Obama. Et lui, il a quoi ? Tiens donc, ce qui faisait le plus cruellement défaut à Dion : à savoir, bien sûr, le charisme. Et du côté des idées, ça dit quoi ? Tiens donc, exactement LA MÊME CHOSE QUE HARPER. Je dis n’importe quoi ? Et pourtant, regardons donc un peu leur positions : les deux sont pour les sables bitumineux, pour la guerre en Afghanistan, pour le support inconditionnel d’Israel. Est-ce qu’on s’en formalise ? Pas le moins du monde ! Cela ne serait-il donc toute qu’une game d’apparence, de show et de cosmétique ?... Yes, Sir ! You bet !...
 
Y-a-t-il donc dans tout cela quoi que ce soit qui nous différencie vraiment des Américains ? Jamais de la vie !... Tout dans le show, rien dans les idées !... Et ça a bien l’air que c’est comme ça qu’on aime être menés !
 
Juste un détail : il ne faudrait quand même pas s’étonner, après cela, que tout aille si mal : quelqu’un se présente avec des idées, il nous dit clairement qu’il veut changer les choses, et on l’envoie promener. Ensuite, un autre se présente, il nous fait une vague promesse de changement, et dans les faits il fait exactement le contraire, mais qu’importe ! Lui, on l’aime tellement !... Pour commencer, il a belle allure, n’est-ce pas le plus important ? Et ensuite, il entretient notre rêve, que dire, notre illusion du changement, dont il préserve la pureté en veillant justement à ce qu’elle n’ait justement pas le moindre rapport à la réalité !... Car bien sûr, il fait surtout bien attention à l’essentiel : c’est qu’il ne faudrait quand même pas que ce changement soit réel, ou autrement dit, qu’il nous affecte le moindrement, en nous demandant par exemple de faire quoi que ce soit ou de s’ajuster à quoi que ce soit, quand même...
 
Autrement dit : sois beau et ne fais rien, et nous t’aimeront !... Ça semble avoir marché à merveille pour Obama, et pas moins ici qu’aux États-Unis. Au contraire : là-bas ils l’aiment bien, ici, on l’adore.
 
La distinction entre les États-Unis et le Canada, ce serait donc quoi ? C’est qu’ici, on ne veut encore PLUS que du show avant tout, et ici, et on est encore plus prêt à fermer les yeux sur la triste réalité pour garder ce petit show sacré dans toute sa pureté. Après tout, faute d’être capables de s’assumer, il faut quand même bien pouvoir rêver !...
 
Ceci dit, et une fois pour toutes...
 
Bonne journée !...
 
Et vive la Scandinavie ! Ou n’importe quel pays très loin d’ici ! Yipee !...

 

Charles-Olivier Tremblay




 

... et si Dion était le vrai leader ?...
 
TABLE DES MATIÈRES
 
1. Le grand méchant Harper
2. La stratégie et le bloc
3. Stephane vs Jack... Ready ? Fight !...
4. Le Tournant Vert
5. La gauche, le NPD et l’économie
6. Le centre et l’économie
7. Dion et son plan
8. Pourquoi NE PAS voter Dion ?



... et si Dion était le vrai leader ?...

Oui, et si, justement, je m’étais moi-même trompé tout ce long à son sujet ?... Et si j’étais un traître à la cause de mon propre parti ?... Ce n’est peut-être pourtant pas si mal parti, si au fond c’est vraiment pour le bien de mon pays !...
 
1. Le grand méchant Harper
Oui, car après tout, quel choix avons-nous ? La question est peut-être en fait surtout : qui peut bien nous débarasser de ce fou !... Car il faut bien avouer une chose : l’absurdité totale de ce Harper semble désormais avoir défié toutes les limites de la raison. Non content d’aller envers et contre tous, au point d’en venir à renverser l’opinion public qu’il avait pourtant tout entier en sa faveur, en manquant du respect le plus élémentaire envers la justice, les arts, et la population elle-même en présentant son plan après le dernier jour du vote par anticipation, il semble qu’il veuille maintenant s’obstiner à ne rien faire, ou pire, à maintenir des politiques dangereusement insensées au moment même où les conditions vitales de notre économie commencent à se détériorer !... Nous savions déjà que cet être étrange se moquait déjà complètement de ce que les spécialistes, le monde entier, les autres partis et la population elle-même pouvait lui dire au sujet de l’environnement, mais ça, après tout, est-ce qu’on ne s’en moque pas nous-mêmes pour commencer !... Mais du moment que l’on parle d’économie et donc de la base de nos vies, ce n’est pourtant plus des blagues !...
 
Et qu’il continue à faire à ce niveau comme si de rien n’était, et, en fait, à s’obstiner aveuglément à vouloir à tout prix nier la réalité, cela démontre, comme plusieurs l’ont remarqué, ou bien la plus totale inconscience de ce qui est en train de se passer, ou bien qu’il se fout totalement de nous et de son mandat, ou peut-être en fait un peu beaucoup des deux. Comment expliquer, en effet, que ce personnage se soit en tout premier lieu fait un plaisir de baisser la TPS, une mesure décriée par tous comme étant non seulement tout-à-fait improductive, mais en fait tout simplement injuste, puisqu’elle ne fait qu’encourager les plus riches à surconsommer encore davantage sans pour autant rien changer à la vie des «gens ordinaires», comme il les appelle si bien, le tout bien sûr en privant le gouvernement de précieux milliards qui ne pourrait pourtant pas être plus bienvenus qu’en ce moment !... Et on ne parle pas ici bien sûr des milliards insensément accordés en subventions à l’industrie pétrolère, alors que la population elle-même demeure pourtant toujours aussi imposée !... On ne commencera pas bien sûr à parler non plus des milliards additionnels engouffrés dans une guerre qui n’a et n’aura jamais plus de fin qu’elle n’a de but, et ce depuis le début !...
 
Harper semble pourtant en voie d’être réélu parce qu’il a parvenu à se faire passer pour un expert en économie. Comme si gérer l’économie se limitait à baisser les impôts même de la mauvaise façon, et de maintenir un budget supposément équilibré, même si il s’est trouvé en fait à dilapider les surplus du gouvernement précédent !... Comme s’il n’était question que d’équilibre fiscal (ce qui, par ailleurs, est en principe garanti aussi par tous les autres partis), et aucunement de quoique ce soit qui puisse assurer à l’économie un succès qui soit moindrement prolongé ! Comme s’il était profitable pour qui que ce soit de ne se préoccuper que de donner de bonnes impressions sur le court terme, en se moquant complètement du long terme ! Comme s’il pouvait être moindrement sensé d’éviter à tout prix de penser au futur, et donc d’investir, dans des choses pourtant aussi fondamentales que l’éducation, et en allant bien sûr jusqu’à l’innovation, la recherche et le développement !... Comme si, finalement, tout devait se limiter à donner l’apparence de bien gouverner, en se foutant bien sûr éperdument de ce qui pourrait arriver passé le temps des élections !...
 
Comment expliquer, maintenant, que cet être soit si absent de cette planète qu’il puisse se borner à imiter Bush après que Bush lui-même aie du renverser du tout au tout sa propre ligne de conduite, lui qu’on aurait pourtant toujours cru le dernier être capable d’un tel changement !...Comment expliquer qu’il trouve le moyen de continuer à ne rien faire, alors qu’en ce moment même, sur toute la planète et à commencer par les États-Unis, on se met à agir sur l’économie plus qu’on ne l’a jamais fait auparavant ? Comment expliquer qu’il s’évertue à ne s’en tenir qu’à une caricature du capitalisme consistant à nier toute responsabilité quoiqu’il advienne, alors que le coeur même de ce système se trouve maintenant plongé dans la crise pour n’avoir rien trouvé de mieux à faire que de précisément suivre jusqu’au bout cette super ligne de pensée consistant à ne rien faire !... Comment expliquer qu’il ne connaisse pas l’histoire au point d’ignorer qu’une telle attitude volontairement aveugle et impuissante est précisément ce qui a mené dans le passé à la pire catastrophe économique jamais connue par l’humanité ?!... Comment expliquer qu’il ignore les leçons de base de l’économie selon lesquelles, comme la Grande Dépression nous l’a d’ailleurs appris, seul le gouvernement peut empêcher une récession de se prolonger, et ainsi sauver la société, en assumant simplement sa propre responsabilité ? À quoi cela sert-il qu’il y ait eu des erreurs dans le passé s’il se trouve des êtres assez fous pour les répéter, et une population assez suicidaire pour les acclamer et leur confier le mandat de continuer à ne rien faire ? Comment se fait-il qu’une population en vienne à se doter pour chef d’un extra-terrestre ?... Bonnes questions, en vérité !...
 
Et la meilleure dans tout ça ? C’est que c’est justement ce qui semble en voie de se passer, comme on devrait pouvoir le constater, au lendemain de l’élection, mardi prochain ! À moins d’un miracle, qui semble peut-être justement être en train de se produire, pour autant qu’on veuille y croire... et peut-être accepter de changer un peu nous-mêmes, pour commencer...
 
En attendant, les faits demeurent, l’avantage est encore à notre ennemi, et rien n’indique que cet état de choses puisse de lui-même se renverser, ou du moins pas encore... On s’en va élire un fou ! Il ne nous reste donc plus qu’à nous affoler ! Et peut-être, surtout, à nous poser la vraie question, à un moment donné, à savoir...
 
«Que pouvons-nous faire, au juste, face à ce scénario de misère ?... Comment changer tout cela ?...»
 
En fait, y a-t-il un bon scénario possible ? Ou en sommes-nous réduits à ne pouvoir qu’abdiquer, tout en criant peut-être un peu notre mécontentement ?... Que peut-on faire?
 
2. La stratégie et le bloc
Jusqu’ici, il semble y avoir eu consensus autour de la stratégie présentée par le premier ministre de Terre-Neuve comme étant «l’ABC» de la présente campagne, et qui se trouve à être en fait celui du vote stratégique : «that we vote for Anything But Conservative»... Bon, tout cela est bien beau, mais il faut bien avouer qu’il s’agit bien aussi de la meilleure stratégie possible pour diviser le vote, et donc surtout profiter ultimement à nul autre que... Harper lui-même, en bout de ligne !... À force de ne s’entendre que sur l’opposition, il semble en fait qu’on ne réussisse qu’à faire triompher notre opposant !... Méchante stratégie ! N’y aurait-il pas pourtant moyen de faire mieux que ça ?... Ne serait-il pas possible qu’à un moment donné, nous nous mettions plutôt à nous entendre sur le fait qu’il nous faille justement nous entendre, si nous voulons avoir la moindre chance de gagner ?!... L’union ne fait-elle pas la force, après tout ?... Dès lors, pourquoi ne pas chercher à nous unir derrière le leader qui peut véritablement vaincre notre ennemi, et tout simplement changer les choses ? Pourquoi ne pas faire de ce pays vraiment le nôtre, pour une fois !...
 
Et pourtant, il se trouve des gens, qu’on appelle les Québécois, qui semblent se réjouir de remettre à d’autres le contrôle de leur destin. Parce qu’au fond, qu’est-ce que Duceppe a à nous offrir au juste, à part d’enlever aux «vrais partis» le vote qui leur permettrait de vraiment prendre la place de Harper ? Que fait-il donc vraiment sinon ouvrir à ce dernier la voie royale pour tous nous dominer ?!... A-t-on déjà vu une nation s’en aller se soumettre aussi joyeusement à son ennemi ?... On peut bien se vanter d’empêcher le gouvernement d’être majoritaire, le fait est qu’on s’empêche surtout nous-mêmes de gouverner, en choisissant de n’être qu’une minorité, tout en empêchant aussi le remplacement d’Harper par un gouvernement qui pourrait vraiment nous avantager !... Est-ce là vraiment ce que Duceppe appelle protéger nos intérêts ?... Et le pire dans tout cela, c’est qu’on se dit stratégique à voter «contre Harper» alors qu’on ne fait ainsi que s’assurer de le reporter au pouvoir !... Est-ce qu’on aime vraiment chialer au point de vouloir à tout prix faire rentrer le pire gouvernement qu’on puisse avoir, plutôt que simplement en choisir un qui serait carrément de notre bord, et ainsi décider nous-mêmes de notre avenir, pour faire changement !...
 
Non mais il faut quand même avouer que pour se remettre «en bloc» à un parti qui fait de l’impuissance sa raison d’être, les Québécois sont quand même assez unique au monde... Ne pouvons-nous pas être Québécois autrement qu’en se faisant les artisans de notre propre soumission ? Pourquoi donner le pouvoir à d’autres, quand on pourrait le prendre soi-même ?... Pourquoi s’opposer, quand on pourrait gouverner ? Pourquoi bloquer les choses, quand on pourrait les changer ?... Ne serait-il pas temps pour nous de se comporter comme une véritable nation, en commençant par choisir nous-mêmes ce que nous voulons ?...
 
Plutôt que de contribuer à réélire Harper, ne serait-il pas possible de se mettre à songer sérieusement à le remplacer ?!.
 
Quelle pourrait donc être une stratégie pour gagner pour de vrai ?...
 
Il n’y a pourtant pas trente-six façons de procéder : la seule chose qui peut renverser Harper est qu’un autre parti récolte plus de voix que lui aux élections de mardi. Et la seule façon d’y arriver, c’est de cesser de disperser nos voix à gauche et à droite, pour plutôt les réunir, pour une fois, au profit d’un seul candidat. Il ne reste plus qu’à savoir lequel choisir, pour faire changement... Mais au fond, est-ce vraiment si compliqué ? N’y en a-t-il vraiment aucun qui soit moindrement moins pire que les autres ? Ou se pourrait-il qu’il y ait vraiment, en fait, un meilleur candidat ? Se pourrait-il donc que le véritable «ABC» de ces élections ne soit vraiment, après tout, que de choisir «A Better Candidate» ou «A Better government for Canada» (tout dépendemment de comment on veut voir ça...), comme me l’a intelligemment fait remarquer une dame récemment interviewée ?... Il me semble donc que ça vaudrait donc la peine d’y penser à deux fois, pour une fois !...
 
Qui peut donc nous sauver ?... Ou en d’autres termes : quel chef mériterait le plus que l’on s’unisse pour lui ?... De quel genre de chef avons-nous en fait vraiment besoin ?... Ça ne serait quand même pas fou de se le demander !...
 
En fait, que voulons-nous au juste ?
 
Remplacer Harper ? Ne faudrait-il pas pour ça d’abord commencer par prendre le pouvoir ? Nous voulons changer les choses ? Pourquoi ne pas le faire pour de vrai ?...Le candidat que nous recherchons ne devrait-il pas d’abord et avant tout être capable, entre nous, de prendre le pouvoir ?... La qualité première du candidat que nous recherchons serait donc en fait, le système étant ce qu’il est, d’être le chef d’un parti qui ait des chances RÉELLES de l’emporter sur Harper aux prochaines élections, ou, en d’autres termes, de rentrer !... On pourra ainsi être accusé d’être stratégique, sinon machiavélique, mais le fait est que si l’on veut changer les choses, encore faut-il être en mesure de le faire. Tant qu’à vouloir changer les choses, pourquoi ne pas le faire pour de vrai ?!!...
 
 
Quels sont donc les candidats qui soient réellement en mesure de remplacer Harper mardi prochain ?...
 
Ainsi donc, si notre but est bel et bien de battre Harper, il y a donc deux options que nous nous devons de retrancher d’emblée : à savoir le Bloc Québécois, et le Parti Vert. On peut toujours rêver, mais si vraiment notre but est de changer les choses pour de vrai, il semble bien qu’il nous faille regarder d’un autre côté.
 
Regardons pourtant les choses comme elles sont : quel choix nous reste-t-il donc ?
 
Il semble surtout clair qu’il ne reste donc que deux chefs en lice pour prétendre au poste de premier ministre : Stéphane Dion et Jack Layton. Si notre but est donc vraiment de changer le gouvernement et non juste de protester, cela semble donc la réalité du choix qui s’offrira à nous mardi. Rendu là, qu’est-ce qui pourrait bien nous faire décider ? Notre appréciation personnelle de l’impression dégagée par ces deux individus ? Pourquoi pas, mais ceci dit, avant de confier à quelqu’un le contrôle de notre pays sur la base d’une pure perception, ne vaudrait-il pas la peine de quand même jeter un coup d’oeil au programme de leur parti ?... Après tout, c’est beau de remplacer celui qui mène nos vies, mais ce n’est peut-être pas fou non plus de ne pas le remplacer par n’importe qui !...
 
3. Stephane vs Jack... Ready ? Fight !...
Commençons donc par notre cher bon vieux Jack. Tous s’entendront pour dire que le bonhomme est bien sympathique, voire qu’il inspire la confiance. Est-ce à dire qu’il la mérite vraiment ? Un vote pour lui semble être un vote pour le changement. Mais au delà des apparences, qu’en est-il réellement ?...Qu’a-t-il donc à nous proposer, vraiment ?...
 
Jack se dit défenseur de l’environnement. Il propose donc la création d’un système d’échange des droits de polluer, ou en d’autres termes, d’une Bourse du Carbone. Intéressant, à part du fait qu’une telle chose existe déjà, ayant été instaurée par nulle autre que... Stephen Harper lui-même ! Le détail, c’est qu’il ne s’agit en fait qu’une belle façade, comme d’ailleurs tout ce que fait Harper... Sauf que, justement, il ne suffirait donc que de corriger certaines choses (comme calculer les émissions en «absolu» plutôt qu’en «intensité», pour mettre fin à cette arnaque qui a fait notre célébrité...) afin de mieux pouvoir s’en attriber le mérite ! Disons que ça ne coûte ainsi pas trop cher pour paraître vert ! Tout un exploit, en vérité !...
 
Et Dion, lui, peut-il vraiment faire mieux ? Je ne vous apprendrai sans doute pas que Dion voudrait mettre un prix, ou en d’autres termes une taxe sur le carbone. Son programme est en cela similaire à celui du Parti Vert, qui en plus propose bien entendu aussi une Bourse du Carbone... Évidemment, le mot «taxe» est sans doute plus effrayant que celui de «Satan», et on ne peut donc ainsi que saluer le courage de Dion de dire les choses comme elles sont. Layton, de son côté, préfère juste parler de «faire payer les gros pollueurs». Comment exactement ? On ne sait pas trop. En fait, Layton veut surtout parler d’un des effets indirects d’une Bourse du Carbone. Sauf que quand on «paye» à une telle Bourse d’une façon digne de ce nom, encore faut-il y être assez gentil pour vouloir jouer le jeu pour de vrai, alors, qu’une taxe, par nature, est imposée à toutes les entreprises, et ce qu’elles le veuillent ou non. En fait, une taxe, par nature, est surtout juste, puisqu’elle s’applique à tout le monde, et de la même façon. Sauf que ça, vous l’avez compris, ça veut dire qu’il nous faut payer, nous aussi !... Comme si on aimait assez l’environnement pour aller jusqu’à payer quelques cents de différence sur notre plein d’essence !... Comme si l’on voulait le changement au point de vouloir changer nous-mêmes quoi que ce soit à notre comportement !...
 
Jack, lui au moins, il nous comprend. C’est pour ça qu’il ne nous impose pas non plus quoi que ce soit. On peut bien l’aimer comme ça, après tout !... Et pensons-nous vraiment qu’il a plus envie de perdre des votes que nous de payer la moindre cenne ?... Et de toute façon, ce n’est quand même pas comme si nous avions quoi que ce soit à nous reprocher, ou comme si nous contribuions de façon moindrement significative au réchauffement de la planète !... Depuis quand c’est nous, le problème, de toute façon ! On sait bien qu’il faut toujours que ce soit les autres, et Jack, lui au moins, il comprend ça aussi. Ce n’est pourtant pas si compliqué : il n’y a qu’à rien se passer, et tout le monde sera content !... Un bon Jack comme lui, il n’ira quand même pas nous remettre en question, après tout !...
 
Et puis, à bien y penser, à force d’être gentil, de sensibiliser et d’attendre, peut-être que les gens vont soudainement décider de changer les façons de faire, même si on a pu voir tout le contraire jusqu’ici ! Et tant qu’à y être, peut-être que les «gros pollueurs» pourraient justement décider d’eux-mêmes de virer au vert, même s’ils risquent la faillite parce que leurs concurrents n’en font pas autant !... La vérité, c’est que si une telle approche pouvait à elle seule donner autant de résultats qu’on en a besoin, on les aura déjà eus, et depuis longtemps. Pensons-nous vraiment que l’être humain puisse changer son comportement avant d’avoir une bonne raison de le faire ? Pensons-nous vraiment que les gens peuvent désirer sauver quelque chose, à moins qu’elle n’ait un prix ?... Est-il vraiment dans la nature de l’homme de se mettre soudainement à agir toujours en considérant le bien-être de tous et à long terme, quand il pourrait simplement s’en foutre et ne se préoccuper que de son intérêt individuel ?... Est-ce vraiment déjà arrivé de par le passé ? Y a-t-il vraiment une bonne raison pour que ce soit différent dans le présent ou l’avenir ? Pensons-nous donc vraiment les êtres humains angéliques à ce point ?... Tous les experts, écologiques comme économiques, s’entendent pourtant pour une chose : une taxe verte serait la meilleure, sinon la seule véritable façon de faire bouger les choses d’une façon digne de ce nom. On a d’ailleurs pu le constater chez tous les pays, comme la Suède, qui ont eu le courage de l’implanter, et on peut voir nous-mêmes combien on peut se ménager quand la moindre différence de prix est impliquée. Pourquoi une taxe est-elle donc efficace ? Précisément parce qu’elle fait mal, ou du moins qu’elle en donne cette impression. Et cela, c’est sans parler du fait que Dion a pourtant tout mis en oeuvre pour mettre sa taxe fiscalement neutre, du moins en principe. Il est certain qu’il faut avant tout proposer des solutions alternatives viables, et supporter les gens dans leur changement, comme le fait d’ailleurs aussi Dion, mais cela en soi est-il vraiment suffisant ? Peut-on vraiment changer le comportement rien qu’en étant gentil, et sans fixer une conséquence au mauvais comportement ?... Est-il vraiment possible de changer le comportement humain sans fixer cependant une conséquence au mauvais comportement ?... On peut bien y croire, comme nous le propose Jack. Mais cela va-t-il arriver pour autant ?...
 
Le hic avec Jack, il est là. Il nous propose le changement, mais ne nous dit pas comment il s’y prendra. À l’entendre, tout devrait se faire tout de suite, tout d’un coup, et facilement. Un seul geste, et tout devient possible ; il suffit seulement de croire en lui. Et pourquoi pas au Père Noël, tant qu’à ça ? Le fait est que, s’il ne peut nous expliquer maintenant comment il compte s’y prendre pour faire quoi que ce soit, pourquoi le saurait-il davantage passé le jour des élections ? Et si ses supposées solutions sont inefficaces, quand elles ne sont pas carrément inexistantes, comment pourrait-il mériter notre confiance en partant ?... À quoi cela sert-il de voter pour le changement, si ce changement ne peut-être réalisé ?...En fait, que voulons-nous, au juste ? Voulons-nous vraiment le changement, ou simplement son apparence ? Voulons-nous voter pour le symbole du changement, ou pour celui qui pourra changer les choses dans la réalité ?... Voulons-nous avoir l’air nous-mêmes en faveur du changement, ou plutôt le mettre en oeuvre dans la réalité, pour une fois ?...Voilà des questions qu’il vaut sans doute la peine de se poser, pour faire changement...
 
Jack, le Père Noël... La ressemblance n’est-elle pourtant pas frappante ? Elle l’est sans doute assez pour lui avoir valu, d’André Pratte, le surnom de «Père Jack»... Elle l’est d’ailleurs d’autant plus quand on considère le paquet de cadeaux qu’il nous promet, que l’on soit sage ou non, et qu’il distribue à gauche et à droite à qui veut bien l’entendre. Le politicien de nos rêves, quoi ! Il nous promet tout ce qu’on veut, et ça ne nous coûte jamais rien. Mais en fait, qui paie pour tout ça ?... Ou autrement dit, son argent il la prend où ?...
 
Il y a encore un autre hic avec Jack, et c’est le fric. C’est bien beau de ne pas savoir où on s’en va pour l’environnement, de toute façon on s’en fout, mais c’est peut-être un peu moins drôle de voir qu’il ne semble pas plus savoir quoi faire pour assurer la survie de notre économie, surtout dans la crise qui se produit. C’est bien beau de vouloir changer le monde, mais c’est bon aussi d’avoir un gagne-pain, ne serait-ce que pour en avoir les moyens !... Alors, crise ou pas, côté finances, on fait quoi ?!... La réponse de Jack, si l’on consulte son programme en ligne (www.npd.ca), est pourtant claire : il s’agit de monter les taxes. Pardon, c’est vrai, en authentique langue de bois, on parle plutôt «d’annuler les baisses d’impôt» de Harper ; une habile nuance permettant surtout de masquer la réalité pour les rêveurs comme moi qui ne demandent qu’à croire... Jack compte donc, en réalité, remonter les impôts pour les ramener au niveau où les avait laissées Paul Martin. La grande idée de Jack, pour changer la façon dont le gouvernement gère l’argent, c’est donc quoi ?! Défaire les politiques du gouvernement précédent, et donc tout ramener à ce qu’on pourrait appeler le statu quo. Moyen changement ! Est-ce vraiment ça, aller de l’avant ?... En tout cas, ça nous change des petites gué-guerres partisanes, c’est l’enfer !...
 
Et surtout, quelle est donc la grande idée de Jack pour financer tous ses beaux cadeaux ? Monter les impôts !... On réinvente la roue, et c’est le cas de le dire : celle du gouvernement qui roule à fond, imposant plus pour plus dépenser !... À part réanimer le monstre de l’État Providence qu’on croyait à jamais mort et enterré, je ne vois pas trop ce qu’il y a de trop inattendu là dedans ! Ni d’ailleurs de trop miraculeux : qu’y a-t-il d’impressionant à pouvoir promettre n’importe quoi, quand on demande à tout le monde de tout payer après cela ?... Ça peut bien être simple de faire des cadeaux au monde quand c’est aussi simple de leur prendre leur argent !... Et pourquoi se soucier de faire du ménage dans ses dépenses, quand on peut simplemet prendre aux gens plus d’argent ?!... La seule petite question dans tout cela : avons-nous vraiment, vous et moi, le goût de payer cette facture-là ?!...
 
Une hausse de taxe... N’est-ce pas pourtant ce que Jack, comme Harper, se fait d’ailleurs un grand plaisir de reprocher à Dion ? Pourrait-il pourtant prétendre ne pas être le premier à vouloir en faire autant ? Ne peut-il pas simplement avouer son but clairement ?... Et reprocher quelque chose aux autres quand on ne fait pas mieux soi-même, est-ce vraiment ce qu’on peut appeler de l’intégrité ?... N’est-ce pas surprenant, de la part de celui qui se fait pourtant passer, et avec un certain succès, pour l’intégrité personnifiée ?... Et si l’on ne peut se fier plus à sa parole qu’à sa personne, peut-on vraiment lui faire confiance, en vérité ?!... Mettons que ça vaut quand même la peine d’y penser...
 
4. Le Tournant Vert
Au fait, Jack a-t-il seulement raison de reprocher une hausse de taxe à Dion ? Sait-il seulement de quoi il parle ? La taxe de Dion n’est-elle pas censée être fiscalement neutre ? Qu’est-ce que cela peut bien dire, au juste ?... Quelqu’un a-t-il seulement réussi à comprendre ce en quoi consiste le fameux Tournant Vert ?...
 
C’est pourtant simple, comme Dion l’a lui-même a finalement démontré à Tout le Monde en Parle : il s’agit de taxer le carbone, et de baisser les impôts. Vous avez bien entendu : BAISSER LES IMPÔTS. Il semblerait même qu’il s’agisse du seul parti qui propose une baisse d’impôt en tant que telle, à l’heure actuelle. Et pas seulement cela : on parle en fait de réduire les impôts sur le revenu (ça, c’est qu’on remplit en avril...), et sur les entreprises. En fait, cela se trouve à être exactement le genre de baisse d’impôts qui, en plus de profiter à nous tous et on ne peut plus directement, est de nature à stimuler la consommation et donc l’économie, en augmentant nos revenus et en contribuant à baisser le prix des produits. C’est donc, soit dit en passant, tout le contraire de la baisse de TPS instaurée par Harper, décriée par tous ceux qui s’y connaissent moindrement comme étant aussi injuste qu’improductive. Au contraire, le genre de baisse d’impôts préconisé par Dion est recommandé par tous les experts et la plupart des partis, à commencer par, tiens donc, nul autre que le Parti Vert... Mais le génie du Tournant Vert, en réalité, va beaucoup plus loin que ça.
 
En fait, le génie du Tournant Vert, c’est au tout départ d’expliquer où il prend son argent. Avec Dion, quoiqu’on puisse dire, il faut toujours bien avouer qu’une chose est claire : il met une taxe sur le carbone, ou autrement dit sur la pollution. Ce faisant, il va chercher en revenus au dessus de 16 milliards de dollards en un an, ce qui est non négligeable, et représente d’ailleurs 4 fois plus que ce qu’obtiendrait Layton avec sa Bourse du Carbone. Avec de tels revenus, Dion a véritablement le moyen de financer de réelles baisses d’impôt, là où c’est de surcroit intelligent de le faire, c’est à dire là où c’est réellement bénéfique pour nous tous, en plus d’être vraiment productif pour l’économie. Et en fait, ces revenus permettraient même de supporter l’amélioration des technologies, en plus de lutter contre la pauvreté, par dessus le marché. Ce qui est intéressant, en fait, c’est que Dion nous donne là où Layton nous enlève, c’est à dire là où nous en avons besoin, et donc justement là où, en contrepartie, ça fait mal de se faire taxer.
 
Mais la beauté du Tournant Vert, c’est que non seulement il va chercher beaucoup plus d’argent qu’en coupant dans le vif comme le veut Layton : mais en plus, il le fait de façon à améliorer la société, en la rendant plus propre ainsi que plus juste. En effet, en taxant directement la pollution, Dion se trouve bien entendu à punir un comportement jugé malsain, ce qui incite donc à en réduire l’incidence. Il reprend ainsi à son avantage l’effet naturellement répressif d’une taxe, en l’affectant justement aux comportements qu’on veut voir diminuer, et qu’on voudrait éventuellement voir disparaître, plutôt qu’à ce qu’on voudrait bien sûr plutôt encourager, comme les revenus personnels et la rentabilité des entreprises, et qu’il serait bien sûr insensé de décourager comme on le fait justement en les taxant, et comme Layton voudrait d’ailleurs le faire encore davantage !... En donnant un coût à la pollution et au gaspillage, Dion encourage donc naturellement les entreprises à se moderniser pour devenir plus propres et efficaces, et donc à améliorer leur productivité. Et surtout, les importants revenus ainsi générés peuvent ensuite être entièrement redirigées à des fins plus constructives, telles qu’à enrichir la société au moyen de baisses d’impôt pour les travailleurs et les entreprises, et d’ainsi rétablir une certaine justice sociale, notamment en luttant en plus pour la pauvreté. Mais surtout, ces mesures ont encore une fois l’avantage de stimuler l’économie, et donc à tout le monde en général en plus de tout le monde en particulier, sans compter bien sûr le coup de pouce supplémentaire donné en ce sens en aidant les entreprises à se moderniser.
 
Autrement dit, le Tournant Vert rend le monde plus propre : il punit les pollueurs, et prend leur argent pour le donner à ceux qui veulent améliorer leur performance énergétique ; il rend le monde plus juste, en prenant l’argent à ceux qui en ont trop, au point de le gaspiller de façon nocive, pour le redistribuer ensuite à ceux qui en ont vraiment besoin ; il rend finalement le monde plus riche, en baissant les impôts des particuliers comme des entreprises, ce qui, de surcroît, a naturellement pour effet de stimuler l’économie en général et donc d’augmenter la richesse collective, au même titre, d’ailleurs que par une performance accrue des entreprises, obtenue à la fois de par l’effet dissuassif des taxes et de l’aide directe aux entreprises qui auront choisi d’aller en ce sens. C’est donc une politique qui, en un sens, fait exactement l’inverse de ce que fait présentement Harper, c’est-à-dire subventionner à grand coup de milliards les industries les plus polluantes et ainsi encourager leur inefficacité, tout en se trouvant ainsi à donner, pour une raison ou une autre, à ceux qui ont déjà beaucoup trop, plutôt qu’à la population qui elle, en a pourtant vraiment besoin.
Le Tournant Vert, c’est donc une véritable politique solide, et qui va dans l’intérêt de tous et sur le long terme ; c’est donc la meilleure façon de changer complètement, et donc de remplacer une politique inefficaces et basée sur le court terme et les intérêts particuliers. Le Tournant Vert, en un mot, c’est donc une politique sage, qui non seulement fonctionne vraiment, mais en plus fonctionne dans le bon sens, plutôt que dans l’envers du bon sens. A-t-on déjà vu meilleur deal, en vérité ?...
 
Du changement, et du vrai, voilà ce que c’est, le Tournant Vert. N’est-ce pas ce que nous voulions, après tout, dans tout ça ?!... Mettons que venant de Dion, ce n’est quand même pas si pire, en tout cas !...
 
Ah ! Et j’oubliais un détail : il semblerait donc, comme vous avez sans doute pu l’entendre, que la taxe sur le carbone de Dion soit fiscalement neutre : ce qui voudrait donc dire que les hausses de prix qu’elle engendrerait seraient pourtant compensées par les baisses d’impôt. Que cela soit exactement vrai dans la réalité peut bien sûr demeurer discutable, mais il reste pourtant qu’on ne puisse, selon moi, que louer l’intention du chef libéral d’avoir apparemment à coeur une telle préoccupation. Et après tout, si changer les choses pour de vrai devait impliquer que l’on paie en effet un tant soit peu de notre poche, cela signifie-t-il vraiment, pour autant, qu’il faudrait aussitôt abandonner à tout jamais une telle idée ?... Si nous sommes prêts à consommer à peu près tout ce qui existe, ne pouvons-nous pas aussi se payer le luxe de changer un peu les choses, à un moment donné ?... La société n’est-elle pas notre oeuvre et notre responsabilité à nous aussi, après tout ?... Au fond, la question est pourtant simple : que voulons-nous vraiment ? Le changement, ou éviter de débourser à tout prix le moindre centime pour quoi que ce soit d’autre que ce qui ne profite directement qu’à soi ?... Notre but ultime est-il que d’accumuler et de conserver des ressources matérielles, ou de participer d’autant de façons possibles au mieux-être de notre communauté et de l’humanité, comme de la planète ?... Disons qu’il semble bien que ce soit à nous d’en décider...
 
5. La gauche, le NPD et l’économie
Et Layton, lui qu’elle serait donc sa super stratégie pour se financer, et qui soit assez originale pour justifier ses attaques continuelles et plutôt gratuites qu’il semble vouloir lancer continuellement à l’endroit de son adversaire libéral ?... Layton, de son côté, ne semble pourtant pas trouver mieux à faire que «d’annuler les baisses d’impôt des conservateurs sur les entreprises», et donc de la façon la plus improductive qui soit, sous prétexte que ces baisses d’impôt ne favorisaient que les grandes entreprises. Sauf que, selon les experts (et par André Pratte...), ces baisses se trouvaient à favoriser aussi les PME, et donc le gros de notre économie. On peut jouer à qui a tort et qui a raison, mais comment se fait-il donc qu’avec Jack, on en soit réduit à se demander si une mesure aura l’effet de blesser la plus grosse part de notre économie ? Et surtout, n’est-ce pas une drôle de question à se poser alors qu’on entre en récession ?... Et de toute façon, une hausse de taxe n’est-elle pas en partant la meilleure façon de tuer une économie, surtout quand elle est déjà affaiblie ?... Cela ne serait-il donc pas la dernière chose dont on pourrait jamais avoir besoin, surtout qu’on ne pourrait sans doute concevoir de moment où il pourrait être plus crucial de maintenir notre économie en santé, sinon en survie ?!... Risquer de ralentir l’économie et de monter les prix ; est-ce vraiment la meilleure façon que Jack a pu trouver de rendre la vie «plus saine et abordable pour les familles», ce à quoi il semble pourtant tenir si sincèrement ?... Nous pousser un peu plus vers la chute qui nous guette, est-ce là vraiment tout le coup de pouce qu’il a à nous donner ?... Et de toute façon, plutôt que de plus nous taxer, n’aurait-il pas plutôt intérêt à encourager l’économie à fructifier, ne serait-ce que de façon à récolter ainsi davantage en prélevant le même, sinon un moindre pourcentage ?... N’est-ce pas là une notion de base de l’économie ? Mais cela, l’a-t-il seulement compris ?... Sommes-nous donc vraiment prêt à remettre notre économie, et donc après tout la base de nos vies, entre les mains d’un tel étrange bonhomme ?!... Est-ce vraiment le genre de feu avec lesquelles on entend jouer ?... Bonne question, en vérité !!!....
 
Le plan de Jack Layton, de façon générale, pourrait donc se résumé en une série de belles intentions, assorties de mesures qui ne constituent habituellement que des objectif des plus vaguement formulés, qu’on ne sait donc pas trop comment réaliser, et qui, quand elles sont réalisables, n’ont le plus souvent pas une très grande portée. Mais là où le bât blesse définitivement plus que tout le reste, pour ce pauvre Jack, c’est selon moi bel est bien au niveau de l’économie. Parce qu’en ayant pas de plan crédible et réaliste pour faire fonctionner une économie, et donc base de la société, c’est toute la crédibilité d’un gouvernement en entier qui du coup n’a de choix que de s’effondrer. En effet, à quoi cela sert-il des projets si l’on est même pas assuré d’avoir les moyens de les réaliser ?... À quoi cela sert-il pour un gouvernement de promettre quoi que ce soit si on n’est même pas sûr qu’il saura au départ bien fonctionner ?... Il faut bien le reconnaître, l’économie, c’est la base, et si la base n’est pas solide, c’est tout le reste qui s’écroule aussi, puisque rien en fait ne peut être édifié, pour commencer.
 
Et le succès montant du NPD ? Il tient, selon moi, à deux facteurs : il a su canaliser le besoin de changement des gens qui sont notamment écoeurés des vieux partis, et ne serait-ce en fait que de leurs couleurs et effigies ; ensuite, il a su prendre une valeur symbolique, notamment en incarnant lui-même le changement, qui fait en réalité que voter pour le NPD devient en réalité un geste à haute valeur symbolique, et qui n’a somme toute que peut à voir avec l’idée de réellement former un gouvernement. On peut d’ailleurs noter chez ses partisans une certaine tendance au dogmatisme, qui fait que vouloir le changement, c’est vouloir le NPD, et donc que finalement, «hors le NPD, point de salut». Sauf que de par le fait même, le NPD devient, ou demeure plutôt ce qu’il est essentiellement à la base : un parti d’idées, ou donc, en fait, le simple véhicule d’un certain nombre d’idées, et qui s’avère donc bien intéressant du moment qu’on en respecte le précepte de base : le déni de la réalité. Il semble donc qu’en ce sens, voter pour le NPD revient essentiellement à voter pour une idée, et non pour quoi que ce soit qui ait moindrement rapport à la réalité. On vote donc pour l’impression du changement, et non pour le changement lui-même. Si l’on veut vraiment changer les choses, pourquoi ne pas commencer par nous changer nous-mêmes, et notamment en acceptant de vivre dans la réalité ?... Et maintenant, pour une fois qu’un «vrai» parti, ayant des chances d’être élu, nous propose un réel changement, pourquoi ne pas simplement l’appuyer, et vraiment changer les choses, plutôt que de ne vivre que dans des idées ? Pourquoi renoncer à la réalité, quand on pourrait la faire sienne, et directement la remodeler, pour la recréer, et donner la vie à nos idées ?...
 
6. Le centre et l’économie
Pour en revenir à l’économie, il semble triste de constater qu’au fond, Layton ne semble pas pouvoir faire beaucoup mieux que Harper quand vient le temps de proposer un modèle qui puisse s’avérer moindrement viable ou solide, et donc crédible comme solution de remplacement. Le fait est que, il faut bien l’avouer, ni la droite, et ni la gauche ne semblent présenter d’options véritablement crédibles lorsque vient le temps de gérer l’économie. D’ailleurs, les partis qui s’en réclament, du Parti Communiste de l’URSS au Parti Républicain Américain, ont, comme on a pu le voir, historiquement abouti à des échecs économiques absolus, et ce de façon aussi continuelle que prévisible. C’est qu’il s’agit justement d’idéologies, alors que l’économie est avant tout une question de réalité. Et dans la réalité, la voie du succès, en économie comme en toute chose, se situe avant tout au centre. Bouddha a d’ailleurs déjà dit que tout passait par la «Voie du Milieu» ; peut-être serait-il donc maintenant venu le temps de l’écouter !...
 
Et il se trouve que les partis qui ont en effet réussi à gérer avec succès l’économie, sont bel et bien ceux du centre, comme on a depuis toujours pu le voir aux États-Unis avec les Démocrates, et au Canada avec... devinez qui ? Oui, on parle bel et bien du Parti Libéral !... Il n’a d’ailleurs pas été seul, ayant partagé le centre avec l’ancien Parti Progressiste-Conservateur, mais dans les deux cas ils se sont le plus souvent montrés assez solides pour corriger les erreurs de leurs prédécesseurs, plutôt que de simplement remettre la faute sur leur dos... Et quand on y pense, ces erreurs ne provenaient-elles pas au départ de dérives, tant vers la gauche que vers la droite, et qu’il ne suffisait en un sens que de ramener vers le centre afin de retrouver le point d’équilibre ?!... N’est-ce pourtant pas si simple, du moins vu comme ça !...
 
 
Serait-il donc possible que seul le Parti Libéral puisse, une fois de plus, offrir une plausible solution de rechange, et sauver une fois de plus le pays, en le remettant une fois de plus vers l’équilibre ?...
Une chose est claire, en tout cas, et c’est qu’il semble que Dion fasse preuve de beaucoup plus de réalisme, ou du moins de «bon sens» économique, que ses concurrents. Pourtant, on ne parle certainement pas ici du plus grand expert qu’on ait pu voir en la matière, mais peut-on vraiment affirmer que quiconque, parmi les autres candidats, offre un bilan qui fasse moindrement meilleure figure à ce chapitre ?... Quel autre choix avons-nous donc ?... Et, honnêtement, est-il vraiment aussi peu equippé qu’on pourrait le croire face à la question économique ?...
 
Après tout, n’est-il pas le premier, et, jusqu’à preuve du contraire, le seul à avoir proposé un quelconque plan pour faire face à la crise actuelle ?... Et ce n’est pourtant pas comme si l’heure était à l’action : toutes les grandes puissances en ce moment ensemble vont ensemble dans le même sens, guidées en cela par les derniers qu’on aurait cru capables d’un tel revirement, à savoir ni plus ni moins que les États-Unis eux-mêmes !... En fait, il ne se trouve que Harper pour avoir nié cette nécessité, ou plutôt cet état de fait, jusqu’à en être tout récemment rattrappés, au point que Flaherty s’est vu forcé de reprendre ses habits de ministre pour finalement devoir nous aligner avec le reste du monde, presque malgré son chef, alors que la veille encore ce dernier niait toujours qu’il y ait une crise ou même une quelconque raison de s’inquiéter, et surtout de faire quoi que ce soit. Dion, lui, n’a pourtant jamais cessé, seul, de martelé qu’il fallait agir ; n’est-il pas étrange que, de par la force des choses, Harper a du lui-même, au bout du compte, lui donner raison en passant à l’action, ne serait-ce que pour une fois !... Dion est-il donc vraiment si fou que ça ?...
 
7. Dion et son plan
Bien sûr, c’est facile de critiquer Dion, d’autant plus qu’il est le seul à proposer quoi que ce soit de moindrement concret ; c’est quand même plus facile à attaquer que rien du tout, après tout ?!... On peut en effet dire, et non sans raison, que ce plan est improvisé, et par ailleurs fort modeste, mais cela ne vaut-il justement pas mieux que rien du tout ? Après tout, établir dans les 30 premiers jours de son mandat un certain plan d’action qu’il concevra notamment en consultant les principaux acteurs de l’économie, ce n’est pas non plus ce qu’on pourrait trouver de plus clair et substantiel, il faut bien l’avouer. Mais en fait, si Dion a un véritable mérite, à travers ce plan, c’est justement de reconnaître qu’il est relativement ignorant face à la crise actuelle. Pourquoi est-ce honorable ? Parce qu’au fond, qui n’est pas dépourvu en ce moment ? Autrement, tout ne serait-il pas déjà résolu ?... Dion n’est-il pas le seul alors à exposer ouvertement sa relative impuissance, tout en reconnaissant pourtant que le problème est assez important pour qu’on en parle sérieusement ?!... Et surtout, il serait sans doute dur de dire qu’il n’a pas l’intention d’agir : ainsi donc, si moindrement il se trouve quelque chose qu’il peut vraiment faire dans notre intérêt, il semble assez clair qu’il n’hésitera pas à le faire. Et surtout, il semble que Dion démontre la décence de se fier avant tout aux recommandations d’experts en la matière, plutôt que de s’improviser sauveur, et de se croire lui-même tellement bon qu’il puisse se permettre de prendre la chance d’essayer ses petites idées en prenant pour cobaye la société. Il ne se prend peut-être pas pour un autre, mais au moins, il semble ouvert aux idées des autres ; peut-on vraiment en réalité s’avérer plus sage qu’à ce moment là ?...
 
Tout cela laisse à croire qu’il a plutôt eu la prudence, chose étrange chez un politicien, de se demander d’abord dans quoi il s’embarquait lui-même et nous avec, plutôt que de tenter de passer pour le gars qui sait tout, quitte à dire n’importe quoi, juste pour qu’on cesse de se poser des questions. On peut appeler ça comme on veut, mais moi, j’appelle surtout ça nous traiter en adultes, ou autrement dit, respecter la population.En fait, il semble s’être tout simplement demandé ce que ça nous prenait pour commencer, et ne nous avoir rien caché ni de ses incertitudes, ni de son processus de décision. On peut appeler ça comme on veut, mais moi, j’appelle ça de la véritable intégrité : à savoir qu’il se montre comme il est, et qu’il semble vraiment travailler pour nous avec sincérité, comme tout son entourage semble d’ailleurs le confirmer. En d’autre termes, dans tout cela, il a peut-être eu l’air con, mais au moins, il semble bien qu’avec lui, on ne nous prenne pas nous, pour une fois, pour des cons. Et juste ça, moi, du moins, il me semble que ce n’est pas rien.
 
Par ailleurs, Dion, avec sa fameuse taxe sur le carbone, est-il vraiment si irréaliste vis-à-vis de l’économie ? Il semble bien que non, puisqu’il s’est finalement lui-même montré ouvert à l’idée de reporter l’implantation de sa taxe en tant que telle, si cela peut s’avérer souhaitable ou nécessaire. Quand même pas si dogmatique que ça, le gars !... Mais ça, de toute façon, c’est mis à part le fait que la taxe sur le carbone, et c’est l’idée depuis le départ, est sensé avoir un effet stimulant sur l’économie, comme cela a pu apparemment se constater dans les pays, comme la Suède, qui ont eu le «guts» de l’implanter. Ce n’est pourtant pas si compliqué : en taxant la pollution et donc le gaspillage, on force les entreprises à se moderniser, au moyen de technologies plus efficaces qui ont pour effet de rendre la production plus performante, et qui sauvent donc de l’énergie en même temps bien sûr d’être plus propres. Ce n’est somme toute qu’un exemple de plus du fait qu’économiser de l’énergie est en soi un bénéfice économique autant qu’écologique, en plus du fait qu’une modernisation de l’équipement a de bonnes chances de s’accompagner d’une hausse de productivité. En fait, l’effet obtenu est si directement avantageux que plusieurs économistes n’hésitent même pas à recommender l’application d’une taxe sur le carbone même au plus fort d’une récession, ou autrement dit dès maintenant, puisqu’il semblerait qu’il s’agisse en fait, comme le dit si bien Harper lui-même, de l’occasion idéale pour réaliser de réels investissements, puisque c’est apparemment ce qui permettra d’en profiter optimalement du moment que le cours du marché se remettra à monter.. Ce n’est donc quand même pas comme s’il semblait y avoir un réel problème, dans tout ça !...
 
C’est sans doute pour tout cela, par ailleurs, qu’une taxe sur le carbone est aussi un élément fondamental du programme des Verts, qui instaureraient en plus une Bourse du Carbone digne de ce nom. Cela ne devrait sans doute pas nous surprendre des Verts, mais se serait-on vraiment attendu à cela venant du Parti Libéral, qui n’est pourtant sensé ne penser qu’au pouvoir ?... Il faut bien avouer que Dion fait en cela preuve d’un certain culot, que je ne me souviens pas en fait d’avoir jamais vu au Canada. En fait, on pourrait même plutôt parler de réel courage, puisque, comme on peut maintenant le voir, proposer une taxe, aussi verte soit-elle, est bien la dernière façon de s’attirer des votes. Et le faire au moment même où l’on joue sa propre carrière, il faut avouer qu’il faut le faire. Stéphane Dion a-t-il donc vraiment si peur de «mettre ses culottes» ? Ou est-il plutôt le seul à le faire ? Pouvons-nous vraiment en dire autant de nous-mêmes, cependant ? Pouvons-nous vraiment nous faire une fierté de rejeter le premier chef qui a l’audace de proclamer haut et fort ses idées plutôt que de nous mentir en pleine face juste pour être élu ? Sommes-nous si allergiques à la vérité ?... Sommes-nous si heureux de punir celui qui annonce ouvertement vouloir le bien de la société, ou préférons-nous vraiment être confortés de paroles vides et surtout de savoir que rien ne va se passer ?... Comment peut-on ensuite reprocher aux politiciens de ne rien faire si du moment qu’ils nous proposent quelque chose qui sort de l’ordinaire, on ne trouve rien de mieux à faire que de leur montrer la porte ?!... Peut-on vraiment ensuite nous étonner qu’il ne se passe rien, si c’est tout ce qu’on semble demander ?!... Pour une fois qu’on ose nous proposer un véritable changement, allons-nous vraiment le laisser passer ?...
 
En fait, le plus intéressant est sans doute le fait que les Verts eux-mêmes en viennent maintenant à cette conclusion ! De plus en plus de candidats de ce parti conseillent maintenant carrément à leurs électeurs de voter directement pour le Parti Libéral, afin qu’un parti qui véhicule leurs idées puisse enfin a réussir à gouverner... Nous avons donc maintenant l’occasion en or par excellence, du genre qui ne se présente qu’une fois dans une vie : celle de voir un Parti Vert, et en plus les deux pieds sur terre, prendre le pouvoir. Y pensez vous... Un Parti Vert au pouvoir !... Le rêve ultime, qui ne demande pourtant que notre décision pour devenir réalité !... Il semble réellement que le vent soit prêt à tourner, et à tourner de notre côté : il ne lui faut plus vraiment que notre support à tous pour décoller, et balayer le pays tout entier. Pour une fois que se produit un tel miracle de l’histoire, et qu’il se présente un chef qui veuille vraiment le changement, tout en ayant vraiment des chances de gouverner, ne serait-il pas temps d’en profiter ? Vraiment, pour une fois qu’une telle occasion se présente, allons-nous réellement la laisser passer ?...
 
8. Pourquoi NE PAS voter Dion ?
Bon, alors si nous passions maintenant aux choses sérieuses. Nous avons sans doute pas mal fait le tour des raisons pour voter Stéphane Dion. Il semblerait donc que, toute perspective confondue, ce soit Dion qui se dégage des autres comme étant le canditat qui soit le plus en mesure non seulement de faire face à Harper, mais aussi proposer autre chose pour de vrai. J’ai eu beau tout faire pour tenter de me faire croire le contraire, il semble n’avoir juste pas le choix, et que tout me ramène à cette dure réalité : c’est pour Dion que je vais devoir voter.
 
Passons donc maintenant à la vraie question, à savoir : pourquoi n’en voulons-nous pas ? Pourquoi ne sera-t-il d’ailleurs sans doute pas élu ? En fait, n’est-ce pas là justement ce qui est le plus intéressant, dans tout cela ? Pourquoi ne semblons-nous rien vouloir savoir de cet homme, quand tout devrait pourtant, à ce qui semble, nous pousser à le vouloir pour chef, voire même à l’aimer ? Comment se fait-il donc que, malgré la relative force et la pertinence de son plan, malgré le fait qu’il soit tout entier dirigé vers le changement, et ce au moment même où on le demande pourtant plus que jamais auparavant, que rien ne saurait pourtant remettre en question notre refus de Dion ?... Bonne question !...
 
a) Le charisme
La première raison viendra sans doute de façon spontanée pour la plupart d’entre nous : il semble qu’il faille bien avouer que Stéphane Dion n’ait pas de charisme. Or, comme chacun le sait, il semble bien que la politique, ce soit avant tout une affaire de plaire au monde !... Et, comme pour tout art, certain y sont plus doués que d’autres, et donc y réussissent plus que d’autres. Et voilà !...
 
Cependant, voici ce que j’aurais à dire à ce sujet. C’est bien un fait qu’on peut conquérir des foules, voire une population entière, et les manipuler plus ou moins à notre guise, simplement en paraissant bien et en ayant l’air de savoir de quoi on parle. Ça, c’est une chose. Cependant, c’en est une autre, du moins selon moi, qu’entre personnes adultes, en 2008, on se fie encore fondamentalement sur ce critère pour élire nos représentants. Ou nous croyons-nous, exactement ?... Dans un concours de beauté ? Sommes-nous donc à ce point devenus américanisés qu’il faut pour nous solliciter que tout devienne un show de télé ? Sans spectaculaire démonstration de virilité, et sans rebondissement, du genre qui est si bien causé par une basse attaque envers son adversaire, n’y-a-t-il vraiment pour nous aucun intérêt ?... Pourquoi ne pas élire un membre de gagn de rue, tant qu’à y être ?...
 
Ce qui me surprend le plus, en fait, c’est surtout la facilité avec laquelle on oublie notre propre intérêt dans tout cela. On semble prêt à remettre à n’importe qui notre pays, sous prétexte qu’il paraît bien, comme si cela pouvait moindrement nous servir, à compter du lendemain de l’élection. On semble prendre un plaisir fou à faire la plus totale abstraction du programme de nos chefs, comme si ça n’allait pas être ce qui allait régenter nos vies pour les quatres prochaines années. Comme si ce dont a l’air un candidat pouvait avoir ne serait-ce qu’une infime proportion de l’importance qu’a la ligne de son parti, qui est ni plus ni moins qu’un script décrivant ce qui allait nous arriver. Il semble bien qu’on nage ici en plein surréalisme. Tenons-nous vraiment autant à nous faire dominer par n’importe qui, et à ce qu’il nous arrive n’importe quoi ?!..
 
Et pourtant, il est vrai que si quelque chose peut bien en dire long sur un individu, c’est bien sa façon d’être. Mais comment départager, vraiment, l’être et le paraître ? Bien malin celui qui peut me l’expliquer, si même moi j’ai pu me faire avoir dans cette trappe-là !... Certains cas ne mentent pourtant pas, et il n’est pas besoin d’un baccalauréat pour voir que Harper s’avère, par exemple, un être froid et distant. Mais comment voir dans la bonhommie de Jack toutes les lacunes que peut présenter sa ligne de parti ? De même, la plupart des gens décriront Stéphane Dion comme étant hautain, distant, mal à l’aise, maladroit, bafouillant, et somme toute peu inspirant... Bonne chance pour apercevoir, derrière cette apparence, un être humain éminemment intègre, pur, intelligent, courageux et surtout doté d’un grand coeur... C’est pourtant ainsi que vous décriront tous ceux qui connaissent personnellement Stéphane Dion. Tout n’est souvent qu’une question de perception... Essayez seulement de le voir comme il est, et vous verrez ! Moi-même, je ne le vois maintenant plus de la même manière, c’est bien pour dire, en tout cas !...
 
b) Les performances passées de Dion
Pour parler maintenant de choses plus sérieuses, passons donc maintenant au passé peu reluisant de Stéphane Dion. Cet homme affiche en effet un triste CV de tâches à moitié remplies, et d’occasions un peu trop nombreuses où il n’a simplement pas su «mettre ses culottes». Je suis entièrement d’accord, et c’est d’ailleurs un des facteurs premiers qui m’ont fait me tourner vers le NPD, du moins jusqu’à tout récemment. Comment peut-on voter pour une «moumoune» ?... Bonne question, en vérité !...
 
En fait, croyez-le ou non, je n’ai pas l’intention de faire le procès du passé. Fondamentalement, je n’en vois pas l’intérêt, et ce en tout premier lieu pour une très simple raison : vous me trouverez sans doute «moumoune» moi-même, mais je vous dirais que je crois sincèrement que l’homme a changé. En cela, je parle de ses fameuses années en tant que ministre de l’environnement sous Chrétien, et où les émissions polluantes ont augmenté plus que jamais auparavant (!!!...) Je vous dirais que l’homme semble atteint du «syndrôme Roméo Dallaire» : ne pouvant supporté le poids moral d’une impuissance criminelle et délibérée témoignée de par le passé, il ne peut sans doute que vouloir compenser cette faute en allant plus loin, pour la corriger, que personne n’est jamais allé auparavant. Vous me demandrez, et avec raison, des preuves à l’appui, et les voici : son plan. C’est, comme on l’a dit, de loin le plan le plus audacieux que j’ai jamais vu au Canada, ne serait-ce que par rapport à l’environnement. Il l’est en fait au point d’être extrêmement couteux politiquement, puisque cela semble surtout devoir le mener tout droit vers la plus grande défaite de sa carrière. Et ça, je l’ai dit, et je vais devoir le répéter : si cela n’est pas du «guts», je me demande bien c’est quoi. On peut bien rire de lui, mais le premier qui ose faire le centième de ce qu’il fait, je lui lève mon chapeau !... Il n’y a rien de trop beau !
 
Ainsi donc, le fait est que le bonhomme a sacrifié toute sa carrière sur un projet des plus suicidaires ; je crois que cela devrait régler la question du vrai courage pour tout de suite, en tout cas. Par ailleurs, le faitmême d’ainsi dédier toute sa vie à un projet, et d’accepter de mourrir avec lui, je crois que cela démontre un minimum de conviction, pour le moins qu’on puisse dire. Que cela soit dû à un sentiment de repentir ou non, force est de constater que cette conviction est là, avec toute la force de caractère qu’il faut pour la porter. Ce qui m’importe, en ce moment, c’est que son projet du Tournant Vert, il semble y croire et y tenir, et être prêt pour cela à aller jusqu’au bout. Moi, c’est ce que j’appelle y croire, et donc j’y crois moi aussi.Et personnellement, quand je vois cela, je n’ai plus de question à poser sur son passé. Que ce soit ce qu’il veuille ou non, il me semble donc qu’il se rattrappe amplement avec ce qu’il fait là. Vous ne trouvez pas ?...
 
Par ailleurs, on connaît tous aussi la lamentable performance qu’il a pu livrer en tant que supposé «chef de l’opposition», ayant apparemment contribué plus de 43 fois à maintenir Harper au pouvoir. C’est triste, je le sais. Mais à ce niveau, je crois qu’un soupçon de compréhension pourrait ne pas faire de tort. En effet, il serait dur de nier qu’on a toujours su que Dion a toujours du faire face à sa propre impopularité, qui lui est ramenée au visage, sondage après sondage... Et on sait le prix d’une élection ratée, surtout pour un homme déjà presque ruiné... Peut-on donc vraiment lui reprocher d’avoir voulu, jusqu’au bout, attendre son maudit «moment stratégique», dans l’espérance bien sûr d’un plus ou moins miraculeux revirement de situation, avant de vouloir déclencher des élections ?... Aurions-nous réellement agi différemment, à sa place !... Il faut bien avouer que de passer ainsi à chaque fois pour un lâche était bien la pire façon de remonter sa cote de popularité, mais après tout, n’est-ce pas la nature même d’un cercle vicieux que d’être incapable d’en sortir une fois qu’on s’y trouve pris ?...
 
Mais en fait, le point réel que je voudrais faire, c’est celui-ci : nous élisons en ce moment un premier ministre, et non un chef de l’opposition. Le mandat n’est bien sûr pas le même, et surtout, tout ce qu’on demanderait maintenant à Dion, c’est d’appliquer son programme, une chose qu’il semble beaucoup plus motivé et par ailleurs qualifié pour faire que pour livrer de chaudes luttes politiques. Et de toute façon, c’est peut-être con à dire, mais il ne serait pas demandé grand chose à Dion pour le présent mandat : simplement de restaurer la normalité là où Harper a instauré l’anormalité, et finalement à appliquer certaines mesures de bases d’intervention dans l’économie, en plus bien sûr de sa fameuse taxe sur le carbone. En un sens, il ne s’agit somme toute que de mesures plus ou moins simples qu’il ne s’agirait que d’appliquer, bien que des complications puissent bien sûr éventuellement survenir au niveau bureaucratique, sans parler bien sûr de leu adoption en tant que telle...
 
Ultimement, le réalité demeure pourtant simple : nous devrions en principe élire le chef qui a le meilleur plan, en espérant qu’il le réalise aussi bien que cela puisse être fait. Rendu là, de toute façon, il semble bien qu’on ne puisse rien faire, et donc qu’il faille le laisser à son combat. De toute façon, quelle autre alternative avons-nous ? Élire un chef qui n’a pas de plan, simplement parce qu’il a une certaine force de caractère ? Staline lui-même n’en démontrait-il pas autant ?...Un manque de courage peut bien limiter l’application d’un bon projet ; mais cependant, une absence de projet, ou pire, un mauvais projet, est automatiquement voué à la catastrophe, que ne pourrait alors qu’exacerber une supposée force de caractère. Après tout, cela ne vaut-il pas mieux, au pire, de faire une moitié de chemin dans la bonne direction que de ne faire qu’un seul pas dans la mauvaise direction, à plus forte raison si on y va alors à fond le train ?!...
 
 
c) Le Parti Libéral
Il demeure bien sûr un petit hic, et non le moindre, par rapport à Stéphane Dion : son parti. Si le Parti Libéral s’est avéré celui du centre, capable de bien gérer l’économie, il est aussi resté tout autant sinon beaucoup plus célèbre pour ses dérives de toutes les sortes, de la création de la dette à l’empiètement sur les compétences des provinces, et de l’anti-souverainisme extrême jusqu’à, bien sûr, le scandale des commandites, fameux entre tous. Je ne suis certainement pas ici pour faire l’apologie du Parti Libéral, et encore moins pour prétendre qu’il est en ce moment en bon état.
 
En fait, je vous dirais même que je considère ce parti comme étant pour le moins suspect. Il semble tout d’abord représenter le point de rendez-vous des politiciens les plus rapaces et opportunistes, souvent par ailleurs médiocres, sinon dangereux, et dont Justin Trudeau ne sera sans doute que la plus récente version. Ceux-ci paraissent donc graviter comme des vautours autour de Dion, en attendant seulement sa chute pour se précipiter dessus, et bien sûr prendre sa place !... Tout ce que j’ai à dire à ce sujet, c’est ceci : raison de plus pour garder Dion à la tête de ce parti ! Car tant qu’il est là, le parti est pour ainsi dire «sous contrôle», en étant mené dans une direction véritablement saine et nouvelle, et d’une façon qui pour le moins qu’on puisse dire représente une rupture radicale avec les dynamiques douteuses qui ont pu y dominer de par le passé. Il me semble donc d’autant plus important de renforcer Dion dans son parti que cela assure de lui garder une couleur progressiste, et évite par ailleurs de glisser dans une dérive vers le pouvoir à tout prix, du genre que Trudeau se ferait sans doute un point d’honneur de déclancher à la moindre occasion.
 
Par ailleurs, je crois qu’il faut tout de même avouer que ce Parti a su s’améliorer. D’une part, il faudrait sans doute beaucoup d’imagination pour voir les libéraux se replonger dans un deuxième scandale des commandites, ou dans une quelconque de leurs dérives passées. Certains événements clés ont par ailleurs eu lieu, comme l’entente asymétrique de Paul Martin avec le Québec, en termes de santé, ou pour la première fois on réservait réellement au Québec un traitement digne d’une société distincte, ou plutôt d’une nation. Des évolutions sont encore bien sûr à souhaiter, mais il serait sans doute improbable de voir les Libéraux empiéter plus qu’il ne faut sur les compétences des provinces, ne serait-ce que s’ils tiennent moindrement à leur moindre chances d’être élus (et éventuellement réélus...).
 
En fait, ne serait-il pas carrément temps de dépasser l’étiquette qu’on a pu coller à ce parti ? N’est-il pas possible de voir plus loin, derrière le signe de ce parti, que de s’arrêter à n’y voir que le signe du mal nordique ?... Est-il vraiment dans notre intérêt, d’abord, de se camper ainsi à nos ornières ?... Allons-nous manquer une occasion de changer les choses pour le mieux et pour de vrai, simplement parce que le chef qui le propose a le malheur d’être vêtu de la mauvaise couleur, ou du moins pas de celle qu’on préfère ?...
 
Mais surtout, et c’est là, pour moi, le point essentiel... Il est certain qu’on ne peut rechercher, à l’heure actuelle, de parti parfait, autrement, il y a déjà longtemps qu’on l’aurait trouvé !... La question, en l’occurence, est plutôt d’établir les priorités. Qu’est-il essentiel pour nous, vraiment, en ce moment ?... Et qui peut nous le procurer ?... Cela ne fait-il pourtant pas plus de sens de voter pour les mesures que nous souhaitons voir appliquées, comme la taxe du carbone, et selon un ordre de priorité, à commencer par exemple par la résolution réelle des questions économiques, pour faire changement... Cela, au moins, ne permettrait-il pas plus de succès que la quête d’un parti parfait ?... Parce qu’autrement, si l’on s’attarde moindrement aux détails de ce parti, ou de n’importe quel autre, on n’en élira bien sûr aucun, ce qui n’est sans doute pas la meilleure façon de faire avancer le pays non plus... Ciblons donc l’essentiel, et laissons-donc faire le reste ; après tout, si notre maison était en feu, chercherions nous vraiment à sauver tous les meubles, ou ne concentririons-nous pas tous nos efforts sur ce qui est strictement essentiel, à commencer bien sûr sur notre vie elle-même et celle de nos proches ?!... De la même façon, le temps n’est-il pas assez urgents pour qu’on cherche avant tout à régler avant tout les questions économiques et environnementales, quitte à mettre certains autres dossiers de côté, du moins le temps de se refaire une santé et une stabilité ?!...
 
Finalement, mon dernier argument, et bien sûr non le moindre, le voici... Ne trouvons-nous pas que le Parti Libéral a assez payé ? Pour les commandites, le référendum de 95, la nuit des Longs Couteaux, et tout ce que vous voulez, peut-on en revenir, aussi, à un moment donné ? Le parti pourrait-il d’abord être plus détruit et mal en point qu’il ne l’est en ce moment ?... Et surtout, va-t-on vraiment laisser se réélire un gouvernement de loin bien pire que ce qu’ont jamais pu faire les Libéraux, et seulement parce qu’on ne les a pas encore assez punis ? Qui punissons-nous vraiment, sinon nous-mêmes, de toute façon ? Voulons-nous tant leur perte que nous sommes prêts pour cela à entraîner aussi la nôtre du même coup ?... La haine est-elle encore si forte en nous qu’elle en est venu à devenir le facteur premier de notre vote, au delà de changement et même de notre intérêt personnel ?
 
Nous souvenons-nous seulement que c’est ni plus ni moins que cette même haine qui a porté les conservateurs au pouvoir en tout premier lieu ? Peut-on vraiment s’étonner d’avoir au pouvoir un parti qui ne semble rien pouvoir faire de bien, si au départ c’est la haine qui l’a porté là ? Et si nous tentions ne serait-ce que de cesser de voter par pure haine, faute de complètement l’extirper de notre fort intérieur, cela ne risquerait-il pas déjà en partant la condition de base de ce pays ?... Et si, tout d’un coup, on se mettait à voter par amour, tant qu’à y être ?... On ne sait jamais, peut-être que ça pourrait donner quelque chose que nous voulons, ne serait-ce en partant que ce qu’on pourrait appeler du...changement ?!...
 
 
 
 
d) La pression sociale
 
Il y a un dernier facteur, et non le moindre qui est en grande partie responsable du fait que l’on ne sera sans doute pas beaucoup, demain, à voter libéral. C’est qu’aux dernière nouvelles, annoncer une préférence, ou même un intérêt pour Stéphane Dion est loin d’être la meilleure façon d’aller gagner du prestige auprès de son entourage. En fait, on pourrait plutôt dire c’est de loin le contraire, puisque rire de lui, encore plus que des autres politiciens, est sans doute un des moyens les plus sûrs de paraître soi-même plus brillant auprès de ses amis. Et bien paraître, n’est-ce qui compte le plus dans la vie, et dans la politique y compris ?... À quoi ça sert de changer le monde si pour seul salaire on se fait regarder d’une drôle de façon ?...Pourquoi tout remettre en question quand ça pourrait moindrement affecter notre réputation ?... Qu’est-ce que le bien de l’humanité et de la planète en comparaison à l’opinion de nos amis ?...
 
Bonne question, en vérité. Mais au fait, qu’est-ce qui compte vraiment ? L’amitié, ou ce que les gens peuvent penser de nous ?... Et surtout, qu’est-ce qui est dans vraiment dans notre intérêt ?... De passer pour le plus fin, ou de s’assurer notre bien-être non seulement dans l’avenir et dans celui de nos enfants, mais tout premier lieu pour nous dans le présent ?... De soigner son image, ou plutôt d’assurer son bien-être non seulement à long terme, mais en fait à très court terme ?... Que devrions-nous sauver en premier : notre belle apparence, et tout ce qui peut y contribuer, ou notre propre survie ?...
 
Sur ce, je nous souhaite donc, vraiment, de voter pour nous-mêmes. De faire non pasce qui nous semble être dans notre intérêt, comme de se conformer aux petits crédos de la société, mais de faire plutôt ce qui est bon pour nous, pour de vrai. De choisir ce que nous voulons vraiment, plutôt que de se laisser entraîner par une raison ou une autre. De choisir ce qui est le mieux pour nous : pour votre avenir, pour vos enfants, pour votre planète, pour votre sécurité économique dans l’immédiat, mais avant tout, pour vous-mêmes.
Pour notre bonheur à nous, à commencer bien sûr par la satisfaction de voter selon ses convictions... et si possible en sachant aussi que c’est cela qui contribura le plus, en bout de ligne, à vraiment changer les choses. Je nous invite à suivre notre conviction, notre passion, notre intuition, tout en ne craignant pas d’user de la force de notre raisonnement, ne serait-ce qu’afin de s’assurer que, pour une fois, le but que nous recherchons tant soit atteint, pour de vrai, et pour de bon.
 
Décidons-donc de changer nos vies. Décidons-le maintenant, de tout notre coeur, de tout notre esprit, de toute notre âme, et de toute notre force à tous. Et, sait-on jamais, peut-être qu’alors quelque chose pourrait se passer, pour faire changement ! Mais par dessus tout, décidons, et librement !...
 
Je vous laisse donc, finalement, car il doit sans doute commencer à être temps !... Je vous témoigne à tous mon amour, en passant, en espérant d’ailleurs que vous ne me haissiez pas trop, malgré ma trahison au consensus de la société pour avoir choisi Dion ! On se redonne des nouvelles donc, et en attendant, bon vote, bonne vie, bonne compagnie, et c’est parti mon kiki ! Yipee !!
 
Que Dieu bénisse le Canada ! Et longue vie à Obama !
 
Bon, c’est fini, alors célébrons donc cela ! Yihaa !
 
Et comme le disait ce bon vieux René : «à la prochaine fois !»... (mais pas aussi longue, quand même...)
... ou en bon saguenéen : «Bye, là, là !!..»... En tout cas, tout ça pour dire, tout simplement, que... Ciao !...
 


Charles-Olivier Tremblay
 
 
 
Un vote pour faire changement...
 
Pour qui voter ?
La question devrait peut-être plutôt être : qui, ou qu'est-ce que, nous décidons d'encourager ?...
En tant que citoyens en 2007, je ne vous apprend surement pas que la part de décision que nous détenons au niveau politique est absolument infime. Et pourtant, elle est encore existante. Or, si cette infime part de décision (le vote), nous la prenons pour, une fois de plus, rendre le message que nous sommes prêts à appuyer les partis au pouvoir (j'entends par là les partis qui ont une chance d'élire des députés...), malgré leur immobilisme, eh bien ces partis, comme ils l'espèrent d'ailleurs, seront encore maintenus par notre faute. Et leur immobilisme avec. Le message que nous leur donnons alors est pourtant clair, et c'est le suivant : leur immobilisme ne nous dérange justement pas assez pour nous faire refuser de les mettre au pouvoir une nouvelle fois. Ce sont alors nous, et pas eux, qui sont immobiles. Peut-on vraiment leur reprocher de faire ce qu'on leur demande ?...
 
La vraie question, c'est quand 2007, le vote ne sert plus à élir de réels représentants du peuple. Il sert plutôt à nous faire témoigner notre assentiment, ou notre désaccord, vis-à-vis de tendances fondamentales qui elles, pourraient affecter réellement l'avenir du pays, et qui sont d'ailleurs chacune représentées plus ou moins directement par un des partis au pouvoir. Au Québec, la plus importante de ces tendances, et donc celle qui détermine la majorité des votes, est bien entendu celle de la souveraineté. Ou du moins c'est ce que l'on pense.
 
Car en effet, la véritable questions dans tout ce beau débat est en fait, comme dans la plupart des débats, celle qu'on ne se pose pas, justement parce qu'elle est trop fondamentale. Or, cette question, elle est bien simple, et c'est en fait la suivante : est-ce que, oui ou non, nous acceptons l'immobilisme de notre société actuelle ? Et si nous nous disons vouloir changer cela, le voulons-nous assez pour nous faire changer d'idée au moment du scrutin le 26 mars prochain ? Allons-nous encourager un parti du changement, quel qu'il soit, plutôt qu'un des partis qui, avant toute chose, entendent de maintenir le status quo, malgré l'absurdité totale d'unte telle option, simplement de façon à se maintenir au pouvoir ?...
 
Nous connaissons bien tous les multiples problèmes auxquels font face notre planète et notre société à l'heure actuelle. Nous le savons tous à un point tel que vous le rappeller me semblerait essentiellement revenir à une insulte à votre intelligence. Dans un tel état de choses, à quoi rime un vote qui consiste à encourager et maintenir l'immobilisme, en encourageant et maintenant des partis qui ont pour but fondamental de surtout ne rien faire ? Si vous me permettez la comparaison, je ne vois pas de grande différence, du moins personnellement, entre cela et voir une femme se faire violer dans la rue et passer son chemin en gambadant, l'esprit occupé par une idée réconfortante ou une autre... Car après tout, quelle que soit l'idée qui nous amène à voter pour un des partis de l'immobilisme, le message qu'on leur envoit est pourtant clair : c'est que cette raison, quelle qu'elle soit, est justement plus importante que notre désir de changement.
 
Donc, quel est donc notre but, au juste ?
Est-ce le changement, le vrai, ou quelque chose d'autre ? Et si notre but est le changement, l'est-ce pour de vrai, ou ne l'est-ce justement pas assez pour nous faire cesser d' appuyer l'immobilisme sous toutes ses formes, à commencer par celle de l'instance qui nous gouverne ?.... Ce sont là, selon moi, les questions véritables auxquelles nous aurons RÉELLEMENT à répondre le jour du 26 mars prochain....
 
 
 Charles-Olivier Tremblay



Un vote pour faire un choix...

Que voulons-nous dans la vie ? La question pourra difficilement mieux venir à point, surtout en pleine période électorale... Une des réponses qu'on y donne le plus souvent, que ce soit ouvertement ou non, est celle du désir de changement. Ce besoin semble en fait à ce point fort, qu'en ce moment même, des gens semblent prêts à élire des politiciens qui disent à peu près n'importe quoi, et ce simplement parce qu'ils risquent ainsi de les faire élire plutôt qu'un autre...
 
Je crois que cela nous amène à nous poser la véritable question dans tout cela, qui est en fait la suivante : « que voulons-nous POUR DE VRAI ?...Est-ce véritablement le changement, ou simplement de changer de gouvernement ? Est-ce qu'en changeant de gouvernement, il va vraiment se changer quoi que ce soit ?... Il faudrait peut-être pour cela que ce gouvernement soit en lui-même porteur de changement, pour commencer. Cependant, il se trouve que les quelques partis qui ont le courage de s'annoncer ouvertement en faveur du changement ne seront justement pas élus. Je ne vous apprends sans doute pas grand chose en vous disant cela, puiqu'en fait, ces partis ne seront justement pas élus pour la simple raison que les gens savent qu'ils ne seront pas élus...
 
Cela nous amène donc à ce que je considère comme le coeur de la question, et qui pourrait être formulé dans la question suivante : « est-ce qu'un vote a besoin d'élire un député pour changer les choses ? Qu'est-ce qui compte, après tout ? Est-ce d'élire un député ou un gouvernement, ou est-ce plutôt de montrer, et ce de façon claire, notre volonté ferme pour qu'il y ait un réel changement ?...
 
Quel vote est en fait le plus puissant ? Est-ce un vote indiquant hors de tout doute notre volonté de changement, ou un vote qui consiste à remettre au pouvoir l'impuissance ?
Et est-ce que le fait d'exprimer clairement sa volonté est vraiment si peu de chose ?... Ou est-ce qu'en fait, il y ait quoi que ce soit qui puisse changer avant qu'on ne décide que cela se fasse ?...
Et du moment que cette volonté est exprimée, les gouvernements, quels qu'ils soient, auront-ils vraiment d'autre choix, dès lors, que d'en tenir compte , et que de se faire eux-mêmes les acteurs du changement, bon gré mal gré, s'ils ne veulent pas ensuite que le peuple DÉCIDE de leur enlever définitivement ce pouvoir auquel ils tiennent tant ?...
 
Quel est donc notre choix ? Choisir le changement et ne pouvoir ainsi amener que le changement ; ou choisir autre chose et ne pouvoir ainsi qu'amener autre chose ? Choisissons-donc ce que nous voulons, et laissons donc à d'autres (pourquoi pas à ceux d'en haut ?...) dire que ce sont eux qui, pour une fois, n'ont vraiment plus le choix ! Votez-pour vous !... Et en ce début de printemps, bon temps du renouveau !!....
 


Charles-Olivier Tremblay
 


 
 
 

TRUDEAU vs MULRONEY
ou
L’art typiquement canadien d’aduler ceux qui nous auront escroqués tout en oubliant ceux qui nous auront sauvés...
 


J’ai toujours été passionné de mythologie. Ceci dit, il n’est sans doute aucune cosmogonie qui me mystifie davantage que celle de la politique populaire. Plus précisément, je ne m’explique pas encore que les plus célèbres icônes du paysage politique, ici comme d’ailleurs à peu près partout dans le monde, semblent presque toujours devoir correspondre aux personnages qui auront le plus handicapé l’avenir de la nation en question. En effet, comment expliquer que la Russie puisse toujours glorifier Staline ? Et plus près de nous, comment justifier que Ronald Reagan soit encore la figure qui réconforte le plus les Américains, quand il s’agit en fait de celui qui aura plongé ces derniers sur la pente des déficits monstrueux dont il semble aujourd’hui moins probable que jamais qu’ils puissent un jour s’en sortir ? Est-il vraiment possible qu’il suffise tout simplement de projeter une image rassurante pour obtenir en échange un chèque en blanc de la population, quitte à ne l’utiliser que pour mieux se moquer de ses intérêts de la façon la plus coûteuse qui soit ?...
 
Et surtout, comment se fait-il donc que, loin d’échapper à cette triste malédiction, notre pays soi-disant évolué ne semble en fait que fournir le meilleur exemple de cette capacité d’une population à soi-même s’aveugler et se laisser exploiter par celui qui aura su donner une bonne impression ? En effet, comment se fait-il donc qu’on en soit encore à aduler un Pierre-Elliot Trudeau qui, tout comme Reagan, n’aura au bout du compte eu à proposer qu’un certain charisme, et qui, tout comme Reagan, n’aura en bout de ligne pas su faire mieux que de coller au pays une dette qui devait ensuite devenir l’une des plus grandes du monde industrialisé ? N’est-il pourtant pas extrêmement bien documenté que c’est avec Trudeau que notre pays a en effet commencé à connaître les déficits systématiques qui auront mené la dette nationale aux niveaux astronomiques que l’on a connus ? La dette nationale n’a-t-elle pas pratquement augmenté de 1100 % (!!!...) sous Trudeau, passant en effet de 18 à 200 milliards de dollars ? Et si nous ne trainons plus aujourd’hui un boulet si démesuré, n’est-ce pas en fait parce que d’autres hommes d’État auront finalement trouver le courage de régler eux-mêmes les problèmes qu’un irresponsable leur aura tout simplement largués ? En l’occurence, n’est-il pas tout aussi bien documenté que le déficit national n’a en fait commencé à être résorbé qu’avec Brian Mulroney, pour que l’équilibre budgétaire ne soit finalement été atteint que par Paul Martin, au prix des énormes sacrifices que l’on sait ?

Devant un tel état de faits, peut-on seulement m’expliquer comment on peut encore aujourd’hui aduler celui qui aura causé une de nos plus grandes crises, plutôt que ceux qui l’auront résorbée ? De quoi Pierre-Elliot Trudeau devrait-il au juste être félicité, à part de s’être donné comme Reagan un air généreux à dépenser sans compter, pendant qu’il refilait en fait la note à ses successeurs et surtout aux générations futures ? Trouvons-nous vraiment intelligent d’adopter comme héros national quelqu’un qui finalement n’aura su que nous escroquer d’une superbe façon ? Et tant qu’à donner le nom d’un tel arnaqueur à un aéroport, pourquoi ne pas rebaptiser le Centre Bell comme le “Centre Raël”, et la Rue Sainte-Catherine comme la rue “Vincent Lacroix”, tant qu’à ça ?...

 
Mais il y a pourtant quelque chose que je m’explique encore moins . En effet, comment se fait-il qu’en ce moment même, non contents d’avoir oublié de reconnaître Mulroney et Martin comme de véritables héros nationaux nous avoir sortis du réel pétrin nous aura enfoncé l’autre gigolo, comment se fait-ilo donc que nous semblons plutôt nous complaire à traîner en fait leur nom dans la boue ? Comment se fait-il, en effet, que Mulroney soit en ce moment sous tous les projecteurs pour une affaire ridicule, alors qu’il nous a pratiquement sauvés de la pire menace que nous ayons connus, tandis qu’on continue pourtant de chérir la mémoire de celui qui pourtant aura justement causé cette menace, sans bien sûr qu’on pense jamais à l’imputer de cela ou de quoi que ce soit ? Qu’est-ce qu’on a vraiment à cirer, en vérité, d’une affaire de quelques centaines de milliers de dollards dont on ne sait même pas trop au juste ce qui en est, alors que l’autre nous aura carrément mis dans le trou de centaines de MILLIARDS de dollards sans pourtant qu’on ai jamais cru bon de le remarquer ? Aimons-nous à ce point nous faire arnaquer (pour ne pas prendre un autre mot...), pour vénérer ainsi ceux qui le font de façon la plus grossière, pour ensuite se venger sur les seuls à qui l’on doit pourtant ce qu’il peut nous rester aujourd’hui ?
 
Toute cette belle farce serait peut-être déjà un peu plus risible si elle ne se limitait en fait qu’à une enveloppe budgétaire. Mais non ! Il aura fallu que ce cher Trudeau, fidèle à lui-même, nous accroche aussi une dette incalculable dans des dossiers bien autrement plus importants !... En effet, au niveau strictement politique, on peut certainement se demander s’il y a une valeur à l’héritage de celui qui aura su enlever à son parti presque toute chance d’être aujourd’hui élu dans l’Ouest, grâce à son merveilleux Programme National de l’Énergie, et au Québec, grâce à tout ce qu’il a pu faire pour “cracher sur les Québécois”, comme le disait si bien Raymond Beaudoin... Il faut pourtant admettre que ce n’est quand même pas rien que de réussir à diviser le pays en deux et même en trois, surtout de la part d’un type qui aura réussi à se faire passer toute sa vie pour l’ardent défenseur de l’unité nationale !...
 
Et encore une fois, qui donc aura-t-il fallu attendre pour que soient enfin réparés les pots cassés ? Brian Mulroney, bien évidemment !... En effet, n’est-ce pas lui qui aura su, dès le départ, se montrer ouvert à travailler avec le gouvernement péquiste de René Lévesque, au point que ce dernier a même finalement cru au “beau rêve”, ou autrement dit à une collaboration digne de ce nom entre les deux nations, pour faire changement de l’animosité, et en fait de la division que Trudeau avait justement si bien entretenue jusque là ?... Mulroney n’était-il pas d’ailleurs le leader derrière l’Accord du Lac Meech, qui visait justement à réintégrer le Québec dans la fédération, et donc à réparer l’affront qui avait été commis avant lui par Trudeau lui-même, alors que celui-ci avait tout simplement imposé au Québec des amendements à la Constitution, lors du rappatriement de cette dernière ? Si quelqu’un méritait donc qu’on lui crédite d’avoir fait quoi que ce soit pour l’unité nationale, cela ne devrait-il pas en fait être Mulroney qui, pour arriver à la restaurer, aura encore une fois du commencer par réparer les gaffes de son nigaud de prédecesseur qui l’avait en fait mis en danger comme si c’était tout ce qu’il avait jamais recherché ?
 
D’ailleurs, non content d’avoir causé le problème, Trudeau n’a-t-il pas ensuite fait tout ce qu’il pouvait pour empêcher sa solution, ce à quoi il est ultimement arrivé en faisant effectivement dérailler l’accord du Lac Meech ? D’ailleurs, n’a-t-il pas ainsi directement provoqué le haut le coeur souverainiste qui devait éventuellement mener au second référendum, et donc à deux doigts de la souveraineté ? Alors vraiment, Trudeau aura-t-il jamais fait quoi que soit d’autre que de menacer l’unité nationale, et ce de la façon la plus directe et efficace qui soit, c’est à dire en faisant tout pour écoeurer une partie du pays, et donc pour qu’elle n’ait plus le goût que de se séparer ?...
 
Et pourtant, sur ce dossier également, qu’aurons-nous exactement retenu de Mulroney ? Non contents de l’avoir tout simplement oublié, n’allons-nous pas, en fait, jusqu’à suggérer qu’il aura “échoué” à faire adopter l’accord du Lac Meech ? Il faut avouer que ce doit sûrement être de sa faute à lui si tous les efforts qu’il aura pu mettre pour faire avancer le projet n’auront finalement pas pu empêcher l’autre débile de le faire torpiller, même si c’était justement pour corriger les erreurs de ce dernier qu’on avait en fait lancé ce projet, pour commencer !...
 
Au fait, du moment qu’un vrai leader fait tout ce qui est en son possible pour faire avancer le pays à travers un brillant projet, comment peut-on donc trouver le moyen de parler de cette personne autrement que pour lui témoigner ne serait-ce qu’un minimun de reconnaissance et de gratitude ? Et surtout, comment pourrait-on chercher d’autre coupable à l’échec d’un tel projet que celui qui, de son côté, ne se sera justement employé qu’à le faire échouer ? En fait, comment peut-on donc trouver le moyen, dans ce pays, de faire autrement que d’honorer ceux qui font avancer les choses, et que de déshonorer ceux qui font tout pour leur être un obstacle ? Et surtout, peut-on seulement me dire ce qui nous prend au juste de faire exactement l’inverse ?...
 
Et s’il y a un quelconque sens à blâmer les uns pour les fautes des autres, alors cela explique-t-il aussi qu’on ne doive que blâmer d’autant plus les non-coupables du moment que ceux-ci osent corriger les précieux problèmes que les véritables couplables nous auront pourtant laissées en souvenir ? Et ne devrait-on pas, tant qu’à y être, féliciter d’autant plus ces coupables du moment que ceux-ci s’acharnent en fait à aggraver leurs crimes en empêchant justement les non-coupables d’y remédier ? Et si, au bout du compte, les coupables auront réussi à causer tellement de mal qu’il en devienne impossible pour les non-coupables de tout réparer d’un seul coup, alors ne nous faudrait-il pas tout simplement reprocher au non-coupables de n’avoir pas assez essayé ?... Ne doit-il pas y avoir une quelconque logique dans tout cela, puisque c’est pourtant ainsi qu’on semble raisonner ?...
 
Mais si vous permettez juste une petite question, pour terminer...
 
Peut-on ensuite vraiment s’étonner qu’il se trouve si peu d’homme ou de femme de qualité qui daigne en fait se risquer à diriger notre pays, en sachant qu’ici ceux qui ont l’audace de bien gouverner n’en seront récompensés que par l’oubli, si ce n’est la disgrâce la plus complète ? Et peut-on surtout s’étonner de nous retrouver avec des politiciens si verreux, alors que ce sont justement ceux-là qu’on s’empresse en fait d’idolâtrer dès qu’on a la chance d’en avoir un pour nous rouler, ce qui d’abord semble tellement nous enchanter ? Peut-on vraiment s’étonner, autrement dit, de ne se retrouver finalement avec rien de plus ou de moins que ce qu’on a toujours demandé ? Peut-être qu’après tout, le système n’est pas si mal fait que ça, et qu’il y a bel et bien des dieux dans notre panthéons pour nous accorder toute la politique crasse dont on semble avoir toujours rêvé !...
 
Puisses-tu donc être heureux dans ta petite misère que tu sembles tant chérir, Ô Canada !
 
Et Yihaa !...
 
 
P.S. Je tiendrais par ailleurs à préciser qu’il semblerait bien que Brian Mulroney ait même réussi à faire plus que de simplement pallier aux bourdes de Trudeau, du moins autant que cela a pu être humainement possible... N’est-il pas, en effet, celui auquel on doit le traité de Libre-Échange Nord-Américain, en plus bien sûr de cette chère bonne vieille T.P.S., à laquelle il faut bien reconnaître qu’il s’agit quand même de la taxe la plus juste et aussi la moins nocive pour l’économie, et qui, comme toute taxe, permet par définition de nous offrir la panoplie de services tous plus sociaux les uns que les autre que l’on a aujourd’hui, en plus bien sûr de permettre aussi de justement balancer son budget ?... Quand même pas mal, de la part d’un gouvernement Conservateur, n’est-ce pas (même si alors on parlait pourtant du Parti Progressiste-Conservateur... nuance...) ?

Et par dessus le marché, faut-il mentionner que Mulroney fut même décoré comme ayant été de loin le plus ardent protecteur de l’environnement parmi tous les premiers ministres du Canada ? Et même s’il faut avouer que pour remporter un tel titre, il ne faisait quand même pas face à la plus redoutable des compétitions, cela ne rend-il pas que d’autant plus impressionnant qu’un premier ministre canadien ait justement pu en faire autant, et pour l’environnement en particulier ?... En effet, n’est-ce pas à lui, et plus précisément à un énergique ministre du nom de Lucien Bouchard, que l’on doit donc le Traité sur les Pluies Acides, le Moratoire sur la Pêche à la morue, ainsi que la ratification de la Convention sur la Biodiversité ainsi que sur les Changements Climatiques, qui fit d’ailleurs du Canada la première nation du monde industrialisé à signer de tels traités ?... En fait, n’est-ce pas tout simplement renversant de songer qu’on ait un jour su faire du Canada un leader sur le plan de l’environnement ? Et d’ailleurs, le fait qu’un tel exploit ait été accompli par un Conservateur ne tient-il pas pratiquement du miracle ?... 

Alors, encore une fois, comment fait-on au juste, pour avoir déjà oublié tout ça, et donc pour oublier que Brian Mulroney fut sans doute l’un des plus grands premiers ministres que ce pays aura pourtant jamais porté ? Il semble que ce soit là un autre de ces mystifiants mystères du Canada, et une fois de plus, disons qu’il ne faudrait pas trop compter sur moi pour l’expliquer, surtout dans ce cas là !... Alors, meilleure chance la prochaine fois, et bonne chance aussi pour le Canada, et surtout pour que ce pays puisse un jour voir qu’il a une vraie histoire, et même de vrais héros, même si ceux-ci n’ont pas nécessairement eu à dilapider tout le bien collectif tout en brisant le pays pour mériter ce titre là !... D’ailleurs merci, Mulroney, de nous avoir donc prouvé que c’était justement possible de faire avancer les choses dans ce pays, et d’en réconcilier les différentes parties, ne serait-ce que pour une fois !.. Disons que pour le nombre de fois ça peut nous arriver, il vaut mieux profiter pendant que ça passe, en tout cas, en espérant justement qu’on ne laissera justement pas passer Ignatieff aux prochaines élections !... Car si un Conservateur a pu faire un excellent premiers ministres, alors ça ne devrait quand même pas être si difficile pour un Libéral d’être bon, après tout !... Et si l’on se réinventait en se découvrant soudainement une volonté de choisir un héros digne de ce nom, plutôt que de systématiquement couronner les pires crapules qui soient, pour une fois ? Après tout, il ne peut jamais faire de tort de rêver, surtout ici, en tout cas !...
 
 
Alors bonne chance au Canada !...


 
Charles-Olivier Tremblay